En voilà un beau lièvre soulevé par l'ONG Bankwatch Network et repris par « le Canard enchaîné » de cette semaine :
Les banques
européennes BERD ( Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement, on dirait un organisme créé après guerre pour revitaliser les pays exsangues, mais non : il a été créé pour
permettre aux pays de l'Est de s'adapter au mieux à l'économie de marché, déjà ça sent fort l'idéologie libérale), et la BEI (Banque européenne d'Investissement) consentent des prêts aux
entreprises françaises pour leur permettre de construire des usines à l'étranger, et donc financent les
délocalisations !!!
L'an dernier, la BERD a consenti un prêt de 110 millions d'euros à PSA- qui ferme son site d'Aulnay et prévoit environ 8000 suppressions d’emplois- pour l'aider à construire une usine en Russie. Ce mois-ci, c'est l'équipementier automobile Faurecia, filiale à 57,4 % de PSA, qui va bénéficier d'un prêt de 100 millions d'euros pour s'établir au Maroc, en Russie, en Roumanie, etc... et licencier 3000 salariés français.
Ben quoi ! diront certains, les banques ont le droit de prêter à qui elles veulent. Sauf que ces banques européennes alimentées par de l'argent public sont des banques normalement non commerciales, censées aider les pays d'Europe et non les couler. Leurs statuts prévoient même que leurs interventions ne doivent se faire que dans des pays démocratiques respectant de stricts critères environnementaux, ce qui n'est guère le cas des pays précités.
La BEI, dont le rôle officiel est d'aider à mettre en œuvre la politique européenne- qu'on espérerait a minima favorable aux pays européens- a financé l'an
dernier à hauteur de 200 millions des investissements en Turquie du constructeur américain Ford Europe, qui en a profité pour supprimer 4500 emplois en Belgique et en
Angleterre.
Comme le souligne l'article du Canard, la France est un des plus importants contributeurs des deux banques. Et pourrait s'opposer au financement des délocalisations puisque nombre des décisions de la BEI, notamment, doivent être prises à l'unanimité. Mais elle ne le fait pas. Ce qui doit chagriner Arnaud Montebourg, adversaire déclaré des délocalisations créatrices de chômage, mais réjouir d'autres décideurs de Bercy, des gens discrets qui ont refusé de répondre aux questions du Canard, faut pas avoir l'air de se justifier, d'ailleurs ils n'en éprouvent nul besoin, ces gens là n'éprouvent plus rien d'humain, ils ont une calculette à la place du cerveau et du cœur.
Et c'est ainsi que « la terrible crise de l'emploi contre laquelle le gouvernement tout entier est
mobilisé »résulte en partie de ce circuit pervers : les contribuables paient des impôts, qui alimentent les caisses de l'Etat. Caisses supposées
« vides » quand il s'agit d'augmenter le SMIC, mais qui se révèlent fort joufflues et généreuses s'il s'agit d'alimenter les Banques européennes qui prêtent aux entreprises pour
qu'elles délocalisent ! Ces délocalisations entraînant forcément une augmentation du nombre de chômeurs, l'Etat les prendra en charge... grâce à nos cotisations sociales. En gros, le
couillon de contribuable est appelé à financer ceux qui l’exploitent ET la prise en charge des exploités laissés sur le carreau.
Apprendre cela en pleine période de déclaration de revenus, ça énerve grave !
Et les entreprises qui ont délocalisé ? Elles vont bien merci, les actionnaires sont contents de leurs dividendes.
Bien sûr, comme le chantait Brassens, son maître, à qui il a emprunté son prénom, « les morts sont tous de braves types ». Pourtant, en lisant
les hommages à Georges Moustaki, très souvent accompagnés d'un ou deux fragments de ses chansons, j'ai senti un chagrin, qui allait au-delà de la disparition d'un homme bien, d'un artiste, d'un
poète. Ses chansons ont tellement accompagné nos vies, tellement collé à nos rêves, qu'en nous quittant, c'est une part de notre vie et de nos rêves qu'il emporte, surtout en cette saison où le
« réalisme » ambiant donne froid dans le dos.
Avec elles, j'ai appris
Pour le magazine AVANTAGES, j'avais fait un jour une enquête sur le thème « Papa, maman, je suis homosexuel(le) », sachant que les
parents s'attendent à tout de la part de leur rejeton : qu'il soit cancre, pique une mobylette ou fume de la beu, mais qu'il soit homo, jamais ! D'où l'angoisse des gamins à en
parler.
« Quand j'ai surpris mon fils devant un site de rencontres gay, m'avait dit un père, je me suis senti humilié, comme si toute la
fierté que j'avais mise dans ce garçon s'écroulait. Il m'a dit qu'il voulait m'en parler depuis longtemps mais ne savait pas comment faire, et j'ai eu le sentiment qu'il s'était arrangé pour que
je le surprenne devant son écran ce soir là. Au fur et à mesure qu'il m'expliquait qu'il aimait les garçons tout en ayant d'ailleurs de très bonnes copines filles, je me disais : « Tu
es militant chrétien, tu plaides pour la tolérance, contre le racisme, contre le sexisme, contre la misère, et tu ne serais pas capable d'accepter ton fils tel qu'il est, tel que tu l'as
fait ? Finalement, j'ai eu honte de ma réaction de rejet initiale et depuis, nous recevons mon fils et son ami à la maison sans problèmes. »
Une mère de 4 enfants avait un fils et une fille hétéros mariés et parents, un fils et une fille homos. En riant, elle me disait : « Je suis la
preuve que ça n'a rien à voir avec un gène, l'éducation ou les mauvaises fréquentations. Mon mari et moi, couple hétéro classique, avons engendré l'échantillon complet! Et je dois dire que
lorsque je vois combien ma fille est amoureuse de son amie, je la trouve plus épanouie que l'autre, qui n'a pas l'air très heureuse en ménage. »
A cette époque, je travaillais avec un chargé de com ' homosexuel qui m'avait dit « tu aimes les hommes, moi aussi, au moins on aura un sujet de
conversation ». Et comme nous n'aimions pas le même type d'hommes, il n'y avait aucune rivalité entre nous ! Il m'avait raconté ses efforts pour « rentrer dans le rang ». Il
était même sorti avec des filles, avait fait l’amour avec elle et m'avait dit : « Je peux baiser avec des filles, mais je ne tombe amoureux que des garçons, c'est là qu'est mon
désir. » Il avait attendu le décès de son pềre pour faire son « coming-out » à sa mère qui lui avait dit qu'elle l'avait deviné depuis longtemps. Avec naturel, cette dame
présentait à la famille comme aux amis : « Mon fils et mon gendre. » et les adorait tous les deux. C'est cet ami aussi qui m'a appris combien souvent des hommes mariés et pères de
famille cherchent l'aventure avec un homme. Avec un autre, écrivain gay, j'ai aussi longuement arpenté le quartier du Marais. Il m'a emmenée au Cox, j'étais la seule fille parmi les garçons qui
s'aiment et se désirent tant que je sortais de là électrisée par tant d'énergie circulante. Ils m'accueillaient très simplement et me parlaient de leur vie intime avec un naturel et une
gentillesse rares ailleurs.
CHEZ LES GARCONS
Revenons aux parents d'homosexuels que j'avais interviewés. Ce père qui m'a finalement dit : « Je voudrais pouvoir dire : mon fils est
homosexuel, et alors ? Je le pense, mais je suis inquiet non pas de ce qu'il est, mais parce que je sais qu'il va devoir affronter l'intolérance et l'incompréhension, et qu'aucun parent n'a
envie que son enfant souffre. » Et la mère des quatre enfants me disant : « Ce qui me désole, c'est que mon fils et ma fille homosexuels n'auront pas d'enfant. C'est égoïste de ma
part, mais j'aimerais tellement pouvoir cajoler leurs enfants que j'aimerais comme mes autres petits-enfants. »
Sur les ondes une dame en pleine promo d'un livre sur le sujet,
vient nous asséner que l'alcool tue- que voilà un scoop ! - et que le danger commence au delà d'un demi-verre d'alcool par jour, c'est à dire 5cl de vin à 12°, une quasi abstinence. Il y a
quelques années, le slogan disait « un verre, ça va, trois verres... bonjour les dégâts ! » Ce qui laissait le loisir de boire deux verres sans arrière-pensée et sans risque de
faire exploser l'alcootest. Avec pour bénéfice une indéniable détente conviviale... qui nuit à une économie basée sur le stress et la frustration.
Il fallait donc serrer davantage la vis. Après deux verres et 0,8g,
on est passé aux 0,5g et nous voici carrément à la « tolérance zéro », terme absolument effrayant puisqu'il signifie : « si tu sors un orteil des clous, tu deviens délinquant,
et c'est moi qui sème les clous sur la route de ta vie, c'est moi qui oriente ta destinée. » Or les clous sont de plus en plus nombreux, petit homme. Tu ne t'en rends pas compte car on te
serre la vis progressivement, on t'annonce des lois restrictives, puis la loi votée l'est un peu moins et tu respires, soulagé... sans te rendre compte que tu es pareil à la grenouille jetée dans
une casserole d'eau froide sous laquelle on allume le feu. L'eau devient peu à peu tiède, puis chaude, puis brûlante, et tu te laisses cuire sans réagir.
A ce stade, tu as compris que l'allégorie
du verre de vin concerne toutes tes libertés, tous tes droits, peu à peu grignotés, réduits à peau de chagrin, toujours au nom de ta sécurité, de ta santé, de ta longévité, de la réalité... et
que si tu ne veux pas ces ajustements nécessaires, tu es un mauvais citoyen, un irresponsable ou pire : un utopiste. Tu deviens seul coupable des dérèglements de cette société. Assisté si tu
bénéficies de la solidarité collective, paresseux si tu es au chômage, cancéreux si tu n'obéis pas aux injonctions sanitaires. Par le petit bout de la lorgnette on te fait miroiter mille maux et
mille morts si tu ne manges pas 5 fruits et légumes par jour si tu fumes, si tu ne prends pas les médicaments qu'on te propose contre l’hypertension, le cholestérol, le diabète... Mais on ne
légifère guère contre les pesticides, les cigarettiers ont tout loisir de te vendre de plus en plus cher leur poison qui rapporte tant de taxes à l'Etat, on constate la baisse générale de
l'immunité dans les populations modernes, mais on se refuse à faire le lien avec la société stressante et anxiogène qu'on te sert en boucle sur Internet ou ailleurs, alors que de multiples études
ont prouvé ce lien entre stress et immunité.
On s'inquiète avec fracas des traces de caca dans une tarte au
chocolat mais on se fout éperdument des mécanismes de la mondialisation qui conduisent à ce genre d'épiphénomène alors que depuis des lustres, comme me l'avait dit un médecin hygiéniste « la
fraise du Burkina-Faso est le vecteur idéal du typhus entre l'anus du paysan Burkinabé et la bouche de l'occidental.
Moralité : le droit pour tous à l'eau potable et à l'assainissement
n'est pas une simple revendication de tiers-mondistes idéalistes, mais un moyen simple et efficace d'éviter des problèmes sanitaires. Pas seulement le typhus de l'occidental fraisivore, mais
surtout les 5000 enfants africains qui chaque jour meurent d’infections liées au manque d'eau potable. Je vous ai parlé de l'occidental parce que son sort émeut à l'évidence davantage que celui
de milliers d'enfants noirs. Si ce n'était pas le cas, les infos consacreraient 30 secondes à la tarte au caca IKEA et vingt minutes aux milliers d'enfants africains morts avant l'âge de 5
ans.








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