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Jeudi 30 mai 2013 4 30 /05 /Mai /2013 13:53

 

En voilà un beau lièvre soulevé par l'ONG Bankwatch Network et repris par « le Canard enchaîné » de cette semaine :

affaires-gens-manger-argent-_-tjo0021.jpgLes banques européennes BERD ( Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement, on dirait un organisme créé après guerre pour revitaliser les pays exsangues, mais non : il a été créé pour permettre aux pays de l'Est de s'adapter au mieux à l'économie de marché, déjà ça sent fort l'idéologie libérale), et la BEI (Banque européenne d'Investissement) consentent des prêts aux entreprises françaises pour leur permettre de construire des usines à l'étranger, et donc financent les délocalisations !!!

L'an dernier, la BERD a consenti un prêt de 110 millions d'euros à PSA- qui ferme son site d'Aulnay et prévoit environ 8000 suppressions d’emplois- pour l'aider à construire une usine en Russie. Ce mois-ci, c'est l'équipementier automobile Faurecia, filiale à 57,4 % de PSA, qui va bénéficier d'un prêt de 100 millions d'euros pour s'établir au Maroc, en Russie, en Roumanie, etc... et licencier 3000 salariés français.

Ben quoi ! diront certains, les banques ont le droit de prêter à qui elles veulent. Sauf que ces banques européennes alimentées par de l'argent public sont des banques normalement non commerciales, censées aider les pays d'Europe et non les couler. Leurs statuts prévoient même que leurs interventions ne doivent se faire que dans des pays démocratiques respectant de stricts critères environnementaux, ce qui n'est guère le cas des pays précités.

euros.jpgLa BEI, dont le rôle officiel est d'aider à mettre en œuvre la politique européenne- qu'on espérerait a minima favorable aux pays européens- a financé l'an dernier à hauteur de 200 millions des investissements en Turquie du constructeur américain Ford Europe, qui en a profité pour supprimer 4500 emplois en Belgique et en Angleterre.

Comme le souligne l'article du Canard, la France est un des plus importants contributeurs des deux banques. Et pourrait s'opposer au financement des délocalisations puisque nombre des décisions de la BEI, notamment, doivent être prises à l'unanimité. Mais elle ne le fait pas. Ce qui doit chagriner Arnaud Montebourg, adversaire déclaré des délocalisations créatrices de chômage, mais réjouir d'autres décideurs de Bercy, des gens discrets qui ont refusé de répondre aux questions du Canard, faut pas avoir l'air de se justifier, d'ailleurs ils n'en éprouvent nul besoin, ces gens là n'éprouvent plus rien d'humain, ils ont une calculette à la place du cerveau et du cœur.

stress.jpgEt c'est ainsi que « la terrible crise de l'emploi contre laquelle le gouvernement tout entier est mobilisé »résulte en partie de ce circuit pervers : les contribuables paient des impôts, qui alimentent les caisses de l'Etat. Caisses supposées « vides » quand il s'agit d'augmenter le SMIC, mais qui se révèlent fort joufflues et généreuses s'il s'agit d'alimenter les Banques européennes qui prêtent aux entreprises pour qu'elles délocalisent ! Ces délocalisations entraînant forcément une augmentation du nombre de chômeurs, l'Etat les prendra en charge... grâce à nos cotisations sociales. En gros, le couillon de contribuable est appelé à financer ceux qui l’exploitent ET la prise en charge des exploités laissés sur le carreau.

Apprendre cela en pleine période de déclaration de revenus, ça énerve grave !

Et les entreprises qui ont délocalisé ? Elles vont bien merci, les actionnaires sont contents de leurs dividendes.

 

attac

 


 


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Lundi 27 mai 2013 1 27 /05 /Mai /2013 08:00

moustakiBien sûr, comme le chantait Brassens, son maître, à qui il a emprunté son prénom, « les morts sont tous de braves types ». Pourtant, en lisant les hommages à Georges Moustaki, très souvent accompagnés d'un ou deux fragments de ses chansons, j'ai senti un chagrin, qui allait au-delà de la disparition d'un homme bien, d'un artiste, d'un poète. Ses chansons ont tellement accompagné nos vies, tellement collé à nos rêves, qu'en nous quittant, c'est une part de notre vie et de nos rêves qu'il emporte, surtout en cette saison où le « réalisme » ambiant donne froid dans le dos.

folegandros Avec elles, j'ai appris la liberté, apprivoisé la solitude, courtisé la méditerranée et mon île grecque, découvert que la sensualité n'est ni un péché ni une marchandise, que l'amour peut être joyeux et complice plus que ravageur. Moustaki est un des rares poètes à avoir plus souvent chanté le bonheur amoureux, la tendresse et le plaisir que les douleurs de la rupture et de l'abandon.Il savait être aussi amical et accueillant, tout en préservant son indépendance et ses envies d'horizons lointains.

Ses chansons engagées prenaient fait et cause pour la  Révolution des oeillets, prônaient la solidarité même au fond d'une geôle (Imaste dio, devenue  "nous sommes 2") d'autres dessinaient le monde dont nous rêvions, pour certains depuis les seventies, pour d'autres avant ou après. Nous voulions des lendemains qui chantent sous le soleil, nous voulions la liberté, nous avions la nostalgie d'un jardin qui s'appelait la Terre et nous aurait permis d'accéder au droit à la paresse, de prendre le temps de vivre, d'être libre, d'avoir toute la vie pour nous amuser... Nous voulions tout simplement  être en état de bonheur permanent : aimer, et partager des moments doux ou forts, jamais brutaux.

Mais au fait, je n'ai même pas besoin d'écrire cela, il l'a fait, et combien mieux :

 

NOUS VOULIONS

 

Nous voulions changer le cours de l'histoire
Nous voulions toute la mer à boire
Nous voulions des châteaux en Espagne
Nous voulions rapprocher les montagnes
Nous voulions que nos femmes enfantent
Une humanité différente
Nous voulions des aurores nouvelles
Nous voulions renaître avec elles

L'imagination était au pouvoir
Circulez il n'y a plus rien à voir

Nous voulions tout et tout de suite
Nous voulions vivre sans limites
Et nous promener sur la terre
Sans nous cogner à des frontières
Nous voulions demander l'impossible
Nous voulions des orages paisibles
Nous voulions de l'amour avant toute chose
Et du bonheur en overdose

L'imagination était au pouvoir
Circulez il n'y a plus rien à. voir

Sans regret et sans mélancolie
Je te chante la chanson que voici
Elle était rangée au fond de ma guitare
Elle m'est revenue en mémoire

L'imagination était au pouvoir
Circulez il n'y a plus rien à voir

 

Moustaki nous donnait l'espoir, puisque lui-même arrivait à le faire, que la vie pourrait être aussi douce que sa voix, aussi amoureuse que ses mots tendres, aussi rebelle que certaines de ses chansons, aussi poétique que ses textes. Il alimentait sans en avoir l'air, sans cris, sans fureur, simplement avec une guitare et des mots placés juste où il faut, notre furieuse envie de révolution permanente qu'il nous donnait envie de vivre, et de suivre, jusqu'au bout, jusqu'au bout.

 

 

 

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Samedi 13 avril 2013 6 13 /04 /Avr /2013 13:37

lars2.jpgPour le magazine AVANTAGES, j'avais fait un jour une enquête sur le thème « Papa, maman, je suis homosexuel(le) », sachant que les parents s'attendent à tout de la part de leur rejeton : qu'il soit cancre, pique une mobylette ou fume de la beu, mais qu'il soit homo, jamais ! D'où l'angoisse des gamins à en parler.

J'avais rencontré quelques parents en colère, persuadés que leur fils était pédé à cause de mauvaises fréquentations, que leur fille n'était pas lesbienne mais avait simplement »peur des garçons », que c'était une lubie d'ado qui leur passerait... Cependant divine surprise : la majorité des parents, passée le choc du début, avaient des réactions positives :

amérique du sud « Quand j'ai surpris mon fils devant un site de rencontres gay, m'avait dit un père, je me suis senti humilié, comme si toute la fierté que j'avais mise dans ce garçon s'écroulait. Il m'a dit qu'il voulait m'en parler depuis longtemps mais ne savait pas comment faire, et j'ai eu le sentiment qu'il s'était arrangé pour que je le surprenne devant son écran ce soir là. Au fur et à mesure qu'il m'expliquait qu'il aimait les garçons tout en ayant d'ailleurs de très bonnes copines filles, je me disais : « Tu es militant chrétien, tu plaides pour la tolérance, contre le racisme, contre le sexisme, contre la misère, et tu ne serais pas capable d'accepter ton fils tel qu'il est, tel que tu l'as fait ? Finalement, j'ai eu honte de ma réaction de rejet initiale et depuis, nous recevons mon fils et son ami à la maison sans problèmes. »

lars5Une mère de 4 enfants avait un fils et une fille hétéros mariés et parents, un fils et une fille homos. En riant, elle me disait : « Je suis la preuve que ça n'a rien à voir avec un gène, l'éducation ou les mauvaises fréquentations. Mon mari et moi, couple hétéro classique, avons engendré l'échantillon complet! Et je dois dire que lorsque je vois combien ma fille est amoureuse de son amie, je la trouve plus épanouie que l'autre, qui n'a pas l'air très heureuse en ménage. »

bolivieA cette époque, je travaillais avec un chargé de com ' homosexuel qui m'avait dit « tu aimes les hommes, moi aussi, au moins on aura un sujet de conversation ». Et comme nous n'aimions pas le même type d'hommes, il n'y avait aucune rivalité entre nous ! Il m'avait raconté ses efforts pour « rentrer dans le rang ». Il était même sorti avec des filles, avait fait l’amour avec elle et m'avait dit : « Je peux baiser avec des filles, mais je ne tombe amoureux que des garçons, c'est là qu'est mon désir. » Il avait attendu le décès de son pềre pour faire son « coming-out » à sa mère qui lui avait dit qu'elle l'avait deviné depuis longtemps. Avec naturel, cette dame présentait à la famille comme aux amis : « Mon fils et mon gendre. » et les adorait tous les deux. C'est cet ami aussi qui m'a appris combien souvent des hommes mariés et pères de famille cherchent l'aventure avec un homme. Avec un autre, écrivain gay, j'ai aussi longuement arpenté le quartier du Marais. Il m'a emmenée au Cox, j'étais la seule fille parmi les garçons qui s'aiment et se désirent tant que je sortais de là électrisée par tant d'énergie circulante. Ils m'accueillaient très simplement et me parlaient de leur vie intime avec un naturel et une gentillesse rares ailleurs.

Ces deux amis et quelques autres m'ont inspiré ce chapitre de « Ce qui trouble Lola » :



lars4.jpgCHEZ LES GARCONS

 

  • Il a dix ans ou un peu plus, des cheveux châtains coupés courts, des yeux immenses, quelques taches de rousseur sur les joues. Il pose un sachet de bonbons et un magazine sur le comptoir, ça fait presque cinq euros, il tend le billet à Cedric qui lui sourit, le gamin a l’air surpris, il se dépêche de ramasser sa monnaie et quitte le bar- tabac, c’est un enfant au regard doux, à l’air sage.
  • Cedric remonte le temps… Il a douze ans, il habite en province, un bled perdu où il sait très vite, dès huit ou neuf ans, qu’il préfère les garçons. Il les regarde avec admiration, il meurt d’envie d’aller vers eux mais les types le rabrouent, très vite on le traite de pédé, puis d’enculé, plusieurs fois ils le coincent à la sortie. Il se réfugie du côté des filles qui l’aiment bien, un garçon doux ça plaît toujours aux filles, il les aime bien aussi, mais il n’éprouve pas en les regardant la même émotion qu’avec les mecs. A douze ans, rien de changé, et toujours personne pour en parler.
  • Tous les pédés savent qu’ils le sont avant la puberté, ça peut venir très jeune, mais à qui le dire ? A l’école, on t’explique comment faire les bébés, on parle des règles des filles et du SIDA, mais la préférence sexuelle, c’est tabou. Côté famille, tes parents s’attendent à tout : que tu te drogues, voles une mob, engrosses une fille, ne fiches rien en classe, mais que tu sois pédé, c’est vraiment pas leur plan. »
  • Cedric raconte à Lola les années difficiles à essayer de changer, de devenir plus mec, plus mâle, plus viril, mais ce sont des conneries, des fantasmes d’hétéros qui s’imaginent qu’un pédé est une folle et une lesbienne un camionneur. Un homo n’a rien d’efféminé, c’est juste un homme qui aime les hommes. Beau gosse comme il est, il n’a eu aucun mal à sortir avec des filles, qui l’ont confirmé dans sa préférence. Lola lui demande comment il est certain d’être pédé s’il a couché avec des filles, Cedric n’hésite pas une seconde :
  • C’est simple, je peux baiser avec des filles, mais je ne tombe amoureux que des mecs, c’est là qu’est mon désir.
  • Il est parti de chez lui juste après le bac, pas question de rester dans une maison où le père, volontairement ou non, traitait d’enculé tous les gens qu’il méprisait. Ici, il s’est trouvé une famille, il bosse avec Nicolas, il connaît tous ses potes, il va peut-être travailler avec Stéphane qui ouvre un restaurant-librairie et cherche un associé. Cedric devance la question de Lola, non, il n’est pas avec Nicolas, ils ont évidemment baisé ensemble pour faire connaissance, mais Nicolas est amateur de plans trash qui ne lui conviennent pas. Nicolas a entendu la dernière phrase, il éclate de rire, vient embrasser Lola et lui dit de ne pas écouter Cedric : « Il y viendra, c’est juste une question d’âge, d’ailleurs il a raison, faut essayer les choses peu à peu, ceux qui commencent trop fort et trop jeunes pètent les plombs. » 
  • Au comptoir, Nicolas prépare des assiettes norvégiennes avec une dextérité incroyable et remplit les demis sans cesser de regarder tout autour, ses yeux font le tour de la salle, il repère les habitués et les nouveaux, souvent des hétéros mariés venus tenter un coup d’un soir. L’ambiance ici les fait rêver, cette liberté de corps, de langage, ça leur fait envie et peur à la fois. C’est le grand jeu de Cedric, les brancher, les séduire et entendre jouir lorsqu’il s’enfonce en eux ces hommes, dont certains peut-être, il y a quinze ans, le traitaient d’enculé.


Pourquoi je raconte tout ça? Parce que l'homophobie actuelle et la violence des anti-mariage pour tous me semblent aussi dangereuses que les violences racistes ou sexistes, avec les mêmes racines : rejet de l'autre parce qu'il est différent, parce qu'il n'obéit pas aux mêmes normes (ce que les « anti » appellent pompeusement leurs « valeurs ») et par peur : les racistes les plus ardents, comme les machos excessifs ou les homophobes acharnés se recrutent souvent chez des personnes mal à l'aise dans leur vie et leur sexualité.

Deux hommes (ou deux femmes) qui s'embrassent dans la rue, cela me trouble et m'émeut, car je sais- dans d'autres domaines- combien il peut être fatigant d'affronter le regard de ceux qui ne vivent pas comme vous.

asieRevenons aux parents d'homosexuels que j'avais interviewés. Ce père qui m'a finalement dit : « Je voudrais pouvoir dire : mon fils est homosexuel, et alors ? Je le pense, mais je suis inquiet non pas de ce qu'il est, mais parce que je sais qu'il va devoir affronter l'intolérance et l'incompréhension, et qu'aucun parent n'a envie que son enfant souffre. » Et la mère des quatre enfants me disant : « Ce qui me désole, c'est que mon fils et ma fille homosexuels n'auront pas d'enfant. C'est égoïste de ma part, mais j'aimerais tellement pouvoir cajoler leurs enfants que j'aimerais comme mes autres petits-enfants. »

Alors les anti, qui hurlez aux vraies valeurs et à la défense de la famille, pensez à ces parents d'homosexuels qui ont envie que leurs enfants soient pleinement heureux dans une société où ils pourront se marier et avoir des enfants, leurs petits-enfants. Comme dans toutes les familles qui s'aiment.

 

lars1.jpg

Toutes les photos illustrant ce billet sont empruntées à Lars Stephan, homosexuel, photographe talentueux, grand voyageur et sans doute bien d'autres choses encore: www.larsstephan.com

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Lundi 18 mars 2013 1 18 /03 /Mars /2013 14:27

lemans25-vSur les ondes une dame en pleine promo d'un livre sur le sujet, vient nous asséner que l'alcool tue- que voilà un scoop ! - et que le danger commence au delà d'un demi-verre d'alcool par jour, c'est à dire 5cl de vin à 12°, une quasi abstinence. Il y a quelques années, le slogan disait « un verre, ça va, trois verres... bonjour les dégâts ! » Ce qui laissait le loisir de boire deux verres sans arrière-pensée et sans risque de faire exploser l'alcootest. Avec pour bénéfice une indéniable détente conviviale... qui nuit à une économie basée sur le stress et la frustration.

paris83-vIl fallait donc serrer davantage la vis. Après deux verres et 0,8g, on est passé aux 0,5g et nous voici carrément à la « tolérance zéro », terme absolument effrayant puisqu'il signifie : « si tu sors un orteil des clous, tu deviens délinquant, et c'est moi qui sème les clous sur la route de ta vie, c'est moi qui oriente ta destinée. » Or les clous sont de plus en plus nombreux, petit homme. Tu ne t'en rends pas compte car on te serre la vis progressivement, on t'annonce des lois restrictives, puis la loi votée l'est un peu moins et tu respires, soulagé... sans te rendre compte que tu es pareil à la grenouille jetée dans une casserole d'eau froide sous laquelle on allume le feu. L'eau devient peu à peu tiède, puis chaude, puis brûlante, et tu te laisses cuire sans réagir.

mayenne5-vsaintpierresurorthe7-vA ce stade, tu as compris que l'allégorie du verre de vin concerne toutes tes libertés, tous tes droits, peu à peu grignotés, réduits à peau de chagrin, toujours au nom de ta sécurité, de ta santé, de ta longévité, de la réalité... et que si tu ne veux pas ces ajustements nécessaires, tu es un mauvais citoyen, un irresponsable ou pire : un utopiste. Tu deviens seul coupable des dérèglements de cette société. Assisté si tu bénéficies de la solidarité collective, paresseux si tu es au chômage, cancéreux si tu n'obéis pas aux injonctions sanitaires. Par le petit bout de la lorgnette on te fait miroiter mille maux et mille morts si tu ne manges pas 5 fruits et légumes par jour si tu fumes, si tu ne prends pas les médicaments qu'on te propose contre l’hypertension, le cholestérol, le diabète... Mais on ne légifère guère contre les pesticides, les cigarettiers ont tout loisir de te vendre de plus en plus cher leur poison qui rapporte tant de taxes à l'Etat, on constate la baisse générale de l'immunité dans les populations modernes, mais on se refuse à faire le lien avec la société stressante et anxiogène qu'on te sert en boucle sur Internet ou ailleurs, alors que de multiples études ont prouvé ce lien entre stress et immunité.

paris102-vOn s'inquiète avec fracas des traces de caca dans une tarte au chocolat mais on se fout éperdument des mécanismes de la mondialisation qui conduisent à ce genre d'épiphénomène alors que depuis des lustres, comme me l'avait dit un médecin hygiéniste « la fraise du Burkina-Faso est le vecteur idéal du typhus entre l'anus du paysan Burkinabé et la bouche de l'occidental.

Explication : le Burkina-Faso cultive et exporte des fraises que pas un local ne mange, pas plus que les haricots verts qu'il produit en abondance. Tout pour l'export, tant pis si la nourriture manque aux populations locales. Le paysan Burkinabé, donc, récolte les fraises à la main. Pris d'un besoin pressant, il va se soulager, mais ne bénéficiant ni d'installation d'assainissement, ni d'eau potable, il se nettoie du bout des doigts, d'un chiffon ou d'un maigre filet d'eau croupie et revient récolter, avec sur ses doigts des traces de matières fécales ou urinaires que le consommateur occidental avalera d'autant mieux qu'on lui recommande de ne pas laver les fraises : « Passez les rapidement sous un filet d'eau, sinon elles perdent leur saveur ».

bars1.jpgMoralité : le droit pour tous à l'eau potable et à l'assainissement n'est pas une simple revendication de tiers-mondistes idéalistes, mais un moyen simple et efficace d'éviter des problèmes sanitaires. Pas seulement le typhus de l'occidental fraisivore, mais surtout les 5000 enfants africains qui chaque jour meurent d’infections liées au manque d'eau potable. Je vous ai parlé de l'occidental parce que son sort émeut à l'évidence davantage que celui de milliers d'enfants noirs. Si ce n'était pas le cas, les infos consacreraient 30 secondes à la tarte au caca IKEA et vingt minutes aux milliers d'enfants africains morts avant l'âge de 5 ans.

La mondialisation, qui externalise partout où ça coûte peu ou rien, ne tient aucun compte du coût du transport puisque le carburant est détaxé (sans parler du coût en termes de pollution et d'effet de serre), du chômage pour les producteurs de fraises occidentaux, de la confiscation effective de terres aux populations locales et des conditions de travail indécentes des ouvriers d'ailleurs, conditions que les pro-mondialisation rêveraient d'ailleurs d'adopter dans ces pays trop nantis qui osent encore penser que le progrès consiste en une amélioration du bien-être et du bonheur de tous.

C'est tellement absurde que cela te rend nerveux, dépressif, voire fou. Les urgences psychiatriques sont devenues la première cause des appels au SAMU de Paris, les suicides augmentent, les cas de schizophrénie aussi. On t'assure que c'est lié à la consommation croissante de substances addictives, ce qui est sans doute vrai, mais tant qu'à remonter l'arbre des causes, ne pourrait-on pas se demander pourquoi tant de mal-être dans cette société, mal-être qui pousse à la consommation de tranquillisants, excitants et drogues médicamenteuses ou illégales ? Parce que c'est un marché, pardi ! La drogue, ( sans même parler des médicaments psychotropes), est le secteur économique le plus florissant avec celui des armes, du pétrole et de la prostitution.

Moralité : il n'y en a pas. Une société où le malheur et la guerre rapportent infiniment plus que le bonheur n'est pas morale. Alors le partage d'oasis de bonheurs gratuits ( ou presque) devient le seul geste à la fois moral et révolutionnaire.


vin1.jpg

 

Toutes les photos, sauf la dernière, sont empruntés à Pierrick Bourgault (www.monbar.net). Depuis des années, Pierrick parcourt inlassablement le monde à la recherche des bars, bistrots, troquets, qui témoignent d'un art de vivre et d'une sociabilité en voie de disparition. Si un vieillard qui meurt est une bibliothèque qui disparaît, un bistrot qui ferme, c'est la vie qui perd son lieu de rencontre, notamment dans les villages où le bistrot fait aussi épicerie, marchand de journaux, boulangerie...Les cafés sont aussi des lieux où s'expriment toutes sortes de paroles et d'art: musique, philo, sciences, littérature...

Je précise que ni Pierrick ni moi ne sommes alcooliques :) mais que tous deux apprécions les bons vins.

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Jeudi 7 mars 2013 4 07 /03 /Mars /2013 14:59

5 mars 2013

 

troïka

Châtelet/ Assemblée nationale, joli parcours peu courant. Beau temps, beaucoup de monde, de la musique. Des slogans classiques:

 

smicchairà patrons

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

parfois mis en scène avec humour.

 

attac

 

Aux kiosques à journaux, les affiches de la presse parlent des vrais problèmes:

 

richessexe

bébé cadeau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec parfois des accents déchirants:

 

rien à se mettre

 

 

 

Heureusement, voilà l'excellent FAKIR, toujours présent dans la rue et si difficile à dénicher en kiosque sous les montagnes de magazines qui titrent sur les marronniers du moment.

fakir

 

 

Et puis des panneaux poétiques autant que politiques, comme quoi les deux sont loin d'être incompatibles:étrangers

liberté

 

utopie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 
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et de regarder la non moins superbe vidéo sur "Aimer plusieurs hommes", toujours réalisée par Douze Films Prod (www.douzefilms.fr) 

http://www.autresmondesdiffusion.fr/aph.html

 

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