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                                                                    des questions, des réponses, l'ouverture des possibles

 

L’érotisme est au coin de la rue

Le livre du grand Tout


Un livre indispensable
voyages torrides et beaux paysages
une belle histoire de peau et de coeur
documenté, ça énerve parfois, ça fait aussi du bien
à découvrir ou redécouvrir pour la finesse de l'analyse et de l'écriture
Mardi 19 mai 2009

Lucy Vincent, biologiste de l’amour, dissèque nos sentiments à l’aune des hormones et des neurotransmetteurs. Cette britannique a de l’humour, c’est presque un pléonasme… ce qui ne l’empêche pas d’être une scientifique rigoureuse.  L’amusant est que par la voie de la neurobiologie, elle arrive au même constat que moi par l’empirisme et l’observation sociopolitique : « La passion amoureuse n’est pas l’amour ». C’est pourquoi Lucy Vincent déconseille la séparation aux couples qui se disent après en moyenne trois ans : « Bouh… c’est plus comme avant », car  ils répéteront inlassablement ce cycle s’ils n’admettent pas qu’ils sont biologiquement programmés pour que la passion s’éteigne après ce délai et évolue vers un projet de vie.

A l’époque préhistorique, explique la chercheuse, on s’occupait du petit d’homme pendant  quelques années, puis il se débrouillait seul s’il avait survécu. De ce fait, le couple n’était pas destiné à durer longtemps. Aujourd’hui où nous avons pour ambition de mener nos enfants jusqu’à l’âge adulte avec de belles études, c’est-à-dire au bas mot 25 ans, le couple doit durer longtemps pour assumer cette tâche… mais la passion hormonale a toujours une date de péremption d’environ trois ans.  Il faut donc faire avec ce décalage entre les hormones et la durée de l’éducation d’un enfant.

« Alors, interroge le journaliste déconfit, le couple, c’est la fin de la passion ? – Pas du tout, sourit Lucy Vincent, il y a moult occasions de vivre des passions amoureuses… à condition de les mettre à leur vraie place et de ne pas les confondre avec l’amour. »


Bingo !  Que voilà un prologue approprié pour annoncer la sortie de mon « Guide des amours plurielles pour une écologie amoureuse » chez POCKET.  Amours plurielles rebaptisées Lutinage, pour des raisons expliquées dans le livre.


Comme son nom l’indique, ce livre n’est pas un mode d’emploi, mais un guide, que chacun peut adapter à son propre vécu, avec :

De « Ailleurs » à « Sexe », un glossaire sur la théorie amoureuse du Lutinage, suivi, pour chaque entrée, des questions qui m’ont été posées ou que je me suis posées à une époque où nul ne pouvait me conseiller. 

Un « guide de savoir-vivre des Lutins », à partir de situations concrètes authentiques, pour mieux faire face aux événements inédits que traversent les Lutins dans un monde officiellement monogame.

Des témoignages de Lutins et Lutines illustrant la variété des vécus à partir d’un même principe, preuve manifeste d’une évolution en profondeur des comportements amoureux. Ces témoignages montrent aussi bien les difficultés de ce mode de vie que le bonheur qu’il apporte.

Et comme je suis maintenant dans des désirs d’écriture totalement différents,  c’est la dernière fois que j’écris sur les amours plurielles, alors profitez-en !

 

 

 

A CARLA SARKOZY-BRUNI : SVP, POURRIEZ-VOUS DEMANDER A VOTRE MARI LA LIBERATION DE JULIEN COUPAT, DETENU DEPUIS LE 15 NOVEMBRE 2008, SUR UNE ACCUSATION DE TERRORISME SANS AUCUNE PREUVE? IL PARAIT QU’IL VOUS ECOUTE…

 

Et pour la sociologie amoureuse,  « Autres désirs, autres hommes » mettait en scène une quincaillière, une chercheuse du CNRS, un bachelier homosexuel, une beurette des cités, un ouvrier, un aubergiste corse, une jeune Ivoirienne, un candidat à la présidentielle… au lieu des sempiternels cadres supérieurs à Rolex et belles voitures, de coutume dans les textes érotiques.

Par Françoise Simpère - Publié dans : EROS
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Samedi 9 mai 2009

 

Désir : Tendance consciente et suscitée par quelqu’un aux plaisirs sexuels.

Amour : inclination envers une personne, le plus souvent à caractère passionnel, fondée sur l’instinct sexuel mais entraînant des comportements variés.

Orgasme : anciennement "irritation, hystérie". Auj : point culminant du plaisir sexuel.

Intime : Qui lie étroitement, par ce qu’il y a de plus profond.

Bigre, ça a l’air bien l’intimité si on en croit le dictionnaire ! Comment se fait-il qu’on en parle dix fois moins que de l’orgasme, de l’amour ou du désir ? Parce que c’est intime, sans doute, et indicible…

« Je suis intime avec Matteo, c’est le terme le plus juste. Amie, bien sûr, amante parfois, amour toujours. Impossible d’étiqueter ce que nous sommes l’un pour l’autre, c’est un lien subtil et qui n’a pas cherché à l’être. L’intimité  est venue sans que nous ayons voulu tout savoir l’un de l’autre, au contraire,  il y a entre nous une discrétion rare,  peu de mots, les sentiments affleurent par accident,  comme une vague mourante, parfois, laisse apparaître un caillou que nul ne soupçonnait. Je le découvre, mais je me découvre aussi… Peu à peu se construit le paysage de nos affinités et il nous faudra sans doute longtemps pour que l’image apparaisse dans sa totalité, si elle apparaît un jour. J’aime cette incertitude, ce plaisir de laisser la vie construire sans lui imposer de plans. Sans fébrilité et sans angoisses. » (Ce qui trouble Lola)

Bonheur d'exprimer les choses comme on les ressent : chuchoter « j’ai envie de toi » sans se formaliser si ce désir n’est pas partagé. Pouvoir dire « je ne reste pas ce soir » sans que l'autre se sente rejeté ou mal aimé.  L’appeler,  ne pas l’appeler, l’enlacer, l’embrasser, le vanner, le complimenter, se confier ou se taire, bref pouvoir être ce qu’on est sans craindre les conséquences de sa spontanéité. L’intimité débarrasse l’amour et le sexe des enjeux qui les parasitent si souvent. Elle donne la certitude de n’être pas en danger, que la personne intime vous aime assez pour ne jamais vouloir vous faire du mal. C’est rare. Même des gens qui s’aiment se blessent sans le vouloir, en le voulant parfois. On peut surmonter les blessures mais souvent l’intimité n’y survit pas.

« J’ai curieusement une confiance absolue en Matteo, je dis curieusement car c’est rare chez moi. Depuis Guido et quelques autres, j’ai toujours l’œil vers la sortie et un doigt sur la gâchette. »  

L’intimité s'épanouit mieux dans la durée, mais son regard infrarouge se joue du temps. Elle débusque derrière les modifications du corps et les strates des années ce qui a charmé et pourquoi. Elle se souvient des petits déjeuners, des fous-rires et des discussions. Elle s’intéresse aux mille petits faits et gestes qui transforment un inconnu en intime. Un petit-déjeuner, un massage, une soirée passée à reconstruire le monde, une façon de remuer la salade ou de se savonner sous la douche comptent autant pour l’intimité qu’un orgasme partagé.


Sans oublier le jeu, indispensable. L’intimité cultive les rituels idiots et les « private jokes » que ne comprennent que les gens concernés.  Aussi insaisissable et indéfinissable que le désir, elle est un royaume de connivences qui n’ont pas besoin de se dire, d’acceptation des fragilités de l’autre, d’humour devant ce qui d’ordinaire agace, de jubilation d’être totalement en confiance. L’intimité permet de lâcher prise, sans rapports de force ni angoisses. Autant dire qu’elle vit mal avec la passion, capable d’exiger, de marchander, de tuer parfois.


 


 

 

 


JULIEN COUPAT, N°D’ECROU 290173 PRISON DE LA SANTE, 42 RUE DE LA SANTE, 75014 PARIS EST DETENU DEPUIS LE 15 NOVEMBRE 2008, SUR UNE ACCUSATION DE TERRORISME SANS AUCUNE PREUVE. LA SEMAINE PROCHAINE, IL EST IMPORTANT D’ETRE TRES NOMBREUX A ECRIRE POUR DEMANDER SA REMISE EN LIBERTE, TOUT A FAIT COMPATIBLE AVEC LA POURSUITE DE L’ENQUETE.

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : EROS
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Mardi 28 avril 2009

« La monogamie et son inséparable compagne, la jalousie, engendrent des heurts, des dangers et des maux incompatibles avec le calme, l’harmonie et la confiance indispensables à l’amour et au bonheur. »

« Les hommes mariés sont loin d’être monogames. Qu’ils soient l’époux d’une seule femme, d’accord, mais qu’ils n’aient de rapprochements sexuels qu’avec celle-ci, qu’ils soient fidèles aux principes du mariage monogame, c’est ce qui ne saurait être soutenu par aucun esprit libre et sincère. »

« Toute la faute de l’adultère est dans la dissimulation et le mensonge ».

Ces phrases ne sont tirées ni d’un de mes livres, ni d’une des innombrables discussions qui se tiennent sur les sites polyamoureux, où  l’origine des amours plurielles est tantôt affirmée comme anglo-saxonne datant des années, cinquante, tantôt issu des mouvements libertaires de mai 68, tantôt comme un désir actuel des jeunes de vivre différemment leurs amours, après la vague de divorces qu’ont connu leurs parents.

Non. Ces phrases sont tirées d’un livre paru en … 1926 sous le titre « la Maîtresse légitime ».  Bourré de références historiques et littéraires de l’Antiquité jusqu’au XXè siècle, il montre que l’interrogation sur la possibilité d’aimer au pluriel est aussi vieille ou presque que l’humanité, et que l’humain a décidément du mal avec la monogamie !

Cet ouvrage prône donc la polygamie masculine pour pallier le penchant naturel des hommes à aimer ailleurs, les femmes étant présentées, machisme de l’époque oblige, comme plus naturellement monogames. Cependant, leur sort n’était pas oublié, puisque l’auteur, Georges-Anquetil, avocat, journaliste et éditeur, expliquait que par suite de la guerre de 14/18 et ses millions de tués, les femmes se trouvaient en surnombre.

Il avait d’ailleurs attiré l’attention des parlementaires sur « l’ampleur du problème sexuel de 18 millions d’européennes que le surnombre des femmes, le massacre des mâles et l’égoïsme de la monogamie condamnent aux misères physiologiques et morales du célibat. »

« La Maîtresse légitime » fût vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires. Des députés, des gens de lettres hommes et femmes, des journalistes, des universitaires et des romanciers réagirent à ce livre, soit pour le fustiger comme immoral, soit pour conclure avec humour qu’autoriser plusieurs amours enlèverait bien du charme à l’adultère, trouver qu’une femme coûte déjà cher, alors plusieurs… ou pour convenir que cela ne ferait que légaliser un état de fait : l’homme est capable d’aimer plusieurs personnes en même temps, ce qui était affirmé dès le 17è siècle :

« L’amour divisé, discours académique où il est prouvé qu’on peut aimer plusieurs personnes en même temps » (poème de Vion d’Alibray, 1653)

Georges-Anquetil était imprégné de la misogynie de son époque et de la certitude que l’adultère féminin est plus grave que le masculin en raison de ses conséquences : déshonneur du mâle, risque d’enfants adultérins. Sur ce dernier point, il n’avait pas tort, à une époque où la contraception n’existait pas. Cependant, un homme lui écrivit :  « Féministe convaincu… je suis pour la polygamie réciproque, parce que je suis pour la disparition du mensonge, de l’hypocrisie, d’une fausse morale dont tout le monde fait l’étalage et que personne, ou presque, n’observe. (Alexandre Mercereau, penseur et poète). L’écrivain Victor Margueritte s’écria : « Au problème tel qu’il le pose, un corollaire s’impose : la polyandrie. Mêmes droits à la femme qu’à l’homme ! »

Enfin, une femme lui proposa de rédiger le symétrique du livre la Maîtresse légitime. Beau joueur, Georges-Anquetil accepta, et c’est ainsi que parut  « l’Amant légitime » sous la signature de Georges-Anquetil et Jane de Magny, livre abondamment argumenté et émaillé de références historiques, comme le précédent, qui se concluait par cette fière déclaration : « On ne fait pas deux fois sa vie : aucun homme, même notre mari, n’a le droit de gâcher la nôtre ! » et proposait une pétition au Parlement « en vue de la filiation maternelle (l’enfant porterait le nom de la mère) de l’abolition du délit d’adultère, de l’abolition de l’excuse légale du mari qui tue sa femme (quand elle l’a trompée, ndlr) de l’autorisation légale de la bigamie pour les deux sexes. »

J’ai découvert ce livre aussi abondamment annoté que ses manuels de droit et recueils de Jurisprudence, dans le bureau de mon père, à côté d’un ouvrage sur la liberté sexuelle en Suède, datant de 1965. Les chats ne font pas des chiens…

 


 

A propos des amours plurielles, polyamour ou Lutinage, deux photographes cherchent des personnes intéressées. Pour tous renseignements, voir le lien :

http://polyamour.info/discussion/-cb-/Appel-a-participation-pour-reportage-sur-le-Polyamour/

 

 



 

 


DEPUIS LE 15 NOVEMBRE 2008,  JULIEN COUPAT, N°D’ECROU 290173 A LA PRISON DE LA SANTE EST DETENU, SUR UNE ACCUSATION DE TERRORISME SANS AUCUNE PREUVE. CONTINUONS A LE SOUTENIR ET A RECLAMER SA REMISE EN LIBERTE ;

Par Françoise Simpère - Publié dans : EROS
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Jeudi 23 avril 2009

Sur Internet, des passionnés de la faculté de Rouen et de l’institut Flaubert ont ouvert un site www.bovary.fr où ils ont numérisé les manuscrits de Flaubert, avec les pages raturées, les innombrables versions, jusqu’à la dernière qui devait satisfaire à l’épreuve du « gueuloir » pour être admise par l’écrivain.  Par parenthèse, ça doit stupéfier NS que des gens consacrent des années à un tel travail, lui qui a du mal à simplement lire « la Princesse de Clèves », mais lui a finalement fait une belle publicité puisque le livre est 695è dans les ventes Amazon, très loin devant la « biographie non autorisée » de son ami Jacques Seguela, classé 56 225è (ce jour à 10h30)


A Paris, une exposition célèbrera à partir du 26 mai à la maison des manuscrits les 50 ans de la mort de Boris Vian, avec des manuscrits à l’encre bleue ou verte, fort peu raturés car ce diable d’homme aux mille talents avait la plume aisée. 
http://www.borisvian.org/evenements.php

Comparer les écritures, les versions d’un roman, les mots essayés, rayés, repris, crée un contact sensuel avec  l’œuvre : on imagine l’auteur, ses stylos, plumes, encriers ou cartouches… On le voit volontiers écrire à la terrasse d’un café, sortir de sa poche un carnet et y griffonner fébrilement.  On suit le cheminement de l’histoire, la naissance des personnages qui finissent par échapper à leur créateur.

Comment les générations futures suivront-elles ce cheminement de la pensée ? Le traitement de texte n’en laisse rien voir, si ce n’est le fameux « affichage et suivi des modifications » sous forme de pavés de texte en lettres d’imprimerie rouge ou bleu. Même présentation pour tous, que l’auteur soit génial ou banal, angoissé ou sûr de lui, que le texte soit une fresque historique ou une notice d’appareil ménager.  Arasement des émotions, nivelage des différences…


Un de mes éditeurs, au tout début du traitement de texte électronique, se disait capable de différencier un texte écrit à la main puis saisi à l’ordinateur d’un  texte directement écrit sur ordinateur. Il affirmait que le premier révélait davantage de contact « charnel » de l’auteur avec son œuvre, alors que le second, parfois plus perfectionniste dans la forme- c’est tellement aisé de corriger avec les copier/collé, rechercher…- était plus distancié. Peut-être n’était-ce qu’une impression subjective, mais le rapport au livre n’est-il pas essentiellement subjectif ?
Ce dont je suis sûre, c’est que lorsque j’achève un texte à l’ordinateur et l’imprime après l’avoir corrigé 10, 15, 20 fois… je trouve toujours des choses à modifier à la lecture sur papier.  Tout comme je ne lis pas de la même façon un texte sur écran et un livre sur papier dont je tourne les pages. Tout comme une projection de photos numériques et un album de photos sur papier ne me procurent pas une émotion identique.


Il paraît que les derniers e-books reproduisent à s’y méprendre la page d’un « vrai » livre. Certes. Mais le contact tactile n’est toujours pas le même. Visualiser (un écran) ou toucher (le papier) ce n’est pas la même chose, tous ceux qui ont tenté l’amour virtuel sur Internet vous confirmeront que cela peut être plaisant mais a peu à voir avec une véritable étreinte.


Lo
la a besoin de toucher les hommes pour qu’ils la touchent. Ils n’y sont pas habitués, mais ils aiment. Ils aiment le langage de ses mains sur leur corps, s’émeuvent qu’elle prenne le temps d’explorer chaque centimètre carré de leur peau : « que tu es douce… » elle découvre leur besoin d’abandon et son plaisir personnel à les y amener, les rendre vulnérables. 

Ce billet classé dans la catégorie EROS porte le n° 69



SI VOUS AVEZ QUELQUES MINUTES, MERCI D’ECRIRE A NS (courrier non timbré) OU MAM POUR DEMANDER LA LIBERATION DE JULIEN COUPAT, N°D’ECROU 290173, DETENU DEPUIS 160 JOURS, TOUJOURS SANS AUCUN INDICE PROBANT DE CULPABILITE

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : EROS
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Samedi 4 avril 2009

MONSIEUR LE PRESIDENT, VOUS AVEZ DIT DEVANT BARACK OBAMA QU’ON COMBAT LE TERRORISME AVEC LES ARMES DE LA DEMOCRATIE. L’UN DES PRINCIPES DE NOTRE DEMOCRATIE EST LA PRESOMPTION D’INNOCENCE. IL SERAIT BON QUE VOUS L’APPLIQUASSIEZ EN DEMANDANT AU PARQUET DE NE PLUS S’OPPOSER A LA LIBERATION DE JULIEN COUPAT, N°D’ECROU 290173, DETENU DEPUIS 141 JOURS, TOUJOURS SANS AUCUN INDICE PROBANT DE CULPABILITE














Laurence et Jean-Pierre (faux noms, évidemment) se sont mariés à vingt ans et ont eu deux enfants aujourd’hui grands.  Dans sa jeunesse, Jean-Pierre était sportif, militant syndical et beau garçon, roi du rock et du barbecue. Il s’est épaissi avec l’âge, devient plus sédentaire parce qu’il a mal au dos et lorgne moins les donzelles : comme on dit, avec les années leurs raideurs se déplacent et la vertu vient aux hommes… Laurence a passé des années à attendre son mec qui lui promettait « j’ai une réunion (ou un match, ou une répétition de théâtre) mais je ne rentre pas tard ». Il rentrait toujours plus tard que promis et la trouvait endormie. » Malgré tout, ils s’entendent bien et ont la complicité que forgent les années et les obstacles franchis ensemble.

Vers la cinquantaine, Laurence a traversé une période acariâtre où elle en voulait au monde entier d’avoir « gâché sa vie à faire la bonne pour toute la famille » et se disait tentée de tout plaquer. Son mec ne la touchait quasiment plus depuis cinq ans. « Ca te manque ? » -Penses-tu ! Après tout ce temps, je connais ses façons par cœur et je n’en ai pas plus envie que lui.  –Alors ne râle pas, puisque ça ne te manque pas, et cesse de ronchonner après lui. Il n’est pas parfait, toi non plus, mais il a plein de qualités : gentil, cultivé, accueillant... – Avec les autres, pas avec moi, maugréait-elle. »  Je priais pour qu’elle prît un amant, subodorant le bien que ça lui ferait.

Dieu est mon pote. Il mit Laurence sur la piste d’un forum Internet où elle conversa avec un gars sympa, qui, divine providence, habitait la même région qu’elle.  Ils devinrent copains, elle faisait de la gym et des randonnées avec lui, mincit, se muscla et devint lumineuse parce que cet homme la faisait rire et la trouvait belle. On est comme ça, les filles, ça va sans dire qu’on est belles et que vous nous aimez, mais faut nous le dire !!!

Les deux copains devinrent amants, et Laurence découvrit que son corps qu’elle croyait endormi n’avait rien oublié du plaisir. Cela la rendit aimable, joyeuse, tant et si bien qu’un jour où Jean-Pierre la traitait de « ma vieille » avec affection mais maladresse, elle rétorqua : « Pas si vieille, puisque j’ai un amant. » Envie de le dire, de partager sa joie, de ne pas mentir. Jean-Pierre fût effondré. « Tu me trompes ! Tu vas me quitter ! » Non, elle ne le trompait pas, disait-elle, puisqu’elle le lui disait, et elle ne voulait pas non plus le quitter parce qu’elle aimait vivre avec lui. « Ca fait tant de temps que tu ne me regardes plus, toute ma jeunesse je l’ai passé à t’attendre, j’ai juste envie d’exister un peu par moi-même ».

Tout de même, la pilule était rude à avaler, tant et si bien qu’au dîner dominical suivant, Jean-Pierre, bizarrement, ne put s’empêcher d’annoncer à ses enfants sur un ton dramatique : « Les enfants, figurez-vous que votre mère a un amant. » Il s’attendait à les consterner, à les mettre de son côté, mais la fille cadette applaudit : « C’est vrai ? Ce que je suis contente pour toi, maman ! D'ailleurs je te trouve très en forme ».  –Comment,  dit le père, tu trouves ça bien ? » Le fils sourit : « Papa, qu’est-ce que ça t’enlève que maman se fasse un peu plaisir ? Tu vas y gagner : au lieu de ronchonner, elle est toute gaie, toute jolie. P’têt même que tu vas retomber amoureux d’elle, avec ses yeux qui brillent. »

J’ai repensé à cette histoire- pour l’essentiel authentique même si, comme d’hab’ et par discrétion je l’ai réécrite à ma façon- en écoutant les résultats du G20. Quel rapport sexuel ou non entre les deux ? La capacité à changer de logiciel de pensée.  Dans le logiciel du père, la liaison de Laurence était forcément un drame, alors même que dans la réalité- que lui a montrée le fils- il n’y perdait rien et avait même à y gagner s’il consentait à sortir du schéma « cette femme est à moi, même si je ne m’en sers pas. » (C’est une expression, n’allez pas me traiter de macho J)

Eh bien, à ma grande déception, le G20 n’a pas d’un iota changé de logiciel de pensée. Que proposent-ils ? De donner des milliards aux banques et aux entreprises qui ont failli, de relancer la consommation qui devrait au contraire être réduite dans les pays riches pour que les autres puissent accéder au minimum décent, de soutenir  le secteur automobile dont il est pourtant évident qu’il est obsolète, comme en leur temps ont disparu les maréchaux-ferrants ou les allumeurs de réverbères, d’augmenter les dépenses militaires (ça, c’est au sommet de l’OTAN) pour lutter contre le terrorisme, alors que depuis dix ans qu’on dépense des milliards militaires à cette fin, le terrorisme ne cesse de progresser.  Vous aurez aussi remarqué que les problèmes écologiques,  cruciaux durant le Grenelle de l’Environnement, ont été totalement occultés pendant ce G20, alors que les questions de l’eau, de la démographie galopante et du dérèglement climatique nous tuerons plus sûrement qu’une baisse de la consommation et une réduction- limitée- du niveau de vie des plus aisés.

Bref, le G20 cherche à colmater les brèches d’un système en faillite mais familier, au lieu de changer son logiciel de pensée pour voir la réalité en face. Quel dommage, alors que tant de besoins élémentaires ne sont pas satisfaits et qu’il reste tant à inventer et à découvrir au niveau des énergies, de la médecine, de l’architecture, des moyens de transport… de ne même pas imaginer que des cerveaux d’ingénieur et d’ouvriers automobile peuvent se recycler en ingénieur et ouvriers de biens utiles et non destructeurs.

Troquer le sexe à piles contre un sexe à énergie solaire, par exemple.

 


Sont beaux, hein? Ce sont mes plus jeunes nièce et neveu... pour qui j'aimerais un monde plus doux.
Par Françoise Simpère - Publié dans : EROS
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