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Désirs de lecture

                                                                    des questions, des réponses, l'ouverture des possibles

 

L’érotisme est au coin de la rue

Le livre du grand Tout


Un livre indispensable
voyages torrides et beaux paysages
une belle histoire de peau et de coeur
documenté, ça énerve parfois, ça fait aussi du bien
à découvrir ou redécouvrir pour la finesse de l'analyse et de l'écriture

Humeur

Mardi 3 octobre 2006 2 03 10 2006 10:38

Bonjour,

Un blog de plus sur la toile, je dois dire que j'hésitais! Mais en même temps, depuis que je reçois des lettres ou des mails de lecteurs et lectrices- dont certain(e)s sont  devenus depuis plus de trois ans d'assidus correspondants-  je me dis qu'il est dommage que nos échanges  restent en tête-à- tête. Plusieurs fois, j'ai écrit à Eliane, François, Mélusine, Gabriel ou Patrick en ayant très envie de mettre en relation ces hommes et ces femmes qui réfléchissent et expérimentent dans leur vie des chemins "hors-normes", ce qui ne signifie pas qu'ils soient anormaux. Grand débat: c'est quoi, être normal?

Ce blog me permettra aussi de vous dire ce que je fais, sans encombrer votre messagerie. Au lieu d'écrire à chacun(e) "je passe à la TV" ou "je sors un livre",  c'est vous qui choisirez de le savoir en venant ici.

Enfin, 2007 étant une année particulière qui a commencé depuis plusieurs mois, il y aura sans doute beaucoup de sujets d'enthousiasmes ou d'indignations (n'est-ce pas Nathalie, cool, cool, le monde est méchant, mais fais gaffe à ton coeur!): j'ai constaté en effet avec grand plaisir que les lecteurs et lectrices interpellés par "Aimer plusieurs hommes" (le livre qui m'a valu le plus de courrier) sont généralement des personnes sensibles à l'écologie, la justice, l'arrogance des dominants, la tendresse... Ce n'est évidemment pas un hasard: s'interroger sur le couple, la possession amoureuse et ses signifiants sociaux et psychologiques, c'est évidemment s'interroger sur une société qui privilégie l'Avoir à l'Etre, le pouvoir à l'échange, la frustration à l'épanouissement. On est bien loin de la sempiternelle question: "Fidèle ou infidèle"? That is not the question, et je remercie sincèrement ceux qui le comprennent et défrichent avec moi ces chemins.

That is not the question et pourtant je suis sûre que c'est celle qu'on va me poser ce soir dans l'émission de MOF "T'empêche tout le monde de dormir" sur M6 (23h30, je ne vous en voudrai pas si vous préférez dormir!): 14 minutes de débat plateau avec six invités,  autant dire qu'on surfe sur la réflexion.

A l'opposé de cete démarche zapping, je viens de tourner avec une équipe Québécoise ( la bande d'allumés en photo en bas de ce texte) un documentaire sur ce même sujet, qui sera diffusé au Québec le 8 mars 2007, Journée Internationale des femmes. Martine a réfléchi 4 ans sur ce film, nous avons vécu des journées entières ensemble, chez elle ou chez moi, Olivier a fait des images de toute beauté, et Josué a saisi toutes les nuances du vent ou des silences. Merci à  tous trois, et merci aux amis qui ont spontanément participé à ce tournage, ça m'a fait chaud au coeur. Il ne reste plus qu'à espérer qu'une TV française soit assez audacieuse pour avoir envie de ce film bien joyeux et pas niaiseux, comme y disent chez les Caribous.

Voilà, c'était juste une mise en bouche, la prochaine fois on parlera de Bruno Van Peteghem, qui se démène pour sauver le corail néo calédonien des lobbies de l'industrie du nickel et de bien d'autres choses encore, n'hésitez pas à y mettre votre grain de sel ou de gingembre. Et un grand merci à Laurent sans qui ce blog n'existerait pas,  plusThomas et Bertrand pour l'image d'en haut. 

Martine, Olivier et Josué en pleine réflexion métaphysique.

Par Françoise Simpère - Publié dans : Humeur
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Mercredi 4 octobre 2006 3 04 10 2006 11:37

Sur la petite île grecque où je vais depuis dix ans, je me baladais il y a juste un mois le long des crêtes que suivent les chèvres. Il y a dix ans, j'explorais le moindre recoin, jusqu'aux maisons à l'intérieur desquelles je jetais un coup d'oeil: l'art de vivre dans les Cyclades, c'est aussi ces maisons blanches et bleues épurées et confortables où l'on s'aperçoit que le bonheur et la santé, comme disait Hippocrate, c'est de "n'avoir que trois pas à faire pour apercevoir la mer". Un jour, je m'étais assise avec un ami à une terrasse. On nous avait apporté du vin, du pain et du fromage, mais lorsque nous avions voulu payer, notre hôte nous avait expliqué dans un anglais approximatif qu'il n'était pas aubergiste, et nous avait simplement offert l'hospitalité. En grec, cela se dit: "philoxénia", amour de l'étranger.

L'an dernier, j'ai pris un grand coup de colère en voyant mes itinéraires habituels barrés par des barrières rendant difficile l'approche des maisons nouvelles- plus cossues, plus chics, parfois pourvues de piscines à vingt mètres de la plage. Cette année, impossible de passer outre la barrière: dans plusieurs maisons, un chien montait la garde. Or le chien, à la différence du chat, est conditionné pour aboyer à la vue d'un inconnu, dressé pour considérer a priori comme suspect l'étranger, alors que le chat, royal, vient se frotter à ses jambes, s'en éloigne si l'odeur ne lui plait pas, ou lui fait du charme s'il estime que ledit étranger peut être un pourvoyeur de nourriture ou de câlins. Il n'y a pas de chats policiers, comme disait Siné, ce qui ne les empêche pas d'être les seuls animaux à avoir mis l'homme à leur service. Preuve que la force est dans la douceur et non pas dans la dureté.

Le soir, discutant avec un commerçant, je lui dis mon étonnement de ces chiens de garde: "C'est à cause des voleurs", dit-il, un peu embarrassé, ajoutant précipitamment: "Quoique des voleurs... il n'y en a pas ici. En fait, c'est à cause des Albanais. Les Albanais sont méchants.... Quoique il n'en vient pas ici, mais on en parle beaucoup." Ainsi donc, à cause de voleurs inexistants et d'Albanais absents mais supposés a priori dangereux, la philoxenia fait peu à peu place à la xénophobie!

Par Françoise Simpère - Publié dans : Humeur
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Dimanche 22 octobre 2006 7 22 10 2006 14:31

Alors que nous bavardions, Ambre- l'une des joyeuses luronnes rencontrées dans le métro- m'a dit: "C'est cool de voir qu'une personne un peu plus... un peu plus..." Elle n'osait poursuivre, j'ai complété pour elle: "Tu veux dire plus âgée? Je suis beaucoup plus âgée que vous, j'ai une fille qui doit avoir votre âge" Elle a achevé: "Qu'une personne comme vous soit aussi ouverte, c'est rare."

Le mot m'a rappelé Erik, copain "pédé" comme il veut qu'on l'appelle, considérant que homo ou gay, c'est "politiquement correct", comme dire malvoyant pour un aveugle (ou, disait Coluche, mal comprenant pour un con), Erik, donc, m'amenant dans un bar du Marais et disant à tous ses potes (j'étais la seule femme présente): "C'est une fille, mais elle est très ouverte", "Je vous présente Françoise, elle est très ouverte", ça finissait par être ambigü!!

Au fait, c'est quoi, l'ouverture? Pour moi, c'est de la curiosité, un intérêt absolu pour tout ce que je ne connais pas, que ce soit livres, pays, idées, ou gens. Et l'envie de le partager. Du coup j'aborde facilement des inconnu(e)s, il m'est arrivé de proposer à un homme qui me regardait dans un bar de prendre un café avec moi et cette amitié a duré près de deux ans, à un autre de passer une semaine ensemble après avoir discuté deux fois avec lui. Sans enjeux, sans projets, juste pour le plaisir de les découvrir. Et aussi parce que je pense que ne pas se méfier a priori des inconnus, sourire plutôt que rabrouer est un bon antidote à la violence. La gentillesse est contagieuse...

Un jour, un ami m'a demandé ma motivation à connaître tant d'hommes ( on m'en prête d'ailleurs plus qu'il n'y en a véritablement...). Question piège quand on ne peut pas répondre l'Amour, construire un foyer, la sécurité, la tendresse, le sexe... Finalement, ce qui me motive, profondément, c'est de comprendre comment ces drôles de bipèdes forcément différents de moi par un chromosome entier (plus de différence génétique entre un homme et une femme qu'entre un singe et un homme ou une femme et une guenon!) comment ils font avec ce qu'ils ont, leurs forces, leurs fragilités... Et pour cela il faut des années, d'où mon aversion pour les aventures éphémères, et pour cela il faut de l'intime, d'où l'importance du désir entre nous s'il existe.

Une fille à qui je racontais quelques unes de mes rencontres s'était exclamé, horrifiée: "Comment tu peux faire ça? Parler à des inconnus, je n'oserais jamais!" Je lui ai fait remarquer que tous ses amis, tous ses amours étaient des inconnus la première fois qu'elle leur a adressé la parole.

Image qui n'a rien à voir, ou alors symbolique: ouverture, liberté sans pesanteur, waouh je m'éclate grave, là...

Par Françoise Simpère - Publié dans : Humeur
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Mercredi 1 novembre 2006 3 01 11 2006 13:17

J’aime bricoler mes robinets (jouissance ineffable d’extraire du siphon avec une tige et une vieille brosse à dents un amas de cheveux glaireux et de voir à nouveau couler l’eau du lavabo !), Je suis la reine du monde quand j’arrive à juguler une fuite ou réparer ma chasse d’eau.

 

Mais parfois les tuyaux ont raison de moi et alors j’appelle MON plombier. MON, comme j’ai aussi MON peintre,  en raison de la fidélité que je voue à ces deux artistes, le mot est venu sous mes doigts plus naturellement qu’arti sans .

 

On   se connaît depuis plus de quinze ans. Je le répète, je suis tendance longue relations…

 

L’amitié a du bon. Alors que tant de gens attendent le plombier comme le Messie à la différence que le Messie, un jour, a fini par venir (merci maman pour ce mot d’esprit qui me fait toujours rire !)  le mien était chez moi dès le lendemain de mon appel. Et là, magie absolue : il ausculte, fait couler l’eau, inspecte les tuyaux, démonte la chaudière, réfléchit… et l’installation rebelle à mes tentatives de réparations comprend qu’elle a affaire à celui qui sait. En moins de deux heures, le chauffage ronronne, les tuyaux ne fuient plus, le robinet se ferme docilement.  Pour qui a connu une seule fois un dégât des eaux chez lui, le plombier est un magicien.

 

Le mien est aussi philosophe : Iranien ayant fui la guerre Iran/ Irak ce qui l’a vacciné de bien des déclarations d’ hommes politiques lorsqu’il a vu des armes vendues dans les deux camps par les mêmes marchands d’armes, il a appris la plomberie d’abord, le français ensuite, et le parle aujourd’hui non seulement fluently mais philosophiquement. Eh oui. Il lit Nietzsche,  Zarathoustra lui est plus intime qu’à bien des philosophes de chez nous, et il a sur la vie le regard tolérant et lucide qu’ont ceux qui ont beaucoup voyagé, beaucoup lutté, beaucoup écouté. Bref, j’adore mes problèmes de plomberie, car je sais que leur résolution ira de pair avec une belle leçon de vie.

 

Avec MON peintre, idem : on parle de la vie, du monde qui va de travers, des femmes et des hommes , de l’amour et de ses pièges. Il m’explique comment faire un bel enduit, je lui demande jusqu’à quand garder tel ou tel solvant, on se met d’accord sur les couleurs qui me plaisent, et quand il a fini les travaux, il m’offre un poster de Matisse, parce qu’il pense que ça ira bien chez moi. Effectivement.

 

La place manque, je ne vous parlerai pas du médecin qui nous soigne depuis 18 ans, ni de mes voisins pompiers qui à l’occasion donnent un coup de jet à ma voiture en même temps que sur leur camion, juste  parce qu’on se parle depuis 18 ans aussi… C’était juste histoire de dire qu’avec les gens, comme avec tout le reste, il faut donner du temps au temps. Et que même si SOS-plomberie, SOS médecins ou SOS-pizza ont du bon,  ce ne sont que des speed dating, pas des rencontres.

 

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : Humeur
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Vendredi 3 novembre 2006 5 03 11 2006 12:01

Je suis baptisée et j’ai tout fait : communion privée, confirmation, communion solennelle, catéchisme et messe jusqu’à 16 ans.

 Aujourd’hui, je suis agnostique : je ne sais pas Dieu existe ou non. C’est d’ailleurs une question sans importance, car même s’il n’existe pas « en vrai », il semble indispensable à beaucoup d’humains pour juguler leurs angoisses . Libre à chacun de croire en ce qu’il veut.

 Mais où je trouve ça envahissant, c’est quand les religions deviennent omniprésentes et prétendent imposer à tous les principes qui ne devraient concerner que leurs fidèles. Comme disait, je crois, l’évêque d’Evreux à propos de l’opposition du pape au préservatif : « Je ne comprends pas qu’on fixe les règles d’un jeu qu’on ne pratique pas ».

Envahissantes aussi, les religions dans les medias, l'agonie puis l’enterrement du pape qui a squatté les écrans TV durant des jours (ni Yasser Arafat, ni Fidel Castro, ni même François Mitterrand n’ont eu un tel temps d’antenne sanitaire), les reportages sur port du voile ou les débats sur judaïté, sionisme et religion.

 Pourquoi n’y a-t-il aucune émission le dimanche pour ceux qui ne croient pas en Dieu et pourrait exprimer leur conception humaniste de la vie ?

 Pourquoi l’ information dans un pays laïque comme le nôtre est-elle à ce point religieuse qu’on nous informe régulièrement que tel ou tel homme politique est allé à la messe ?

Pourquoi les religions qui croient en plusieurs divinités (animisme africain, hindouisme, chamanisme) n’ont-elles aucun droit de cité sur nos antennes alors qu’elles concernent aussi des millions de gens ?

  

 

Est-il bien cohérent de prêcher l'humilité, "heureux les pauvres, les miséreux, les malades," etc (fascination étonnante pour le malheur sur terre) et de s'intituler Roi des rois?

Par Françoise Simpère - Publié dans : Humeur
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