C'est un chauffeur de taxi, Américain moyen sans histoires. Un soir, il conduit une cliente en banlieue proche. Course longue, la dame n'a pas assez d'argent sur elle pour payer. Elle invite le taximan à entrer et le fait patienter dans le living-room. En l'attendant, le jeune homme regarde le décor sobrement luxueux de la villa et s'approche de la baie vitrée. Comme des millions d'américains, il est passé de job en job et a été poseur de baies vitrées dans un passé récent. Il s'approche, ouvre la baie pour voir si elle porte la signature du fabricant pour lequel il travaillait. Bien vu, elle y est! Il referme la baie et s'impatiente : la dame téléphone à l'étage, ça s'éternise. Enfin, elle raccroche, descend le payer en s'excusant de l'avoir fait attendre : elle est allée embrasser sa fille de douze ans et a dû donner un coup de fil urgent...
Le chauffeur repart, il fait nuit. Sur la route, deux jeunes filles éméchées titubent. Bon bougre, il les embarque et les emmène gratos à
leur résidence étudiante car elle n'ont plus un sou. En chemin, l'une des filles, totalement bourrée, vomit dans le taxi. Avant de rentrer chez lui, le chauffeur va faire nettoyer le véhicule à
la vapeur pour que le conducteur du lendemain -lui sera en congé- le trouve impeccable, d'autant plus qu'il n'avait pas le droit de charger les étudiantes sans les faire
payer.
Le lendemain, on frappe à sa porte : « Police ! » Deux agents à l'allure inquiétante inspectent son logement, puis lui annoncent qu'il est soupçonné de meurtre. La petite fille de 12 ans de sa cliente a été enlevée pendant la nuit, tout laisse supposer qu'elle a été victime d'un maniaque sexuel : « Il y avait vos empreintes sur la baie vitrée par où est entrée le ravisseur, et on a découvert que votre taxi a été soigneusement nettoyé hier, tard dans la nuit. Sans doute pour enlever les traces de sang... »
Le chauffeur de taxi a beau clamer son innocence, raconter ce qui s'est passé, il se retrouve en attente de jugement dans le couloir des condamnés à mort d'une sinistre prison. Il demande qu'on recherche les étudiantes, souligne les insuffisances de la prétendue enquête, mais les policiers n'en ont que faire : ils tiennent un coupable idéal, pourquoi se fatigueraient-ils à chercher ailleurs ?
Ca s'appelle « Arrêtez-moi là », c'est écrit par Iain Levison, auteur
américain diplômé en lettres mais qui, faute de boulot après ses études, est passé de job en job, période qu'il a raconté dans « Tribulations d'un
précaire » : à tous ceux qui s'émerveillent de la liberté d'entreprendre et de bosser aux États-Unis parce qu'on n'y est pas freiné par un code du travail contraignant,
je conseille ce livre. On y constate que la liberté se paye de salaires misérables, de conditions de travail infâmes, d'arnaques en tous genres et de violence contenue... ou pas. Sans code ni
lois, le monde du travail n'est plus qu'une jungle.
Béni soit l'éditeur qui a accepté de publier Iain Levison, car il aurait été dommage de le louper. « Arrêtez-moi là » explique mieux que dix émissions « Faites entrer l'accusé » ou débats d'après minuit l'engrenage qui mène à l'erreur judiciaire. On y apprend beaucoup sur l'ambiance d'une prison américaine et comment il arrive que le condamné le plus intéressant, le plus intelligent, soit un psychopathe tueur en série... Alors qu'assez souvent les romans américains me plombent à cause de leur propension à s’appesantir avec moult détails sur des héros misérables (femme toxico et anorexique mère d'un enfant anormal engendré par un père chômeur alcoolique) ce roman a du style, du rythme et ne distille aucun ennui malgré le côté pregnant de l'histoire dont la fin, inattendue, vaut le détour.
Il doit beaucoup à une excellente traduction, fluide et jamais vulgaire. (je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les traductions de dialogues américains en français sont souvent d'une vulgarité affligeante, tout comme les acteurs qui doublent les gangsters se croient obligés d'adopter une voix nasillarde et traînante...)
Ce n'est pas de la pub, c'est gratuit. Plaisir de partager une découverte récente.
Samedi avant mon départ, je suis tombée par hasard sur le documentaire « Mitterrand et la psychanalyse » diffusé par la chaîne LCP/ Public Sénat
(dernière diffusion dimanche 12 à 9h55, puis sans doute podcast sur le site de la chaîne) : une série d’entretiens entre
Très étonnante aussi, la distance qu’il a eu, dès l’enfance, avec le monde, le pouvoir, les choses. Comme si seul lui importait
de garder le pouvoir sur lui-même. Ce qu’il a fait. Résistant quinze ans à un cancer qui en tue d’autres en cinq ans. Au journaliste qui lui demande s’il
A la demande de Mitterrand paraît-il, Ali Bagoudi a tiré de ses entretiens, un livre qui ne devait paraître que dix ans après sa mort. Ce livre, "Rendez-vous" est effectivement paru
en 2005, je l’ai manqué mais vais me le procurer. Bagoudi a aussi commis un ouvrage sur les phrases de Nicolas Sarkozy. En en lisant quelques-unes, on tombe de haut, c’est vertigineux, après la
hauteur de vues de « Mitterrand et la psychanalyse », ce contentement de soi
Je reçois un chèque pour la commande de «
Plus moderne, le paiement en ligne via Paypal,
choisi pour la sécurisation des paiements qu'il offre. Mais, qui dit « sécurité » dit précautions pour éviter les erreurs et permettre que s'échangent des informations bancaires sans
qu'elles circulent partout. D'où des procédures compliquées où il faut commander, mettre l'article dans un panier, puis valider sa commande, payer, puis valider son paiement... en passant d'une
page à l'autre, du site choisi à la page Paypal, avec parfois l'impossibilité de revenir en arrière en cas d'erreur. Résultat: une personne sur trois payant en ligne sur
Tout ceci appartient au passé! Nous avons désormais une
procédure simplifiée- mais tout aussi sécurisée- qui permet de valider et payer sa commande en trois clics.
D’où vient que tant de gens veuillent l’étiqueter et décrètent « Ce n‘est pas de l’Amour » si on ne souffre pas mille maux et mille morts, si
la passion ne vous rend pas fou ? D’où vient ce désir de souffrir, voire mourir, d’amour ? Peut-être de la crainte de ses pulsions animales- l’humain n’aime pas se savoir animal-
et de l’idée que le plaisir doit forcément s’expier ? Ou d’une conception de l’Amour comme d’un bien à « gérer »
Spécial copinage (j’y serai) : Xavier Renou, fondateur et porte-parole du collectif "les désobéissants", qui entend promouvoir et former à l’action
directe non-violente et la désobéissance civile. présentera ses deux derniers ouvrages : Désobéir avec les
plus de trois fois par semaine, et augmenté les taxes sur l’
Parallèlement, le maire considéra qu’essayer de concurrencer les pays riches sur le plan de la croissance et de la consommation, c’était aller à l’échec et donner aux
Colombiens le sentiment qu’ils étaient pour longtemps des citoyens de seconde zone. « Au lieu de richesse matérielle, offrons leur du bien-être et du bonheur » se dit-il, en
favorisant les espaces
Des histoires comme cela, il y en a des dizaines dans le Hors Série de « Courrier International d’octobre 2009 « LA VIE MEILLEURE Mode d’emploi » que j’ai enfin
pris le temps de lire, profitant de mon immobilité. Pas des histoires de gentils écolos fermant les robinets- même s’il est préférable de le faire et d’éteindre la lumière en sortant d’une
pièce
Partout dans le monde ça bouge : en Belgique, en Russie, en Chine, aux Etats-Unis, en Pologne, en Allemagne, au Danemark, au Québec, au Brésil, avec des expériences
pour transformer l’urbanisme et les relations humaines, réduire le gaspillage alimentaire, promouvoir le lien social et les économies d’énergie, repenser l’utilité et les objectifs du travail… Je
n’ai pas encore tout lu, mais je cherche encore l’article sur LA réflexion globale en France et plus encore les réalisations qui en découleraient. Je suis sûre qu’il en existe, ça se voit sur la
Toile, avec une profusion d’initiatives qui toutes vont dans le même sens : privilégier l’Etre et non l’Avoir.
Face à une crise plus morale qu’économique- car avec un comportement moral des acteurs économiques et financiers il n’y aurait pas de crise- il est suicidaire, ou au moins
démoralisant de vouloir s’opposer de front au capitalisme financier. Un coup à prendre des coups








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