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Mardi 15 avril 2008

On a beaucoup amusé la galerie- et j’avoue que j’en fais partie- avec les frasques « bling-bling » de Nicolas Sarkozy, yacht prêté, montres de luxe et allure de rappeur satisfait, pour sous-entendre ensuite que le Président, changeant de style après les élections, allait devenir un autre président.
Ce dossier du « Canard Enchaîné », fort bien informé et pas sensationnaliste pour deux sous- on y parle plutôt de milliards de sous- rappelle que la fascination de Nicolas Sarkozy pour l’argent, loin de se limiter à des caprices d’ ado attardé ébloui par le clinquant, inspire une politique mûrie depuis des années, structurée autour d’une logique d’enrichissement financier pour une minorité de citoyens, politique prédatrice et atlantiste, qui creuse inévitablement les inégalités et n’a aucune vision écologique à long terme alors que tous les signaux d’alarme sont au rouge concernant les ressources naturelles de la planète.

Rapprochement qui tue avec deux infos d’hier : les émeutes de la faim éclatent un peu partout dans le monde, alors que la plupart des pays du sud, s’ils maintenaient une agriculture vivrière au lieu de ne cultiver que pour l’exportation, notamment les céréales pour les biocarburants, seraient autosuffisants.
Les hôtels de luxe et les palaces- comme le Bristol à Paris, merveilleux hôtel dispensant plaisir des yeux et de la bouche à ceux qui peuvent : 7000 € la nuit pour une suite ma foi fort attrayante- voient leur taux d’occupation exploser et les prévisions des bureaux d’études sont au beau fixe.

 

par Françoise Simpère publié dans : Lectures
Mercredi 23 janvier 2008

Pourquoi cette annonce rapide de la suppression de la pub sur les chaîne s publiques ?  En rapprochant des infos de 2005, 2006 et 2007, plus des sources convergentes que je ne citerai pas ici, un scénario qui n’a rien de culturel apparaît en filigrane.

Depuis 2005, Bouygues, propriétaire de TF1, souhaite revenir à du « lourd » dans l’industrie. Notamment jouer un rôle dans le nucléaire, secteur à la fois lucratif et stratégique, et pas seulement en assurant la partie béton des centrales. Bouygues a donc pris une participation de 32% dans Alstom entreprise du nucléaire en France avec Areva et EDF, Areva restant pour l’instant sous entier contrôle public. Anne Lauvergeon, à la tête d’Areva,  a cependant affirmé qu’elle n’était pas hostile à un rapprochement avec Bouygues. En 2006, Dominique de Villepin s’était opposé à ce que l’Etat cède au privé des parts d’Areva, estimant que le nucléaire, secteur stratégique nécessitait d’être très « balisé » au niveau de la sécurité et des choix (on vend t-y une centrale à l’Iran ? à L’Irak ? à l’Arabie Saoudite, à la Corée du Nord ? etc…) et devait rester sous contrôle de l’Etat.

Par contre Nicolas Sarkozy est un partisan résolu des privatisations et Martin Bouygues, parrain de son fils, est un de ses amis intimes. Par ailleurs, NS a besoin d’argent pour renflouer les caisses de l’Etat.  Ouvrir le capital d’Areva au privé rapporterait gros, sauf que l’acquéreur éventuel devra y mettre le prix. Martin Bouygues, selon les journaux économiques viserait 30% du capital d’Areva. Pour les financer, il avait songé à se défaire de ses activités de téléphonie.

Ou alors de TF1. Sous réserves de vendre cher cette chaîne , convoitée notamment par Vincent Bolloré (autre grand ami de NS) qui possède déjà Direct 8. Mais  l’action de TF1 avait chuté d’environ 30% jusqu’à récemment. Jusqu’à ce que l’annonce par NS de la suppression de la pub sur les chaîne s publiques fasse remonter TF1. Qui grimpera encore quand arrivera la manne financière des annonceurs. Il sera alors temps de vendre TF1 à Bolloré et d’acheter du Areva. Il suffira pour cela que l’Etat (et l’Etat, c’est qui ?) décide d’en ouvrir le capital.

Voilà le scénario qui court dans les milieux bien informés, comme on dit.

 S’il est exact, les antinucléaires et ceux- dont je suis-  qui craignent qu’un industriel privé soit moins rigoureux sur la sécurité et la maintenance des centrales nucléaires, moins regardant aussi sur les richissimes clients qui voudraient lui en acheter, tous ceux là ont intérêt à ne plus regarder TF1, de façon à faire chuter l’action. D’autant plus que le nucléaire financé par nos impôts, comme les autoroutes bradées au privé il y a peu, nous appartient.

par Françoise Simpère publié dans : Lectures
Jeudi 13 décembre 2007

Je l’avais lu il y a longtemps, jamais oublié. « Climats », d’André Maurois. Une histoire simple, le « pitch », comme on dit aujourd’hui, tient en quelques lignes : la vie amoureuse ratée d’un homme, d’abord marié à une femme si belle qu’il se consume de jalousie à l’idée qu’elle pourrait le tromper, puis remarié à une femme si dévouée qu’il s’ennuie avec elle.  Dilemme universel entre la passion et l’amour quotidien, entre le goût du risque et le besoin de sécurité, entre le désir de posséder et celui d’être libre. 

J’ai eu du mal à trouver ce livre à la médiathèque, il date de 1932 et dormait dans la réserve, jamais emprunté, sans doute oublié. Je me souvenais de la dernière phrase de la première partie : « Pourquoi l’avais-je perdue ? Je cherchais dans ma mémoire le mot ou le geste qui avaient transformé ce grand amour en une histoire si triste. » Analyse d’une finesse extrême, détaillée sans être pesante, de la façon dont naît la jalousie, comment elle s’appuie sur des riens pour se persuader de la vilenie de l’autre, comment le jaloux devient harcelant tout en se le reprochant, comment il fait lui-même le lit de son malheur en poussant l’autre, évidemment inconsciemment, à le tromper. Et comment, une fois l’adultère devenu réel, le jaloux en est paradoxalement soulagé : « J’en étais sûr, je le savais ! » alors qu’il a lui-même, par ses soupçons insupportables, poussé l’autre dans les bras d’un rival : « Au moins, il sera jaloux pour quelque chose ! » 

Tout ceci sur fond de France du début du XXè, entreprise héritée du père, emprise de la famille , vacances à la campagne , amants et maîtresses faisant naturellement partie du paysage conjugal, amours illégitimes longuement commentées dans les dîners ou thés organisés par de vieilles tantes singulièrement « libérées » ou des célibataires narquois. 

Qu’est-ce qu’un roman, si ce n’est cette qualité d’écriture qui fait entrer le lecteur dans la tête de personnages imaginaires, certes, mais si universels que 70 ans après on peut y reconnaître le fonds commun de sentiments qui, sous toutes les latitudes et à toutes les époques, créent les mêmes effets. Si ce n’est cette qualité d’écriture qui sait replacer ces sentiments dans une époque, un pays, un milieu social… et relativiser cette universalité, ouvrant ainsi la voie à une réflexion sur les conditionnements qui conduisent les humains à tel ou tel comportement. 

Combien de chagrins d’amour évités si tout le monde lisait « Belle du Seigneur » et faisait sienne sa lucidité hilarante devant l’Amour ! Si tout le monde gardait en mémoire la conclusion de Swan sur sa passion pour Odette « Dire que j’ai gâché des années de ma vie pour une femme qui ne me plaisait pas… qui n’était pas mon genre. » Qui n’a pas vécu cette expérience de se dire, trois mois après un chagrin d’amour quasi mortel : « Mais qu’est-ce que j’ai pu trouver à ce type (à cette femme) ? » Qu’est-ce qu’un roman, si ce n’est l’art de transformer un concept- l’amour, la guerre, la liberté, l’angoisse- en  histoire, et non l’inverse. 

Souvent, je reçois des manuscrits dont les auteurs m’assurent : « Vous verrez, ma vie est un roman »,  faits de souvenirs rédigés avec application, en changeant les noms et les lieux. Sans prendre la distance nécessaire pour que l’histoire devienne à la fois universelle et relative, sans prendre le temps de faire vivre des personnages. 

André Maurois ressemble-t-il au héros de « Climats » ? Sans doute, on puise toujours dans son propre vécu pour écrire. Mais le lecteur ne se pose pas la question : Philippe Marcenat, son héros, existe, sans qu’il soit besoin de chercher des clés pour s’y intéresser. La littérature, c’est peut-être cesser de penser que sa vie est un roman, et tenter de faire qu’un roman devienne la Vie.

 

 

 

 

par Françoise Simpère publié dans : Lectures
Vendredi 21 septembre 2007

 Je suis enfin partie en vacances,  trop débordée pour écrire ici. A la place d'un billet, voici un extrait d’un « Manuel d’économie domestique à l’usage des jeunes femmes » envoyé par la fille d’une amie, scotchée que ces conseils ne datent que du début des années soixante. Trop de jeunes femmes ignorent qu’en 1965 encore, une femme n’avait pas le droit de travailler ni d’avoir un compte en banque sans l’autorisation de son mari. S’il n’y avait pas eu les féministes, s’il n’y avait pas eu 68, leur vie ressemblerait sans doute à celle des femmes des années 20, 40, 60…

NE VOUS PLAIGNEZ JAMAIS
S'il rentre tard à la maison ou sort pour dîner ou pour aller dans d'autres lieux de divertissement sans vous. Au contraire, essayez de faire en sorte que votre foyer soit un havre de paix, d'ordre et de tranquillité où votre mari puisse détendre son corps et son esprit.
LORSQU'IL A FINI DE SOUPER, DÉBARRASSEZ LA TABLE ET FAITES RAPIDEMENT LA VAISSELL E.
Si votre mari se propose de vous aider, déclinez son offre car il risquerait de se sentir obligé de la répéter par la suite et après une longue journée de labeur, il n'a nul besoin de travail supplémentaire. Si vous avez des petits passe-temps, faites en sorte de ne pas l'ennuyer en lui en parlant, car les centres d'intérêts des femmes sont souvent assez insignifiants comparés à ceux des hommes .
A LA FIN DE LA SOIRÉ E.
Rangez la maison afin quelle soit prête pour le lendemain matin et pensez à préparer son petit déjeuner à l'avance. Le petit déjeuner de votre mari est essentiel s'il doit faire face au monde extérieur de manière positive. Une fois que vous vous êtes tous les deux retirés dans la chambre à coucher, préparez-vous à vous mettre au lit aussi promptement que possible.
EN CE QUI CONCERNE LES RELATIONS INTIMES AVEC VOTRE MARI,
il est important de vous rappeler vos voeux de mariage et en particulier votre obligation de lui obéir. S'il estime qu'il a besoin de dormir immédiatement, qu'il en soit ainsi. En toute chose, soyez guidée par les désirs de votre mari et ne faites en aucune façon pression sur lui pour provoquer ou stimuler une relation intime.
SI VOTRE MARI SUGGÈRE L'ACCOUPLEMENT,
acceptez alors avec humilité tout en gardant à l'esprit que le plaisir d'un homme est plus important que celui d’une femme, lorsqu'il atteint l'orgasme, un petit gémissement de votre part l'encouragera et sera tout à fait suffisant pour indiquer toute forme de plaisir que vous ayez pu avoir.
SI VOTRE MARI SUGGÈRE UNE PRATIQUE MOINS COURANTE, montrez-vous obéissante et résignée, mais indiquez votre éventuel manque d'enthousiasme en gardant le silence. Il est probable que votre mari s'endormira alors rapidement ; ajustez vos vêtements, rafraîchissez-vous et appliquez votre crème de nuit et vos produits de soin pour les cheveux. 

VOUS POUVEZ ALORS REMONTER LE RÉVEIL
afin d'être debout peu de temps avant lui le matin. Cela vous permettra de tenir sa tasse de thé du matin à sa disposition lorsqu'il se réveillera.



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sur ce, je vous retrouverais à mon retour. Croisez les doigts pour mon soleil, je suis en manque sérieux :)

 



 

 

 

 

 



par Françoise Simpère publié dans : Lectures
Vendredi 10 août 2007

63% des français, surtout des cadres seraient d’accord pour travailler après 65 ans (sondage IFOP/ Le Parisien

75% des français se disent stressés au travail, l’incertitude quant à l’avenir (54%) et le manque de reconnaissance (45%) étant les facteurs majeurs de stress, bien avant les conditions de travail ou le niveau des salaires, ce dernier item n’étant même pas cité (Sondage SOFRES/ Le pèlerin)

Faut-il en conclure : que les cadres aiment le stress ou qu'ils se sentent moins stressés et mieux reconnus que les autres salariés ? Que les travailleurs sont assez payés ou que le sentiment d'être traité comme un pion est plus douloureux que le manque d'argent? Que les sondages peuvent se contredire ? Ou simplement qu’on peut leur faire dire ce qu’on veut, selon qu’on cherche à soutenir le slogan « Travailler plus pour gagner plus » ou à réagir aux 400 suicides annuels sur le lieu de travail.   

                                                                                                

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Françoise Simpère publié dans : Lectures
 

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