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L’érotisme est au coin de la rue

Le livre du grand Tout


Un livre indispensable
voyages torrides et beaux paysages
une belle histoire de peau et de coeur
documenté, ça énerve parfois, ça fait aussi du bien
à découvrir ou redécouvrir pour la finesse de l'analyse et de l'écriture

Lectures

Mardi 17 octobre 2006 2 17 10 2006 11:52

"Une année marquée par le tournant ultra sécuritaire et le mouvement étudiant. Deux phénomènes face auxquels l'incompréhension et l'indifférence du discours dominant, à gauche comme à droite rappellent soudain que la fin du débat n'est pas la fin de l'histoire... C'est le retour des gros bras place Beauvau, le discours du Ministre de l'Intérieur sur "la France dépotoir ou "l'urgence de régler le problème de l'immigration"... La répression inflexible et le feu vert donné aux policiers se traduisent par des contrôles arbitraires, l'omniprésence policière, la multiplication des expulsions, mais aussi des bavures, quelques jeunes abattus par la police "par erreur", les premiers "bûchers" de l'immobilier où périssent pas dizaines des immigrés dans l'incendie criminel de leur immeuble. C'est aussi la réforme du Code de la nationalité..."

On se croirait en 2006, n'est-il pas? Eh non, c'est de l'année 1986 qu'il s'agit, ainsi décrite par François Cusset dans " La Décennie", le grand cauchemar des années 80 (éditions la Découverte). Sarkozy s'appelait alors Pasqua (et Pandraud, son homologue à la sécurité),  les étudiants manifestaient non pas contre le CPE mais contre la réforme Devaquet, le président s'appelait François Miterrand, avec pour Premier Ministre un certain... Jacques Chirac.

"La Décennie" est un livre assez touffu mais passionnant qui retrace année par année ce qui s'est passé entre 1979 et 1990, comment on est passé de l'aspiration d'un monde plus libre et généreux au néolibéralisme cynique, à la loi du marché présentée comme une loi biologique contre laquelle il serait vain de s'insurger. En lisant "la Décennie" on est d'abord surpris de tout ce qu'on a vécu alors, des couleuvres avalées, des bêtises qui ont été dites parfois par des gens réputés intelligents, du reniement par certains de leurs convictions. Puis on est soulagé d'avoir survécu à tout cela et on se dit qu'on peut donc non pas survivre, mais vivre mieux malgré tout ce qu'on nous assène aujourd'hui de nihilisme. Enfin l'analyse, après les faits, des concepts de l'époque "fric et toc" est tout à fait utile pour ne pas être dupe des prochains concepts que vendront les medias.

Bref, ces 350 pages pas toujours faciles à lire sont bien utiles pour ne pas refaire les mêmes erreurs. Elles donnent aussi un sérieux coup de vieux à tous ceux et celles qui ont vécu ces événements ailleurs qu'au berceau. Un sérieux coup de vieux aussi à la classe politique, culturelle et médiatique qui, pour l'essentiel, rassemble les mêmes qu'il y a 25 ans! On comprend que les trentenaires aient envie de pousser les quinquas (et sexa) hors du nid...

A part cela, je suis plongée dans l'écriture d'un prochain recueil de nouvelles érotiques, avec l'envie qu'il ne ressemble pas au premier, évidemment. Peut-on se renouveler dans un genre aussi précis? Il me semble que oui, en tout cas ce que j'ai déjà écrit est très différent des histoires précédentes. On en reparlera. Pour m'inspirer, j'ai mis dans mon album de photos deux hommes qui me plaisent vraiment beaucoup...

Par Françoise Simpère - Publié dans : Lectures
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Dimanche 22 octobre 2006 7 22 10 2006 15:09

Les medias sont au starting bloc, dans l'attente des émeutes en banlieues qui célébreront l'anniversaire des émeutes de novembre 2005. Ils en sont si persuadés qu'un producteur audiovisuel me racontait il y a six mois que plusieurs docs sur les "cités" étaient en tournage pour être prêts à diffuser en novembre. Rien de tel pour inciter les caïds de banlieues à en rajouter: plus il y a d'incidents, plus on vient les filmer, quel pied!

"On va dans les banlieues comme on va au zoo. On gonfle les incidents, on crée une surenchère infernale. C'est à qui se fera le plus remarquer pour passer au journal. Et tout ça renforce leur machisme primaire, leur sentiment d'appartenir à un clan. .. Dans les années 60, quand un policier était blessé, ça ne faisait pas l'ouverture des journaux. La guerre au Proche-Orient, les crises économiques, les délocalisations, ce n'est pas plus important?"

Ces sages paroles citées dans "Marianne" (excellent numéro cette semaine, plein d'infos peu ou pas données ailleurs) viennent de Jean-Christophe Lagarde, député-maire de Drancy dans le "neuf-trois... et UDF. Ca m'énerve un peu, vu que ma tasse de thé naturelle serait plutôt à gauche, mais force m'est de constater que ce type là, et François Bayrou (également UDF) sont aujourd'hui plus combatifs, plus humains et plus concrets que les politiciens PS et bien sûr UMP. Quand je dis cela, on me répond "vote utile, dès le premier tour, ne disperse pas les voix." J'entends bien la logique, on me l'a déjà dit en avril 2002 "t'aurais dû voter utile".

Mais est-ce un vote utile que d'élire celui qui déçoit ensuite pendant cinq ans? Ne serait-ce pas plus utile d'élire quelqu'un pour ses idées et non contre ses adversaires? D'ailleurs, le président est-il vraiment utile? Depuis plusieurs mois, hormis au plan international où il n'est pas si mauvais, notre président en fin de course a entamé la sieste... et ça n'empêche pas le pays de marcher, beaucoup mieux que ne le serinent les journalistes du déclin.

Par Françoise Simpère - Publié dans : Lectures
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Mardi 24 octobre 2006 2 24 10 2006 09:14

" On a un rapport complexe à l'enfance aujourd'hui. On a peur qu'il arrive quelque chose. Avant, en vacances, on prenait nos vélos, on allait piquer des pommes dans les vergers du voisin. Aujourd'hui, si on faisait cela, les parents seraient convoqués pour répondre de la déviance de leurs enfants. Dès qu'il y a une petite bizarrerie, il y a une intervention du juge, du psychologue. Nous sommes dans une société étrange, à la fois protectrice et policière..."

( Jacques Doillon, réalisateur in SENSO 21, novembre 2005)

Curieuse société, qui a peur pour ses enfants, peur de ses jeunes, peur de vieillir...

Elle est pourtant pas mal,la vie, n'est-ce pas petit cousin?

Par Françoise Simpère - Publié dans : Lectures
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Samedi 28 octobre 2006 6 28 10 2006 00:54

Dans son style ô combien modéré et nuancé, Amnesty International  (rapport 2006) épingle la France pour ses atteintes aux droits des personnes: racisme, brutalités policières, projet de loi contre le terrorisme porteur de graves atteintes aux droits de la défense. OK, ça existe dans beaucoup d'autres pays du monde, mais la France n'est-elle pas la patrie des Droits de l'Homme? Par ailleurs, depuis que W. Bush a lancé sa croisade contre le terrorisme, avons-nous vu diminuer les attentats et les morts ou au contraire augmenter les foyers de tension?

"Le gouvernement a décrété l’état d’urgence en novembre, après que de graves troubles eurent éclaté dans de nombreuses villes du pays. Le ministre de l’Intérieur a également annoncé l’expulsion immédiate de certains étrangers impliqués dans les émeutes. De nouvelles dispositions législatives et réglementaires ont restreint le droit de demander l’asile et celui de voir sa requête examinée au fond. Un rapport d’Amnesty International a démontré que les mauvais traitements et les homicides racistes imputables à la police depuis dix ans n’étaient pas des cas isolés et que les auteurs présumés de tels actes n’étaient pas toujours amenés à rendre compte de leur actes devant la justice. Le racisme des policiers et d’autres agents de l’État visait les personnes de confession musulmane ou issues d’une minorité ethnique. Un projet de loi relatif à la lutte contre le terrorisme prévoyait d’autoriser des périodes plus longues de détention au secret, supprimant ainsi des garanties contre le recours à la torture et les mauvais traitements et renforçant l’impunité de fait des agents de la force publique. De nouvelles dispositions réglementaires ont imposé la réduction du délai de dépôt d’une demande d’asile et l’obligation de rédiger le dossier en français."

(extrait du rapport D'Amnesty International, chapitre France, le reste est consultable en ligne sur leur site.)

Par Françoise Simpère - Publié dans : Lectures
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Lundi 20 novembre 2006 1 20 11 2006 19:53

« Reproduisez une carte du monde en pointant les régimes autoritaires et corrompus et vous aurez celle de l’implantation planétaire de la grande distribution »

De qui cette forte phrase ? De Ezzedine El Mestiri- qui a connu de l’intérieur la grande distribution- dans le Nouveau Consommateur.

 Excellent cru que ce numéro 17, daté novembre/décembre avec entre autres:  -un dossier sur le commerce équitable qui existe en France depuis plus de 30 ans, représente aujourd’hui 0,1% des échanges mondiaux, soit peanuts… mais 25% du café de Bolivie, ce qui commence à signifier quelque chose.

 

-des idées pour fêter Noël  dans le plaisir et les délices, avec des produits éthiques et polluant le moins possible, des idées de cadeaux et des adresses qu’on ne trouve guère ailleurs. 

-La question posée par Bernard De Boischevalier, fondateur de Solidarmonde : « Quel niveau de compromis peut-on accepter dans un monde non idéal ? »  

- et mon humeur en page 81 :« L’étrange planète de la France d’en haut » avec une autre question fondamentale : « Le pouvoir, jouissance ô combien solitaire rendrait-il vraiment sourd ? » 

 

« Pourquoi ne pas déverser des déchets toxiques dans les pays du Sud, puisque de toute façons ces gens ne vivront pas assez pour développer un cancer> ? »  Cette intéressante remarque est de Lawrence Summers, il y a une dizaine d’années quand il était vice-président de la Banque Mondiale. (cité dans « Sciences-Frontières, autre excellent magazine)  et elle a fait école : produits toxiques déversés à Abidjan (10 morts, 69 hospitalisations), fûts radio-actifs en Somalie, 5600 litres de chlore abandonnés dans un village du Cameroun « On nous parle de mondialisation, de village global, mais… la fosse septique de ce village, c’est bien l’Afrique, s’inquiète Haïdar El Ali, plongeur et militant écologiste sénégalais, toujours dans le NC 17.

Heureusement chez nous, l’écologie a le vent en poupe : le budget du Ministère de l’Ecologie pour 2007 atteint 915 millions d’euros (+ 2,2%). A comparer avec les 5 milliards d’€ dévolus à l’agriculture (qui consomme 73% des ressources en eau douce)… et aux 47,7 milliards d’€ du budget de la Défense 

Allez, haut les cœurs et souvenez-vous qu’au bout du compte, c’est VOUS qui décidez pour qui vous allez voter et ce que vous achetez ou non. Comme disait Coluche : « Quand on pense qu’il suffirait de ne pas acheter pour que ça ne se vende pas. »

 

 

 

Par Françoise Simpère - Publié dans : Lectures
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