Délicieuse perversion que de découvrir, au-delà des apparences, des joyaux qu'on n'attendait pas... Cela vaut pour les hommes- humains ou mâles, parfois mêmes les deux, il arrive que les mâles soient beaucoup plus humains qu'ils n'y paraissent :) , cela vaut aussi pour les medias. Alors que ceux de l'establishment sont de plus en plus souvent d'une navrante platitude, on se régale avec des titres bien plus confidentiels, des émissions à audimat proches de la ligne droite.
Par exemple LCP, la chaîne parlementaire, qui partage son espace avec Public Sénat. Rien de très rock-and-roll a priori et pourtant c'est un espace de parole génial où les hommes politiques se lâchent parce qu'au lieu de leur donner dix secondes pour parler, on les laisse mijoter dans des silences et des hésitations, on leur offre des petits-beurre ou un verre pendant l'émission, et du coup ils se lâchent. On découvre alors un Jean-Louis Debré (oui, vous avez bien lu) bien plus complexe et humain que d'ordinaire, des maires de villages perdus bourrés de talent et d'idées et de vrais échanges. Allez y, il faut quelques visites pour se familiariser avec un style qui prend son temps, mais ensuite, c'est reposant et passionnant.
Autre perversion très différente: PREF, le magazine des préférences. Au départ axé sur les homos, transgenres et transexuels, bref sur l'ambiguité de nos conditions féminine et masculine, mais en fait majoritairement gay. Gay, mais pas communautariste, pas obsédé par l'idée de réduire tout événement à sa dimension homophile ou homophobe, comme d'autres revues. Dans PREF, il y a des mecs d'une beauté à tomber, des articles culturels, société, actualité comme partout ailleurs... sauf qu'on y sent courir à travers les lignes une sensualité permanente et chaude, qui érotise la lecture. Quant aux textes érotiques qu'il propose, ils ont une qualité littéraire et un potentiel excitant bien plus fort que la majorité des textes hétéros que j'ai pu lire. A cause de la richesse des sensations, qui ne craignent ni la crudité ni le romantisme, ni la douceur, ni la brutalité (pas au sens de violence, au sens de l'élan du désir qui peut être d'une force incommensurable)
Très différent, le Nouveau Consommateur: un titre que je persiste à trouver mauvais, on croit à un "Que choisir?" écolo. Mais à l'intérieur, il y a des nouvelles de tout ce qui se fait de bien sur terre pour sauver la terre, des tas d'infos qu'on ne trouve pas ailleurs, des focus sur des gens enthousiastes et discrets qui créent des entreprises normales (c'est-à-dire où on ne considère pas comme un sport ludique de maltraiter les salariés), aiment la vie et cherchent des idées pour qu'elle soit à la fois joyeuse et morale (ben oui, la morale, ça existe!) ce qui ne signifie aucunement moralisateur, de même que liberté et laxisme sont deux notions bien différentes.
Enfin, dernière trouvaille- en fait c'est eux qui m'ont trouvée- GLOSS, trimestriel axé sur la beauté, mais ce n'est ni VOGUE, ni Votre Beauté, même si la couverture, hélas, ne reflète pas la richesse du contenu. Dedans, il y a plein d'articles étonnants pour un magazine qui vit d'annonceurs, une liberté de ton, une faculté à expliquer le "dessous des cartes" de ce monde frivole mais joli aussi, un goût pour la nature inpiré par Odile, qui cornaque GLOSS, un sens du beau qui fait qu'on a envie de découper et encadrer certains visuels, et une indépendance d'esprit stupéfiante. C'est la première fois qu'on me dit "Ecrivez ce que vous voulez sur le sexe", et que je peux disserter sur le thème "Pourquoi le sexe fait-il peur?" en me référant à Copernic, Darwin, Freud et Pascal. Intello, non? Mais il parait que les intellectuelles sont assez douées pour l'amour, dixit un ami qui s'y connaît!








Stéphane Bern bébé, mignon, non?
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