Les romans se conservent bien, sauf incendie
ou dégâts des eaux, et pourtant sans avoir de date de péremption, leur durée de vie est de plus en plus courte : 3 à 6 mois en librairie, sauf exceptions. Les raisons sont connues :
l'éditeur publie beaucoup pour faire de la trésorerie, car chaque nouveau titre, acheté d'avance par les diffuseurs et les libraires (rémunérés par une réduction sur le prix de vente public) lui
apporte une belle rentrée d'argent. De son côté le libraire doit vendre vite pour faire face à l'afflux mensuel de nouvelles parutions, et pour récupérer de la trésorerie, car l'avance qu'il a
payée à l'éditeur lui sera remboursée sur les invendus, appelés « retours libraires ». Enfin, pour limiter les frais de stockage, l'éditeur pilonne une partie des retours, quitte à
rééditer en cas de demande inattendue.

Ainsi, en un an ou deux, le stock disponible d'un roman non best-seller- c'est à dire 90% de la production- est réduit comme une peau de chagrin, ce qui le rend invisible au lecteur éventuel. Qui ne le trouvera pas chez son libraire (lequel souvent lui affirme à tort que le livre est épuisé) et ne le trouvera chez Amazon que s'il le cherche, en connaît le titre, etc.
A Autres Mondes, sans aucune envergure éditoriale ni commerciale, nous avons fait le pari d'éditer et/ou diffuser des livres quasi introuvables ailleurs du fait de la faiblesse du stock restant ( Frapper les cieux d'alignement, l'Algue fatale) soit des livres inédits (le CDI de Dieu), soit des livres vraiment épuisés (Himlico, Aimer plusieurs hommes).
A par
t Aimer plusieurs hommes qui sera
encore disponible quelques mois, les autres titres vont bientôt être totalement et réellement épuisés et ne seront pas réédités en
raison d'un rythme de vente qui a permis de payer l'imprimeur, les auteurs et les responsables du site web, mais pas le travail de gestion, comptabilité et expédition. Or on se lasse du bénévolat, d'autant que ce n'est pas la partie la plus excitante du
métier d'éditeur.
A titre d'exemple, il reste 7 exemplaires seulement de « Autres désirs, autres
hommes », dont nous garderons 2 à titre
« collector », histoire de voir ce qu'ils vaudront dans quelques années ! Ce livre ayant déjà eu une carrière chez Pocket, il a fait ici sa vie et la finira avec l'épuisement du
stock, précipitez-vous !
Les fervents de l'« érotisme au coin de la rue », de ces nouvelles joyeuses dont les héros ne sont pas forcément de riches
héritiers, n'auront-ils que leurs yeux pour pleurer ? Peut-être pas, grâce au plan B
que vous découvrirez ici...
Que les amoureux des autres titres et les collectionneurs se précipitent car il est peu probable que nous réitérerons ce plan B... excepté pour Aimer plusieurs hommes, en solidarité avec les amoureux.


… mais pour moi ça veut dire beaucoup. La très officielle « Commission paritaire des Publications et Organes de Presse »
vient de qualifier « Causette » dont je vous ai déjà parlé
Paradoxe 3 :
Le 18 janvier, sort mon roman : « Jouer au monde ». Comme le blog ? Oui. Si ce n'est que le roman n'a pas ce titre à cause du blog.
C’est le blog qui s'appelle « Jouer au monde » à cause de ce livre qui me tient à cœur depuis plus de quinze ans.
Je refusais cette donne si peu affriolante et me posait sérieusement la question : pour rester fidèle à soi-même et ne pas « se ranger », faut-il être forcément dérangé ? (mes choix de vie personnel et professionnel ayant été
souvent qualifié de folie j’avais quelques raisons de me le demander.)
Alors j’ai pris un congé sans solde de trois mois et écrit « Jouer au monde », dont les deux héros, Antoine et Marine, ont le
don de créer leur propre univers pour résister à la morosité du monde adulte. Autour d’eux se sont greffés une vieille dame sensuelle et fantasque, une communiste désabusée en plein chagrin
d'amour, un hôtelier homosexuel surendetté,
Quand je l'ai repris, du temps avait passé.
Passé quelques jours à pédaler sur les chemins du Marais Poitevin, pays de la terre et de l’eau où les gens se saluent quand ils se croisent
et vaquent à de paisibles occupations au milieu d’un entrelacs de canaux et de prairies, où les écrevisses, les anguilles et les escargots pullulent, permettant à des aubergistes de vous servir
des repas somptueux pour le prix d’un sandwich/demi à Paris. Certes, cela n’efface pas la crise, mais cela fait un bien fou de voir que la vie reste belle malgré les efforts conjugués des
financiers, des politiciens et des journalistes pour nous la
pourrir. Oui, il y a des jours où on se demande s’ils ne se sont pas donné pour mission de nous désespérer, d’ailleurs un psychiatre a écrit un livre passionnant sur le sujet :
« Le mystère du nocebo », qui démontre que l’excès d’information alarmantes et alarmistes « nuit grave » à la santé, au -delà des simples anxiétés, dépressions ou
insomnies.







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