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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 20:58

 

Parfois les rediffusions de l'été ont du bon, comme celle- sur LCP- du documentaire en deux parties de Patrice Benquet « Françafrique » précédemment diffusé sur France 2.

C'est du réel, mais ça a tout du polar politique. On y rencontre des services secrets officiels (DGSE, SDECE), certains plus confidentiels (à l'Elysée) et d'autres à la fois plus secrets et plus confidentiels au sein de la société ELF, grande manitou pendant des années de la politique française en Afrique pour cause de gisements pétroliers au Gabon et au Niger.

faim.jpgL'obsession du pétrole a commencé avec de Gaulle qui voulait que la France soit une grande puissance énergétique. Qu'il faille, pour cela, soutenir des dictateurs, financer les campagnes électorales des politiciens africains pourvu qu'ils soient soumis à la France, provoquer des guerres civiles qualifiées « d'ethniques » en appelant le bon peuple français à envoyer des sous pour les milliers d'enfants orphelins et/ou affamés que génèrent ces guettes peu importait : il fallait du pétrole !

Francafrique.jpgDans cette Françafrique des années 60 à 2000 s'affairaient des barbouzes (le fameux Bob Dénard), des mercenaires, des ministres de gauche comme de droite, des industriels, des financiers et les fameux « réseaux Foccart » du nom du responsable des affaires africaines sous de Gaulle... toujours vivant sous Sarkozy. La France joue pleinement la carte de la Françafrique du fait de son passé colonial mais aussi parce qu'elle a été adoubée par les puissances occidentales comme « gendarme de l'Afsankara.jpgrique », avec pour mission de barrer la route au communisme. ( avec le recul, c'est extraordinaire le nombre de guerres, massacres, assassinats et coups d’État qui ont été perpétrés dans le seul but de « faire barrage au communisme »)

La première partie du documentaire « la raison d’État » couvre les années 60 à 89. Les protagonistes de l'époque encore vivants sont vieux et ne risquent plus rien à raconter les espionnages, les coups d’État téléguidés, les financements occultes. Il en résulte des phrases cocasses. « Ce chef d'Etat africain était au départ communiste, mais il est redevenu tout à fait normal », Ou bien cette secrétaire de l'Elysée racontant qu'elle transportait des mallettes pleines de billets destinés à des opérations secrètes en Afrique : « Je ne voulais pas prendre le métro avec tout cet argent, alors je cherchais un taxi et comme d'habitude je n'en trouvais pas ! » Ou encore Loïch Le Floch- Prigent, nommé par F. Mitterrand à la tête de ELF et expliquant placidement que la gauche au pouvoir n'avait nullement mis fin aux réseaux douteux de la Françafrique : « La seule différence, c'est que l'argent que nous versions autrefois à la droite, il fallait à présent le partager entre la gauche et la droite ».

pollution.jpgLa deuxième partie commence avec la chute du mur de Berlin. Effet domino : plus de péril communiste, donc plus besoin du gendarme de l'Afrique, donc appétits des autres pays – USA, Chine, Russes- pour les richesses pétrolières et minières du continent noir, au détriment de la France qui fait tout pour garder son pré carré, et notamment ses relations avec le Niger, eldorado de l'uranium. Sauf que les pays africains, à partir de 1990, comprennent qu'ils peuvent faire jouer la concurrence... Deuxième événement majeur : l'affaire ELF, qui révèle le rôle joué par cette entreprise nationale dans moult opérations troubles. Eva Joly n'en revient pas. Ce n'est pas un perdreau de l'année, mais ce qu'elle découvre la laisse pantoise et effraie tant le landernau économico-politique qu'elle-même et sa collègue Laurence Vichnievsky doivent être protégées par des gardes du corps, après avoir reçu des menaces précises et physiques. L'absorption du géant ELF par la petite TOTAL n'a eu pour objectif que d'éliminer la trop compromise société des lubrifiants français...

Aujourd'hui, les affaires continuent... pour le pétrole et surtout l'uranium du Niger. D'où l’escroquerie qui consiste à affirmer que le nucléaire est garant de l'indépendance énergétique de la France. Quelle indépendance quand on dépend entièrement d'une ressource minière étrangère. Et à quel prix ? Celui des otages, notamment ceux qui travaillaient chez AREVA, et celui des tractations secrètes qui n'ont aucune raison d'être moins tordues que celles des décennies précédentes. Derrière chaque guerre dans un pays d'Afrique, regardons ce que recèle sons sous-sol et quelle est sa position stratégique. Au Mali et en Egypte aujourd'hui, comme en Côte d'Ivoire il y a neuf ans, on saura sans doute les vrais dessous des conflits après vingt ans de poudre aux yeux et des milliers de morts.

Ben voilà, j'ai réécrit un billet... grâce à vos commentaires qui m'y ont encouragé, et aussi parce qu'en écoutant les protagonistes de ce documentaire, je me suis dit : ils n'ont aucun état d'âme, c'est effrayant... Ne plus parler, ce serait leur laisser la parole, et le triomphe du cynisme.


francafrique3.jpgvisible au musée de la Françafrique.



 

 
Une chanson qui faisait les beaux jours des radios africaines en 1961/62



 

























 

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 12:37

mediter.jpgC'est peut-être à cause de l'été, mais l'idée d'écrire un billetblog me fatigue, d'autant que je me demande si ça a une réelle utilité, hormis celle de soulager des lecteurs/trices qui trouvent dans ce que j'écris un écho à leur propre ressenti, ce qui est agréable, mais quid de l'après ? Quid de l'utilité réelle des mots pour changer le monde ? J'en publie depuis 1974 et force m'est de reconnaître qu'ils ont eu une efficacité plus que limitée.

« La vie au vertical modifie le comportement des gens. L'être humain, naturellement, se déplace horizontalement. Pour se déplacer verticalement, il doit avoir recours à des moyens mécaniques comme les ascenseurs. Sa relation avec les autres devient artificielle, il n'y a pas de rencontre... Les gens qui ont conçu les tours y ont tout placé : logements, parkings, centre de loisirs, commerces... Cet excès de possibilités apparaît à première vue comme un avantage, mais en réalité il est vécu comme une cessation des rapports humains. » (Dr Bensoussan, ITV réalisée par moi en 1977 pour ELLE)

Frapper les cieux d'alignement

 

A l'homme des villes nouvelles on crie « attention à la rue, attention aux voisins, attention aux excès, insécurité, insécurité » pour transformer ses souvenirs en pièges redoutables, arracher ses nostalgies à la racine et l'inciter à se réfugier dans un décor rassurant où des fontaines artificielles éclairées au néon projettent des gouttes de polystirène multicolores.

« A la Défense, aucun élève de maternelle ou de primaire n'aura à traverser de voie automobile » (Bulletin d'information EPAD n° 12). Apprenons leur aussi à nager sur un pliant, devant une photo de la mer, de peur des embruns, et reléguons l'aventure au rang des accessoires pour fanas de western. Vive l'air conditionné, les ascenseurs ultra-rapides, la sécurité sociale, les assurances tous risques, le changement dans la continuité, et pour finir madame, mademoiselle, monsieur, comme le prévoyait le génial Boris Vian, voici la cage tout confort pour élever les enfants sans danger.

 

 

Extrait de « Frapper les cieux d'alignement », écrit en 1978, il y a 35 ans. Je n'étais pas la seule à dénoncer les risques d'une urbanisation inhumaine et la dérive qui transforme le légitime besoin de sécurité en terrorisme sécuritaire, où chaque geste de la vie quotidienne est réglementé avec sanctions à l'appui, moyen le plus sûr d'infantiliser les personnes au lieu de les habituer à prévenir et assumer elles-mêmes les risques de la vie.

fou3.jpgt-shirt_2_petit.jpgA quoi a servi ce livre, que j'avais envoyé à François Mitterrand lorsqu'il s'était ému de la violence dans les banlieues (déjà!) ? Il m'avait répondu en me proposant une entrevue que j'attends encore, et comment ont évolué les banlieues, désormais appelées « cités » ou « quartiers » ? Comme c'était prévu dans mon livre: vers la violence, attisée par la crise économique, dont on parlait déjà depuis 1973 (premier choc pétrolier)

Alors écrire pour dénoncer, informer... Parfois je me dis qu'Internet, et notamment Facebook, sont un gigantesque défouloir pour permettre aux gens de se dire qu'ils agissent en publiant une info ou en signant une pétition, alors que les responsables réels des dégâts ne sont en aucune façon inquiétés, un succédané affectif pour trouver du réconfort ou de l'admiration en collectionnant les "like".

Même questionnement pour les associations, dont j'admire le dévouement et l'action, évidemment... Mais je ne peux m'empêcher de me souvenir que Coluche avait créé les « Restos du cœur » en précisant qu'il s'agissait d'une action d'urgence qui devait disparaître dans les 5 ans à venir faute de quoi ce serait un échec, et ils sont toujours là, plus de 25 ans après, avec encore plus de pauvres qu'à leur création. Le WWF me demande des sous pour lutter contre le massacre des grands singes d'Afrique, mais qui massacrera les massacreurs ? Qui mettra en taule les exploiteurs et esclavagistes du monde moderne au lieu de quêter pour les défavorisés, comme on dit aujourd'hui ? Les actions humanitaires qui viennent en aide aux victimes d'exactions sont nécessaires à court terme, mais ne sont-elles pas aussi briseuses de la saine révolte qui nous permettrait d'aller casser la gueule (ou plus si nécessaire) aux responsables de ces exactions? Comme dirait Blutch avec sa sagesse suisse : « Franchement au lieu de se suicider à cause du chômage, il vaudrait mieux aller tuer le patron qui vous a licencié, ce serait plus efficace. »

Bref, la possibilité de s'indigner en chœur n'est-elle pas juste un tranquillisant, une manipulation, un agir-like gentiment concocté par les décideurs de ce monde pour canaliser nos révoltes et éviter toute action qui les mettrait vraiment en danger?

 

 

 

 

 

mai68.jpg

 







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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 15:11

 

P1040081Entre Montargis et Nevers, via Briare et la Charité sur Loire, on découvre un pays d'eau, de fleuve, rivières et canaux, où la vie se déroule au rythme des écluses : 38 écluses pour le seul canal de Briare!

P1040099On les longe à vélo tandis que d'autres les parcourent en bateaux. Le grand projet qui part de Nantes pour arriver... en mer Noire, « la Loire à vélo », se concrétise peu à peu, avec des morceaux de routes spécialement dédiés à ces deux-roues pacifiques dont les possesseurs se saluent en se croisant, sans bruit de moteur, juste celui du pédalier.

P1040122Le marinier est solitaire mais liant, il aime informer le passant de choses surprenantes, par exemple qu'il transporte des centaines de tonnes d'orge par voie fluviale jusqu'en Belgique pour la fabrication de bière Belge, vu que la Belgique, trop exiguë, n'a pas les surfaces nécessaires pour cultiver assez d'orge.

P1040168L'éclusier est solitaire mais souriant, il aime raconter sa vie rythmée par les coups de fil qui lui annoncent l'arrivée des bateaux, les va-et-vient d'une écluse à l'autre qu'il fait souvent à bicyclette, la quantité d'eau déplacée pour équilibrer les niveaux... L'écluse est une invention surprenante, elle consomme très peu d'énergie tout en mettant en œuvre des forces incroyables. Des vérins hydrauliques assistent parfois l'éclusier, mais souvent il tourne encore la manivelle à la main. Aux mains plutôt, car il y faut les deux bras. L'éclusier se modèle une musculature harmonieuse et symétrique.

 

 

 

L'ÉCLUSIER (FRED MERPOL)

 

P1040173En été, avec le trafic fluvial touristique, l'éclusier est à l'écluse, et pas sur les chemins de halage. Dommage, c''est juste la saison où l'herbe pousse, alors il nous arrive de pédaler dans un sillon malingre, avec de l'herbe jusqu'aux cuisses. Cela incite à rejoindre la départementale voisine, où le macadam surchauffe et les automobilistes foncent... Les chemins de halage sont pourtant une richesse touristique considérable, ils permettent de se déplacer dans des paysages insoupçonnés, mais si VNF (voies navigables de France) continue de réduire les effectifs et de rogner sur l'entretien des chemins, les touristes déserteront, mauvais calcul à long terme... Le même que celui de réseaux ferrés de France, qui néglige l'entretien des voies faute d'effectifs suffisants et c'est pourquoi de plus en plus souvent les trains sont immobilisés pour cause de chutes d'arbres sur les rails et d'absence de personnel pour les retirer. Parfois, c'est juste gênant, parfois, ça cause des accidents. .. Les intempéries liées au dérèglement climatique + l'absence d'entretien liée au désir de faire des économies créent un cercle vicieux... et coûteux .

P1040107Près de la Loire, on longe des champs de tournesol sur des sentiers idylliques, puis apparaît soudain... une centrale nucléaire (Belleville). Très étrange  sensation, cette énormité dans un paysage champêtre, ces deux colossales cheminées crachant silencieusement leur vapeur en nuages absolument immobiles sous le soleil torride, cela procure un sentiment d'incongruité difficile à analyser, qui donne envie tout soudain d'accélérer le rythme pour filer ailleurs. ( nous avons pédalé par 34° à l'ombre, sous le cagnard on n'a même pas osé compter... Avantage : pas besoin de pause pipi, on élimine par tous les pores, malgré les deux litres d'eau par jour et par personne.

P1040126P1040131La Charité sur Loire est une cité dédiée aux mots depuis plusieurs années. Les murs des maisons comme les vitrines des commerçants s'ornent de citations qui offrent aux habitants une familiarité quotidienne avec   les mots et les phrases.

P1040129P1040130L'écrit imprègne l'esprit et c'est sans doute pourquoi cette ville possède un nombre incroyable de librairies. Chaque année, le public choisit « le mot de l'année » lors d'une manifestation animée par Alain Rey. Le choix reflète souvent l'actualité. L'un des derniers (2012 ou13?), était « précarité. »

P1040157Sous le soleil exactement, entre la Loire sauvage et le canal latéral, puis au Bec d'Allier où se rejoignent la Loire et l'Allier, les oiseaux se déploient, solitaires ou en bandes, on écoute le silence qui n'a rien d'angoissant, on demande son chemin à des cafetiers bourrus mais heureux- je cite- « d'avoir pu renseigner de si charmantes personnes ».

P1040138On s'offre des échappées belles d'une côte à une descente, puis d'une descente à une côte en jouant du dérailleur avec une jubilation gamine, pas étonnant qu'un ingénieur de PSA, à qui sa Direction avait demandé d'imaginer le véhicule du futur « économe en carburant, facile à réparer, écologique, léger, économique » ait répondu : « Monsieur, il existe déjà : c'est le vélo ».

 

 

 

 

A BICYCLETTE (YVES MONTAND)

 

 

P1040103

 


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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 15:04

entrepot2.jpgCes phrases que l'on dit, qu'on entend, que l'on répète parfois, juste parce qu'elles imprègnent si profondément notre inconscient que beaucoup de gens sont déçus lorsqu'ils se trouvent face à la réalité amoureuse.

L'Amour est aveugle : cette phrase absurde (serait-ce merveilleux, un sentiment qui rend infirme ) explique le désarroi de ceux (celles) qui, lorsque leur regard devient critique envers l'être aimé(e), se demandent s'ils (elles) aiment encore. Pourtant, c'est précisément quand on accepte l'Autre avec ses imperfections qu'on commence à l'aimer vraiment. Pour ce qu'il (elle) est. Pas pour ce qu'on souhaiterait qu'il ( elle) soit.

( à partir de maintenant, je ne préciserais plus « il » (elle), étant entendu que ce billet s'adresse de la même façon aux femmes et aux hommes, qu'ils aiment des hommes, des femmes, ou les deux.

caresses.jpgCoup d'un soir ou histoire sérieuse? Seul le temps le dira. On peut passer une nuit d'anthologie avec une personne et s’apercevoir qu'on n'a pas du tout envie de la revoir, ou à l'inverse découvrir une complicité d'enfer avec une autre, qui ne nous a pas fait grimper aux rideaux.  

Je t'aimerais toujours : promesse de Gascon ! C'est à la fin de sa vie qu'on sait si on a aimé et qui on a vraiment aimé, pas au moment où on tombe amoureux (tomber, bizarre que l'Amour commence par une chute...).

Je ne te reverrai jamais, jamais !!!: colère de Gascon. Des ruptures peuvent se transformer en retour de passion, d'amour ou d'amitié. Des liens distendus par le temps ou les circonstances se renouer lors de retrouvailles inattendues.

Toujours ou jamais sont des mots à bannir de l'univers amoureux. Ils l'enferment alors que l'amour a besoin de portes ouvertes et d'inattendu.

P1000946.jpgOn s'aime comme au premier jour : Eh non... Dès le 2ème jour, l’amour commence à évoluer, alors trois, cinq ou dix ans après... Si l'on veut exprimer qu'on est toujours amoureux, pourquoi pas, mais cela ne garantit pas la solidité dudit amour. Voir la séparation de DSK et Anne Sinclair après que celle-ci eût maintes fois déclaré : « On s'aime comme au premier jour ».

Avec toi, ce n'est plus comme au premier jour ( variante : ce n'est plus comme avant) Heureusement ! Si l'amour se figeait dans l'état du premier jour, ce serait terrible ! Signe qu'aucun des deux amoureux n'a grandi, appris, évolué... Signe d'une infinie monotonie de la relation et surtout d'un refus du temps qui passe et crée notre histoire commune comme nos histoires personnelles.

Si on va voir ailleurs, c'est qu'on ne s'aime plus : si on va voir ailleurs, c'est qu'on a des yeux pour voir- ouf!- et découvrir qu'il existe de par le monde bien des personnes intéressantes, stimulantes, aimables, ce qui est plutôt réconfortant. Que le désir puisse s'en mêler est plutôt bon signe, signe de vitalité...

bonobosSi on n'est pas pas jaloux, c'est qu'on n'aime pas vraiment : pour ne pas être jaloux, il faut aimer tellement une personne qu'on se réjouit de tout ce qui la rend heureuse, même lorsque ce qui la rend heureuse ne nous concerne pas. Être jaloux, c'est vouloir que le bonheur de cette personne dépende exclusivement de soi. Ce peut être désir de pouvoir, orgueil de se croire universel et merveilleusement « aimable », ou au contraire crainte d'être abandonné et manque de confiance en soi, mais ce n'est pas signe d'amour.

Je ne peux pas vivre sans toi : mais si, mais si... Jusqu'à ce qu'on se rencontre, tu as vécu sans moi. Tu le pourrais encore, même si toute rupture ou deuil restent douloureux. La réalité oblige à surmonter des épreuves dont l'idée même semble insupportable avant qu'elles ne surviennent. Enfant, l'idée de perdre ses parents est inimaginable. Lorsque cela arrive, le chagrin est immense mais- heureusement- la majorité des gens continuent à vivre et même à être heureux.

émeuSi tu me quittes, je te tue : logique absurde. Certes « partir, c'est mourir un peu », mais mourir c'est partir beaucoup » ! En me tuant tu t’infligerais d'être quitté pour toujours, alors que la vie aurait pu, peut-être, nous faire nous retrouver.

Pour ranimer l'amour en temps de crise, rien ne vaut un week-end (une semaine) en amoureux :autant un week-end est merveilleux entre amoureux, autant ce peut être un cauchemar entre des personnes qui s'interrogent pour savoir si elles s'aiment encore. Mieux vaut prendre des distances pour réfléchir posément, sans agressivité, avec respect. Comme il est souvent nécessaire, dans un musée, de s'éloigner d'un tableau pour en apprécier pleinement la beauté.

Je veux sauver (préserver) mon couple ! Marronnier périodique des magazines féminins. Primo, le couple est-il la seule ou la meilleure façon d'aimer, au point que hors le couple, point de salut ? Pas forcément. Et même en optant pour la vie de couple, pourquoi vouloir le planifier comme un couple idéal avec des exigences et des enjeux qui le rendent angoissant ? Les gens qui passent plus de trente ans ensemble le disent souvent : « Ça c'est fait sans qu'on y pense et au final, ça a passé très vite ». Vouloir un « projet de couple » comme on a un projet professionnel fait de l'amour une composante marketing peu affriolante pour cet enfant de Bohême...

Architeture eros IILe cul est le ciment du couple : pas vraiment... Le désir et le sexe sont les déclencheurs de la rencontre, l'eau qui rend le ciment humide (et pas que le ciment!), mais comme pour toute construction, il faut que l'eau s'évapore peu à peu pour que le ciment prenne et que la construction soit solide. Passée la « phase hormonale », le cul (le sexe) reprend donc sa vraie place, importante mais pas primordiale. Les sexologues rencontrent même des couples quasi platoniques mais heureux et très amoureux l'un de l'autre, qui ne consultent pas parce que le sexe leur manque, mais parce qu'ils se demandent s'ils sont normaux.

A la ménopause, le désir s'éteint :faux! A la ménopause, les hormones féminines destinées à la maternité cessent progressivement, mais la testostérone (hormone mâle, mais aussi hormone du désir) reste stable chez les femmes. Une femme ménopausée a donc physiologiquement tout ce qu'il faut pour désirer autant, sinon plus que lorsqu'elle était jeune ! Seul l'en empêche l'idée qu'elle se fait d'elle-même... et des hommes qui l'entourent. Plus le tabou social.

Pour finir, une phrase que j'adore :

gays.jpg« Aimer, c'est partager tout ce qu'on a envie de partager. Pour le reste, que chacun mène sa vie comme il l’entend. Seul cet amour est durable. » (Benoîte Groult)

Et un principe:

En amour, pour toute décision importante, se marier, concevoir un enfant ou se quitter, ne jamais décider dans la phase hormonale du désir (soit entre deux et trois ans) durant laquelle le jugement est fortement altéré.

 

 

o igor


BONNES VACANCES, AVEC DEUX CHANSONS AMOUREUSES :)  LA SECONDE SPECIALEMENT POUR ANDIAMO

 



 

 





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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 15:36

barques_malte.jpgCher cardiologue,

Il y a presque deux ans, lors d'un bilan effectué très sérieusement, vous avez conclu que mon HTA (hypertension artérielle) me conduirait droit à une mort rapide si je refusais vos traitements. Les examens subis me trouvant un cœur en pleine forme, des artères larges et aucunement obstruées, aucune atteinte rénale et pas de surpoids, je venais de vous dire qu'ayant de surcroît une alimentation équilibrée et une pratique sportive régulière, cette HTA n'était qu'un facteur de risque qu'il ne fallait pas dramatiser. Vous l'aviez pris fort mal, surtout quand je me permis de m'enquérir de leurs effets secondaires à chacune de vos propositions de traitement, échaudée par les affaires du Mediator, de certaines statines et autres médicaments au long cours. (mes années de journalisme médical m'ont appris des choses...) .

illusion.jpgCependant, j'acceptai votre prescription d'un médicament dont je tairai ici le nom, en m'étonnant tout de même que vous doubliez la dose habituellement prescrite, ce à quoi vous répondîtes : « Vu votre état, il faudrait vous donner deux médicaments différents, mais comme votre attitude me donne à penser que vous ne les prendriez pas, je vous en prescris un seul en doublant la dose. » Ce raisonnement pifométrique- pourquoi prendrais-je plus volontiers une double dose, et sur quel raisonnement scientifique reposait cette prescription ?- ne m'empêcha pas, car je suis bonne fille, de suivre rigoureusement votre prescription pendant deux mois... sans aucun résultat ! L'HTA ne baissa pas d'un dixième ni d'un centième. J'arrêtai donc tout et allai voir mon généraliste homéopathe, acupuncteur et surtout médecin de la famille depuis 25 ans. Cet homme soigne des personnes et non des maladies. C'est le genre de médecin qui vous ausculte avec les mains, et vérifie tout, y compris votre état énergétique vu sa formation, même si vous venez pour une simple rhume. Nous passâmes en revue les différentes options thérapeutiques, les vôtres comme les traitements de phyto et aromathérapie que j'avais testés sans grand succès, pour finir par le traitement le plus simple et comportant le moins d'effets indésirables.

J'ai le plaisir de vous informer que j'ai depuis ce jour une tension de jeune fille, au point que nous allons réduire la dose de moitié et évaluer ensemble le résultat. »

revenge.jpgCe même généraliste m'a appris une nouvelle qui n'a bizarrement fait aucun bruit dans le landernau médical: en avril 2013, le calendrier vaccinal a été profondément remanié. Ainsi, des vaccins obligatoires DTP Diphtérie-tétanos-polio (trois injections, suivies d'un rappel un an plus tard, puis de rappel tous les 5 ans jusqu'à 21 ans, et enfin tous les dix ans à l'âge adulte) . Aujourd'hui, il a été décidé que des rappels adultes tous les vingt ans – 25, 45, 65 ans- puis de nouveau tous les dix ans- 75,85,95... pour tenir compte de l'affaiblissement su système immunitaire avec l'âge, sont suffisants. La mise en place de ce nouveau calendrier donne d'ailleurs lieu à des consignes assez ubuesques :

jouer.jpgEn étudiant ce dossier, on s'aperçoit que le changement de calendrier a surtout pour objectif une « meilleure observance de l'obligation vaccinale ». En somme, on espace les rappels et on les fait à âge fixe pour qu'ils soient mieux acceptés et plus faciles à mémoriser. Pour décider ce changement, les experts de la Santé publique ont examiné ce qui se fait dans d'autres pays et constaté que tous ont des calendriers différents, ce qui montre à quel point les remontrances des toubibs du style : « vous avez trois mois de retard pour votre rappel, il va falloir recommencer la vaccination à zéro » n'avaient aucun fondement scientifique. On s'est pris une injection tous les dix ans et où on nous dit aujourd'hui que tous les 20 ans suffisent à protéger! C'est ce que font les Suisses. Les experts français ont suivi cet exemple, vu que les Suisses ne semblent pas souffrir davantage de D-T-P que nous. Cela relève de l'empirisme et non de la recherche scientifique, et ce n'est pas le seul domaine. penseur.jpgLors d'une enquête que j'avais faite sur « vieillissement et cancer », des chercheurs m'avaient expliqué qu'il est très difficile de déterminer les doses optimales de chimiothérapie chez les sujets âgés, d'une part parce que déontologiquement on ne pratique pas d'essais thérapeutiques sur eux avant commercialisation du produit, d'autre part parce que leur organisme souvent affaibli (diabète, immunité moindre, cœur et reins moins performants) ne permet pas de savoir avec certitude comment ils vont réagir aux molécules. D'où des tâtonnements parfois inefficaces, parfois toxiques dont les médecins ne sont nullement responsables, mais qui devraient les inciter à ne pas se poser en mandarins pleins de certitudes comme certains... et à répondre aux questions de leurs patients sans impatience. La médecine est un art relationnel au moins autant qu'une science ou une technique.

Au magazine où je travaillais, j'avais collé au-dessus de mon bureau un dessin de Sempé montrant un petit homme priant dans une Église : « Mon Dieu, j'ai tellement confiance en vous qu'il m'arrive de vous appeler Docteur ».

A l'inverse, on souhaiterait que que les médecins ne se prennent pas pour Dieu.

 

couv century3 copie

BONNES VACANCES!  Dépêchez-vous de commander le CDI de Dieu- ou tout autre livre des éditions Autres Mondes avant le 20 juillet. Du 21 juillet au 4 août, les expéditions ne seront pas assurées (vacances, enfin!) excepté l'envoi de livres numériques. Pour ceux-ci précisez bien sur le bon de commande le format souhaité: epub, mobi ou PDF.

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 19:23

 

 

dsc01377_cavepanayota__c__aj.jpgUn ami anxieux d'arriver à l'âge de la retraite expliquait qu'il ne voulait pas « passer ses journées dans un fauteuil avec un rétroviseur à la fenêtre pour regarder dans la rue. » L'immense foule des retraités aux journées si remplies qu'ils se demandent comment ils pouvaient caser un emploi à plein temps dans leur vie d'avant appréciera. Si les retraités passaient leur temps à ne rien faire, selon l'expression du président P1000871.jpgretraité Nicolas Sarkozy, les dizaines d'associations dont ils s'occupent, les petits-enfants qu'ils gardent, les très vieux parents dont ils prennent soin, les vendeurs de voyages dont ils sont les meilleurs clients, les librairies qu'ils fréquentent aussi assidûment que les bibliothèques, les maisons qu'ils bricolent faisant ainsi la fortune des marchands d'outillage, les manifs qu'ils remplissent en rangs serrés... tout ceci s'effondrerait et on s'apercevrait que les retraités sont plus qu'utiles : indispensables.

P1000860Par parenthèse, ils démontrent brillamment qu'avec un revenu minimum décent, les gens ne deviennent pas soudainement des paresseux inutiles, mais au contraire se consacrent aux autres et à eux-mêmes comme ils n'ont jamais pu le faire auparavant et créent quotidiennement de la fraternité et du plaisir, denrées ô combien vitales pour mieux vivre. Un argument de poids en faveur du revenu minimum pour tous !

Pas de rétroviseur sur la fenêtre, donc, mais un rétroviseur dans la tête, forcément. Pas nostalgique, lucide. Savoir qu'une guerre finit toujours par un armistice et que les ennemis d'hier seront les amis de demain devrait inciter à refuser ces conflits imbéciles où meurent tant de jeunes pour que 5 ou 10 ans plus tard les vieux généraux qui les ont envoyés au casse-pipe- bien vivants, ceux là!- se congratulent dans des pinces fesses diplomatiques.

revolution.jpgSe souvenir qu'en 1981, le PS a conquis le pouvoir grâce à l'Union de la gauche (Parti communiste+ radicaux de gauche), puis que le président socialiste a tout fait pour affaiblir ses alliés électoraux, y compris en favorisant l'essor du FN, permet de ne pas être dupe des discours navrés d'aujourd'hui sur le retour de l'extrême-droite. Une fois de plus, le désir d'hégémonie du PS l'amène à vouloir écraser ceux qui l'ont aidé à arriver au pouvoir (Front de gauche, NPA, écologistes) au prix accepté d'une montée de l'extrême droite. L'Histoire, dit-on, ne repasse pas les plats ? Il semblerait que si, et il y a des enseignements à en tirer... N'en déplaise au Dr Freud et à son principe de répétition, rien ne nous oblige à répéter les mêmes erreurs quel qu'en soit le domaine (public ou privé) excepté l'oubli.

mari_s3.jpgDans le rétroviseur de la vie, avec l'aide de photos anciennes et/ou de vieux carnets intimes, on s'étonne de ce qu'on a vécu : les passions éternelles dont on croyait ne jamais se remettre et dont on sourit aujourd'hui, les conflits amicaux, familiaux qui semblent si anodins à ceux qui s'affirmaient hier « fâchés à mort », les disparitions de proches et d'amis, qu'on se pensait incapable de surmonter, qu'on se refusait même à envisager, et qui n'ont pas empêché qu'un jour plus ou moins proche, on trouve à nouveau la vie belle, le soleil lumineux, le vin délicieux et l'amour vertigineux. Les enfants qu'on n'aurait jamais si on imaginait les nuits sans sommeil du début, les caprices des petits, les maladies infantiles, les accidents, les folies adolescentes, l'insolence de certain(e)s, les résultats scolaires désastreux, les « mais qu'est-ce qu'il (elle) va devenir... et dont on s'émerveille en regardant le beau jeune homme ou la jeune femme superbe qu'ils sont devenus. On a bien fait de se répéter les jours difficile : « Normalement, ça devrait aller mieux dans vingt ans. » marinaVingt ans, tant que cela ? Mais vingt ans, c'est très court ! Je me souviens de mon premier article commandé par le magazine ELLE sur « le premier chagrin d'amour ». J'avais 22 ans, mon premier chagrin datait de 7 ans plus tôt, et je m'étonnais d'avoir déjà des souvenirs de plus de 7 ans, pas des souvenirs d'enfance, des souvenirs de grande ! Dans le rétroviseur de la vie se reflètent désormais des souvenirs qui ont 30, 40, 50 ans... d'une précision incroyable. C'est fou ce qu'on a vécu, ce qu'on a réalisé, les centaines de personnes que l'on a rencontrées, côtoyées, et que l'on retrouve sur des photos dont l'analyse « Modianesque » réveille des souvenirs de soirées épiques, d'audaces ludiques, de révolte et de révolutions intimes ou plus larges.

imagesAux rivages de la soixantaine, le temps qui reste est compté. Avec environ 80 ans d'espérance de vie, c'est le dernier quart qui s'ouvre, différent des trois précédents pour deux raisons majeures : sa durée est incertaine, elle peut dépasser 40 ans- rarement- mais également être extrêmement courte. Ce quart est donc l'ultime occasion de réaliser ce qui manque à son existence, pour, au moment de la quitter, ne pas avoir de regrets. Comme Stéphane Hessel, l'homme aux mille vies, aux mille indignations, homme d'action et de réflexion qui avait dit à un journaliste : « Mon prochain projet ? Bien mourir car il va être temps ». Alors le dernier quart est celui des choses essentielles. Un regard dans le rétroviseur suffit à vérifier qu'il y en a fort peu, et que les plus importantes ne sont pas monnayables mais humaines.


 

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 15:01

600 milliards"Quand j'entends les nouvelles et que je vois la misère qui défile dans mon bureau, me disait un élu de droite tendance humaniste, ça me donne envie d'une balle dans la tête ou d'une bonne bouteille. Jusqu'ici, j'ai choisi la bouteille..." 

De fait, rien qu'en une semaine, entre le retour des fafs et de leur violence criminelle, la fermeture de la TV grecque (mesure qu'avait préconisé Aube dorée, parti néo-nazi grec), les escrocs en bande organisée qui ont le pouvoir politique ou économique, la fraude fiscale omniprésente, une usine de 850 personnes qui ferme encore ses portes, la Turquie qui s'embrase tandis que la Syrie va toujours si mal,  Big brother qui nous épie-  Salut Barak, salut la NSA, bonjour la DGSE! - il y a de quoi avoir le moral dans les chaussettes.

bataviaDans le même temps, je suis allée voir un ami hospitalisé, nous avons bu un verre dans le jardin de l'hôpital, il faisait beau, il allait mieux... Dans ma boîte, une lettre adorable de lectrice qui justifie à elle seule que j'écrive. J'en ai accueilli une autre (lectrice) deux heures chez moi, pour qu'on se connaisse autrement que par mail.  Retrouvé le soir des polyamoureux que je vois non pas tellement pour parler de ce sujet, mais parce que ce sont des personnes bienveillantes, réfléchies,  joyeuses et à l'écoute et que ça fait un bien fou. Dans la forêt de Meudon, les oiseaux s'en donnent à coeur voix, la terre mouillée embaume. Lorsque jroses1e ferme les yeux en plein bois, le bruit atténué de la circulation sur la N118 ressemblerait presque au bruit de la mer au fond d'un coquillage. J'ai déposé des coccinelles sur mes pommiers puceronnés et  regardé sur le gravier un parterre de pétales de roses emportés par le vent, roses qui sentent... la rose ancienne, parfum délicieux et délicat.

Mon fournisseur de matériel de bureau s'est mis en quatre pour imprimer rapidement mon manuscrit, j'ai pu l'envoyer avant le week-end à un éditeur éventuel. Au marché, le marchand de légumes n'avait plus de persil à offrir, à la place, il m'a donné deux beaux citrons. Le Parlement Européen vient enfin de voter pour la transparence des entreprises extractrices. Si cette loi est correctement appliquée, les multinationales qui exploitent les minerais, pétrole, pierres précieuses.... des sous-sols de pays pauvres, ne pourront plus prétendre n'avoir rien gagné et devront reverser à ces pays une part du profit réalisé.  L'économie sociale et solidaire qui faisait figure d'aimable utopie il y a encore quelques années, représente aujourd'hui 10% du à partager1PIB et près de 2,5 millions d'emplois dans lesquels les salariés sont motivés, correctement payés et associés aux décisions, avec un plus: ces entreprises vont bien! Quant à la baisse de la croissance, il est bon de savoir qu'elle est en  partie due à la baisse du nombre d'accidents de la route. Un responsable de la prévention routière me l'avait dit avec un certain cynisme: "Les accidents sont une activité économique importante (frais d'hôpital, carrossiers, industrie automobile, prothèses médicales, obsèques, assurfances...)  En dessous de 4000 morts par an, cela pèsera sur notre taux de croissance." On y est, et c'est une "décroissance" plutôt réjouissante. Tout comme je me réjouirais ô combien quand la prévention permettra qu'il y ait de 30 à 40% de cancers en moins, même si cela nous vaut de perdre un ou deux points de croissance et fait pleurer les laboratoires qui commercialisent les traitements anticancéreux.

Nombre de gens disent actuellement "dans ma vie, ça va à peu près, mais quand je regarde le monde autour, je déprime".  Mais ce monde que nous regardons est celui que transmettent les medias classiques ou nouveaux, dont la vocation a toujours été de parler davantage des trains qui déraillent que de ceux qui arrivent à l'heure, des exactions des hooligans plutôt que du sourire gentil de Nadal félicitant son adversaire malheureux et remerciant tout le monde de l'avoir aidé à gagner.

Le cumul des mauvaises nouvelles- sans les bonnes pour équilibrer- a de quoi conduire les peuples à la déprime.lego_monstre2.jpgL'ami hospitalisé me disait: "comme je n'ai pas grand chose à faire, je regarde la TV, ce que je fais rarement chez moi, et je suis frappé par la violence qui y règne. Violence dans les infos, de surcroit en boucle avec les chaînes d'infos continues (sur nos écrans, les Twin Towers sont tombées au moins 450 fois depuis le 11 septembre 2001)  violence dans les fictions où dominent les séries policières, les téléfilms angoissants, violence des émissions du genre "Faut-il avoir peur de..." la liste des choses effrayantes étant quasi illimitée, et du terrorisme sécuritaire qui s'apesantit lourdement sur les dangers courus dès qu'on sort de chez soi, mais omet le fait que la majorité des gens ne meurent pas dehors et que la majorité des enfants maltraités le sont chez eux!

flics 5La violence à jet continu rend effrayé, résigné, voire dépressif. C'est pain béni pour les maniaques du contrôle social.  Quand la vie est présentée comme un danger permanent, les peuples ne se révoltent plus, ils veulent un sauveur et des lois pour tout baliser.  C'est pourquoi je ne peux m'empêcher de penser que ce matraquage incessant de nouvelles démoralisantes (ça ne veut pas dire qu'elles sont fausses, ça veut dire qu'elles occultent les faits positifs qui pourraient donner de l'espoir et dynamiser les gens) ce matraquage, donc, n'a rien d'innocent ni de fortuit. 


chat.jpg

 

"Qui préfère la sécurité à la liberté ne mérite ni l'une ni l'autre et aura tôt fait de perdre les deux," disait pourtant en substance Benjamin Franklin.

 Pourquoi un chat ici? Parce qu'il est le seul animal totalement libre, qui refuse de travailler et se fait servir par ses prétendus maître ou maîtresse.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 23:49

Je suis non-fumeuse depuis toujours et journaliste «  santé/environnement » depuis plus de 30 ans. C'est dire si je suis sensibilisée aux méfaits du tabac et fais le forcing auprès de mes proches fumeurs pour qu'ils arrêtent.Aussi ne puis-je que m'étonner de vos propos sur la cigarette électronique, que j'appellerai e-cig pour abréger. Vous souhaitez lui imposer les mêmes contraintes- interdiction dans les lieux publics, encadrement strict, interdiction aux mineurs- qu'aux produits contenant du tabac. Ce qui paraît absurde puisque justement, les e-cig n'en contiennent pas.

alcool1900.jpgInterdiction dans les lieux publics, au nom de quoi ? Interdire de fumer dans les lieux publics vise à protéger les non-fumeurs contre le tabagisme passif, à cause des centaines de particules nocives que contient la fumée de combustion du tabac et du papier. Rien de tel avec les e-cig, qui rejettent de la vapeur d'eau.

centrale.jpgLa vapeur d'eau serait-elle nocive ? Si c'est le cas, il faudrait d'urgence interdire les centrales nucléaires qui en rejettent des quantités massives. Or, les partisans du nucléaire ne cessent d'affirmer que les centrales nucléaires ne polluent pas puisqu'elles rejettent de la vapeur d'eau... Pourtant la radioactivité de cette vapeur serait infiniment plus dangereuse que d'éventuelles traces de glycérol dans la vapeur rejetée par un utilisateur de e-cig.

La e-cig pourrait inciter les jeunes à fumer ? Actuellement, elle fait exactement l'inverse. Les cigarettiers annoncent une baisse de leurs ventes (ou de leur CA) de 8,6 % en un an, dont ils imputent plus de la moitié au succès de la e-cig. Celle-ci incite donc à arrêter de fumer, ce que je constate chaque jour chez des proches et des amis qui sont passés à deux ou trois cigarettes par jour, contre près d'un paquet avant la e-cig. Tous avaient essayé diverses méthodes pour arrêter, y compris des patchs à la nicotine, sans succès durable.

indexOui, dites-vous, mais « il reste le geste » : j'avoue que cet argument m'a laissé coite. Effectivement, le geste de mettre quelque chose à sa bouche demeure, c'est même le secret de l'efficacité de la e-cig : on ne prive pas le fumeur d'une gestuelle qu'il associe à la convivialité et qui, quelque part, le rassure. Je conviens que c'est un peu enfantin, mais qu'importe puisque ce geste ne nuit pas à la santé du pratiquant et encore moins à celle de son entourage. S'il fallait supprimer les rituels qui donnent du bien-être, il faudrait priver l'enfant de son doudou, sucette ou pouce, le prêtre de son chapelet, le grec de son komboloï... et les amoureux de s'enlacer en public.

Les liquides des e-cig contiennent de la nicotine : oui ils en contiennent de 0 à 18 % ou 20 % selon les marques, et la plupart des acheteurs commencent par un dosage moyen (10 ou 11 %), puis passent à 6 % et enfin adoptent le 0 %. C'est exactement la démarche de sevrage progressif prônée par les fabricants de patchs à la nicotine. Avec en plus la gestuelle qui donne à ce sevrage un aspect moins médical et médicamenteux que les patches. (par ailleurs, les patchs diffusent de la nicotine en continu dans l'organisme, alors que la e-cig n'en diffuse que lorsque l'utilisateur inhale la vapeur.)

vin1.jpgLa composition des liquides n'est pas contrôlée ? Il y a une réponse à cela : la DGCCRF, direction de la répression et des fraudes, est parfaitement capable de contrôler ce que contiennent ces liquides et de stopper tout produit dangereux. Bonne nouvelle : des fabricants français proposent des produits à base d'essences et arômes naturels, très peu chimiques, aptes à concurrencer avec succès les produits importés. Pour une fois qu'une activité est en plein essor en France, vous voudriez la freiner?

Je n'utilise pas de e-cig, pas plus que je ne fume de vrai tabac et n'ai donc aucun intérêt en l'affaire. En revanche, durant mon activité de journaliste, j'ai constaté la puissance du lobby du tabac qui a permis aux cigarettiers de payer pendant des années des « experts scientifiques » pour qu'ils nient les méfaits du tabac, comme l'a brillamment montré le documentaire de Nadia Collot,  Tabac, la conspiration.

 

J'ai aussi constaté maintes fois le lobbying des laboratoires pharmaceutiques et le trésor d'ingéniosité qu'ils déploient pour ouvrir des marchés, en inventant au besoin des maladies imaginaires, ou en réduisant les seuils d'alerte : passer d'une tolérance de 2,30 de cholestérol à 2,20 permet de traiter plusieurs milliers de malades supplémentaires pour hypercholestérolémie.

Bref, plutôt que de crier haro sur un produit qui permet d'arrêter de fumer, tout simplement parce qu'il est plus ludique que les autres traitements, devriez-vous, chère Marisol Touraine, vous demander qui il gêne:

  • en premier lieu les cigarettiers : j'espère que vous saurez résister à leurs experts capables de vous démontrer qu'un paquet de cigarettes est moins nocif qu'une bouffée de vapeur d'eau parfumée.

  • En second lieu, les laboratoires qui fabriquent les gommes ou patchs à la nicotine et voient leurs ventes baisser. Le Pr Dautzenbers, auteur du rapport qui discrédite la e-cig, a admis collaborer avec ces laboratoires, ce qui constitue certainement un frein à son impartialité et devrait vous inciter à considérer ses conclusions avec circonspection.

  • tax_collector.jpgEnfin, l'Etat, qui voit d'un mauvais œil que les e-cig ne supportent que 19,6 % de TVA alors que les taxes sur le tabac rapportent plus de 15 milliards par an. Le tabac fait vivre plus de gens qu'il n'en tue, c'est vrai, et par les temps qui courent, l'Etat fait monnaie de tout bois, de tout mal. Notez cependant que les gens que le tabac tue coûtent plus de 15 milliards par an en soins, hospitalisations, obsèques... et je ne chiffre évidemment ni leur douleur ni celle de leurs familles.

    Qu'en tant que ministre vous vous souciez de notre santé, c'est normal, mais je vous avoue que j'ai aussi envie, nous avons aussi envie qu'on nous lâche les baskets. Qu'on arrête de nous dire comment boire, manger, bouger, faire ou ne pas faire l'amour, cuire avec ou sans gras, avec ou sans sucre... bref, nous aimerions que l'Etat s'occupe davantage de la vie de la collectivité et intervienne moins dans notre vie privée. Je vous renverrai volontiers à trois livres de votre père Alain Touraine : « Qu'est-ce que la démocratie? » « Comment sortir du libéralisme ? » et « Comment penser autrement ? » Voilà ce dont nous aimerions que vous vous occupiez, nous laissant la liberté de mener nos vies dans toute leur diversité.

 

 

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 13:53

 

En voilà un beau lièvre soulevé par l'ONG Bankwatch Network et repris par « le Canard enchaîné » de cette semaine :

affaires-gens-manger-argent-_-tjo0021.jpgLes banques européennes BERD ( Banque européenne pour la Reconstruction et le Développement, on dirait un organisme créé après guerre pour revitaliser les pays exsangues, mais non : il a été créé pour permettre aux pays de l'Est de s'adapter au mieux à l'économie de marché, déjà ça sent fort l'idéologie libérale), et la BEI (Banque européenne d'Investissement) consentent des prêts aux entreprises françaises pour leur permettre de construire des usines à l'étranger, et donc financent les délocalisations !!!

L'an dernier, la BERD a consenti un prêt de 110 millions d'euros à PSA- qui ferme son site d'Aulnay et prévoit environ 8000 suppressions d’emplois- pour l'aider à construire une usine en Russie. Ce mois-ci, c'est l'équipementier automobile Faurecia, filiale à 57,4 % de PSA, qui va bénéficier d'un prêt de 100 millions d'euros pour s'établir au Maroc, en Russie, en Roumanie, etc... et licencier 3000 salariés français.

Ben quoi ! diront certains, les banques ont le droit de prêter à qui elles veulent. Sauf que ces banques européennes alimentées par de l'argent public sont des banques normalement non commerciales, censées aider les pays d'Europe et non les couler. Leurs statuts prévoient même que leurs interventions ne doivent se faire que dans des pays démocratiques respectant de stricts critères environnementaux, ce qui n'est guère le cas des pays précités.

euros.jpgLa BEI, dont le rôle officiel est d'aider à mettre en œuvre la politique européenne- qu'on espérerait a minima favorable aux pays européens- a financé l'an dernier à hauteur de 200 millions des investissements en Turquie du constructeur américain Ford Europe, qui en a profité pour supprimer 4500 emplois en Belgique et en Angleterre.

Comme le souligne l'article du Canard, la France est un des plus importants contributeurs des deux banques. Et pourrait s'opposer au financement des délocalisations puisque nombre des décisions de la BEI, notamment, doivent être prises à l'unanimité. Mais elle ne le fait pas. Ce qui doit chagriner Arnaud Montebourg, adversaire déclaré des délocalisations créatrices de chômage, mais réjouir d'autres décideurs de Bercy, des gens discrets qui ont refusé de répondre aux questions du Canard, faut pas avoir l'air de se justifier, d'ailleurs ils n'en éprouvent nul besoin, ces gens là n'éprouvent plus rien d'humain, ils ont une calculette à la place du cerveau et du cœur.

stress.jpgEt c'est ainsi que « la terrible crise de l'emploi contre laquelle le gouvernement tout entier est mobilisé »résulte en partie de ce circuit pervers : les contribuables paient des impôts, qui alimentent les caisses de l'Etat. Caisses supposées « vides » quand il s'agit d'augmenter le SMIC, mais qui se révèlent fort joufflues et généreuses s'il s'agit d'alimenter les Banques européennes qui prêtent aux entreprises pour qu'elles délocalisent ! Ces délocalisations entraînant forcément une augmentation du nombre de chômeurs, l'Etat les prendra en charge... grâce à nos cotisations sociales. En gros, le couillon de contribuable est appelé à financer ceux qui l’exploitent ET la prise en charge des exploités laissés sur le carreau.

Apprendre cela en pleine période de déclaration de revenus, ça énerve grave !

Et les entreprises qui ont délocalisé ? Elles vont bien merci, les actionnaires sont contents de leurs dividendes.

 

attac

 


 


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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 08:00

moustakiBien sûr, comme le chantait Brassens, son maître, à qui il a emprunté son prénom, « les morts sont tous de braves types ». Pourtant, en lisant les hommages à Georges Moustaki, très souvent accompagnés d'un ou deux fragments de ses chansons, j'ai senti un chagrin, qui allait au-delà de la disparition d'un homme bien, d'un artiste, d'un poète. Ses chansons ont tellement accompagné nos vies, tellement collé à nos rêves, qu'en nous quittant, c'est une part de notre vie et de nos rêves qu'il emporte, surtout en cette saison où le « réalisme » ambiant donne froid dans le dos.

folegandrosAvec elles, j'ai appris la liberté, apprivoisé la solitude, courtisé la méditerranée et mon île grecque, découvert que la sensualité n'est ni un péché ni une marchandise, que l'amour peut être joyeux et complice plus que ravageur. Moustaki est un des rares poètes à avoir plus souvent chanté le bonheur amoureux, la tendresse et le plaisir que les douleurs de la rupture et de l'abandon.Il savait être aussi amical et accueillant, tout en préservant son indépendance et ses envies d'horizons lointains.

Ses chansons engagées prenaient fait et cause pour la  Révolution des oeillets, prônaient la solidarité même au fond d'une geôle (Imaste dio, devenue  "nous sommes 2") d'autres dessinaient le monde dont nous rêvions, pour certains depuis les seventies, pour d'autres avant ou après. Nous voulions des lendemains qui chantent sous le soleil, nous voulions la liberté, nous avions la nostalgie d'un jardin qui s'appelait la Terre et nous aurait permis d'accéder au droit à la paresse, de prendre le temps de vivre, d'être libre, d'avoir toute la vie pour nous amuser... Nous voulions tout simplement  être en état de bonheur permanent : aimer, et partager des moments doux ou forts, jamais brutaux.

Mais au fait, je n'ai même pas besoin d'écrire cela, il l'a fait, et combien mieux :

 

NOUS VOULIONS

 

Nous voulions changer le cours de l'histoire
Nous voulions toute la mer à boire
Nous voulions des châteaux en Espagne
Nous voulions rapprocher les montagnes
Nous voulions que nos femmes enfantent
Une humanité différente
Nous voulions des aurores nouvelles
Nous voulions renaître avec elles

L'imagination était au pouvoir
Circulez il n'y a plus rien à voir

Nous voulions tout et tout de suite
Nous voulions vivre sans limites
Et nous promener sur la terre
Sans nous cogner à des frontières
Nous voulions demander l'impossible
Nous voulions des orages paisibles
Nous voulions de l'amour avant toute chose
Et du bonheur en overdose

L'imagination était au pouvoir
Circulez il n'y a plus rien à. voir

Sans regret et sans mélancolie
Je te chante la chanson que voici
Elle était rangée au fond de ma guitare
Elle m'est revenue en mémoire

L'imagination était au pouvoir
Circulez il n'y a plus rien à voir

 

Moustaki nous donnait l'espoir, puisque lui-même arrivait à le faire, que la vie pourrait être aussi douce que sa voix, aussi amoureuse que ses mots tendres, aussi rebelle que certaines de ses chansons, aussi poétique que ses textes. Il alimentait sans en avoir l'air, sans cris, sans fureur, simplement avec une guitare et des mots placés juste où il faut, notre furieuse envie de révolution permanente qu'il nous donnait envie de vivre, et de suivre, jusqu'au bout, jusqu'au bout.

 

 

 

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