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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 23:28

... quand tu sais que ce n'est pas une ville noire, comme disent ceux qui n'y sont jamais allés. 

 

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... quand tu sais que la Cathédrale, construite en andésite (pierre volcanique) n'est pas noire mais gris anthracite tirant sur le violet... que l'arkose est un grès blond et la pouzzolane une roche volcanique rosée. Et que tout ceci donne une ville kaléidoscopique.


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      ... quand par 12° extérieur, tu continues à prendre l'apéro en terrasse.

 

P1030555terrasse retouchée

 

 

 

 

... quand tu t'amuses de voir les touristes ébahis devant ce trompe-l'oeil, s'approcher pour voir ce qui est vrai, ce qui est faux...


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... quand tu prends une dernière photo avant de repartir par l'Intercités et que tu te demandes pourquoi tu repars...

et pour d'autres quand: link

 

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 13:38

fruitbio2.jpgLa politique aurait-elle une dimension Freudienne, voire Lacanienne? Cette floraison de rapports, par exemple, rapport Gallois, rapport Jospin, rapport Attali ? Ca connote sexuel, tant de rapports ! Et cet adjectif, toujours accolé à François Hollande : président consensuel ? Entre nous, je ne le trouve pas si sensuel... même si ses rapports avec les femmes semblent parfois tendus:)

Comment ? Consensuel n'aurait rien à voir avec le sexe ni la sensualité, cela voudrait dire que François Hollande consulte beaucoup avant de décider, pour trouver un compromis. (vous êtes sûr, rien de sexuel ?) C'est effectivement la marque des François, qui affichent volontiers une volonté de décrispation : Union de la gauche Mitterrandienne, Ni gauche ni droite mais centre pour Bayrou.

mitt4-rocard.jpg Mais une fois au pouvoir, F. Mitterrand n'a rien eu de plus pressé que de casser l'Union de la gauche (notamment le Parti communiste) et de briser Michel Rocard pour, finalement décider seul. F. Bayrou n'est même pas au pouvoir qu'il a déjà réussi à s'isoler à force de tout décider seul... Et F. Hollande, élu grâce aux voix de la gauche (FDG) et de l'extrême gauche (NPA, Lutte ouvrière, PT) n'a rien de plus pressé que d'ignorer leurs propositions. Où est le consensuel dans les positions (!) du MEDEF et du rapport Gallois, qui négligent ou ignorent moult rapports autrement plus sensuels ? Car voyez-vous, le plus gros reproche qu'on peut faire aux consultés précités, c'est de réduire la vie à l'économie et l'économie à un taux de croissance, quand les aspirations des populations sont certes un toit, un emploi et à manger mais pas que...

tom___lou-anh_france_30_oct_2007_-_003_copie.jpgTous les bloggueurs vous le diront, les billets les plus lus et les plus commentés, parlent d'amour, de beaux paysages, de rencontres, d'enfants... Comme disait Yves Cochet avant qu'EELV soit au gouvernement (je l'avais interviewé) : « Aimer et jouer du violon ne sont pas des activités très rentables, mais elles donnent plus sûrement du bonheur que des objets superflus et polluants. »

Les rapports politiques et sensuels, où vas-tu trouver ça, gourgandine ? Il en existe pourtant. A les lire, on se sent titillé par la jubilation inévitable que donnent l'imagination au pouvoir, l'espoir et la gentillesse, oui, c'est important la gentillesse. Je vous avais parlé en 2010 de l'Appel de la jeunesse, né sous le choc de décès par cancers de jeunes étudiants. A l'époque, ces jeunes parlaient du lien entre santé et environnement. Depuis, ils ont approfondi leur réflexion, qui les a amenés tout naturellement à imaginer un autre mode de développement. Possible dès aujourd'hui.

appel-jeunesse.jpgLeur livre écrit à douze mains est préfacé par Jean-marie Pelt et parrainé par Marie-Monique Robin, excusez du peu. Notre président « qui-fait-de-la-jeunesse-une-priorité » l'a-t-il lu, a-t-il étudié les propositions concrètes, réalistes et enthousiasmantes de ces jeunes pour que le changement soit maintenant ?

Autres rapports, en réponse au rapport Gallois : celui d'ATTAC sur l'austérité et la compétitivité extrêmement bien argumenté, et le contre-budget concocté par Jacques Généreux, économiste au Front de Gauche. Déjà, un économiste qui s'appelle Généreux, ça fait chaud au cœur. Surtout quand il l'est, généreux, avec un budget réaliste, relevant simplement d'une autre logique que celle du capitalisme financier. Une logique de partage, d'économie écologique, de suppression des paradis fiscaux... de priorité au travail plus qu'à la spéculation. Ils n'ont pas forcément raison sur tous les points, mais pas tort non plus. Pourquoi ne pas lire ces rapports, s'en inspirer, y piocher de bonnes idées ? Si être consensuel, c'est s'inspirer uniquement de la pensée dominante, ça s'appelle de l'idéologie. De droite. Paradoxal pour les citoyens qui pensaient avoir élu un président de gauche.

un million de révoHeureusement, partout dans le monde, des citoyens pratiquent d'autres façons de vivre et de sortir de la crise qui n'est pas seulement une crise économique, mais aussi (surtout) une crise de la joie de  vivre, d'aimer, de maintenir un rapport sensuel avec les autres et avec la planète qui nous héberge... « Un million de révolutions tranquilles » est paru aux éditions Les Liens qui Libèrent. Il parle de gestion collective de l'eau, de permaculture, de coopératives, d'économie solidaire, d'habitat écologique partagé, de potagers collectifs, de cliniques gratuites... américaines (eh oui!) de monnaie locale et surtout de la joie de vivre autrement : plus lentement, plus amicalement, plus simplement... Pas en théorie mais à travers des réalisations qui fonctionnent. Ca booste le moral quand le moindre JT vous le met en berne, ça rend confiance dans la vie et les humains et c'est autrement plus sexy et rock and roll que le trio Hollande/Ayrault/Gallois.

 

 

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7 novembre 2012 3 07 /11 /novembre /2012 13:18

Ce 8 décembre 2020, Guy Kaddict s'apprêtait à fêter ses 40 ans. Le temps avait passé depuis sa rencontre avec Clochette. Il se souvenait parfois avec émotion de cette fille au nom de fée qui l'avait accueilli lorsqu'il déprimait et lui avait permis de retrouver son amour perdu. Il lui arrivait de sourire en évoquant la façon sans façons, tendre et désinvolte, dont elle l'avait aimé sans rien demander en échange. Le temps passant, il avait espacé ses coups de fil, puis cessé tout contact. La vie l'attendait, propice. Guy Kaddict s'était lancé à corps perdu dans la finance et ça lui avait réussi. Il était riche. Evidemment hostile à toute augmentation d'impôts qui aurait nui un tant soit peu à l'état de son compte en banque. Révolté par toute ingérence de l'Etat dans sa vie et farouche partisan de la liberté individuelle et du libéralisme, seul système à ses yeux capable de créer de la richesse et du bien-être. Après la réélection de Barak Obama, en 2012, il avait vécu un temps aux USA et constaté avec soulagement que malgré ses intentions socialisantes, le président démocrate ne pouvait pas aller trop loin dans ses projets de santé pour tous et de valorisation des populations noires et hispaniques. Trop d'intérêts s'y opposaient.

De retour en France, Guy Kaddict était décidé à défendre son pré carré avec la bonne conscience de celui qui pense être arrivé par ses propres mérites et considère les moins chanceux comme des assistés, des loosers qu'il serait immoral d'aider. Ces prétendus artistes payés à ne rien faire une bonne partie de l'année, ces enseignants râleurs toujours en vacances, ces postiers s'enrichissant à Noël en vendant des calendriers hideux décorés de chiens-chiens ridicules. Il avait applaudi la politique du président français qui avait imposé une drastique politique de réduction des prestations sociales et des salaires des fonctionnaires, pour aider les entreprises à redevenir compétitives et à créer des emplois... qui n'étaient pas venus et pour cause : que ce soit en France ou ailleurs, les biens ne se vendaient plus faute d'acheteurs, faute d'argent. A quoi bon la croissance s'il n'y a plus de débouchés ? Seuls résistaient les biens de luxe et les loisirs que s'offraient les 10% des populations qui en avaient les moyens dont Guy Kaddict. Il était donc heureux. Sa start up avait grandi grâce au travail forcené de jeunes diplômés embauchés à bas prix et néanmoins enthousiastes à l'idée que s'ils bossaient dur, ils en toucheraient forcément un jour les dividendes. Guy sourit de leur naïveté. Pourquoi leur donnerait-il davantage, puisqu'ils acceptaient de vivre avec si peu ? Pourquoi se priverait-il de cet argent qui lui permettait de gâter sa femme et son fils ? La famille, c'est tout de même la priorité, se disait-il, les pauvres n'ont qu'à se débrouiller entre eux, l'Etat n'est pas leur nounou.

Ce 8 décembre 2016, il reçut moult souhaits d'anniversaire via Fesse-bouc, mais fut déçu de ne trouver dans sa boîte aucune carte ni lettre comme celles qu'il recevait quand il était enfant. Faute de postiers, le courrier n'était plus distribué que deux fois par semaine. Il appela la Comédie Française pour réserver trois places: un répondeur l'avertit que le théâtre national était fermé depuis un mois faute de subventions pour boucler son budget. Il se souvint qu'il avait effectivement applaudi à la réduction du budget de la culture au profit de l'aide aux entreprises : « Enfin, on s'occupe des vraies priorités ! » Néanmoins, il fut contrarié de voir sa soirée compromise. Qu'à cela ne tienne, ils iraient à l'Opéra. Même message : faute d'argent pour assurer les salaires du corps de ballet, l'Opéra avait fermé ses portes pour une durée non précisée.

Guy Kaddict descendit acheter un journal. La liste des nouveaux spectacles et des nouveaux films était incroyablement réduite. La quasi suppression du statut des intermittents avait décimé les rangs des comédiens dont beaucoup avaient quitté la capitale pour vivre sous d'autres cieux où la vie serait moins chère. Partant, peu de choses nouvelles se montaient... De riches amateurs d'art s'insurgeaient contre cette misère culturelle : « On ne vit pas que de pain et de foie gras, disait l'un, l'humain a besoin de nourriture spirituelle, intellectuelle... Ou alors nous devenons des animaux. » Guy Kaddict se souvint que c'était l'argument des intermittents lors d'une de leurs grèves, plusieurs années auparavant : « la culture est vitale ». Ca l'avait fait rire : « Vitale ? Mais c'est l'industrie, les nouvelles technologies qui sont vitales. »

Son téléphone vibra, c'était son fils : « Impossible de venir pour ton anniv', je dois garder ma fille. -Elle n'est pas à la crèche ? - Tu sais bien que la crèche a fermé, la municipalité n'a plus les moyens de la financer. De toutes façons, il neige, la route est impraticable. - L'Equipement ne déneige pas ? - Papa, ce n'est plus l'Equipement, les autoroutes sont privées depuis des années, et on ne déneige pas les tronçons non rentables. -Prends le train ! -Impossible, la gare près de chez moi a été supprimée, la plus proche est à 10kilomètres ».

Devant chez lui, Guy Kaddict aperçut un attroupement. De la fumée sortait par une fenêtre. Il demanda si les pompiers avaient été appelés. On lui répondit avec aigreur qu'il n'y avait plus de service public du feu depuis fin 2015, le service était désormais privé et les tarifs doubles le week-end. « Qui va payer ? lui demanda quelqu'un. L'appartement en feu est inoccupé, c'est un court-circuit dans les communs ou une malveillance qui a mis le feu, les occupants de l'immeuble sont en train de se disputer pour décider s'ils acceptent de prendre ou non en charge l'intervention.

Guy Kaddict se souvient de l'adage : une seconde pour éteindre un feu naissant, une minute après une minute d'incendie, au-delà on ne garantit rien. Il regarda les flammes s'élever dans le ciel, entendit le craquement sinistre des vitres de son appartement et se dit que décidément, c'était un foutu anniversaire.

 


 

 

 

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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 09:02

glacier.jpgLa beauté est dans la justesse absolue, quand rêve et réalité coïncident. Tant de dépits et de regrets naissent du lancinant sentiment qu’il existe un gouffre entre la vie réelle et la vie rêvée. Vivre en porte-à-faux «  nuit grave  » à la santé. Certains médecins prétendent même que la plupart des dépressions viennent de cet écart entre ce que l’on pense et ce que l’on dit, entre ce que l’on dit et ce que l’on fait.

 

 

Réduire cet écart, traquer partout la justesse rendent la vie belle.

 

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Justesse des idées. Ne pas être dupe, résister à la tentation du lieu commun et de la théorie à la mode, derrière chaque concept lancé sur le marché «  les nouvelles amazones  », «  les nouvelles rencontres amoureuses  » «  les nouvelles lois du commerce  » chercher la justesse ou la manipulation. Qui cette idée sert-elle, quelles conceptions du monde, et au bout du compte, ces conceptions sont-elles les miennes ?

 

Elaborer ses propres valeurs, ne rien croire sans l’avoir soi-même expérimenté, donne à l’existence une saveur exquise, celle de dessiner soi-même les contours de sa vie pour en faire une création aussi belle que possible. Découvrir parfois que ce qu’on vous disait impossible était tout à fait possible, il suffisait d’oser. La peur déforme les traits, oser les embellit, l’audace rend l'âme joyeuse et les joues roses  !

P1000348.jpgJustesse des mots, jubilation de l’écrivain. Passer des heures et davantage devant une phrase qui a du sens, écrite en bon français, plutôt élégante et bien rythmée, mais dont on sent au creux du ventre que ce n’est pas encore cela. La relire, chercher, puis en désespoir de cause, aller marcher quelques instants dans une allée après la pluie, quand les rayons du soleil renaissant font surgir des effluves de la terre  : troublante odeur d’ozone des lendemains de pluie… On inspire et soudain vient l’inspiration, ce mot qu’on cherchait, qu’on avait au bout de la langue surgit comme une évidence, mot qui donnera à la phrase sa justesse et sa beauté. Il n’y a guère de sensation plus jubilatoire, à part peut-être le désir, le vrai. A différencier de l’envie, velléitaire, de l’excitation, organique, ou de la convoitise, intéressée.

Le désir est obstiné, gratuit, mystérieux  : pourquoi cet homme, cette femme, cette peau précisément  ? La réponse est limpide  : parce que. Point. D’une justesse confondante  : rien à expliquer ni à justifier. Justesse n’est pas justice.Il n’y a pas plus injuste que le désir, qui ne naît ni du mérite, ni des qualités de l’autre, mais d’une évidence  : cet autre entre en vibration avec moi, créant des harmoniques imprévisibles d’une beauté à rire et pleurer à la fois, musique de l’inconscient qui se révèle.

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Justesse de la musique soumise à des lois rigoureuses sous ses oripeaux d’artiste, ses fantaisies colorées, ses accords plaqués, ses arpèges glissant sur la peau comme des perles de nacre. Les notes parlent à nos cellules un langage précis. Selon les moments on sera d’humeur jazzy ou Schubert, assoiffé de rock flamboyant ou alangui par un fado où se mêlent sur le fil de la mélodie la joie et la mélancolie. Pure émotion, la musique touche parfois si fort qu’il faut l’arrêter avant que le cœur n’éclate, plonger dans le silence pour retrouver son calme.

 

 

Justesse encore, le silence et le temps. En cette ère bruyante et pressée, ils sont devenus un luxe d’autant plus absolu qu’ils ne s’achètent pas. A savourer très vite avant que quelqu’un, désemparé que les mots se soient tus, ne murmure  : «  un ange passe  ».

(fragments d'un texte écrit il y a plusieurs années. Avec des images pour le plaisir...)

 

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 17:25

Comme beaucoup d'entre vous sans doute, j'ai vu ce reportage sur France 2 :

http://www.dailymotion.com/video/xtswb8_jt-france-2-stage-non-remunere_news

avec la conclusion du juriste interrogé : « Ces agissements sont passibles de 3 ans de prison et 45000 euros d'amende. » J'espérais que ce reportage allait susciter des réactions en haut lieu, et puis rien. Pas de remous côté Ministère du travail ni Inspection du travail. Un ami auprès de qui je m'en indignais m'a répondu qu'avec 1 Inspecteur pour 28 000 salariés, les inspecteurs du travail sont débordés et ne se saisissent d'un dossier que si on les alerte.

Qu'à cela ne tienne, alertons. J'ai donc écrit une première lettre à Michel Sapin, Ministre du travail :

http://srv07.admin.over-blog.com/index.php?id=1344833694&module=admin&action=publicationArticles:editPublication&ref_site=1&nlc__=251351341037

lettre que vous pouvez librement copier et adapter pour l'envoyer à votre tour. Plus il sera alerté, plus il y aura des chances qu'il réagisse.

J'ai envoyé la même, adaptée à sa fonction, au Directeur Général du Travail en charge des Inspecteursdu travail :

jean-denis.combrexelle@dgt.travail.gouv.fr

Là encore, vous pouvez copier et envoyer...

On me dira : « Pourquoi fais-tu cela, tu n'es ni stagiaire ni en recherche d'emploi ? »

Parce que, tout simplement, je crois qu'il ne faut jamais laisser passer des agissements contestables, voire illégaux et que les outils existent pour cela, non violents et parfaitement légaux. Certes, on peut s'indigner, défiler dans la rue, regretter le temps d'avant qui était tellement plus social, s’inquiéter pour ses enfants et les aider... Tout ceci est bien, indispensable même, mais il arrive un moment où au-delà de l'indignation il faut défendre la dignité et cela passe par plusieurs choses :

  • prisonnier.jpgRefuser que soient banalisés les « emplois »pas ou trop peu rémunérés et les attitudes de mépris de certains employeurs. Le rapport de travail est un rapport d'échange : mes compétences contre un salaire décent, rapport sain et équilibré qui existe encore, mais de moins en moins. Du management par le stress à l'esclavage de clandestins, les rapports de travail tendent à se déshumaniser pour une raison simple même si parfois inconsciente : on a moins de scrupules à exploiter un être déshumanisé. D'où l'importance de s'affirmer en tant qu'être humain. Si vous acceptez le mépris, on vous méprisera, si vous mettez des limites courtoisement mais avec fermeté, on vous respectera. Je garde en mémoire le souvenir d'un greffier africain de notre père, qui avait lancé à un procureur général (blanc) entré en trombe sans frapper ni saluer dans son bureau : « Quand bien même vous seriez le Président de la République, ça ne vous dispense pas d'être poli ». C'est le Procureur qui s'est trouvé gêné et obligé de s'excuser...

  • Cesser d'avoir peur : la peur paralyse et fait le lit de la dépression. Par ailleurs on vous respecte d'autant plus que vous affirmez et défendez vos droits sans crainte. Deux fois dans ma vie professionnelle j'ai saisi les Prud'hommes. Tout le monde m'avait prédit que j'allais perdre mon emploi et ne plus jamais trouver de travail sur la place de Paris, le monde journalistique étant petit. Non seulement j'ai gagné les deux fois, mais je n'ai pas perdu une seule pige à cause de ces actions, et plutôt gagné le respect du DRH...

En France, nous disposons d'un Code du Travail et d'institutions qui permettent de faire respecter la loi... à condition de les utiliser, faute de quoi ces outils deviendront obsolètes, le Conseil des Prud'hommes a déjà été menacé de disparition à l'ère Sarkozy.

mai68.jpgTant que les gouvernants cèdent au chantage à l'emploi et accordent des réductions de cotisations sociales, tant qu'à l'autre bout de la chaîne, des jeunes qualifiés acceptent de bosser pour rien ou Peanuts, les entreprises n'ont aucune raison d'embaucher normalement. Difficile de forcer la main aux gouvernants, encore que... si nos ancêtres avaient raisonné comme ça, on n'aurait ni congés payés ni repos du dimanche. En revanche, si les stagiaires et autres précaires refusent en masse ces faux emplois, ils se feront entendre.

J'entend déjà les lamentations sur « la crise et l'absence de travail » Foutaise ! Sur le site Profilculture, à la rubrique « audiovisuel », j'ai relevé plus de 300 offres de travail de moins d'un mois, dont certaines marqué « urgent », preuve qu'il existe un vrai besoin. Mais sur ces 300 offres, il y avait 290 stages s'adressant pour beaucoup non pas à des étudiants mais à des diplômés, voire à des personnes ayant déjà quelques années d'expérience dans le secteur. Idem dans le secteur de la restauration et sans doute dans bien d'autres.

Les syndicats, les associations et les internautes peuvent soutenir et conseiller les précaires, mais c'est aussi à eux de relever la tête.

bandeauGénération Précaire, ne vous cachez plus derrière des masques quand vous défilez, montrez vos visages, affirmez que vous êtes l'avenir et que les entreprises ont besoin de vous et refusez les stages dès que vous n'êtes plus étudiant. C'est un risque? Quel risque? Les stages à répétition ne garantissent nullement une embauche prochaine comme on vous le fait miroiter : quand à 30 ans vous avez enchaîné 5 stages, l'employeur ne vous reconnaît aucune expérience mais sait en revanche que vous êtes docile et corvéable à merci... Pourquoi vous embaucherait-il ne serait-ce qu'au SMIC si vous acceptez de travailler pour 0 à 417 euros par mois ? Inutile de huelr à la mort, il suffit d'exiger le respect du droit commun, à savoir un vrai contrat de travail (CDI ou CDD selon les besoins de l'entreprise) sur la base minimum du SMIC non exonéré de cotisations sociales. Enregistrez discrètement vos entretiens d'embauche, ça peut servir...

_nergie.jpgSi tous les stagiaires de France cessaient le travail une semaine entière (c'est faisable, on n'a pas grand chose à perdre quand on gagne au mieux 417 euros par mois), bien des journaux ne sortiraient pas, des restaurants ne pourraient accueillir leurs clients, des sociétés de service tourneraient au ralenti... Leur impact économique serait aussitôt valorisé, évident, tout comme on s'aperçoit lors d'une grève de la Fonction Publique que ces fonctionnaires soi-disant inutiles sont indispensables. ( alors que l'absence de gouvernement en Belgique pendant 18 mois n'a nullement empêché le pays de tourner...)Ce serait jouissif, et diablement efficace pour retrouver l'estime de soi et la confiance indispensables pour s'en sortir.

 

 

 

 

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 14:28

Monsieur le Ministre,

Comme des millions de téléspectateurs et peut-être vous-même, j'ai vu ce reportage montrant les abus des employeurs en matière de stages non rémunérés et utilisés pour remplacer des emplois et non dans le cadre de stage emploi/formation.

http://www.dailymotion.com/video/xtswb8_jt-france-2-stage-non-remunere_news

A ma connaissance, la société incriminée n'a fait l'objet d'aucune poursuite alors que l'agissement du responsable du magasin est totalement illégal, passible de peines pouvant atteindre 3 ans de prison et 45 000 euros d'amende.

Il n'est pas besoin de proposer de nouvelles lois pour assainir le marché du travail, il suffit d'appliquer strictement le Droit du travail, sans céder au chantage à l'emploi. (d'ailleurs, quels emplois à propos de boulots précaires et non payés?). En revanche, si les employeurs qui utilisent les stages pour ne pas embaucher ont un sentiment d'impunité, ils n'ont aucune raison de changer de comportement. Ils ne peuvent dire qu'ils n'y a pas de travail, puisqu'ils ne cessent de recruter. J'ai vu le même cas sur le site Profilculture (rubrique audiovisuel) où 314 emplois étaient proposés en un mois... mais moins de 5 CDI ou CDD sur le total, que des stages! Or beaucoup des entreprises concernées sont loin d'être de petites structures précaires...

Je compte sur vous, monsieur le Ministre, pour demander à vos services de tout simplement faire appliquer la loi, et je vous serais reconnaissante de bien vouloir me faire part de la suite donnée à ce courrier, qu'en ma qualité de journaliste, je vais rendre public.

Recevez, Monsieur le Ministre l'assurance de ma considération.

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22 octobre 2012 1 22 /10 /octobre /2012 19:38

Il est né en 1948, enfant du baby-boom amorcé dans l'euphorie d'après-guerre et qui se poursuivra pendant plus de dix ans. Trois ans après l'armistice, les restrictions alimentaires sont presque oubliées, la France est dans une dynamique de reconstruction, de croissance, et le bébé de 1948 bénéficie des acquis du Conseil National de la Résistance: prestations sociales, assurance-maladie, suivi médical des enfants qui font des baby-boomers une génération pléthorique et costaude.

enfant 1958Grâce aux antibiotiques et aux vaccinations obligatoires et gratuites, grâce surtout à l'amélioration de l'hygiène, à une meilleure alimentation et aux logements enfin équipés de salle d'eau et de chauffage, la mortalité infantile tombe en flèche. Bien avant le vaccin, la rougeole qui tuait des milliers d'enfants chaque année (comme en Afrique aujourd'hui) devient une maladie infantile bénigne, avec une cinquantaine de décès par an pour 800 000 cas. Les vaccins n'amélioreront jamais ces statistiques de mortalité: ils feront baisser les cas de 90%, mais la mortalité restera scotchée à 30 à 50 décès annuels, il y a des chiffres incompressibles... Les parents des baby-boomers seront les premiers à ne pas considérer la perte d'un enfant comme un événement hélas courant.

de gaulle 51 (1)Baby-boomer va vivre le début de la 5ème république en 1958, les événements de mai 68, l'échec de l'Union de la gauche en 78, la seconde élection de François Mitterand en 1988, l'offensive Serbe au Kosovo en 98 et la crise financière en 2008. Parfois, il se demande pourquoi les années en “8” sont si importantes, mais il regarderait les autres, il s'apercevrait qu'elles sont toutes porteuses d'événements historiques, le “8” ne lui importe que parce qu'il est né en 48, le baby-boomer a une tendance narcissique qu'exacerbe le sentiment de faire partie d'une génération bénie mais si nombreuse qu'il va lui falloir se démener pour sortir du lot.

Dans sa première dizaine, c'est un enfant heureux, qui mange du chocolat au lait ou à croquer- pas encore de dizaines de variétés dans les linéaires- que des parents savourent après les horribles succédanés des années d'occupation. Il joue dans la rue sans crainte, se fabrique d'improbables véhicules avec un cageot et des patins à roulettes à lanières, se passionne pour le meccano, lit Bibi Fricotin et les Pieds Nicklés et fréquente la communale.

A quelques années près, il va échapper à la guerre d'Algérie et au service militaire qui, pour ses aînés, a duré 30 mois dans les Aurès. Il est la première génération à ne pas connaître l'angoisse de mourir au front.

Lalonde3 mai 68 AFPpour webMai 68 lui fait prendre conscience de sa puissance, quand quelques milliers de jeunes de son âge font trembler le pouvoir et impriment pour les années à venir d'autres façons de penser, de s'habiller, de faire de la musique et d'aimer. Il connaît la “parenthèse enchantée” avec pilule et sans SIDA. C'est la première génération- et la seule pour l'instant- à connaître une sexualité joyeuse et sans risque en compagnie de jeunes filles qui ont jeté le soutien-gorge et la virginité par dessus les barricades. Les magazines pour jeunes l'encensent et en font le modèle de référence. Dans les années 70, être jeune et révolutionnaire se porte bien, les baby-boomers s'emparent des moyens d'expression qu'on appelle bientôt les medias et ne les lâcheront plus, ils y sont encore aujourd'hui... Ce faisant, ils s'arrangeront pour ne jamais vieillir, présentant à chaque décennie les valeurs de leur génération comme la norme suprême.

99f2.jpgDans les années 78/88, décennie “fric” des années 80, les baby-boomers rendent populaires les “golden boys” qu'on n'appelle pas encore traders. Les jeunes politiciens de l'époque sont issus pour beaucoup des mouvements contestataires des seventies mais savourent sans complexes les délices de l'argent et des paillettes présentés comme modernes et innovants. “Vive la crise!” Baby-boomer est partagé entre la nostalgie des généreuses seventies et l'attrait des sunlights qui boostent les carrières. Entre les boomers de la capitale et ceux de province se crée un fossé, certains sont tiraillés entre les deux.

Il passe la quarantaine en 1988, un peu fatigué... Il a fondé une famille très jeune, a divorcé, s'est remarié, ou au contraire a convolé sur le tard et eu son premier enfant à 35 ans. Entre famille recomposée ou couches-culottes, baby-boomer a besoin d'une pause. C'est la décennie du “cocooning” que les medias- toujours babyboomés- présentent comme le nec plus ultra de la modernité dans des articles où d'anciens fêtards alcoolisés font l'apologie des “pasta-parties à la maison avec les copains.” Il est la première génération où les papas portent leurs bébés en kangourou avec fierté. Puisque les journaux parlent des “nouveaux pères”, ils en sont, c'est tendance... En jean et chemise blanche comme BHL, ou en total look de d'jeun's, c'est la première génération qui se sent ado à mi-vie, quasi immortelle puisqu'elle n'a jusqu'ici guère côtoyé la mort.

(il y a des exceptions, évidemment...)

images1998: fin du millénaire, guerre au Kosovo, naissance de l'Euro et premières rides marquées. Baby-boomer connaît son premier toucher rectal: “A votre âge, faut surveiller la prostate” explique laconiquement le praticien en retirant son doigt. A votre âge... Pour la première fois de son existence, baby-boomer réalise que le temps passe et il déteste cela. Heureusement, ses co-générationnels en place en politique et dans les medias gomment cette fâcheuse réalité, les uns en affichant à leur bras de jeunes donzelles, les autres en affirmant haut et fort que “la vie commence à 50 ans”. Même les femmes, vieilles à 30 ans chez Balzac, revendiquent la jeunesse du haut de leur quinquagénérité, des traitements contre la ménopause (qui n'est pourtant pas une maladie) et des bébés après 45ans. L'écart se creuse entre les babyboomers de condition modeste et les autres: les premiers ont vieilli plus rapidement que les seconds, le chômage les touche en premier.

nucl_aire.jpg2008: krach financier, panique à bord de la planète. Baby-boomer de 48, une fois encore, s'en tire bien. Il a juste assez de trimestres validés pour prendre sa retraite avant que la loi ne change, ce qui ne l'empêchera nullement de poursuivre une activité annexe pour “rester dans le coup” dit-il, sans aucune considération pour les 40/50 ans chômeurs qui piaffent à l'entrée de Pôle Emploi, attendant que babyboomer laisse la place. Il s'inquiète tout de même pour ses enfants, plus diplômés qu'il ne l'a jamais été et relégués dans des emplois précaires. Sa génération pléthorique a tout de la génération Attila. Après elle ne pousse pas un brin d'herbe. D'ailleurs l'herbe, l'eau et les ressources naturelles se raréfient, il en a profité et oublié qu'elles n'étaient pas inépuisables malgré ses défilés d'écolo des années 70 qu'il regarde aujourd'hui avec attendrissement et une certaine mauvaise conscience.

Mais voici que le ciel se couvre. Autour de lui, comme il dit, “ça dépote”: il apprend la maladie de l'un, le décès de l'autre. Pas vieux, souvent. Cancers, AVC, suicides... à 60 ans ou à peine plus. Mort démocratique qui touche les célébrités comme les inconnus. Il lui semble que sur le gâteau que la vie a toujours été pour lui, les bougies s'éteignent une à une. Avant de souffler la sienne, il aimerait bien se dire qu'il n'est pour rien dans le chaos d'aujourd'hui, mais il est honnête: qui d'autre que lui, que ceux et celles de sa génération, ont tenu aussi longtemps les rênes? Qui a laissé faire? Qui a profité, sinon cette génération qui voulait pourtant changer le monde et le rendre meilleur? 

fou3.jpgIl a de temps à autre des douleurs au réveil, s'inquiète d'une urine trouble, d'une toux qui s'éternise, d'une érection moins fringante... Il fait attention à son poids, à sa forme, fait du jogging, nage, a cessé de fumer et ne boit plus que du vin, autant dire plus d'alcool! Ses parents âgés de 85 ans ou plus le trouvent timoré: “A ton âge, on ne se trouvait pas un pet de travers tous les matins...” Il se demande comment font ses vieux pour ne pas être paniqués à l'idée de mourir sans doute bientôt. Lui y pense de plus en plus, il se dit que les quinze ans à venir seront celles de la décrépitude, il ne veut pas, il n'a jamais été préparé à l'idée de sa propre finitude ... Il se demande si ses anciens compagnons de route toujours au pouvoir ont les mêmes angoisses que lui et pourquoi ils mènent cette vie de fous, toujours le nez dans le guidon. “Justement, lui répond l'un, ça nous évite de penser à tout ça.”



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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 16:36

courage

arbres2On commence la montée en plaisantant, un chemin à peine escarpé semé de cailloux pacifiques, bordé d'herbes qui embaument. On devise en marchant, les jeunes du pays vous dépassent d'un pas qui sent les dizaines de balades dominicales sur le lieu, derrière soi on entend une ado maugréer « on est déjà venu il y a quinze jours ! ». Elle râle parce qu'elle avait prévu de retrouver son copain à Jaude, elle sort son mobile de sa poche, lui envoie un SMS tout en grimpant, reçoit le message en retour et sourit :il est là lui aussi, presque arrivé au sommet et lui donne rendez-vous au pied du temple de Mercure.

temple Neptune

montée déguisée

Du coup, elle accélère, elle vous dépasse, vous commencez à vous demander, ou plutôt vous ne vous demandez plus ce qui fait la forme olympique de l'ASM, équipe de rugby dont les supporters surexcités, en apprenant en 2010 qu'elle avait enfin remporté le Bouclier de Brennus, ont tant sauté de joie sur le parvis de la place de Jaude (oui, je précise la place, mais à Clermont on dit « Jaude » en ouvrant le ô entre « o » et « a ») qu'un miniséisme à été enregistré par les sismographes du coin. Sismographes, pourquoi ?

puy de dôme

Parce qu'en haut de ce chemin qui commence à se faire escarpé, il y a le Puy-de-Dôme, un superbe volcan Pelléen- ceux qui envoyaient des bombes et de la vapeur brûlante à des kilomètres du temps de leur jeunesse- mais aussi, plus loin, le Puy Pariou, le Puy Marie, le Puy de Sancy et tant d'autres... Une chaîne de volcans unique en Europe, et aux dires de certains vulcanologues, unique au monde par la concentration sur une surface régionale réduite de tous les types de volcans, ceux qui crachent de la lave, ceux qui forment cratère, ceux qui sont bombés du haut... Je ne suis pas spécialiste, mais écoutez les scientifiques en parler, ils sont aussi excités par la chaînes des Puys d'Auvergne que par un Egyptologue devant une momie nouvellement découverte.

http://www.chainedespuys-failledelimagne.com/ (voir la vidéo)

 

chaîne des Puys

Pour les Béotiens, l'émerveillement n'est pas moins grand : c'est un paysage à couper le souffle, un lieu où l'on sent combien la Terre est vivante et ses entrailles encore bouillonnantes, d'ailleurs tous les vulcanologues pensent qu'un réveil d'un de ces volcans est tout à fait possible, d'où les sismographes prêts à prévenir les Clermontois et alentours que ça y est ! Un Puy s'est réveillé... Mais pour l'heure, comme ils semblent paisibles, ces cratères aux courbes indolentes recouvertes de verdure, paisibles et cependant majestueux : on regarde, on respire l'air étonnamment pur, on se sent à la fois au bout du monde et au commencement des temps. Un dinosaure pointerait son museau derrière un bosquet qu'on ne serait pas plus étonné que ça tant on a la sensation, face à la chaîne des Puys, de contempler l'origine et le devenir de la planète.


lac d'Aydat2-copie-1

La chaîne des Puys est une des raisons d'aimer l'Auvergne, en plus des fromages, du rock, de la richesse culturelle de la région et du coq au vin de Chanturgues. Elle offre aux habitants des lacs de cratère certes un peu frisquets mais magnifiques, où il fait bon se rafraîchir en été, se promener à l'automne et au printemps. L'hiver, on se réfugie plutôt dans les maisons de pierre de lave, cette pierre noire, non pas de pollution comme ailleurs, mais des secrets du ventre de la terre. Un noir profond, ni sale ni lugubre. Les volcans donnent aussi la pouzzolane, minerai volcanique rose utilisé dans le bâtiment ou transformé en graviers colorés pour en parsemer les allées.

La chaîne des Puys est candidate à l'inscription au Patrimoine Mondial de l'Unesco. Son dossier de pré-sélection est présenté au Ministère de l'Ecologie en novembre 2012. Il faut le soutenir en allant cliquer à droite de la page sur le site : une chaîne de volcans unique en Europe et même au monde, cela ne vaut-il pas autant sinon plus que les rives de la Seine, le pont du Gard, le bassin minier du Pas-de-Calais, le port de la lune à Bordeaux ou la cathédrale de Bourges, déjà inscrits au patrimoine mondial ?

 

trop beau

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 14:15

lecture.jpgLes salons du livre sont légion et ne se valent pas tous. Quand les organisateurs croient que seules les vedettes médiatiques attireront le « grand public » (cette expression m'étonne toujours : y-a-t-il un petit public, versus un grand qui serait soit supérieur au petit, soit au contraire massifié, beaufisé ?) les visiteurs deviennent chasseurs d'autographes et de photos plus que d'échanges sur les livres ou l'écriture. Je me souviens avoir été ainsi mitraillée par une jeune femme au Salon du livre de Paris : elle déplaçait mes livres, les arrangeait à sa guise, me tournait autour avec son appareil, puis disparut subitement, sans m'avoir adressé un mot, après avoir fait sa moisson de clichés !

équipe gradignanGrâce soit donc rendu au 8ème salon « Lire en poche» qui s'est déroulé à Gradignan ce week-end dans la douceur du climat aquitain, quoique plus grisaillou que prévu. Ce salon municipal mobilise une année durant une équipe de quatre personnes, plus, le mois précédent l'événement, une multitude d'employés de la ville qui acceptent avec bonheur de se transformer en chauffeurs, hôtesses, logisticiens, manutentionnaires, animateurs... pour le plaisir de participer à un événement dont ils sont fiers et qui, selon l'expression de l'un d'eux « nous ouvre un autre monde tout en nous faisant découvrir les talents cachés de nos collègues. » Sans oublier les établissements scolaires étroitement associés à cette promotion de la lecture auprès des jeunes.

Teaser82741730Dans certains salons, l'auteur ne sait comment se comporter. S'il salue le visiteur, celui-ci s'éloigne prestement, voire décrit un large cercle dès qu'on lève les yeux vers lui. Si on garde les yeux baissés, certains prennent cela pour de l'indifférence et s'éloignent tout autant. Les auteurs connaissent alors les affres du vendeur en prêt-à-porter qui ne sait s'il vaut mieux laisser le chaland fouiller dans les rayons ou s'approcher : « Puis-je vous aider ? » avec le sentiment que le client s'agace: « Il cherche à me fourguer sa marchandise. »

« Lire en poche », centré sur le format poche, échappe à cette relation purement commerciale. Certes, les auteurs sont ravis qu'on achète leurs livres mais ce n'est plus simple question d'argent (les droits d'auteur sur un poche sont infimes), plutôt plaisir de voir que des personnes aiment ce qu'ils écrivent. Les visiteurs n'ont plus peur qu'on veuille vider leur porte-monnaie, car en poche, on se fait plaisir avec 5 euros, on est riche de lectures futures pour 20. Et comblé par la beauté de l'objet, car les « poches », désormais, ne sont plus un sous-produit du grand format imprimé serré sur du papier au rabais, mais de très beaux objets.

chatlit.jpgDu coup, fini le débat stérile sur « la fin programmée du livre papier face au numérique » ! A voir le plaisir des gens à soupeser un livre, le feuilleter, en caresser le papier- plus du tout au rabais, il y a du bouffant, du couché mat ou lisse, du bible, de l'offset- admirer des couvertures qui sont parfois de pures œuvres d'art, on constate qu'au-delà du contenu, l'objet livre est partie intégrante du plaisir de lire, et que ce plaisir lui-même diffère sensiblement selon le support : « Le numérique, c'est pratique en voyage, ou pour des textes techniques, mais pour s'évader dans la fiction ou l'Histoire, pour lire au lit, rien ne vaut le vrai papier. » Conclusion : cessons ces débats conflictuels et préservons le papier comme le numérique pour ce que chacun a d'irremplaçable.

atelier petitsIdem pour l'éternelle lamentation sur « les enfants qui ne lisent plus ». L'affluence des enfants et des ados sous le chapiteau consacré à la littérature « Jeunesse » prouve qu'on peut aimer les jeux vidéos ET la lecture, surfer sur Internet ET savoir encore ouvrir un dictionnaire, bref qu'au lieu de raisonner en opposition et exclusion, mieux vaut là encore raisonner en complémentarité. C'est peut-être moins excitant, mais c'est plus réel et plus constructif. D'ailleurs, les auteurs de littérature « jeunesse »- un secteur florissant de l'édition- annoncent des tirages à faire pâlir d'envie tous les auteurs...

autres_d_sirs.jpgA « Lire en poche », j'ai rencontré des lecteurs et lectrices qui aiment des romans pas forcément tête de gondole des supermarchés et posent des questions sur la façon d'écrire avec un réel intérêt pour la chose. Des lecteurs et lectrices qui vous disent pourquoi ils vous apprécient. Leur jugement m'a confortée dans l'idée qu'au lieu de sortir des bouquins formatés pour « répondre à la demande du moment », à faire des coups éditoriaux qui ne durent que le temps d'un engouement au détriment de ce qu'on appelle le fonds éditorial (les livres faits pour être lus et vendus au-delà d'un an)  les éditeurs auraient intérêt à stimuler et encourager ce que chaque auteur a de spécifique, et lui laisser le temps de trouver ses lecteurs. Des avis reçus, je retiens que ce qui plaît dans mes écrits est l'humour, capable de dédramatiser des sujets difficiles ou tabous, et l'émotion : « Vous aimez les gens comme vous aimez vos personnages, avec bienveillance ». Ca fait du bien à l'ego, et me donne du grain à moudre pour répondre aux sollicitations commerciales contraires à ma nature.

Enfin, quel plaisir de découvrir que les lecteurs de Gradignan, Bordeaux et alentours, bref du Sud-Ouest, aiment les écrits coquins, non pas avec trivialité mais avec un délicieux pétillement dans les yeux, à 20 ans comme à 75 et plus ! On ne saurait attendre moins d'une région où les vins sont des nectars et la gastronomie un savoir-vivre.

Seul bémol, le spectacle d'ouverture, un peu trop « conceptuel » et élitiste...

 

joueraumonde COUV4bis

Un bonheur ne venant jamais seul, j'ai trouvé à mon retour un mail de lecteur me détaillant longuement le plaisir et l'émotion qu'il avait éprouvés à la "dégustation"- c'est son mot- de "Jouer au monde",

son étonnement de se reconnaître dans certains personnages,  ses interrogations sur tel ou telle autre et sa demande de précisions sur le processus d'écriture, à laquelle j'ai immédiatement répondu.

Voici de quoi booster l'envie d'écrire, à rebours des doutes qui me saisissent parfois sur l'utilité d'aligner encore des mots,

des phrases, des idées, des histoires, dans un océan littéraire déjà débordant.

 

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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 13:35

mafalda1.JPGImagine, lui dit-il : entre 1960 et 2010, la productivité en France a quintuplé. Cinq fois moins de personnes suffisent pour créer autant de richesses qu'en 1960, où on ne vivait pas dans le dénuement, loin de là. Alors certes, en 2010 on a produit davantage qu'à cette époque, mais pas 5 fois plus. Conclusion: il est logique que les emplois disparaissent, parce qu'on a besoin de moins de gens pour produire.  Ca a permis de réduire le temps de travail, ce qui, jusqu'à ces dernières années, était considéré comme un réel progrès. En revanche, il y a plus de richesses qu'il n'y en a jamais eu sur terre, d'autant plus que la spéculation multiplie les sommes en circulation. Or 97% des échanges sur terre sont financiers et 3% seulement concernent ce qu'on appelle l'économie réelle. On croule sous l'argent! 

On ne cesse pourtant de nous répéter que les caisses sont vides. Alors, comme dirait Mafalda « il est où l'argent que les gens et les Etats n'ont plus ? »

600 milliardsDans les paradis fiscaux, dans la fraude fiscale (évaluée à 35 à 40 milliards d'euros par an) dans la faillite des banques en 2008: 800 milliards d'euros ont été déboursés en Europe pour « sauver les banques »qui avaient trop spéculé, moyennant quoi elles sont aujourd'hui florissantes et les Etats, donc les contribuables, qui se sont endettés pour les sauver ont la tête sous l'eau. Plus prosaïquement, en France, les exonérations de cotisations sociales, réductions d'impôts et niches fiscales ont coûté 100 milliards en dix ans. En dix ans également, 10% du PIB a été transféré des salaires vers les revenus du capital. Il y a des choses simples à faire pour remettre ce monde fou à l'endroit,  avec des propositions concrètes, immédiates et supportables, déjà en vigueur dans d'autres pays. Il suffit de revenir à un peu de morale, de cesser de prendre l'économie pour un casino royal et d'appliquer les lois existantes.

On pourrait donc assurer à tous les citoyens du monde un revenu de base sans qu'ils travaillent ?

Pas tout à fait. Ne pas avoir d'emploi ne signifie pas être oisifs. Beaucoup de besoins humains essentiels sont satisfaits hors de l'emploi salarié. L'exemple ancestral est celui de la mère au foyer : sans contrat de travail ni salaire, elle assure mille fonctions sans lesquelles la société ne survivrait pas. Il serait bien normal qu'elle ait un revenu de base qui lui donne l'indépendance indispensable pour maîtriser sa vie.

bonobosP1000871.jpgAutre exemple : les retraités passent-ils leur temps assis dans un rocking-chair à contempler tristement la rue ? Pas du tout ! 50% des bénévoles des associations sont des retraités, sans compter ceux qui gardent leurs petits-enfants, s'occupent de leurs très vieux parents, écrivent et partagent leur expérience, voient leurs amis... Ils n'ont pas d'emploi, mais ils sont indispensables à la société, qui ne fonctionnerait pas sans eux, et ils peuvent le faire parce que leur retraite les délivre de l'angoisse matérielle. Il a été calculé qu'un homme de 76 ans travaillant 8h par jour, soit 1/3 de sa journée, n'a consacré en fait que 12 à 15% de sa vie à son emploi si l'on déduit les vacances, les jours fériés et quelques périodes de maladie ou de chômage. Devons-nous fonder toute notre existence sur 15% de notre vie ?

Tu prêches une convaincue, mais je connais des cadres chômeurs bien indemnisés ou des retraités aisés qui ont le sentiment de ne plus exister parce qu'ils n'ont plus de statut social.

C'est bien pourquoi, même s'il est important d'agir au niveau politique, il faut soi-même changer son regard sur le monde et découvrir que la gratuité et l'affectif apportent plus de bonheur qu'un statut prestigieux, à partir du moment où la survie matérielle est assurée.

noisette1Dans le magazine où je bossais, j'avais fait un article où je demandais aux gens ce qui les rendait heureux ou malheureux. Heureux : « j'ai promené mon chien au parc et respiré l'odeur délicieuse d'herbe coupée », « une fille m'a souri, on a échangé quelques mots et nos numéros de téléphone », « il faisait chaud, je suis allée me baigner à l'heure du déjeuner » « En cours de maths, j'ai vu une lueur de compréhension s'allumer dans l’œil d'un cancre». Les malheurs étaient tous liés à la vie de fous qu'on mène, genre : « je conduisais sur le périph, mon mobile a sonné, j'ai répondu, la voiture devant moi a pilé, paf ! Je lui suis rentré dedans... Résultat : tôle froissée, en retard au boulot et PV pour pied bébénageurs.jpgavoir téléphoné en voiture, vie de merde ! » J'avais rédigé un encadré soulignant que le bonheur résidait très souvent dans des sensations gratuites et des rencontres humaines, qu'aucun interviewé ne m'avait dit qu'acheter le dernier Iphone l'avait rendu heureux, alors que les (petits) malheurs découlaient d'une vie où on se laisse déborder par le temps et les objets. L'encadré et les exemples de malheurs ont  été supprimés, le papier réduit à quelques interviews mineures titrées : « Vos petits plaisirs ». Je me suis dit que pour être ainsi censurée, j'avais dû toucher quelque chose d'essentiel qu'il ne fallait pas dire...

Effectivement, dans une société basée sur le matériel, c'est carrément sacrilège ! Pourtant, tu as raison : il y a 12 millions de bénévoles en France qui, lorsqu'on les interroge, racontent le bonheur de rendre service, de se sentir utiles aux autres. Ils font un boulot essentiel, qui n'est pas un emploi. Comme beaucoup d'artistes, sans qui la vie serait si terne, et qui devraient pouvoir créer sans l'angoisse du lendemain, d'autant plus que la culture est une des meilleures réponses à la violence.

La musique adoucit les mœurs... et la fréquentation énorme des musées montre que l'art est un vrai besoin.

cause-humaine.jpgjoueraumonde COUV4bisEt un plaisir ! Je prône le changement de société via le désir et le plaisir. L'écologie, si importante pourtant, a le tort de parler de façon restrictive : moins de ceci, moins de cela... en culpabilisant toute personne qui ne suit pas le dogme. Il faut insister sur le fait que jusque dans les années 70, on avait un mode de vie écologiquement soutenable et qu'on était plus heureux qu'aujourd'hui. Donner du sens à sa vie à travers des amis, des amours, des actions politiques ludiques, des jeux, une alimentation savoureuse et saine, des éclats de rire et des caresses, c'est faisable tout de suite.

Je me souviens d'un lecteur de 63 ans qui m'avait écrit: « Je n'ai su aimer qu'à deux périodes de ma vie. Quand j'étais étudiant,disposais de temps libre et ne pensais qu'aux filles, et depuis que je suis en retraite avec ma troisième compagne. Dans l'intervalle, j'ai bossé comme un malade, divorcé deux fois et rendu deux femmes malheureuses, sans parler de mes enfants que j'ai à peine vu grandir. Alors je propose une première mesure : quand on va dans une soirée, les gens vous demandent toujours « que faites-vous dans la vie ? » et attendent en réponse une profession. C'est mal vu de dire « rien » ou « chômeur ». Désormais, je leur demanderai « Que faites-vous de votre vie ? »

( Merci à Patrick Viveret pour cette conversation amicale et l'espoir qu'il sait stimuler)

 


 


 

 

 

 

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