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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 14:59

manneken_pis.jpgMonsieur le ministre,

Vous êtes à juste titre soucieux de la sécurité de tous les citoyens. C'est la raison pour laquelle, je tiens à porter à votre connaissance des faits survenus à Bordeaux- ville où j'ai des attaches et des projets professionnels- le vendredi 14 septembre vers 2h30 du matin.

Deux jeunes gens, F. et N. rentrent chez eux à pied. N. pris d'une soudaine envie d'uriner, se soulage entre une poubelle et le mur d'une résidence située 56 cours de l'Yser. Une voiture de police surgit, quatre policiers en sortent, l'un d'eux interpelle le jeune homme en lui disant qu'il est interdit d'uriner sur la voie publique. N. se rajuste et alors qu'il n'oppose aucune forme de résistance et présente ses excuses au policier, celui-ci lui donne un coup violent à la cuisse et le pousse vers l'arrière.

flics 5F. ami de N, demande aux autres policiers pourquoi leur collègue est aussi brutal et au lieu de lui répondre, les policiers s'en prennent violemment à ce jeune homme ni menaçant ni particulièrement athlétique. L'un d'eux le frappe au visage avec ses gants en cuir, puis ils se mettent à deux pour le plaquer au sol et le menotter dans le dos. Pendant ce temps, le premier policier dresse procès-verbal de 45 euros pour “épanchement d'urine sur la voie publique, art. R99 du règlement sanitaire”. Compte-tenu de l'attitude violente des policiers, N. refuse de signer le PV mais l'empoche pour conserver le numéro matricule de l'agent, puis il part chercher des témoins de la scène.

 

Un couple qui y a assisté ne souhaite pas témoigner mais aide N. à noter le numéro d'immatriculation du véhicule de police, tandis que les policiers embarquent F. toujours menotté. Le policier qui a dressé procès-verbal revient vers N. et le menotte à son tour avant de le jeter dans la voiture. En chemin, alors que N demande à F comment il va, le policier leur impose le silence, puis le trajet se déroule sous les railleries des fonctionnaires de police, persuadés que les deux jeunes gens sont ivres. Arrivés au commissariat, un des policiers empoigne N pour le faire sortir de la voiture et lui demande ce qu'il fait dans la vie. N. garde le silence, le fonctionnaire de police s'énerve et fait une clé de bras au jeune homme, jusqu'à faire craquer son épaule et faire tomber ses lunettes.

prisonnier.jpgJe vous résume la suite: déhabillage sous les quolibets des policiers, enfermement 6h en cellule de dégrisement sans qu'aucun éthylotest, n'ait mis en évidence le moindre abus d'alcool. Les deux jeunes gens reçoivent d'ailleurs la visite d'un médecin qui constate qu'ils ne sont pas ivres et fait un signe d'impuissance en voyant l'état des deux jeunes gens, à la fois épuisés et très choqués par le comportement des policiers. 

Lorsqu'ils sont enfin libérés, F. ne peut récupérer ni son téléphone mobile, ni une de ses chaussures, apparemment égarés par les policiers. Les deux jeunes gens signalent aux agents de garde le matin qu'ils ont été insultés et maltraités et ne reçoivent en réponse qu'une indifférence totale. Sur les conseils de leurs amis, dont je fais partie, ils vont faire constater par un médecin les brutalités subies et disposent donc de certificaux médicaux et de photos les attestant. Par ailleurs, N. souffrant à 25 ans d'hypertension sévère, le comportement des policiers lui a provoqué une brusque poussée hypertensive qui s'est maintenue plusieurs jours malgré les médicaments. Trois jours après les faits, il restait extrêmement choqué, avec des maux de tête, des insomnies et la crainte de sortir, même de jour.

lego_monstre2.jpgVotre souci de la sécurité, Monsieur le Ministre, implique effectivement que les fonctionnaires de police dont vous avez la charge soient efficaces, mais ne les autorise nullement à avoir des comportements de “cow-boys” envers les personnes qu'ils contrôlent: le tutoiement systématique, le menottage, les insultes, les humiliations et les coups ne sont pas admissibles, a fortiori lorsque les interpellés sont des personnes ne présentant aucune menace pour les policiers ni pour l'ordre public. C'est pourquoi, par cette lettre ouverte, je vous demande que l'Inspection Générale des Services (IGS) soit saisie de cette affaire et que les policiers en cause se voient rappeler avec la plus grande fermeté que leur fonction est incompatible avec des comportements qui, loin de garantir la sécurité des citoyens, soumettent ceux-ci à des contrôles et des brutalités arbitraires.

J'adresse copie de cette lettre à M. Alain Juppé, maire de Bordeaux dont chacun connaît le souci de faire de sa ville une cité attractive et la publie également sur internet http://fsimpere.over-blog.com

En vous remerciant de l'attention que vous porterez à cette lettre et de la suite dont vous me tiendrez informé par vos services, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre en ma parfaite considération.

 

jerry-pense2.jpg


      "Je préfère les chats aux chiens car il n'y a pas de chats policiers."

Jean Cocteau

 

 

 

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 16:40

Cher Dieu,

communion privéeQuand j'étais petite, j'aimais tellement aller au catéchisme que je fréquentais deux cours, celui des petits et celui des moyens et allais à confesse chaque semaine raconter des broutilles du genre « j'ai oublié ma prière du matin ou du soir » ou « je me suis disputée avec mon frère», car à part cela, je n'avais guère à me reprocher, petite fille plutôt sage et sans histoires. Quel ne fut pas mon étonnement d'entendre le prêtre me poser des questions sur « les vilaines choses » que j'aurais pu commettre, et m'interroger longuement sur ma « pureté », concept dont à 7 ans j'ignorais tout. Ma mère, furieuse, alla engueuler le curé car elle ne comprenait pas qu'il pût mettre des idées vicieuses dans la tête des enfants. Eh oui, le sexe dansles années 60 était le vice absolu, à tel point qu'une de mes camarades, pensionnaire dans un collège de bonnes soeurs se voyait ordonner le jeudi à la promenade, lorsque le cortège des filles en rang croisait celui des garçons en rang : « Baissez les yeux, mademoiselle, voilà le péché qui passe ». J'ai donc su très tôt que la religion catholique- et les autres aussi, mais je l'ai su plus tard- sont obsédées par le sexe et profondément misogynes, à l'encontre des enseignements du Christ (que celui-ci ait été homme ou Dieu, peu importe) qui ne négligeait pas la compagnie des femmes, de préférence filles de joie.

communion solennelleEn 15 ans, j'ai tout fait : baptême, communion privée, confirmation, communion solennelle aujourd'hui appelée « renouvellement des promesses du baptême » et même renouvellement du renouvellement l'année suivante. Plus un chouïa de scoutisme avec la promesse des Guides prononcée face au drapeau français : « Sur mon honneur et avec la grâce de Dieu, je m'engage à servir de mon mieux Dieu, l'Eglise et la patrie, à aider mon prochain en toutes circonstances, à observer la loi des guides. » Loi qui nous enjoignait d'être... pures, évidemment, mais également loyales et généreuses, ce qui me plaisait davantage. 

 guidouille renouvellementTout ceci pour vous dire que je n'avais a priori rien contre vous. En revanche, je ne comprenais pas qu'on présente comme infiniment bon un Dieu si incapable de pardonner qu'il préfère faire tuer son fils pour « racheter le péché d'Eve », et méprise totalement le désarroi dudit fils pleurant au Jardin des oliviers à l'idée d'être crucifié. S'il était si bon et puissant, il lui suffisait de dire « allez, on efface tout et on refait un monde paradisiaque, non ? » Ce genre de rebellion énervait l'aumônier, qui m'enjoignait de « croire et arrêter de raisonner ». J'en conclus que le péché suprême, pour eux, ce n'était pas de tuer ( cf les guerres de religion, croisades, meurtres de l'Inquisition, sorcières brûlées et autres fous de Dieu qui assassinent l'infidèle au mépris du tout premier commandement : « Tu ne tueras point. ») mais d'essayer de comprendre, de savoir. Le savoir, c'est le pouvoir, d'où la volonté des gens d'Eglise de le garder. Longtemps ils furent les seuls à savoir lire et écrire.

verneuil4En Afrique, j'ai été bouleversée par le racisme de religieuses tapant l'une contre l'autre deux têtes de petits africains qui avaient raté leur dictée : « Ca sonne creux dans ces têtes noires! ». En histoire, j'ai lu avec frissons les massacres des Indiens qu'on embrochait par douze (en souvenir des douze apôtres, si, si!) lorsqu'il refusait de se convertir à la religion chrétienne. En philo, j'ai constaté la misogynie crasse d'hommes vénérés comme St Paul, St Augustin et à peu près tous les papes... « A 16 ans, enfin, constatant que j'allais à la messe essentiellement pour retrouver les copines, leur raconter mes chagrins d'amour et pleurer tout mon saoul dans l'ombre discrète des piliers de l'église, j'ai cessé de pratiquer... et constaté que cela ne changeait absolument rien aux valeurs de tolérance, d'ouverture, d'honnêteté et de justice qui sont les miennes et que j'ai retrouvé chez moult personnes ni religieuses ni même baptisées, mais passionnées par l'être humain et la vie sur terre. Quel soulagement, enfin, d’œuvrer pour le bonheur ici bas au lieu de glorifier sans cesse la souffrance sur terre et la résignation au nom d'une hypothétique vie éternelle dans l'au-delà ! Quel plaisir que la laïcité vraie, qui reconnaît à chacun le droit de croire ce qu'il veut, pourvu que cela reste du domaine privé et ne soit pas contraire à la loi laïque commune.

Aujourd'hui, je suis donc simplement laïque et déplore qu'il n'existe aucune émission consacrée à la laïcité et à ceux qui croient en l'être humain plutôt qu'en un ou des dieux. (L'union Rationaliste n'est pas agnostique, mais athée, ce qui peut devenir une autre forme de religion...) Je voudrais à ma mort un rituel joyeux et républicain que j'arrangerais comme je le souhaite, avec des textes et de la musique choisis par moi, et je déplore qu'aucune salle municipale n'existe à cet effet : on s'enterre à l'Eglise si on souhaite que les amis viennent vous saluer, sinon, c'est la quasi clandestinité d'un funérarium sinistre... Mes filles ne sont pas baptisées, mais je leur ai toujours raconté les aventures du petit Jésus, sauce évangile bon teint ou sauce Cavanna, selon mon humeur.

4589940873 471b8afed5 o (2)Tout ça pour dire- mais chacun l'a deviné- que je n'en peux plus d'être envahie journellement par les religions dans les médias, dans les rues où se font les prières et dans les églises qui s'équipent de haut-parleurs et infligent leurs cantiques à tout le quartier... Chrétienne, juive ou musulmane pour ne parler que des principales, toutes les religions ont vocation à la conquête, toutes cherchent à asseoir un pouvoir, toutes accumulent des richesses données par de pauvres gens à qui on promet le paradis après leur mort, toutes cherchent à soumettre les femmes au besoin par la force, toutes, dans l'histoire- exception faite de quelques religieux « rouges »- ont pris le parti du roi plutôt que du manant, en inculquant au manant la résignation à son sort. Le peuple français a choisi d'être laïque en 1789, dans les années 1970, la religion restait présente dans les familles mais avait quitté le domaine public et voici que depuis quelques années, rien ne se décide en haut lieu sans qu'une religion ou l'autre pousse des hauts cris : voile à l'école, mariage homosexuel, contenu des manuels scolaires... elles veulent intervenir sur tout, lobbies d'autant plus puissants que les critiquer est aussitôt qualifié de blasphème.

Si Dieu existe, cela ne me dérangerait aucunement, ce serait une affaire entre lui et moi et je gage qu'il préférerait une pécheresse comme moi à tant de bons bigots de tous bords qui ont semé le sang et le désespoir. Et s'il n'existe pas, ce qui ne me dérangerait pas davantage, quel malheur de faire des guerres, de s'entretuer et de s'empêcher de vivre heureux pour une illusion ! 

 

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 10:55

sankara.jpg

parce que d'abord, si nous ne payons pas, les bailleurs de fonds n'en mourront pas, soyons en sûrs. Mais si nous payons, c'est nous qui allons mourir, soyons-en sûrs également. » Cette phrase d'une brûlante actualité a été prononcée dans les années 1980 par Thomas Sankara, qui dirigeait alors le Burkina-Faso, ex-République Centre-Africaine. J'ai déjà eu l'occasion de parler de cet homme qui avait choisi le nom du pays Burkina-Faso qui signifie « le pays des hommes intègres » et imposait à son peuple une rigueur et une honnêteté peu courantes en politique. Les Burkinabé lui devaient l'éducation et le logement gratuits, des centres de santé, et une amélioration considérable du statut de la femme. Sans oublier la culture, avec un rayonnement international, comme le Festival Panafricain de cinéma et de télévision à Ougadougou, et à Bobo-Dioulasso, des rassemblements de musiciens venus du monde entier étudier les percussions africaines. Il a été assassiné il y a presque 35 ans, le 15 octobre 1987. Relisez le billet que j'ai écrit en 2007, il prouve au moins que j'ai de la constance dans les idées... et qu'en 5 ans, hélas, rien ne s'est arrangé par rapport à ce que j'écrivais alors. La conclusion est quasi la même que celle de ce billet.

L'Afrique ne se résume pas à un éternel débat sur les bienfaits ou les méfaits de la colonisation, ou à des reportages misérabilistes sur les famines, les conflits ethniques ou la corruption des dirigeants. Tout ceci existe, bien sûr, comme ailleurs dans le monde. En revanche, ce qui est rarement mis en valeur est le dynamisme de ce continent dont beaucoup de pays connaissent de forts taux de croissance malgré le pillage de leurs ressources naturelles par certaines multinationales  la joie de vivre des populations qui frappe tellement les touristes, étonnés qu'on puisse avoir l'air heureux en possédant si peu, et un art de trouver une utilité à tout objet, même périmé, même abîmé et de faire bruyamment la fête à la moindre occasion.

diaspora-web.jpgPour découvrir cette Afrique qui bouge, cette Afrique moderne et positive, précipitez-vous sur le parvis de l'Hôtel de Ville à Paris où se tient jusqu'au 16 septembre seulement, quel dommage ! une exposition de panneaux passionnants sur ce que devient l'Afrique depuis les indépendances de ses pays (avec quelques références à la période coloniale pour expliquer le cheminement). C'est tonique, surprenant et positif dans une France qui ne cesse de se lamenter et de croire que la fin du monde est arrivée alors que c'est juste la fin d'un monde, pas forcément si idyllique, qui se profile. Après l'Occident, l'Asie conquiert aujourd'hui la planète, mais comme le prévoit Jean d'Ormesson- oui, le ravi de la vie dont l'humour et la culture non bling-bling font qu'on lui pardonne presque d'être de droite- Jean d'Ormesson, donc, prévoit qu'en 2050, l'Afrique sera à son tour le continent où il faudra être, « the place to be » comme disent les snobs.

Allez-y, ça stimule le moral. Moi, ça m'a émue de retrouver dans certains panneaux des bribes d'enfance et de jeunesse: Gabon, Sénégal, Niger, Burkina-Faso, Côte d'ivoire, Bénin... tous ces pays parlent en moi, je connais encore par cœur le « tcha-tcha de l'indépendance » qui se chantait en 1961 et j'ai encore en mémoire les mots de mon père, bouleversé par l'assassinat de Patrice Lumumba, charismatique leader politique au Congo : « Pour une fois qu'ils avaient un type bien, capable de faire passer le pays de la colonisation à la démocratie, ils l'ont tué, quel gâchis ! » « Ils », on l'a su des années plus tard, c'était les dirigeants Belges de l'époque, soutenus par la CIA qui craignait que le Congo ex-Belge devînt communiste. Toujours la même obsession. Cette obsession qui a abouti au Congo-Kinshasa puis à la République Démocratique du Congo, aujourd'hui l'un des pays les plus dangereux au monde, et qui a poussé tant d'autres dans les bras de l'intégrisme religieux.

 

affiche intouchables

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 12:55

stress.jpgIl n'aura pas fallu longtemps pour réentendre l'antienne sur le coût du travail qu'il faut absolument réduire pour que les patrons puissent embaucher. Plus de vingt ans pourtant que réductions ou exonérations de cotisations sociales, défiscalisations et autres cadeaux aux employeurs n'ont pas freiné la montée du chômage, mais permis l'enrichissement d'une poignée d'actionnaires, de quelques patrons et de beaucoup de spéculateurs pour qui jouer avec la faillite des entreprises, des peuples et des États tient lieu d'art de vivre.  Mais relayée par les médias, cette croyance aveugle en un discours qui prouve chaque jour  qu'il est faux perdure. Conversation surprise cet été : « J'ai lu quelque part que PSA fait entre 300 et 500 euros de marge par véhicule, comment voulez-vous qu'ils s'en sortent avec le coût du travail en France ? Il sont bien obligés de licencier ! A deux pas, B... autre convive, opine. Lui n'a pas ces soucis, il travaille pour une firme automobile allemande florissante : « Cela dépend des véhicules, mais nos marges sont de l'ordre de 5000 euros par exemplaire. Un troisième, C,  l'interroge : « Vous produisez à l'étranger ? -Pas du tout ! Excepté un utilitaire fabriqué en Pologne, tout est fabriqué et monté en Allemagne. -C'est étrange, remarque C, le coût du travail en France et en Allemagne est très comparable, comment se fait-il que vous puissiez dégager autant de  marge ?  - C'est normal ! s'écrie le premier convive. Vous faites du haut de gamme, on gagne davantage sur le haut de gamme. -Sans doute, sourit C, mais qui empêche PSA de faire du haut de gamme ? Si c'est le résultat d'un choix stratégique, l'erreur vient de la direction, pas du coût du travail ni des salariés à qui ont fait payer le prix de cette erreur. De plus, même avec du bas de gamme on peut faire des bénéfices, voir les bons résultats de Renault avec les Logan... » 

Le mieux pour y voir plus clair était de discuter avec des salariés de PSA, des gens de terrain qui observent depuis des années ce qui se passe dans leur entreprise.

ouvrier à la chaîneEffectivement, le haut de gamme n'est pas le point fort de PSA, les grosses cylindrées Peugeot ne font pas rêver les amateurs de belles et puissantes voitures. L'entreprise a donc ciblé la moyenne gamme. Bon choix apparent, les classes moyennes étant un marché important.  Sauf que les décideurs de PSA répugnent à l'idée de concevoir la voiture de Monsieur Tout-le-monde. Ils ont donc misé sur  des véhicules moyens mais pourvus de finitions plus luxueuses que l'offre habituelle dans cette gamme. Problème : sur une voiture, ce sont les équipements qui font grimper le prix, surtout quand tout est sous-traité. Le sous-traitant, c'est logique, prend sa marge... qui réduit celle de PSA. Face à la concurrence des autres marques proposant des voitures simples et peu chères, bien adaptées à un marché en crise, PSA n'a pas fait le poids par rejet « idéologique » de la notion de low-cost. Autre erreur : avoir trop misé sur le diesel, que chérissent effectivement les français... mais ils sont les seuls. Les firmes étrangères, flairant que les normes environnementales européennes allaient marginaliser le diesel, ont travaillé sur des moteurs moins polluants, des voitures hybrides, une offre plus variée, bref ont travaillé pour le futur quand PSA s'attachait au marché français à  un instant T.

205-planete-205.jpg404.jpgMais qu'on se rassure, tout ceci n'a pas grande importance pour les dirigeants de la société. Il y a beau temps qu'ils savent que le marché automobile est appelé à se concentrer de plus en plus. Talbot, Citroën, Panhard ont disparu, absorbées par plus gros qu'eux, dont Peugeot...  8000 suppressions d'emplois font l'effet d'une bombe, mais dans la réalité, il y a beau temps que peu à peu, par suppressions de postes au profit d'intérimaires, puis suppression d'intérimaires, chômage partiel et « flexibilité » accrue, PSA a réduit sa masse salariale de plusieurs milliers d'équivalents-postes. Le constructeur est aujourd'hui allié à General Motors, David français contre Goliath américain (il y a peu en faillite mais renfloué par le contribuable US). Un jour prochain sans doute ne subsistera de la marque française qu'un logo et la nostalgie d'une excellence,  celle des « Pigeot 404 » ou de la petite « 205 » chouchoutées par leurs ultimes propriétaires. De toute façon, les billes du capital PSA sont déjà réparties pour l'essentiel ailleurs, dans d'autres activités, notamment financières... 

Sauver l'industrie automobile? Beau discours, quasi impossible à réaliser. Déjà, obtenir un plan de reclassement convenable implique un rapport de forces favorable aux salariés, c'est-à-dire avec un soutien courageux du pouvoir politique. Or, il n'aurait fallu que très peu de courage pour respecter la promesse du candidat Hollande de doubler le plafond du livret A, ce qui aurait apporté un souffle de trésorerie bienvenu, au logement social notamment. Mais pour ne pas déplaire aux banques qui s'inquiétaient d'un possible transfert de fonds alimentant leurs  produits financiers vers le livret A, la chose se fait progressivement, craintivement... Rappeler que juridiquement toute heure travaillée doit donner lieu à cotisations sociales, qui sont un salaire différé et non une charge ne demanderait qu'un tout petit courage, mais au lieu de cela des élus dits « de gauche » vont caresser le MEDEF dans le sens du poil en affirmant que « le coût du travail n'est pas un sujet tabou ». Honte aux politiciens qui ne cessent de vouloir « rassurer les marchés », refusent de séparer banques de dépôts et banques d'affaires, tout en hurlant à l'irresponsabilité de ceux qui réclament un SMIC à 1500 euros.  Honte aux instances européennes qui ne bronchent pas lorsque sont mis à la tête des gouvernements Italien et Grec ainsi que de la Banque centrale européenne des anciens de la banque Goldman Sachs.

Mario-Draghi.jpgtrichetA cet égard, le succès de l'excellent documentaire sur  la banque Goldman Sachs, (rediffusion le 19 sept à 10h25,  le 25/09 à 2h45, ou visionnage sur le site d'Arte) témoigne de l'exaspération croissante des citoyens vis-à-vis des pratiques financières. Cette banque américaine responsable en grande partie de la faillite de la Grèce et de la crise de 2008, a été exonérée de toute responsabilité par les juges Etasuniens. Paralysés sans doute par la puissance de Goldman Sachs qui a patiemment placé ses pions, des hommes tout acquis à la banque, dans les sphères politiques, les instances internationales et les médias. Au point que son PDG se prend pour Dieu... et qu'on voit avec stupéfaction dans le film la peur envahir le visage de Jean-Claude Trichet quand un journaliste lui demande de parler de son successeur Mario Draghi, ex-Goldman Sachs, à la direction de la banque centrale européenne. C'est le regard d'un homme ayant un revolver de mafieux pointé dans le dos. De fait, Goldman Sachs a emprunté à la mafia l'art de tisser une toile et l' absence de scrupules...


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1 septembre 2012 6 01 /09 /septembre /2012 15:51

dame-paris_-ks79502.jpgUn bel après-midi d’août, rue de la Montagne Ste Geneviève, il faisait un temps idéal, chaud mais pas caniculaire, une brise douce. A la devanture d’une boutique, une pancarte saugrenue m’a fait éclater de rire. Instant de pur bonheur solitaire. Tout à coup, entre la pancarte et moi, j’ai eu la vision de cette pancarte photographiée sur ma page Facebook accompagnée de la mention « Françoise Simpère a partagé une photo »… Je n’y avais pas même pensé, je n’ai pas le réflexe photo, beaucoup des instants que je vis restent en moi, ou à la rigueur sur un carnet de notes personnel. Parce que beaucoup de ce que l’on vit reste impartageable. Même si on le raconte, on n’exprime que 60% de ce qu’on voudrait exprimer, et l’autre ne saisit que 60% de ce qui est dit, soit 36% de vrai partage, c’est peu… Et puis, pourquoi vouloir tout dire et tout montrer à tout le monde, « poster » la vidéo de sa gamine ânonnant une chanson pour que 19 millions de personnes la visionnent, comme je l’ai entendu dans un reportage ? Cela rappelle ce personnage de Wolinski exhibant fièrement à son modeste voisin : « ma maison, ma voiture, ma piscine, ma femme… » et l’autre se retournant : « Mon cul ! »

Je crois que c’est ce jour là que j’ai décidé de délaisser Facebook. Car si l’association « joli moment »/ Facebook s’était faite aussi aisément, c’est bien parce que chaque jour en ouvrant ma page, je voyais des personnes partager sur le mur des bouts de leur vie, de la vie du monde, de la vie des autres, de leurs lectures, des films vus, surabondance de faits importants ou insignifiants si confondus au mépris de toute hiérarchie dans l’intérêt ou l’émotion, que j’ai sursauté le jour où j’ai appris sur ce mur le décès d’un ami- un vrai, pas un simple « ami FB »- au milieu de vidéos rigolotes, d’appels à signer une pétition et de nouvelles du régime suivie par une internaute dont chaque gramme perdu faisait l’objet d’un post. A niveler ainsi, on perd la notion de ce qui compte ou pas, le narcissime des uns faisant part égale avec la générosité des autres, un événement aux lourdes conséquences ne tenant pas plus de place qu’une blague « lol ».

Il y a de toutes façons des instants de vie impossible à partager, même avec des amis intimes. A fortiori avec des « amis FB » dont pour dix réellement connus- et fréquentés ailleurs, par mail, blog ou rencontres réelles- 40 restent à l’état de contacts virtuels. Il est des moments si forts qu’on a envie de les préserver. Préserver l’indicible, comme un trésor au fond de soi. Qui émergera peut-être un jour, furtivement, dans une page de livre, reconstruit à travers l’écriture… Ou qui restera à jamais secret. Chaque être en mourant emporte avec lui une part de soi que personne ne connaît, pas même lui parfois. Ce qui n’est pas grave. Un peu d’inconnu et de mystère reste plus désirable qu’une relation permanente de ses moindres faits, gestes et états d’âme à des milliers d’inconnus.

pianiste-rue001.jpgJe ne dois pas être la seule à l’avoir constaté puisque, paraît-il, de plus en plus d’internautes délaissent FB et autres réseaux sociaux en en dénonçant « l’ennui » et « le manque d’intérêt ». J’y ai gagné- est-ce un hasard ?- du temps, du calme et une sérénité bien plaisante. Ce mois d’août fut décidément délicieux. Tous ne l’ont pas été. Qu’est-ce qui l’a rendu plus délicieux que d’autres ? Difficile à dire, on ne sait pas toujours pourquoi on est heureux. Ni malheureux d’ailleurs. Faut-il absolument une raison ? En voici une, glanée hier : entendre et voir jouer un pianiste de rue doté d’une telle fougue, d’un tel amour de sa musique- il compose presque tout ce qu’il joue- que les passants s’arrêtaient, visages illuminés… La musique est un cri qui vient parfois de l’extérieur ( J ) mais touche l’intérieur. Rien de plus à dire, il fallait y être. Il s’appelle SteveVilla –Massone et je ne suis visiblement pas la seule à avoir été touchée par sa grâce, vu le nombre de vidéos d’amateurs trouvées sur Internet.  J’ai préféré lui acheter son CD.

 

 


 

 

 

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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 23:08

 langues.jpg« Allumez le gaz et faites revenir dans l’huile » devient un lapidaire mais encore compréhensible « Ouvrir l’huile et frits », après passage par trois ou quatre langues via un logiciel de traduction tandis que : « Caressez-moi le clitoris, Jean, et je vais jouir » se transforme, après passage par l’anglais, le japonais, le russe et l’allemand, en : « J’aime les jeans caressant le clitoris. » Sachant que « Le jeune homme au téléphone » a été traduit aux Pays-Bas et « Les latitudes amoureuses » au Japon, je me demande quel étrange érotisme a été proposé aux lecteurs hollandais et nippons si l’éditeur a fait  l’économie d’un traducteur, un vrai! Plus réjouissant encore, l’exemple cité par Alex Taylor dans son délicieux ouvrage « Bouche bée, toute ouïe », qui partant d’un sérieux « L’esprit est consentant mais la chair est faible » aboutit, à « La vodka est bien mais la viande laisse à désirer.» Lisez cet ouvrage, il informe plus sur les relations entre les peuples que bien des manuels d’ethnologie, de façon mille fois plus drôle...

Les langues sont en effet la génétique d’un peuple,  et comme la génétique, beaucoup moins simpliste qu’on ne l’imagine. De même qu’un gène= une maladie a été battu en brèche par certaines maladies qui ont besoin de plusieurs gènes pour s’exprimer, ou par l’anomalie d’un seul gène donnant naissance à des pathologies différentes, un mot= un mot est une vision étriquée de l’art ô combien subtil de la traduction. Lorsque nous ne disposons que du verbe « aimer » pour exprimer la passion amoureuse, l’affection pour nos proches et nos amis ou le goût pour le chocolat, les Grecs, entre autres, disposent de plus de 10 mots pour exprimer les différentes formes d’attachement. Pour refuser nous disons « non »ou au mieux, faisons nôtre l’adage : « Quand un diplomate dit « oui », cela veut dire « peut-être », s’il dit « peut-être » cela veut dire « non », et s’il dit non… ce n’est pas un diplomate. Pour une femme du monde, c’est le contraire. » Au Japon, il y a tant de façons délicates de refuser, qu’un livret s’intitule : Japon : 16 façons de dire « non ».

dos_a_dos.jpgTraduire, ce n’est pas simplement rendre compréhensible un texte, c’est aussi en exprimer l’âme, le style, la couleur… qui diffèrent selon les langues et les peuples,  n’en déplaise aux tenants de la mondialisation qui voudraient tout uniformiser en faisant fi des « exceptions culturelles ». Est-ce un hasard, ou l’expression de ce qu’on appelle la démesure et le romantisme slave, s’il existe un mot en Russe, « toska » exprimant selon Nabokov « une angoisse spirituelle dans tout ce qu’elle a de profondeur désespérante qui vient de nulle part » ? Si les Tchèques désignent sous le nom de litosht « un état tourmenté qui surgit lorsqu’on se rend compte de sa propre misère, agrémenté d’une bonne dose de remords et de deuil. » (Kundera) Le sentiment, en somme, d’un homme venant de tuer ses deux parents et réalisant qu’il est orphelin… Quel logicien saurait trouver la périphrase adéquate pour exprimer de si complexes états d’âme ? Et quid de la saudade Brésilienne : « la saudade …exprime un mélange de joie et de tristesse… C’est par exemple le sentiment qui envahit l’âme d’un paysan contemplant sa maison emportée par le fleuve un jour de cyclone. Il est triste pour la maison, mais la fureur du torrent est si belle, la violence du vent si enivrante… «  (Jouer au monde, p.92, décidément il y a tout dans ce livre J )

J’ai récemment relu les « Chroniques de San-Francisco » de Armistead Maupin, grand succès des années 80. Certains volumes m’ont captivée, d’autres me sont tombés des mains. En y regardant de plus près, je me suis aperçue que seul le changement de traducteur les avait rendus imbittables,  à cause d’expressions mal traduites et de « mot à mot » qui alourdissaient le texte et la lecture. Le traducteur était-il incompétent ? A-t-il cédé à la facilité en  utilisant un logiciel sommaire ? Ou a-t-il travaillé trop vite, compte-tenu de la somme ridicule proposée pour ce travail ?

revenge.jpgUne faute d’interprétation, culturellement regrettable en littérature, peut être catastrophique pour un mode d’emploi ou un ouvrage technique, un discours politique mal traduit peut conduire à un malentendu et le malentendu à la guerre… . C’est dire si l’art de traduire est important. Pourtant, les traducteurs  ne disposent d’aucune sécurité ni régularité d’emploi, ils n’ont droit ni au chômage ni aux congés payés et ne peuvent revendiquer aucun tarif syndical minimum, soumis qu’ils sont à la loi de l’offre et la demande. Or l’offre se fait d’autant plus rare que les éditeurs de textes acceptent des traductions informatisées approximatives. Les traducteurs sont de « nouveaux précaires », comme nombre de travailleurs intellectuels. On rogne sur les frais d’adaptation, mais aussi les frais de correction, en demandant aux auteurs de relire et corriger eux-mêmes leurs manuscrits (« il y a des logiciels formidables pour ça, vous savez… ») alors qu’un auteur est si imprégné de son texte qu’il finit par le lire en diagonale, à le deviner plutôt, au détriment de l’œil de lynx nécessaire pour traquer la moindre coquille ou faute de ponctuation. Résultat : les livres sont de plus en plus truffés d’erreurs. De plus, aucun logiciel ne vérifie si une phrase est claire alors qu’un correcteur professionnel prend son téléphone et demande à l’auteur s’il a réellement voulu dire ceci ou cela, en lui suggérant au besoin une formulation plus précise.

Les articles de presse en ligne sont souvent mal construits, peu écrits et documentés essentiellement par un copié/collé de wikipédia ou autre source. Paresse intellectuelle ? Oui, parfois, mais aussi- surtout- parce qu’au tarif actuel des piges, le journaliste en ligne doit « écrire au kilomètre » pour gagner sa vie. Au détriment de la qualité. Quant au photographe de presse, c’est une espèce en nette diminution en raison des banques de données photographiques qui permettent à tout média de s’approvisionner à moindre coût sans repayer de droits à l’auteur, rémunéré au forfait. C’est ainsi qu’on voit partout les mêmes clichés, éventuellement bidouillées par un infographiste. 

funambule.jpgCe sont des centaines d’emplois qui disparaissent, des milliers de travailleurs intellectuels qui vivent dans la précarité, avec des angoisses de fins de mois et de chômage. Tout ceci dans l’indifférence générale au motif qu’ils ont la chance de faire un boulot intéressant…  Au motif, aussi, que la culture n’est pas la priorité des gouvernants et qu’il est médiatiquement moins porteur de s’inquiéter du devenir de la culture que de « sauver l’automobile », alors même que la fin du pétrole est proche et que toutes les enquêtes montrent que la violence augmente quand le niveau d’éducation et de culture diminue.

lecture.jpg

 

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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 20:18

 joueraumonde COUV4bis« Deux ou trois fois par an, Marine venait la voir pour de courts séjours illuminés de confidences et de fous-rires. Madeleine regardait sa fille et s’émerveillait à chaque fois que cette jeune femme indépendante et belle assise en face d’elle vînt de son ventre. Qu’on puisse fabriquer des êtres humains continuait à l’étonner, et plus encore l’idée que cette création soit à la portée du premier imbécile venu. Si Dieu existait, elle le trouvait bien inconséquent d’avoir permis cela.  « Tu as raison, riait Marine, naître, procréer et mourir sont les actes les plus importants de la vie et les seuls que tout le monde a le droit de faire sans contrôle, même un crétin abyssal, alors que dans n’importe quel autre domaine on te demande de prouver tes compétences. » (JOUER AU MONDE)

 b_b_.jpg« Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris » écrivait Victor Hugo, dans un élan poétique où il décrit le nouveau-né comme un « corps où rien n’est immonde, âme où rien n’est impur » ce qui prouve d’une part sa méconnaissance totale de l’odeur des bébés (lait caillé + transpiration+ pipi/caca) d’autre part une pudibonderie funeste à penser qu’une fois adulte, le corps a quelque chose d’immonde… alors qu’il reste une machinerie absolument magique dont les réactions sont un mystère ravissant des milliers de chercheurs. Allez, Victor, mettons ton enthousiasme au compte de la poésie. Plus réaliste, mon père, avec humour et flegme- il a quand même élevé cinq enfants- complétait : « Le cercle de famille applaudit à grands cris… et les emmerdements commencent ». Encore eut-il de la chance, nous fûmes de braves petits, bons élèves et respectueux de nos parents, même quand ils nous semblaient, comme à tout ado, ringards ou « boloss faisant crari » (à l’époque on disait « croulants » ou « out »)

miroir.jpgVers la trentaine, à toute copine bêlant « je voudrais un bébé ! » je rappelais qu’un bébé, OK, c’est mignon- quoique l’odeur de lait caillé, parfois…- mais qu’elle devait avoir conscience que le bébé devient un enfant sujet aux maladies infantiles, aux chutes, aux doigts dans la prise électrique, aux questions incessantes, aux pleurs angoissants parce qu’inexplicables, aux résultats scolaires déprimants, aux goûters d’anniversaire qui laissent sur le flanc lorsqu’on a géré 15 gamins vociférant, aux réunions de parents d’élèves interminables et au festival de fin d’année du cours de danse (musique, théâtre…) où pour apercevoir son rejeton quatre minutes on doit se fader un spectacle de quatre heures !

punkette.jpgEnfin pubère, l’enfant devient ado et le parent exécrable, c’est la loi des hormones : si tu veux devenir adulte, mon fils- ma fille- tu dois te détacher de tes parents, ce qui implique, tant la perspective est dure, de les rejeter violemment en trouvant « nul » tout ce qu’ils font ou disent. Qu’ils soient parents classiques, baba-cools, hors normes, sévères ou indulgents, tu les provoqueras en étant insolent, boudeur ou marginal, en demandant qu’ils te conduisent au collège en voiture mais « gare-toi loin, maman, parce que si mes copains te voient … la honte ! », honte présente que la mère soit moche ou canon selon lesdits copains.

rockerTu adopteras des conduites à risques ou au contraire te retrancheras dans ta chambre non sans avoir levé les yeux au ciel pour signifier ton mépris du monde adulte et mis la musique à fond la caisse, ce qui ne t’empêche pas d’exploser ton forfait téléphonique en racontant à tes copines comment ton nouveau mec est « trop » !!! Bénis soient les forfaits illimités qui n’existaient pas à l’adolescence de mes filles, nos comptes bancaires s’en souviennent… Parent, on ne survit à l’adolescence de ses rejetons qu’en sachant que c’est hormonal et que ça dure en moyenne 6 ans. 13/19, les chiffres en « teen », d’où « teen-agers ».

Alors, copine, si tu veux un bébé, sache que tu en prends non pas pour 20 ans mais pour la vie, avec des moments de pur bonheur et fierté quand tu regarderas les adultes qu’ils (elles) seront devenu(e)s, mais aussi du souci, même si tout va bien pour eux, et pire encore lorsqu’ils n’iront pas bien, ce qui arrivera forcément car la vie ne peut faire abstraction de certains malheurs, qui font d’ailleurs mieux cerner la fragilité du bonheur et le devoir absolu de goûter, savourer, rechercher tous les instants de bonheur, quels qu’ils soient, sans jamais culpabiliser. Même si tu es championne du monde dans l’art de t’assumer et de ne jamais culpabiliser, tu te demanderas toujours, devant ce rejeton mal dans sa peau : « Aurais-je merdé quelque part ? » tout en te disant que zut, l’environnement d’un gamin n’est pas fait que de ses parents mais aussi des potes, des profs, de la TV, d’Internet, des voyages et surtout de son propre regard sur la vie. Une copine qui en voulait à son père de ne pas l’avoir aimée assez (illusion ou réalité, je ne sais pas, je n’ai jamais connu son père) s’est fâchée avec moi lorsque j’ai osé lui dire : « Ton père a sans doute fait des erreurs ou en tout cas tu l’as ressenti ainsi, mais devenir adulte c’est aussi faire la paix avec ton passé, même si tu ne l’oublies pas. La rancune éternelle te rend malheureuse et de plus, ton père étant mort, tu ne peux même pas lui casser la gueule ! » Elle avait pourri sa vie, celle des hommes qu’elle rencontrait et identifiait au père et celle de son frère qu’elle jalousait, persuadée qu’il avait été préféré parce que garçon. Comme quoi, certains enfants ne grandissent jamais…

P1020899« Tu fais tout pour en dégoûter les autres, mais tu en as eu quand même », répond la copine.

- Ai-je dit qu’il ne fallait pas en avoir ? Non. C’est un choix, tout comme celui de ne pas en avoir, mais qu’au moins il soit lucide, faute de quoi tu seras forcément déçue par le décalage entre le délicieux bébé décrit par Victor Hugo et la réalité d’accompagner un enfant jusqu’à la fin de ta vie avec de merveilleux moments, mais aussi de vraies difficultés. »

Heureusement, la majorité des parents acceptent l’enfant et le lot d’emmerdements qui va avec, et continuent de parler de chaque naissance comme d’un heureux événement et de leur progéniture avec amour et fierté, malgré les tempêtes traversées.

QUESTION: pourquoi la sagesse que ces personnes possèdent en tant que parents leur fait-elle  si souvent défaut dès qu’il s’agit d’amour au sens couple et sexuel du terme ?

Pourquoi exigent-ils des contes de fées et de l’amour fou ? A cause de son idéalisation (« Aimer, à perdre la raison ») par les poètes, qui les incite à vouloir que le leur soit tout aussi beau, tout aussi fort, tout aussi pur, pour les siècles des siècles, Amen… et les fait rompre à la moindre anicroche ? Ne seraient-ils pas plus heureux en étant conscients, dès le début d’une relation, qu’ils s’embarquent pour un rafting sur torrent agité mais justement passionnant à cause de cela, de ces moments où on se demande « qu’est-ce que je fous avec cet abruti(e) ? » alternant avec des instants magiques où, comme disait une amie après 35 ans de vie commune : « Parfois, Jean-Claude fait un geste qui me charme et à ce moment là je sais exactement pourquoi je l’aime depuis mes 16 ans. »Ce qui n’empêche pas qu’ils se soient, j’en suis sûre, disputés autant de fois qu’il le fallait… L’amour relève décidément davantage du goût pour la réalité des êtres que de leur idéalisation.

julien 94rogné

Tableau Julien Meunié.

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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 23:49

paris-sur-mer.jpgDu 2 au 16 août, la planète « PARIS » est méconnaissable. Samedi, je me suis baladée de Maubert à Montparnasse en longeant la Seine et n’ai croisé que des gens souriants qui marchaient sans se presser. Passerelle des Arts, le nombre de cadenas d’amoureux ne cesse d’augmenter, du coup les bouquinistes vendent des cadenas, voici comment naît un nouveau marché. Bizarre tout de même que l’amour soit symbolisé par un cadenas, n’est-ce pas un peu… enfermant ? Rue de Rennes, les trottoirs étaient immenses et calmes… Simplement libérés des motos et vélos qui y stationnent d’ordinaire, et de la foule bruyante des piétons faisant du lèche-vitrines. A propos de lèche-vitrines, un couple d’aveugles à canne blanche marchait d’un bon pas en agitant leur canne devant eux. Leurs têtes tournaient avec un bel ensemble devant chaque vitrine. Brusquement, ils sont entrés sans hésiter dans une boutique. Comment ont-ils vu ce qui les intéressait ? Mystère. L’été génère décidément d’étonnantes planètes…

canard-enchaine-numero-specialAvant la rentrée, pour remettre joyeusement en marche vos neurones, je ne saurais trop vous conseiller la lecture du dossier d’été du Canard Enchaîné : « Bienvenue chez les riches », voyage ahurissant sur une planète sidérante. Qu’est-ce qu’un riche, direz-vous ? L’INSEE fixe les « très hauts revenus » à partir de 7350 € net par mois, seulement 1% des français en font partie. Voilà qui relativise grandement les cris d’orfraie qu’ont poussé certains lorsque JL Mélenchon voulait taxer à 100% la tranche de revenus située au-dessus de 30 000 € par mois, ça n’aurait finalement pas concerné grand monde.  Quant à la taxation à 75% pour la partie dépassant le million d’euros annuels annoncée par François Hollande, elle ne toucherait que 0,008% des foyers fiscaux. Pas de quoi hurler à la spoliation.

Cela dit, ces chiffres sont de la gnognotte à côté des fortunés dont le Canard Enchaîné raconte la saga argentifère. Sagas très différentes, entre des requins sans scrupules qui ont fait fortune à la limite de la légalité, de véritables bandits que les tribunaux ont condamnés et des capitaines d’industrie doués d’une solide intelligence,  du sens des affaires et d’un cynisme qui leur enlève tout état d’âme. Cela n’empêche nullement certains d’être artistes, mécènes, de gauche ou créateurs de fondations  écologiques…mais les rend tous gaspilleurs et pollueurs. Selon l’INSEE encore, les 20% de français les plus riches émettent 2,7 fois plus de gaz à effet de serre que les 20% les plus pauvres. Forcément, les voyages en Jet privé et les grosses cylindrées alourdissent la facture écologique.

nic_riche.jpgMais le vrai problème est qu’à un certain niveau de richesse, tout caprice est réalisable, il suffit de payer. C’’est un autre monde, inimaginable pour 99% des français, et un réel danger pour la société et la démocratie. Certains s’imaginent que seuls des haineux, des jaloux « qui n’aiment pas les riches » peuvent défendre l’idée d’écrêter les plus hauts revenus. Pas le moins du monde ! C’est une question de santé mentale… pour les riches eux-mêmes. Parce que leur argent leur rend tout possible, y compris les comportements les plus extrêmes, ils évoluent dans un monde irréel, sans limites, où ils ne se sentent nullement tenus par les règles élémentaires de la vie en société. Le sentiment de surpuissance qui coupe l’individu de la réalité est une pathologie psychiatrique, une vraie. Littéralement, trop d’argent rend fou et incapable d’empathie avec autrui. Et comme il donne aux riches un pouvoir immense, ce pouvoir est détenu par des personnes coupées du réel,  pour qui licencier 5000 personnes reste une notion abstraite. Quant à ceux qui ont trop d’argent mais pas de pouvoir, comme les footballeurs ou certains « people », le sentiment de surpuissance se transforme en arrogance, avec moult dérapages et excès en tous genres qui font les délices de la presse spécialisée…

Le dossier du Canard Enchaîné rappelle aussi quelques affaires financières dans lesquelles les magistrats ont condamné de riches contrevenants à de lourdes amendes et parfois même de la prison. Ce qui satisfait les citoyens et leur fait croire « qu’il y a tout de même une justice ». Sauf qu’à de rares exceptions près, la majorité de ces condamnations n’ont pas été appliquées. Impunité et inégalité de traitement (par rapport au citoyen lambda) parfaitement non démocratique.

 

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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 12:53

epou3Les copains, j’ai plein d’idées, comme Gotlib dans la rubrique-à-brac que les moins de 20 ans devraient tous lire, c’est une encyclopédie, une Bible et une source de fous-rires inextinguibles. Plein d’idées de billets, donc, nées au fil des conversations entendues ça et là dans mes périples vacanciers. C’est pour cela que j’aime les bistrots de campagne, les apéros en famille élargie, les discussions au clair de lune… Ca sent bon le foin coupé, le vin robuste, la viande grillée au feu de bois et l’air tiède des soirées d’été si rares où on peut se passer de petite laine jusqu’à plus de minuit.

verneuil2Les gens se saluent paisiblement et échangent des recettes, des idées de promenades, des kilos de fruits cueillis dans leur jardin On touche la vie au lieu des touches d’ordinateur. Les échos de vacances sont unanimes : le bonheur et les bonheurs simples font tant de bien qu’on se demande pourquoi on vit si mal le reste de l’année. Question importante car pour changer le monde, vivre mieux et préserver un peu plus longtemps les ressources de la planète, il est salutaire de réaliser que moins consommer et ralentir son rythme de vie loin des compétitions imbéciles et de la course à une croissance illusoire ne signifie pas vivre moins, au contraire.

A propos de compétitions imbéciles, la façon dont les journalistes et même son entraîneur traitent Yannick Agnel « d’intello » parce que ce garçon a eu mention Bien au bac, cite Montesquieu et apprend le russe avec plaisir est particulièrement imbécile. Il paraîtrait même que son entraîneur considère que cette image de marque pourrait lui nuire. Un sportif de haut niveau devrait-il être systématiquement décérébré ? Si oui, on comprend mieux les salaires démesurés des footeux, mais j’avoue préférer l’élégance des nageurs. C’est fluide, c’est puissant, c’est esthétique…

épou1Comme d’habitude en été, le moindre bourg ou village foisonne d’activités culturelles qui montrent ô combien le patrimoine et l’histoire de France sont une richesse. Histoire que de doctes professeurs se demandent comment enseigner aux jeunes qui, comme chacun sait, sont ignares et totalement désintéressés par le passé de leur pays. Qu’ils aillent faire un tour dans les châteaux qui organisent des expositions et des spectacles, ils verront des gamins passionnés par le Moyen-Age demander des précisions sur les chevaliers et les guerres de religion, des jeunes s’inscrire à des chantiers où l’on rénove les lieux historiques selon des techniques traditionnelles pour lesquelles ils se passionnent. Voir de  près ce patrimoine, toucher des outils traditionnels, entendre des musiques du 17ème siècle jouées avec les instruments d’époque,  goûter des recettes d’autrefois, se costumer… familiarise avec l’histoire mieux que n’importe quel manuel ou DVD.

paradisA Paris, je suis passée pendant 28 ans à côté d’un paradis sans le voir, honte sur moi. « Le Paradis », c’est un petit restaurant fondé par Georges- aujourd’hui disparu- puis repris par le fils avec toujours la maman aux fourneaux. Accueil chaleureux, sangria de bienvenue,  cuisine familiale tout à fait correcte, menu du jour à 8 € avec entrée, plat et dessert, sans oublier le couscous quotidien qui commence à 7 € (couscous légumes) pour aller jusqu’au royal à 12 €, sourire inclus. Des prix qu’on n’imaginait plus possible à deux pas de Montparnasse. Résultat : une foule d’habitués et un établissement qui fonctionne malgré la crise, ouvert 7 jours sur 7.

verneuil4Pour ne pas troubler la quiétude estivale qui ne durera que jusqu’au 16 août, je garde donc mes billets caustiques pour la rentrée, il y en aura. Car bien que le départ du malfaisant dont tout le monde a oublié le nom m’ait à la fois grandement soulagée et privée de sujets d’indignation, le monde est loin d’être devenu idyllique pour autant.  Mais pour l’instant, je me tiens une flemme, une flemme… bienfaisante.

verneuilToutes les photos, sauf celle du paradis, ont été prises à Verneuil en Bourbonnais, (proche de St Pourçain sur Sioule). Dans ce village médiéval,  l’Association des amis du vieux Verneuil a réalisé une exposition consacrée au gemmail, art du verre feuilleté et du vitrail sans plomb ouverte jusqu’à fin août chaque après-midi. Egalement à Verneuil une collection d’épouvantails qui ponctuent la promenade.

 


verneuil1

 

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 21:10

P1000456.jpgAprès l’ornithorynque et le kangourou, poursuivons nos chroniques animalières australiennes avec l’émeu, volatile de la classe des dromaiidés, sans aucun rapport avec les dromadaires bien que le chameau sauvage - en réalité un dromadaire- soit devenu un fleuron d'Australie. Non seulement l’animal originaire d’Afghanistan s’est adapté, on ne peut faire autrement lorsqu’on débarque dans une île-continent dont une ville se nomme Darwin, mais il s’est pourvu de bosses géantes lui permettant de parcourir l’immensité aride du bush  sans boire une goutte d’eau. Je n’ai connu qu’un seul autre animal capable d’en faire autant, c’était un charmant allemand croisé un soir dans un pub au cœur du bush, qui avait décidé de traverser le désert à vélo. Lui non plus ne buvait pas une goutte d’eau mais affectionnait la bière…

émeuRevenons à l’émeu, qu’il ne faut pas confondre avec l’autruche, oiseau de la famille des Struthionidae comme chacun sait, bien que les deux  volatiles aient en commun un regard d’une ineffable intelligence qui fait dire aux connaisseurs que l’autruche a les yeux plus grands que le cerveau, et aux aborigènes que le filet d’émeu est décidément très savoureux, aussi respectueux de leurs frères animaux soient-ils, ce qui prouve qu’il y a toujours des arrangements avec l’amour du prochain.  

 

L’autruche a une espérance de vie pouvant atteindre 70 ans et une vitesse de pointe de 70km/h, ce dont il ne faudrait pas conclure à une dimension de 70² car 70 quoi et de quel carré, je vous le demande !   L’émeu avec ses 20 ans d’espérance de vie et 55km/h maximum au pas de course ne fait pas le poids, et d’ailleurs pèse beaucoup moins.  Les deux sont cependant exploités par les humains pour leurs œufs, leur viande, leurs plumes et leur cuir dont les décoratifs pointillés, si jolis en incrustations de vestes haute couture, ne doivent rien à John Galliano et tout à l’empreinte laissée par la tige des plumes. L’émeu fournit également une huile réputée localement pour ses propriétés anti-inflammatoires.     

émeu2Malgré l’incontestable suprématie de l’autruche pour la taille et la vitesse, l’émeu affiche une tout aussi incontestable supériorité en matière de savoir-vivre. Cet animal endémique d’Australie (et de Nouvelle-Zélande) a développé un système de climatisation interne genre pompe à chaleur réversible, qui lui permet en respirant de rafraîchir l’air sec et torride en été et de réchauffer l’air glacé et humide en hiver, les merveilles de la nature n’ont décidément pas fini de nous subjuguer, ce qui explique peut-être la propension de l’humain à la détruire, haine et amour étant des sentiments souvent liés quoique ambivalents.

Si l’on dit « une » autruche, on dit souvent « un » émeu, ce qui n’empêche pas madame Emeu d’exister et d’être féministe.  Ca tombe bien, le mâle Emeu mal aimé est papa poule. Il couve les œufs, les retourne régulièrement pour leur assurer un réchauffement uniforme et  ne mange pas, ne boit pas et ne défèque pas durant toute cette période, plus consciencieux tu meurs et on s’étonne d’ailleurs qu’à un tel régime il survive mais si, puisqu’il assure ensuite les premiers soins aux bébés émeus jusqu’à ce que ceux-ci soient capables de se débrouiller. J’aperçois d’ici quelques lectrices émues par l’émeu … Pendant ce temps, la femelle Emeu surveille les alentours pour chasser d’éventuels prédateurs, mais bien plus souvent, elle s’en va toute pimpante à la recherche d’un autre mâle à « engrosser », la bougresse!

autruche mâleRien de tel chez l’autruche dont le mâle est polygame malgré une allure quelque peu équivoque genre collants roses et je te tortille du croupion. L’œuf d’autruche, qui peut atteindre 1,6kg, doit échapper à la convoitise de l’homme- une omelette pour 12 avec un seul œuf, c’est tentant- et à celle de l’artiste, tout heureux de peindre la coquille et de la décorer avec des lanières de cuir pour fourguer cet objet typique à des touristes qui se demanderont au retour où caser cet objet si  pittoresque sur place mais totalement incongru dans un salon occidental moderne.

autruchon grisL’autruche a donc moins de raisons que l’émeu de souhaiter donner naissance à un petit du reste peu pimpant avec son duvet gris, car l’autruchon gris, chacun le sait, a provoqué bien des conflits, dont le plus sanglant fut la guerre de 14/18.


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