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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 16:23

ternaux.jpgCatherine Ternaux, écrivain et philosophe, vient de publier un essai: "La polygamie, pourquoi pas?" chez Grasset. En lisant ou écoutant ses interviews, on retrouve, quasi textuellement, tout ce que j'ai écrit dans "Aimer plusieurs hommes" ou "le Guide des amours plurielles" et tout ce que disent les pluriamoureux interviewés depuis que le thème des amours plurielles excite les medias du monde entier. Les interrogations: pourquoi est-on sommé de "choisir" quand on aime une nouvelle personne? Pourquoi cet attachement au couple monogamique quand il se termine une fois sur deux par une séparation? Pourquoi nier l'évidence quand la réalité montre que la majorité des personnes aiment plusieurs fois dans leur vie et que, à chaque fois, il y a eu une période où elles les aimaient simultanément... et auraient bien continué si la société ne leur imposait de choisir?

amis.jpgEt surtout: pourquoi serait-il mieux d'aimer une seule personne que plusieurs? A cause de l'engagement? Non, pouisque l'expérience montre que les pluriamoureux sont extrêmement sensibles aux engagements amoureux qu'ils prennent, et attentifs à toutes les conséquences que ceux-ci entraînent pour l'ensemble des personnes aimées (et les enfants qui en découlent parfois). En fait, comme le dit un prêtre dans une des interviews où apparaît Catherine Ternaux: "la difficulté est que l'on a envie d'être l'unique de quelqu'un". Concevoir de ne pas l'être exige une solide confiance en soi et en l'autre, comme le soulignent  les pluriamoureux qui le vivent. Or ces confiances ne sont pas données à tout le monde, elles dépendent de l'enfance, de la façon dont on s'est construit, etc... ce qui explique que loin de vouloir "remplacer la mçnogamie par les amours plurielles" comme le croient trop souvent les détracteurs, les pluriamoureux n'ont de cesse de répéter qu'il s'agit d'un choix difficile, semé d'embûches, et qui ne convient pas à tout le monde.

première couvQu'apporte de neuf le livre de Catherine Ternaux? Une réflexion purement théorique puisqu'elle même est mariée et monogame. Alors que mes écrits et les interviews des pluriamoureux relevaient d'une démarche scientifique "Claude Bernardesque": j'expérimente et j'en tire une réflexion... " avec le reproche implicite des contradicteurs "Vous essayez de vous justifier...", le livre de Catherine Ternaux apporte au pluriamour, polyamour, amours plurielles, polygamie... une réflexion philosophique et sociologique distanciée, plus la caution d'une auteure philosophe... et celle des éditions Grasset qui ont gros pignon sur rue.

Tout ceci apporte de l'eau à notre moulin, que par les temps qui courent, il est bon de boire à sa soif.

 


 

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 09:30

Je vous avais parlé en son temps du documentaire "Zambie: à qui profite le cuivre?" racontant comment la société Suisse Glencore, soutenue à l'époque par la Banque Européenne d'Investissement, exploitait le cuivre de Zambie sans reverser un centime au gouvernement zambien et a fortiori à son peuple, puis le revendait au prix du marché sans payer d'impôt, vu que la filiale le commercialisant se trouvait dans un paradis fiscal. Le documentaire décortiquait cette fraude fiscale ô combien répandue- rappelant au passage que Glencore avait déjà été lourdement condamnée aux Etats-Unis sur ce motif- et montrait les conditions environnementales et sociales lamentables dans lesquelles se déroulait l'extraction du cuivre: sols pollués par des toxiques, enfants contaminés, etc.

Ce film réalisée par deux jeunes femmes talentueuses, Alice Audiot et Audrey Gallet, vient de recevoir le PRIX ALBERT LONDRES, la plus haute récompense journalistique. Il le mérite à double titre. Il est passionnant à regarder:

► 52:30► 52:30

vimeo.com/25000940

et a contribué à la justice: quelques jours après la diffusion sur France 5, la BEI a annoncé qu'elle allait cesser de financer Glencore et le gouvernement Zambien a réclamé à la firme les sommes qui lui étaient dues. (j'ignore s'il les a reçues). 

Il était temps! L'association "Les Amis de la Terre" travaillait sur ce dossier depuis deux ans, et avait moult fois alerté les instances européennes et internationales sur ce scandale, recueillant l'approbation morale des intéressés... mais aucune décision. Comme quoi, il arrive que la télévision et la médiatisation donnent un coup de pouce efficace à l'action militante, comme cela a été le cas pour "le monde selon Monsato", "le cauchemar de Darwin" ou "we feed the world." 

La jeune femme  qui pilote les documentaristes à travers l'épineux dossier Glencore et explique les enjeux de ce scandale s'appelle Anne-Sophie Simpère. C'est ma fille aînée, elle a travaillé cinq ans aux Amis de la Terre avec une persévérance et une combativité efficaces, elle s'est également investie bénévolement au service d'une ONG en Inde, et donc, je le dis sans aucune modestie, je suis très fière d'elle, et émue que nous soyons sur ce point idéologique en parfaite harmonie.


zambie-copie-1.jpg

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24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 00:48

Le 26 mai, je suis invitée. Je manquerai donc un de mes plaisirs inavouables, une régression comme je les aime,  du style regarder  au lit une émission ringarde avec une bière et des chips, la totale.  Je veux parler de la finale du Concours Eurovision de la chanson. Ah ! Voir défiler d’improbables artistes, célébrités d’un soir… Qui se souvient de Jessy Matador, Virginie Pouchain, Marie Line, Fanny, Roger Bens, Jean Gabilou ou Jean-Paul Mauric qui eurent l’honneur de représenter la France à ce concours, après une impitoyable sélection ?

Ah ! Entendre les présentateurs scander avec un fort accent : « Italie, un point. Italy, one point » « Azerbaïdjan, trois points, Azerbaïdjan, three points. » Ca dure des plombes,  le suspense est total, les costumes à paillettes, les chansons entre folklore et sirop, personne ne comprend les critères, peut-être  politiques, qui président aux votes des jurés puisque depuis quelques années les pays de l’Est ont la part belle dans le palmarès, mais on ressent à regarder cela le même plaisir que celui qu’on a à enfiler un vieux pull datant de ses quatorze ans : un sentiment d’intemporalité, de sécurité absolue loin des agitations du monde moderne. Et puis on peut se lever pour aller faire pipi ou se confectionner un solide en-cas, on ne risque pas de manquer des choses inoubliables.

Le concours Eurovision de la Chanson, c’est une institution qui dure depuis  le milieu des années 50, imperturbablement.  J’étais trop jeune pour savoir que la France était leader de ce concours à cette époque. Gagnante en 1958 avec « Dors mon amour » chanté par André Claveau, 1960 avec Tom Pillibi chanté par Jacqueline Boyer et 1962 avec « Un premier amour » chanté par Isabelle Aubret. Période de gloire effacée par des années de défaite successives… La dernière victoire date de 1977, avec Marie Myriam dont peu d’entre vous se souviennent. Le champion absolu est l'Irlande avec 7 victoires depuis 1965...  

 gall-1965.jpgTrêve de persiflage, l’Eurovision c’est doux comme une madeleine proustienne, avec des fragments de chansons qui restent en mémoire. En 1964, Non ho l’eta, où Gigliola Cinquetti chantant non ho l’eta  per amarti, non ho l’eta per uscire sola con te (je n’ai pas l’âge de t’aimer, je n’ai pas l’âge de sortir seule avec toi)  a fait rêver des milliers d’ados qui avaient justement le même problème : être amoureuses et ne pas avoir le droit de sortir avec leur flirt.  Ca ramène au temps de « Diabolo menthe », le moyen-âge comme diraient mes filles… En 1965, ce ne fut pas la France mais le Luxembourg qui triompha avec France Gall et sa « Poupée de cire, poupée de son » (chanson de Gainsbourg, tout de même !) que je suis encore capable de brailler par cœur…  Tout comme d’ailleurs je connais encore le refrain de la chanson représentant la France : « N’avoue jamais » de Guy Mardel, mais ne me demandez pas les couplets …

dion-1988.jpgFrance Gall est une des rares gagnantes de l’Eurovision, avec Céline Dion, à avoir fait une belle carrière. En revanche, plusieurs candidats malheureux à ce concours ont connu le succès après.  Alain Barrière, le crooner préféré des  mères de familles et des très jeunes filles de 1963 y chanta « Elle était si jolie », arrivé 3ème, mais fit ensuite une solide carrière. Une amie avec qui j’ai cohabité 9 ans me racontait son émoi de gamine alain-barriere-10831.jpgdevant les  yeux clairs et les chemises bleu ciel de ce beau chanteur brun, et lorsque vingt ans plus tard elle rencontra son futur mari, la première chose qu’elle me téléphona fut : « Il ressemble à Alain Barrière. »  Serge Lama et Patrick Fiori, candidats malheureux au concours, devinrent d’heureux vendeurs de disques durant des années… Mais il y a aussi des bizarreries, comme la participation à l’Eurovision de Patricia Kaas, alors qu’elle était déjà célèbre et n’avait rien à prouver. Et que patatras, elle se ramassa.  France : 107 points, France : one hundred and seven points, 8ème, Patricia Kaas, qu’allait-elle faire dans cette galère kitchissime ?

Depuis deux jours il fait beau. Pourvu que le concours ne ramène pas la pluie…

 

 

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 12:21

l_vres.jpgSur une affiche 3x4m une blonde extasiée proclame : « J’ai découvert mon voisin sur CelibParis ».   « Ce serait pas plus simple, dis-moi,  de l’inviter à prendre un verre quand tu le croises dans l’ascenseur ? » D’autres sites de rencontres s’affirment « pour célibataires exigeants » ou « pour rencontres sérieuses ». J’adorerais que l’un d’eux ose écrire « site pour loosers et laissées pour compte qui aimeraient s’envoyer en l’air de temps à autre vu que chacun a droit au plaisir», ce serait plus drôle mais les pubeux manquent d’humour. Sauf dans la pub pour Gleeden, site pour adultérins honteux,  qui promet la discrétion et, (humour) assure : « on ne vous proposera jamais de carte de fidélité ».

adresse.jpgL’amour au XXIème siècle dans les grandes métropoles me laisse perplexe : c’est compliqué, c’est commercial, ça se joue sur la toile et pas dans la rue, dans des clubs et pas sur la plage, ça se termine dans un cas sur deux par une séparation, ça demande des coaches, des psys, et dernièrement des « intermédiaires sur Internet ». L’intermédiaire sélectionne des fiches sur Internet pour son client, il prend contact, envoie les messages, drague les personnes qui lui semblent convenir au profil souhaité et ne s’efface que pour le premier rendez-vous. Comme dit un adepte de cette formule, chef d’entreprise de 27 ans dans une ITV au Parisien: « Je n’ai pas le temps de m’en occuper, c’est pratique. » 

vin2.jpgMais mon gars, si tu n’as pas de temps à consacrer à la phase la plus magique d’une rencontre- la découverte, la séduction- qu’est-ce que tu vas bien pouvoir offrir à une femme quand elle sera devenue « ta » femme, avec le quotidien pas toujours stimulant et toujours autant de boulot ? Tu crois pas qu’il vaudrait mieux rester célibataire plutôt que de la faire souffrir et d’être plaqué un jour parce qu’elle s’ennuiera avec toi et en aura marre de « faire partie des meubles » ? C’est une des grandes causes de séparation, la sensation de ne plus exister. Ces derniers jours, j’ai retrouvé deux amis perdus de vue le temps qu’ils étaient en ménage, surbookés au boulot dans la journée, interdits de dîner dehors le soir, surtout en tête-à-tête avec une femme. Le premier a eu cette phrase terrible : « Je me sens dans l’état d’esprit d’un parisien en août 1944 : libéré. » Le second à qui je rapportais cette phrase a soupiré d’aise : « Moi, pareil. »

Ainsi donc, malgré toutes les rustines- libertinage, couples « ouverts » se résumant à une autorisation d’adultère,  sex-toys, coaches, sites de rencontres - appliquées à l’amour ou plutôt au couple, celui-ci a toujours et semble-t-il de plus en plus de ratés. Preuve qu’il faudrait le repenser de fond en comble.

singes.jpgC’est comme pour l’économie : on a beau s’efforcer de réparer le système capitaliste ou d’en atténuer les méfaits les plus criants, la crise continue car c’est la logique même du système qui est pourrie.

Le problème est qu’il est infiniment plus difficile et plus long de modifier sa logique de pensée que de mettre des rustines, et surtout cela fait peur : « On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on risque ». C’est pourquoi les tenants du « compromis acceptable » n’ont de cesse de traiter ceux qui veulent changer le système économique d’utopistes, de révolutionnaires, d’extrémistes, d’irréalistes, alors que ces derniers sont au contraire extrêmement réalistes, prenant en compte l’échec réitéré des politiques passées, pour concevoir d’autres logiques possibles où l’écologie et le partage des richesses, par exemple, seraient prioritaires.

mai68.jpgIdem pour le couple, (ou comme on dit en économie « le ménage ») : plutôt que des rustines inefficaces  pour le réparer, ne vaudrait-il pas mieux réfléchir à la logique qui sous-tend cette institution : rapports de force, possessivité, dépendance amoureuse, préjugés religieux, enjeux économiques… et choisir  une logique fondée plutôt sur l’autonomie, la confiance mutuelle et une réelle liberté d’être heureux avec et  sans l’autre, voire les autres ? Une liberté totale, pas seulement sexuelle, impliquant une responsabilité totale de ses actes. Difficile ? Oui, car il n’est pas facile de renoncer à des convictions somme toutes confortables. Mais pas tant que cela dès lors qu’on ose le faire. Comme dit le Sage « Ce n’est pas parce que c’est difficile que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas que cela semble difficile. »  

En somme, le libertinage et autres rustines amoureuses sont aux amours plurielles ce qu’est le PS au Front de gauche ou aux écologistes: un moyen de rendre un système supportable plutôt que de le remettre en cause.  Comme quoi réflexion intime et politique peuvent aller de pair.


 poissons.jpg

 

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 12:07

A  juste titre, on s’est indigné du « bizutage » des pompiers de Paris à base essentiellement sexuelle et brutale. Mais dans le même temps d’éminents ethnologues décrivent des « rites d’initiation » cruels et souvent sexuels dans des tribus reculées, sans émotion ni critique, comme si le respect des « traditions » (argument employé par les pompiers pour excuser leur errements) justifiait là-bas ce qui est inadmissible ici. C’est d’ailleurs au nom du respect de la tradition que durant des années les institutions internationales ont refusé de condamner l’excision, jusqu’à ce que, grâce aux associations féministes, on découvre qu’une femme noire n’a pas plus envie qu’une blanche qu’on lui coupe le clitoris et ne l’accepte que sous la menace d’être rejetée par le village si elle résiste.

Pendant que la campagne électorale patinait sur l’abattage des animaux- hallal, pas hallal, avec ou sans étourdissement préalable- « Rendez-vous en terre inconnue » (magnifique émission que j’adore malgré mon esprit caustique) montrait des bergers éthiopiens enfoncer un pieu dans la gorge d’un taureau, laisser gicler le sang et le boire, puis renvoyer l’animal clopinant à sa destinée… tandis que le commentaire glorifiait l’authenticité de ces fiers guerriers devenus « messagers de la paix ».

Le citadin admiratif des « arts premiers » oublie que les sacrifices humains en Afrique noire comme en Amérique Latine devaient faire aussi mal aux victimes que si elles avaient été blanches et modernes et s’esbaudit devant les scarifications multiples sur des visages de couleur alors qu’il hurle lorsque sa fille réclame un piercing à la lèvre ou à l’arcade sourcilière.

Le même s’extasie devant les cordes à linge bien garnies qui vont d’une fenêtre à l’autre dans certaines ruelles du sud méditerranéen et se fend d’une lettre outrée au syndic pour peu qu’une locataire ait suspendu son petit linge sur le balcon pour le faire sécher. Il s’indigne des atrocités commises au Soudan, en Syrie ou ailleurs, mais écarte le militant d’Amnesty International qui lui demande quelques sous d’un revers de main : « Je suis pressé ».

Enfin, quel chœur unanime l’an dernier pour glorifier le stoïcisme des Japonais lors du tsunami à Fukushima, comme si un asiatique, forcément, ça supportait bien la douleur (alors qu’il s’agissait de la sidération face à l’horreur, phénomène bien connue des urgentistes) tandis qu’on ouvre une cellule psychologique au moindre fait-divers en France. L’homme blanc est fragile mais le spectacle de la douleur de lointains terriens le fascine.

Par parenthèse, on eu beaucoup moins d’écho des manifestations antinucléaires au Japon qui ont abouti à la fermeture des tous les réacteurs du pays, l’homme occidental ayant décrété que se passer du nucléaire est impossible… 

Parfois, on se demande si les expositions universelles qui exposaient des « sauvages » à la curiosité des Parisiens ne rencontreraient pas aujourd’hui encore du succès.


fou4.jpg 

 

 

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 12:19

aleph1Ces comédiens ont un talent fou et multiple : création de spectacles, danse, musique, mise en scène, organisation de fêtes… ils savent tout faire sans se la péter, avec une gentillesse communicative et un enthousiasme  aussi « latinos » que le sont beaucoup de ses membres. Ce sont des amis que je côtoie depuis 7 ans sans jamais être déçue, et  dont aucun des amis que j’ai emmenés dans leur théâtre n’a été déçu. Ce sont des militants sans drapeaux  ni porte-voix, qui au quotidien agissent auprès de jeunes en difficulté en leur faisant découvrir les joies de la culture et du verbe. Ce sont les créateurs de la Compagnie Aleph dont je vous ai déjà parlé ici, ici, et là.  Parce qu'ils font partie de ceux qui contribuent à changer le monde.

aleph2Aujourd’hui, les voici obligés de quitter leur lieu pour cause de voisin irascible qui ne supporte pas le bruit, et comme le mime ne leur suffirait pas à exprimer tous leurs sentiments, comme la musique fait partie de leur culture, les voici contraints à s’exiler. Pas loin, toujours à Ivry, mais dans un hangar à aménager entièrement avec leurs petites mains et leurs gros bras pour le transformer en théâtre de 100 places avec foyer et accueil chaleureux. Tout ceci coûte cher, alors ils ont besoin de sous. De 1,54 € (oui, c’est précis) à 100 € et plus, vous pouvez leur offrir un petit bout de leur théâtre (don ouvrant droit à déduction fiscale) pour continuer leur rêve… et le nôtre car une soirée  avec la Compagnie Aleph est un absolu remède contre la morosité, une vivifiante source d’amitié et  de plaisir.

La culture étant la meilleure arme contre l’intolérance et la violence, vous ferez un investissement, pas une dépense J


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photo qui n'a rien à voir, juste pour  le plaisir...

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 14:20

caresses2.jpgComme il est souvent dit que je suis « inclassable » à déambuler  ainsi dans le roman érotique, l’essai, le thriller écologique, le roman/roman… je me suis demandé si, tout de même, il n’y avait pas un point commun dans mes écrits, puisqu’il est courant d’affirmer qu’on écrit toujours la même histoire. C’est ainsi que j’ai découvert qu’il n’y a aucun couple dans mes livres.

Dans « Le jeune homme au téléphone » David papillonne, puis sort plus sérieusement avec Caroline, mais avoue à l’héroïne du livre: « Je joue avec de belles inconnues, je suis amoureux de Caroline avec qui je n’arrive ni à jouer ni à me livrer vraiment et je livre à vous dont je ne suis ni amant ni amoureux. »

trilogie.jpgOn retrouve Elle, l’héroïne, dix ans plus tard sous le nom d’Alice, dans « Les latitudes amoureuses », toujours liée au jeune homme et à quelques autres. Elle vit quelques semaines avec le bel Australien Neil dont elle tombe éperdument amoureuse… jusqu’au jour où celui-ci lui propose une vie de couple dont elle ne veut pas« Je suis capable d’aimer passionnément et d’aimer éternellement, mais je refuse de confier ma vie à un seul homme… Plusieurs fois, j’ai cru rencontrer, comme on dit, l’Homme de ma vie. Ce qui signifie en clair que plusieurs hommes étaient capables de l’être, et non pas un seul sur terre comme on l’enseigne aux petites filles.  Pour que le monde progresse, David, il a fallu des scientifiques, des littéraires, des maçons, des cultivateurs, des aventuriers, des danseurs, et même des flics et des épiciers à blouse grise et crayon sur l’oreille.  Pour qu’une vie s’épanouisse, je pense qu’il faut aussi des amours variées et qu’on ne peut pas abandonner son existence à un seul être, si brillant soit-il. Mais comment expliquer à un homme qui croit vous faire le cadeau du siècle en vous demandant de renoncer à votre liberté pour vivre avec lui que son cadeau est empoisonné ? Surtout lorsque cet homme vous attire de façon éhontée et vous émeut à en pleurer. » Neil reste et restera dans sa vie, pour l’homme qu’il est, aventureux, intègre, passionné, bourru, complexe, mais pas pour  sa proposition de mariage : « Elle revit les fonds marins qu’elle avait explorés avec Neil, les étoiles de mer bleu électrique et les coraux géants, elle retrouva dans sa mémoire l’odeur du hangar à avions… Elle se souvint d’une soirée où tous deux avaient joué au poker…  Elle se rappela les petits déjeuners rustiques, où Neil était capable d’avaler une demi douzaine de saucisses grillées en même temps que son café, et du plaisir qu’elle avait eu à bavarder avec lui certains après-midi tandis qu’il se douchait, nu dans le jardin, et la laissait le contempler sans aucune gêne… C’est de cet homme qu’elle était tombée amoureuse, de cet aventurier généreux qui lui ouvrait sa vie sans restrictions. C’est cet homme là qu’elle avait désiré, parce qu’il lui avait paru immense et sans limites, mais il avait suffi qu’ils fassent l’amour pour que surgissent des limites.  L’aventurier s’était mué en petit propriétaire soucieux de défendre son territoire. »

Pas de couple non plus dans « Ce qui trouble Lola ». La démarche est volontaire : « Elle ne cherche pas « l’homme de sa vie » ni même un modèle d’homme précis. Elle a trop de curiosités pour ces drôles d’êtres qui composent la moitié de l’humanité pour les résumer en un seul. Un jour, peut-être… Mais avant, elle veut les regarder vivre, les écouter, les toucher, les sentir, les questionner. Elle prendra le temps qu’il faut pour explorer leur monde, en gommant tous les enjeux qui altèreraient son impartialité, les questions d’argent, l’envie d’un enfant, les jeux de pouvoir, la peur de l’autre, la peur de soi, les mythes amoureux. »

algue.jpgOK, diront certains, mais il s’agit de textes érotiques, il est normal qu’on n’y trouve pas de couples. Curieuse remarque qui sous-entendrait que couple et érotisme sont incompatibles, mais soit. Dans « l’Algue fatale », thriller écolo le seul couple existant, un biologiste et sa femme avec qui il travaille, est en crise. « Elle s’ennuie avec toi » fait remarquer Mathias, l’adjoint du chercheur. Ce dernier soupire : « Je vois bien, mais je ne comprends pas. » - Tu sais, coucher avec le patron c’est drôle quand on veut le séduire. Mais quand on l’a déjà épousé, on a l’impression d’être toujours au boulot…  

bato.jpgHélène, la femme de Pierre, personnage principal, a pris de la distance sans pour autant souhaiter quitter son mari : « Ce n’est pas une question d’amants ou de maîtresses, (c’est) une question de vie. Il y a des années que je me regarde marcher à côté de la vie sans me sentir concernée par elle, que je me demande pourquoi tant et tant de matins et de soirs tous pareils, des années que je bous avec un couvercle sur la tête…  Il arrive fatalement un moment où la marmite explose. Ce n'est pas cet homme que tu as vu qui a fait sauter le couvercle. C'est parce que j'ai fait sauter le couvercle que j'ai pu rencontrer cet homme… J’ai 38 ans, Pierre, il est temps que j’existe enfin et il est hors de question que j'y renonce."

sexe cuisineMême réaction chez Julia, la jeune femme de « Sexe, cuisine et (in)dépendance : Et toi ? Comment ça va avec Vincent ? lui demande sa copine Marie.

- Moyen moyen… On a passé le cap des deux ans et demi…

-… et l’amour dure trois ans ?

- Même pas. Je crois surtout qu’il n’est pas ma priorité. Ce n’est pas que je refuse de m’engager ou de vivre une histoire sérieuse, mais pour l’instant ça me branche plus de voyager et de découvrir des tas de gens que d’avoir « mon mec à moi. » Comme je n’ai pas envie non plus qu’on s’engueule et qu’il soit malheureux- je l’aime bien, Vincent- on a décidé de faire un break et ça me fait un bien fou.

Reste Marine, l’héroïne de « Jouer au monde » qui croit avoir trouvé l’homme idéal avec Antoine, au point d’en devenir quasiment dépendante. Oui mais… il y a la mère d’Antoine, qui quitte un jour son foyer : « Elle avait atteint ce point de non-retour où il ne suffit pas de caresser un rêve de fuite pour arriver à vivre ».Ce n’est pas du désamour, elle laisse une lettre à son mari : « Il ne comprendrait pas, bien sûr, mais après douze ans de vie commune elle ne pouvait se résoudre à disparaître sans un mot, sans lui dire les sentiments qu’elle éprouvait toujours pour lui. Elle pensa qu’il allait la détester, et elle continuer à l’aimer. Curieux paradoxe. » C’est l’envie d’être libre : « Elle s’étonna du sentiment de liberté qui l’envahit soudain comme une jubilation. Il y avait des années qu’elle ne s’était pas aventurée seule sur une route déserte à cinq heures du matin… Durant douze ans, elle avait mené une vie lumineuse, sans un regard pour ses zones d’ombre. Elle s’était appliquée à domestiquer ses pulsions, à enfouir ses secrets… Elle ne se demanda pas de quoi serait fait son lendemain. C’est précisément pour ne plus avoir de réponse à cette question qu’elle partait. »

Et de la même façon, Marine s’affranchit de la dépendance à Antoine quand elle perçoit sa possessivité (je ne raconte pas, au cas où certains ici n’auraient pas encore lu cet excellent roman J)

baiser1.jpgCette constance dans le refus non pas de l’Amour ou d’un projet de vie avec quelqu’un mais dans le refus de l’entité « couple » aussi vague et étrange que « les marchés » dans la bouche d’un économiste, ce couple qu’il faudrait préserver, protéger, stimuler comme si point de vie amoureuse en dehors de lui vient de loin. Dans un manuscrit écrit à 24 ans « Entre les deux, la vie… » et jamais publié, j’avais imaginé Anne, héroïne moderne, publicitaire, marié à un bel architecte, couple ouvert sur d’éventuelles liaisons transparentes l’un à l’autre, etc… Mariage libre, comme on disait dans les années soixante-dix. Pourtant, à la fin du livre elle partait :

« Elle aura une petite valise toute légère, on ne se charge pas quand on part à la recherche de soi-même. Anne ne renie pas son bonheur, elle y tient beaucoup, le soigne, le cajole… mais il arrive toujours un matin, ou plus souvent un soir où l’on se dit : « Le bonheur, oui, et après ? » On se dit ce jour là qu’on a passé avec succès le cap de la naissance. Que l’autre cap, le grand, sera de bien savoir mourir. Et entre les deux, fragile et dérisoire, la vie. Alors un soir on quitte son travail sûr pour un autre imprévu et fragile en rêvant de biographies qui diraient : « il a été plombier, explorateur, marchand de chaussures et savant » au lieu de dépeindre le fil monotone d’une carrière brillante menée de l’enfance à la mort. .. Savoir en somme renaître seul. Et recommencer. »

mari_s4.jpgLa fuite omniprésente dans mes livres. Pas étonnant qu'« Eloge de la fuite » de Henri Laborit soit un de mes livres préférés, ni que je fasse mienne la phrase de Benoîte Groult : « Aimer, c’est rester deux, jusqu’au déchirement parfois. »

« Luc sourit,  Lola verra si elle le vit un jour, c’est une vérité soigneusement cachée, on préfère parler d’amour et de partage, la grande escroquerie du couple c’est de ne pas révéler qu’en fusionnant, chacun s’est amputé d’une part de lui-même et n’aura de cesse de la retrouver au prix d’un affrontement quotidien avec l’autre, tout être humain n’a qu’une obsession : se sentir exister, l’ego est mille fois plus puissant que l’amour,  ne s’en détachent vraiment que les saints ou Bouddha, mais pour y parvenir, la plupart ont vécu solitaires !  «Vois-tu Lola,  dès qu’on est amoureux le compte à rebours commence,  on se croit en sécurité, mais c’est déjà la tendre guerre. Christine est avocate, chaque jour elle reçoit des couples qui se séparent, des gens qui se sont aimés au point de vivre ensemble et de faire des enfants, mais qui sont capables de se haïr avec une force inouïe lorsqu’ils divorcent. » (Ce qui trouble Lola)

C’est peut-être pour avoir su cela très tôt, pour avoir regardé autour de moi vivre, s’aimer et se déchirer tant d’hommes et de femmes, pour les avoir vus refaire promptement leur vie après un deuil ou une séparation- rien de tel pour remettre l’ego à sa juste place !- pour avoir librement et passionnément exploré la planète masculine, que je peux  vivre avec un homme sans jamais penser « couple », laisser la porte ouverte et l’aimer depuis 40 ans malgré toutes nos différences et nos divergences.


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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 12:34

joueraumonde COUV4bis« Au bout du compte, le pouvoir avait été conquis. Sublime victoire que Marine fêta largement dans les rues de Paris, avec le sentiment de vivre une mirifique page d’histoire. Le bonheur capable de creuser les reins avec presque autant d’intensité que l’amour, elle le connut cette nuit là, tandis que les gens s’interpellaient joyeusement aux carrefours et que les automobilistes klaxonnaient à tout va en hurlant, comme à l’issue de n’importe quel match de foot : « On a gagné, on a gagné ! » Elle s’était retenue d’ajouter : « Les doigts dans le nez », la solennité historique n’aurait pas toléré de tels débordements, mais elle, Marine, se sentait tout simplement heureuse, avec une envie irrépressible d’embrasser le monde entier. » (JOUER AU MONDE, p.104)

an01r__dit_.jpgC’était le 10 mai 81, j’étais enceinte de 5 mois. J’avais dit à mes beaux-parents en mal de devenir grands-parents que je n’aurais d’enfant que sous la gauche au pouvoir. J’ai tenu parole : l’une est née en 81, l’autre en 88 J. Mais après ce 10 mai, il y a eu le tournant de 1984, dû à  « la crise économique ». On a laissé faire « pour ne pas gêner la gauche au pouvoir disaient les syndicats » et j’en ai eu des regrets, voire des remords. 

 Le 6 mai 2012, l’air est plus léger, débarrassé d’un homme qui n’a cessé d’attiser la haine, la crainte de l’autre, la vulgarité ostentatoire, le rejet des pauvres épinglés comme assistés, le refus des différences… Diviser pour régner, la recette est connue mais marche toujours. Rassembler est plus difficile, mais le plus difficile est ailleurs : dans la tête de chaque personne à qui on assène des « vérités » qui ne sont que des croyances.

Pour changer le monde, il faut prioritairement réévaluer ses croyances à l’aune de la réalité. A ce propos, rappelons à François Hollande qui n’est pas exempt de croyances, que :

-La crise n’est pas « sans précédent » comme on nous l’assène. Depuis que l’histoire humaine existe, il y a eu des centaines de crises et de guerres autrement plus graves. C’est au sortir de la guerre de 39/45- plus qu’une crise, une horreur- que le Conseil National de la Résistance a créé la retraite, la sécurité sociale… bref ce modèle social qui a permis de relancer le pays et de vivre 30 glorieuses dont la majorité des citoyens ont profité.

-La crise financière n’est pas une fatalité, elle résulte de décisions prises par des gouvernants dans différents pays, soumis à ce qu’on appelle la Phynance. Sans changer ces décisions- par exemple le rôle de la Banque Centrale européenne et celui des banques privées- le changement ne sera que saupoudrage.

-Sortir du nucléaire ne va pas détruire des milliers d’emplois mais au contraire en créer des milliers, tant il faudra d’ingénieurs, de techniciens et d’ouvriers pour assurer le démantèlement des centrales en toute sécurité, tout en concevant et réalisant des modes de production d’énergie renouvelables et fiables. La transition énergétique et d’une façon générale la transition écologique sont la condition sine qua non de la fin de la crise économique. De plus, le nucléaire ne nous rend pas indépendant puisqu’on dépend de pays étrangers pour la fourniture d’uranium, minerai d’ailleurs pas inépuisable…

-On lutte mieux contre l’insécurité en luttant contre l’insalubrité des logements et la précarité qu’en mettant un flic derrière chaque immigré.

Etc, etc…

Mais pour tout cela, ne pas compter sur un homme providentiel, ni même sur plusieurs hommes et femmes.  Changer ses logiques de pensée, changer soi-même sa façon de vivre publique ou privée, ça modifie en profondeur le paysage et ça fait tache d’huile. C’est long, parfois difficile, mais nettement plus efficace et durable.

« J'appartiens à une génération qui a rêvé d’un monde plus juste, plus tolérant, plus joyeux, et qui a échoué avec pour seule excuse à ses renoncements « l'épreuve des faits ».

À « l'épreuve des faits », il paraîtrait que les lois du marché, le terrorisme éco­nomique ou guerrier et le mépris de certains peuples pour d'autres seraient inévitables, quasiment biologiques... Exactement comme on m'avait dit immuables les lois du couple, de la jalousie et le nécessaire renoncement, lorsqu'on devient adulte, à ses idéaux de jeunesse. Aujourd'hui, en dehors du plaisir que j'ai à vivre mes amours plurielles, je pense qu'une de mes satisfactions est d’avoir montré que rien n'est immuable quand on veut vraiment changer. (Aimer plusieurs hommes, p.169)

image-sites-400pxA ce propos, un petit changement a déjà eu lieu. Depuis quelque temps, des enquêtes montraient que le stress minait la libido de nos contemporains. Libido, qui, comme chacun sait, ne se limite pas au sexe mais irrigue l’énergie et la créativité humaines. Conséquence : mes livres stagnaient en librairie comme sur notre site. Et voici que je viens de recevoir trois commandes de « Aimer plusieurs hommes » et une de « Himlico », recueil de contes positifs et joyeux. Continuez, continuez, vos amis seront heureux de ce genre de cadeaux J moins chers qu’un joujou technologique, jamais en panne de batterie et insensible aux virus et bugs informatiques. Que du bonheur !

Pour finir, un petit cadeau infiniment ringard mais qui me met en joie. 

http://www.youtube.com/watch?v=YDEgNp62jGk

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 13:28

De mes 19 ans- âge de mon premier salaire- jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours scrupuleusement payé l’impôt sur le revenu … sauf en 2010, car j'avais gagné si peu en 2009 que je me suis retrouvée non-imposable pour la première fois de ma vie. J’aurais dû crier « Youpi ! Pas d’impôt! » et en fait pas du tout. 2009 avait été une année de merde où je devais faire attention à chaque dépense, renoncer à partir loin en vacances moi qui adore les voyages, éviter les restos et les bars, les boutiques de fringues et les cinoches. Encore avais-je la chance, petite fourmi que je suis, d’avoir économisé durant mes années fastes, mais comme je ne savais pas combien de temps dureraient les vaches maigres, je faisais super gaffe à ne pas trop puiser dans mon cochon-tirelire.

coccinelle.jpgBref, comme on dit sur Canal+, j’ai trouvé qu’il était infiniment plus agréable de gagner correctement sa vie et de payer des impôts que l’inverse. Parce que d’une façon générale, si l’argent ne fait pas le bonheur,  il aplanit bien des soucis. Le nier serait irréaliste et l’écrire n’empêche pas d’être de gauche. Cette remarque pour répondre aux tracts nauséabonds qui circulent en cette dernière ligne droite de campagne électorale, dénonçant le fait que certaines personnalités de gauche  nageraient dans l’or et le caviar. Sous-entendu : si on est riche, on doit être de droite. Ou alors : seuls les gens de droite ont le droit d’être riches. Foutaise ! Ce n’est pas une question d’argent, c’est une question d’attitude de vie. Effectivement, certains tenants de la gauche « caviar » ont dérivé vers la droite et jusque dans les bras du futur ex-président, tout comme certains soixante-huitards sont devenus des bourges réactionnaires. Mais pas tous, heureusement.

picsou.gifEtre de gauche n’oblige pas à être miséreux, il existe d’ailleurs des miséreux de droite ou d’extrême-droite. Cela signifie vouloir rendre le monde plus juste, plus égalitaire, plus tolérant, plus fraternel. Et notamment payer des impôts en fonction de ses moyens. Ce qui est loin d’être le cas actuellement. Notre système fiscal toutes taxes confondues aboutit à un résultat surprenant. En 2010, un ménage gagnant 1700 € par mois payait une taxation totale (tous prélèvements confondus) d’environ 45%, contre 35% pour un  ménage déclarant 63 000 € par mois. Comment ce fait-ce ? Tout simplement parce qu’en France, seul l’impôt sur le revenu est progressif : de 0 à n, on paye tant%, de n à p, on paye un peu plus, de p à x, un peu plus, et ainsi de suite.  Toutes les autres taxes ou cotisations sont au même taux par tout le monde : cotisations sociales, CSG/RDS…, taxe sur les produits pétroliers, etc.  Même les non-imposables ne sont pas exempts de  taxation : ils paient  la TVA (au même taux que les milliardaires) sur tout ce qu’ils achètent, et la TVA est l’impôt le plus important : à peu près 50% des recettes de l’Etat, contre moins de 20% pour l’IR.

La seule façon de réduire les inégalités est donc d’augmenter le taux supérieur de l’IR, et de multiplier les tranches pour le rendre plus progressif. En revanche,  baisser l’I.R comme l’a fait NS et augmenter la TVA de 5 à 7%, c’est-à-dire sur les produits de première nécessité (et les livres…), c’est délibérément appauvrir les plus modestes et favoriser les plus aisés.

Il a été calculé que 10% des ménages les plus aisés ont profité de 70% des baisses d’impôt et niches fiscales (source : Observatoire des inégalités)

jambon.jpgAugmenter l’IR permet à l’Etat de mieux financer les aides sociales, ce qui permet à leurs bénéficiaires d’assumer leurs dépenses. Eh oui, quand ils ont quelques sous, les pauvres consomment, et ça stimule l’économie. Les riches placent leur argent et spéculent, vu qu’il y a un stade de revenus où on arrête de consommer, faute de besoins à satisfaire. En d’autres termes, l’augmentation de l’impôt sur le revenu pour les tranches les plus élevés est un des meilleurs moyens de sortir de la crise en relançant la croissance pour ceux qui en ont besoin.

einstein.jpgOn me dira : « Ouais, mais y a pas de raison que les riches paient toujours pour les pauvres » (qui sont comme chacun sait des assistés, des paresseux, des profiteurs, des français qui ne se lèvent pas tôt sauf les éboueurs, les boulangers, les postiers du tri, le personnel soignant J, les ouvriers en 3x8 et j’en passe… ). Que nenni mes seigneurs, vous bénéficiez aussi du partage des richesses! Les équipements publics servent à tous sans distinction de revenus. Routes, hôpitaux, écoles, administrations, police, justice, transports sont au service de tous les citoyens. Cerise sur la forêt Noire : l’Etat subventionne largement des équipements culturels –Opéra, théâtre, musées- dont profitent davantage les foyers aisés ou moyens que les plus pauvres. Pour amener un gamin au BEP, l’Etat aura déboursé 100 000 €, 200 000 € pour un élève de grande Ecole, majoritairement issu de familles aisées. Elèves qui sont rémunérés durant leurs études s'ils font l’ENA, Polytechnique ou Normale Sup, tandis que de nombreux étudiants en fac doivent trouver un boulot pour financer leurs études. Appelle-t-on ces gosses de riches des assistés ?

 tax_collector.jpgDans une vie antérieure, j’étais Inspecteur du Trésor et Valery Giscard d’Estaing Président de la République pas précisément de gauche. En ce temps là, la tranche supérieure de l’IR était à 60% (41% aujourd’hui) et  les niches fiscales n’existaient quasiment pas. L’impôt sur les sociétés était à 50% (33,3% aujourd’hui) et tout le monde s’en trouvait bien, entreprises et salariés.  

En 2011, grâce  aux délocalisations dans les paradis fiscaux et à diverses manips comptables, l’impôt sur les sociétés réellement acquitté est en moyenne de 3,3% pour les entreprises du CAC 40- sauf les quatre où l’Etat est actionnaire- et de 15 à 33,3% pour les autres entreprises, les PME payant davantage que les grosses sociétés, et on ne parle que de licenciements, de réduire les salaires et d’austérité. Cherchez l’erreur ! 

Jeudi, 19 avril, dernier billet jusqu’au 6 mai. Ce blog reprendra ensuite… peut-être. Ca dépendra de mon humeur après le 6 mai.  En attendant, je vais humer l’air du temps : cahier et stylo, amours, délices et crustacés, livres et balades changeront de cet écran.


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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 13:00

zeus.jpgEn ce temps là, l'homme ne savait pas grand chose et s'effrayait d'un rien : la foudre, le ventre de la femme qui s'arrondissait, les maladies, l’ouragan meurtrier, tout lui faisait peur car il ne comprenait pas l'origine de ces phénomènes. Alors l'homme créa les dieux pour se rassurer. Dieu de la foudre, Déesse de la fécondité, Dieu de la mer aphrodite.jpgetmême Dieu et Déesse de l'amour pour expliquer la tétanisation stupide qui saisissait l'homme à la vue d'une croupe bien roulée et de jambes des femmes comme des compas arpentant le globe terrestre en tous sens, lui ne connaissait pas Truffaut, moi, si.

wotan.jpgLes premiers dieux, qu'ils s'appellent Zeus, Jupiter ou Wotan étaient des gaillards solides mais braves, paillards et désireux de profiter au maximum de leur divine existence, sur terre comme au ciel. Hélas, l'homme ayant créé les dieux à son image ce qui est bien compréhensible puisqu'il était sa seule référence, il ne tarda pas à imaginer une mythologie humaine, c'est-à-dire inhumaine. Trop souvent l'expression « c'est humain » qualifie les comportements les plus mesquins, jaloux et cupides. Mythologies violentes, donc, dans laquelle les dieux grecs, nordiques ou romains ne cessent de se battre, d'engrosser sauvagement des terriennes puis d'abandonner le fruit de leurs entrailles, voire de les manger ou les tuer. Un ramassis de meurtres, enlèvements et vengeances sur trois générations de dieux, demi-dieux et avatars.

jésusHeureusement survint un type nommé Jésus, qui avait le bon goût de multiplier les pains,  transformer l'eau en vin, ressusciter les morts, faire voir les aveugles et scander « Aimez vous les uns les autres » à chaque carrefour dans Paris que l'amour rafraîchit au printemps, bien qu'il ne connût pas Brel et ne sût pas valser, à moins que les Evangiles nous aient caché ses compétences en la matière.  Un bisounours, comme on dirait aujourd'hui, sous l'égide duquel les humains auraient dû s’aimer sans réticence,  puisque Dieu ayant doté la femme d'un clitoris totalement inutile pour la procréation, c'était bien la preuve qu'Il voulait que l'Homme et la Femme eussent grand plaisir ensemble. « Que sa volonté soit faite ! » aurait pu penser l'homme en s’offrant une sieste amoureuse après avoir cueilli quelques fruits mûrs et ramassé les œufs  du jour, merci Terre et Poule nourricières.

Eh bien non ! Avec un masochisme obstiné, l'homme s’appliqua à mettre mille freins à ces bonheurs simples, comme s'il ne trouvait de plaisir que dans la contrainte. Stigmatisation de la femme comme un Démon tentateur, voile sur les unes, burqa sur les autres, pudibonderie sur les dernières, jalousie des mâles entre eux, et, pour finir, rivalités entre les différents courants monothéistes qui auraient pu et dû penser que si Dieu unique ils avaient créé, ce n'était diable pas pour que Le Père envoie faire crucifier son fils, plume le St Esprit et considère comme mécréants les adeptes d'Allah ou de Jéhovah ! Au nom de Dieu, l'homme fit donc moult guerres de religion, croisades, Inquisition, exécutions sur le bûcher de femmes jugées « sorcières », conversions forcées de malheureux amérindiens ou noirs animistes, Djihad, fatwa, difficulté pour un ou une goy d'épouser un juif  ou une juive pure Torah, et j'en oublie sûrement.

Bref, ces religions qui ne cessent de proclamer « tu ne tueras point » et rappellent que la vie est sacrée « donnée par Dieu, retirée par Dieu » ( au point que le suicide vous rend indigne d'un enterrement religieux) ont provoqué des milliers de morts, de guerres et d'attentats à travers les âges.

Je doute que la laïcité et l'athéisme ait conduit à de tels égarements meurtriers…

Heureusement, les guerres ne durent pas l'éternité, mais même en temps de paix, l'Homme se gâche la vie avec la religion. Entre les interdictions de manger ceci ou cela (vache chez les Hindous, porc chez les musulmans et juifs, jeûne chrétien du vendredi), les purifications rituelles et les choses impures le plus souvent liées à l'activité sexuelle systématiquement vilipendée par les religieux alors que sans elle, ils ne seraient pas là, tout plaisir de chair comme de bonne chère devient péché. Sans parler des rites et interdictions concernant l'électricité, la façon de s'habiller, de prier, de marcher, de dessiner, de se coiffer.... qui vous minent le quotidien.

Au final, ces Dieu(x) que l'homme avait créés pour se rassurer face aux phénomènes naturels qui le déconcertaient, et en qui il continue de croire alors qu'il sait à présent tout de la foudre et des maladies sont devenue plus contraignants que libérateurs, source de plus de souffrance que de bonheur... excepté au moment de la mort, où la perspective qu'il y ait une vie au-delà de l’Acheron console parfois les moribonds de s'être pourri l'existence avec la religion.

amis.jpgQue ce soit clair : ce billet n'est pas athée. Il constate seulement la propension de l'humain à transformer ce qui pourrait être doux et bon-  divinités bienveillantes et rassurantes- en tyrannie génératrice de frustration, agressivité et violence. Est-ce du masochisme ou de la méchanceté, cette propension à irriter son âme et sa peau jusqu’au prurit, qu’il pratique avec d’autres « vraies valeurs » que la religion ?

L'amour, qui ne devrait être que joyeux sinon à quoi bon ? et que l'humain a dramatisé avec la jalousie, les chagrins d'amour, les conflits de pouvoir et les crimes passionnels. La famille, qui devrait constituer un refuge complice pour ses membres, et qu'il a rendue tragique avec les querelles d'héritage, les violences conjugales, les rivalités fraternelles, les maltraitances aux enfants, l'inceste... La Terre enfin, planète ô combien jolie, que l'homme a défigurée avec la déforestation, les pollutions, l'urbanisme de merde, les massacres de la flore et de la faune... et j'en passe.

Heureusement qu’il reste des esprits libres comme Voltaire- athée et libertin- pour affirmer : « j'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé ».

 

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