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23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 10:35

Après avoir écrit un bout de mon prochain livre, j'ai commencé un billetblog, que j'ai interrompu sur la constatation que cela me gonflait de commenter une fois de plus la vie, le monde, les faits d'armes d'Untel ou Autretelle en spectatrice du monde certes concernée, mais spectatrice tout de même. Alors je suis sortie, il faisait frais et beau, j'ai marché des heures dans la ville, admiré des façades magnifiques, terminé la journée en prenant un verre avec un garçon adorable, un copain de ma fille, et c'était bien. Je suis revenue en rêvant d'aventuriers au front buriné par le sel et le vent, aux yeux délavés par le ciel et la mer, d'aubes naissantes sur le port du Pirée, de couchers du soleil dans le désert Australien, du marin croisé un soir sur le port de Serifos et de toutes ces rencontre fortuites qui peuplent la mémoire...

 

 

lucky



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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 15:20

auvergne-son.jpgRencontre avec la responsable  livres du « Transfo », organisme régional voué à l'art et la culture en Région Auvergne, qui œuvre notamment à former les artistes afin de leur donner des armes juridiques pour se défendre dans ce monde cruel. Je suis émerveillée par le bouillonnement artistique de cette région, au point que dans ma médiathèque du 92, une rubrique est consacré au « rock clermontois » et que la région a déjà sorti trois CD regroupant des musiciens débutants ou confirmés. Pépinière de talents, l'Auvergne, tout comme d'autres régions: il suffit de se déplacer « en province » comme disent les Parisiens, pour découvrir des pépites dans l'écrit, la musique, les arts plastiques ou les spectacles de rues. Des gens « qui n'en vivent pas », comme on dit, mais animés d'une passion à surmonter tous les obstacles.

P1000840.jpgA propos de « qui n'en vivent pas », j'exprime à mon interlocutrice l'énervement que m'inspire la phrase « on ne vit pas de sa plume », comme s'il était normal de ne pas vivre d'un travail qui prend la tête et énormément de temps. En France, moins d'une centaine d'écrivains ne vivent que de leurs romans, les autres y ajoutent une activité de journaliste, enseignant, infirmière, médecin, plombier, kiosquier, agriculteur... pour ne citer que les métiers d'auteurs qui ont réussi à se faire publier. Même chose pour les musiciens, les cinéastes ou les intermittents du spectacle qui travaillent comme des malades pour des sommes faramineuses, genre 600 euros par mois, ou dépendent pour vivre d'allocations ô combien menacées par les temps qui courent .

Le leit-motiv qu'entendent les créateurs, c'est qu'ils ont de la chance d'avoir un métier/passion, et du coup on les paye au lance-pierres.

-C'est vrai, et on les habitue à penser qu'ils sont et resteront précaires. Ça commence par les jeunes artistes, parce que personne ne les plaindra (« Si t'es pas content, va bosser dans le bâtiment, on cherche des bras »)et ça gagne peu à peu tous les emplois.  On habitue les gens, et surtout les jeunes, à penser que la précarité est un état durable, paradoxe linguistique ! Il est vrai que la précarité favorise la crainte et la soumission.....

Qu'il semble d'autant plus démagogique, le discours du candidat pas encore ex-président-mais-bientôt- espérons-le, qui divise les gens- c'est sa devise « diviser pour régner »- entre ceux qui bossent, ceux qui pourraient bosser avec une bonne formation (que n'a-t-il mis en place ces formations durant son quinquennat ? Avez-vous essayé d’obtenir une formation en étant demandeur d'emploi ? Un vrai parcours du combattant...) Ensuite, selon NS, il y a les assistés, dont on entend derrière ce mot méprisant que ceux-là « profitent du système », (c'est son obsession, les profiteurs pauvres, mais pas les autres), et enfin ceux « qui n'en peuvent plus et ont besoin de la solidarité nationale », sans doute les SDF dont il avait promis en 2007 audiovisuel.jpgque s'il était élu il n'y en aurait plus un seul fin 2008. Sait-il au moins, ce candidat qui gouverne la France depuis 5 ans et découvre le peuple qu'il n'avait pas daigné voir quand des millions d'entre eux défilaient contre ses projets de lois socialement régressives, sait-il qu'en France plus de 5 millions de chômeurs- oui, 5 millions, car si vous bossez quelques heures par mois, vous n'êtes plus chômeur recensé mais n'avez pas pour autant un emploi permettant de vivre- que 5 millions, donc, de personnes, ont envie de travailler, mais qu'avec seulement 200 000 offres d'emploi non satisfaites en France, 4 800 000 personnes n'ont quasi aucune chance de rebosser, sauf à créer des emplois dans des secteurs novateurs avec l'appui des Pouvoirs Publics, puisque depuis trente ans, l'exonération de charges sociales et les cadeaux fiscaux aux entreprises n'ont aucunement contribué à réduire le chômage.

LASCAUX.jpgOn est loin de la culture par quoi j'ai commencé ce billet ? Malheureusement oui, on en est loin car, l'avez-vous remarqué, la culture est quasi absente des joutes électorales actuelles. On n'y parle que d'argent, d'emploi, de compétitivité et de sécurité, comme si l'humain n'avait besoin que de cela pour vivre. Pour survivre, oui, sans doute. Mais ce qui rend l'humain humain, c'est la culture. J'ai déjà écrit ici que si l'homme préhistorique, après une journée épuisante à traquer le mammouth, avait éprouvé le besoin de dessiner sur les grottes sans espoir d'avoir un public et des acheteurs pour ses œuvres, c'est que la culture était plus qu'importante : essentielle. L'essence même de la civilisation. Que retient-on d'un pays? Les Pyramides d'Egypte, la muraille de Chine, les églises de tous styles, la Bible, Léonard de Vinci, Victor Hugo, Bach, Mozart ou Miles Davis, les thermes romains, les temples Incas ou Hindous, les peintures aborigènes, les sculptures du Zimbabwe, les masques Vaudous, toutes les musiques... Si la France demeure la première destination touristique au monde, c'est certes parce que ses paysages sont magnifiques et qu'on y mange bien- la cuisine étant en elle-même une culture- mais aussi parce qu'on y trouve, sur un territoire pas très grand, un concentré unique d’œuvres d'art de toutes les époques. Si les Américains et les Australiens découvrent sur le tard les Indiens et les Aborigènes qu'ils ont massacrés et appellent désormais « natives» pour signifier qu'ils sont à l'origine de leur pays, c'est bien parce qu'il est important de savoir d'où l'on vient pour savoir où l'on va.

Une civilisation qui néglige la culture cesse rapidement d'être civilisée. J'ai connu un homme avec qui les discussions s’achevaient souvent par une explosion de violence de sa part quand nous n'étions pas d'accord. Un jour où je lui en fis la remarque, il répondit : « Oui, mais toi tu maîtrises les mots, moi je n'ai pas fait assez d'études. Alors quand je ne trouve pas les mots, ça me donne envie de crier ou frapper. » (il n'avait que crié, sachant qu'un geste de trop m'aurait fait fuir à jamais.). Les mots, comme antidote à la violence...

Oui, la culture est un des meilleurs vecteurs de cohésion sociale et de construction de l'identité de chacun. Gérard Depardieu, Djamel Debbouze, Fabrice Luchini, et bien d'autres l'ont raconté : les livres et l'art les ont sauvés. C'est bien pourquoi il est significatif, et inquiétant, que la culture soit à ce point absente de la campagne électorale. »

livre.jpg

 

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 22:56

entrepot2.jpg« L'amour a un inconvénient : il est déraisonnable, avec les excès que cela peut engendrer, mais il doit être déraisonnable, sinon ce n'est pas de l'amour » (Charles Dumont, spécialiste des chansons d'amour bien sucrées). Que sont agaçants ces grammairiens de l'amour, qu'il soit unique ou pluriel, armés de leur certitudes pour jeter l'anathème sur celui ou celle qui ne répond pas exactement à leur définition. «Tu n'es pas jaloux, tu n'aimes pas vraiment », « si tu m'aimes tu dois me comprendre » »aimer au pluriel, est-ce réellement aimer? » « l'amour pardonne tout» « l'amour ne supporte aucun compromis » Tout et son contraire. L'amour est enfant de Bohême, passion itinérante, mais également sagesse extrême des amants qui pensent qu 'aimer n'est pas fusionner, mais toujours rester deux, jusqu'au déchirement parfois.

P1020420 (640x480)Silence de campagne. Par la fenêtre glacée, les nuages dessinent des ombres laiteuses. La lune passe, habillée d'une brume légère comme un anneau de Saturne. Comme une jupe couleur du temps que le vent se plairait à soulever. Serait-ce cela le désir ? Une pulsion irrésistible, venue d'on ne sait où, comme le vent ? (qui ne sait pas non plus où il va) Ou le désir naît-il plutôt d'un chemin commencé il y a longtemps, sur des terrains inconscients, et arrivé aujourd'hui là où de tout temps il devait arriver ? Désir fatalitas ? Certains prétendent qu'il naît de l'attente, d'autres de la curiosité. Qu'il faut que le cœur et le corps le ressentent comme une morsure, qu'ils l'appréhendent et le recherchent à la fois. Surtout pas ! s'écrie un troisième. Il faut pour désirer ne pas avoir peur de l'autre, sinon comment s'abandonner ? Désir sans confiance serait ruine de l'âme. Confiance, oui, mais en qui ? En soi, en l'autre ? Les deux mon capitaine.

« Sais-tu pourquoi tu es là ?

- Pour voir si j’ai confiance en toi et en moi.

-Et alors ?

-Il est trop tôt pour répondre.

-Sais-tu ce que je vais te faire ?

-Je n’en ai aucune idée.

-Alors tu as la réponse à ta question. »

(Autres désirs, autres hommes,  Jeux de miroirs2)

 

hardellet.jpgEchappant à toute définition qui l'enfermerait, le désir est comme une bille de mercure : étincelant, fugace et fuyant... Comme celles avec lesquelles je jouais étant petite ( je parle d'un temps où les enfants jouaient avec le mercure échappé d'un thermomètre brisé et faisaient des mines de diamant avec les débris éparpillés d'un pare-brise en miettes...). Si on l'approchait tout doucement, le mercure se laissait toucher, doux et lisse sous la pulpe des doigts, puis il fuyait très vite à l'autre bout de la boîte où on l'avait déposé. Il arrivait qu'il fusionnât avec une autre bille, se transformant alors en petite flaque de mercure plus lourde, plus lente, moins vive. La fusion ne lui réussissait pas. Comme au désir ? Peut-être. Quoique un des plus beaux livres de désir se nomme « Lourdes, lentes » (René Hardellet). Mais petite ou lourde, lente ou vivace, la bille ne mercure ne se laissait jamais complètement attraper. Comme le désir ?


chatterley2.jpg

 

 

 

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 14:18

groult mon évasionLe 31 janvier dernier, vous eûtes 92 ans. D’aucuns vous croient presque immortelle mais ce n’est pas mon genre, excepté si vous étiez Académicienne. Alors comme je déteste les hommages posthumes où « les morts sont tous de braves types » disait Brassens (les femmes aussi sûrement…) j’ai envie, avec pour prétexte votre récent anniversaire, de vous remercier dès aujourd’hui pour tout ce que vous m’avez donné.

Sans doute vous trouvé-je géniale en raison d’affinités de pensée, il est rare que l’on admire des personnes qui pensent rigoureusement aux antipodes de vos convictions, mais pas que… Si je suis effectivement féministe, amoureuse de la vie et des hommes et révoltée par les discriminations quelles qu’elles soient, ce n’est pas sans mélancolie parfois, comme une sorte de découragement. Et là, c’est bien grâce à vous que j’ai su garder la petite flamme qui toujours éclaire l’obscurité et les obscurantismes.

Quand je me sens découragée, relire la diatribe de George contre Gauvain qui répète « C’est comme ça  » pour excuser sa résignation (in « les Vaisseaux du cœur »), me requinque illico, et me permet d’engueuler copieusement mes Gauvain à moi, ni pêcheurs ni Bretons, mais parfois bien défaitistes…

groult vaisseauxAh ! « Les Vaisseaux du cœur »… L’ai-je lu huit fois, dix fois ? Impossible à dire, je le connais presque par cœur. J’aime me blottir dans mon gros coussin rose et en relire quelques pages correspondant à mon humeur du moment, j’aime retrouver dans vos descriptions quelques uns de mes souvenirs : « Quand la vie tient ainsi tout entière dans l'instant et qu'on parvient à oublier tout le reste, on atteint peut-être la plus intense forme de joie. »  On croit que le désir est infiniment personnel, que nulle autre que soi n’a ressenti une telle intensité, et c’est pourtant avec une jubilation sans pareille que j’ai lu vos pages sur le désir dans lesquels je reconnaissais certains des miens. Les Vaisseaux du cœur me servent aussi d’étalon-mesure : un homme qui n’aime pas ce livre aura du mal à me séduire.

groult touche étoileAujourd’hui où j’ai de plus en plus conscience qu’il me reste à vivre moins que ce que j’ai déjà vécu, je suis émerveillée par votre description si honnête de l’âge. Vous n’êtes pas du genre à vous bercer d’illusions sous prétexte que les gens vous trouvent toujours dynamique, pas plus que je ne crois ceux qui prétendent que je ne matriochka3change pas. Si, on change, mais comme vous l’écrivez, subsistent en nous l’enfant, la jeune fille, la jeune femme et la femme mûre…  « L'âge est un secret bien gardé. Dire ce qu'est la vieillesse, c'est chercher à décrire la neige à des gens qui vivent sous les Tropiques. » (La touche étoile) Peu de personnes ont le courage de le dire.

Je suis féministe et le resterai toujours. Il suffit de voir la fureur de certains hommes pourtant éduqués lorsque je leur lis des extraits de votre livre : « Cette mâle assurance » recueil de perles machistes énoncées par d’éminents poètes, scientifiques, philosophes, journalistes… à travers les siècles, pour comprendre combien nous sommes loin d’être sorties de l’auberge phallocratique. Ils sont en fureur non pas contre leurs semblables, mais contre moi, qu’ils soupçonnent d’être « en guerre contre les hommes ». Guerre, ô que groult ainsi soitellenon ! Là encore, Benoîte, vous avez fait beaucoup en montrant qu’on peut être viscéralement féministe et aimer tout aussi viscéralement les hommes. Qu’on peut s’indigner à raison : Il y a tout de même une distorsion incroyable des valeurs à voir des députés ou les forcenés de "Laissez-les vivre" nous présenter des embryons qui n'ont guère plus de conscience qu'une larve d'insecte, alors qu'on discute très abstraitement dans les instances internationales de la faim dans le monde, sans que personne ose poser sur la tribune un vrai enfant en train de mourir de malnutrition. Le seul contenu de nos poubelles ressusciterait le Sahel. (Ainsi soit-elle)

100_PANA685.jpgEt parler avec une tendresse infinie de l’homme aimé. Vous m’aviez reçue chez vous pour une interview sur « mai 68/ mai 2008 », juste avant de rejoindre à vélo l’éditeur qui vous conviait à déjeuner. Pédaler dans Paris à 88 ans, je rêve d’être capable de le faire !  Vous m’aviez raconté avec allégresse que vous vous apprêtiez à partir à la pêche à pied en Irlande (« en Bretagne, il n’y a plus rien à récolter ! ») avec une de vos filles, puis aviez enchaîné sur la merveilleuse complémentarité que vous aviez avec Paul Guimard : « Il aimait la voile, moi pas, j’aimais la pêche, lui pas. On partait donc ensemble en bateau, il naviguait, et je pêchais… »  D’autres auraient vécu cette complémentarité comme une opposition insoluble…

Ce jour là vous m’avez donné la plus belle définition de l’amour, que j’ai mise en exergue du « Guide des amours plurielles » : « Aimer, c’est partager tout ce qu’on peut et souhaite partager avec l’autre. Et pour le reste, mener sa vie comme on l‘entend. Seul cet amour est durable. » Vous m’aviez demandé depuis quand j’étais en couple, puis murmuré : « Continuez, vous verrez, avec les années, c’est de mieux en mieux… » Vous aviez raison, à l’opposé de tous les préjugés sur la routine inhérente à la vie commune. Nous avions parlé de la routine, que l’amour transforme en délicieux rituels et le désamour en ennui… Ennui qu’il faut aussi se garder de diaboliser, comme le veut l’époque, à laquelle vous résistez avec humour :

miroir.jpg-Aujourd'hui, mon chéri, on s'ennuie de quatre à six.

 -Encore? On s'est déjà ennuyés hier...

 -C'est bon pour l'imagination. On devient idiot si on ne sait pas s'ennuyer.

(La touche étoile)

Humour et féminisme, ce n’est pas si fréquent, je me suis souvent heurtée à des féministes pures et dures traitant « d’asservie du phallus » celles qui persistent à aimer l’autre sexe.

Mais votre plus beau cadeau, c’est votre amour de vous, qui m’a sûrement aidée à cultiver l’amour et la confiance en moi sans  culpabiliser. A une femme jalouse qui me reprochait d’être trop sûre de moi (étrange reproche…) j’aurais volontiers répliqué:

Eh bien oui, je suis égoïste. Et alors? Il me semble au contraire qu'en m'aimant moi-même je suis devenue plus généreuse avec les autres. Les perpétuels déprimés, voilà les vrais égoïstes. Rien de plus exigeant, de plus narcissique et égocentrique qu'un déprimé chronique! (Mon évasion)

Pour cette joie de vivre contagieuse, Benoîte, merci.


P1010356.jpg


 

 

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 18:51

Tom & Lou-Anh Wash 27 janv 2009 - 009 copyIl fait froid et il neige en février, quelle nouvelle sensationnelle, que les journalistes présentent comme historique, un tel froid n’ayant pas eu lieu depuis au moins dix ans. Leur mémoire est courte, comme en témoignent toutes les photos de cette page, prise en région parisienne, en Auvergne et à Washington durant les hivers 2009/2010 et 2010/2011.

Autre mémoire courte : après les affaires de l’amiante, du Mediator et autres scandales sanitaires montrant les conséquences des conflits d’intérêts lorsque des « experts » soi-disant indépendants ont des liens avec l’industrie qu’ils sont censés évaluer, c’était promis-juré : plus question de nommer des experts sans avoir évalué leur indépendance. Voilà le résultat, révélé par Générations Futures :

004Un groupe de travail de l’Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire (groupe de travail TTC) vise à permettre la mise sur le marché de substances chimiques toxiques sans aucun test toxicologique. ( approche dite TTC) Ce groupe a été créé en 2008 sans aucune évaluation en interne par l'EFSA ni par des évaluateurs externes. En effet, des documents reçus par PAN-Europe, émanant de l’EFSA après une demande d’accès à ces documents, révèlent que ce fameux groupe de travail a été convoqué et organisé par Susan Barlow, consultante anglaise du secteur privé de l'industrie, proche de longue date de l'industrie chimique finançant un groupe de pression nommé ILSI (International Life Sciences Institute). 10 des 13 membres du groupe de travail TTC de l'EFSA se sont avérés liés à l'industrie. L’avis positif de l’évaluation «indépendante» de l’EFSA sur l’approche TTC est donc sans surprise.

Quelle importance ? L’écologie, ça commence à bien faire comme disait NS. La preuve : les paysans de la FDSEA Ile de France ont manifesté le 3 février contre la politique environnementale du gouvernement (ils l’ont vue où, cette politique environnementale ???) C’est qu’à la FNSEA, messieurs, on veut continuer à produire beaucoup, à coup de pesticides et d’engrais, et tant pis pour les cancers et troubles endocriniens que provoquent ces saloperies, ça fera marcher l’industrie pharmaceutique, les hôpitaux et les Pompes Funèbres. Les cancers génèrent une activité économique non négligeable en temps de crise. (Petite parenthèse : le lobby le plus puissant à Bruxelles est le lobby de l’industrie chimique.)

008Mais tout cela n’a aucune importance pour le seul sujet qui passionne : l’érection présidentielle. L’écologie, que 82% des français trouvaient importante en 2010 est devenue la dernière de leurs priorités en 2012 . Pas parce qu’ils trouvent que la situation s’est améliorée, au contraire, mais plutôt parce qu’ils ne pensent pas que les gouvernants soient capables de prendre des décisions en ce domaine, comme l’ont montré les sommets de Copenhague et de Durban où il était une fois de plus « urgent d’attendre ». Résultat paradoxal: alors qu’elle serait l’une des plus habilitées à prendre des décisions écologiques, la campagne d’Eva Joly patine… Ce n’est pas une politicienne, elle a du mal à transmettre ses convictions pourtant bien réelles, et elle a fait quelques gaffes. Mais surtout, surtout, les français ont la mémoire courte. Fukushima, c’était il y a 9 mois. A l’échelle du tourbillon d’infos, une éternité.

Bon week-end, profitez du présent … Il nous reste la musique, l'amour et les savoureux plats d'hiver à déguster entre amis.

oiseaux pour web

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 15:22

causette couvDans la pléthore de magazines féminins, Causette fait figure d’OVNI : aucune pub de cosmétique, pas de pages modes, de « spécial minceur » ni de courrier du cœur. Or il plaît de plus en plus aux femmes, grâce à qui ce magazine bimestriel est devenu mensuel. « Plus féminine du cerveau que du capiton », c’est le slogan de ce magazine dit « féminin » que plein de garçons devraient lire pour devenir (encore) plus intelligents. Le numéro de février est particulièrement réjouissant. On y trouve de la politique (« Qui mettra la finance au pas ? ») pas ennuyeuse et bien écrite, de la culture pas forcément consensuelle (Stanislas Merhar, Marcel et son orchestre, Botul…) des reportages originaux (luxure en salle de garde) et la fameuse rubrique « On nous prend pour des quiches » qui recense quelques merveilleuses stupidités du machisme ordinaire.

Ce mois-ci, ce n’est pas une quiche, mais 24 que raconte Causette, puisqu’il est demandé de voter pour « la Quiche d’Or » précédemment remportée par « Nadine Morano (2010) et « le dico des filles »(2011). Vote ultra difficile tant les quiches sont savoureuses. Pour ma part, je ne retiendrai pas « le bilan de Sarkozy », bien qu’y soit rappelées pas moins de 15 promesses non tenues du Président, car la quiche, on la lui servira au printemps. En revanche, j’hésite entre la quiche 4 : Crème anti-rides Geogirl pour les 8/12 ans ( il n’est jamais trop tôt pour fabriquer des névrosées),  et la quiche  15 : serviette hygiénique parfumée au thym (qui permet de savoureux quiproquos « ca sent bon maman, t’as fait une pizza ? – Non, mon chéri, j’ai mes ragnagnas. ») Incroyable l’imagination des pubeux pour faire croire aux femmes qu’elles sont moches et grosses, sentent mauvais et suintent de partout…

chiens-de-garde.jpgAutre plaisir du week-end dernier, le documentaire: «Les Nouveaux chiens de garde »,  On y voit Alain Minc affirmer en février 2008  qu’on doit s’extasier devant l’extraordinaire plasticité du capitalisme sans lequel nous serions face à une crise grave, puis le même conclure en avril/mai que la crise est passée (DSK aussi : « la crise est derrière nous » disait le meilleur économiste de France) puis, en octobre 2008, chercher des pansements à cette foutue crise.

Tous les économistes sont-ils des charlatans ? Non, pas tous, un bon nombre alerte depuis des années sur l’argent fou et la fin d’un système gangrené jusqu’à la moelle par la corruption et la finance spéculative. Mais ceux-là, on ne les écoute pas. Les experts de la télé, qui sont là pour modeler 80% de l’opinion publique, les Minc, Godet, Cohen, tous présentés comme d’éminents universitaires- ce qu’ils sont- mais en omettant de préciser les liens étroits qu’ils entretiennent avec les entreprises du CAC40 et les politiciens, ces experts qui se sont trompés avec une obstination touchante s’obstinent dans l’erreur et continuent de marteler : « Trop d’Etat, manque de flexibilité, assistanat.. » avec une subtile sémantique qui transforme les cotisations sociales- outil de redistribution de la richesse produite- en « charges sociales » pesant sur les malheureux patrons.

sarko_grimace.jpg« Alléger les charges patronales pour favoriser la compétitivité et l’emploi : 20 ans qu’on nous le serine, 20 ans que ça ne crée aucun emploi ni empêche les entreprises de délocaliser vu qu’ailleurs, là où des gamins nettoient les cuves des pétroliers en s’empoisonnant le sang et où des fillettes cousent 15h par jour pour 15 € par mois environ, les profits sont toujours plus gras et que le profit, c’est la raison d’être du capitalisme.

20 ans que les mêmes « experts » serinent la même antienne à la gloire du capitalisme avec une conviction que rien n’entame, ni la crise, ni les faillites des banques, ni la dégringolade des Bourses.

Depuis des décennies- marrant de les voir débuter tout jeunes et peu à peu se dégarnir, prendre du bide et des paupières flasques, mais ne pas changer d’un iota leur laïus ultralibéral, depuis des décennies  donc, Michel Godet , par exemple, ne cesse de répéter que les français ne travaillent pas assez et ne sont pas assez compétitifs, au mépris des statistiques du BIT qui montrent que la France est un des pays à plus forte productivité et compétence de ses salariés. D’anciens virulents gauchistes comme Michel Field, qui prônait « la lutte armée contre le capitalisme », rentrent dans le rang pour le plaisir sans doute de faire partie du club très sélect du « Siècle », qui, une fois par mois, réunit journalistes, politiciens et hommes d’affaires à l’Automobile Club, place de la Concorde. L’important n’est pas d’être politicien, industriel ou journaliste, c’est d’être du même monde…

Quiconque s’intéresse à l’actualité depuis longtemps reconnaîtra bien des choses vues et entendues, mais « Les nouveaux chiens de garde » synthétisent et mettent en évidence le martelage de l’opinion publique et la façon dont toute autre parole est éludée ou discréditée.

En définitive, les Français qui continuent à contester les mesures libérales et à clamer qu’ « un autre monde est possible » - ceux qu’on présente comme des râleurs ou des « décroissants »-  montrent une belle liberté d’esprit face au matraquage dont ils sont quotidiennement l’objet. 


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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 13:15

pecheMon cousin Olivier dont j’ ai déjà parlé ICI,  est en train de réaliser son rêve de tour du monde à la voile et en famille. Parti il y a quinze mois, il a connu bien des galères. A travers le récit rédigé par sa femme  et le blog de sa fille Audreyon perçoit les galères de météo, le mal de mer et les avaries du bateau d’autant grainplus prégnantes que leur budget pour cette équipée est restreint. Plus d’une fois, j’ai admiré sa femme Virginie, qui ne partage pas la même passion du bateau qu’Olivier mais a accepté de l’accompagner dans son rêve, en sachant que toutes les tâches quotidiennes –provisions, cuisine, rangement, soutien scolaire des études à bordenfants qui travaillent par correspondance- seraient plus difficiles qu’à terre. Audrey et Damien, redoutaient aussi de quitter leurs copains. Vivre plusieurs années sur un voilier rien qu’avec ses parents, quand on a 13 ans au départ, ça peut faire peur… Mais Olivier tenait à ce voyage, pour que ses enfants comprennent qu’il existe d’autres façons de vivre que la consommation occidentale, d’autres paysages que les centres commerciaux, d’autres loisirs qu’Internet. (même s’ils l’utilisent pour communiquer pendant ce voyage).

capvert2Et de fait, au fur et à mesure qu’ils expérimentent et vivent des aventures dont une seule leur aurait paru insurmontable il y a deux ans, ils découvrent le plaisir de découvrir d’autres pays et d’autres habitudes, d’être en contact direct avec la brésilnature et la mer, et surtout de rencontrer des personnes qui, comme eux, ont choisi de larguer les amarres pour s’ouvrir l’esprit. Des personnes hospitalières, toujours prêtes à partager, aider et vivre de bons moments avec eux. L’inconnu cesse de faire peur pour devenir un être humain avec qui on parle et fraternise. L’opposé de l’ambiance sécuritaire qui fait de tout étranger un danger…

cap vertEh oui, les voyages forment, et pas que la jeunesse. Ils sont à l’inverse du tourisme qui promet « l’aventure en toute sécurité avec guide francophone », et parque les clients dans des hôtels où ceux-ci ne verront pas un autochtone, excepté parmi le personnel de service. Ils rendent plus libres et autonomes. Est-ce pour cela que l’on tente de dissuader les gens de voyager ? En tout cas, c’est l’impression qu’on a en lisant les conseils aux voyageurs du Ministère des Affaires étrangères (MAE). Les consulter donne envie de se planquer sous sa couette sans bouger tant le monde y est présenté comme dangereux, farci d’individus louches qui n’en veulent qu’à votre peau et votre porte-monnaie. Le langage dit « diplomatique » n’est pas ici de mise, au contraire :

5 terroristes ont été arrêtés à Melbourne en août 2009 alors qu’ils préparaient un attentat visant une base de l’armée à Sydney et 5 autres avaient été arrêtés en 2005 à Sydney. Le risque terroriste existe donc en Australie. (sans un seul attentat avéré, notons-le…)

Deux affaires de piraterie survenues en août et septembre 2011 doivent inciter les plaisanciers se rendant au Venezuela à redoubler de vigilance.

Allemagne : On constate un développement de la petite délinquance (vols à la tire) dans les zones touristiques et dans les grandes villes. Des agressions racistes sont régulièrement signalées.

Belgique : Malgré une diminution de la délinquance, les vols de liquidités et de documents d’identité restent très fréquents, en particulier dans les gares

La question du terrorisme en Grèce n’est pas close même si le démantèlement du groupe terroriste du "17 novembre" a mis un terme à vingt sept années d’attentats revendiqués par ce mouvement.

Bref, faites gaffe dès que vous sortez de chez vous, même dans des pays réputés très sûrs :

Une faible délinquance au Canada et un sentiment général de sécurité n’excluent pas un comportement citoyen afin de prévenir tout type de vol d’objets de valeur (bijou, appareil photo…) ou de documents administratifs

 Le MAE nous prend aussi pour des crétins infantiles : D’une manière générale, l’attention des visiteurs peut aussi être appelée sur le respect nécessaire de la réglementation et des usages locaux (code de la route). (Suisse)

Attention, je ne fais pas d’angélisme et suis la première à voyager sans bijoux précieux, avec peu d’argent sur moi, à garder mes papiers d’identité à l’hôtel (avec photocopies sur moi, et fichiers desdits papiers sur clé USB) et à éviter les quartiers « chauds » si je voyage seule. Mais l’expérience- et pas que la mienne- montre qu’on rencontre plus de gens accueillants que de malfrats dans l’immense majorité des pays. A la décharge du MAE, on peut dire que les ambassades ne voient que les voyageurs en détresse, ce qui déforme leur vision du monde, tout comme un gynécologue est persuadé que la ménopause est une épreuve affreuse car il ne voit que les femmes qui en souffrent. Mais le résultat est là : le MAE fout la trouille et exacerbe la peur de l’étranger. 

La France est la 1ère destination touristique au monde. Sans doute parce qu’elle a la chance de ne pas faire partie des pays visés par le MAE. J’imagine la présentation qu’en ferait notre cher ministère, rien qu’en copîant/collant des phrases réelles et en remplaçant le pays concerné par la France.

greve-generale.jpgLa violence routière est la première source d’insécurité en France. La plus grande vigilance est recommandée aux piétons et cyclistes dans leurs déplacements. Il arrive fréquemment que des manifestations sociales bloquent les circuits touristiques. Ces actions sont parfois violentes. Il convient d’éviter les zones où surviendraient de tels mouvements et de se renseigner au préalable sur les préavis de grève annoncés. 

L’autre source d’insécurité est la petite et moyenne délinquance. La surveillance dans les lieux publics des sacs de voyage est donc vivement recommandée. Le nombre de vols à l’arraché dans les grandes villes, près des sites historiques, dans les transports en commun reste important.

Ajoutons, pour suivre l’actualité :

flics 5Plusieurs affaires d’assassinats et de viols en 2011 doivent inciter les voyageuses à ne pas s’aventurer seules dans les bois et forêts. De même, il est recommandé de ne pas laisser sortir les enfants sans un adulte en raison de cas de pédophilie régulièrement signalés. En cas de contrôle de police, il est recommandé de ne pas résister et de ne pas chercher à parler aux policiers afin d’éviter une garde à vue pour outrage ou une conduite en centre de rétention pour tout étranger dont les papiers ne seraient pas parfaitement en règle. L’attention des voyageurs est attirée sur le fait que l’alcoolisme en France est une cause majeure d’accidents et d’agressions : les voyageurs  éviteront de trinquer avec des inconnus susceptibles de les dévaliser après les avoir fait boire.

Nom d’un diplomate, comment peut-on vivre dans un pays aussi risqué ?


coucher de soleil

 

 

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 08:05

joueraumonde COUV4bisAujourd'hui « Jouer au monde » fait ses premiers pas et j’en suis aussi émue que pour un enfant. Quinze ans de gestation, ça crée des liens d'amour avec ses personnages. A cette euphorie, un seul bémol : la date de parution: 2012, année électorale. Bémol car- ce n’est un secret pour personne- je souhaite ardemment l’avènement d’une autre logique de société: économie écologique, partage des ressources et fraternité au lieu de l’arrogance et du culte de l’insécurité qui caractérisent la droite. Cela ne signifie pas pour autant que je suis béate à l’idée qu’un membre du PS arrive au pouvoir, car nous avons déjà donné, nous les plus de 50 ans! Une part de « Jouer au monde », dans ma vie comme dans le livre, vient de là. De la certitude que si une élection peut nous débarrasser d’un fâcheux, elle ne garantit aucunement un changement de société si nous ne prenons pas notre destin en mains. 

Dans un chapitre de « Jouer au monde », Marine raconte le 10 mai 1981 :

 mitterrand81.jpegA 20h, lorsque devait apparaître à la télévision le visage du nouveau président, Marine était au théâtre. A Bobino précisément, où Guy Bedos avait interrompu son spectacle. Le visage levé vers l’écran géant, il faisait les cent pas en murmurant « Ca y est, cette fois ci, ça y est ! ». Toute sa vie, Marine se souviendrait de la pluie de roses rouges sur la scène à l’annonce du résultat, des gens qui s’embrassaient et d’un couple de vieux entonnant « Le temps des cerises » avant de fondre en larmes de joie:

« Ca nous rappelle 36 ! »

Vers 22h, alors que le bal battait son plein place de la Bastille, un orage éclata, violent, sur la capitale. Marine y vit comme un symbole : l’eau purificatrice allait donner naissance à un monde nouveau.

Plus tard, c'est la déception lorsque, « à l’épreuve des faits », les espoirs se délitèrent :

Marine en fut blessée à l’aune des espoirs qu’elle avait nourris et se demandait, comme pour un amour déçu ou trahi, à quel moment, et pour quelle raison ils lui avaient menti.

« Ils avaient des idées et pas le pouvoir de les réaliser. Ils ont aujourd’hui le pouvoir, mais plus la volonté de réaliser leurs idées », se plaignait-elle à des amis.

« Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument, » lui rétorqua un camarade énarque, ravi de cette citation qu’il présentait comme une fatalité quasi biologique.

Zut, me dis-je, raviver cette période ne va pas arranger les affaires de la gauche… Scrupule analogue à celui que veulent faire naître en toi les gens du PS lorsqu’ils t’enjoignent de « voter utile » et de ne pas disperser les voix sur les « petits candidats » (essentiellement Melenchon, Joly, Poutou côté gauche) pour contrer Marine le Pen.  

eva jolymelenchon-copie-1Tout d’abord, la notion de « petit candidat » me hérisse, elle est contraire au principe républicain d’égalité. De quel droit certains s’estiment-ils plus grands que d’autres ? Si on mesurait la grandeur d’un candidat à sa droiture et son courage, Eva Joly serait gagnante. Si on la mesurait à la proposition d’un vrai projet de société et au charisme qui donne envie de le réaliser, Jean-Luc Melenchon serait vainqueur.

Deuxio, le coup du « vote utile », on nous l’a fait en 2002 et on s’y est fait prendre, alors qu’a postériori, il était évident que Jean-Marie père de Marine n’aurait jamais obtenu plus de 40% des voix. Et même si… aurait-ce été la faute des électeurs, ou celle des « grands candidats », trop mauvais pour susciter l’envie de voter pour eux ? Il y a quelque chose d’indécent à faire peser le poids de l’échec sur les électeurs !!! Comme j’ai répondu à un ami proche du PS : « Si Jospin avait été bon, j’aurais voté sans hésiter pour lui dès le premier tour, si Hollande était bon, ce serait pareil : je ne vote pas pour ou contre un parti, mais pour ou contre des idées, une vision de la société et accessoirement un candidat. Ca commence à bien faire, ces caciques de la politique incapables de reconnaître leurs erreurs. »

Au lieu de diaboliser Marine le Pen, réaction idiote car elle se pose en martyre et ça lui rapporte des voix, pourquoi ne s’interrogent-ils pas sur le fait que beaucoup d’électeurs de Marine viennent des classes modestes, qui votaient autrefois PC, ont vu le parti communiste disparaître sous l’hégémonie du PS et ne se sont pas reconnus dans la gauche boboïsante que n’épargnaient ni les scandales, ni l’arrogance ? Comment voulez-vous que des gens qui triment et se font empapouter jusqu’à la moelle depuis quarante ans puissent se reconnaître dans le train de vie et les manières d’un DSK ou d’un Kouchner, pour ne citer que les plus symboliques ?

Un de mes amis bosse avec des ouvriers pour la plupart intérimaires et immigrés de seconde génération. Ces derniers sont abstentionnistes ou votent le Pen. Pas parce qu’ils y croient, juste parce que « tant qu’à voter, autant faire chier les autres en votant  Marine ».  A l’argument selon lequel leur championne risque de les faire chier en tant que noirs ou descendants d’immigrés même s’ils sont français, ils haussent les épaules : « De toutes façons, on est des loosers, y en a pas un qui s’est occupé de nous, alors tant qu’à être looser, autant se marrer en les faisant un peu chier. »  OK, ce n’est qu’un exemple et il existe heureusement des pauvres qui votent avec leur cerveau, mais il ne faut pas non plus, sous prétexte de « politiquement correct » omettre le fait que si l’opposition riches/pauvres et la lutte des classes sont bien réelles, les riches ne sont pas tous immondes, et les pauvres ne sont pas tous intelligents, le pourcentage de connerie existe dans toutes les couches de la société. Donc ne pas omettre que bien des gens qui ont en bavé sous Sarko voteront à nouveau Sarko parce qu’un mec marié à une Top model et qui roule les épaules, ça leur plaît, ça fait "zy-va" qu'a réussi.

affaires-gens-manger-argent-_-tjo0021.jpgSi seuls les riches votaient à droite, jamais celle-ci ne serait élue puisque les riches représentent moins de 20%des gens, dont 10% seulement de richissimes. (de plus il y a des riches qui votent à gauche, si, si !) Il faut donc admettre que dans les 51% d’un président de droite, plus de 30% viennent de gens qui, logiquement, n’auraient pas dû voter pour lui… et s’interroger sur ce qui fait l’échec renouvelé de la gauche. En effet, depuis 1958, avènement de la 5ème république, on a vécu 40 ans avec la droite et seulement 14 avec la gauche. Même pas 14 ans: 12, puisqu’il y a dans ces 14 ans deux ans de cohabitation  avec Jacques Chirac comme Premier Ministre de Mitterrand. Il y a évidemment une raison majeure: la domination par les medias et par les financiers des campagnes, qui sont les décideurs réels vu qu'ils tiennent les manettes internationales financières et boursières. Certes. Mais ça n'oblige pas non plus à se soumettre. 

 Par simple souci d’équité, il serait juste que la droite, élue par la moitié de la population +1, laisse la place à la gauche, qui en représente autant. Une vraie gauche, capable de lutter contre la financiarisation de l’économie dont même des économistes de droite disent aujourd’hui qu’elle est une catastrophe intégrale contre laquelle rien n’a été fait depuis 2008 malgré les promesses des uns et des autres. Pour choisir, voir quels candidats apportent de vrais engagements sur ce point. Mais quels que soient leurs engagements, se souvenir du passé et en aucun cas ne leur signer un chèque en blanc. 

Qui que tu sois, futur(e) Président(e) ce sont les citoyens qui joueront le 3ème tour et t’auront à l’œil.

chat-hypnotiseur.jpg

 


 

 

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 00:36

amoureux trio2011, ce n'est pas la pire nouvelle, a été l'année d'une médiatisation sans précédent des pluriamoureux, avec souvent une vision réductrice. Entre les journalistes qui cherchaient des trios (un homme avec deux femmes ou deux hommes avec une femme), ceux qui voulaient savoir « comment on s'organise avec autant d'amants (le « autant » n'étant jamais quantifié mais reflétant le fantasme de l’interviewer) les sceptiques voulant prouver que cela ne peut pas marcher et les convaincus opposant le modèle usé de la monogamie au modèle flambant neuf du polyamour, sans prendre garde au fait qu'on peut être pluriamoureux et vivre également des périodes de relation unique, on a réalisé combien ce sujet, comme tout autre d’ailleurs, est jugé à travers le prisme déformant de la culture, l’histoire et la logique personnelle de chacun, en gommant toute complexité.  Complexe pourtant, car au- delà de l'affirmation selon laquelle il est possible d'aimer ouvertement et sincèrement plusieurs personnes, admise aujourd'hui par 67% des auditeurs de Brigitte Lahaie (il y a dix ans, à peu près le même pourcentage affirmait que c'était totalement impossible) au-delà de cette affirmation/définition donc, il n'existe pas deux façons identique de vivre des amours plurielles, et ce choix sera même vécu différemment par toute personne au cours de sa vie, en fonction des encontres et de sa propre évolution. Difficile d'expliquer cela dans une interview d'une heure, réduite après montage à 1 minute trente. Mais au-delà de cette spécificité journalistique, les prismes déformants existent partout.  

homme_champignon.jpgLes libertins voient surtout le côté multipartenaires des pluriamoureux qu’ils considèrent comme des libertins, disons... sentimentaux. Exunt en revanche les interrogations sur la construction d'une famille de Lutins, sur les conséquences juridiques d'unions plurielles et stables dans un pays de tradition monogame, sur la liberté d'aimer et le territoire personnel de chaque partenaire.

première couvLes serial monogames, qui quittent leur partenaire chaque fois qu’ils ou elles en rencontrent un(e) autre se demandent si les pluriamoureux ne seraient pas des gens qui « n'ont pas le courage de divorcer. » Certains, qui m’ont connue lors des « quarantièmes rugissants » ( « Aimer plusieurs hommes », p. 117 et suivantes) s’étonnent dix ans après que je sois toujours mariée, persuadés que je devais divorcer. Inutile d'expliquer qu'un homme et une femme peuvent sortir séparément sans être brouillés pour autant, inutile de rappeler que le choix du pluriamour est bien antérieur à la quarantaine agitée, inutile de souligner que tout couple de longue durée, monogame ou poly, traverse des périodes houleuses qu'il peut surmonter, ils ne l’entendent pas. Pour eux, le polyamour est le  cache-misère de couples en rupture ou un compromis pour sauver le conjugo. Un couple en crise, ça divorce! S'il ne le fait pas, c'est qu'il manque de courage et se ment à lui-même.  Etrange d'ailleurs comme les divorcés, autrefois stigmatisés, sont aujourd'hui regardés plus favorablement que les pluriamoureux...

ecran3.jpgLes frustrés voient ces derniers comme des épicuriens, des jouisseurs effrénés qui mènent une vie amoureuse débridée et insouciante. Inutile de leur dire que, de même que toute mère se demande parfois devant un nourrisson braillard ou un ado renfrogné pourquoi diable elle a pondu des mouflets (tout en les adorant) toute personne mono ou poly, se demande parfois ce qu'elle fait avec son ou ses partenaires débiles. L'avantage du Lutin est de pouvoir fuir le ronchonchon du moment et se refaire une santé avec un amoureux mieux disposé, qui contribue à lui rendre la sérénité nécessaire pour ne pas trucider le ronchonchon. L’inconvénient du polyamour est que  plusieurs amoureux signifient aussi plusieurs risques de crise. Si chacun fait la sienne l'un après l'autre, c'est comme avoir deux filles espacées de six ans : douze ans d'adolescence à affronter, il faut une santé de fer !  L'avantage du pluriamour, c'est que le goût de l'indépendance autorise à claquer la porte en disant « Vous me fatiguez, je me retire dans mon tipee et reviendrai quand tout sera calmé ». L'inconvénient du pluriamour est que l'habitude d’être attentif à chaque relation amène immanquablement à se demander si on est responsable ou non de cette épidémie de ronchonchonnerie. Bref, c'est une vie passionnante mais ni 100% épicurienne, ni 100% facile. Cependant, inutile de l'expliquer aux frustrés, ils ne retiennent qu'une chose : vous avez une multitude de jolis souvenirs amoureux alors qu'ils se demandent encore s'ils vont oser aborder la collègue de bureau qu'ils croisent chaque jour dans le RER.

mouette.jpgLes lubriques considèrent le polyamour comme l'autorisation de « s'envoyer en l'air » sans risque de révolvérisation par un(e) conjoin(e) jaloux(se). Combien de lettres de lecteurs sur le thème « j'ai eu la révélation avec vos livres, c'est comme ça que je veux vivre, dites-moi comment convaincre ma femme d'être Lutine, elle est  très possessive. » Inutile d'expliquer qu'on ne rend pas une personne moins possessive en lui brandissant sous le nez « le Guide des amours plurielles » comme une méthode A Mimile de l'adultère heureux, mais plutôt en la rassurant sur ce qu'elle représente et sur l'amour qu'on lui porte, bref en allant sur son terrain et en l'aidant à dissiper ses craintes et son manque de confiance. Trop compliqué pour un simple alibi au désir d'adultère, que le lubrique exprime en faisant passer l' opposante au polyamour pour une fieffée rétrograde. ( par parenthèse, les pluriamoureux ne condamnent pas la monogamie, ils font juste un autre choix)

joueraumonde COUV4bisBref, ce qui semble évident à certains est Martien pour d'autres, pas plus bêtes qu'eux. Question de logique de pensée différente. A un Lutin qui me demandait comment faire pour ne pas gêner ses trois amoureuses – dont chacune connaît l'existence des deux autres sans pour autant les fréquenter-  si elles se trouvaient invitées à la même soirée que lui, j'ai répondu qu'il n'était nullement obligé de les câliner en public ensemble, et même pas l'une après l'autre. « La vie amoureuse s'appelle vie privée, ce n'est pas pour rien. » (ça c'est dans « Jouer au monde ») Alors même si l'on est très heureux d'être un Lutin, même si on jubile d'avoir acquis une liberté amoureuse dont on ne se croyait pas capable, même si on découvre avec délices la variété et la multiplicité de ses désirs,  ce sont des jardins privés qu’on n’est pas obligé d'ouvrir à tout le monde, sous peine d’être incompris « vu de l'extérieur » .

 

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 12:58

joueraumonde COUV4bisLe 18 janvier, sort mon roman : « Jouer au monde ». Comme le blog ? Oui. Si ce n'est que le roman n'a pas ce titre à cause du blog. C’est le blog qui s'appelle « Jouer au monde » à cause de ce livre qui me tient à cœur depuis plus de quinze ans.

Dans ces années 90, je trouvais que la vie, contrairement au vin, ne se bonifie pas avec le temps. Les uns après les autres, mes amis perdaient leurs enthousiasmes en même temps que leurs cheveux et se rangeaient dans les mêmes logements, mêmes distractions, mêmes lectures, même ennui... Conformistes et résignés à l'être. Deux chocs pétroliers et plusieurs crises– déjà!- avaient gommé les utopies  au profit de l'économie. Depuis 1986 à peu près, on avait le sentiment qu'une certaine vision du monde, utopiste et généreuse, s'écroulait, terrassée par l’argent-roi et les traders voraces déjà très « bling-bling »

fran_oise_27.jpgJe refusais cette donne si peu affriolante et me posait sérieusement la question : pour rester fidèle à soi-même et ne pas « se ranger », faut-il être forcément dérangé ? (mes choix de vie personnel et professionnel ayant été souvent qualifié de folie j’avais quelques raisons de me le demander.)

funambule.jpgAlors j’ai pris un congé sans solde de trois mois et écrit « Jouer au monde », dont les deux héros, Antoine et Marine, ont le don de créer leur propre univers pour résister à la morosité du monde adulte. Autour d’eux se sont greffés une vieille dame sensuelle et fantasque, une communiste désabusée en plein chagrin d'amour, un hôtelier homosexuel surendetté,  deux baroques émigrés d'Europe de l'Est, un businessman gréco-romain joueur et philosophe, la mère de Marine, sereine, et celle d'Antoine qui a voulu vivre plusieurs vies en une. Tous posent à leur manière deux questions : « Que faire de sa vie ? Que fait la vie de nous ? » Dans ce maelström insolite,  la rencontre d’Antoine et Marine  se joue sur le fil du désir, fragile, si fragile... A la fin de la toute première version, Marine mourait pour ne pas décevoir Antoine. Histoire d’amour tragique, forcément  tragique. J’étais alors en pleine recherche existentielle…

Je me rappelle, comme un souvenir lumineux, le coup de fil personnel de Dominique Aury, auteur d’Histoire d’Ô : « J’ai lu votre manuscrit, je voudrais vous en parler, venez me voir chez Gallimard ». C’était quelques années avant sa mort, elle avait 85, 86 ans…. Elle descendit lentement l’escalier et me dit : « J’ai beaucoup aimé votre roman, on y suit très bien le déchirement de Marine et d’Antoine, mais je voulais vous prévenir : aucun éditeur ne le prendra. – Pourquoi ? – Parce qu’il n’est pas dans l’air du temps, et aujourd’hui on publie ce qui est dans l’air du temps ». Deux autres éditeurs ayant eu la même réflexion, je rangeai mon manuscrit, tout en notant soigneusement les critiques que je trouvais intéressantes.

première couvdsirsQuand je l'ai repris, du temps avait passé.  « Aimer plusieurs hommes » et quelques autres titres m'avaient permis de trouver comment, au lieu de regretter le temps des rêves, agir pour transformer ceux-ci en réalité. « Jouer au monde », toujours, mais  pas pour le fuir. Pour y vivre pleinement. Du coup, il devenait absurde de faire mourir Marine. Une autre fin s'est imposée, certains personnages ont pris de l’importance, d’autres en ont perdu, j’ai élagué, corrigé, réécrit… et repris mon parcours des éditeurs dont je retiens deux souvenirs. Le refus le plus original que j’ai jamais eu : « J’ai lu votre manuscrit. Très bien écrit, très bien construit. Les personnages sont attachants. Et alors ? Alors je ne crois pas que je saurai le lancer. Pourquoi ? Je ne sais pas. »   Le bonheur le plus grand, bien sûr, fut l’acceptation du roman par l’éditrice, trentenaire, qui m’a dit : « Même si cette histoire se situe à une époque que j’ai peu connue, je m’y suis reconnue. On y trouve les questions que l’on se pose à l’entrée dans la vie adulte, quand on redoute la laideur des jours ordinaires. »

C’est une histoire d’amour à une époque charnière de l'Histoire, une pure fiction dont aucun des personnages n’est inspiré d’une personne réelle. Pourtant, en le lisant, mon cher et tendre m’a dit : « J’entends ta voix derrière chaque phrase, c’est le roman qui te ressemble le plus. »  C’est sans doute pour cela qu’il me tient tant à cœur…


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