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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 15:41

sarko_masqu_.jpgJe n’écouterai pas cette année les vœux du président et vous n’en aurez donc pas l’exégèse. Pour les nostalgiques, j’ai fait cet exercice en janvier 2009,  réitéré en janvier 2010, puis imaginé le 31 décembre 2010 (pour l’année 2011) ce que pourraient être les vœux rêvés du président. Vous avez donc de la lecture en perspective, surtout les nouveaux lecteurs, et c’est certainement plus instructif de relire des discours anciens avec du recul que de se fader des promesses qui n’engagent, comme disait l’autre, que ceux qui y croient.

En 2012,  mieux vaudra parler non pas de vœux, mais de bilan,  et ne pas oublier quelques petites phrases ou promesses du Président dérisoires à l’aune d’aujourd’hui. Je ne les citerai pas, on a du temps pour se rafraîchir la mémoire, profitons encore de la « trêve des confiseurs ».  Allez si, une seule, car elle est terrible : « Si je suis élu, en 2008, plus personne ne dormira dans la rue ».

capitalisme-malade.jpgA part cela, l’année 2011 a été fascinante, fatigante. Année de chute : de la Bourse,  du système capitaliste, de nombreux dictateurs, bûcher des vanités (DSK, Delarue), disparition de Ben Laden. Chute, aussi, d’une certaine idée du « progrès » mise à mal par Fukushima, centrale vendue comme bardée de systèmes de sécurité et capable de résister à tous les séismes. Enfin parmi les bonheurs de 2011, l’idée - qui fait son chemin- d’une réelle démocratie, la redécouverte par les jeunes que l’action collective et la solidarité sont importantes et que le bonheur ne se résume pas à un taux de croissance, ni au dernier gadget électronique.

Il reste à le prouver et à le vivre. C’est le vœu que je forme pour 2012, plus un de caractère privé : que l’an prochain à la même date, tous ceux et celles que j’aime soient encore là pour qu’on s’embrasse à minuit.

 

img_0109.jpg 

 

lecture.jpgAh si, encore un vœu : que vous fassiez tous provision de livres sur le site « Autres Mondes », afin que nous puissions poursuivre cette aventure et vous proposer d’autres écrits stimulants. (cf à droite de ce blog)

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21 décembre 2011 3 21 /12 /décembre /2011 15:04

mari_5.jpg« J’emprunte les hommes mariés et je les rends en bon état ». C’était le titre d’un papier écrit pour  Cosmo il y a longtemps. De fait, jamais je n’ai eu la moindre idée de « voler » un mari.  Pas par vertu, mais parce que leur façon d'être ne me donne pas souvent envie. J’aime les artistes, les sensibles, les indépendants, les joueurs, les hommes libres, les déjantés, mais pas ceux qui pointent à la daube tout en se plaignant de leur épouse et en rêvant d'ailleurs dans leur costard/cravate,  c'est fou ce qu'il en existe. Or autant j'adore les vieux couples pleins de tendresse l'un pour l'autre, autant l'hypocrisie de certains maris me glace la libido.

fran_oise_1007_aquarelle.jpgD’ailleurs, je corrigerai aujourd’hui le titre de mon article. Je n’emprunte pas les hommes mariés, ce sont eux qui me contactent, à propos de mes livres, bien sûr.  Avec le naturel que vous me connaissez, si un homme souhaite me rencontrer, j’accepte généralement, parce que j’adore découvrir des gens nouveaux, et je propose un dîner parce que les déjeuners coupent trop la journée de travail. Immédiatement, gêne du monsieur : « C’est-à-dire… un dîner… ça ne va pas être possible… ma femme est très jalouse… - Où est le problème ? Dites-lui que vous dînez avec moi, il vous arrive parfois,  j’imagine, de dîner avec une copine ? »  Alors là, surprise !  Outre la réponse « Non, cela ne m’est pas arrivé depuis notre mariage » qui me scotche littéralement à l’idée que le conjugo soit un tel enfermement, certains répondent « Oui, mais si je dis votre nom, elle ira vous « googleliser », et en voyant ce que vous écrivez, sûr qu’elle refusera. »

cartable.jpg Bien sûr, où avais-je la tête ? Une femme qui écrit « Aimer plusieurs hommes » et des romans érotiques ne peut être qu’une saute-au paf  de nature à éveiller la jalousie de toutes les épouses convenables ! Sauf, mesdames, que la jalousie ne vous préserve en rien de l'adultère. Elle est d'autant plus inutile que ces maris effrayés- mais aussi, disons-le, flattés par la jalousie de leur épouse- sont les plus prompts à chercher l’aventure sans aucune réflexion.  A proposer la botte sans ambages à l’hôtel ou dans leur bureau, avant ou après déjeuner, comme une pulsion irrésistible qui en dit long sur leurs frustrations. Les hôtels du 8ème arrondissement- celui des bureaux- sont nombreux à louer leurs chambres entre 12 et 15h à des maris qui payent en liquide  pour ne pas être trahis par un ticket de carte bleue indiscret. Bonne affaire pour l'hôtelier, autant qui échappe aux impôts… (sauf lorsqu'un inspecteur des Impôts comme j'en ai connu un, pense à comparer les notes de blanchisserie et le nombre de serviettes théoriquement utilisées par les clients déclarés, et trouve un écart qui prouve la location des chambres au noir.)

pinbio2.jpgInterdire le dîner par jalousie est donc aussi inutile que de dire à sa fille « rentre avant minuit », comme si minuit sonnait l'heure où le carrosse devient souris et la pucelle femme déniaisée. Il n'y a pas d'heure pour faire l'amour. Les sites de rencontre regorgent d’hommes mariés se prétendant tous cadres supérieurs ou PDG gagnant + ou – 100 000 € par an, à croire qu’ils imaginent toutes les femmes vénales. Moi, c’est le genre d’arguments qui me ferait courir d’emblée à l’autre bout de la planète auprès d’un type sans le sou mais plein d’autres atouts ô combien plus convaincants. Ces traders du sexe, donc, proposent un verre en fin d'après-midi dans un bar d'hôtel et plus si affinités. Ils rentrent chez eux à 19h30, 20h, harassés par « cette réunion de brainstorming qui n'en finissait pas... »  Ceux-là croient prendre toutes les précautions pour que jamais l’épouse ne les soupçonne mais sont d’une imprudence incroyable. Une copine qui s’était inscrite à un site sous un pseudo, avec une adresse mail et un numéro de mobile réservés à ce petit jeu, eut la surprise de recevoir une demande de rencontre discrète de la part de son propre époux, qui avait certes pris un pseudo mais carrément publié des photos de lui sur sa fiche ! Par jeu, elle lui demanda son mail et son téléphone, et le bougre lui donna ses vraies coordonnées, au risque, comme elle le lui expliqua, de se trouver en butte au harcèlement s'il tombait sur une maîtresse possessive. (Pour la petite histoire, tous ces échanges se passèrent à distance et jamais, jamais le mari ne sut qu'il avait dragué sa propre femme).

u14353277.jpgQuand la testostérone les travaille, ils perdent tout bon sens. Comme cet homme qui ouvrit de grands yeux alors que je lui rappelais l’obligation du préservatif : « Tu peux  avoir confiance en moi, je suis un homme fidèle », à quoi je répondis qu’il se trouvait présentement tout nu et en bonne disposition face à une femme- moi- qui n’était pas son épouse, ce qui me semblait en contradiction avec la notion classique de fidélité.  Il soutint sans rire que j'étais la première depuis son mariage, mais je restai inflexible et nous nous contentâmes d’un thé, durant lequel je lui expliquai qu’au cas improbable où j’aurais réellement été sa seule tentation, lui n’était pas la seule mienne et qu’il se devait donc de prendre des précautions pour protéger son épouse.  Incroyable qu’il faille leur rappeler ces élémentaires choses, mais c’est ainsi. J’ai dû faire davantage pour la promotion de la capote que moult campagnes de prévention télévisées.

fou4.jpgParlons aussi des maris surexcités d'être « célibataires » pendant que madame est en vacances de neige avec les enfants, et qui emmènent leur conquête chez eux, sans imaginer qu’une maîtresse malicieuse peut abandonner négligemment sa petite culotte sous le lit, juste pour le fun.  Ou parce qu'elle est jalouse de l'épouse, cela arrive aussi.  Un des épisodes les plus hilarants fût cette soirée de ma coloc avec son amant, énarque et polytechnicien mais dépourvu de tout sens pratique, qui, voulant lui préparer un café  afin de célébrer leur premier dîner en tête-à-tête chez lui, oublia de mettre le couvercle sur le moulin. (Véridique ! Quand on pense que le pays est dirigé par des types de ce genre, ça fait peur...) Les deux amants passèrent la soirée à nettoyer la cuisine constellée de café moulu, l'époux étant pétrifié à l'idée que sa femme puisse découvrir son infidélité.

Je me souviens d’un  copain qui me racontait à longueur de déjeuner- « dîner ? Impensable, ma femme n’accepterait pas » - ses aventures galantes qui le poussaient souvent, c’était un sentimental, à envisager de quitter femme et enfants pour une exotique donzelle. Je passais mon temps à lui répéter qu’il était dans une phase hormonale  irréaliste ne justifiant aucunement de mettre en péril son foyer, d’autant que l’exotique donzelle, 9 fois sur 10, aurait été bien embêtée de le voir débarquer chez elle, ses valises à la main. C’était hilarant d’entendre ensuite son épouse se gausser de telle ou telle amie « cocue »  et affirmer « mon Nestor, lui, est un homme fidèle, je suis tombée sur le bon numéro. » (Il ne s’appelait pas Nestor, évidemment.) Ce fût moins drôle lorsque, m’ayant entendue à la télévision, l’épouse décida que j’étais infréquentable, même à midi, et interdit à son époux de me revoir… ce qu’il accepta. Je m’en consolai en me disant que je ne perdais pas un ami, puisqu’il avait été incapable de révéler à sa femme que sans moi, il l’aurait sans doute quittée dix fois et que sa jalousie était donc fort mal placée.

L’amant fringant a parfois peu de rapport avec le mari, c’est ainsi qu’une romancière dont j’ai oublié le nom éloigna de son compagnon une jeune maîtresse. Elle avait emprunté le téléphone de ce dernier et envoyé un message à la demoiselle: « Ma copine est absente, viens chez moi ce soir ». Joie de l’amoureuse, qui se précipita et fut accueillie fort gentiment par la légitime qui l’amena face au monsieur avachi en survêt’ sur le canapé, le nez rouge et gonflé et la peau luisante, pour cause de gros rhume : « Tu reconnais ton Prince charmant ? Tu le veux ? » Ben non, elle n’en voulut pas et s’enfuit à jamais.

Que cette anecdote console toute  maîtresse « back street » qui se lamente à l'idée que son merveilleux amour va être indisponible jusqu'au 2 janvier, pour cause d’obligations familiales. Qu'elle l'imagine quittant en catimini la table du réveillon pour lui envoyer un texto « Joyeux Noël, ma chérie », qu'elle imagine son air coupable quand sa femme le cherchera « Nestor ! Où es-tu ? Viens découper le chapon ! », qu'elle visualise sa hâte à enfouir son mobile dans sa poche et sa crainte que quelqu'un lise malencontreusement son message alors qu'elle-même peut lui en envoyer un très torride sans aucun risque, qu'elle imagine la grasse matinée qu'elle va faire le 26 décembre après un réveillon d'enfer entre potes, tandis que l'époux/amant, terrassé par la gueule de bois et la dinde aux marrons trop sèche, sera réveillé à l'aube par les hurlements de ses enfants ouvrant leurs cadeaux de Noël...  Qu'elle imagine... Tiens, ça va mieux, là, non ?


P1000856.jpg

 

ASCENSEURSi vous avez l'excellente idée d'offrir des livres "Autres Mondes" pour les fêtes, sachez que les dernières commandes servies seront celles arrivées au plus tard le 23 décembre à 14h, et que les livraisons seront interrompues jusq'au 30 décembre, oui, on s'offre une petite trêve. Dépêchez-vous de commander!

 

 

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 15:17

teeshirt-001.jpgSouvent je suis surprise que tant de gens, accaparés par mille choses à faire, remettent au lendemain le fait d’appeler leurs amis alors qu’un coup de fil peut ne prendre qu’une minute, le temps de  dire « je pense à toi, on se voit dès qu’on a un moment, OK ? »  Tellement plus chaleureux que le rituel : « C’est sympa d’appeler, justement  je pensais à toi ce matin ! » auquel je réponds généralement « Si tu pensais à moi, banane, fallait appeler, ça m’aurait fait plaisir.  Le temps est court, si court…

Un premier copain est mort quand j’avais 15 ans, un second l’année de mes 19 ans. Depuis, il y en a eu foule d’autres… dont l’un m’avait inspiré ce texte.

Depuis des années, depuis que toute la bande s'était dispersée, nous ne nous rencontrions plus qu'épisodiquement. Il m'est arrivé de rester un ou deux étés sans l'apercevoir, parce qu'il avait pris ses vacances ailleurs, fuyant comme tous les méridionaux le midi grouillant d'estivants. Cela ne m'affligeait pas excessivement. Je laissais un mot dans sa boîte à lettres, un message à la voisine qui m'assurait, appuyée des deux mains sur son manche à balai, qu'elle ne manquerait pas de lui transmettre "bien des choses" de ma part.

P1010369.jpgOn s'écrivait peu, on se téléphonait rarement. Il n'empêche qu'on pouvait le faire. On aurait dû le faire plus souvent. Aujourd'hui, je regrette les mots qu'on ne s'est pas dit, les moments qu'on n'a pas vécus, ces années opulentes où nous nous permettions de gaspiller des heures entières. A vingt ans, vingt-cinq ans, nous dilapidions les années avec une insouciance extrême. Notre ennemi d'alors était l'ennui bien plus que la fuite du temps. Le bougre avait parfois même tendance à s'étirer trop pour notre goût. Entre la sieste aux heures les plus chaudes, l'heure de l'apéro et celle de l'après-dîner, il nous arrivait de nous demander que faire pour tuer le temps.  C'est plus tard qu'on s'aperçoit qu'il s'est sournoisement accéléré. C'est plus tard qu'on ressent le désir de se poser face à la mer en respirant le plus lentement possible, de regarder les vagues sans esquisser le moindre geste qui pourrait précipiter le mouvement des aiguilles de la montre, et de garder le silence, parce qu'on s'est aperçu que le bruit, lui aussi, est dévoreur de temps.



 Ce n'est pas pour vous plomber, mais j'adore cette chanson... c'est un frisson.

 

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 11:56

« Ca me troue le cul ? » Etait-ce « Zazie » (pas la chanteuse, celle de « Zazie dans le métro ») qui répétait cela chaque fois qu’elle était stupéfaite ? Non, à la réflexion, c’est trop trivial pour l’époque de Zazie, ça doit être plus récent. N’empêche que tant de choses me le trouent en ce moment qu’il pourrait faire office de salière.

Ca me le troue, donc de voir des peuples se débarrasser de dictateurs au prix de dizaines de vies perdues et se doter trois mois plus tard de dirigeants encore plus réactionnaires que les précédents.  Quoique il faille être lucide : 100 000 manifestants sur une place ça semble faramineux, mais si le pays compte 10 millions d’habitants, ça ne fait jamais qu’1%, les autres n’ont pas forcément la même veine libératrice.

D’entendre des journalistes sur France Info dire ce matin à propos du procès de Jacques Chirac : « Tout de même, si le président est condamné, n’est-ce pas un problème pour la démocratie, ça atteint la fonction présidentielle. » Heureusement, l’interlocuteur a répliqué : « Le vrai problème pour la démocratie, c’est la corruption des dirigeants. »

A propos de démocratie, ça me le troue très,  très grave, le coup d’état financier et silencieux qui consiste à NOMMER à la tête de deux pays (la Grèce et l’Italie) des dirigeants issus de la banque Goldman Sachs, celle là même qui a montré à la Grèce comment falsifier ses comptes et a ensuite spéculé sur la dette grecque. D’une part, cela consiste à demander à confier l’incendie aux incendiaires, d’autre part, c’est passer par-dessus la démocratie. Berlusconi et Papandréou, si contestables soient-ils, avaient été ELUS : dans une démocratie, ce n’est pas à des technocrates de nommer les dirigeants d’Etats souverains.

Et n’oublions pas le nouveau directeur de la Banque Européenne, Mario Draghi, lui aussi ancien dirigeant de Goldman Sachs, banque poursuivie aux Etats-Unis pour sa responsabilité dans la crise financière. Sur ce coup, les USA sont plus combatifs que l’Europe.

Ca me le troue toujours d’entendre Merkozy Sarkel ne parler que de surveillance des Etats, contrôles,  Sanctions… (‘Surveiller et punir », vous vous souvenez ?) sans dire et encore moins faire quoi que ce soit contre la pourriture du système financier : en 2007, les paradis fiscaux représentaient  11 000 milliards de dollars, je n’imagine même pas une telle somme. En 2011, après des rodomontades sur « la moralisation du système », ils représentent 20 000 milliards de dollars (enquête « Envoyé Spécial »)

Un trou de plus en entendant les medias affirmer que not’ président a acquis une stature présidentielle (il serait temps, après 4 ans !) en gérant la crise, alors que chaque plan annoncé est aussitôt suivi d’une baisse de la Bourse et d’une attaque des marchés financiers qui en veulent toujours plus pour eux, moins pour les populations.

Seuls les vieux qui n’ont plus rien à perdre osent enfin dire la vérité. Michel Pebereau, ex de BNP Paribas avoue enfin que « ce fût une grave erreur d’avoir mis toute sa foi dans la régulation par l’économie de marché » et VGE rappelle que l’euro reste une monnaie forte et que la crise actuelle est entretenue et manipulée par les medias, avec la bénédiction des Etats-Unis qui ne rêvent que du démantèlement de l’Europe.

Cela dit, ça me gonfle- ça change des trous- que l’argent soit devenu un objectif en soi, une idéologie et non un simple outil de gestion. Il y a infiniment plus de richesses créées dans le monde qu’il y a vingt ou trente ans, mais beaucoup plus d’inégalités et de misère, cherchez pourquoi…

Comme disait récemment Patrick Viveret, citant je ne sais plus qui : « l’homme s’obstine à créer l’enfer sur une planète paradisiaque ». Et pire, fait croire qu’il n’y a pas d’autre choix. Heureusement, de plus en plus de gens commencent à penser le contraire.

De tout cela et de bien d’autres choses nous parlerons samedi 17 décembre de 5 à 7h du matin (faut-il qu’on vous aime pour se lever aussi tôt avec le froid qui vient !) à l’émission  de Laurence Garcia, sur France Inter. 

coccinelle.jpg

 

 

 

 

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 12:39

stress_boulot2.jpgL’anxiété provoquée par un flot continu d’informations négatives contre lesquelles on a le sentiment d’être impuissant constitue ce que le Pr Henri Laborit appelait « inhibition de l’action ». Elle est à l’origine de troubles mentaux, maladies cardiovasculaires et cancers. En effet, le stress qui en résulte perturbe l’équilibre psychique, augmente le taux de cortisol et d’adrénaline (hypertension, arythmie cardiaque) et altère les défenses immunitaires, rendant l’organisme incapable d’éliminer les cellules cancéreuses qu’il fabrique.

On me dira qu’il faut 15 ans pour développer un cancer et que leur augmentation n’a donc rien à voir avec la crise économique. Certes, on verra ces cancers d’ici 15 ans. Mais ils augmentent depuis plus de 20 ans, malgré les campagnes anti-tabac, anti-alcool, anti-tout… Dans le film « Mon oncle d’Amérique », Laborit montre qu’un rat soumis à un stress meurt rapidement s’il se sent impuissant, alors qu’il survit s’il a une possibilité de réagir. Retrouver la maîtrise de sa vie, c’est bon pour la santé.

Trois réactions sont possibles :

révolution lybieLutter de front : s’indigner, prendre la Bastille, casser la gueule à son patron, incendier des usines, manifester, faire la révolution, la guerre, couper la tête au roi. Efficace mais brutal et de portée limitée. Voir comme certains peuples éliminent un tyran pour se doter trois mois plus tard de dirigeants plus rétrogrades que le précédent.

Retourner l’agression contre soi : dépression, suicides, repli sur soi, drogue, alcoolisme, pétages de plomb. Fréquent- il suffit de lire les fait-divers- mais inefficace pour aller mieux, et décevant. Pourquoi se détruire par peur d’être détruit?

laborit1.jpgLa fuite, prônée par Henri Laborit dans son livre « Eloge de la fuite ». Fuir, ce n’est pas forcément partir à l’autre bout du monde. Ce peut être tout simplement faire un pas de côté par rapport à la société. Rejeter les conditionnements des medias et de la publicité, se libérer de la consommation/ consommation, s’exprimer dans l’art, la culture, les rapports humains, s’offrir des plaisirs gratuits, considérer l’argent comme un outil d’échange et non un objectif, cesser d’avoir peur de l’Autre, des autres… C’est jouissif, ça déstabilise un système fondé sur la frustration et la compétitivité et c’est bon pour la santé.

TRES FACILE ET GRATUIT:

Renvoyer les courriers publicitaires dans les enveloppes T histoire de faire payer le port aux harceleurs. Mettre un « Stop-Pub » sur sa boîte à lettres.

Enlever ses sous des banques douteuses et les déposer dans une banque plus éthique (Nef, Crédit coopératif). Participer à des monnaies solidaires.

Echanger ses compétences (une heure de cours de yoga contre une heure d'aide juridique) via les réseaux d’échanges genre SEL ou spontanément : on n’a pas forcément besoin d’une structure pour changer.

caresse3.jpgMasser ses ami(e)s et se faire masser par eux (elles).

Héberger et se faire héberger gratuitement (« couchsurfing », échange de logements)

Refuser les crédits à la consommation, qui emprisonnent et appauvrissent.

Garder son téléphone mobile, son ordinateur, sa machine à laver... tant qu'ils fonctionnent.

Faire du troc et des dons d’objets: il y a assez de biens dans ce pays pour équiper des millions de foyers sans bourse délier.

baisers2.jpgSe réserver des jours sans infos. Passer moins de temps sur les « réseaux sociaux », plus avec ses amis.

Parler à des inconnus sans crainte : la majorité des violences, viols et par définition incestes sont le fait de proches.

img_0057.jpgRefuser d'être joignable en permanence.

Comme au Québec, saluer le conducteur de bus et les passagers.

Sourire, chanter, respirer à fond, marcher aussi souvent que possible.

FACILE ET PEU COÛTEUX

Au lieu de passer au large ou de jeter une pièce sans rien dire, saluer le mendiant, parler un instant avec lui, lui offrir une boisson chaude en hiver.

chatlit.jpgLire des livres en papier, écouter de la musique en live, peindre ou colorier avec des pinceaux et des crayons, modeler avec de la terre, bref, oublier de temps en temps le « clic » souris au profit des cinq sens.

Répondre n’importe quoi aux instituts de sondage, pour rendre leurs études inexploitables.

 vin1.jpgInviter des copains chez soi au moins une fois par semaine, façon auberge espagnole où chacun participe.

Cultiver quelques légumes dans son jardin ou sur son balcon

Soutenir les artistes et associations qui s’autoproduisent, les petits labels, les éditions indépendantes, les vrais libraires, les AMAP, bref tout ce qui fait un pas de côté par rapport à l’économie dominante.

CHANGER LE TRAVAIL

t-shirt_2_petit.jpgInspecteur des impôts : vérifier en priorité les gros contribuables (hélas, pour les très gros, il faut l’autorisation de la hiérarchie)

Inspecteur du Trésor : accorder des délais de paiement en cas de rappel.

Agents de fournisseurs d’eau, électricité, gaz : éviter de couper les compteurs des familles en difficulté.

koala_dort.jpgTravailleurs sous pression : ralentir la cadence, refuser la gestion par le stress, ne pas répondre à un ordre aboyé, organiser une pause repos générale en cas de fatigue (on peut licencier un travailleur qui se couche par terre, mais pas les licencier tous !)

Pour tout le monde, et en particulier les policiers : refuser tout texte discriminatoire, raciste ou sexiste, ils sont illégaux.

Attaquer les entreprises qui arnaquent, refuser de travailler pour rien ou presque, saisir les Prud’hommes, devenir au besoin procédurier.

Ce ne sont que quelques pistes,  la liste ne demande qu’à être complétée.

 

canal.jpg

Quiétude en plein Paris...

 

Jouez avec Autres Mondes: jusqu'au 10 janvier, un quizz peut vous permettre de savoir ce que sont devenus Harro Baz et Marie Sirtaki,  de lire un conte inédit de Micheline Maurel et de gagner un exemplaire de "Autres désirs, autres hommes." (cf colonne de droite)

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 17:38

auberginebio2.jpgA travers ses paupières mi-closes, Guy Kaddict observe cette drôle de fille qui, après les rillettes, lui a proposé  une sieste chez elle vu que « sur un banc face à la Seine, ça a beau être superbe, on se les caille quand même ! ». Réveusement elle caresse sa verge mi-molle, que l'optimiste ancré de la belle lui fait qualifier de mi-ferme. Elle a l’air de s’en trouver bien et de n’attendre aucune prestation virile particulière.

« Comment tu t’appelles ? » demande t-il pour dire quelque chose.

-Clochette.

-Clochette, c’est pas un nom !

lutin1.jpg-Ben si, c’est le mien. Je t’explique : mes parents s’appellent  René et Denise Lafait, pour eux, tout va bien. Ca les a amusés, l’idée de l’appel en classe : « Lafait Clochette » La fée Clochette, tu vois. Autant dire qu'avec cette facétie, j’ai dû cultiver très tôt mon sens de l’humour. Heureusement, mon meilleur pote  s’appelait Yves Remords.

- A propos de pote, tu as un petit ami ?

Elle ouvre de grands yeux, sans cesser de s’activer de la main droite.

« Pas un petit ! Plusieurs grands…

-Alors pourquoi tu m’as amené chez toi ?

-Parce qu’il fait froid et qu’on est mieux ici, c’est plus intime. »

Intime, aïe, aïe, aïe… Guy Kaddict sent venir le piège, elle va essayer de lui mettre le grappin dessus, comme les autres. Il esquive tel l'escrimeur en finale de JO :

« Tu sais, je ne veux pas m’engager, faut pas que tu t’attaches à moi.

-Dis donc, Guy, depuis quand tu décides pour moi ? Tu ne veux pas t’engager, c’est ton affaire, mais si j’ai envie de m’attacher à toi, c’est la mienne.

-Ca va te rendre malheureuse, c’est bête.

-Pas du tout ! J’adore penser à quelqu’un, sentir mon cœur battre en l’évoquant, surtout si je ne le vois pas trop souvent. M’attacher, c’est me sentir libre, du moment qu’il ne cherche pas à m’attacher, lui.

-Tu es une drôle de fille.

-Et toi ? Tu as une amie? Ou plusieurs ?"

douche.jpgGuy Kaddict lui raconte en quelques mots ses déconvenues sur  Fesse-Bouc et autres sites. Puis il lui parle de Lucille, son amour d'il y a cinq ans : « On s’était rencontré dans la vraie vie, comme tu dis,  un stand de vide-grenier. On a sympathisé, on est tombé amoureux, c’était une fille, une fille… »

A cette évocation, il bande et Clochette éclate de rire :

« Cherche pas, ton corps parle pour toi. Et pourquoi vous êtes-vous quittés, si elle te faisait autant d’effet ?

-Une connerie, je ne sais même plus quoi. On s’est  fritté et  ça a été fini.

-Juste pour une dispute ? Tu ne l’as jamais rappelée ?

-Ah non ! Fini, c’est fini."

Clochette caresse du bout de l’index le sexe de Guy, quasi Roccosiffredesque.

-Ca ne m’a pas l’air tout à fait fini, vois-tu. C’est peut-être à cause d’elle que tu n’as jamais trouvé ton bonheur sur les sites.

- Oui, peut-être… C’est comme ça.

-Cornegidouille et caisse à outils, je déteste qu’on dise « c’est comme ça ». C’est comme on le fait, comme on veut, c’est tout.

Elle lui tend son téléphone : « Appelle-la ! 

-T'es folle! 5 ans après…

-Justement, après 5 ans, soit elle t’a zappée, soit elle sera super contente de t’entendre, et pour le savoir, il faut l’appeler. Qu'est-ce que tu risques? Un râteau à 50%. C'est pas mortel. Si tu ne le fais pas, c’est râteau à 100%. »

f-e-tro-chou.jpgVaincu par la diatribe Clochettienne, Guy Kaddict compose lentement le numéro. Il murmure, surpris :

« J’ai le cœur qui bat fort, j’ai la trouille.

-C’est un bon début, elle te fait battre le cœur.

-Allo ? Lucille ? C’est Guy, Guy Kaddict, je ne sais pas si vous vous souvenez de moi… »

Au bout du fil, il y a de la stupéfaction, une exclamation  joyeuse, un rire frais comme une giboulée de printemps et au final une invite :

« Je suis libre ce soir, on prend un verre ? » 

Il hésite, consulte Clochette du regard. Avec un sourire malicieux, elle lui montre du doigt l’obélisque dressée. Il accepte, raccroche. Heureux.

«  C’est marrant, elle a pensé à moi il y a quelques jours et avait  très envie de me revoir, sans oser m’appeler.

-C’est le cas de beaucoup de gens. Avoir envie et ne pas oser. 

- Merci de m’avoir forcé. Tout seul je ne l’aurais jamais fait.

Clochette s’installe à califourchon au-dessus de Guy Kaddict :

« Je t’en prie, tout le plaisir va être pour moi. »

img_0109.jpg

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 15:59

fleurs.jpgElle a 40 ans, ou un peu plus. Elle rêvait de vieillir dans une petite maison avec un jardin, où elle aurait planté des carottes. Après vingt ans de boulots même pas précaires mais mal payés, plus un divorce, son rêve sans prétention est devenu démesuré, au prix actuel du logement. Elle en est indignée. Indignée qu'il soit interdit de prétendre à un bonheur si simple, que ses parents avaient pu réaliser. Alors elle campe à la Défense, comme des dizaines d'autres. Ils en chient, entre le froid de la nuit, l'inconfort de la dalle en béton, la curiosité bovine ou agressive de certains passants et les charges de flics de plus en plus violentes alors que les indignés sont d'un pacifisme absolu, gentils. Trop gentils peut-être.

capitalisme-malade.jpgIls en chient, et pourtant ils continuent. Comme s'obstinent, avec infiniment plus de risques, les manifestants en Egypte, en Syrie, au Yemen, en Chine,  aux Etats-Unis, en Inde... Ils en chient, mais comme cette femme le dit avec des yeux brillants : « J'ai l'impression de revivre, enfin ! » Enfin reprendre la maîtrise de son existence. Elle qui a toujours été subalterne se révèle débrouillarde et organisatrice-née. Elle découvre la solidarité inattendue d'un cadre cravaté venu leur apporter des tapis de sol pour qu'ils aient moins froid, la gentillesse spontanée de commerçants de la Défense qui leur offrent du café chaud et des croissants. Le bonheur de s'organiser soi-même, avec des règles choisies. (par parenthèse, c’est la définition même de l'anarchie, à l'opposé du désordre organisé du capitalisme financier.)

vie_montreal_005.jpgCette sensation enivrante, exquise, de secouer enfin le joug renaît à chaque grand mouvement. Lors de la grève des transports de 1995, alors que les medias en faisaient des tonnes sur « la galère des usagers », je me déplaçais à vélo dans la neige, moi qui ai horreur de la neige et de la glisse. Aux feux, les cyclistes soufflaient dans leurs doigts pour se réchauffer en se faisant un signe de connivence. A pied, on se saluait, en stop, on trouvait toujours un automobiliste pour vous prendre en charge. Jamais je ne suis arrivée en retard au boulot, et j'ai rencontré plein de gens adorables qui ne rêvaient que d'un bonheur au final accessible, s'il n'était pas écrit dans la tête de certains : « Il ne suffit pas d'être heureux, encore faut-il que les autres soient malheureux ».  Si la nuit du 4 août a tant marqué l'histoire, c'est bien parce qu'au-delà de la richesse, l'important pour les gens de pouvoir, est de garder leurs privilèges.

Puis la grève s'est essoufflée. Les transports ont repris très progressivement. Un matin, voyant une foule à l'arrêt de bus, je m'arrêtai pour proposer trois places dans ma voiture. Avec effroi, chacun déclina: « Non, non, on attend le bus ! »  Exactement comme dès le 30 juin 1968 les gens avaient cessé de se parler dans la rue, fin 95 ils étaient rentrés dans leurs coquilles sitôt la grève terminée. En oubliant le bonheur qu'ils avaient ressenti à ne plus avoir peur les uns des autres.

mai68.jpgC'est sur cet essoufflement que comptent tous les pouvoirs. On ne peut pas faire indéfiniment la grève quand on a un travail et une famille... Margaret Thatcher, qui a laissé mourir Bobby Sands après 66 jours de grève de la faim, a profité des limites biologiques de ce genre d'action. Les « indignés » des pays tempérés ont un ennemi proche : l'hiver, plus efficace qu'une charge de CRS pour les déloger.

Heureusement, il existe d'autres moyens drôles et efficaces pour contourner et déstabiliser chaque jour un système qui ne tient que par l'assentiment de la majorité. Révolution permanente, à suivre dans un prochain billet. 


( Désolée, je n'ai aucune photo du campement de la Défese, celles qui m'ont été envoyées par téléphone ne sont jamais arrivées sur mon mail. Faiblesse de la technologie)

 

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 10:56

Par une malencontreuse manip', j'ai effacé tous mes courriels des de début de semaine. Merci à la lectrice qui m'a contactée pour un rendez-vous de bien vouloir me renvoyer son message avec ses coordonnées téléphoniques, je la rappellerai.

 

Samedi de 18h à 20h, je participe avec d'autres auteurs au Festival Pigalle qui a pour objectif de rappeler la vocation littéraire et artistique du quartier, et de montrer que les textes érotiques sont (peuvent être) littéraires. Lecture de quelques textes aux Trois-Baudets, 64 Bd de Clichy, plus d'autres animations qui seront une surprise pour moi comme pour vous. 

 

 

rodin-auguste-la-danaide-5700241.jpg

 

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 00:11

 

bien_vu....jpgOn est à cinq mois de la présidentielle, N. Sarkozy n’est même pas officiellement candidat, et déjà les medias nous gonflent avec le 2ème tour, opposant  forcément Sarkozy et Hollande. Pourquoi  forcément ? Pourquoi, si on ne supporte pas Sarko et que Hollande ne nous inspire pas confiance (ou l’inverse si on est de droite) serait-on obligé de voter pour l’un ou l’autre ? Qu’est-ce qui nous empêcherait de voter au premier tour pour un(e) autre candidat(e), ni PS, ni UMP, si son PROGRAMME nous semble en  mesure de dessiner un avenir plus riant et plus juste ? Pourquoi ne se dirait-on pas: « Je ne veux pas que Sarko redouble, le programme de Hollande met un peu de social dans le vinaigre mais ne s’attaque pas aux causes profondes du mal-être économique et social, donc je vote pour un(e) autre candidat(e).  

A cause du vote utile ? C’est quoi, un vote utile, si ce n’est celui qui permettrait d’élire un président ou une présidente dont le PROGRAMME et le PARCOURS donnent à penser, ou au moins espérer,  qu’il (elle) va  prendre des décisions dans l’intérêt du plus grand nombre.

clown-repub.jpgSarkozy avait promis en 2007 d’être le président du pouvoir d’achat, de réduire le chômage, de promouvoir une République exemplaire sans « affaires » ni scandales, il disait que fin 2008 plus personne ne dormirait dans la rue, que la sécurité serait sa priorité et sa réussite,  et, en 2008, promit solennellement de « moraliser le capitalisme » (oxymore : le capitalisme ne peut pas être moral, ni moralisé, ce n’est pas sa logique de fonctionnement.On y adhère au pas, mais en aucun cas on ne peut demander au capitalisme d’être moral, ce n’est pas sa nature.) Bref, au vu du passé récent de N. Sarkozy, il y a de quoi se poser des questions.   Au vu de l’efficacité enthousiasmante déployée par F. Hollande entre 2002 et 2010 également. 

imagination-au-pouvoir2.jpgEt si on envoyait quelqu’un(e) d’autre au second tour ? Dès lors la sempiternelle question : « Allez-vous vous désister pour Sarko ou Hollande au second tour » n’est pas d’actualité, n’a pas lieu d’être et Eva Joly, tout comme  Jean-Luc Mélenchon ont raison de refuser d’y répondre. (Harcelée, Eva s’est fendue d’un timide « il faudra se rassembler autour de la gauche », elle n’aurait même pas dû, il faut envoyer chier ces gens qui se repaissent des jeux de politique minable et vivent sur une autre planète.)

jouer.jpgEva Joly a des ennemis partout parce que :

-C’est une femme, qui en plus ne joue pas le jeu de la séduction.

-Elle est intègre et courageuse, ça change les habitudes politiques

-Elle a gagné la primaire écolo alors que les dirigeants de EELV, Cochet, Duflot… pariaient sur Nicolas Hulot. Dès lors, son propre parti lui en veut, exactement comme le PS, qui avait parié sur DSK en 2007, n’a pas supporté de voir Ségolène Royal remporter la primaire socialiste de l’époque et l’a consciencieusement démolie.

Elle énerve le PS, car elle tient à ses fondamentaux (arrêt de la construction du réacteur Iter, sortie progressive du nucléaire, lutte contre l’argent sale) et n’en démordra pas, car elle se fiche totalement d’avoir un siège réservé aux législatives.  Du coup, alors que le PS a impérativement besoin des voix écolos pour gagner la présidentielle, Eva Joly n’a pas besoin d’eux.  C’est énervant, elle ne joue pas le jeu habituel…

Elle énerve les journalistes et les politiciens professionnels, parce qu’elle est capable de bouder les medias pour réfléchir, et se contrefout des compromis d’arrière-cuisine électorale.

capitalisme.jpgElle énerve la droite,  parce qu’ils savent que si elle était un jour présidente – ou ministre- elle n’hésiterait pas une seconde à agir contre la corruption, les paradis fiscaux,  la spéculation… dont elle connaît bien les rouages pour avoir instruit moult affaires financières. Bref, qu’elle s’attaquerait  sans crainte aux fondements même de la crise,  avec une conviction bête comme chou : il existe des lois que tous, puissants compris, doivent respecter.

 Elle sait ce qu’elle veut faire et dit comment le réaliser    

D’autres candidats énervent NS et FH : Marine le Pen qui pique des voix aussi bien à gauche qu’à droite. (Un nombre non négligeable d’ex électeurs communistes se sont tournés vers elle)… Jean-Luc Mélenchon parce qu’il a d’excellentes analyses et un vrai talent de tribun, atouts utiles dans une élection aussi personnalisée.  François Bayrou parce que son discours humaniste parle à beaucoup de gens. D’autres vont se révéler. Bref, il y a le choix, alors refusons l’obstination des medias à zapper ce premier tour.

 

bonobos 

 

 

 

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Published by - dans Humeur
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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 20:20

adresse.jpg« Hypertension, réveils nocturnes, anxiété, difficultés à vous concentrer, prise de poids…  mes conclusions sont formelles : vous devez arrêter  Internet.

-Impossible, j’en ai besoin pour mon travail.

-Certes, et je ne veux pas vous mettre au chômage, alors je vous prescris de n’aller sur Internet que pour chercher une information précise, en évitant de cliquer sur un lien, puis un autre…  ce qui nuit à votre capacité de concentration et génère de l’anxiété. Pour le reste : plus de forums, de Facebook ou de sites de rencontres. Cela devrait réduire la fatigue et les effets liés à l’abus d’ondes électromagnétiques.  Et sur le temps ainsi gagné, vous irez vous aérer, marcher dans la nature ou même en ville. Ca vous fera perdre du poids sans régime. »

paris.jpgGuy Kaddict sortit du cabinet médical, pensif.  Il marcha un quart d’heure, puis s’assit sur un banc,  face à la cathédrale. Il y avait des lustres qu’il ne s’était pas assis ainsi, en pleine ville, pour admirer un monument. Les lumières d’automne rendaient la pierre dorée, le ciel étirait au loin quelques cirrus roses,  un parfum de tilleul flottait dans l’air, des feuilles mortes brunes et rouges faisaient la course sur la berge de la Seine.

Plus de Facebook, comment allait-il faire ? Il avait coutume de s’y précipiter chaque matin, et plusieurs fois dans la journée, pour lire son mur. Déjà qu’il avait une dizaine de vidéos en retard à regarder…  Facebook allait le rappeler à l’ordre : « Vous n’êtes pas venu depuis X jours, beaucoup de choses se sont passées durant votre absence ! » Il allait devoir quitter ses 1698 amis. 1698 ! Le chiffre le frappa soudain par son énormité. En fait, il n’en connaissait réellement qu’une quarantaine, avait accepté machinalement les autres et n’en avait rencontré qu’une trentaine en deux ans. Brèves rencontres, faute de P4.jpgtemps.  Il se souvint de Jacques Lantier, un scientifique érotomane à  qui il devait  quelques soirées sexuellement délirantes. Un jour, ils avaient organisé un « jeu de piste » sexuel à travers la capitale, ponctué d’épreuves que chacun avait concocté pour l’autre.  Jacques était devenu un intime, qu’il n’avait pourtant jamais rencontré, même au cours de leurs soirées. C’était la règle du jeu, qui devait se terminer, cependant par une rencontre « en vrai » autour d’un dîner gastronomique. Sauf que Jacques avait soudainement disparu. Mort ? Amoureux ? Lassé par ce jeu ? Guy Kaddict ne l’avait jamais su. Il avait cherché à le retrouver, mais bien évidemment Jacques Lantier était un pseudo, dont il existait dix-sept homonymes sur la Toile, mais pas son ami. Drôle d’ami, qui sait tout de vos fantasmes intimes et disparaît avec vos secrets…

kino.jpgIl se remémora Sonia, Bérénice,  Astrid, Christine… Les trois premières étaient restées virtuelles,  car  lorsqu’il avait insisté pour « se voir enfin », après des mois d’échanges par mur interposé, elles l’avaient rayé de leurs amis. Plus moyen de les joindre ! Avaient-elles simplement existé ? Christine,  oui. Mais pas la Christine qu’il avait fréquentée sur Facebook. Sans leur signe de reconnaissance- une rose rouge posée sur la table- il n’aurait jamais reconnu l’Amazone brillante avec qui il conversait des nuits entières dans cette fille terne qui tournait avec morosité sa cuillère dans un jus de tomate. Lâchement, il avait fui sans même la saluer. 

D’autres avaient accepté de poursuivre la discussion « dans la vraie vie ».  Il avait ainsi passé plusieurs soirées sympas dans des bistrots choisis par les demoiselles. Qui concluaient le dîner par un joyeux : « La prochaine fois je t’invite ! » tandis qu’il réglait la note.  Il n’y avait eu qu’une prochaine fois, devenue une amie réelle. Les autres avaient quitté Facebook pour Twitter où elle racontait leur vie minute après minute, rien de très excitant. Il avait coupé les ponts, disait-il, pour justifier qu’elles ne l’aient jamais rappelé. Néanmoins, il s’en voulait des confidences qu’il leur avait faites, de cette intimité avec des inconnues qu’il ne reverrait jamais, désormais indélébile sur la Toile.

bassin-arsenal.jpgDéconnecté, il se sentait déconnecté. Tant de contacts et tant de mots pour se retrouver comme un con seul sur un banc. Qu’allait-il faire de ses amis FB dans la vraie vie ? En deux ans, son carnet d’adresses email s’était considérablement étoffé, mais il lui arrivait, en le compilant, de se demander qui diable pouvaient être ce Thomas ou cette Stéphanie dont il avait toutes les coordonnées mais qu’il n’oserait jamais appeler tant il avait oublié de qui il s’agissait.

Calbum57524.jpg« Vous avez l’air tout triste » fit une jolie voix tout près de lui. Guy Kaddict sursauta. Une jeune fille venait de s’asseoir à côté de lui. Elle sortit de son sac un sandwich aux rillettes : « Ca vous dit qu’on le partage ? » Elle éclata de rire devant son air effaré : « Un peu rustique, mon goûter, mais je n’ai pas eu le temps de déjeuner à midi. » Guy Kaddict ne savait plus où se mettre. Il avait eu trop chaud au soleil, sentait ses cheveux collés sur ses tempes,  voyait la poussière sur ses chaussures. La jeune fille lui prit la main, la serra gentiment entre ses paumes fraîches : « Vous avez les mains moites, c’est signe de fatigue. Venez, je vous offre un remontant au bistrot d’à côté. Vous verrez, c’est très sympa. » Guy Kaddict balbutia : « Vous abordez souvent des inconnus ? » « Ben oui, fit-elle surprise. Comment voulez-vous faire connaissance autrement ? »


feux d'art1

 

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