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10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 23:17

logovmAprès "NOUVEAU", leur mot magique, les pubeux nous saturent de «MALIN ». Régimes malins, prix malins,  trucs malins pour… ,  crédits malins,  accessoires malins etc.  Tout ça pour quoi ? Pour consommer, toujours, mais consommer « malin ». D’ailleurs, ça existe « consommer malin », tout comme « surfer malin », « acheter malin »  « construire malin », « jeter malin »,  « rouler malin »…  Ecrivez n’importe quel verbe suivi de malin sur Google, et ça marche.  J’ai même trouvé « baiser malin ».

diable.jpegDonc, malin, c’est nouveau ? Ben non, c’est hyper ancien. Le premier Tentateur n’était pas un publicitaire, mais le Malin lui-même,  Lucifer susurrant à Eve « goûte-moi ce fruit délicieux », fruit paré de toutes les pouvoirs et en particulier celui de donner la connaissance à ceux qui ne l’avaient pas, en l’occurrence Adam et Eve. C’est-y pas malin comme argument, ça ?

La suite, on la connaît : pas plus malins qu’avant, mais chassés du Paradis où ils se la coulaient douce, tous nus et tranquilles, et condamnés à travailler pour gagner leur vie. 

Pareil aujourd’hui : tous ces trucs prétendument  malins ne rendent pas plus intelligents mais ils s’achètent, que ce soit des livres de régimes, des techno gadgets  ou des accessoires pour voiture.  Or qui dit achat, dit argent et qui dit argent, dit travail pour en gagner. Le Malin pubeux qui vous pousse à consommer vous condamne en fait à bosser et à vous appauvrir.  Comme dit Marc Fiorentino dans son livre « Sauvez votre argent »(éd. Robert Laffont) : « aucun placement ne vous rapportera autant que de ne pas acheter. Pour sauver votre argent, ne pas (trop) dépenser est la meilleure attitude ». (Un financier qui prône la décroissance et la déconsommation, c’est rare…)

En nous faisant croire que « malin » est un compliment flatteur, la publicité nous prend pour des cons, dirait Cavanna.  Car la malignité n’est pas l’intelligence, c’est quelque chose de pernicieux, de malsain… D’ailleurs, qu’est-ce que des cellules malignes, sinon un cancer ? Qu'est-ce que la surconsommation....

paques plageLe meilleur des choses ne coûte rien
Tout ce qui vraiment nous fait du bien
Un rire d'enfant, un rêve insouciant
Sans rien demander, il nous soutient, le meilleur des choses ne coûte rien
Le meilleur des choses ne coûte rien
Tout ce qui vraiment nous fait du bien
Le profond sommeil de celui qui veille
Qui veille, le jour, à son prochain, le meilleur des choses ne coûte rien
Le meilleur des choses ne coûte rien
Tout ce qui vraiment nous fait du bien
Les bras d'une mère, du bout de la mer
Ce rayon qui nous arrive enfin, le meilleur des choses ne coûte rien

 (Guy Béart)

 

 

 

 

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 17:21

Il fait beau et chaud (contrepèterie Belge) et c’est bon ! 

frankensteinA  propos de Belge, je suis allée voir au Lucernaire une pièce du Belge Thierry Debroux, jouée par deux acteurs suisses : « Mademoiselle Frankenstein ».  (du mardi au samedi à 19h jusqu'au 23 avril) La demoiselle, c'est Marie Shelley, auteur à 19 ans du roman « Frankenstein ». Comment une si jeune femme a-t-elle pu inventer un tel monstre? De cette question posée par son interlocuteur, un certain Lazzaro Spallanzani inquiétant et ambigu à souhait, s'ensuit un face-à-face entre les deux personnages où la tension monte, jusqu'au final fort en émotion. 

Mary Shelley n’avait que 19 ans, mais au XIXe siècle, cet âge suffisait pour avoir un passé parfois douloureux, capable d’engendrer des monstres intimes. La jeune femme résiste à l’interrogatoire de Lazzaro dont on comprend vite qu’il est le portier de son inconscient, l’homme qui va lui permettre de révéler ce qui la hante. Ce faisant, le texte évoque l’Homme dépassé par les énergies et les innovations scientifiques qu'il ne maîtrise pas, question ô combien actuelle en ces périodes de fuites nucléaires et d’embryons à tout prix et parfois hors de prix. Le coup de théâtre survient quand à son frankenstein2tour Mary Shelley pousse Lazzaro dans ses retranchements et l’oblige à révéler qui il est. Le texte prend alors une portée universelle: comment devient-on ce qu'on est? Pourquoi certains êtres semblent-ils des monstres, et en sont-ils vraiment? Question à méditer par le président, si prompt à qualifier les criminels de monstres, sans s’interroger sur leur itinéraire, qui aurait pu être tout différent si quelqu’un leur avait prêté attention à temps. 

L'interprétation de Aline Gampert (Mary Shelley) et Frédéric Landenberg (Lazzaro Spallanzani), dans un décor sobre mais troublant, est d'une justesse impressionnante. On en oublie qu’ils sont comédiens, on est tenu en haleine, et on sort de là impressionné tant par le texte que par la performance.

Après le spectacle, prendre un verre en terrasse au mois d’avril sans avoir froid, en discutant avec des passionnés de littérature et de théâtre, fait partie des bonheurs qui donnent du prix à l’existence. Laurent Terzieff, dont je reste fan absolue, avait fait du Lucernaire son domaine. Il y règne toujours l’esprit de passion, de modestie et de courtoisie qui le caractérisait.

 fleur2.jpg

 

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 11:39

 

vague matchQue ça m’énerve de lire ces papiers de journalistes, par ailleurs fascinés de visionner pour la vingtième fois la grande vague du tsunami, ces papiers, donc, vantant le calme et la dignité des Japonais devant les drames qui les frappent. Un phénomène, bien connu des médecins, peut déjà expliquer ce calme : la sidération. Un ouvrier qui se tranche les doigts avec un massicot ne ressent dans l’immédiat aucune douleur tant la douleur est vive. Pareil pour la douleur morale  quand ses dimensions dépassent l’imaginable. Les Japonais  s’attendent à un tremblement de terre, un raz-de-marée, un accident nucléaire, mais de là à imaginer les trois à la fois… il y a de quoi rester sans voix et sans larmes, ce qui est regrettable : les larmes évacuent les toxines et permettent d’extérioriser un stress qui, lorsqu’il reste intériorisé,  attaque la santé. Ce n’est sans doute pas seulement à cause du poisson fumé que les Japonais sont tellement sujets aux cancers de l’estomac. Pas seulement pour le goût du tabac qu’ils sont les plus gros fumeurs de la planète. Pas forcément par fragilité qu’ils ont le taux de suicide le plus élevé des pays développés (le record étant détenu par les pays de l’Est). Pas seulement par esprit de sacrifice qu’ils comptent plus de 2000 morts par an de karochi : mort « naturelle » due à l’épuisement au travail.

Le calme des Japonais est aussi culturel, tout le monde l’a écrit. Il n’est pas inné, il est obligatoire. En Asie, « ne pas perdre la face » est un impératif enseigné dès l’enfance. Je me souviens de mon père (indovietnamien) répétant chaque fois qu’il était en situation de conflit : « je n’ai rien dit, je suis resté impassible », émotions tellement réprimées qu’il souffrait de colite et eut plus tard un cancer du côlon, dont chaque récidive coïncidait avec une période d’agression morale. Chez les Japonais, le shintoïsme et le Bouddhisme enseignent cette maîtrise de soi et cette acceptation de l’inéluctable, et voilà l’Occident fasciné, sauf peut-être les Britanniques élevés au « Never complain, never explain » (ne vous plaignez jamais, n’expliquez jamais »)

En fait, ce qui m’énerve est le message subliminal contenu dans cette louange répétée du calme des Japonais : que c’est bien, un peuple qui ne se révolte pas, qui a accepté  des centrales nucléaires sur des failles sismiques sans broncher, qui se tue au travail ou se tue sans travail (60% des suicidés Japonais en 2007 étaient chômeurs) plutôt que de remettre en cause le système qui les pressure.  Que c’est bien un peuple qui la ferme et qu’il ne faut pas sans cesse surveiller, encadrer, réprimer, parce que les barrières, on les lui a mises dans la tête dès l’enfance.

 

japon.jpg (photo du haut: Paris-Match, du bas: l'Obs)

 

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 12:33

 homme_voiture.jpgJe leur ai dit: « Imaginez que vous allez acheter une voiture. Le garagiste vous propose un modèle unique : « Il est magnifique, on le fait depuis cinquante ans et les clients sont nombreux, mais il est moins solide qu’avant, comme toutes les machines d’ailleurs. Au bout de trois ans, la peinture se ternit, il y a souvent des cafouillages au démarrage, bref… -Bon, dit le client, et au final, elle dure combien de temps ? –C’est variable, soupire le garagiste, mais disons qu’au bout de 6 ou 7 ans, un exemplaire sur trois est à la casse;» Vous vous demanderiez sûrement pourquoi, au lieu de s’obstiner à ne vendre que ce modèle si peu fiable, on n’en a pas imaginé d’autres, fonctionnant de façon différente, peut-être moins simples au départ, mais plus durables ?

Ce qui est vrai pour la voiture l’est pour le mariage : un couple marié en 2011 a une chance sur deux ou trois de se séparer après moins de 7 ans. Pas question pour autant de supprimer la monogamie pour ceux à qui elle convient, mais pourquoi l’imposer comme seul modèle possible (en occident tout au moins) et considérer celles et ceux qui vivent autrement comme des transgressifs? 

baiser_rodin.jpgJe leur dis aussi : « Le pétrole va bientôt s’épuiser, et cette perspective sème la panique, comme l’annonce d’une véritable fin du monde. Pourtant, le monde s’est passé de pétrole pendant des siècles, et cela n’a pas empêché la construction des Pyramides ou de la cathédrale Notre-Dame, la découverte de l’Amérique et de la Chine, la médecine par les plantes, les chefs d’œuvre de Victor Hugo, Mozart, Léonard de Vinci et tant d’autres. » De la même façon, on croit mourir d’un chagrin d’amour, mais on survit généralement,; quand on se souvient qu’avant de rencontrer cet homme ou cette femme sans qui on s’imagine ne pas pouvoir vivre… on vivait, et on était souvent heureux(se). L'amour devrait rester un plaisir, un mode de dialogue pacifique, comme chez les bonobos, et non cette passion addictive qui pousse au désespoir et parfois à la violence.

(photo bonobos du site ushuaïa) 

bonobos.jpgJe leur dis encore : « Chaque amoureux a le sentiment de vivre une histoire que personne d’autre n’a vécu, qu’elle soit heureuse ou malheureuse (« je l’aime, tu peux pas savoir… ») Pourtant, il suffit de regarder autour de soi pour voir que les mariages duraient plus longtemps à l’époque où on entrait dans une entreprise à vingt ans   pour en sortir à 65 (ou plus jeune, les pieds devant), que la serial monogamie (on se marie, on se quitte, on se remarie, on se re-quitte…) a pris son essor en même temps que le zapping à la TV, les collections multiples en prêt-à-porter ou la sortie d’un Ipad2 un an après le Ipad1, bref dans une logique de surconsommation.

lien-guide.jpgEnfin, ce n’est pas un hasard si on parle des amours plurielles au moment où l’écologie a le vent en poupe car les deux ont des valeurs communes : 1. non appropriation du vivant (on refuse que les labos brevètent les gènes, pourquoi posséderait-on un être vivant sous prétexte qu’on vit avec ?) 2. respect des saisons (on ne coupe pas un arbre en hiver parce qu’il semble mort, on attend le printemps. On ne rompt pas avec son amoureux dès qu’on connaît des difficultés, on attend de voir si elles sont passagères ou irrémédiables), 3. diversité qui enrichit : dans un jardin, des fleurs semées sous un arbre fruitier attirent les abeilles qui pollinisent alors les fruitiers, sans que ceux-ci se sentent en rivalité avec les fleurs. Dans le pluriamour, les rencontres ne sont pas en rivalité mais en complémentarité.

Et là, ce qui paraissait iconoclaste, impossible, voire immoral, devient soudain un motif de réflexion : non, le privé n’échappe pas à l’influence du social et du politique. Oui, on peut réfléchir à d’autres façons de vivre. Rien n'est immuable.

Cela devient intéressant quand, partant des amours plurielles - ça attire du monde, mais je sature un peu - on peut réfléchir au fait que, généralement, les solutions présentées comme seules possibles : tout-nucléaire, monoculture, capitalisme, portent en elles les germes de leur propre destruction, alors que l’imagination ouvre les possibles.

(c’était en Suisse les 20 et 21 mars, au café-déclic )

 

mai68.jpg 

 

 

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24 mars 2011 4 24 /03 /mars /2011 11:36

 

                                      Je vous avais parlé de ce collectif lors de leur premier appel : 

camillelacourt3Depuis, le collectif Appel de la jeunesse a démarré une série d’actions visant à accélérer la prise en compte des déterminants environnementaux, qui expliquent en grande partie les maladies chroniques actuelles qui affectent de plus en plus de jeunes.

Le 31 mars 2011, à 12h30, ils organisent un Happening devant l’Assemblée Nationale auquel tout le monde peut participer pour lancer la campagne  

«Générations Cobayes Non Merci ! » 

Ils demandent en priorité l’interdiction du Bisphénol A dans les plastiques alimentaire. Cette molécule est un des perturbateurs endocriniens les plus répandus dans notre environnement qu’on retrouve dans de nombreux objets de consommation courante et également dans notre organisme. Or les perturbateurs endocriniens sont une clé d’explication importante de la progression des maladies chroniques.
Les preuves scientifiques de la toxicité du BPA sont accablantes chez l’animal depuis plus d’une décennie et se confirment chez l’Homme depuis plus d’un an. Ces dernières études montrent une altération de la qualité du sperme, des troubles du comportement chez les enfants ( hyperactivité notamment) et un lien de plus en plus avéré entre BPA et puberté précoce.
L’exposition au BPA ne relève pas d’un choix individuel (contrairement au tabac ou à l’alcool par ex). Demander l’interdiction du BPA dans les plastiques alimentaires, notamment le revêtement intérieur blanc de beaucoup de boîtes de conserves, c’est prévenir la source de contamination principale et contribuer à un meilleur état de santé des générations présentes et à venir.
"Nous ne voulons plus être exposés à la pollution chimique à notre insu, disent-ils. Nous ne voulons plus faire partie des générations cobayes. Nous demandons à celles et ceux qui décident de notre avenir de passer des intentions aux actes !
Déclaration de l’OMS Europe (11 Septembre 2006) : « les maladies non transmissibles (chroniques) causent 86 % des décès et 77 % de la charge de morbidité » (…) il est possible de les réduire fortement (80 % pour les principales MCV et le diabète, 40 % pour les cancers)
Selon le National Institute of Environmental Health Sciences, 2 cancers sur 3 sont liés à l’environnement, Rapport « Cancer and the environment » 2003 NCI NIEHS (Lichtenstein 2000)
Plus d'informations : www.generationscobayes.org - www.stop-bpa.fr

 

Pourquoi une photo de Camille lacourt? Pour le plaisir, mais aussi parce qu'il fait partie des jeunes menacés par la dégradation de l'environnement, on se rend mieux compte de la perte quand elle est visible  

 

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 11:21

Torturée par un torticolis depuis une semaine, je suis allée voir ce matin mon ostéo préféré, aux doigts si magiques que je le soupçonne d'être un peu magnétiseur sur les bords.  Il faisait un temps superbe, je me suis habillée en blanc, ça donne une mine de rêve. En trois quarts d'heure, libérées les tensions et soulagé, mon crâne, du trop-plein qui l'alourdissait. Je connais cet ostéo depuis plus de quinze ans, on a parlé du pays, je veux dire du Vietnam, et des bienfaits des massages. En sortant, il y avait une brise tiède, les gens souriaient aux premiers rayons de soleil sur leur peau. Plein de monde dans une boulangerie, j'ai pensé que le pain devait y être bon. "Effectivement, et il est moins cher qu'ailleurs" m'a spontanément renseignée une cliente. C'était vrai, il y avait des lustres que je n'avais pas vu une baguette à 0,80 euros. Chez moi elles sont plus proches de 1 euro, voire plus. Dix mètres plus loin, le vacarme d'un marteau-piqueur aurait dû gâcher ce bonheur matinal, mais en levant les yeux sur le camion de chantier rose équipé d'un géant aspirateur à gravats, j'ai éclaté de rire. 

 

 suceuses de l'ouest

 

 

 

 

 

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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 21:28

 lecture.jpgLe Salon du Livre est un endroit fascinant. D’abord  la soirée d’ouverture du jeudi, pince-fesses où se bouscule tant de monde qu’on peut à peine se frayer un passage entre les stands, et que le champagne servi dans des gobelets en plastique finit souvent par terre à la faveur d’un coude-à-coude frénétique.  Cette soirée n’a que deux avantages : découvrir la tête des éditeurs que l’on ne connaît parfois que par leur signature en bas d’un contrat. Reluquer les beaux mecs typés « intellos/bobos/j’suis- sur -un projet dément-coco/j’ai une couverture médiatique d’enfer » dont le look est quasi uniforme : minces, fringués  négligé/chic, sourire éclatant, boucles brunes ou légèrement grisonnantes, fossette au menton, œil fureteur vers les jolies filles aux cuisses longilignes. (Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais la mode des leggings a fait tellement raccourcir les robes qu’elles rasent les fesses et deviennent impossibles à porter sans ces étranges collants épais coupés aux pieds, alias leggings. Résultat : on voit plus de filles en robe en hiver qu’en été où les jambes sont nues, c’est un comble ! Mais je m’égare…

chatlit.jpgLe vendredi, jour « grand public » avec nocturne. Et le public est grand, du petit enfant affalé dans un hamac avec une bande dessinée- très sympa le coin repos avec des hamacs, c’est nouveau- à l’érudit qui cherche une maison d’édition extrêmement spécialisée, en passant par les enseignants aux stands Bordas ou Nathan, les aficionados de minuscules éditions régionales ou les groupies agglutinés du côté des éditeurs prestigieux où ont lieu des séances de dédicaces à la pelle. Les visiteurs font la queue une demi-heure ou plus pour quérir l’auguste signature d’Amélie Nothomb, Michel Houellebecq,  Marc Levy ou  Jean d’Ormesson. L’écrivain garde un prestige étonnant en France. La plupart des hommes politiques, professeurs de médecine ou vedettes de télévision veulent publier livre.jpgun livre, qu’ils écrivent… ou pas. Comme si l’objet livre leur donnait plus qu’une existence, un label de qualité et une assurance de postérité. Assez surprenant lorsqu’on sait que moins de cent écrivains en France vivent réellement de leur plume, que le tirage moyen d’un ouvrage est de 8149 exemplaires et la vente moyenne d’un roman ? Moins de 900 exemplaires. Une moyenne qui signifie que si certains atteignent des tirages faramineux, la majorité des autres reste dans les cartons des librairies avant d’être renvoyés à l’éditeur qui pour cette raison prévoit dans les contrats une  « provision pour retours » amputant de 25 à 35% les droits versés à l’auteur. 

Bref, mieux vaut ne pas avoir la grosse tête quand on est publié, d’autant que les livres réellement lus ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Ainsi, en 2010, avec trois titres fort bien vendus dans le genre saga agréable à lire,  sans surprises (beaucoup de clichés) mais ne prenant pas la tête, Katherine Pancol  devance très largement les prix littéraires de l’année et les romanciers « littéraires ».  Et le record des ventes ne va à aucun écrivain mais à Pierre Dukan, auteur de « Je ne sais pas maigrir », énième variation sur le régime hyperprotéiné (oui, celui qui fait perdre très vite des kilos et regrossir dès qu’on reprend une alimentation normale, avec en prime constipation et mauvaise haleine !) qu’il a décliné en livre de recettes et guide pratique, totalisant en 4 titres 1 656 400 ventes !  Voilà qui laisse rêveur… Heureusement que dans les 30 titres les plus vendus figure aussi l’attrape –cœur de J.D Salinger, livre  publié en 1951 aux Etats-Unis, traduit dans le monde entier et constamment réédité. 

(source des chiffres : observatoire de l’économie du livre, panel IPSOS)

 

distribution-de-prix---l--cole-j-ai-7-ans.jpg 

 

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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 12:41

nucl_aire.jpgEn 1977/78, le débat battait son plein sur le nucléaire. Pour la Gueule Ouverte", hebdo écolo, j'avais fait une série d'interviews de responsables politiques qui, de la gauche à la droite, répondait en substance: "On ne peut pas se passer du nucléaire à l'horizon 80, nous avons besoin d'énergie. Mais à l'horizon 2000, on peut envisager que les énergies renouvelables représentent 15 à 20% de nos besoins, et que les économies d'énergie réduisent notablement ces besoins. Alors on pourra réduire, et peut-être même arrêter le nucléaire."

Nous sommes en 2011, aucune de ces promesses n'a été réalisée. Les politiciens nous demandent de patienter 20 ans... pour passer la patate chaude à leurs successeurs et les laisser se dépêtrer avec une énergie dont chacun sait qu'elle n'est sûre que s'il n'y a aucun imprévu. 1) C'est impossible. 2) pour réduire le risque d'imprévu, le nuclaire implique une surveillance, un quadrillage et un secret sinon Défense au moins d'Etat qui expliquent le slogan des seventies: "Société nucléaire, société policière" (ou sécuritaire) Et tous les articles que j'ai écrit il y a plus de 30 ans restent d'actualité.

fessenheimEn 78, donc, pour le magazine ELLE, j'étais allée passer trois jours à  Fessenheim juste avant qu'un des réacteurs de la centrale ne soit mis en marche. Premier reportage: une nuit sur un pylône occupé par des écologistes, puis j'avais demandé à visiter la centrale. Après un refus, et devant mon objection "Auriez-vous donc des choses à cacher?", on m'avait laissée entrer. De cette visite j'avais fait un papier de quatre pages dont voici quelques extraits (j'espère qu'en zoomant ils seront lisibles). Fessenheim-004-copie-1.jpg

 

Fessenheim 003-copie-1Par parenthèse, quelle époque bénie du journalisme où lorsque je disais à Daisy de Galard, rédactrice en chef de ELLE: "Je vais enquêter à Fessenheim", elle répondait"Si c'est intéressant, allez-y" et au retour, me demandait si l'article valait un, deux, ou quatre pages. Et si l'on répondait "Aucun intérêt", nulle obligation de rédiger un papier pour rentabiliser le déplacement et les frais. Aucun sujet n'était tabou, de la révolte des viticulteurs à l'avortement en passant par la peine de mort ou ce qu'il y aréellement dans les cosmétiques,, on n'avait pas peur de faire fuir les annonceurs en faisant de bonsreportages... et ELLE vendait chaque semaine 700 000 exemplaires, contre 400 000 aujourd'hui pour cet hebdo devenu essentiellement trendy fashion.

 

 

 

moi.jpg

                                                                       ( à l'époque où je faisais ces reportages)

 

 

 Souvenir qui me revient après avoir posté ce billet:: en me raccompagnant, l'ingénieur qui m'avait guidée me demanda si j'étais parfaitement rassurée sur les mesures de précaution prises dans le nucléaire. "Presque, lui dis-je, mais pas tout à fait, parce que vous avez oublié quelque chose. - Qu'est-ce que j'ai oublié? -Vous ne m'avez pas demandé si j'étais ou non enceinte. Or c'est une question importante, puisque l'accès à l'intérieur d'une zone irradiée est interdit aux femmes enceintes. Rassurez-vous: je ne le suis pas, mais cet oubli montre qu'on a beau faire, l'erreur humaine est toujours possible."  Onze ans plus tard, l'accident de Tchernobyl, succession de défaillances humaines et de défaillances des systèmes de sécurité le prouvait... 

 

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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 18:17

agroIl y a de bonnes nouvelles qui ne sont guère relayées, c’est étrange… Comme le rapport de la FAO (Food and Agricultural Organisation) peu suspect d’anarcho-gauchisme virulent, qui  concluait en mai 2007 que l’agriculture biologique, si on la généralisait, pourrait produire  de quoi nourrir la totalité de la population mondiale.  Qu’en sera-t-il de celui d’Olivier de Schutter, Rapporteur spécial sur le droit à l’alimentation à l’ONU, qui constate que « l’agroécologie est plus efficace que le recours aux engrais chimiques pour produire de quoi nourrir les populations dans les régions difficiles où se concentre la faim ? » (photo du site Agroécologie)

ogm1.jpgIl y a des informations qu’on étouffe ou attaque, comme la campagne de France Nature Environnement, présentée par le ministre de l’agriculture comme « un scandale » et une agression contre les agriculteurs» alors qu’elle énonçait de simples vérités sur les méthodes de l’agriculture intensive. Oui, la prolifération des algues toxiques liées à l’excès de nitrates a tué l’an dernier, ou,  les OGM comportent une grande part d’inconnues sur leur innocuité (et sont par ailleurs inutiles, NDA). alguesfne.jpgMais il ne faut pas fâcher le lobby de l’industrie chimique, le plus actif auprès des instances européennes, celui qui dispose de moyens énormes pour que le projet REACH sur l’évaluation des 100 000 molécules chimiques dispersées dans l’environnement ne soit pas réalisé avant une trentaine d’années… Juste le temps de développer quelques sympathiques cancers : tumeurs du cerveau en augmentation constante, lymphomes, leucémies et désordres endocriniens susceptibles de provoquer des cancers du sein et de la prostate. Sans parler des micro-pénis des enfants de viticulteurs, liés aux traitements intensifs de la vigne. (par parenthèse, sachant qu’on presse le raisin tel qu’il est récolté, qu’est-ce qu’on doit absorber comme intrants chimiques chaque fois qu’on picole, c’est plus dangereux que l’alcool, vivement une offre suffisante de vins bios).

Le plus étrange est qu’en favorisant les agricultueurs, on a délibérément supprimé les paysans. 45% de la population  dans les années 50, 6% aujourd’hui.  Et on ose encore leur dire que leur avenir est dans l’agriculture intensive chimique et génétique !

Heureusement, ça commence à se savoir. Le Mouvement pour les Générations futures (anciennement MDRGF) organise  à partir du 20 mars la 6è semaine pour les alternatives aux pesticides,  pour montrer qu’avec des modes de production agroécologiques, on peut doubler les rendements, tout en préservant le sol qui n’est pas, comme le pensent certains ingénieurs agronomes, un simple support aux semences, mais qui est leur aliment, leur source de vie. Ces ingénieurs me font penser  aux hommes qui croyaient que l’utérus des femmes n’était qu’un réceptacle à leur semence, ignorant tout du rôle de l’ovule et de la formidable et complexe machinerie qui aboutit à créer la Vie. La Terre est une femme,  c’est évident, cessez de la violer, l’agresser et vouloir la dominer !

En attendant le 20 mars, ne manquez surtout pas sur ARTE,  mardi 15 mars,  le nouveau documentaire de Marie-Dominique Robin  « Notre poison quotidien »  poison-quotidien.jpgoù cette formidable enquêtrice décortique les rapports de force et d’argent qui ont amené une telle pollution dans l’agriculture et dans nos assiettes qu’il vaut mieux se souhaiter « Bonne chance » que «Bon appétit » avant un repas. Je n’ai pas encore vu ce film, mais connaissant « Le monde selon Monsanto » de la même Marie-Dominique Robin, je suis sûre d’en sortir sonnée, ébahie par le cynisme de ceux qui veulent faire de l’argent au risque de la santé de milliers de gens, mais déterminée à manger et vivre plus sain.

« En France, me dit un cancérologue, on est très fort pour les traitements, mais très mauvais pour la prévention. On préfère vendre des médicaments que de la santé. Mais après 30 ans dans un service de cancérologie,  sachant ce que sont les cancers et combien durs sont les traitements, même quand ils guérissent, je voudrais un monde où mes enfants n’auront pas de cancers plutôt qu’un monde où on leur dira qu’ils ont la chance de bénéficier de la meilleure chimiothérapie existante. »

 

paysage.jpg                                                    photo Andiamo

 

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 17:00

jeu2.jpg « Tu oses adresser la parole à des inconnus ? » « Ben oui. Ton mari ou ta meilleure amie, étaient aussi des inconnus la première fois que tu leur as parlé ! » C’était une évidence, mais cette femme peureuse était tellement marquée par la croyance « c’est dangereux de parler à des inconnus », qu’il ne lui était pas venu à l’idée de vérifier par elle-même.

« Ne crois rien de ce que tu n’as pas personnellement expérimenté », et « les choses sont toujours plus difficiles par l’idée qu’on s’en fait que par ce qu’elles sont vraiment ». Avec ces deux phrases  on peut se débarrasser de moult mythes, petits et grands, qui compliquent ou gâchent la vie et empêchent d'en devenir acteur.

Le mythe de la mayonnaise : pour ma grand-mère, faire une mayonnaise était une cérémonie si compliquée qu’elle en faisait extrêmement rarement tant ça la rendait nerveuse. Il fallait que tous les ingrédients soient à la même température, que le récipient soit en verre, porcelaine ou faïence mais surtout pas en métal, que l’on tourne la mayonnaise avec une cuillère en bois TOUJOURS DANS LE MEME SENS, qu’il n’y ait pas de courant d’air dans la cuisine et surtout qu’aucune des femmes présentes n’ait ses règles, réputées faire tourner la mayonnaise. Après  des décennies de mayonnaises réussies à la fourchette ou à la cuillère, dans un bol ou une casserole, en marchant ou assise et même pendant mes règles,  exit le mythe de la mayonnaise !

cuba_006.jpgLe mythe du fer à repasser : c’était moi, le fer à repasser, rapportée toute mouillée à ma mère après dix leçons de natation et le verdict terrible du maître-nageur : « Elle ne flotte pas, elle ne nagera jamais ». J’ai traîné un quart de siècle ce mythe d’être constituée d’une matière bizarre dépourvue de toute flottabilité. On avait beau me parler du principe d’Archimède, le mythe m’empêchait de nager. Jusqu’au jour où l’Association « le Pied dans l’eau » m’a fait expérimenter qu’il me suffisait de faire confiance à l’eau pour que tout se passe bien entre nous. La première fois que je me suis assise, paisible comme jamais, à quinze mètres de profondeur, environnée de laminaires dorées et de homards bleus reste un des grands moments de ma vie…

prince.jpgLe mythe du Prince Charmant : « on ne peut aimer qu’une personne à la fois », « si on va voir ailleurs, c’est qu’on n’aime plus son partenaire » Les mythes amoureux sont parmi les plus résistants parce qu’ils font rêver. Au Prince charmant, même si on en est à son troisième divorce, même si les statistiques démentent ce rêve et même si personne, jusqu’ici,  n’a démontré que c’est mieux d’aimer une seule personne que plusieurs. Inutile de développer ce thème, je l’ai assez fait, après 35 ans d’expérimentations quasi scientifiques, de tâtonnements et d’essais…  Je suis la Claude Bernard des relations amoureuses J

caneles_2_01.jpgLe mythe du cannelé Bordelais : les cannelés sont à la mode et atteignent des prix  (g)astronomiques : de 1,30€ ( à Bordeaux) à 1,90€ ( à Paris) pour 1 cannelé.  Fait d’une pâte très proche de la pâte à crêpes, autant dire assez basique.  « Ouh que non ! prétend le mythe. Ouh que c’est difficile de réussir le cannelé croustillant/caramélisé à l’extérieur, moelleux/vanillé à l’intérieur. Il y a un tour de main, une expérience ancestrale, des moules en cuivre indispensables, une cuisson longue et délicate, thermostat  précis obligatoire pour le four, etc., etc. »  C’est là que la phrase « ne crois rien de ce que tu n’as  pas personnellement expérimenté » devient utile pour oser se lancer après tant de mises en garde. Résultat : avec mon four à gaz qui ne fait pas la différence entre thermostat 3 et thermostat 7 (on jauge à la hauteur de flamme et au pifomètre), des moules en silicone vu le prix prohibitif des moules en cuivre, et aucune ascendance bordelaise, j’ai obtenu 18 cannelés croustillants/caramélisés/ moelleux/vanillés (et parfumés au rhum cubain) n’ayant rien à envier à ceux de l’honorable et célèbre maison bordelaise. Et pu ainsi vérifier que  le prix du cannelé doit davantage à l’effet mode et mythe qu’à la complexité de sa fabrication.

Les mythes bloquent, cassent la confiance en soi et en l’autre, ingrédients pourtant indispensables pour survivre dans un monde cruel et ruinent le moral et la santé en  entretenant un sentiment d’impuissance et de fatalisme, alors qu’il suffit d’oser expérimenter autre chose pour que cet autre chose devienne réalité. Qui aurait cru il y a seulement trois mois que deux- et peut-être bientôt trois- dictateurs seraient chassés par la volonté de peuples lassés de trop d’injustices ?

 

Autralie.jpg 

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