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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 17:33

manif-retraite.jpgQu'ils m'agacent, ces ex-potes de contestations qui se répandent en vilenies sur la jeune génération prétendument inculte, dépolitisée, hyperconsommatrice, formatée par la téléréalité et individualiste. Bref, rien à en attendre ! Et si je soutiens le contraire, je me fais invectiver : « Françoise, regarde la réalité et non le monde tel que tu le souhaites ! » Eh bien je m’insurge!  Peut-être que ces quinqua/sexagénaires ont d’odieux rejetons, petits-rejetons ou jeunes amantes, peut-être qu’ils doivent casquer pour satisfaire leurs besoins superfétatoires et que ça les énerve, peut-être qu’ils en ont marre d’un couple de Tanguy amarrés au canapé de leur salon et à leur compte bancaire comme des arapèdes sur un rocher desséché, mais moi, les jeunes que je connais et fréquente, que je les ai ou non engendrés, ne sont pas comme ça. Peut-être qu’on a les jeunes qu’on mérite…

place-des-vosges-afp.jpgComme ceux de Jeudi noir, qui n’hésitent pas à sacrifier leur week-end pour défendre la cause des jeunes mal-logés auprès des professionnels de l’immobilier. Depuis deux ans, un groupe occupe  un immeuble de la place des Vosges, à Paris. Joli quartier. L’immeuble est vide depuis 45 ans. La vieille propriétaire avait même dit, si je me souviens bien, que cela n’était pas grave s’ils entretenaient les lieux et ne détérioraient rien, mais les héritiers d’icelle l’ont mise sous tutelle (on se croirait dans l’affaire Bettencourt !) et réclament aux squatteurs des indemnités d’occupation exorbitantes. En 1ère instance, ils ont eu gain de cause. En appel, la cour a estimé qu’il n’y avait pas lieu à indemnisation, car qui dit indemnisation dit préjudice, et qu’il est difficile de parler de préjudice à propos d’un immeuble abandonné depuis 45 ans, que les squatteurs ont plutôt contribué  à préserver. Un émissaire de la Mairie de Paris a suggéré un accord leur permettant de loger sur place moyennant un loyer raisonnable, et d’organiser dans l’immeuble des activités culturelles et sociales. Sauf que l’avocate des héritiers s’est insurgée : « Du logement social place des Vosges !!! » et que les héritiers refusent tout arrangement amiable. Jeudi noir continue à lutter. Depuis deux ans. Pas mal pour une génération stupide et démotivée…

Le collectif Génération précaire milite depuis des années pour que les stages étudiants soient de vrais stages, et pas des emplois gratuits ou mal payés déguisés en stages. C’est grâce à leur travail de plusieurs années que la loi sur les stages a été quelque peu améliorée, et ils poursuivent leurs actions pour que ça aille plus loin.

Sauvons les riches lutte contre la corruption avec l’association Anticor, dénonce les faveurs faites aux riches et milite pour un salaire maximum acceptable. Bourrés d’humour, ils proposent des manifs drôlatiques et ont récemment lancé une pétition pour défendre le droit de Jacques Chirac à être jugé comme n’importe quel citoyen. Visiter leur site, est une bouffée d’air pur et de vitalité, tout comme participer à une « manif de droite » (its a joke) prouve que l’humour et la dérision sont des moyens de dire « non » qui rénovent les sempiternelles grèves et cortèges unitaires (l’un n’empêchant pas l’autre)

 



J’ai déjà parlé ici des désobéissants  qui ne sont pas une association, mais un mouvement où les groupes précités et bien d’autres peuvent trouver des personnes prêtes à donner de leur temps. C’est physique et ludique, mais également hyper organisé, avec des formations pour comprendre la psychologie de l’adversaire  et allier efficacité et non- violence. Avantage prisé par les jeunes : on ne prend pas une carte, on ne paie pas de cotisations, mais on donne du temps et de la disponibilité pour des actions ponctuelles correspondant à ses convictions,  au lieu d’obéir à des mots d’ordre décidés par des états-majors.

Et pour finir, une petite scop bretonne résiste et apprend à démonter le formatage de notre part de cerveau disponible : le pavé http://www.scoplepave.org  coopérative d’éducation populaire et de « Déformation continue ». Avec, les « conférences gesticulées » de Franck Lepage qui analyse, entre autres, la langue de bois qui mine le JT de 20h. Franck Lepage n’est certes pas un d’jeune, mais il attire une foule de moins de 30 ans à ses conférences, preuve que la jeunesse est aussi une question d’état d’esprit.

 


 Je ne suis pas spécialement cougar, mais j’aime ces jeunes qui inventent des façons de vivre et d’agir pleines de sève et de dynamisme. C’est peut-être ce qui énerve les quinqua-sexa d’ailleurs : l’idée qu’ils ne tiennent plus le haut du pavé, ni même le sable chaud de la plage. Et que je leur préfère parfois  ces jeunes  avec qui je ris, m’amuse et discute, loin de l’aigreur de ceux qui  avaient tant rêvé de changer les choses.


 

lars2.jpg

Toujours Lars, mais personnellement je ne m'en lasse pas...

 

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 11:51

Après la pompe...

FUEL

 

 

J'ai trouvé la voiture!

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Quelque chose de bizarre se passe, n'est-il pas, agent Mulder?

Je dirais même plus, agent Scully. Quelque chose de bizarre.

Bizarre, vous avez dit bizarre?


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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 17:20

plage-sarakiniko2.JPGLa mer  Egée déploie le grand jeu de ses outremers profonds sur la roche blanche, les maisons brillent sous le soleil de septembre. Temps magnifique, eau à 26°. Il n’y a quasiment pas eu de vent en août.  Je rencontre à Milos une journaliste française, qui s’est installée en Grèce il y a 6 ans, séduite par  le mode de vie « simple et chaleureux » qui attire des millions de touristes chaque année. 

solitaire-chevre.JPG« Tous les articles que me demandent les magazines français sont ciblés sur cette qualité de vie, preuve que c’est vendeur… » Pourtant, cet été, l’atmosphère a subtilement changé…  Les restaurateurs sont plus nerveux, les prix ont grimpé et dans l’air qui embaume l’hélichryse italienne et la feuille de figuier flotte une inquiétude perceptible.

 

 

yannis3« Vois-tu, Françoise, dit Yannis, les medias européens se sont déchaînés sur les Grecs  qui ont présenté de « faux bilans » pour entrer dans la zone euro. C’est vrai qu’il y a eu des chiffres erronés et des financiers corrompus, pas tous Grecs loin de là, vrai  que notre économie  est  faussée par l’économie parallèle, les activités annexes non déclarées… qui permettent malgré tout aux Grecs de vivre.Yannis1.JPG

  On nous traite de paresseux, alors qu’on a le record du temps de travail. ( 44,1h par semaine, contre 41,7 pour l’Allemagne, 41h pour les français, 40,8h pour les Pays-Bas. Source http://www.touteleurope.eu/)  On ne cesse de lire dans la presse que le gouvernement Grec dépense trop, gaspille les subventions européennes et doit faire des économies.

 

Il y a sûrement  des efforts à faire pour ne pas gaspiller un seul euro, mais il faut aussi voir notre situation très particulière.

serifos2008.jpgYannis tend le bras vers l’horizon : le paysage : la mer, les îles partout,  montagneuses et arides : « Il n’y a rien de commun entre gérer un pays comme la France : 550 000 km2 en un seul morceau et 63 millions d’habitants, et la Grèce : 11 millions d’habitants dont plus de 3 millions à Athènes et sa banlieue, et plusieurs centaines d'îles dont environ 250 sont habitées !  Notre constitution  garantit à chaque citoyen grec des droits élémentaires : la santé, l’éducation, les transports.  Ca veut dire des ferries pour desservir toutes les îles habitées, y compris l’hiver quand il y a si peu de voyageurs qu’effectivement le transport coûte très cher, mais va-t-on laisser les insulaires coupés du monde ? Ils le sont déjà quand il y a une tempête…  A Kimolos, près de Milos, il y a trois professeurs pour moins de dix collégiens.  « Pas rentable, hurlent les technocrates, il faut  qu’ils habitent ailleurs, à Milos ou Athènes. C’est ainsi qu’Athènes, ville prévue pour 250 000 habitants en compte aujourd’hui 3,7 millions (agglomération comprise) avec tous les problèmes de pollution, d’embouteillages et de violences qu’engendre la surpopulation. »

serifos-eglise.JPG« Vois-tu Françoise, poursuit Yannis, cette rationalisation à court terme- il faut supprimer ce qui n’est pas rentable- est une hérésie au long cours. Si on vide Kimolos et d’autres îles de leurs habitants, qui va entretenir ces lieux qualifiés de paradisiaques par les touristes ? Ils restent paradisiaques parce que nous, les habitants, sommes là pour les entretenir en hiver.

 

port-klima.JPGTu ne connais pas l’hiver à Milos : beaucoup d’habitants partent à Athènes, notamment les vieux parce qu’en cas de pépins de santé ils veulent avoir un hôpital proche. Les tavernes sont fermées, les magasins mal approvisionnés :  à quoi bon remplir ses rayons pour quelques centaines d’habitants ? Sans compter les jours où le ferry ne passe pas… Tu adores ce village, mais en hiver essaie de venir y boire un café : tout est fermé !  plage-sarakaniko.JPGHeureusement qu’on a  fait des provisions pour l’hiver et qu’on a une grande vie intérieure, heureusement qu’on maintient en Grèce les liens de famille et de voisinage, heureusement qu’on a le goût d’une vie simple, celle là même dont on dit qu’elle est la clé de l’avenir. (= la sobriété heureuse), sinon on ne supporterait pas de rester ici l’hiver. J’ai des amis allemands qui avaient décidé de passer Noël ici. port-klima-interieur.JPGIls ont eu froid, ils s’ennuyaient, ils ne supportaient pas l’inconfort, ils sont repartis par le premier ferry!  Mais au printemps, grâce aux habitants, les maisons sont reblanchies, les sentiers défrichés, les routes nettoyées… On repeint les tavernes, on prépare le matériel de plongée et les bateaux pour les touristes… et c’est ainsi que des millions de vacanciers viennent se ressourcer, comme ils disent, chez nous, et rapportent des millions d’euros à la Grèce. 

plongee-centre.JPGAlors tu vois, Françoise, la logique de rentabilité immédiate voudrait qu’on ferme les écoles où il y a peu d’élèves, mais la rentabilité à long terme, c’est au contraire de préserver ce patrimoine magnifique qui rapporte tant d’argent à notre pays.

« Je sais, Yannis, on a eu le même problème avec l’exode rural en France.  Faute de paysans dans les campagnes, il y a des friches, les bois ne sont pas entretenus, certains villages tombent en ruines… Après des incendies dans le sud, je ne sais plus quel ministre avait proposé la création d’un corps de « jardiniers d’Etat » pour entretenir les friches et prévenir les feux.  Les paysans faisaient cela très bien…  Mais pour en revenir à l’Europe, je n’avais pas voté pour le traité de Maastricht, j’avais mis un bulletin nul où j’avais écrit « oui à l’Europe, non à Maastricht ». Parce que ce traité ne parlait que de finances et d’économie, pas des gens, ni de l’environnement. Et parce que je trouvais absurde de créer des critères d’admission uniforme alors que la richesse de l’Europe, précisément, c’est sa diversité culturelle et économique. D’ailleurs, il ne me semble pas qu’aux Etats-Unis on ait exigé de tous les Etats des critères économiques stricts comme ceux de Maastricht. En Europe, la dette d’un Etat ne doit pas dépasser 60% de son PIB, aux Etats-Unis, la dette dépasse 112% du PIB…

serifos-chevres.JPG« Nous avons déjà surmonté tant d’invasions, de dictatures et de difficultés que j’a confiance dans notre capacité à surmonter cette crise, conclut Yannis. Sauf que pour la première fois, à force d’être humiliés, rabaissés, montrés du doigt, les grecs n’ont plus autant confiance en eux et en l’avenir. C’est inacceptable de traiter ainsi les peuples… »

Yannis dirige  le Milos Diving Center à Milos.

( link www.milosdiving.gr / 0030 22870 28077) Excellent plongeur et très pédagogue, il ajoute à la technicité une convivialité toute Hellène. A notre arrivée, sa femme Maria qui avait préparé à manger pour plusieurs plongeurs, nous a offert à boire et un gâteau de bienvenue.  Ecolo dans l’âme,  Yannis remue ciel et terre pour que les autorités grecques (et les habitants aussi : le nombre de décharges sauvages est impressionnant…) se préoccupent davantage de préserver l’environnement.  Son grand projet : un réseau de réserves marines de petite taille, dont chaque île serait responsable dans ses eaux proches,  avec des responsables  chargés de faire respecter les lois sur la pêche, notamment.  A Milos, la protection existe depuis quelques années, avec un résultat appréciable : la famille de phoques s’est agrandie. Il y en a aujourd’hui 22, dont un charmant spécimen de 300 kilos qui vient jusqu’au pied des tavernes, le long du port de Pollonia, pour chercher du poisson.


serifos-moulin-copie-1.JPG

 

 

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 23:17

Arrivée hier, avec mille choses à faire avant de reprendre l'écriture ici. Alors j'ai déniché cette info sympathique, qui montre que contrairement aux idées reçues, tout le monde n'est pas résigné ou avachi devant son écran TV, La voici, comme un prolongement des vacances. Havrais, havraises et assimilés devraient passer un week-end d'octobre beau et chaud. (contrepeterie belge)


Changeons le système, pas le climat

Tenter une expérience, faire autre chose qu'une manif, commencer à changer le monde directement plutôt que demander, prier, espérer que d'autres le fassent pour nous, ou en notre nom.

Nous savons tous confusément que ce système va droit dans le mur, les inégalités augmentent partout,  la Terre montre des signes d'épuisement. Le pétrole, le gaz, l'eau potable vont bientôt manquer ici ou là, ici et là.

Des réseaux internationaux, Global Minga et Climate Justice Action appellent à une semaine d'actions partout dans le monde entre le 12 et le 16 octobre 2010. En France, nous lançons ce mot d'ordre : ARRET TOTAL

Nous grouillons d'idées pour sortir des logiques d'impuissance et de fatalisme. Nous vous proposons de vous en emparer

le samedi 16 octobre 2010 au Havre. Rendez-vous à lOh devant la gare.

Un accueil est organisé dès le vendredi soir.

Là, un cortège partira pour, tous ensemble, se donner le droit, dans le centre-ville, d'enlever les pubs, de semer des graines, de visiter un supermarché comme vous ne l'avez jamais fait, de porter plainte contre Total, de donner la priorité aux gens sur les voitures... Ce qui s'appelle de l'action directe. Non violente.

Venez avec des bonnes chaussures, vos reproches à faire à Total, des pelles et des bêches pour la guérilla jardinière, des marqueurs et des affiches pour l'anti-pub, votre vélo pour être plus forts ensemble que les voitures, des trucs à manger pour un pique-NIQUE TOTAL, des bouteilles en plastique pour faire une sculpture géante à la mémoire de la société du pétrole...

L'après-midi, le cortège partira à l'assaut de la plus grande raffinerie de France, pour la transformer si possible, en parler avec les salariés et faire savoir qu'à partir du 16 octobre, la peur va changer de camp. On n'en veut plus. On veut de la joie et de la détermination.

Chaque personne est nécessaire. A plusieurs centaines, c'est une belle journée. A plusieurs milliers, c'est le rapport de force qui change.

Changeons le système, pas le climat !


ARRÊT

TOTAL

 

 

SAMEDI16 OCTOBRE 2010 - LE HAVRE lOh Départ de la Gare

Tous les détails pour participer sur www.campclimat.org

 

 

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 10:44

happy few« Douches froides », de Antony Cordier, tout comme son dernier film « Happy few » parle des amours plurielles et de la difficulté à les vivre, de la culpabilité, du regard social, etc. Toutes choses abondamment débattues sur ce blog et sur les sites de pluriamoureux.

Dans le même temps, des artices enthousiastes célèbrent les familles recomposées et on cite comme une simple statistique le fait qu’un mariage sur 3 (un sur deux à Paris) s’achève par un divorce. Etre enfant de divorcés  devient plus courant qu’être enfant de parents qui s’aiment durablement, même s’ils connaissent par ailleurs d’autres désirs, d’autres amours…

happy few2Une femme découvre un jour que son mari la « trompe ». Terriblement banal, mais l'amour et le sexe restent très surestimés dans nos sociétés, alors qu'ils sont le résultat d'un compromis entre culture et nécessités économiques (lire à ce sujet "Amours" de Jacques Attali, c'est édifiant de voir combien ce qu'on croit sentiment viscéral est influencé par d'autres paramètres.) Désespérée, furieuse, notre dame flouée quitte son époux  du jour au lendemain, lui laissant les trois enfants.  Dont le père s’occupe bien, mais en refusant d’évoquer ce qui s’est passé avec sa femme. La fille aînée est persuadée qu’elle est coupable de cette séparation. Il paraît que c’est fréquent. Faute d’explication, le ou les enfants pensent que c’est à cause d’eux que papa et maman ne s’aiment plus. Autre histoire véridique:  un homme quitte sa compagne à l'aube parce qu’il a l’impression que « leur amour n'est  plus comme au premier jour », ce qui est exact, mais rigoureusement normal... Ils n’ont pas eu d’enfants ensemble, mais lui s’était beaucoup occupée de ceux qu’elle avait  d’un premier lit. Quinze ans après son départ, il reçoit un coup de fil de la petite fille qu’il avait pratiquement élevée, devenue adulte. Elle veut le revoir. Pour lui dire combien avait été grand le choc de ne pas le trouver au réveil. De ne pas comprendre pourquoi il l’avait abandonnée. Elle lui  dit : « Mon père est parti avec une autre femme, vous êtes parti juste pour vous. Ni l’un ni l’autre n’avez pensé à nous, les enfants. Et à cause de vous, je n’arrive à faire confiance à aucun homme. Je voulais vous le dire. » Elle a bien fait, car lui-même en était abasourdi. Il avait quitté une femme, il n’avait pas pensé qu’il quittait aussi les enfants.

  Accepter ses aléas sentimentaux comme le font les plutiamoureux, avec parfois des tiraillements et des remises en cause personnelles, mais sans en faire porter le poids à ses enfants , est infiniment plus mal vu que divorcer et devenir serial monogame, en imposant ses ruptures amoureuses aux enfants. Pourquoi ?  La réponse est peut-être dans la réflexion d’un anti- Lutin, déplorant que ces derniers veuillent avoir une famille, des amours extérieures, une vie heureuse et un métier épanouissant. Le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière, en somme.   Assumer ses choix de vie en toute responsabilité mais sans culpabiliser, ça heurte. Au moins, les divorcés, ils en chient pendant la rupture qui se passe rarement dans la joie et la bonne humeur, ça leur coûte cher et les familles monoparentales ont souvent du mal à joindre les deux bouts! Donc la morale est sauve, peu importent les conséquences, ils ont payé!


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8 septembre 2010 3 08 /09 /septembre /2010 10:01

 

bato.jpgSamedi avant mon départ, je suis tombée par hasard sur le documentaire « Mitterrand et la psychanalyse » diffusé par la chaîne LCP/ Public Sénat (dernière diffusion dimanche 12 à 9h55, puis sans doute podcast sur le site de la chaîne) : une série d’entretiens entre  François Mitterrand, le psychanalyste Ali Bagoudi et le journaliste Pierre  Jouve.   Ce qui frappe, outre la sérénité et l’élégance de ces entretiens qui se poursuivirent presque jusqu’à la fin de la vie du président, c’est  l’intelligence et la culture d’icelui. On peut en penser du mal sur le plan politique ou ne pas aimer l’homme, on ne peut nier qu’il avait une stature de chef d’Etat,  une vraie réflexion sur le monde, le pouvoir  et la vie, et même une modestie intellectuelle. Quand Ali Bagoudi lui demande ce qu’il pense de la psychanalyse, Mitterrand évoque Freud, Lacan (« un peu de mal avec Lacan »), Young… et conclut « je ne suis pas assez compétent pour en parler. » 

livre mitterrandTrès étonnante aussi, la distance qu’il a eu, dès l’enfance, avec le monde, le pouvoir, les choses. Comme si seul lui importait de garder le pouvoir sur lui-même. Ce qu’il a fait. Résistant quinze ans à un cancer qui en tue d’autres en cinq ans. Au journaliste qui lui demande s’il  pense à la mort, il répond cette phrase formidable : « Je sais que je vais mourir, mais je n’y crois pas…. Comme vous d’ailleurs, je pense. »  Cette phrase m’a rappelé celle de Jean-Marie Pelt, un jour où nous parlions tous les deux de l’urgence écologique : « Tout le monde sait que nous allons à la catastrophe, mais personne n’y croit, c’est là le problème. »  Joli sujet de philosophie : « Savoir est-il suffisant pour agir ? »  Et à l’inverse, certains croient en Dieu sans savoir s’il existe ou non. L’homme est un être irrationnel qui se croit rationnel. 

livre sarkofous gouvernentA la demande de Mitterrand paraît-il, Ali Bagoudi a tiré de ses entretiens, un livre qui ne devait paraître que dix ans après sa mort. Ce livre, "Rendez-vous" est effectivement paru en 2005, je l’ai manqué mais vais me le procurer. Bagoudi a aussi commis un ouvrage sur les phrases de Nicolas Sarkozy. En en lisant quelques-unes, on tombe de haut, c’est vertigineux, après la hauteur de vues de « Mitterrand et la psychanalyse », ce contentement de soi  vulgairement exprimé.  Là où je suis en vacances, j’ai emporté « ces fous qui nous gouvernent » où sont brossés les portraits psychologiques de NS et de Ségolène royal par des psychologues américains spécialisés en psycho politique.  Politique française vue de l’intérieur par des gens extérieurs…

 

mer2.jpg

 

 

  A propos de saines lectures, notre site d'édition est ouvert même quand je suis absente, il suffit de cliquer là:  link


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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 15:55

cartable.jpgD’abord, il ne le connaît pas ; à peine s’il en a entendu parler. En fait si, il a même dîné avec lui par hasard, à peine s’il s’en souvient. Mais il n’a jamais soutenu cet homme pour qu’il ait la Légion d’honneur. Promis, juré, c'est un homme honnête, qui ne ment pas. Et qui souffre d’être « lapidé médiatiquement » (quand on sait que des femmes sont, réellement et mortellement lapidées dans le monde, c’est indécent d’utiliser ce mot à la légère.) Finalement si, il a envoyé une lettre pour soutenir la demande de décoration, quoi de plus normal dans la vie politique ? Et voici qu’une perquisition fait découvrir la lettre de remerciements de l’obligé dont il y a encore quelques semaines Woerth n’avait quasiment jamais entendu parler. Franchement, il chie pas la honte, le ministre. Ce serait moi, ou n’importe quel citoyen, on n’oserait plus se regarder dans la glace après autant de mensonges publics. Et de stupidité, il faut le dire, car tout de même, il croyait quoi, monsieur Woerth ? Que les gens étaient assez crétins pour prendre ce qu’il disait comme parole d’Evangile ? Que cette affaire allait s’effacer par la magie des vacances, d’une déferlante bienvenue de catastrophes climatiques et des expulsions de Roms ?

coccinelle.jpgPeut-être en fait n’a-t-il pas ressenti le moindre malaise, car lorsqu’on a du pouvoir,  mentir est naturel, frauder est naturel, dire n’importe quoi est naturel : « les promesses n’engagent que ceux qui y croient » profession de foi de Jacques Chirac qui vient de réussir un coup génial en signant avec la Mairie de Paris un accord financier pour que celle-ci retire sa plainte. 2,2 millions d’euros pour la Mairie, 550 000 payés par l’ex-président, le reste par l’UMP. On comprend que le parti ait besoin d’argent ! Heureusement qu’il peut compter sur le « Premier cercle », club de cotisants entre 3000 et 7500 € par an pour que vive l’UMP et soit élu son candidat. L’Obs a consacré cette semaine un dossier intéressant aux liens qui unissent la politique et l’argent. Pas un dossier geignard contre les riches. Plutôt un dossier thriller, montrant les liaisons dangereuses qui créent des mondes parallèles et font que la loi qui s’applique aux citoyens ne s’applique plus, passé un certain degré de richesse. C’est de cela que certains en ont tant voulu à Eva Joly. D’avoir estimé qu’il existe une loi, et que celle-ci doit s’appliquer également à tous.

Pendant ce temps, dans l’Allier- non, je ne suis pas chauvine, c’est là que ça se passe-  des gens sont famille d’accueil thérapeutique pour handicapés mentaux : schizophrènes, alcooliques, suicidaires… En vivant avec eux, en leur donnant des choses élémentaires mais humaines à faire : parler, mettre le couvert, se promener avec leurs hôtes… elles les font davantage progresser, à traitement médicamenteux égal,  que ceux qu’on enferme. Quand on sait que les maladies mentales progressent partout dans le monde- la folie nous guette !- ces accueillants, obscurs et sans grade, devraient être décorés.

Autre reportage sur des SDF à qui on propose un logement. Sommaire, le logement, mais il ferme à clé et il est propre. Il faut voir la lumière dans les yeux du SDF quand il dit « Ici, c’est chez moi ! » en mettant la clé dans la serrure. Il peut enfin vivre avec sa compagne, qui errait aussi dans la rue. Il articule avec difficulté : « Je me reconstruis ». Il a du mal avec les mots, comme tous ceux qui sont restés longtemps sans parler à autrui, il a la diction saccadée et l’accent rauque des gens qui n’ont pas l’habitude du Verbe. Mais il ne ment pas… Et on voit qu’il est des moyens simples et pas chers de rendre leur dignité à des gens qui sans cela peuvent très vite glisser dans la maladie mentale ou la délinquance.  Traiter les gens avec dignité et vous leur rendez de la dignité.

P1010311.jpgIl y a des mondes parallèles, je l’avais déjà noté plusieurs fois ici. LES MONDES PARALLELES  et  1989/2009: HISTOIRES PARALLELES?

P1010323.jpgCes mondes ne peuvent par définition pas se croiser. Les uns veulent l’imagination au pouvoir, une 3è voie humaine, ni libérale-financière, ni collectiviste. Les autres sont persuadés que puisque le communisme a échoué, seul est viable le capitalisme ultralibéral. Il faudrait peut-être leur dire qu’il a aussi échoué ? Un mois avant mai 68, le Monde titrait « la France s’ennuie »…  Dans l’œil du cyclone, on ne voit pas le cyclone.

serifos-1995-bis.jpgEt c'est pourquoi je pars  ailleurs, là où porte cette chanson...

 

 

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 21:51

 

Il n’est pas très tard, la soirée d’été laisse des fragments de lumière résiduelle illuminer la ville, comme des coups de pinceaux dorés posés sur la grisaille à venir. Quelques notes de piano lui parviennent à travers le brouhaha de la circulation. Elle tourne la tête, reconnaît un bar à musique où elle vient parfois dîner avec son mari. Ce soir, il n’est pas là. Parti pour deux jours à un séminaire commercial.  

caf_.jpgSon bus arrive au loin, ralentit… Elle le regarde s’arrêter, hésite, puis s’en détourne et entre dans le bar. Deux musiciens dînent à une table, l’un d’eux a posé sa guitare sur la banquette voisine. Il la regarde s’avancer, s’excuse : « Je peux l’enlever, si vous voulez vous asseoir. »  Le voisin du guitariste intervient : « Vous êtes seule ? Asseyez-vous  avec nous. Prenez un verre sur la table voisine. » Elle obéit, il remplit le verre de Bergerac blanc et tous trinquent : « A la fin de l’été ! » Elle se sent légère, euphorique. Dix minutes plus tard, les musiciens se lèvent et gagnent la scène.  

rockers.jpgDans la salle, les dîneurs mêlent leurs bruits de fourchettes aux premières notes du piano. Elle se lève, se dirige vers le bar. Le patron l’a reconnue : « Vous êtes seule ? Votre mari n’est pas là ? » Il sourit, lui offre un verre, lui parle des spectacles à venir. Il la présente à un ami qui arrive. L’ami lui sourit. Ce soir, tout le monde lui sourit. En couple, elle avait oublié qu’elle était une femme… Elle s’accoude au bar et écoute le premier morceau, puis le second… De ses pieds  monte un souvenir de danse qui lui fait esquisser quelques pas sur place, discrètement, puis son corps se lâche et retrouve les figures imposées du be-bop et du madison.  D’ordinaire, jamais elle n’oserait. Face à elle, une table bondée de convives,  qui applaudissent machinalement à la fin de chaque morceau, bien calés sur leurs chaises, tandis qu’elle danse et boit à la fin de chaque morceau quelques gorgées d’une boisson forte et glacée. Un couple l'observe en souriant, tous deux lui font un discret signe de connivence.

clermont-ferrand3.jpgElle retourne au bar poser son verre, le patron lui en offre un autre. Il bavarde avec elle comme si elle faisait partie de la maison. D’ailleurs, elle en fait partie, elle se sent ici comme chez elle. Mieux que chez elle. Chez elle où elle va à présent rentrer, avant le dernier bus du soir. Elle sort, il fait nuit. Ses talons claquent sur le macadam. Elle n’est pas souvent seule le soir dans la ville. C’est bigrement agréable. Regarder la vie d’après 20h,  le pas des noctambules si différent de la marche des travailleurs du matin, l'odeur fugace et miellée d'un tabac, les vendeurs ambulants et furtifs, un homme endormi- hélas- sur une grille de métro d’où s’exhale un souffle d’air chaud, un autre qui esquisse d’un mouvement de hanches aérien une figure de danse sur ses rollers.

galaxie.jpgLe bus arrive, elle y grimpe d'un bond avec un sentiment de liberté immense, jubilatoire. La dernière fois, elle était rentrée du concert en voiture avec son mari. Tous deux avaient dit : « On a passé une bonne soirée ! », puis ils étaient montés se coucher.

Durant le trajet elle se gave d’impressions nocturnes et de la fraîcheur qui caresse sa nuque que la danse avait rendue moite. Comme Bohringer, elle pense « C’est beau, une ville la nuit », et se dit qu’il faut être seule pour en apprécier toute la beauté.

Si elle en a envie, elle se couchera à deux heures du matin, après s'être fait une tartine de rillettes en écoutant les dernières nouvelles du monde.

(en réponse à la question « pourquoi aimes-tu  sortir seule ? » d’une amie qui  n'ose pas  le faire)

 

 

 

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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 18:17

sarko_enfant.jpgNicolas est furieux, son Père l’a chassé du canapé du séjour où il se vautrait face à la télé : « file faire tes devoirs dans ta chambre ! »  « Devoirs, mon cul ! marmonne le gamin. C’est juste parce que ses débiles de potes viennent ce soir. Comme tous les samedis. Chanter et danser des airs à la con.  Tzigane, tzigane, il n’a que ce mot à la bouche. Heureux comme un baron quand il se trémousse sur des airs de Roms. Ca lui rappelle le pays, qu’il dit…  Ca lui rappelle quand il est arrivé en France les pieds enveloppés de chiffons pour ne pas geler. Tu parles de souvenirs de merde !  Moi, je n’ai pas de souvenirs mais j’ai  un avenir : quand je serai grand, je serai Président de la République et on verra qui commande ! »  Son frère Guillaume qui l’a entendu marmonner passe la tête dans la chambre et s’esclaffe : « Tu seras jamais grand, t’es qu’un nain hargneux. Grincheux !  -Casse-toi pauv’ con ! lance le gamin vexé en cherchant du regard ce qu’il pourrait balancer à la tête de son frère, mais celui-ci sort en riant. « T’es que mon frère, t’es pas le chef, hurle Nicolas. Tu verras : quand je serai grand, je t’empêcherai d’être patron des patrons, na ! »

gitan.JPGAu salon, la fête bat son plein, les chants tziganes traversent l’espace, voix profondes des hommes, claquements de talons de la mère qui danse sous les yeux admiratifs des musiciens : « Tu te souviens, Dadu, s’exclame le Père, comme ils ont chanté pour notre mariage. A tes pieds, ils étaient ! » La mère approuve, sourit, virevolte puis s’interrompt : « Je vais voir ce que trafique Nicolas, ce gosse est si agité que je m’inquiète dès que je ne l’entends plus. »

Dadu entre dans la chambre, Nicolas se précipite dans ses bras : « Reste avec moi, je m’ennuie, j’sais pas quoi faire ! Cette musique de Roms me casse les couilles.   –Ca suffit, Nicolas, sois poli ! Cette musique est celle de ton pays. Roms, ça veut dire venus d’Europe Centrale, comme toi. – M’en fous, moi je suis français. Plus tard, je serai président de la République Française, pas président de Hongrie, c’est trop nul. ..Ecoute, maman, cette chanson, c’est tout de même mieux que les chants tziganes !

La mère soupire et quitte la chambre, tandis que le regard extatique, , Nicolas écoute la chanson, puis coupe le son, stupéfait.  « … Dadu Rom, Rom… Dadu Rom, Rom… » Trop fort, ce Johnny,  il devine tout !  Plus tard, je serai copain avec lui, il est trop bien : grand blond, les yeux bleus... »

 (inspiré par l’article du Canard enchaîné sur la passion de Pal Sarkozy, père de NS, pour les Tziganes)

 


 

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Published by - dans Humeur
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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 23:37

Si l'homme a besoin de la nature, la Nature se passe fort bien des hommes. Et retrouve sa place dès qu'il s'éloigne de la pompe. 

 

FUEL                                      (photo prise cet été quelque part entre le sud et Paris.


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