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1 juillet 2020 3 01 /07 /juillet /2020 10:24

L'ÉVÉNEMENTIEL, UN MONDE MÉCONNU

 

Une scène géante animée d’éclairages polychromes, diffusant du son à forte puissance sur une longue portée, des écrans qui retransmettent une finale de rugby aussi bien qu’un concert de rock,  des estrades dans chaque rue pour un festival de cirque… on y est habitué, on assiste aux spectacles sans réaliser que pour entendre les musiciens, admirer les acrobates, voir les matchs mieux que si on était au stade, il faut une logistique technique qui, le jour venu, doit fonctionner parfaitement et se faire oublier. La cata arrive quand un court-circuit plonge la salle dans le noir, que l’artiste trébuche sur un câble électrique mal placé ou qu’aucun plan B n’a été prévu en cas de pluie.

 

PRÉVOIR L’IMPRÉVISIBLE, ET RASSURER LE CLIENT

Assurer cette logistique va de la simple location de matériel à l’organisation technique totale d’un événement, ou à l’équipement pérenne d’un bar en lumière et sonorisation” explique Benjamin Faure, créateur de BENSON' AUDIOVISUEL à Brive puis à Bordeaux. Il faut bien connaître les matériels, mais surtout savoir les choisir au cas par cas en fonction des besoins et du budget de l’événement. Sans oublier d’avoir un stock suffisant de câbles, prises, batteries, micros… pour faire face à une panne éventuelle, ou couvrir plusieurs événements à la même date! 
A cette compétence technique, s’ajoute une compétence quasi diplomatique pour calmer les angoisses du donneur d’ordre, satisfaire les exigences des artistes, coordonner les prestataires extérieurs et veiller à ce qu’aucun grain de sable ne vienne enrayer l’organisation.
C’est un métier de synthèse entre la connaissance des matériels et la connaissance des humains. J’y suis arrivé par un chemin sinueux: un bac STI génie mécanique et un DEUST acoustique étude du signal suivie d’une formation de technicien du Son, plateau, électricité m’ont donné les compétences techniques, mais ma passion du Son est surtout venue de mes dix ans de piano, machines électroniques (claviers, synthés, boites à rythmes, samplers) qui me font comprendre les besoins des musiciens.”
Sur un événement donné, il faut repérer les lieux, lister ce qui existe déjà et ce qu’il faut installer avec les impératifs de sécurité et de compatibilité des matériels, étudier la fiche technique de chaque artiste avec ses exigences à satisfaire quoi qu’il arrive, puis faire une proposition et un devis, en prévoyant une marge d’erreur et les aléas éventuels.
On imagine une équipe pléthorique pour ce travail, mais ils ne sont en fait que trois: Benjamin et Gil à Bordeaux, et Charles en Corrèze, ou BENSON' AUDIOVISUEL a commencé son activité et gardé des contacts. Tous trois sont les chefs d’orchestre des petites mains- manutentionnaires, électriciens, techniciens du Son de la Lumière et de l’Image- qui assurent la réalisation, mais des chefs d’orchestre prêts à jouer leur partition en cas d’urgence ou de manque de personnel.
Heureusement que nous ne sommes que trois permanents, soupire Benjamin, car la Covid19 a annulé tous les événements que nous avions signés. Notre dernière prestation remonte à début mars, la prochaine devrait être mi-août.Cinq mois sans rentrées d’argent! L’été sans festivals ni rencontres sportives de grande ampleur, c’est triste pour tout le monde, mais pour une petite SARL, ça peut être fatal, alors que bien des gens sont loin d’imaginer que le monde de l’événementiel est lui aussi touché par la précarité.

 

 

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23 juin 2020 2 23 /06 /juin /2020 11:11

COSTUMIÈRE: DE FIL EN AIGUILLE, DONNER VIE AU PERSONNAGE

Costumière ou costumier… on imagine aussitôt des personnages historiques, perruques poudrées et courtepointes. En réalité, concevoir des costumes pour un spectacle ou un film, c’est avant tout faire coïncider une tenue avec un personnage, et un personnage avec la personne qui va l’interpréter. Faire sens avec le personnage. Cela demande des connaissances historiques, psychologiques, logiques, des compétences en couture… et une bonne dose d’imagination doublée d’un vrai sens pratique.

 

 

CHARLOTTE RICHARD: UNE BOULE D’ÉNERGIE EN MOUVEMENT!

Elle ne savait pas quoi faire, s’est égarée un court temps dans la comptabilité qui lui allait comme une paire de bottes à un escargot, quand une copine lui a parlé du métier de costumière. Charlotte n’avait jamais fait de couture mais s’est lancée: 

Après un bac technique “Métiers d’art et du spectacle”, j’ai suivi le cursus “Métiers d’art option costumes” qui comporte une grosse partie pratique où l’on réalise à partir de consignes précises, plus une petite partie création.Après cette formation, j’ai tout de suite commencé à travailler, avec l’avantage qu’étant très mobile je me déplace là où il y a du boulot. J’ai même pendant un temps aménagé un camion en atelier de couture qui me permettait de créer sur site! Le fait de beaucoup bouger et d’être plutôt sociable m’a permis de me créer rapidement un réseau, des personnes qui savent que je suis disponible pour de multiples expériences: créer des costumes, mais aussi faire de la scénographie pour une exposition ou créer avec des matériaux improbables: Plastazote, corde à piano, toile gommée… J’ai également une formation de modiste et je réalise des chapeaux à la demande, pas seulement pour des spectacles d’ailleurs, mais aussi pour des amis qui se marient ou vont à un bal costumé. 

Lorsque je reçois un scénario, je recense le nombre de personnages, leur style, leur personnalité, le décor dans lequel ils vivent et le ton de l’histoire: drame, tragédie, comédie, thriller… Cela me permet d’imaginer une série de costumes, le dressing du personnage, et de vérifier s’il en faudra en plusieurs exemplaires: si un personnage tombe à l’eau ou reçoit des coups de feu, ses vêtements en portent forcément les traces et comme on peut être amené à faire plusieurs prises d’une même scène, il faut prévoir assez de costumes.

Dès que j’ai connaissance du casting, je me demande comment faire passer des comédien.nes aux personnages. Partir de personnes réelles, avec leur physique et leur personnalités pour les transformer en personnages fictifs qui doivent sonner vrai. Les costumes jouent un rôle essentiel dans cette transformation. Comme on dit: “l’habit fait le moine.” 

Cette recherche se passe aussi bien au niveau des tissus et des couleurs que des formes. Du coup, je chine pas mal en friperie et sur Internet ainsi que chez des marchands de tissus spécialisés. Quand j’ai finalisé plusieurs idées, je rédige un rapport avec des propositions qui tiennent compte de l’analyse des personnages, mais aussi du budget dont dispose le film et du temps que j’aurai pour réaliser les costumes. 

J’ai la chance de travailler beaucoup et régulièrement, ce qui me permet de valider sans problème le nombre de cachets exigés des intermittents du spectacle. Je refuse tout net les contrats qui me demandent d’être auto-entrepreneuse. Le statut d’intermittent correspond à la nature des métiers d’art, il est indispensable de le préserver si on veut protéger la qualité artistique des spectacles et de la culture vivante. 

 

 


 

Quelques extraits sonores encore:

Extrait des "Itinéraires de polys":

https://soundcloud.com/user-611862450/swann 

Extraits du recueil "Belles rencontres" lu par Frédéric Kneip:

https://soundcloud.com/user-611862450/02-cadeau-de-noel

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19 juin 2020 5 19 /06 /juin /2020 12:43

ANAÏS DUBUET: DE LA MÉTHODE SANS DISCOURS

 

Construire un site Internet, concevoir un clip, créer des avatars, travailler sur des dessins fixes ou animés… Anaïs est un véritable couteau suisse de l’image, avec les qualités desdits couteaux: précision et multiservices. Si multiples qu’elle a également été script sur plusieurs tournages et se prépare à être accessoiriste sur un prochain court-métrage, éclectisme qu’elle résume en une phrase: “Tout m’intéresse!”

 

AVOIR UN OEIL SUR TOUT

Après un DUT “Services et Réseaux de Communication” qui l’a formée aux métiers du multimédia, et une licence audiovisuelle où elle a appris à maîtriser image, son et montage, Anaïs a peaufiné ses compétences en graphisme et illustration.
La rencontre à Bordeaux avec l’association “Douze films” pour laquelle elle dessine des vignettes sur les différents métiers du spectacle lui en donne l’occasion.
Le travail de script m’a attirée car il demande précision et minutie, et un souci du détail qui est ma marque de fabrique quand je dessine. Ainsi, quand je reçois le scénario, au-delà de l’histoire dont je m’imprègne, je regarde toujours s’il y a des incohérences ou des détails de mise en scène ingérables dans la réalité. Je transmets mes remarques à la réalisatrice et cela peut aboutir, parfois, à la réécriture de fragments du scénario.
Pendant le tournage, je note plan par plan ce qui est tourné dans la journée, ce qui ne l’a pas été et ce qui a été éventuellement tourné en plus du planning prévu, les incidents éventuels... bref je consigne chaque détail pour que le tournage de la journée suivante soit cohérent. Ainsi, je photographie le décor et le ou les comédien.nes avant le tournage de la scène puis après, de façon à être raccord si on doit tourner à nouveau certains plans le lendemain: par exemple, un verre laissé à moitié plein sur une table devra être à moitié plein pour la suite du tournage, et c’est le genre de détail à noter pour ne pas l’oublier, tout comme j’écris la façon dont une robe est boutonnée, un chapeau posé sur la tête… Même sur des tournages avec une équipe comprenant maquilleur, costumière, éclairagiste censés s’occuper chacun.e des détails de leur domaine d’intervention, je vérifie tout!
Chaque soir, je fais un point avec la réalisatrice et son équipe sur ce qui a été tourné, ce qu'il reste à faire et si on tient le budget prévu. En cas de retard sur le planning et/ou dépassement de budget, nous essayons de voir s'il est possible de rattraper les choses lors des prochains jours de tournage, quitte à devoir parfois supprimer ou raccourcir des scènes. Mais bien sûr la décision appartient à la réalisatrice et à son équipe.
Pour un prochain tournage, Douze Films m’a demandé un travail préparatoire d’accessoiriste. J’ai passé plusieurs heures avec la réalisatrice pour lister tous les objets nécessaires à chaque scène. Une phrase aussi simple dans le scénario que “Clara se lève, va vers la cuisine et revient dans le séjour avec une tasse de café quand tout-à-coup le téléphone sonne” implique de prévoir la tasse, le café, mais aussi le mobilier dans le séjour, d’éventuels magazines sur la table basse, le téléphone, l’éclairage du séjour (central ou avec un lampadaire), le canapé (avec ou sans coussins?) et moult autres détails. Une fois listé ce dont on aura besoin, je vais aider à trouver les objets pour que le jour du tournage on ne s’écrie pas: “Zut, on a oublié le café!” En revanche, je ne me vois pas faire la script et l’accessoiriste sur un même tournage, il faut une personne différente pour chaque tâche.
Ce que j’ai aimé lors des tournages? Le travail d’équipe avec des gens passionnés qui veulent créer à tout prix, même avec peu de moyens. C’est une atmosphère à la fois très professionnelle et très chaleureuse. En revanche, je ne pense pas travailler toujours dans l’audiovisuel. Je suis plus attirée par le dessin et j’ai très envie d’illustrer des albums jeunesse et des livres pour enfants.” Avis aux éditeurs!

 

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15 juin 2020 1 15 /06 /juin /2020 20:53

LES GRANDES ÉCOLES MÈNENT À TOUT, À CONDITION D'EN SORTIR

Passer de HEC à VOolume, de l’idéologie de la réussite économique et sociale au plaisir de créer en toute liberté- avec les risques que cela implique- suppose un goût prononcé pour les chemins de traverse, qu’Alice Bonneville, éditrice Voolume a suivis sans hésiter.

 

 

Alice Bonneville: sortir de sa zone de confort stimule

Au sortir de mes études à HEC, je suis partie en Russie où j’ai travaillé huit ans chez Renault, puis de retour en France, quatre ans au siège de l’entreprise avant de devenir chef des ventes dans un  garage! C’est d’autant plus paradoxal que je n’aime pas les voitures et ai raté cinq fois le permis de conduire. J’étais vraiment hors de ma zone de confort!
Mon mari étant nommé à Bordeaux, nous avons quitté la région parisienne et j’ai travaillé quelque temps à la Chambre de Commerce et d’Industrie, puis dans une start-up qui créait des applications mobiles. Passer d’un emploi à l’autre, d’un secteur à l’autre m’est facile, HEC forme à cette adaptabilité. Le plus difficile, en fait, est de se défaire de l’injonction à réussir: l’école est élitiste et veut former des élites économiques, tout comme l’ENA forme des élites dans la fonction publique.
La rupture s’est produite en 2016: j’avais envie de faire quelque chose en adéquation avec mes vrais désirs, de préférence dans la culture. J’ai cherché et découvert que Voolume, une toute petite maison d’édition d’audiolivres (CA de 30 000 euros) était à vendre.  J’ai effectué quelques recherches, qui concluaient que l’audiolivre était un secteur d’avenir. J’en étais convaincue car j’en écoutais depuis des années, et à la maison nous en écoutons souvent ensemble. L’audiolivre n’est  pas seulement un palliatif pour les malvoyants ou les gens qui écoutent en conduisant, c’est également un plaisir particulier, quasi enfantin: celui d’entendre quelqu’un vous raconter une histoire.
J’ai repris Voolume en septembre 2018 et travaillé avec un excellent ingé son, mais chaque livre demandait un temps de fabrication très long, coûteux et pas totalement satisfaisant. J’ai donc fouiné sur Internet et découvert des logiciels qui permettent de produire et traiter plus vite les pistes sonores.  Je les ai testés et j’ai fait moi-même la post production de mes premiers livres pour connaître toutes les ficelles du métier, mais il était impensable de continuer comme ça.
Depuis ces débuts, je me suis professionnalisée en faisant appel à des prestataires extérieurs pour la lecture, l’enregistrement et le traitement des fichiers. Ce monde est assez petit et Bordeaux n’est pas Paris: on s’y crée assez vite un réseau par recommandations des uns et des autres.
En 2019, j’ai produit 10 livres en six mois, en mélangeant des textes qui me plaisent en tant que lectrice- mes “coups de coeur”- et d’autres plus commerciaux dont je sais qu’ils trouveront leur public. Cela dit, on n’est jamais sûre dans l’édition qu’un titre va marcher!
J’ai envie de trouver d’autres “coups de coeur” et  de produire des polars anciens, ces textes qui étaient souvent publiés en feuilleton dans les journaux, car le feuilleton a un langage populaire qui passe très bien à la lecture. Mais par-dessus tout, j’ai envie de préserver cette façon de travailler artisanale, libre, nourrie de rencontres humaines et de compétences variées. Je crois que c’est ainsi qu’on garde le plaisir de créer et de produire.

Deux extraits du recueil "L'érotisme au coin de la rue" lu par Emilie Harding. "Le rêveur d'atelier met en scène un ouvrier qui parle d'érotisme avec ferveur, "La diva du labo" raconte la vie frustrée d'une femme qui a tout misé sur son travail... jusqu'à la rencontre avec un aubergiste Corse qui lui fait découvrir le désir spontané.

https://soundcloud.com/user-611862450/le-reveur-datelier

https://soundcloud.com/user-611862450/la-diva-du-labo

 

 

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12 juin 2020 5 12 /06 /juin /2020 11:14

LE MUR DU SON
 

La prise de son est souvent le parent pauvre des budgets de tournage, au motif que la technologie moderne a fait tant de progrès que... Sauf que le son, c'est bien autre chose que l'enregistrement des mots ou des bruits. C'est l'écoute avant tout, et comme le dit Benoît Cheritel: "on n'entend pas tous la même chose." C'est la raison pour laquelle, sur les livres audio Voolume, deux ingé sons interviennent, chacun avec ses oreilles et son savoir-faire.

(illustration Anaïs Dubuet)

BENOÎT CHERITEL, dit BEN : SAVOIR QUOI ÉCOUTER.

Musicien, compositeur, et titulaire d’un BTS audiovisuel axé sur le son, Benoît Cheritel travaille en régie son pour des concerts, des spectacles sur scène et du travail en studio. Le son… un domaine souvent négligé en France, ce qui se remarque dans certains téléfilms ! Quand le réalisateur est captivé par l’image et le jeu des comédiens, c’est à l’ingé son de lui faire remarquer le ronron d’un frigo, un bruissement de feuilles ou le bouton de chemise d’un comédien qui cogne sur son micro.
Pour un audiolivre, Ben fait un pré-réglage pour que le comédien ou la comédienne s’entende au casque et perçoive ses indications. Il choisit ensuite le micro en fonction du timbre de la voix et fait quelques essais selon la « couleur sonore » souhaitée par l’éditrice.
Pendant l’enregistrement, le maître mot est l’attention : prendre garde aux « sifflantes » (les « s ») aux syllabes qui chuintent désagréablement, aux consonnes « p » « b » qui font vibrer la membrane du micro et peuvent donner des sons désagréables, aux mouvements du comédien qui peuvent l’éloigner ou le rapprocher du micro, faussant le réglage. Si un bon rythme s’installe, Ben laisse dérouler la lecture et réenregistre ensuite les passages défectueux (hésitations, bafouillement, voix qui racle), parfois il préfère reprendre immédiatement un passage, surtout si l’erreur a perturbé la concentration du lecteur.
Toutes les heures, une pause est nécessaire pour évacuer la tension née de l’attention, souffler un peu, boire un verre d’eau... L’idéal est cependant d’enregistrer le livre en une journée, en tenant compte des interprètes dont la voix est meilleure le matin, ou meilleure le soir.
Après l’enregistrement, Ben monte le texte et le dépoussière en enlevant les bruits de fond, les raclements de gorge, les respirations trop bruyantes : « J’essaie de me mettre à la place de la personne qui écoutera. Un texte trop nettoyé, sans aucun son parasite- comme le souffle du comédien- peut devenir froid et artificiel. La question est : que faut-il ou non gommer ? La tendance actuelle est d’uniformiser le son pour qu’il soit « nickel », c’est parfois dommage. »
Ensuite, les fichiers en format AIFF sont envoyés à l’éditrice qui fait appel à un second ingénieur du son pour la mise en forme finale : ré-écoute complète du livre audio pour s’assurer que tout le texte a bien été enregistré, correction à la main des bruits résiduels : bruits de bouche, de clavier, grincements de chaise, cliquetis d’un ongle sur une tablette. Ajout ou suppression de silences, éditions des tags (informations du fichier son), titrage des fichiers selon la nomenclature des plates-formes, chapitrage et conversion des fichiers en format MP3 aux normes de diffusion.
On l'aura compris, le son est bien autre chose qu'un micro qui enregistre!

Extrait du recueil "Belles rencontres"- disponible en pré-commande- qui parle des hommes qui aiment les hommes, des femmes, et des injustices de la séduction.
https://soundcloud.com/user-611862450/carnet-de-lola

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10 juin 2020 3 10 /06 /juin /2020 15:08

Comédien depuis 20 ans, Frédéric Kneip a le plaisir et la chance d’avoir touché un peu à tout : théâtre, tournages, voix pour des documentaires, publicités, audioguides, doublage et depuis 7 ans environ, audiolivres.

 

UNE VOIX ET MILLE VOIES

Quand je reçois un texte à lire, je repère les mots difficiles ou étrangers qui pourraient poser un problème de prononciation, les différents personnages, l’articulation entre narration et dialogues. Si l’auteur décrit la voix d’un personnage, je me sers de cette indication, sinon, je m’adapte au choix de la direction artistique, de l’éditrice dans le cas de Voolume. J’essaye aussi de saisir l’ambiance générale du livre : romanesque, thriller, comédie…

Ensuite, au cours de cette lecture en diagonale, je me mets le texte « en bouche », à voix haute, avec quelques pages. En effet, lire est différent de jouer sur scène, mais cela demeure un travail d'interprétation. Un même texte lu par des comédiens différents aura des couleurs différentes.

La plupart des producteurs d’audiolivres avec qui je travaille préfèrent une interprétation sobre, ce qui n’empêche pas de s’amuser avec des personnages plus typés, en général plus faciles à faire d’ailleurs. La difficulté, en lecture, c’est de capter l’attention de la personne qui écoutera, en sachant qu’elle ne reviendra pas forcément en arrière si elle a mal saisi quelque chose, notamment si elle écoute le livre en conduisant ! Il faut donc travailler un phrasé net, que les personnages soient identifiables et les mots bien clairs, tout en rendant le texte vivant même dans de longues périodes narratives.

En fait, il est essentiel que ma voix accroche la personne, lui donne envie d’écouter.

Quand on enregistre on a une posture proche du micro qu’il faut savoir garder. Cependant, je bouge les mains et les expressions du visage, c’est indispensable pour faire passer des émotions dans la voix, c’est ce qui fait la différence entre une lecture monocorde et une interprétation vivante.

En général, on teste d'abord les premières lignes du premier chapitre, puis l’ingé son- et l’éditrice si elle est présente- me donnent leur avis, corrigent, valident, puis on lance l’enregistrement. Au moindre doute, ou si j’ai oublié un mot, trébuché sur une syllabe, je recommence. Le plus difficile est de garder la même voix jusqu’au bout, car avec la fatigue, le timbre peut s’altérer, surtout lorsqu'on travaille par journées entières. Mine de rien, on bouge peu mais c’est un travail très physique.

Le plaisir de l’audiolivre, c’est d’apporter des œuvres directement chez les gens, et également de découvrir des auteurs, de mettre vocalement leur texte en valeur. D’ailleurs, plusieurs auteurs disent qu’entendre leur texte lu, interprété par quelqu'un d'autre, le leur faisait redécouvrir.

EXTRAIT DE LA NOUVELLE ÉROTIQUE "PARKING DE NUIT": https://soundcloud.com/user-611862450


 

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9 juin 2020 2 09 /06 /juin /2020 12:27

NUMÉRIQUE OU PAPIER, LA FIN D’UNE GUERRE

Le livre numérique est plombé en France par deux phénomènes opposés: l’abondance de titres proposés à 0 euro ou 0,99 euros pour susciter des milliers achats d’impulsion et faire monter le livre dans les classements des ventes, et les prix élevés fixés par les éditeurs français, à peine inférieurs aux prix du livre papier, dans l’espoir de préserver ce dernier. Résultat: le numérique représente moins de 10% des achats en France- même si le récent confinement a boosté ce secteur- et par ailleurs personne n’imagine le travail de fabrication d’un e-book. Il n’est pas rare d’entendre dire “Ce n’est qu’un fichier, ça ne coûte rien, voire: ça devrait être gratuit!”
Charlotte Allibert, co-fondatrice de Librinova: le livre numérique, bien plus qu’un simple fichier.
Précisons d’abord que le travail de création et d’écriture est le même quel que soit le format du livre. Lorsqu’un auteur envoie un manuscrit, nous le publions puisqu’il agit en tant qu’auteur/éditeur. L’auto-édition n’a pas de service de lecture chargé d’éliminer 90% des manuscrits comme dans les maisons d’édition classiques. Cependant, nous pouvons refuser un texte qui nous heurte pour des raisons de fond (appelant à la haine, au racisme, au sexisme…) et nous pouvons aussi, pour des raisons de forme, conseiller à l’auteur de retravailler son texte. Pas de refus, donc, mais du conseil, car toute l'équipe, ici (voir photo) vient du monde de l’édition et en connaît les exigences.
Le fichier finalisé par l’auteur.e est ensuite corrigé des erreurs de typographie: tirets de dialogue, accents qui manquent, ponctuation mal placée, etc. Il faut aussi vérifier si la police de caractère du manuscrit est compatible avec les différents formats numériques et éventuellement en changer.
Vient ensuite le traitement des notes de bas de page, du chapitrage et du sommaire pour générer des liens permettant de cliquer dessus et de se déplacer à l’intérieur du livre, puis le traitement des métadonnées qui identifient le livre pour les plate-formes numériques: type d’ouvrage, genre, titre, nombre de pages, format.
C’est seulement après ce travail préparatoire sur le fichier qu’on passe à la conversion aux trois formats disponible: epub (le plus répandu) mobi (spécifique à Amazon) et PDF (le plus simple mais le moins vendu!) Les trois formats sont testés pour voir si la conversion n’a pas modifié la mise en page, voire fait sauter des bouts de texte, puis ils sont envoyés à l’auteur ou autrice pour vérification et validation.
Le numérique est une porte d’entrée importante dans l’auto-édition car il permet à des livres écrits par des inconnu.es de trouver un public, et dans 50% des cas, d’éditer ensuite une version papier. Nous jouons aussi un rôle d’interface entre l’auto-édition et l’édition classique, une sorte de “vivier d’auteurs” dans lequel les maisons d’édition viennent piocher. Un auteur Librinova sur cinquante est passé à l’édition classique grâce à ce tremplin, ce qui est unique dans le monde de l’auto-édition. Certaines personnes continuent à éditer elles-mêmes des textes auxquelles elles tiennent, tout en publiant dans l’édition classique. Ces deux mondes, longtemps considérées comme incompatibles, cohabitent, voire collaborent.  Tout comme le livre numérique versus le papier.
Le numérique répond à nos vies nomades en permettant d’emporter notre bibliothèque partout, de lire dans les transports en commun y compris sur un smartphone, mais lorsqu’on se retrouve dans une maison, quand on lit au lit, les amoureux du livre continuent à préférer le papier, pour le contact sensuel du papier et la beauté de l’objet, sans oublier une raison importante: si on passe la majeure partie de son temps de travail devant un écran, c’est un signe de repos et de vacances que d’ouvrir un livre papier!

Travailler en équipe réduite, locale, professionnelle.

Travailler en équipe réduite, locale, professionnelle.

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7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 20:18

Écrire est un acte solitaire, mais pour que le texte devienne livre, ou pièce de théâtre, ou film, une multitude de talents doivent intervenir: aujourd'hui, la comédienne Françoise Goubert-Cheritel, qui a lu "Le nouveau guide des amours plurielles" et "Itinéraires de polyamoureux" pour les éditions VOolume et deux extraits de ces lectures. 

(Illustration Anaïs Dubuet)

I

FRANÇOISE GOUBERT-CHÉRITEL: PARTAGER LA VIE DES GENS


Je suis comédienne de théâtre et de cinéma depuis plus de vingt ans, mais paradoxalement, je ne suis pas une accro de la scène. Saluer après un spectacle me gêne, je n’aime pas me montrer. Depuis toujours, le travail de voix m’intéresse davantage qu’être sur scène ou devant les caméras. Autant dire que lorsqu’un ami m’a dit qu’une boîte cherchait des voix féminines pour des livres audio, j’ai été intéressée. J’avais déjà fait du travail de voix en anglais pour des sites Internet, mais le livre, c’est un travail de plus longue durée.

Je lis rarement le texte avant l’enregistrement, pour garder la souplesse de la découverte et une certaine fraîcheur. Tout ce que je fais, c’est lire en diagonale pour repérer des mots difficiles à “mettre en bouche”, ainsi que les noms propres pour en vérifier la prononciation.
Au cours de l’enregistrement, on refait immédiatement les passages défectueux, on peut tester plusieurs façons de lire, plusieurs réglages de son… C’est pour cela qu’on compte 2 à 2,5 fois plus de temps d’enregistrement qu’il n’y aura de son définitif. Un livre comme “le nouveau guide des amours plurielles” qui totalise plus de 4h d’écoute, c’est 8 à 10h de lecture en studio, plus tout le travail de son en post-production.

L’éditrice- ici Alice Bonneville, de VOolume- donne une ligne directrice. Ce peut être suivant le style du livre un ton suave, enveloppant, neutre, etc. Alice Bonneville préfère généralement des lectures sobres qui permettent aux personnes qui écoutent de se créer leur propre univers, leur propre imaginaire. C’est différent du comédien sur scène, qui interprète un personnage avec sa vision du rôle.

Pour le guide, j’ai surtout travaillé la rythmique, afin de ne pas me laisser piéger par des phrases longues où on peut manquer de souffle. Pour le volume “Itinéraires de polyamoureux”, je n’ai pas cherché à faire des voix différentes selon les témoignages, je me suis comportée comme une conteuse qui raconte des histoires vécues. Les seuls livres pour lesquels je “joue la comédie” sont les livres pour enfants, où il faut caractériser chaque personnage en lui donnant une voix spécifique.

Le plaisir de l’audiolivre, pour moi, c’est de me dire que je partage une part de la vie des gens: ils écoutent en conduisant, en courant, avant de s’endormir, et par ailleurs j’apporte le plaisir du livre aux malvoyants et à des personnes qui n’aiment pas lire mais aiment entendre des histoires. Plus j’avance, plus j’ai envie que mon métier de comédienne soit utile aux autres. C’est pour cela que j’anime des ateliers pour des enfants et des jeunes, qui découvrent la possibilité d’exprimer leurs difficultés via le théâtre ou le cinéma plutôt qu’avec violence.

https://soundcloud.com/user-611862450/impermanence
https://soundcloud.com/user-611862…/william-iris-et-valentin

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7 juin 2020 7 07 /06 /juin /2020 20:03

Écrire est un acte solitaire, mais pour que le texte devienne livre, ou pièce de théâtre, ou film, une multitude de talents doivent intervenir: comédienne ou comédien, bien sûr, mais aussi productrice/éditrice, ingé son, cadreuse/Réalisatrice, script, acessoiriste, costumière et bien d’autres petites mains aux compétences extrêmement mal connues, sans qui l’oeuvre finale n’existerait pas. Elles sont précaires- bien heureuses quand elles obtiennent après des années de précarité le statut d’intermittebt du spectacle, mais tant d’autres vivotent au RSA ou comme auto-entrepreneur ou indépendant à peine au SMIC. Leurs métiers font rêver, leur passion est intacte, alors j’ai envie de les raconter, de faire connaître ces “dessous créatifs” loin des lumières du spectacle et pourtant indispensables à l’œuvre finale.
Introduction écrite au féminin parce que je travaille avec beaucoup de femmes (et un certain nombre d’hommes, bien sûr) pour habituer les oreilles à se familiariser avec des textes féminisés comme elles le sont depuis des siècles aux textes masculinisés.

En guise d’illustration à cette introduction, deux extraits audio sur les amours plurielles: l’un sur la non culpabilité des Lutines, l'autre sur cette non-culpabilité illustrée en 42 secondes par une poly joyeuse, Camille.

https://soundcloud.com/user-611862450/culpabilite

https://soundcloud.com/user-611862450/camille 

 

 

 

 

 


 

 

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20 juin 2019 4 20 /06 /juin /2019 12:23

Sept mois de manifestations et de rencontres sur les ronds-points, d’éveil de citoyens qui, jusqu’ici, ne s’étaient jamais intéressés à la politique, 3 mois de “grand débat” où prétendument le Roitelet avait compris la détresse de ses prochains ( mais heureusement, des cahiers de doléances bourrés d’idées intéressantes et d’autres plus idiotes, l’humain n’est pas parfait), tout ça pour accoucher de quoi? De quelques miettes d’aumône là où les gens voulaient juste vivre dignement de leur travail, sans aumône justement, mais avec des salaires décents, d’une politique écolo qui ne touche pas aux lobbies, reporte l’interdiction des pesticides, ne touche pas à la publicité ni aux Big Data qui participent à l’effet de serre autant sinon plus que les voitures, vénère toujours une croissance infinie par définition incompatible avec la sauvegarde de l’humanité (et pas pourvoyeuse de bonheur) continue à casser des services publics qui fonctionnaient bien en réduisant leurs moyens jusqu’à ce que, exsangues, ils soient déclarés inefficaces… et privatisés, au grand plaisir des actionnaires. Tout ça pour ça!

Mon premier article sur le nucléaire et ses risques (gestion des déchets notamment et coût exhorbitant à long terme) date de 1977 dans “la Gueule Ouverte” et j’en ai fait bien d’autres dans les années 80. En 1995, énorme dossier sur le changement climatique et ses effets sur l’eau, le sol, et l’air. Rubrique “santé et environnement” tenue pendant 16 ans pour avertir de tout ce qui fait l’urgence écologique aujourd’hui sans que ça engendre plus que quelques “petits gestes pour la planète”, expression qui m’horripile. Le seul point positif: l’agriculture “bio” si longtemps décriée comme “bobo babacool” et incapable de nourrir les milliards d’êtres humains apparaît aujourd’hui comme le seul avenir alimentaire cohérent. Pas à tout le monde néanmoins, voir l’excellent “Envoyé spécial” consacré à l’industrie des semences…

Côté perso, entre trier les photos et documents accumulés depuis des décennies, continuer d’apprendre l’espagnol, jouer un peu de piano, écrire le livre en cours et rewriter deux manuscrits auxquels je crois, me perfectionner en escalade, tricoter pour mes proches, voyager encore et prendre du temps et du plaisir avec celles et ceux que j’aime, j’ai de quoi m’occuper des années, mais combien?

Combien de temps me reste-t-il? Aucune idée!

A force de voir autour de moi des amis tomber malades ou disparaître, je ne me risque à aucun pronostic. Je ne sais plus qui a écrit: “On se sait mortel, mais un jour on se sent mortel et c’est très différent”. J’en suis là, et je me dis que pour réaliser au moins une part de mes projets, il faut m’isoler du brouhaha du monde, des vidéos, articles, émissions parfois passionnantes mais souvent redondantes et terriblement chronophages: ça fait 40 ans que tout va mal, que je l’écris et le vis, même si dans ma vie ça va plutôt bien. Mais comme Jean-Luc Mélenchon- qui ne dit pas que des bêtises- comment être heureux dans un océan de misère? C’est à cause de cet océan de misère que je me suis souvent dispersée: tant de causes à défendre, de scandales à dénoncer.

Mais à poursuivre ainsi, je n’aurai pas le temps pour le reste… et j’ai aussi besoin du reste.

https://www.youtube.com/watch?v=ewY-adQ6IWo


 


 


 

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