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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 12:18

 

Eric Besson, qui avait d’ailleurs refusé de jurer fidélité à sa première épouse le jour de son mariage, convient aujourd’hui que la proposition faite par Brice Hortefeux de déchoir les polygames de la nationalité française est difficile à appliquer. Dommage, l’examen du texte aurait donné lieu à des discussions croquignolettes. Qu’est-ce qu’un polygame ? Un monsieur (plus rarement une dame) ayant contracté plusieurs mariages. Ce qui est interdit en France où la polygamie  légale est donc impossible puisqu’elle est illégale. D’où l’idée d’Hortefeux de pourchasser la polygamie « de fait ». Késako ?  Celle où le polygame a contracté, outre son mariage légal, d’autres unions par mariage religieux ou coutumier… polysCes derniers n’ayant pas cours en France, on comprend que la loi s’adresse à des gens venus d’ailleurs, le Ministre de l’Intérieur a du mal à ôter son ex casquette de Ministre de l’Immigration… etc. Sauf que reconnaître comme des mariages les unions uniquement religieuses ou coutumières, c’est enfreindre la séparation de l’Eglise et de l’Etat, fondement de la laïcité. D’où l’évocation par BH (sans L) d’une « polygamie de fait » qui viserait des personnes ayant « une communauté de vie et d’intérêt ».

Avec ou sans sexe ? Ce n’est pas précisé, vu qu’il est difficile de faire la part des choses excepté à 6h du matin par voie d’huissier.

amoureux trioSeraient alors polygames les couples séparés depuis des années mais non divorcés, qui vivent avec quelqu’un d’autre, comme Eric Besson, qui vivait avec sa jeune compagne avant d’avoir divorcé de son épouse.  Polygames aussi les 10% d’hommes menant une double vie, comme François Mitterrand, qui garda pendant plus de vingt ans, jusqu’à sa mort, deux familles, avec enfants dans chacune d’elle. Polygame également Paul Bocuse qui raconte au fil de maintes interviews qu’il vit avec trois compagnes, ce qui ne l’a pas empêché d’être décoré de la Légion d’honneur.

Il est vrai que cette décoration est aussi accordée à d’éminents évadés fiscaux comme Liliane Bettencourt et Michel Polnareff… Quand on pense qu’elle est censée récompenser des services exceptionnels militaires ou civils rendus à la Nation, on reste rêveur.

koalasQuid aussi des colocs, de plus en plus nombreux en raison du prix des loyers ? Ils ne sont pas en couple, ne couchent pas ensemble ? Ben si, parfois, il existe des colocations comprenant à la fois des couples et des célibataires et qui sait ce qui se passe entre les uns et les autres ?  D’ailleurs, cela ne nous regarde pas. Quant à avoir une communauté de vie et d’intérêts, affirmatif : ils partagent les frais et sont souvent co-signataires du bail. Dans les seventies, on ne disait d’ailleurs pas coloc mais communauté.

Mon cher et tendre et moi avons vécu pendant des années avec deux autres filles, il était le seul garçon (permanent, il y avait aussi du passage) donc censément polygame selon Brice Hortefeux.

 

Je n’allais pas clore ce billet sans parler des pluriamoureux qui ne contractent pas mariages au pluriel, vu que la loi l’interdit, mais revendiquent communauté de vie, d’intérêts, de sexe et de sentiments avec plusieurs personnes et ne veulent pas s’en cacher. Les poursuivre pour polygamie, ce serait la prime au queutard adultérin qui tire furtivement ses coups en cachette. Lui ne risque rien puisque l’adultère est dépénalisé depuis belle lurette (la lurette, larirette), alors que celui qui refuse le mensonge, baise avec sentiments et entretient des amours plurielles mais durables pourrait être poursuivi pour polygamie ! Là encore, on croit rêver devant cette inversion des valeurs… Bref, le Brice aurait mieux fait d’y réfléchir à deux fois avant de lancer cette idée de polygamie de fait.

makelove

A part ces broutilles de la politique française, la météo s’emballe, 2010 cumule une quantité de catastrophes climatiques et sismiques sans précédent, Moscou étouffe, les arbres en feu  ont rappelé que l’Ukraine près de Tchernobyl reste un territoire hautement radioactif, où l’incendie pourrait provoquer, 24 ans après l’explosion de la centrale, un nuage radioactif dont on sait aujourd’hui qu’il franchirait bel et bien les frontières françaises. Même si Brice Hortefeux décidait de le déchoir de la nationalité du même nom…

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 18:26

Le bon Dieu s’énervait dans son atelier… Après avoir fait le ciel, les étoiles et les planètes, les animaux de la création puis l’Homme, puis la  Femme, il regarda son soleil et se dit « il est temps de faire la sieste, juste un coup de balai dans l’atelier et je vais piquer un de ces roupillons… »  Parole sage du dimanche, jour de repos et non des centres commerciaux…

Une fois le coup de balai donné, se penchant pour voir ce qu’il restait dans sa pelle, Le Créateur, qui n’aimait pas gâcher, se dit que c’était trop bête de ne pas inventer un nouvel animal avec tous ces détritus : un bec, une poignée de poils, des griffes, des palmes,  c’était rien que du bazar, mais ça a tout de même donné L’ORNITHORYNQUE !  Bestiole amphibie- elle nage à toute vitesse mais sait aussi courir- avec des pattes griffues à l’avant, palmées à l’arrière, un corps de belette (ça devait être un reste de belette, à la réflexion),  une queue de castor lui servant de gouvernail (encore un qui se laisse diriger par sa queue…) et, bien que pondant des œufs, mammifère allaitant ses petits. 


 

orni4Les scientifiques anglais qui reçurent d’Australie un exemplaire de l’animal empaillé crurent à une blague de leurs collègues. Il y avait de quoi y perdre son latin faut dire !  Car le mammifère allaite ses petits. Ce que fait l’ornithorynque… Mais  pour tout savant naturaliste, le mammifère est doté de mamelles. Pas l’ornithorynque, y en avait pas dans la pelle (du 18 joint, fallait être total défoncé pour inventer une bestiole pareille, je suis allée en Australie rien que pour  en voir en vrai, ainsi que des koalas). Alors y font comment les petits nornithorynques ?  Ils lèchent les poils humides du ventre de  leur maman, d’où dégouline du lait. Ca s’appelle « les champs mammaires » qui comme chacun sait sont les chants les plus beaux… Pas très ragoûtant si la maman transpire, mais bon…

L’ornithorynque possède aussi un aiguillon venimeux capable de tuer des petits animaux et de faire très mal aux gros, c’est un des rares mammifères venimeux, mais quand on fait une bête avec des restes, faut pas s’étonner. Sauf qu’une fois la pelle vide, on est bien ennuyé au moment de lui fabriquer un appareil génital, urinaire et excrétoire. C’est prosaïque, certes, mais bigrement important dans l’existence, ces fonctions là!  Que croyez-vous que fit  le Créateur ? Ne s’est pas cassé la tête. Il a mis au pauvre ornithorynque le même trou pour tout, appelé « cloaque »- ça excite le désir et la copulation, n’est-ce pas ?- dans lequel le mâle ornithorynque range son pénis au repos. Cela dénote un tempérament certes ordonné mais donne à réfléchir sur ce qui se passe lorsqu’il a envie de faire pipi ou caca…

orni3Et dans le grand débat « mono » ou « poly » qui agite si souvent ce blog (le Monopoly n’ayant rien à voir et n’étant aucunement un compromis entre les deux  options), avantage une fois de plus au « poly ». Car monotrème ( ça veut dire un seul trou) comme elle l’est,  au commissaire qui l’interroge : « Mademoiselle,  votre agresseur vous a-t-il seulement violée, ou également sodomisée ? », la femelle ornithorynque ne peut que répondre « Les deux, Monsieur le commissaire ». Ce qui est, convenons-en, doublement traumatisant.

Et c’est ainsi qu’Allah est grand, concluerait Vialatte l’Auvergnat dont je vais rejoindre de ce pas le pays, particulièrement le Gour de Tazenat qui semble un lac de début du monde, où  l’on s’attend à voir s’ébattre des dinosaures et où l’ornithorynque trouverait  j’en suis sûre refuge dans ce monotrème volcano-aquatique… (=lac de cratère) (très belle photo du Gour empruntée au blog de Fanfan http://lamaisondefanfan.forumactif.com/forum.htm

 

gour tazenat2

 

 

Jusqu'à début août, pas d'expéditions de livres, mais le site www.autresmondesdiffusion.fr enregistre les commandes.

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 13:20

auvergne.jpgLà où je suis il fait très chaud, et là où je serai à partir du 24 juillet itou. (j'espère...) Temps idéal pour ne rien faire, ou juste flemmader dans un hamac au jardin, ou sur un canapé à l'ombre, avec un verre de quelque chose de bon, givré, citronné, glacé, plus quelques livres  tout frais aussi dont les pages sont faciles à tourner.  Calme total sur le front des blogs, visites minimum et commentaires itou,  inutile de vous déranger avec des  billets. Trêve estivale comme on dit, dommage  qu'il faille attendre l'été pour se mettre en trêve

Cependant, si vous avez envie de lire ou relire "Aimer plusieurs hommes" cet été (source inépuisable de discussions passionnantes d'après dîner) de découvrir "le CDI de Dieu", ou de frémir avec "l'Algue fatale" (attention, il ne reste plus beaucoup d'eemplaires de celui-ci) merci de commander très vite sur notre site www.autresmondesdiffusion.fr  (voir "commander nos livres" colonne de droite pour les détails pratiques) afin que je puisse vous les envoyer avant le 24 juillet, car après, à moi le farniente créatif en compagnie de mon stylo, un cahier, mon vélo... sans oublier les concours de sieste, yeah (je ne suis pas sur mon ordinateur, impossible de trouver le point d'exclamation sur ce clavier, tant  pis...). BONNES VACANCES A TOUTES ET TOUS.

 

sieste_hamac.jpg


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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 00:07

Trois lectures, trois phrases artifices, comme les feux du même nom. Elles font du bruit, puis Pschitt…

feux d'art1 « Le rapport de l’IGF conclut que Eric Woerth n’est pas intervenu dans le dossier fiscal de madame Betancourt »,  phrase traduite par les medias en « Eric Woerth blanchi ».  Artifice, artifice…  Certes, il aurait été plus grave qu’ Eric Woerth intervienne pour interdire à ses services de traiter ce dossier, mais cet homme n’est pas idiot et ne s’aventurerait pas à une telle intervention, aux risques de la voir racontée aussitôt dans le Canard Enchaîné. En revanche, ne pas intervenir, dans un dossier aussi important, équivaut à étouffer l’affaire. Je me souviens d’un ami inspecteur des impôts à qui je reprochais de harceler un boulanger pour prouver qu’il n’avait pas déclaré quelques milliers de francs de ventes de chaussons aux pommes, au lieu de s’attaquer aux vrais fraudeurs. Il avait souri : feux d'art2

« Les vrais, les grands fraudeurs ont des avocats tellement pointus que pour trouver la faille dans leur dossier, ça prend des mois, des années, alors qu’on nous demande du rendement. De plus, pour un dossier « sensible », pas question de se lancer sans l’aval de la hiérarchie, c’est trop risqué. » Dans un dossier aussi sensible que celui de Liliane Betancourt, l’une des premières contribuables françaises, l’aval ne pouvait venir que du plus haut. Faute de quoi aucun inspecteur des impôts ne se risquait à contrôler ladite dame. Ne pas intervenir, ici, loin de blanchir E. Woerth,  équivaut à étouffer le dossier.

 

serenade à troisPas une semaine sans que paraisse un papier sur les « polyamoureux », me voilà sacrée « papesse » par certains medias . Dernier en date cette semaine, dans le supplément Paris Obs du Nouvel Observateur. On y lit cette phrase d’un psychanalyste, Michaël Stora : « Je ne le juge pas moralement, mais il me semble que le polyamour rompt dangereusement avec le sentiment d’exclusivité du couple. Bien sûr,  cette exclusivité est une illusion, mais une illusion nécessaire ».  Le polyamour rompt avec l’exclusivité du couple ? Evidemment, c’est même précisément sa définition ! Mais pourquoi dangereusement ? Où est le danger ? Dans le risque de rupture, de conflit ? Faut-il rappeler que la monogamie se termine dans un cas sur deux (Paris) ou trois (province) par un divorce, sans parler des violences conjugales et des crimes passionnels ? Le danger existe dès qu’on aime de façon irrationnelle, c’est-à-dire incapable de raisonner. En l’occurrence, n’est-il pas plus rationnel d’assumer la non-exclusivité dans le polyamour plutôt que de s’y accrocher dans la monogamie tout en sachant qu’elle est généralement une illusion ? (que les conjoints concrétisent ou non leurs tentations). Que signifie illusion nécessaire pour un psychanalyste, alors que devenir adulte, disent-ils en général, consiste à accepter la réalité ? Et « je ne le juge pas moralement » en accolant au polyamour l’adverbe « dangereusement » sans le justifier une seconde n’est-il pas un jugement ?

feux d'art3Dernière phrase artifice, toujours d’ Eric Woerth (désolée, c’est l’actualité qui veut cela) «Ça n'a pas été vendu une bouchée de pain, ça a été vendu à l'estimation des domaines».. Cette phrase artifice occulte le fait que le prix des Domaines est le prix minimum en dessous duquel il serait indécent de vendre, mais absolument pas la valeur marchande réelle du bien. Quant à la réaction du maire de Compiègne déclarant « l’Etat ne peut pas vendre au-dessus du prix fixé par les Domaines, car il est impensable qu’il spécule sur  un bien classé », c’est carrément du foutage de gueule. Le spéculateur, c’est celui qui achète au prix des Domaines et bénéficie de surcroît des avantages fiscaux liés à la propriété de biens classés ou de monument historiques. L’Etat, lui, ne spécule pas, il brade. Après les autoroutes juste quand elles auraient été rentables, il brade les monuments historiques, alors que le tourisme est une des activités économiques majeures en France, et que brader les monuments, c’est  privatiser cette activité.  On ne s’en étonnera, cet Etat ne cesse de privatiser. Mais on peut déplorer que jamais les citoyens français n’aient été consultés sur cette politique de vente d’un patrimoine qui leur appartient. Politique impulsée par Eric Woerth alors ministre du budget, comme dit plus haut.

Tout ceci nous ferait presque oublier que les feux d’artifice du 14 juillet célèbrent la prise de la Bastille en 1789 et la Révolution Française, avant la nuit du 4 août qui abolissait les privilèges.

P1010231.JPG

 

 

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10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 14:34

canard-gel-s-030109.jpgIl y a deux jours passaient au-dessus de Paris les avions militaires en pleine répétition du défilé du 14 juillet. Vol en triangle, comme les canards, en plus bruyant. Place de la Concorde s'affairaient des ouvriers pour construire les estrades  . J'ai dans l'idée que le défilé militaire, ses pompes et ses oeuvres, coûte infiniment plus cher que la garden-party de l'Elysée et que, tant qu'à faire des économies, il eût mieux valu supprimer celui-là que celle-ci. .. Il est vrai que cette année quelques milliers d'internautes facétieux projetaient de s'inviter à cette garden-party comme à un apéro géant, financé par nos impôts, donc nous appartenant. La suppression de la garden-party relève-t-elle de l'économie ménagère, ou de la crainte de voir les jardins Elysées envahis par des manants non invités? Nul ne le saura... 

guerre1.jpgDe toute façon, question économies, il serait plus radical de se passer d'un sous-marin nucléaire que de supprimer la "niche fiscale" des employés de maison et autres petits emplois-service.  Un sous-marin nucléaire en moins ne nous rend pas plus vulnérable militairement, et un en plus ne nous rend pas plus puissants.  Tandis que des emplois-services en moins, ce sont des chômeurs en plus, des femmes pénalisées parce que la moitié de leur salaire servira à payer la dame qui garde leurs enfants, des  vieux dans l'incapacité de financer les personnes qui leur permettent de rester à domicile dans des conditions décentes. Ils iront en maison de retraite, ce qui est du reste une bonne façon de traiter le dossier desdites retraites: en se débarrassant des vieux plus vite. Statistiquement, les personnes âgées meurent dans les 12 à 18 mois qui suivent leur entrée dans une telle maison. Pas parce que celles-ci sont de mauvaise qualité. Pas parce que les vieux sont malades. Juste parce qu'il est quasi impossible, passé 75 ans, de couper ses racines, de quitter le lieu où on a vécu les trente ou cinquante ans précédents sans y perdre ses repères et son goût de la vie. On ne change pas une plante adulte de pot n'importe comment, il y faut beaucoup d'attention, sinon elle crève. Les humains sont pareils. Pas plus malins, pas plus forts que la nature, dont Jean-Marie Pelt dit  " La nature peut se passer de l'homme, mais l'homme ne peut pas se passer de la nature."  A cause de son orgueil, il la détruit.  Et lui avec.

A ce propos, je suis allée voir, avec retard "solutions locales pour un désordre global" film de Coline Serreau. Un documentaire plus qu'un film de divertissement, mais pas chiant pour un sou. On y détaille la logique prédatrice de l'homme- au sens plus souvent masculin que féminin- qui crée les famines, les sécheresses, l'épuisement des sols et les changements climatiques. On y rencontre aussi, surtout, des gens qui un peu partout commencent à faire autrement, en retrouvant  tout bonnement des savoirs oubliés (ou moqués par la "modernité") Et ça marche! Et ceux qui font autrement ont en commun un regard heureux et une vitalité à l'opposé des rictus coincés ou automatiques de certains puissants de ce monde.  Respecter la nature, les femmes, les humains entre eux, les animaux n'est pas une attitude Bisounours (étrange comme Bisounours est devenu une sorte d'insulte à l'égard des gens tout simplement gentils) mais un bonheur qui rend beau.  Mieux que tous les liftings, crèmes antirides ou autres artifices...

A part cela, mon ordi est en panne: il a chaud, il a perdu ses couleurs et l'affichage des photos, ce qui m'a obligée à rédiger ce billet  sans couleurs dans le texte, en insérant les illustrations à l'aveugle.  Sauf réparation rapide, je vais l'envoyer en congés d'été... et moi avec.

 

 

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 13:11

« Février 1975 : J’ai demandé à l’ouvreuse « un billet pour les Hautes solitudes » comme on réclame un aller simple pour nulle part. Et j’ai plongé dans le silence amniotique, fœtal. Voyage étrange en solitaire …  Une porte s’ouvre, un visage apparaît, triangulaire. Et puis, votre élan vers ce regard. Talent, sans doute. Véracité extrême des gestes trop étudiés. Qu’importe ? L’essentiel n’est-il pas qu’à ce moment précis se soit dénoué le nœud au fond de moi ? Sanglot immédiatement réprimé, regretté. Je croyais tellement ne plus en être coupable. Excusez-moi, le lyrisme est une de ces maladies que vous avez fait renaître en moi. »                                                          image du film deH-G Clouzot "la prisonnière"

la prisonnièreA 20 ans, alors que je cultivais une superbe et une superficialité propres à me prémunir, croyé-je, contre les chagrins de la vie, j’ai redécouvert le bonheur des émotions en voyant jouer Laurent Terzieff. Emotions si profondément intégrées par mon inconscient qu’elles sont ressorties sans aucune préméditation dans certains de mes écrits et dans des épisodes de vie qui me donnait une étrange impression de déjà vécu… reflet de scènes jouées ou mises en scène par Laurent Terzieff.  

TerzieffjeuneBien au-delà du comédien talentueux, bien au-delà de sa voix et de son regard, j’admirais sa façon de conduire sa vie comme une épure, uniquement nourrie par la passion des mots et du théâtre. J’admirais cet homme discret, marchant d’un pas rapide, avec sur l’épaule un sac plein de livres et des manuscrits qu’il recevait. A l’exact opposé de ceux qui ne veulent aujourd’hui qu’être stars. J’admirais le mystère de cet homme obstiné, passionné et profond. Sans le savoir il m’a tant apporté que les mots semblent dérisoires pour l’exprimer. Il restera pour moi une influence indicible.


« Palais royal si tendre et théâtre d’Orsay. Je me revois montant les marches du petit escalier et venant écouter pour la neuvième fois vos tirades que je savais à présent mieux que vous. Je me souviens avoir trinqué avec vous sur un vin du Poitou, je me souviens m’être noyée dans vos prunelles si vertes, si myopes, comme un étang glacé un matin d’hiver. Vous aviez la perfection d’un désir idéal, d’une attente éternelle… » (Autres désirs, autres hommes, p.217)

 

Terzieff1974.jpg

 planche de contacts réalisés par Marc Gourou en 1974 pour le magazine ELLE quand j'y travaillais.

Film de Philippe Garrel

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27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 20:04

 

compijaune.jpgPendant 10, 20, 30 ans… j’ai défendu l’écologie, la combishort et les amours plurielles dans un combat quasi solitaire… et voici qu’aujourd’hui l’écologie fait la Une des medias (un peu moins depuis que NS a décrété « l’environnement ça commence à bien faire », preuve s’il en était besoin que les infos reflètent la voix de son Maître, mais tout de même… quand je pense à tous les projets d’émission sur l’écologie qu’on m’a refusés au motif que « ces sujets n’intéressent personne »…)

Depuis deux ans, les combishorts sont en bonne place dans les collections et les vitrines d’été et même d’hiver.

Depuis quelques mois les pluriamoureux sont tendance, mes chers, vous ne pouvez pas imaginer !  Toute la presse, les radios et les TV en veulent et en parlent, guettez les programmes et les sorties en kiosque J ! 

Quel avantage à précurser les tendances ? Aucun. Il m’est même arrivé de cauchemarder des faits-divers sanglants qui se sont réalisés, ça fout la trouille, non ?  Et quand on est en avance, on se sent seul, si seul…

Alors si je vous dis aujourd’hui qu’il est urgent de lire ces trois ouvrages, n’attendez pas dix ans, faites le et offrez-les à vos amis. Ils vous en remercieront quand ils pourront parader dans les apéros géants en disant « Le CDI de Dieu ? J’ai été un des premiers à le lire, c’est un roman étonnant... » « Aimer plusieurs hommes ? Mais non, il n’est pas épuisé, il a été réédité et j’en ai d’ailleurs un exemplaire dédicacé. « L’Algue fatale ? Quelle histoire, mon cher ! Savez-vous qu’il existe une autre caulerpe, Caulerpa Racemosa, encore plus envahissante, dont personne  ne parle encore mais je vais vous raconter… (seuls les acheteurs des 30 exemplaires proposés sur le site www.autresmondesdiffusion.fr  auront les infos de première main sur cette affaire.)

 

 couv century3 copieCe ne sont pas des critiques littéraires, mais des lecteurs qui disent :

Le CDI de Dieu ? Je me régale. C’est dur de faire durer le plaisir, de décider que ce ne sera qu’un chapitre par jour et de s’y tenir (Blutch)

J’ai lu le CDI de Dieu. Je vais acheter une boutique de cartes postales en espérant qu’Harro passe m’en acheter une et m’emmène avec lui. (Sandra)

C’est un livre extraordinaire… Il y a une touche de Vian dans cet auteur (Tant-Bourrin)

Un livre qu’il faudrait pouvoir lire les yeux fermés… pour se laisser envahir par les rêves qu’il suggère. Un vrai délice. (Gustavio)

Un livre étonnant dans une langue imagée, hybride de Vian et San Antonio. (Olivier)

Un vrai bonheur, cette verve à la fois poétique, imaginative et décalée (Tatie)

 

 

première couv

 

L’auteur de  référence sur le sujet (le Monde 2)

A lire cet été, des articles dans Madame Figaro.fr,  le Nouvel Obs, Envy, Libération

A écouter sur France-Inter l’émission du dimanche 4 juillet, 16h : « Un homme, une femme, un café, l’addition, avec Romain Goupil dans le rôle de l’homme)

A voir à la rentrée, un documentaire sur les pluriamoureux, dont on reparlera ici.

 

 

 

algue.jpgFiction ou pas : un sacré bouquin ! Même si l’on connaît bien le dossier, on a du mal à trouver la limite entre la fiction et la réalité. (revue Mer et Littoral)

Comment un tel phénomène (la prolifération de la caulerpa taxifolia) a-t-il pu se produire ? Les hypothèses sont nombreuses et Françoise Simpère a utilisé la forme romanesque pour pouvoir les énumérer sas risque de procès… (Sud-Ouest Dimanche)

Françoise Simpère s’interroge sur l’inertie des Pouvoirs publics, qui malgré les cris d’alarme des scientifiques, n’ont rien fait (France-Soir)

Avec Monaco, des intérêts immobiliers, des rivalités de laboratoires et quelques milliards en toile de fond, on sait bien que tout cela est possible, plausible… (Sciences-Frontières)

A partir de la menace réelle de Caulerpa Taxifolia, ce roman, développe un suspense où se mêlent services secrets français, mafia, savants, sans oublier la belle Clara (Impact Médecin)

( critiques parues lors de la parution du livre, en 1999)

En toile de fond il y a la caulerpe qui permet, à mon sens, de mettre en évidence l’un des problèmes majeurs de la société actuelle : le profit à tout prix, quelles qu’en soient les conséquences humaines ou écologiques. Ce fait… constitue pour moi une agression quotidienne ». (Jean-Pierre Lorit, interprète du rôle masculin principal de « Eaux troubles » mini série inspirée de l’Algue fatale)

 

bannière copieMerci de ne pas m’écrire directement pour commander les livres, et d’aller  

sur www.autresmondesdiffusion.fr

Et comme nous n’avons décidément pas une âme de gestionnaire, nous avons décidé de transformer ce site en plate-forme rebelle et culturelle et d’y accueillir plein d’amis et partenaires artistes, musiciens, théâtreux, poètes, éditeurs, activistes, etc… qui partagent les valeurs solidaires, ludiques, culturelles et écologiques d’Autres Mondes. Plus on est de fous, plus on rit.

 

Sur ce, je pars quelques jours loin de tout écran… à bientôt.

 

bato.jpg

 

 

 

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 21:05

Dimanche: vu R… un monsieur d’environ 84 ans qui s’occupe des Eclaireurs de France depuis qu’il en a 24.  Il avoue que c’est de plus en plus dur : « On nous impose des normes stupides qui rendent impossibles certaines activités. Dernière absurdité : un grifouilleur du ministère s’est avisé que durant les camps, nous faisons sécher la vaisselle au soleil. Il a décrété qu’avec la pollution qui tombe du ciel, c’était dangereux et qu’il fallait donc essuyer la vaisselle et la ranger dans une cantine métallique fermée. Sauf qu’un torchon, vite humide, laisse un bouillon de culture sur les assiettes et que ce bouillon s’épanouit à merveille en été dans une cantine fermée ! On l’a fait remarquer au Ministère. La circulaire n’a pas été abrogée mais nous ne devrions pas être trop contrôlés.»

pedibus.jpgLundi : croisé dans la rue un « pédibus ». Késaco ? Une trouvaille étonnante. Autrefois, les parents accompagnaient leurs enfants- et parfois ceux des voisins- à pied à l’école, sans rien demander à personne. Il arrivait même que les enfants aillent tous seuls à l'école, stupéfiant, non? Aujourd’hui, il faut organiser des pedibus : un parent en tête de cortège, derrière lui quelques enfants en rang, et un autre parent pour fermer la marche et surveiller les gamins… L’idée même qu’il faille créer un « pédibus » pour marcher en ville est rigolote… mais où j’ai explosé de rire, c’est en m’apercevant que le parent de tête et le parent de queue avaient revêtu un gilet jaune fluo ! Après enquête, il paraît que c’est la règle pour un pedibus, comme quoi l’infantilisation n’a pas de limite …


foot2.jpgMercredi, blague d’actualité : "Raymond Domenech a été contacté par le Pôle Emploi. On lui propose un poste de « professeur d’échecs »." Le soir, on annonce au JT que NS a bouleversé son agenda pour recevoir Thierry Henry et qu’il va proposer un « plan Marshall » pour le football. domenech.jpgQuand on sait que le vrai plan Marschall concernait la reconstruction de la France en 1945 après six ans de guerre, on se dit que le ridicule ne tue pas les politiques (ni les journalistes) ce qui est regrettable. Surtout qu’après l’homélie de Roselyne « Je leur ai dit de tout donner et j’ai vu les larmes dans leurs yeux », ça en ferait deux d’un coup. Pauvre Roselyne : entre la grippe H1N1 et la coupe du monde de foot, 2010 sera son « annus horribilis… »


manifrevuJeudi : manif, j’en ai encore les pieds en compote. Plus de quatre heures pour aller de République à Nation. Foule dense. Avec des gens du privé comme du public, des jeunes comme des vieux. Et le sentiment que le ressentiment dépasse la question des retraites. Ressentiment à l’idée que certains en bavent quand d’autres se gavent.  Qu’après des décennies de progrès, on régresse. Depuis l’Antiquité, on est passé de l’esclavage au travail payé, des 60h par semaine, aux 50h, 45h, puis 40, 39, 35h, tout en produisant de plus en plus de richesses : + 30% ces vingt dernières années en France. Le progrès social, c’était offrir à ceux qui produisaient ces richesses plus de temps… libre. L’argument « on vit plus longtemps, faut travailler plus longtemps » suggère que le travail rémunéré est toute la vie et le reste- amour, famille, loisirs, voyages, culture, vie sociale et associative- une part négligeable de l’existence.  P1000860Or, quand on voit combien la majorité des retraités sont occupés, on se demande comment ils ont trouvé le temps de bosser autrefois ! Réponse simple : en sacrifiant des parts essentielles de leur vie, peut-être les meilleures. Il y a quelques années, un ami de 62 ans m’a avoué n’avoir su aimer qu’à deux périodes de sa vie : quand il était étudiant et pensait prioritairement à ses amours, et à la retraite quand il a eu le temps. « Entre les deux, dit-il, j’ai tellement bossé que j’ai rendu deux femmes malheureuses- deux divorces- et pas vu grandir mes enfants. Aujourd’hui, je prends enfin le temps d’aimer la troisième! 

Le travail nuit à la santé et à l’amour, qu’on se le dise !


 


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20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 20:16

 

poulet1Josyane fixe ses mains crevassées par l’humidité et le froid. A la fois rêches et humides. Et rouges, aussi. Elle n’en a vu de pire que chez les ostréicultrices triant les huîtres sur un plan de travail glacé, en plein vent. L’eau de mer creuse davantage les fissures de peau que l’humidité douceâtre de la chair de poulet. Depuis trente ans, Josyane est découpeuse de poulets : séparer les filets, les cuisses, les pattes… pour les consommateurs qui n’aiment plus les volailles entières qu’ils ne savent pas découper. Une fois cuites, pourtant, c’est fastoche. Tandis que crue, la chair de poulet est élastique, les tendons résistent, et l’odeur de chair morte persiste sur les doigts malgré les multiples lavages à l’eau et au savon citronné. Josyane a mal au dos et des varices, normal quand on travaille debout depuis trente ans. Il y a pire : à force de faire les mêmes gestes sept heures par jour, elle ressent des élancements dans le poignet et l’épaule, à la faire hurler de douleur. Troubles musculo-squelettiques, TMS, lui a dit le médecin du travail en lui conseillant de changer de poste.

poulets3Elle prend son courage à deux mains, va demander au chef d’atelier s’il ne peut pas l’affecter ailleurs, à l’emballage ou à l’administration : après tout, elle a un CAP employé de bureau, et c’est un conseil du médecin du travail qui est prêt à lui faire un certificat.

« Impossible, Josyane ! Tu es gauchère, et tu sais que les gauchères découpent plus vite que les droitières,(détail rigoureusement exact. NDA) on a du rendement à assurer avec la concurrence des poulets de l’Est.

-C’est pas les mêmes que les nôtres, proteste-t-elle, chauvine.

-Pfff… tu crois que le client la voit, la qualité ? Ce qu’il voit, c’est le prix. Et pour baisser le prix, faut du rendement. »

Les larmes montent aux yeux de Josyane. Le contremaître s’en aperçoit, il essaye de l’apaiser :

« Patience, Josyane, dans un an, c’est la retraite. 

-Je n’en peux plus… Si ça se trouve, je serai morte !

-Dis pas de bêtises, tu es encore une belle femme, bien conservée…

-C’est ça, bosser depuis trente ans dans une chambre froide, ça conserve forcément… »

Il la contemple avec appétit. C’est vrai qu’elle reste affriolante avec ses yeux verts et ses boucles auburn. Si elle voulait… Changer de poste ça se mérite. Josyane sursaute, elle esquive le geste protecteur du contremaître qui proteste :

« Fais pas ta mijaurée, j’ai du goût, c’est tout… »

poulet2Quelques jours plus tard, en fin de journée, alors qu’elle finit de ranger l’atelier déserté, Josyane est frappée par le silence. Un compresseur s’est arrêté de fonctionner dans la chambre froide. Si on ne répare pas tout de suite, ce sont plusieurs centaines de poulets qui seront perdus. Elle essaie de décoincer une manette, ses doigts gourds et raidis n’y arrivent pas. Tourner une manette de droitier quand on est gauchère demande une force qu’elle n’a plus. Elle actionne la sonnette d’alarme, le contremaître surgit, la suit dans la chambre froide. Elle lui désigne la manette, il la débloque sans effort et se tourne vers elle : « Tu vois ? Ce n‘était pas si difficile. » Mais elle est déjà partie de l’usine, après avoir claqué la porte de la chambre froide. Déjà qu’elle embauche à la première heure, le matin…

Un jour gris de septembre, le Directeur de la maison mère informe le personnel que le président de la République lui-même vient leur présenter la réforme de la retraite, les convaincre que travailler au-delà de 60 ans quand on vit tellement plus longtemps qu’avant est naturel. Face aux ouvrières à qui la Direction a demandé de se coiffer et de se maquiller avant d’aller à la cantine,  le Président fait un discours de charme : il aime les femmes courageuses comme celles qu’il a en face de lui, reconnaît la dureté de leur labeur et affirme qu’on va réfléchir à un aménagement de postes pour celles qui ont du mal à tenir debout sur leurs jambes variqueuses. « Comme vous le voyez, je suis à l’écoute de vos difficultés, mais j’en ai aussi, croyez-le. » Sur un signe discret du Directeur, toutes applaudissent.

ecran3.jpgComble du comble, le président adore le poulet, il va donc partager le déjeuner des ouvrières. Les femmes de service s’affairent, émues de servir un aussi auguste convive. A sa gauche, on installe Josyane :

« Une de nos plus anciennes ouvrières, précise le directeur placé à la droite du président. Elle a un doigté dans la découpe exceptionnel. »

Le président désigne un magnifique filet :

« Ce morceau là, j’adore le blanc. 

-Je le reconnais, c’est moi qui l’ai découpé, sourit Josyane avec dans l’œil une lueur étrange.

-Que vous disais-je ? s’écrie le directeur. Belle pièce, n’est-ce pas ? Ah, Josyane… Notre ancien contremaître, qui a quitté la région brutalement il y a quelques mois, vous aimait beaucoup, vous savez ?

-Je le comprends, dit le président, la bouche pleine. Vous êtes une belle femme, travailleuse et habile de vos doigts, une perle ! Votre contremaître avait du goût.

-Il en a toujours », conclut Josyane, énigmatique.



 

Humour noir mis à part, Josyane existe… comme des milliers d’autres personnes usées par le travail. C’est pour elles qu’il faut agir le 24 mai.

 

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 20:05

gays.jpgIl m’a demandé : « Qu’est-ce qui te fait désirer un homme ? » Rien. Un physique, certes, mais pas toujours. Je peux désirer un homme que d’autres trouveraient laid tandis qu’un superbe me laissera de glace.  

P4.jpgDes gestes anodins… Il avale de travers une gorgée de vin, il tousse, je lui tape dans le dos, mes doigts à travers le tissu de la chemise captent la tiédeur de sa peau. Pas n’importe quelle tiédeur, celle qui creuse le ventre et trouble les pensées … « Elle avait quoi cette tiédeur ? » Rien.  Juste une harmonie avec les mots intelligents qu’il venait de prononcer d’une voix de basse, de rocaille et de lave en fusion. La voix, les mots, ont touché mon cœur avant la tiédeur de sa peau et l’ont rendue désirable. Ou alors sa peau m’a semblé intelligente. Va savoir…

« Une autre fois au cinéma, (Adrien) a enlevé son pull d’un geste ample des deux bras, elle a suivi le mouvement dans la pénombre, son regard s’est fixé sur la seconde où elle a aperçu la cambrure de ses reins, le creux de sa peau à la ceinture, le désir comme une onde chaude (« Ce qui trouble Lola »). De petits gestes. Jolis. Insignifiants. Deviennent-ils beaux parce qu’elle le désire, ou le désire-t-elle parce qu’il a de jolis gestes ? Va savoir…                                                                        lars stephan, encore...

lars2.jpg« Tout à coup vous êtes sorti de la salle de bains dans une débauche de buée. Tu m’as semblé si beau que j’e suis restée muette tandis qu’un sourire vertical m’ouvrait le ventre »( Des désirs et des hommes, Traces de vous »)

sentir.jpgDésir irraisonné, irraisonnable… L’odeur d’un homme, un soir d’été, forte, incommodante. Il est beau mais sent fort. Rédhibitoire. Puis il ouvre sa porte, montre sur son ordinateur les images qu’il est en train de créer. J'entre dans sa tête, y découvre un artiste, et l’odeur forte se mue en phéromones troublantes. Envie animale… qui a disparu quelques mois plus tard quand des mots de lui m’ont déçue. La même odeur, tantôt repoussante, tantôt stimulante. Animalité, certes, mais cérébrale, ô combien. Va savoir ce qui prévaut, dans le désir.


autres_d_sirs.jpg

« Il la raccompagne jusqu’à son hôtel. Ils sont tout près l’un de l’autre, sans même la toucher Rudolf sent la chaleur qui irradie d’elle : « See you tomorrow ». Il la regarde s’éloigner, trouve délicieux d’entendre dire « see you tomorrow » par une femme rencontrée quelques heures plus tôt. (Autres désirs, autres hommes- la saveur de l’oursin)

P1000667.jpg« J’ai succombé à sa voix lorsqu’il lisait, un timbre grave qui résonnait en moi comme certaines basses près des enceintes lors d’un concert de rock, ça prend au ventre et donne envie. Je n’ai pas supporté l’injustice qui a mis cet homme au chômage et l’a privé de ses revenus, mais aussi de sa maison, de sa femme, et surtout de la liberté d’aimer et de désirer comme il en a envie, de sa dignité d’homme réduite à l’autorisation d’aller se vider les couilles moyennant finances….  Mon discours l’a amusé, il m’a dit « c’est la première fois qu’on me fait l’amour pour des raisons politiques », j’ai souri : « ce ne serait pas une mauvaise raison, mais elle n’aurait pas pesé bien lourd sans désir. » Un désir né bien avant qu’il me raconte son histoire, à cause de son air libre et serein, sa façon d’habiter son corps, les livres qui dépassaient de sa besace, sa réaction quand il a vu que je le regardais bander… Et puis non, ce n’est même pas cela. Mon désir est né de l’émotion irrationnelle qui m’a saisie à la seconde où il est entré dans le wagon. Ca ne s’explique pas. Le désir ne s’explique pas, c’est ce qui fait son charme et sa grande injustice.

(Ce qui trouble Lola)

Alors vraiment, tu ne peux pas me dire pourquoi tu désires ? Si. Parce que.

Et pourquoi tu ne désires pas ? Pour la même raison.

 

img_0127.jpg

 

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