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24 novembre 2009 2 24 /11 /novembre /2009 20:09

C’est fou le nombre de bouquins, d’émissions, de débats qui analysent avec acuité l’état du monde et les raisons  de la crise financière, morale et sociale qui le frappe, puis s’arrêtent là.  Etrange le nombre de documentaires qui dénoncent avec courage la corruption, les manipulations, le sort indigne fait à des millions de travailleurs dans le monde, les violences, les tortures… et s’arrêtent là. Le nombre de dîners où chacun s’accorde à dire que « ça ne peut pas continuer comme ça » et conclut : « les gens ne se bougent pas, c’est dingue. »  

Eh bien si, « les gens » se bougent. Pas tous, mais beaucoup. Et de plus en plus. Je vous ai déjà conté ici-  http://fsimpere.over-blog.com/article--du-soleil-pour-le-week-end-38898996.html  -les initiatives  de par le monde qui visent à  « changer la vie » comme chantait le Parti socialiste du temps où il existait. .. en 1977.

http://www.youtube.com/watch?v=YDEgNp62jGk  (ça me fiche un coup de vieux de connaître cette chanson !)

Dimanche dernier, j’ai fait un tour au 7è Salon international des éditeurs indépendants organisé par l’association l’Autre Livre, qui milite pour la diversité culturelle. Je m’attendais, et il y en a, à des éditeurs férus de poésie, de BD, de textes anciens redécouverts, de mémoires à tirages confidentiels. Mais on y trouvait aussi plein de textes de voyageurs au long cours et d’explorateurs du possible.  J’ai sympathisé avec « le passager clandestin »,  ( www.lepassagerclandestin.fr ) maison d’édition embarquée mine de rien sur la planète Terre pour y  diffuser un message d’une simplicité enfantine : « Si tu n’es pas d’accord, n’accepte pas. »  Respecter les lois est une chose, se soumettre à n’importe quoi en est une autre.

« Le passager clandestin » a notamment créé, en liaison avec le collectif des désobéissants, une collection de petits livres qui apprennent la désobéissance civile légale, c’est-à-dire tout ce qu’on peut faire individuellement ou collectivement pour enrayer un système qu’on refuse sans pour autant se retrouver en tôle ou payer des amendes énormes. 

C’est hilarant et jubilatoire. On se dit « mais comment n’y ai-je pas pensé avant ? »  Les désobéissants ne sont pas un groupuscule de plus, c’est un  collectif de gens extrêmement bien informés, qui mettent leurs connaissances et leur expérience de la désobéissance légale au service de tous les individus et associations qui souhaitent  agir plutôt que se lamenter.  Ils organisent des stages de formation à la désobéissance, où vient systématiquement une « taupe »  policière ou RGtiste, mais que peut-elle dire ? Tout est légal ! 

http://www.dailymotion.com/video/x7cnos_les-desobeissants-forment-des-milit_news

http://www.desobeir.net/

Loin des manifs d’un jour, chaleureuses mais désespérément inefficaces, loin des invectives narcissiques de politiciens sans projet, toutes les initiatives visant à multiplier les grains de sable dans un système en faillite- mais qui bande encore, ne soyons pas naïfs, même si c’est à coup de Viagra/aides financières-  donnent un coup de fouet au moral. C’est la politique du sale gosse, qui n’hésite pas à crier que le Roi est nu et refuse les hochets qu’on lui tend. Dire « non », quel plaisir !  Et de grain de sable en grain de sable, on finira par la construire, cette plage dont on rêve.

 

 

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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 15:26

Comme lui, elle aimait la biologie, la mer et les plats fortement épicés. Elle venait de finir de lire "l'Alchimiste", il s'exclama: "C'est drôle, je l'ai commencé avant-hier!"  Elle aussi avait profité des vacances pour s'initier au deltaplane. David n'en revenait pas d'autant de coïncidences qui les faisaient proches. Il ne lui vint pas à l'idée que la majorité des convives aurait eu les mêmes réponses qu'elle: ils fréquentaient le même milieu, lisaient les mêmes magazines et avaient les mêmes références.  (« Le jeune homme au téléphone »)

Amour formaté, prévisible, comme les experts du marketing peuvent décider que VOUS aurez envie de telle fille ou de tel garçon, à tel moment, parce que vous êtes CSP A B+, grande ville, etc…

Mais avec ce garçon étranger découvert sur la toile, attendu à la gare, ce serait forcément différent.  Il descendit du train d’un bond souple, un petit sac en bandoulière : « On peut aller se balader tout de suite, il n’est pas lourd ».  Elle aima son accent d’ailleurs et son sourire content d’être là. Ensemble, ils visitèrent la cathédrale, une petite chapelle, un musée d’objets introuvables, des parcs,  franchirent des porches devant lesquelles elle était passée cent fois machinalement derrière lesquels ils découvrirent des merveilles de jardins et de sculptures,  des fenêtres fleuries, des havres de paix loin de l’odeur de frites et de gaz d’échappements qui parfumait la mi-journée.  Tout naturellement, leurs mains se réchauffèrent dans leurs poches respectives- elle dans sa poche à lui, lui dans sa poche à elle. Cela les fit rire.

Tout naturellement en ce mois de janvier, ils eurent envie de rentrer se faire un thé brûlant accompagné de scones. Envie de le boire au lit, avec de la musique dans la pénombre. Tout naturellement,  il posa le plateau par terre  avant de s’installer sous la couette.  Leurs corps se touchèrent, leurs esprits aussi, c’était touchant.  Et tout naturellement, ils prirent le temps de sentir sous la pulpe de leurs doigts la douceur de leurs deux peaux, tout en bavardant, tout en grignotant.  De s’examiner avec la même curiosité, le même regard grave que les bébés lorsqu’ils découvrent un univers : toucher, goûter, mettre à la bouche, sentir, et de cette exploration minutieuse conclure que c’est bon ou pas bon. C’était bon. Tout naturellement.

De retour au pays, il lui envoya quelques lignes brèves derrière lesquelles se devinait l’émotion.  Elle répondit sur le même ton pudique mais eut très envie de l’entendre murmurer des mots tendres comme ceux qui lui avaient échappé tandis qu’ils se caressaient. Tout naturellement. Ils bénirent l’ADSL de permettre à leurs cœurs éloignés de converser sans se ruiner. A l’heure dite, ils furent au rendez-vous, se racontèrent ce qu’ils faisaient, leurs projets, les amis avec qui ils avaient dîné et bavardé,  les événements qui les réjouissaient ou les indignaient… sans retrouver la plénitude et l’intimité de leur rencontre.

Les mots passaient d’un pays à l’autre sous forme d’impulsions numériques binaires, ce qui manque singulièrement de sensualité.  Tout en conversant, elle revoyait sa peau à lui à deux centimètres de ses lèvres à elle,  la couleur et le satiné de son épaule où ses lèvres avaient tout naturellement trouvé refuge, lèvres qui maintenant articulaient « C’est sympa d’avoir pu bavarder comme ça, à plus, à bientôt, je t’embrasse… »  tandis que les doigts pianotaient sur la table en réclamant « et nous ? Et nous ? Et nous ? ».

 


 

 

 

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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 10:21

S’asseoir, dans un bar ou une petite salle et écouter les musiciens. Dans la pénombre, des spectateurs tapotent le rythme avec deux doigts sur leur table, ou le marquent sans s’en rendre compte avec le pied, avec le corps. « La musique est un cri qui vient de quelque part », un rapport charnel avec le monde, et c’est pourquoi, sans doute, elle passe les siècles des siècles avec juste sept notes entières et quelques demi-tons, quarts de ton ou comas pour nous émouvoir et consoler des temps gris.

Jazz, rock, chanson, classique, pop… selon les moments et selon les artistes, tout est bon à écouter. « On a tous dans le cœur un refrain... » et les artistes, parfois odieux, mesquins, stupides, égoïstes dans la vie se muent en jubilation, en émotion sur scène.

Spécial copinage  si vous habitez la région parisienne :

tous les jeudis à 20h30 depuis plus d’un an, « l’Assoce Bolognaise », un groupe de fondus de chanson dite « à texte » et qu’eux préfèrent appeler des chansons « à respirer », des chansons « faites à la main » se réunissent à la bonne franquette au MACAQ, 123 rue de Tocqueville, Paris 17è. C’est un local associatif, on y entre sans frapper, on s’assoit où on veut, c’est gratuit, et on écoute ces fondus.  Tous professionnels par ailleurs, mais qui ont gardé l’esprit amateur au sens étymologique : « qui aime ». Ils aiment chanter, ils aiment se donner en spectacle et se donnent véritablement.  Les « Jetés de l’encre » (http://www.lesjetesdelencre.com/ ) menés par Gilles dans un style occitan/ slave/ hispanisant, je veux dire dans la démesure et le lyrisme,

Marc Havet- qui pousse le narcissisme jusqu’à s’être offert un bar « le Magique », dans le 14è, juste pour y faire ses spectacles- dans un style rebelle caustique, Jules Bourdeaux, digne successeur de Gaston Couté pour ceux qui connaissent. Et pour ceux qui ne connaissent pas :

http://blogborygmes.free.fr/blog/index.php/2009/11/04/1256-gaston-coute

parlent d’amour, de rupture, des pauvres et des riches avec une gouaille très 19è (arrondissement et siècle). Les amateurs de Brassens, Ferré, Nougaro… apprécieront davantage que les fans de Lorie ou  Michael Jackson, mais même ceux-là y trouveront leur compte, car l’ambiance est chaleureuse et les coups à boire pas chers : de 1 à 3 €. 

Conscient du risque de compétition narcissique entre ces mâles artistes, Gilles s’arrange pour que chacun n’interprète pas plus de trois chansons d’affilée, et invite les musiciens et chanteurs des deux sexes à se faire connaître pour faire un bout du spectacle. Scène ouverte, bar ouvert, on quitte la soirée vers 23h plutôt contents.

J’oubliais : pourquoi l’Assoce Bolognaise pour ces musiciens pas du tout italiens ? Parce qu’une des adhérentes de l’association cuisine des marmites de spaghettis bolognaise- délicieux- qu’elle sert pour quelques euros aux spectateurs affamés.

http://www.assocebolognaise.org/

 

Autre spécial copinage : c’est bientôt Noël, offrez un beau livre. Par exemple cette chose rare que sont les « Lettres à Maricou » d’Alexandre Vialatte, lettres d’amour du fin écrivain auvergnat qui terminait chacune de ses chroniques dans « la Montagne » par « Et c’est ainsi qu’Allah est grand » sans aucune prétention islamique. Vialatte, donc, gloire de l’Auvergne dont les frontières dépassent celles de la planète, est amoureux de Maricou, le lui écrit, lui envoie des cartes postales, déploie ses plumes vertes et dorées pour la séduire. En  vain. Ce qui nous vaut une fine analyse des lettres d’un amoureux déçu par Pierre Jourde, analyse ô combien universelle pour tous ceux et celles qui un jour ont aimé en vain. Ce livre sur beau papier bouffant est édité au Signe de la Licorne. Une maison fondée il y a quelques années par un de mes camarades de faculté de droit dont l’humour pince-sans-rire m’a toujours réjouie. Nous sommes  toujours restés en contact et il me tient au courant de ses  insolites choix littéraires et politiques. Il a gardé dans ses austères fonctions administratives actuelles le sens de l’humour glacé et sophistiqué d’un Gotlib de la belle époque.

 

 

 

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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 12:59

Lancement de la campagne de vaccination par Roselyne Bachelot, voix émue : « J’ai vu à l’hôpital des enfants aux bronches totalement détruites par le virus H1N1…» 

Où ai-je donc entendu quasiment la même phrase ? Souvenir, souvenir…

C’était il y a quelques années, lors du lancement d’une grande campagne de vaccination ROR (rougeole/ oreillons/ rubéole).  Lors de la conférence de presse, le chef de service d’une clinique, insistait sur l’importance du vaccin : « … qui me permettra de ne plus voir arriver dans mon service des enfants atteints d’encéphalite rougeoleuse mortelle. » L’affiche de la campagne montrait une petite fille blonde adorable avec ce commentaire : « Ne lui demandez pas de savoir qu’on peut mourir de la rougeole. »

Quand j’étais petite, on parlait des maladies « infantiles » : rougeole, oreillons, varicelle, comme de maladies peu graves mais qu’il valait mieux attraper jeune, car elles étaient plus sévères pour les adolescents et les adultes. Les mères organisaient même des rencontres entre enfants malades pour qu’ils se contaminent et soient ensuite immunisés, puisque ce sont des maladies qu’en principe on n’a qu’une fois. (contrairement à la grippe dont le virus mute régulièrement)

Au sortir de la conférence de presse, j'appelai la clinique où officiait le médecin pour savoir combien de cas d’encéphalite rougeoleuse il y avait eu à déplorer dans l’année. On me rigola au nez : « Mais aucun, madame, c’est extrêmement rare ! On n’a pas dû en voir depuis au moins cinq ans. »

 LE MEDECIN AVAIT MENTI DEVANT 50 JOURNALISTES !


Je poursuivis mes investigations auprès de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) et de divers organismes officiels et découvris que si le vaccin avait réduit le nombre de rougeole de 800 000 à environ 80 000 cas par an, la mortalité par rougeole était stable : 35 à 40 décès par an depuis les années cinquante, soit avant la vaccination. C’est l’amélioration des conditions de vie et d’hygiène qui avait permis de passer de plusieurs milliers de morts à quelques dizaines.

« Les grands labos misent sur les vaccins pour compenser la chute brutale qui attend leur chiffre d'affaires d'ici à 2013. À cette date, la plupart des brevets qui protègent leurs médicaments vedettes auront expiré. Autant dire que les fabricants de génériques envahiront le marché… Or, l'un des atouts des vaccins, c'est justement qu'ils ne sont pas généricables. Fabriquer un vaccin exige un savoir-faire et des usines spécifiques… Autre avantage, les vaccins peuvent, eux aussi, accéder au statut de blockbusters, c'est-à-dire dégager un chiffre d'affaires supérieur au milliard de dollars. Il suffit pour cela qu'un ou plusieurs gouvernements décident de vacciner tout ou partie de leur population ! Mieux, quand les États passent commande, les laboratoires échappent aux stocks et aux invendus. C'est ainsi que Sanofi a réalisé, l'an dernier, un chiffre d'affaires de 736 millions d'euros rien qu'avec la grippe saisonnière. La grippe A est «une opportunité de revenus significative en 2009 et 2010», a précisé jeudi Chris Viehbacher. PDG de Sanofi Aventis. ( Le Figaro, 25/09/2009)

Autre anecdote : en août 2004, sur France 2, un chroniqueur médical alarma les femmes, en affirmant qu’une sur 2 était concernée par les maladies cardiovasculaires, tandis qu’elles n’étaient qu’une sur 26 à être menacées par le cancer du sein infiniment plus médiatisé.  Sachant par des statistiques officielles, que le cancer du sein touchait  à l'époque une femme sur onze en France, je fus surprise de cette fausse allégation, et du matraquage médiatique sur le risque cardiovasculaire des femmes dans la semaine suivante.  Vérification faite, l’étude présentait toute femme présentant un seul facteur de risque (surpoids, ou hypertension, ou cholestérol excessif) comme menacée par l’infarctus, ce qui est faux, et ne comptabilisait que les cancers du sein à un certain stade de gravité.

Quelques jours plus tard je reçus une invitation à un colloque  franco-britannique « le cholestérol est-il le mal du siècle », organisé par le laboratoire AstraZenaca fabricant une statine anticholestérol dont il souhaitait voir élargie la prescription. Surtout que depuis juin 2004, l’AFSSAPS avait mis en garde contre les effets secondaires parfois graves de ce médicament, et recommandé aux médecins de ne l’utiliser qu’en deuxième intention.  Le modérateur d’une des tables rondes était Valérie B…, responsable  de la communication scientifique de Unilever pour la margarine Fruit d’Or, gros acheteur de spots TV et d’espace publicitaire dans les magazines avec le slogan : « Fruit d’Or améliore votre taux de cholestérol ». Quel rapport avec le labo ? AstraZeneca, était (est sans doute encore) actionnaire d’Unilever, et finançait la majorité des études scientifiques sur le cholestérol. Ce laboratoire faisait également partie des sponsors (avec Elf-Aquitaine, Novartis, Merck, Syngenta et autres multinationales chimiques ou pharmaceutiques) du "Nature Publishing Group", qui édite notamment les prestigieuse revues scientifiques « Nature » et « British Medical Journal » dont les médecins lecteurs ne sauraient mettre en doute l’impartialité.   L’autre table ronde du colloque était animée par le journaliste de France 2 qui depuis plusieurs semaines effrayait les femmes avec leur risque cardiovasculaire ! Ce genre de prestations s’appelle « des ménages » en jargon journalistique. C’est bien payé, et en principe ça doit rester indépendant du travail d’information du journaliste dans les medias.

Voilà pourquoi, entre autres exemples, j’ai quitté le journalisme médical qui me passionnait pourtant, car les chercheurs scientifiques sont des gens souvent atypiques et merveilleux. Mais le business autour, la façon de jouer avec les peurs, le lobbying des labos auprès des pouvoirs publics, la pression des annonceurs dans les medias, le doute sur la véracité des informations que je recevais… Insupportable.


 

 

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 13:48

En vrac, une foule d’infos glanées ici ou là  avec un point commun : leur féminitude !

Marie N’Diaye, d’abord, prix Goncourt que Eric Roult souhaite faire rappeler à l’ordre par Frédéric Mitterrand parce qu’elle aurait manqué au devoir de réserve » en disant qu’elle trouvait « monstrueuse la France de Sarkozy et monstrueux des gens comme Eric Besson et Brice Hortefeux ».  En voilà deux qui vont se dire que donner le prix Goncourt à une gonzesse, noire de surcroît, ça n’amène que des ennuis.  Première nouvelle que ce « devoir de réserve » normalement imposé aux fonctionnaires, qui par exemple n’ont pas le droit de dire « casse-toi pauv’con » dans l’exercice de leurs fonctions. Mais un prix Goncourt n’est pas fonctionnaire,  ou même quand il l’est- comme Erik Orsenna- il a deux casquettes bien distinctes.  Avait-on rappelé au devoir de réserve Yannick Noah qui avait dit, et a tenu parole : « Si Sarkozy passe, je me casse ».  Non. Et il reste une des personnalités préférées des français. Souhaitons un immense succès à « Trois femmes puissantes ».

Après la Goncourt, la Cougar ! Kézaco ? C’est ainsi que les américains appellent les femmes de plus en plus nombreuses qui  aiment des hommes  bien plus jeunes qu’elles.  La Cougar type a 40 ans, selon la jeune journaliste qui en causait sur Canal Plus  et sort avec un mec de 30 ans.  Ca engendre un marketing dingue : croisières de Cougars avec concours de miss Cougar et soirées chippendales,  bonnets tachetés comme des fourrures de Cougar, etc. Pourquoi Cougar ? Parce qu’une femme qui aime un homme plus jeune  est forcément un fauve prédateur et le malheureux amant une proie. Il me semble- on va encore me traiter de féministe- qu’on  n’a jamais  créé un phénomène de société  autour d’un Eddy Barclay entouré de jouvencelles quand il avait 80 ans, d’un Johnny marié à Laetitia qui a trente ans de moins que lui, ou des 26 ans qui séparent Céline Dion de son René chéri.


En Australie, la maîtresse depuis vingt ans d’un homme marié  a porté plainte contre lui lorsqu’il l’a largué brusquement avec un simple baiser d’adieu. Elle a plaidé qu’elle lui avait donné les vingt plus belles années de sa vie et souffrait de voir cet amour ainsi nié.  Les juges lui ont donné raison et ont condamné le mari à verser à  son ex-maîtresse 100 000  dollars australiens.  Le journaliste commente : «  cette sentence inspirée par la nouvelle loi sur la famille votée en Australie pourrait bien calmer les ardeurs des maris tentés par une aventure cachée ». A moins qu’elle ne soit un premier pas vers la reconnaissance au grand jour de la capacité de ces messieurs à aimer plusieurs femmes.  Vingt ans, c’est plus que beaucoup de mariages légaux !  Ce n’est pas « juste un coup d’un soir, chérie ! »

En Angleterre,  l’éducation sexuelle va être proposée dans les écoles- avec possibilité pour les parents de la refuser- dès l’âge de 5 ans. Elle parlera d’anatomie, de contraception et de MST mais aussi de lien, de relation, de rupture, de chagrin d’amour, d'homosexualité, etc.  Le but : enrayer la vague de grossesses prématurées chez les jeunes filles anglaises. (13%, 4è place des pays industrialisés, le leader étant les Etats-Unis avec 24% de grossesses précoces). Les anglais ont piqué l’idée aux Pays-Bas où  l’éducation sexuelle dès le plus jeune âge existe depuis plusieurs années,  et a fait de ce pays  l’un de ceux où le taux de MST, grossesses accidentelles et avortements est le plus bas. « On n’enseigne pas la sexualité, on en parle » est l’intéressante devise du ministère de la santé néerlandais.  Parler de sexualité sans tabous n’incite d’ailleurs pas à une consommation frénétique puisque les jeunes hollandais ont leur premier rapport à 17,7 ans, soit plus tard que la moyenne, qui se situe à 17 ans.  Une étude que j’avais lue il y a quelques années avait aussi montré que les  libertins  avaient moins de fantasmes sexuels violents  que la moyenne des citoyens.  Sans doute parce que la violence naît de la frustration. Cet adage se vérifie aussi en matière de délinquance, et on sait à l’inverse que les singes Bonobos, qui règlent leurs différends en faisant l’amour, ne se battent pas entre eux.

J’avais envie de parler d’autre chose, mais me voici encore immergée dans « les amours plurielles »  en composant le texte de la réédition de « Aimer plusieurs hommes » qui sera finalement très « revu et augmenté » car en 7 ans, il s’en passe des choses.  Je n’imaginais pas la somme de boulot que ça représentait, qui m’a laissé quand même le temps de répondre à une ITV à lire sur  http://www.quelsexe.com/article.php?ar=38  du site Quel sexe.com,  de bonne tenue dans le genre.

Concluons sur une info pleine de masculinitude : j’ai appris  que face au prix Fémina, décerné par des femmes- mais souvent à des hommes- un groupe d’ ami(e)s moustachu(e)s ont créé le Prix Virilo. Il a été attribué cette année au livre « Des hommes » de  Laurent Mauvignier (éd. De Minuit) et le prix super-Virilo, récompensant « la plus belle poussée de testostérone de l’année » a été attribuée à… Valéry Giscard d’Estaing pour « La princesse et le Président » (éd. De Fallois/XO)

Me voici toute détendue. C’est vrai que parler de sexitude  apaise la violence !

 

 

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9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 19:24

HISTOIRE D’AVANT LA CHUTE DU MUR :

Deux petits garçons se parlent de part et d’autre du  mur de Berlin.

Celui de l’est : Je t’entends machouiller, qu’est-ce que tu manges ?

Celui de l’Ouest : une  banane, toi tu n’en as pas, na na nè-reu.

Le petit de l’est- appelons le Franz, va pleurer près de son père :

« Papa, papa, à l’ouest ils ont des bananes !

-Oui mon chéri, mais nous, nous avons le communisme.

Franz  se précipite vers Peter (celui de l’ouest) :

« Mon papa a dit que tu manges des bananes, mais que nous on a le communisme, nana nè-reu.

Peter va pleurer près de son père : « Pourquoi à l’Est ils ont le communisme et pas nous ? »

Le père lève les yeux de son journal : « Ah, mon chéri, hélas, j’ai bien peur qu’un jour on ait le communisme.

Peter se précipite et lance à Franz : « Mon papa a dit comme ça qu’un jour on aura le communisme aussi, nana nè-reu.

Peut-être,  répond Franz, mais alors vous n’aurez plus de bananes. »

 

Finalement, le mur est tombé. A l’époque- année du bicentenaire de la Révolution française aussi- on a cru que ce vent de liberté qui soufflait allait  engendrer un monde plus juste et plus heureux. Sauf qu’un monde sans alternative- toute critiquable que soit cette alternative- devient un monde sans contre-pouvoir, forcément tenté par le totalitarisme. On ne l’appelle pas comme cela, mais la mondialisation économique  est attentatoire aux libertés : qu’est-ce que la liberté lorsqu’on n’a pas de travail, qu’on ne sait pas où loger, qu’on ne peut plus se soigner, que deux milliards d’humains sont malnutris, qu’on trafique de faux médicaments, de vraies armes et des enfants prostitués ? Qu’est-ce que la liberté quand une poignée de financiers décident de la vie de millions d’autres ? On ne les  appelle pas Politburo, ils sont polis dans leurs bureaux, mais carnassiers, ça oui, et pas franchement émus par la misère.  

 

L’histoire aurait pu se raconter ainsi :

Deux petits garçons se parlent de part et d’autre du  mur de Berlin.

Franz, celui de l’est : Mon papa a du travail et pas le tien, nana nè-reu.

Peter, celui de l’Ouest, va pleurer près de son père :

« Papa, papa, à l’est ils ont du travail !

-Oui mon chéri, mais nous, nous avons le capitalisme.

Peter se précipite vers Franz:

« Mon papa dit que le tien a du travail, mais nous, nous avons le capitalisme, nana nè-reu.

Franz va pleurer près de son père : « Pourquoi à l’Ouest ils ont le capitalisme et pas nous ? »

Le père lève les yeux de son établi : « T’en fais pas, mon chéri, un jour le mur tombera et on aura le capitalisme aussi.

Franz se précipite et lance à Peter : « Mon papa a dit comme ça qu’un jour on aura le capitalisme aussi, nana nè-reu.

Peut-être,  répond Peter, mais alors ton père n’aura plus de travail. »

 


OK, ça fait mauvais esprit un  jour de commémoration, mais c’est énervant que ce qui devrait être une fête de la liberté et de l’unité retrouvée devienne dans plusieurs commentaires une ode au capitalisme, vainqueur du communisme.  Au lieu de les opposer, un mélange de l’esprit d’entreprise (je dis bien esprit d’entreprise, pas spéculation financière) capitaliste et des lois sociales du communisme, ça aurait pu le faire, non ?  Ben non, apparemment.


Il nous reste à créer la société écologique, érotique et libertaire, pour laquelle ni le communisme ni le capitalisme ne semblent très doués.

 

 

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 19:41

En 1995, Bogota, capitale de la Colombie battait des records de criminalité (3365 personnes assassinées en un an) et de mortalité automobile (1400 tués), la pollution rivalisait avec celle de Mexico et les embouteillages rendaient les transports lents et épuisants. L’élection d’Enrique Penalosa à la tête de la ville en 1998, puis de Eduardo Gazon, tous deux membres du parti Vert, a radicalement changé la donne. Penalosa a enterré les projets d’autoroutes urbaines préconisées par des experts en développement japonais pour améliorer la circulation, au profit de pistes cyclables et d’une immense avenue piétonne. Avec les milliards économisés sur le budget des autoroutes, il a construit des écoles et des bibliothèques et financé un système de bus rapides peu polluants, le Transmilenio. Parallèlement, il a interdit aux automobilistes d’utiliser leur voiture aux heures de pointe plus de trois fois par semaine, et augmenté les taxes sur l’essence.  Rage des automobilistes, tollé des commerçants, un peu comme lorsque Bertrand Delanoë a multiplié les pistes cyclables et volontairement réduit la circulation automobile dans Paris.

Parallèlement, le maire considéra qu’essayer de concurrencer les pays riches sur le plan de la croissance et de la consommation, c’était aller à l’échec et donner aux Colombiens le sentiment qu’ils étaient pour longtemps des citoyens de seconde zone. « Au lieu de richesse matérielle, offrons leur du bien-être et du bonheur » se dit-il,  en favorisant les espaces publics de rencontre, la culture, l’éducation, etc. 

Résultat des courses :  trois ans après son arrivée à la mairie de Bogota, le taux d’homicides dans la ville avait chuté de 40% et continue de reculer (sans répression supplémentaire …) Même chose pour les accidents mortels de la circulation. Quant à la circulation automobile restante, elle s’est fluidifiée : plus rapide, moins de pollution.

Des histoires comme cela, il y en a des dizaines dans le Hors Série de « Courrier International d’octobre 2009 « LA VIE MEILLEURE Mode d’emploi » que j’ai enfin pris le temps de lire, profitant de mon immobilité. Pas des histoires de gentils écolos fermant les robinets- même s’il est préférable de le faire et d’éteindre la lumière en sortant d’une pièce J- pas de nouvelles technologies « vertes » ou de gadgets écolos : des histoires de gens qui prennent le temps d’analyser une situation, et de la transformer en s’attaquant aux causes. Parfois contraints et forcés : à Cuba, face à la pénurie alimentaire,  les cubains sont passés en une dizaine d’années d’une agriculture chimique, mécanisée, intensive et monoculturale (essentiellement canne à sucre et tabac) à une agriculture vivrière, biologique et proche des consommateurs. Avec à la clé la possibilité de l’autosuffisance alimentaire.

Partout dans le monde ça bouge : en Belgique, en Russie, en Chine, aux Etats-Unis, en Pologne, en Allemagne, au Danemark, au Québec, au Brésil,  avec des expériences pour transformer l’urbanisme et les relations humaines, réduire le gaspillage alimentaire, promouvoir le lien social et les économies d’énergie, repenser l’utilité et les objectifs du travail… Je n’ai pas encore tout lu, mais je cherche encore l’article sur LA réflexion globale en France et plus encore les réalisations qui en découleraient. Je suis sûre qu’il en existe, ça se voit sur la Toile, avec une profusion d’initiatives qui toutes vont dans le même sens : privilégier l’Etre et non l’Avoir.

Face à une crise plus morale qu’économique- car avec un comportement moral des acteurs économiques et financiers il n’y aurait pas de crise- il est suicidaire, ou au moins démoralisant de vouloir s’opposer de front au capitalisme financier. Un coup à prendre des coups sansaucun effet favorable. En revanche, lui tourner le dos, vivre « à côté » et autrement, c’est possible. Eloge de la fuite… Je me réjouis que la majorité des expériences décrites par « Courrier International » soient initiées par la mouvance écologiste, qu’on disait ringarde et utopique il y a seulement cinq ans Aujourd’hui, ces idées sont les seules qui font réellement avancer les choses. J’allais dire : « tout comme le Lutinage est la seule idée qui fait vraiment réfléchir à ce qu’est l’amour et à l’évolution des relations hommes/ femmes  dans un sens plus généreux et respectueux». Beaucoup de Lutins sont d’ailleurs proches des écologistes, il n’y a pas de hasard…


 

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 22:01


La réalité n'est que l'image que nous ous en faisons, ou, comme disent les bouddhistes, les choses sont plus difficiles par l'idée qu'on s'en fait que par ce qu'elles sont réellement. Voilà ce que je pensais en recevant ce message d'Andiamo à propos de mon billet sur la mort.

De : Andiamo
Envoyé : mardi 3 novembre 2009 10:50
À : Françoise
Objet : Envoi d'un message : la camarde bis-2


Bonjour Princesse.

Tiens regarde la gueule de la camarde... Ca donne envie non ?

Bises

 

 

Alors je lui ai répondu:  

 

De:                                   françoise

Envoyé:                           mardi 3 novembre 2009 12:03

À:                                    Andiamo

Objet:                              RE: Envoi d'un message : la camarde bis-2

 

Merci beau Prince pour ce beau crobard, mais la question demeure : pourquoi lui fait-on toujours une sale gueule, à la Camarde, alors qu’on pourrait l’imaginer en belle fille t’emmenant goûter des félicités éternelles et bien charnelles (pas la Vierge Marie, si tu vois ce que je veux dire :) )

Rôôbisous,

Françoise

JOUER AU MONDE http://fsimpere.over-blog.com
Alors il m'a envoyé ce dessin:

Je concluerai volontiers: "Elle est pas belle, la vie?"
Et pour d'autres crobards de l'Onc'Andiamo, une seule adresse "blogborygmes" (voir lien ci-contre), plus efficace que la vitamine C pour se réveiller le matin.
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Published by Françoise Simpère - dans EROS
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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 18:59

2 novembre, Jour des morts, profitons en pour en parler, puisque ce sujet concerne tout le monde, riche ou pauvre, homme ou femme, beau ou laid. Sauf que la mort, Coco, on en parle peu. C’est sujet quasi secret défense. Dans nos civilisations occidentales s’entend, parce qu’en Afrique, au contraire, comme me disait mon frère après 4 ans de Bénin et de fréquentation de villages reculés « ils s’occupent davantage des morts que des vivants. » Quant au culte des ancêtres en Asie, je ne vous dis pas… Mais en Occident… Il y a quelques années, avec un ami, j’avais proposé à un groupe de presse un projet de trimestriel tournant autour de la mort. Il possédait déjà des magazines pour les bébés, les petits, les écoliers, les lycéens, les adultes, les jeunes retraités, les vieux et les impotents. Ca me semblait logique de compléter leur collection. L’idée m’était venue quand une amie m’avait dit « je dois aller à un enterrement juif, est-ce que tu sais si on y envoie des fleurs ? »  Je n’en savais fichtre rien, et je m’aperçus alors qu’on est hyper ignorant de ce qui concerne la mort, les rites, les cultures, la loi … jusqu’à y être soi-même confronté.

J’ai raconté dans « Aimer plusieurs hommes » comment un copain de 16 ans (j’en avais 14 et demi) s’était noyé. Deux heures plus tôt, je riais avec lui. Cette expérience selon laquelle on n’est jamais sûr qu’une personne qu’on aime sera là le lendemain a sûrement été primordiale, fondatrice, dans ma vision de la précarité des choses et des êtres, et, paradoxalement, de l’éternité des sentiments puisque je n’ai jamais oublié ce garçon qui n’était pourtant même pas un amoureux, mais juste un bon camarade: "jamais au grand jamais son trou dans l'eau ne se referma". Il m'avait très tôt confrontée à ce fait mystérieux de la disparition irrémédiable. Je me souviens m’être dit avec une sorte de curiosité: « lui sait ce qu’est la mort », et avoir aussitôt compris que cette expérience universelle puisqu’on y passe tous, est indicible. Entre la vie et la mort, il n’y a que l’arrêt d’un souffle et la phrase rituelle « c’est fini » que prononce le médecin, le pompier ou tout autre témoin présent, sauf les proches qui n’y veulent pas croire et murmurent si souvent « ce n’est pas possible ». Il suffit de mourir - c’est tout simple, même les imbéciles y arrivent - pour être à jamais incapable de communiquer cette expérience. A l’inverse, aucun vivant ne devrait s’autoriser à préjuger de ce qu’est la mort. Il n’en sait rien.  

Qu’il s’abstienne de dire « c’est une belle mort » (ça veut dire quoi ?), « il (elle) n’a pas souffert » (qu’est-ce qu’il en sait, le vivant de service ?) « les plus malheureux sont ceux qui restent » (est-ce bien sûr ? Ce sont pourtant ceux qui restent qui iront, après les obsèques,  déjeuner ensemble et goûter cette chaleur toute particulière des retrouvailles familiales d’enterrement. Ce sont les vivants qui, quelques mois après, feront des projets de vacances ou vivront de belles amours…) Bizarre aussi cette certitude assénée par les prêtres selon laquelle le défunt a rejoint Dieu et connaît le bonheur de la vie éternelle… sans supposer une seconde que ledit défunt a pu mériter l’enfer ou au moins le purgatoire dont on nous a bassiné toute l’enfance pour nous faire peur au moindre péché véniel. Les morts, disait Brassens, sont tous de braves types, mais cette unanimité est bien agaçante à l’enterrement de certains dictateurs et salauds intégraux qui ont du sang sur les mains, le malheur de milliers de gens sur la conscience et qu’on bénit d’un goupillon oublieux.

Et puis d’ailleurs, qui sait ici-bas ce qui se passe après la mort ?  Par mesure d’économie ménagère, je pencherais volontiers pour la réincarnation qui évite qu’une âme ne serve qu’une fois, mais j’avoue n’avoir aucune certitude… Alors quand je mourrai, j’aimerais qu’on évite les lieux communs et que tout simplement on se souvienne des jolis moments de vie partagés.



 

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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 20:34

Dans la série documentaire « Empreintes » (France 5)  Elisabeth Badinter racontait combien elle avait reçu de lettres de femmes la remerciant d’avoir écrit que l’instinct maternel ne va pas de soi, qu’il n’est pas inscrit dans les gènes des femmes : « Elles me disent : vous m’avez déculpabilisée ».  Depuis « Aimer plusieurs hommes » et « Le guide des amours plurielles », quantité de femmes m’écrivent : « Merci d’avoir osé dire ce que je ressens (ou vis) depuis longtemps, vous m’avez déculpabilisée. » Quelle est donc cette culpabilité des femmes, pour qu’elles considèrent comme un péché de ne pas se conformer au modèle « féminin » dominant ?  Pour qu’elles n’osent pas s’affirmer, non pas en tant que « femme »- j’ai horreur des généralités sur « les femmes » ou « les hommes », mais en tant que personne libre de ses choix,  sans se sentir coupable ?

En fait, rien d’étonnant.  Un Gabonais analyste financier et fils de diplomate m’a dit un jour : « Malgré une intégration réussie, je n’oublie pas que durant des siècles ma couleur de peau a été considérée comme un signe d’infériorité, et il m’est difficile de me libérer de ce complexe d’infériorité, même aujourd’hui. » Idem pour les femmes, jugées inférieures, maléfiques, stupides, dangereuses et pis encore par des gens aussi intelligents que les scientifiques Claude Bernard, Linné, Pasteur… les philosophes Platon, Alain, Sartre, Deleuze, des hommes politiques de toutes les époques,  des hommes d’église, des journalistes, des écrivains… Les 2000 citations recueillies par Benoîte Groult dans un livre déjà ancien (« Cette mâle assurance », 1993) sont à cet égard stupéfiantes. La quantité de blagues sexistes sur Internet montre d’ailleurs que le filon est loin d’être épuisé.  

Je ne m’en indigne pas, ne crie même pas haro sur « les hommes », car à la différence de Patric Jean, auteur du documentaire « La domination masculine » http://www.ladominationmasculine.net/ ,je pense que toute domination s’appuie sur une servitude consentie, et en ce domaine d’autant plus consentie qu’elle émane de l’être censé apporter amour, délices et orgues.  Je constate un fait, c’est tout, mais il suffit que j’évoque le sujet pour entendre des remarques acerbes : « Y en a marre de tes attaques contre les hommes » ou qu’on me dise avec un rien d’impatience : « C’est fini, tout ça. Aujourd’hui les femmes sont libérées, elles s’assument à l’égal des hommes. »  C’est d’ailleurs le leit-motiv marketing des romans de poche ciblés sur les femmes : « des héroïnes jeunes, urbaines bien dans leur peau, aisées, actives et décomplexées avec les hommes ». 

Quand on regarde de plus près cette chick litt (« littérature pour poulettes », déjà, rien que l’intitulé…) que découvre-t-on? Des héroïnes assez hystéro, obsédées par leur apparence, dépensières comme pas deux, croqueuses de sexes mais avides du Prince Charmant qu’elles ne trouvent pas, piapiatant avec des copines aussi hystéro qu’elles, excepté la meilleure copine niaise et naïve qui met en valeur la nymphomane dominatrice … bref des nanas pour le moins antipathiques malgré l’humour des textes, notamment anglosaxons.

Textes souvent écrits par des femmes, qui participent donc au stéréotype selon lequel une nana libérée est forcément hystérique, obsédée par l’argent et les fringues, et nymphomane malheureuse en amour.  Gaffe les filles ! Pourquoi quitter un modèle dominant oppressant pour s’affubler d’un autre modèle aussi caricatural ! Pourquoi ne pas refuser les modèles et assumer tout simplement ses désirs, ses besoins, son énergie et sa tendresse sans référence  à son sexe ni à celui des hommes,  sans être soumise ni hostile, juste comme une personne humaine ?

 

 

Remarquable collection de portraits de personnes dont on peut ne pas partager toutes les convictions mais qui ont en commun  une intelligence évidente et assez de recul pour faire la part des choses.

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