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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 14:36

Dans les salles d’attente, on trouve des magazines périmés. Rien de tel pour évaluer ce qui défraie aujourd’hui la chronique à l’aune de ce qui l’a défrayée hier.

Au final, la grippe aviaire  a frappé davantage les plumes de canards, alias les journalistes, que les volatiles palmipèdes qui devaient en mourir.  Gageons que le ramdam autour de la grippe H1N1 nous paraîtra avec le recul- et même dès à présent- un vacarme médiatique, qui aura malheureusement coûté quelques centaines de millions d’euros, entre les spots TV, les colloques et l’achat de 94 millions de doses de vaccins dont la plupart nous resteront sans doute sur les bras, tout comme le stock de brumisateurs stockés en prévision d’une canicule 2004… qui n‘a pas eu lieu. D’ailleurs, pourquoi de coûteux brumisateurs alors qu’un gant de toilette humide rafraîchit parfaitement ?

Que sont devenus les engagements du discours de Toulon de novembre 2008, où NS jugeait indispensable que l’Etat intervienne dans l’activité bancaire y compris en prenant des participations dans le capital des banques, et affirmait vouloir sanctionner les dirigeants bancaires qui avaient failli ?

Qu’est devenue la fusion  UNEDIC/ANPE  en Pôle Emploi unique, présentée comme la voie vers plus d’efficacité ? Une usine à gaz au bord de l’explosion.  

A quoi ont servi les dizaines de lois votées depuis fin 2006 ? Plus de la moitié, y compris celles votées en urgence, ne sont pas appliquées, faute de décrets d’application.  

Quid de l’affaire de l’Arche de Zoé sur laquelle toute la lumière devait être faite car elle comportait bien des zones d’ombre ? Tombée aux oubliettes,  tout comme les peines de prison et amendes prononcées contre les protagonistes dont on ne sait toujours pas s’il s’agissait d’humanitaires quelque peu allumés, d’escrocs à l’adoption ou d’intermédiaires manipulés.

Dérisoire, le slogan « travailler plus pour gagner plus »  quand au rythme des licenciements actuels on serait bien content de simplement travailler comme avant pour gagner autant qu’avant. Oublié le dispositif d’heures sup’ défiscalisées et exonérées de charges, qui n’a pas amélioré d’un iota le pouvoir d’achat des français mais a creusé le déficit du budget et des organismes sociaux.

Quel bilan de la lutte contre la délinquance, sinon que le karcher et la tolérance zéro prônés en haut lieu n’ont pas empêché la violence et les incivilités de progresser, malgré une présence policière aussi voyante que pesante ? 

Et la démocratie irréprochable prônée par le candidat à la présidentielle NS ? En contradiction absolue avec la réforme de la justice qui supprime le juge d’instruction, confiant l’initiative d’ouvrir une enquête au Parquet, qui dépend du Ministère de la Justice. Quel bel outil pour enterrer les affaires gênantes alors qu’il aurait été si simple, pour suppléer la réelle solitude du juge d’instruction, d’instituer une instruction collégiale de magistrats indépendants.  

Quid des libertés publiques enfin, quand le refus de se prêter à un prélèvement ADN est passible d'une amende de 15 000 euros, autant dire dissuasive? Les tests ADN pour le rapprochement des familles immigrées ne seront pas appliqués, et NS lui-même les a estimés stupides et inutiles, mais il n’étend pas cette clairvoyance à tous.  On prélève à tout va, plus seulement sur les criminels sexuels ou le grand banditisme, mais chez les manifestants, les syndicalistes,  les empêcheurs de se résigner en rond…  Ca coûte très cher, ça ne sert à rien, on fiche des gens qui ne sont pas délinquants (manifester est un droit dans notre pays) mais cela relève d’un désir de contrôle quelque peu maladif.




Heureusement, pour se remonter le moral, on déniche aussi sous la pile de vieux, très vieux magazines people, ceux du temps où les frasques de Stéphanie de Monaco et les amours de Charles et Camilla (http://fsimpere.over-blog.com/article-7079356.html ) mettait de la légèreté et de la passion dans le protocole pesant des monarchies royales ou républicaines, transformant une princesse en chanteuse d’un improbable « Ouragan ». Aujourd’hui, c’est la chanteuse qui se prend pour une princesse.

 

 


 

 

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 09:49
Pas le temps d'écrire un billet. Alors, petit cadeau de lecture pour le week-end, un extrait de "Autres désirs, autres hommes" que j'ai relu il y a quelques jours, et que je persiste à préférer à "Des désirs et des hommes". Moins directement érotique sans doute, mais tellement plus subtil dans la découverte de ce qui nous trouble chez vous, messieurs... ou plutôt de ce qui me trouble chez vous, messieurs.

 

LEURS SALLES DE BAINS

« Veux-tu prendre une douche ? »

Phrase la plus intime de l’amour…. Leurs salles de bains révèlent tant d’eux-mêmes…

Leurs négligences : « Attention, la douche fuit à l’entrée de la pomme ».  Leur féminité, dans la multitude des gels douches aux fragrances de vanille ou de miel, de fleurs d’hibiscus là où l’on s’attendait à des senteurs boisées. Leurs manies, à la façon dont ils rangent ou ne rangent pas cet antre.

Découvrir sur leurs étagères les shampoings pour cheveux très fins ou colorés, les traitements antirides et les gels autobronzants discrètement dissimulés derrière leurs médicaments de base, eux aussi ont leurs fragilités et leurs obsessions hypocondriaques.

Retrouver chez des hommes différents les mêmes produits de soins peu connus,  les mêmes flacons d’huiles essentielles rares, et comprendre que l’attirance pour l’un ou pour l’autre, pour l’un et pour l’autre, ne doit rien au hasard.

Remarquer trois brosses à dents dans un verre, des produits de maquillage récents ou périmés et en déduire d’autres vies, familiale, amoureuse, territoires d’autres femmes installées là comme à demeure. Le célibataire endurci ne l’est pas tant que ça… 

Certains transforment leur salle de bains en impeccable show-room où les piles de serviettes, comme l’harmonie des couleurs entre étagères, linge de toilette et ustensiles divers racontent l’importance qu’ils donnent à leur corps et une part de leur sensualité. Ceux là aiment qu’on les surprenne au bain, qu’on penche la tête sur leur corps alangui dans la mousse, que nos mains se perdent sous l’eau, saisissent leurs bites comme un narguilé érotique à savourer à l’exacte température du bain, 33°,  qu’on les savoure longuement tandis qu’ils ferment les yeux et écartent les cuisses pour nous laisser glisser un ou plusieurs doigts savonneux en eux, qu’on les apaise de caresses pendant qu’ils éjaculent dans l’eau et regardent les gouttes de leur plaisir se mêler à la mousse de surface qui peu à peu finit de se diluer. Car ces voluptueux là, bien sûr, s’attardent dans la baignoire jusqu’à ce que leur peau frise.

Il est des salles de bains austères, réduites au minimum : une savonnette, un shampoing. Souvent le flacon est presque vide, retourné sur son bouchon pour récupérer les ultimes gouttes. C’est une pièce à tout faire, sauf l’amour, un bazar incroyable : litière du chat, bâtons de ski, emballages d’ordinateurs, magazines périmés… où surnage parfois, insolite, la fragrance d’une eau de toilette de marque, seul luxe de cette virile frugalité. Ces hommes là ne vous tendent pas au sortir de la douche une serviette propre soigneusement sortie d’une pile impeccable. Depuis la cuisine, ils vous crient de prendre la leur, ou leur peignoir, « oui, le bleu, celui qui est suspendue à la porte… » Et de vous vautrer dans l’étoffe qui a touché leur dos, leur ventre, leur sexe et leurs fesses tandis que vous-même frottez votre dos, votre ventre, votre sexe et vos fesses, c’est comme si vous mêliez vos deux intimités, pénétriez un  fragment inconnu de leur vie, celle qu’ils mènent lorsque vous partez.


Et puis il y a parfois au–dessus de la baignoire un fil, sur lequel sèche une robe de fillette ou un tee-shirt taille 12 ans. Ces salles de bains là parlent de la solitude des pères divorcés qui d’un week-end à l’autre, d’une vacance à l’autre, s’essaient à être de bons pères, des pères- mères câlins, sévères, ils ne savent plus trop. Cette solitude que ne comble aucun plaisir de femme, aucun nouvel amour.

Depuis longtemps ils savent que ceux-ci peuvent exploser en vol comme une bulle de savon,  laissant le père esseulé collectionner le moindre dessin d’enfant et pleurer parfois en sortant de la machine à laver le tee-shirt taille 12 ans. Pleurer, seul, dans sa salle de bains.

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 13:02

« L’employée de France-Telecom s’est défenestrée. Elle venait d’apprendre qu’elle changeait de chef de service ».  Dit comme ça dans les journaux, ça semble invraisemblable, ou alors un cas d’espèce, une dépression foudroyante et imprévisible. Sauf qu’en dix-huit mois, 23 personnes se sont suicidées à France-Telecom. Sauf que ça n’avait rien d’imprévisible puisque sort ces jours-ci aux éditions la Découverte une enquête « Orange stressée, le management par le stress  à France Telecom » qui révèle l’importante consommation d’anxiolytiques dans l’entreprise, les arrêts de maladie longue durée cachant souvent des dépressions, l’augmentation des démissions et les suicides. Le management par le stress, selon l’auteur Ivan du Roy a été érigé en système permettant de pousser à la démission des milliers de salariés jugés en surnombre. Ecrit comme ça, ça semble invraisemblable, les entreprises ne sont pas aussi cyniques, tout de même ! Ben non, c’est tout le système économique qui l’est. Un système qui a érigé en loin d’airain  la guerre économique nationale, internationale, mondiale et la compétitivité au service du profit maximum dans un temps minimum, au profit de quelques-uns, au détriment de milliers d’autres, en oubliant que l’économie devrait juste être la gestion des ressources de notre belle planète pour subvenir aux besoins et aux désirs de l’ensemble de ses habitants… et des générations futures.

Alors dans ce système où les winners, les durs, les performants sont à l’honneur, quid des fragiles, des rêveurs, des plus lents, des poètes, des handicapés ?  Ils sont là, effondrés de ne pas arriver aux objectifs qu’on leur affecte ou alors épuisés d’y arriver en forçant leur nature qui n’est pas anormale, mais simplement pas dans la norme imposée.  Niés dans leur spécificité, dans leur façon d’être, dans leur droit à l’être. Niés dans leur droit à dire « ça va trop vite » « je suis fatigué » « j’en ai marre ».

Essayez donc d’arriver le matin dans une entreprise où chacun se fait la bise ou se serre la main : « Salut, ça va ? » « Ca va ! » Essayez donc de dire « Ca ne va pas », pour voir. Je l’ai fait parfois.  Entre le « Ah bon ? » indifférent, le « C’est dur pour tout le monde, tu sais » agacé, ou- les plus nombreux- qui s’éloignent sans rien dire comme s’ils n’avaient pas entendu, la cause, elle, est entendue. Exprimer un état d’âme fragile dans un  monde de brutes, c’est passer pour impudique ou emmerdeur. « Never complain, never explain » : la fameuse formule britannique des gens bien élevés qui trouvent mal élevés les états d’âme est sans doute à l’origine d’un bon nombre de suicides.

Il faut une énergie peu commune pour résister à cette brutalité sereinement et construire sa bulle de douceur dans son coin en espérant qu’elle se propage.  La rébellion exige presque autant d’énergie. Reste, pour ceux qui se sont épuisés, l’autodestruction. En France, avec la plus forte consommation mondiale de psychotropes, 12 000 suicides et 100 000 tentatives par an,  on a de quoi se poser des questions sur la fraternité de notre devise nationale, la liberté et l’égalité étant déjà sérieusement battues en brèche.

 

 

 


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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 18:41

Et qui veut casser l’écologie caricature le principe de précaution en l’amalgamant à des mesures absurdes. 

Pour mémoire, le principe de précaution s’applique à des technologies ou des produits dont les risques n’ont pas été évalués, et dont la dissémination hâtive à grande échelle pourrait avoir de graves conséquences.

On peut être opposé aux OGM- c’est mon cas- parce qu’ils coûtent cher, n’ont pas fait la preuve d’un quelconque intérêt pour le consommateur et servent principalement à enrichir les semenciers et à rendre les agriculteurs dépendants de ces derniers. 
En revanche, exiger un principe de précaution à propos des OGM  ne signifie pas qu’on y soit opposé.  Cela signifie qu’il eût fallu étudier les effets des OGM en milieu clos sans dissémination des graines ni risque de propagation d’effets nocifs, et qu’au terme de ces observations on aurait pu savoir s’il était possible de les cultiver sans risque à grande échelle. On a fait l’inverse et le risque, si risque il y a, est à présent quasi irréversible…

Autre exemple: on ne connaît pas exactement les effets des ondes sur la santé et l’environnement mais on a déjà identifié des personnes hypersensibles qui développent des maladies ou des troubles fonctionnels lorsqu’elles y sont exposées.  La moindre des choses aurait été de vérifier les risques sur des cellules  et/ou des animaux AVANT de répandre partout la téléphonie mobile.

Le principe de précaution est une démarche scientifique : quand on ne sait pas, on cherche à savoir, et éthique : quand on soupçonne un éventuel risque, on fait gaffe avant de le faire courir à des millions d’individus..

En revanche, ne sont pas le principe de précaution :

-la prévention de la grippe A H1N1. Ici, pas d’inconnues : on a identifié le virus, on sait qu’il a une mortalité comparable à toutes les grippes saisonnières, mais qu’il est plus contagieux que les virus des années précédentes.  D’où l’intérêt de barrer la route à la contagion. Mesures d’hygiène et non principe de précaution.

-le vaccin de cette grippe, en revanche, mériterait un principe de précaution, car on le fabrique avec une rapidité qui ne permet pas d’en évaluer correctement  l’efficacité, ni les effets indésirables. Ce vaccin cultivé sur des œufs est susceptible de provoquer des réactions chez les intolérants à l’albumine, et s’il est administré à grande échelle, les risques de réaction seront logiquement multipliés. De plus, la grippe n’étant pas en soi gravissime, il suffit d’isoler la majorité des malades au chaud et au sec pendant une semaine avec un peu de paracétamol et de la vitamine  C pour en venir à bout avec un minimum de risques de contagion et de surinfection.  Vacciner relève du soutien à l’industrie pharmaceutique et non du principe de précaution.

- N’avoir pas interdit l’amiante  avant les années 90 alors que sa nocivité était connue depuis 50 ans était du cynisme économique : le risque était connu et évalué, mais qu’importe de sacrifier quelques milliers de travailleurs si le marché de l’amiante rapporte plus que ne coûtent les malades. C’est le même principe que m’avait asséné un célèbre cancérologue quand je m’étonnais qu’on se préoccupât plus de traiter les cancers que de les éviter (notamment par le dépistage et la prévention) : « Chère madame, dites-vous bien que les cancers font vivre plus de gens qu’ils n’en tuent… »


-Interdire la baignade en rivière dans certaines communes sous prétexte que se sont produits des noyades cet été ne relève pas du principe de précaution : le risque de noyade est connu, et il ne concerne pas une population à grande échelle mais quelques individus à qui il appartient d’être prudents. L’interdiction relève de l’infantilisation des populations- fais pas ci, fais pas ça, mouche ton nez dans ton bras- et de la crainte des élus locaux de se voir mettre sur le dos une lourde responsabilité en cas d’accident sur leur territoire.


Exiger du moindre accompagnateur de balades qu’il soit titulaire d’un diplôme de guide de randonnée ne relève pas du principe de précaution pour les mêmes raisons que ci-dessus, mais du mépris des gouvernants qui jugent les citoyens a priori stupides et irresponsables, du goût de la soumission pour ceux qui ne savent plus faire un pas sans moniteur diplômé, de la stupidité pour ceux qui veulent « faire le Mont Blanc » en baskets et débardeur mais exigent un encadrement professionnel pour satisfaire leur caprice.


Conclusion : le principe de précaution, scientifique, éthique et responsable est rarement appliqué là où il devrait l’être quand la rentabilité économique est en jeu, et souvent dévoyé de sa signification réelle pour assujettir l’individu. (et accessoirement provoquer un rejet des idées écologistes).

Gare aux contrefaçons : exigez le vrai principe de précaution et refusez les imitations liberticides et infantilisantes.

 

 

 

 Désolée d'être si sérieuse, mais entendre des journalistes parler de principe de précaution à chaque loi sécuritaire m'insupporte tant c'est de la désinformation.

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 14:18

L’artiste  m’avait invitée dans son atelier. J’appréciai ses œuvres baroques et joyeuses, le dîner qu’il avait pris la peine de cuisiner pour moi et sa conversation. Bref, tout semblait aller pour le mieux, quand il s’écria : « Je te trouve super ! J’espère qu’on va niquer  ensemble parce que tu es vraiment super. » Trois fois au moins il exprima cette envie de niquer. Palsambleu ! Je déteste les mots « forniquer » et « niquer » qui ont pour moi des relents de péché et d’urine, ne me demandez pas pourquoi, c’est comme ça, les méandres de ma libido me surprennent encore. Du coup, elle s’affaissa comme une meringue mal cuite dans un soupir: « Euh, il se fait tard, je vais rentrer chez moi. » L’artiste fût parfait, me raccompagnant jusqu’au RER et m’appelant une demi-heure plus tard pour s’assurer que j’étais bien arrivée Je me sentais confuse de lui expliquer le lendemain que son insistance à me parler de « niquer » m’avait refroidie.  Mais ne le fût plus du tout quand  ce coup de fil signa la fin de cette rencontre.  Pour l’artiste, c’était « niquer » ou « rien du tout ».

Tout récemment, parlant à un ami du site www.polyamour.info , je l’entendis s’exclamer : «C’est le genre Meetic, un bon site pour tirer ? ». Il me raconta que sa fréquentation de Meetic s’était soldée par un nombre appréciable de « coups » mais peu de vraies rencontres, et ne me crut pas quand je lui assurai que sur polyamour, c’était l’inverse. Pourtant, c’est la vérité.

Les Lutins et Lutines ne sont ni chastes ni prudes, au contraire, mais ils ont tellement apprivoisé le sexe que celui-ci cesse d’être « le » critère d’appréciation de la séduction. Conclure ou pas conclure n’est plus la question : ils savent qu’ils le feront s’ils en ont le désir réciproque, qu’ils ne seront pas obligés de réitérer à chaque rendez-vous, qu’ils pourront partager non seulement de beaux et francs coïts (coït vient du latin co-ire : aller avec, c’est charmant, non ?) mais aussi des sourires, des massages, des jeux érotiques ou non, des fantasmes, des plaisirs de bonne chère et de vins, des discussions sur la vie, la mort, les espoirs et les désillusions, sur l’amour aussi.

Une telle liberté relationnelle est  rare. Dans quels dîners d’amis se sent-on assez en confiance pour exposer sa vie intime ou proposer un massage à celui qui est fatigué? Les filles encore, c’est connu, se racontent leurs plaisirs et leurs chagrins d’amour. Les mecs entre eux, rarement… sauf entre lutins. Comme si le fait de ne plus chercher à être le seul, le vrai l’Unique d’une femme les délivrait de l’éternelle compétition des mâles et leur permettait de parler enfin de l’intime. Avec un plaisir évident, si j’en crois ce que je lis sur le site et les lettres que je reçois.

Les Lutins et Lutines se délivrent de l’angoisse : « niquer or not niquer » parce qu’ils savent que cela vient tout  seul quand la situation s’y prête et que si cela ne vient pas ou ne vient pas tout de suite ce n’est pas grave. Cette joyeuse confiance faite à la vie et à eux-mêmes, qui les rend joyeux, légers, attentionnés mais pas pots de colle (adjectifs déclinables au féminin pour les Lutines)  explique sans doute leur charme…

La chute de l’indice Niqué, paradoxalement, entraîne une hausse de la valeur des bourses.

 

 

 

Il y a pile un an, Lauranne et moi nous envolions vers l'Australie pour un long périple. Nostalgie, nostalgie... et une chanson pour vous la faire partager:

 YouTube - AUSTRALIA IS ANOTHER WORD FOR FREE


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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 00:09

Un gus ayant élevé seul ses enfants, demande à bénéficier de trimestres validés supplémentaires pour sa retraite, comme les mères. La cour européenne lui donne raison au nom de l’égalité homme/femme/ Du coup, voilà qu’il semble urgent à nos chers législateurs de pondre un texte sur la question. Sans s’aviser que l’homme dont on parle est une exception. Or, légiférer sur l’exception, cela équivaut à faire une loi à partir d’un fait-divers, sans tenir compte de la réalité des choses.  Et cela engendre des effets pervers, pépère !

Donner à tous les pères des trimestres supplémentaires pour leur retraite sous prétexte d’égalité hommes/femmes est absurde. Ces trimestres sont destinés à compenser le retard professionnel imposé aux femmes par les grossesses et par le fait que  la charge des enfants leur incombant majoritairement, leur carrière en pâtit tant au niveau de la promotion que des salaires. Or, jusqu’à preuve du contraire, les femmes subissent toujours les grossesses, les accouchements, le post-partum, et les remarques insidieuses des employeurs qui se méfient des salariées jeunes « parce qu’elles vont être tout le temps en congé de maternité ».  Tout le temps, ça veut dire en moyenne deux fois dans leur vie, mais le mythe demeure.

Question élevage, la dernière enquête officielle montrait que les femmes consacrent 2,4 fois plus de temps que les hommes aux taches ménagères, dont 3,3 fois plus de temps aux soins des enfants (ce chiffre va à l’encontre des idées reçues selon lesquelles les pères sont aujourd’hui aussi impliqués que les mères dans l’éducation de leurs rejetons). Comme me disait un cadre dynamique à une réunion de parents d’élèves quand je parlais de la nécessité de s’occuper des enfants pour leur donner des limites et du savoir-vivre : « Vous avez bien du temps à perdre, madame. Moi, quand je vais travailler, ils dorment encore, et quand je rentre, ils dorment déjà ! »

Encore, s’agit-il de couples. Mais quand ils se séparent, qui élève seul(e) les enfants ?  Les femmes, à une écrasante majorité. Prenez Nicolas Sarkozy : il divorce une première fois, ses fils sont élevés chez leur mère. Il divorce une seconde fois : Petit Louis – pauv’ gosse, jusqu’à ses 50 ans on l’appellera  petit Louis- est confié à Cécilia. Ce serait tout de même extraordinaire, comme il dirait, qu’on lui valide des trimestres supplémentaires pour ses trois enfants !  

En fait, la question n’est pas là. Cette histoire de trimestres est juste l’occasion de réduire le coût des retraites en supprimant ou limitant cet avantage pour les femmes. Et en le faisant au nom de l’égalité Homme/femme, principe que nul n’osera évidemment contredire !

Mais si l’inégalité homme/femme est vraiment la préoccupation d’un gouvernement par ailleurs majoritairement masculin, pourquoi ne s’attache-t-il pas d’abord à faire respecter les lois existantes ?  Entre autres, la loi sur l’égalité professionnelle qui interdit les discriminations salariales fondées sur le sexe. Loi inappliquée puisque l’écart des salaires entre hommes et femmes, atteint toujours 20 à 25% selon les secteurs.

Personnellement, je trouve que les lois sur l’égalité ou la parité font un peu « protection d’espèce en péril ». Je rêverais que les femmes aient naturellement les mêmes droits que les hommes sans qu’il soit besoin de lois pour l’imposer. Hélas, force est de constater que les lois qui cherchent à rétablir un semblant d’équilibre entre hommes et femmes ne sont même pas appliquées,alors que nos députés- majoritairement masculins- considèrent comme une urgence cette histoire de trimestres de retraite en plus pour les hommes, à partir d’un cas d’espèce rare !  

Alors les filles, faites gaffe ! Vous croyez que tout va bien dans le meilleur des mondes féministe  et que vous êtes libres et égales à vos compagnons ?  Que nenni : il suffit d’un rien de non-vigilance pour que vous perdiez ce que vos mères ont obtenu par des années de lutte.

Alors si vous  n’êtes pas friandes de manifestations ou de pétitions, FAITES LA GREVE DE LA PROCREATION puisque cette loi parle d’enfants : cela fera du bien à notre planète surpeuplée, et du mal à l’industrie de la couche-culotte, des petits pots, des landaus, des vêtements d’enfants, des céréales de petit-déjeuner, des jouets, des médicaments, des vaccins, des cahiers et des crayons, des cartables, des chaussures qu’il faut changer tous les six mois parce que leurs pieds grandissent, des bonbons, des dessins animés…. Putain, quel gouffre financier, les gosses !!! Une grève comme ça, c’est 2 points de croissance en moins, de quoi prouver qu’élever des enfants est une activité économique majeure et  faire capoter le plan de relance !  

Et même FAITES LA GREVE DU SEXE, ça mettra les hommes dans la rue pour réclamer qu’on ne touche pas à vos retraites et qu’on augmente vos salaires. En Grèce ancienne, Lysistrata, héroïne athénienne imaginée par Aristophane, lassée de la guerre entre Sparte et Athènes avait convaincu ses copines de se refuser aux hommes tant qu’ils feraient la guerre. En une semaine, le conflit était terminé.

Sur ce, je vais éternuer et me moucher dans mon bras, comme le recommandent les spots TV contre la grippe H1N1.  C’est un peu dégueu, non, surtout que si on vous recommande de jeter votre mouchoir en papier, on ne vous dit pas de jeter votre bras morveux. Ca va être gluantissime bientôt dans le métro…

 

                          Merci aux bébés de la famille pour leur aimable participation à ce billet

 

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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 22:13

 Un jeudi comme tant d’autres, qui rend maussade Isabelle.  Rentrée des classes mardi prochain, déjà, et le train-train à nouveau pour un an.  Se préparer le matin, avaler le petit déjeuner en répondant distraitement au mari qui cherche ses clés, prendre la voiture pour conduire les enfants à l’école. Embouteillages, France-Info, petite bruine sur le pare-brise… Il y a quinze ans, elle se levait à point d’heure,  elle allait à la fac… ou pas, elle rêvait avec Bruno de voyages lointains et de rencontres mirifiques, ils avaient l’insouciance, le goût de faire l’amour ailleurs que dans un lit…

Tout ça pour ça : chaque jour le trajet entre la maison et l’école, faire les courses parce qu’il n’y a plus rien dans le frigo, ménage, courrier, tout l’après-midi sans parler à personne, puis préparer le dîner,  regarder le journal télévisé, se disputer avec l’aîné qui a ramené un avertissement du collège,  avec la cadette qui laisse tout traîner, entendre les jérémiades du mari dont le patron est un foutu connard et se coucher pas trop tard parce que demain il faut recommencer la même chose, avec le sentiment que désormais plus rien d’essentiel n’arrivera. Elle se contentera de vieillir …

Une voix lancinante lui répète : « Tu as tout pour être heureuse et tu es insatisfaite ? Attends un peu qu’il t’arrive quelque chose de grave, un enfant malade, un accident… » L’idée d’une justice immanente pour celles qui ne rentrent pas dans le moule reste vivace : « Sois sage, sinon… » Et elle culpabilise de n’être pas heureuse. Elle n’est même pas malheureuse, hélas !  Le malheur, c’est vif, ça saigne, ça rend intéressant. La gloire et la fortune aussi. Elle dévore les pages « people » des magazines et envie ces vedettes qui mènent des existences pleines de luxe et de fureur, de divorces, d’aventures.  Des vies qui pulsent et font du cœur autre chose qu’une pompe à envoyer du sang jusqu’aux orteils. Sa vie à elle est linéaire. Comme un électroencéphalogramme plat.  Mortelle en somme.

Bruno n’en souffre pas. Apparemment. Si ce n’est qu’il ne rit plus comme avant, qu’il ne fait plus le con comme avant, qu’il essaie toujours de lui démontrer qu’il y en a de plus malheureux qu’elle quand elle a le cafard, quand elle trouve le monde fou, qu’elle n’y peut rien à part s’énerver. Comme si elle était débile… Comme s’il avait pris définitivement son parti du sérieux de la vie.  « Les couples, ce qui les tue, ce n’est pas de se tromper ou de se déchirer, lui dit un ami fraîchement divorcé, c’est de ne plus jouer ensemble. »

C’est cela, elle a envie de jouer.

Elle parcourt le journal. Faits-divers à la Une.  Tout à coup lui vient une idée. …

Le soir, en rentrant du bureau, Bruno ne trouve pas Isabelle. Ni les enfants.  A 23h, il prévient les autorités.  Disparition inquiétante.  Des hélicos scrutent chaque buisson, les gendarmes sont à l’affût du moindre indice. La photo d’Isabelle et des enfants passe au JT. de 20h.  Des témoins : « Joseph, voisin retraité » « Michèle, amie de lycée » viennent à l’antenne raconter la vie d’Isabelle et combien cette femme était- ils en parlent déjà au passé- formidable, et jolie, et même qu’on la croyait sans histoires, quelle histoire quand même. La France entière se passionne pour cette jolie blonde,  elle est partagée entre l’envie d’un dénouement heureux et le désir plus trouble d’une fin tragique : drame familial, trois cadavres trouvés dans le congélateur de Bruno qui avoue : « Ma femme toussait, j’ai eu peur de la grippe H1N1, alors j’ai préféré éradiquer le virus par le froid ».  Ou alors : « Le Iphone de mon fils a explosé alors qu’il envoyait un texto à un ami arabe,  sûrement un attentat, il est mort sur le coup. Pas l’Iphone, mon fils. J’ai eu peur qu’on m’accuse de maltraitance, de n’avoir pas respecté le principe de précaution depuis deux jours qu’on parle de ces accidents, alors j’ai préféré en faire disparaître toute trace. »  La France entière vit par procuration un drame formidable. …

Pendant ce temps Isabelle et ses enfants, sac à dos et tente légère, font la fête comme des ados- comme l’ado qu’elle sent toujours en elle- au festival Rock en Seine  (28 au 30 août 2009, Parc de Saint-Cloud)

C’est une aube violette sur la prairie. De la brume. La soirée s’est terminée très tard, les musiciens n’en finissaient pas d’enchaîner leurs morceaux, d’autres grimpaient sur scène, se joignaient au groupe programmé, délire de fin de concert, la fatigue croissante piquait les yeux autant que la fumée, bonne fatigue qui ennuage  le cerveau. Les derniers spectateurs n’ont pas eu le courage de partir, certains sont allés dormir dans leur voiture, d’autres ont sorti des duvets, des couvertures et se sont assoupis sur place dans le vacarme des derniers soli. Leurs yeux lourds se fermaient, ils se sont endormis avant le démontage de la scène, les machinistes emportaient les enceintes, enroulaient leurs câbles et transportaient le matos aux camions en enjambant les corps. ..

A l’aube naissante, on se croirait après la guerre. Des corps partout. L’herbe est humide de rosée, (elle) y marche pieds nus, elle regarde les jeunes gens enlacés,  des filles et des garçons, des garçons ensemble, ils sont dans tous les sens, certains à deux dans un seul duvet, d’autres tête bêche ou transversaux, la tête de l’un reposant sur le ventre de l’autre. Ils sont beaux, sereins, leur peau est douce. L’un dort seul, un sourire léger aux lèvres, dans son sommeil il doit rêver. Lola pense au dormeur du Val, deux trous rouges au côté droit. Elle se penche pose sa tête à quelques millimètres de la bouche du dormeur. Il respire. »

(Ce qui trouble Lola)

Le lundi, Isabelle revient, à temps pour la rentrée. Elle a le sourire aux lèvres en consultant les coupures de journaux qui parlent d’elle et se dit que pour exister il faut parfois disparaître.

 

 

 

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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 10:07

  … pas forcément les « grands » événements de la vie, pas forcément  Amour, Gloire, Fortune et Beauté, mais plutôt des instants fugitifs, des sensations. Qui donnent un mélange de plénitude et de jubilation et le sentiment que la vie vaut la peine d’être vécue.  Pour moi, et la liste est loin d’être exhaustive, c’est :

1. Quand j’écoute de la musique seule dans un bar, la nuit, dans une ville inconnue.

2.Quand je n’ai plus eu peur de l’eau, après 32 ans d’aquaphobie.

3. Quand au milieu de la baie d’Along dans une barque, avec un jeune vietnamien qui me décortiquait des crevettes, je me suis dit « Tu en as rêvé, tu l’as fait ! »

4.Quand mon manuscrit « le jeune homme au téléphone » a été accepté.

5.Quand une heure après la naissance de chacune de mes filles, j’ai réalisé qu’elles avaient « une heure », un âge exceptionnel !

6.Quand je regarde ces mêmes filles, adultes, et que je n’en reviens pas.

7.Quand j’ai plongé trois fois en apnée pour une charmante turlute sous-marine.

8. Quand mon père si sérieux m’a dit : « Je t’aime bien parce que tu me fais rire. »

9. Quand j’ai vu le « Belem » suspendu entre mer et brume dans le ciel de l’île de Groix, comme un vaisseau fantôme…

10.  Les « je t’aime » rares et partant si précieux que m’ont dit quelques-uns.

11. Quand je marche sur la plage et regarde mes orteils pousser l’eau et laisser leur empreinte sur le sable mouillé

12.  Après 36h de tempête d’équinoxe en voilier,  sans manger ni dormir, quand on a pris une douche chaude et couché dans des draps secs

13.  Quand le 10 mai 1981 le visage de François Mitterrand est apparu sur l’écran et que j’ai entendu un couple de vieux pleurer de joie, puis entonner « le temps des cerises ».

14.  Quand j’ai retrouvé un homme un an après notre rupture, parce que je savais que notre histoire n’était pas terminée… et qu’elle dure toujours

15.  Quand j’ai embrassé ma mère arrivant à 2h du matin à Serifos, épuisée mais ravie d’avoir pris seule l’avion, le bus et le ferry.

16.  A Serifos encore, après des semaines de salade grecque et tzatziki, quand un français m’a conviée à bord de son voilier pour partager avec ses 7 copains des œufs en meurette et du vin de Bourgogne.

17.  Certains moments de confidences en tête-à-tête.

18.   Quand je me pose au calme, seule ou avec quelqu’un que j’aime, avec de la musique et des bougies parfumées

19.  Les levers de soleil après une nuit à la belle étoile …

20.Quand j’ai osé des choses dont je ne me croyais pas capable

21.  En 1998 en Australie, quand j’ai vu pour la première fois un ornithorynque.

22. Quand je déguste un café frappé au Pirée à 4h du matin, après une nuit de ferry.

23.Quand j’écris un livre et que tout à coup j’ai le sentiment qu’une phrase transmet exactement ce que je souhaitais exprimer.

24.Quand je sens une odeur de figuier ou d’hélichryse italienne.

25. Quand je roule à vélo et que des lapins me regardent sans s’enfuir.

Quand je trie des photos et me réjouis d’avoir vécu tant de choses heureuses. (Il est vrai qu’on photographie rarement les moments malheureux :) )


 


 

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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 11:25

La femme avait un poids stable, grâce à une alimentation équilibrée et une activité physique qui brûlait ce qu’il faut de calories. Rassurée quant à sa nature de « mince », elle décida de s'octroyer 1 biscuit au chocolat par jour, qui lui apportait à peu près 40Kcal supplémentaires, une paille[1]. Sauf que cela fait 14 600 Kcal au bout d’un an, soit 1,6kg de graisse. (1 gramme de graisse= 9 Kcal)  Prendre 1,6kg en un an, c’est quasi invisible. Mais au bout de dix ans, la dame avait pris 16 kilos sans comprendre comment! Le nutritionniste qui m’a raconté cette histoire concluait : "Mieux vaut quelques orgies ponctuelles de sucres et de graisses que l'ingestion quotidienne d'un petit gâteau..." Mieux vaut un choc psychologique ponctuel que des petites agressions quotidiennes qui détruisent la santé, mais nous admettons ces dernières parce qu’elles semblent au départ indolores.

Il y a plus de trente ans que les écologistes dénoncent les abus d’engrais et pesticides dans l’agriculture. Au début, ces produits étaient utiles. Mais bientôt, la publicité et les modes d’emploi qui les garantissaient « sans risques » ont poussé les paysans à augmenter les doses, sans davantage d’efficacité, au contraire. Ces produits ont pollué les sols et les eaux de substances toxiques. Il y a des années que les Bretons boivent de l’eau en bouteilles, parce que leur eau du robinet est régulièrement impropre à la consommation, comme dans les pays pauvres.

Il y a des années que les algues vertes prolifèrent sur les côtes bretonnes à cause des excès de l’agriculture intensive, mais cela restait indolore. Pas très esthétique, parfois un peu nauséabond, mais quand on est habitué à l’odeur de lisier des porcheries, on supporte tout. Sauf qu’après tant d’années où certains tiraient en vain la sonnette d’alarme, voici que les algues se révèlent toxiques, voire mortelles en raison de l’hydrogène sulfureux qu’elles dégagent en se décomposant.

Réaction du gouvernement : il va prendre en charge le nettoyage des plages ! C’est-à-dire les dégâts causés par un mode de production agricole dont on sait depuis des années qu’il faut en changer. Mais remonter à la racine du mal et l’éradiquer, pas question, ce serait remettre en cause tant de convictions productivistes et tant d’intérêts financiers !

Ce n‘est pas une surprise : quand la crise financière a éclaté, les gouvernements ont financé le « nettoyage » des pertes bancaires les plus voyantes, mais pas question de toucher au système qui a mené à cette gabegie.

Il y a des coupables directs, que tout le monde identifie. Et des responsables indirects : nous tous qui acceptons peu à peu des altérations inacceptables de notre qualité de vie, que ce soit au niveau sanitaire, social ou humain.

Entendu cette belle citation- dont je ne connais pas l’auteur, si quelqu’un sait ?- : « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux, bien plus nombreux, qui regardent faire le mal sans réagir. »

 

 



[1] A ce propos, une étude citée par la Canard Enchaîné dit que Actimel fait grossir à cause des probiotiques qu’il contient, qui seraient des facteurs de croissance. Peut-être, mais il y a aussi le fait que ce produit est très sucré, et que certains, croyant se faire du bien, en avalent un par jour !

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 13:10

C’était en 2004, visite médicale du travail : « Bonjour, comment allez-vous ?  - Bien, et vous ? »  Le médecin, une femme cordiale à la belle voix de basse[1] s’étonna : « Vous allez bien ? C’est rare dans votre entreprise » et elle poursuivit, pensive : « Je ne comprends pas ce qui se passe dans ce groupe de presse. Vous avez un métier intéressant, des horaires corrects, des salaires de bon niveau, des avantages annexes (cadeaux, voyages, invitations) et pourtant je constate un taux anormalement élevé de troubles du sommeil, syndromes dépressifs, cancers, maux de tête... Vous avez une idée ? »

« Oui. Les salariés du groupe souffrent du manque de considération. Quand les ventes des magazines progressent et que la publicité rentre, la Direction trouve cela normal et nous n’en avons aucun remerciement, aucune gratification, aucun compliment. Mais au moindre signe de baisse de l’activité, c’est « tout le monde sur le pont et on cherche des coupables ».

Est-ce français, cette manie de pointer ce qui ne va pas plutôt que de s’appuyer sur ce qui va pour stimuler les gens ? Dès l’école- en tout cas quand j’y allais- les bulletins soulignaient en rouge les notes sous la moyenne, mais les très bonnes notes ne bénéficiaient d’aucun signe de reconnaissance. Les appréciations pointaient les faiblesses, pas les points forts.

Il y a quelques années, j’ai fait un reportage dans une école primaire publique qui accueillait des enfants autistes. Ils avaient un instituteur et un éducateur spécialisés, et étaient aussi pris en charge par des élèves volontaires pour être leurs tuteurs. Outre que les autistes avaient fait des progrès remarquables, on découvrit que les tuteurs, notamment ceux qui étaient en difficulté scolaire, travaillaient mieux eux aussi. Je demandai à l’un d’eux comment il l'expliquait. Avec un large sourire, il répondit : « Grâce aux autistes, je ne suis plus le plus con ! »  OK, la formulation est un peu abrupte, mais révélatrice. Tant qu’il se vivait comme un crétin, il ne bossait pas, s’en croyait incapable. En se sentant valorisé face aux autistes et parce qu’on lui avait fait confiance en lui en donnant la responsabilité, ses capacités s’en trouvaient stimulées.

Dans un ouvrage célèbre, Peters et Waterman montrent la primauté du renforcement positif. On constate que les entreprises les plus performantes renforcent chez leurs employés le sentiment d’être des gagnants plutôt que des perdants. Selon Peters et Waterman " les signes de reconnaissance positifs font plus que modeler le comportement, ils sont aussi un enseignement et mettent notre propre image en valeur ".

Hélas, à l’heure actuelle, je vois de plus en plus de jeunes diplômés, motivés, à qui on propose des jobs- ou des stages-  mal payés, voire pas payés du tout.  On les fait trimer jusqu’à plus soif au mépris du droit du travail que de plus en plus de chefs d’entreprise considèrent comme un carcan ou une aimable plaisanterie alors qu’il est un garde-fou face à la folie que donne le pouvoir sur l’autre. Sans lois, sans code du travail, on revient vite à l’esclavage, voir ce qui se passe dans certains pays…

Ces 25/30 ans appartiennent à une génération sage, qui voulait travailler, a fait des études et pour certains accumulé des diplômes à faire pâlir les CV de ceux qui les dirigent… Ils arrivent plein de bonne volonté et d’espoir- le travail est la clé de l’indépendance- et on leur promet un avenir gris ou noir, des conditions de boulot précaires, une situation plus mauvaise que leurs parents, fait unique dans notre histoire. On les manage par l’insécurité, le chantage, les petits boulots, l’autoritarisme, le manque de considération… Et comme l’élève dont je parlais, ils risquent d’intégrer ces humiliations et de se trouver minables, incapables, perdants, alors qu’une société a besoin de gens qui ont confiance en eux pour vivre et progresser. Ou alors ils se débrouilleront comme ils pourront, avec dans la bouche le goût amer des couleuvres qu’il faut avaler pour survivre. A moins qu'ils ne recourent à la violence, la révolte et non la révolution.

Dans certaines entreprises, des cadres septuagénaires accrochés à leurs postes et leurs privilèges ne supportent pas de devoir laisser leur place aux jeunes, tandis qu’ailleurs de jeunes retraités et pré-retraités qui profitent de leur temps libre parfois depuis l’âge de 57 ans applaudissent des deux mains à l’idée d’une retraite à 67 ans avec 43 ans ou plus de cotisations pour l’avoir à taux plein. Forcément, ils n’en souffriront pas. C’est tout de même incroyable, comme dirait notre président, que NS, qui n’a que 55 ans, passe son temps à mijoter des lois qui marginalisent et/ou dévalorisent  les jeunes, les considèrent a priori comme fainéants, racaille, assistés et j’en passe.  Il est vrai qu’il a été élu majoritairement par les 45/75 ans…

Quand des jeunes me disent « t’as de la chance, dans quelques années, tu pourras être en retraite », il me semble que c’est notre plus grand échec : avoir fait du travail non plus un instrument de liberté et d’épanouissement, mais une charge angoissante qui ne rime plus du tout avec progrès social.

 



[1] Cette femme avait fait un rapport à  la direction de l’entreprise, mis dans un placard au motif qu’il risquait de nuire au moral des salariés.

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