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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 10:40

Nous avions sympathisé sur Internet et comme d'habitude, je lui demandai une rencontre "en vrai" , le virtuel me lassant rapidement... Rendez-vous fut donc pris à la sortie du métro Franklin-Roosevelt: "J'aurais une veste de cuir noir, un jean noir et j'ai les cheveux noirs, dis-je. - Moi aussi, que du noir, répondit-il.

Arrivée sur place, dans la nuit noire, j'eus à peine le temps de jeter un coup d'oeil à la ronde qu'il fut devant moi. Noir total. Il était Gabonais, tout de noir vêtu. Il vit ma surprise, me demanda  si cela me gênait. Je lui répondis que pas du tout, vu que j'étais moi-même née au Gabon et avais passé une partie de mon enfance en Afrique, avec des parents qui respectaient assez les africains pour dire "nègres" ou noirs", comme Aimé Césaire ou Léopold Senghor, plutôt que d'user du politiquement correct "black" (un peu comme mon pote homo veut qu'on l'appelle pédé plutôt que gay, considérant que tant que pédé sera considéré comme une insulte, l'homophobie perdurera.)

Ce nouvel ami a fait des études poussées, son père était un haut fonctionnaire, la famille vivait en France... Bref, un cas d'intégration exemplaire, comme disent les politiciens. R... me répondit qu'en réalité il ne se sentait pas encore tout à fait à l'aise dans le monde occidental, et comme je m'en étonnais, il sourit: "Tu comprends, je suis noir, ça se voit tout de suite. -Et alors? - Et alors? Même si intellectuellement je suis persuadé que tous les humains sont égaux, même si je travaille dans une entreprise où l'on m'apprécie, je ne peux m'empêcher de voir certains regard sur ma peau. Il y a moins de racisme, certes ( ndlr: encore que... des événements récents puissent en faire douter)  mais quand on appartient à un peuple qui a entendu durant 400 ans qu'il est une race inférieure, il faut compter à peu près le même temps pour que tout sentiment d'infériorité soit éradiqué."

tireur 1Je pensais à cette rencontre lors du cirque Dieudonné- aujourd'hui éclipsé par le cirque amours présidentielles, un clou chasse l'autre- et en allant voir une pièce de théâtre que je vous recommande chaudement,  "LE TIREUR OCCIDENTAL". Le thème est simple: un jeune etehnologue, Rodolphe, part sur le terrain vérifier les théories sur les "sauvages" qui nourrissent ses manuels universitaires. Forme du crâne, poids du cerveau, aptitude aux sentiments, capacité intellectuelle... tout ceci a été établi par d'éminents chercheurs persuadés que le sauvage se situe quelque part entre le singe et l'homme blanc. Rien de fictif dans tout cela: lors d'une exposition universelle à Paris, on exhibait des hommes en cage importés des colonies, que les visiteurs venaient contempler comme autant de bêtes curieuses. Rodolphe est enthousiaste, précis, méticuleux. Il est hébergé par "Le tireur occidental", matriculé, sans nom, dont la tâche depuis 50 ans consiste à tirer sur tout être cherchant à franchir la muraille qu'il garde, allégorie de la frontière entre monde riche et monde pauvre, évidemment. Très vite Rodolphe découvre que l'essentiel des tirs concerne des sauvages souhaitant venir dans ce qui leur semble un Eden. Jusqu'au jour où l'un d'eux, surnommé Rad-Jik par les deux français, est blessé et non tué, puis recueilli par Rodolphe, trop heureux de disposer d'un sujet d'études à portée de main.

La suite et la fin sont savoureuses, je ne les dévoilerai pas ici.

tireur 2Rodolphe, le tireur et Rad-Jik sont incarnés par un seul comédien Xavier Béja. Je connaissais son talent car il avait eu un jour la gentillesse d'interpréter des fragments de  "Ce qui trouble Lola" lors d'une manifestation littéraire, et, stupéfaite, j'avais redécouvert mes textes et été éblouie par l'ampleur et l'émotion qu'il savait leur donner.

Dans ce triple rôle ô combien difficile, Xavier Beja excelle: il est tour à tour juvénile et un peu ridicule en ethnologue naif, cassant et inquiétant en tireur occidental, miroir de nos préjugés en Rad-Jik. La mise en scène de Michel Cochet sert à merveille le texte de William Pellier qui a la particularité... de ne comporter aucun verbe. Cela lui donne un rythme et une étrangeté d'autant plus fascinante que les deux personnes avec qui j'ai assisté à ce spectacle, captivés par sa qualité, n'ont pas remarqué l'absence de verbe!

Ca se joue au LUCERNAIRE à Paris, du mardi au samedi à 19h (on peut ensuite dîner sur place) jusqu'au 15 mars. Allez-y, c'est un vrai plaisir, et cela en apprend davantage sur les racines et ressorts du racisme que tous les articles et débats qu'on a eu à subir récemment.

 

tireur-occidental3

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 13:06

La TVA sur le pain n'a pas augmenté, mais la boulangerie proche de chez moi a augmenté ses prix: 5 centimes de plus sur la baguette banale, 10 centimes de plus sur les baguettes "tradition, aux céréales, de campagne..." et on nous dira : "c'est à cause de la hausse de TVA!" Comme en 2001 pour le passage à l'euro: en toute logique, les prix n'auraient pas dû augmenter (y avait qu'une règle de 3 à appliquer pour convertir des prix en francs en prix en euros) mais l'occasion était trop belle d'augmenter en disant "c'est la faute à l'euro".

Le cancer serait-il de gauche? Il suffit qu'un mec de droite y soit confronté- lui ou un proche- pour que ses récriminations sur les « charges » trop lourdes, les « éternels assistés » « la France qui vit au-dessus de ses moyens » fasse place à une admiration sincère pour notre génial système social qui permet à tous d'être soigné avec des traitements appropriés et pris en charge à 100 %, sans considération des moyens du malade. (alors qu'aux Etats-Unis, par exemple, on adapte les traitements aux moyens financiers du malade et non à sa maladie, j'ai des exemples précis en tête).

Comment Hollande ose-t-il affirmer qu'en « réduisant le coût du travail » grâce à son pacte avec les entreprises, on va favoriser l'embauche ? Cela fait 20 ans que les gouvernants réduisent les cotisations sociales, 20 ans que le chômage augmente et que les dividendes des actionnaires augmentent. Cherchez l'erreur... Hollande a-t-il oublié que les promesses en matière de maintien de l'emploi (même pas embauches, juste maintien) de Mittal, des actionnaires de Disneyland et bien d'autres entreprises qui ont bénéficié de largesses publiques n'ont pas été tenues ?

Heureusement pour la sécu, entre Dieudonné et les frasques du président, on ne nous parle absolument pas cette année d'épidémie de grippe. Hollande, plus fort que le vaccin, voilà au moins un point positif!

Le second : bien des humoristes craignaient, surtout après ce bon client qu'était Nicolas Sarkozy, qu'il fût bien difficile d'amuser les foules avec un président «normal ». Eh bien, si. Quelques chômeurs en moins, du coup... 

J'emprunte le titre de ce billet à un album éponyme de Reiser, mort il y a un peu plus de 30 ans, en novembre 1983. "Je ne serai jamais un vieux con", clamait-il, il n'était pas non plus une jeune con. Cet album publié en 1978 et réédité en 2011 reste d'une troublante actualité.

reiser.jpg

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 19:33

arbrebio2.jpgBrigitte Lahaie me le fit remarquer lors d'une récente émission. Il y a quelques années, ses auditeurs avaient des fantasmes extrêmement variés (faire l'amour en forêt, déguisé en curé, avec les yeux bandés, au terme d'un strip-poker, en se caressant avec une plume...1). Aujourd'hui, pour 9 auditeurs sur 10, fantasme= libertinage. Aller en couple dans un club pour s'envoyer en l'air avec des inconnus. C'est la mode, les journaux en parlent, donc ils en rêvent.

ecran3.jpgJe n'ai rien contre le libertinage, encore que je récuse l'idée qu'il faille forcément être libertin pour être libéré. En revanche, je suis vénère-vénère à l'idée que l'imagination érotique se réduise comme peau de chagrin et que l'expression des désirs soit colonisée par les idées reçues et le sexuellement correct qui affadit le plaisir aussi intensément que le politiquement correct affadit l'intelligence.

Ça ne date pas d'aujourd'hui, certes. Il y a quelques décennies, les manuels de sexologie séparaient les femmes en vaginales : femmes épanouies et sexuellement mûres qui trouvent leur jouissance avec le sacro saint Phallus, et les clitoridiennes : femmes infantiles dont le plaisir forcément superficiel traduisait une peur de l'homme, voire une tendance lesbienne...

auberginebio2.jpgQue des hommes sentencieux viennent expliquer aux femmes ce qu'est l'Orgasme et comment elles doivent jouir, comme s'il existait UN orgasme type et comme si jouir était le seul objectif de la rencontre entre les corps, c'est déjà agaçant. Mais lorsque les manuels de sexologie qualifient de « préliminaires » des caresses et dégustations délicieuses, sous-entendant qu'il s'agit d'une corvée imposée aux mâles pour préparer la femelle à la divine pénétration, non ! Cette idée de « préliminaires » a complexé bien des femmes, confuses à l'idée que leur partenaire leur faisait des gâteries sans y prendre plaisir, juste parce qu'elles étaient lentes à la détente. Ce qui n'allait pas dans le sens d'une réelle estime de leur corps et de leur sexe.

eros.jpgAujourd’hui tendance inverse : il faut tout faire, qu'on aime ou pas. Je me souviens d'une jeune fille de 19 ans venue m'aborder : « Vous qui connaissez les hommes... Mon copain veut me sodomiser, est-ce que je dois le faire ? » Je lui répondit qu'il n'y avait aucune obligation de faire quoi que ce soit en amour, excepté celle de ne faire que ce qu'on désire vraiment. Elle n'avait aucune envie de sodomie, craignant que cela fasse mal ou soit sale, mais hésitait à l'avouer car son copain lui avait affirmé 1) que si elle l'aimait, elle devait le faire 2) que toutes les filles le faisaient. Une enquête ayant conclu à l'époque que si la fellation était entrée dans les habitudes, la sodomie n'était encore pratiquée que par 17 % des femmes, je pus rassurer la jeune fille en lui affirmant que tout le monde ne le faisait pas, que des milliers de personnes vivaient heureux sans sodomie, et que même si tout le monde le faisait, elle n'aurait aucune obligation de faire comme tout le monde.

Faire comme tout le monde, dans un monde où chacun rêve d'originalité et clame son individualisme, n'est-ce pas paradoxal ?

vib canard noirvib torduQue les medias, en appelant les godes et vibros « sex-toys » (ça fait plus chic, sans doute) les aient transformés en objets quasi indispensables au plaisir, tout en conseillant des formes anodines, genre marguerite avec cœur vibrant ou petit canard de Sex and the city plutôt que de solides bites en silicone avec les veines apparentes, ce n'est pas libérateur, c'est moutonnier. Les filles qui achètent aujourd'hui ces « jouets intimes »dans des « espaces coquins » sont les mêmes qui, avant l'invasion des articles sur les sex-toys dans leurs magazines, refusaient d'un ton outré l'idée d'en posséder un : « je n'ai pas besoin de « ça », j'ai un copain ». Drôle de réponse, ce n'est pas du tout le même usage, aucun amant en action ne fait vrrrvrrrvrrr, c'est même pour ça que je les aime. Entre autres...

douche.jpgLorsque les magazines recommandent d'acheter un sex-toy étanche pour pouvoir l'utiliser dans la baignoire « en toute intimité », je me marre, car il existe déjà dans la salle de bains : la douchette avec flexible- encore plus voluptueuse si elle possède plusieurs forces de jets- qui permet d'expérimenter les effets successifs de l'eau tiède, chaude ou froide sur le clitoris. Le meilleur accessoire sexuel, c'est l'imagination, qui transforme les objets de la vie quotidienne en alliés du plaisir et hop ! Plus besoin de boutiques spécialisées, il suffit d'avoir l'humeur joueuse. Un ami tarlouze ( il détestait le terme gay, lui préférant pédé, tarlouze ou inverti) s'approvisionnait d'ailleurs au rayon bricolage du BHV, l'antre de tous les plaisirs. Nos conversations m'ont inspiré la nouvelle « Boîte à outils » où une jeune quincaillière découvre le potentiel érotique de sa boutique.

Pire que le sexuellement correct des magazines féminins, le pornographiquement correct donne aux hommes des idées fausses et des gestes inadaptés. Non, les garçons, les femmes ne rêvent pas toutes d'être grandes ouvertes, élargies... le vagin est élastique mais ce n'est pas un tunnel à quatre voies, et même si, comme justifient certains adeptes de pratiques extrêmes : « une tête d'enfant peut y passer », qu'ils sachent que très peu de femmes trouvent qu'accoucher est une partie de plaisir et que s'ils poursuivent dans l'erreur, elles exigeront une péridurale avant de coucher avec eux. Quoi qu'en montrent les films, les coïts interminables ne sont pas non plus indispensables, on finit au mieux par s'ennuyer, au pire par s'irriter, aux deux sens du terme. Les acteurs X ne sont pas des champions d'endurance, ils bénéficient juste du talent du monteur qui copie/colle des séquences et met le « raccord éjac » là où il faut, tandis que le comédien est depuis longtemps reparti dîner chez lui.

o igorToutes les femmes ne sont pas non plus des soumises, n'en déplaise aux « 50 nuances de gris » et autres romances pimentées à succès. Elles peuvent aimer dominer, ou même- eh oui- passer d'un rôle à l'autre, ou même- eh oui- préférer l'amour paisible mais voluptueux tant la peau, l'odeur ou la voix de leur partenaire les excite, sans qu'il soit obligé pour les combler de sortir des sentiers battus, encore qu'un sentier battu vaille mieux qu'une femme battue. Toutes les femmes ne les désirent pas dès le premier regard, comme dans ces films où l'héroïne sonne à la porte du château et, dès le plan suivant, pratique une fellation au maître de maison avec une application de fermière trayant son troupeau et guère plus de plaisir dans les yeux. ( le regard des actrices de films porno est une énigme : à quoi pensent-elles ? )

Voyez-vous, amis garçons, il est des femmes- j'en suis- qui s'intéressent d'abord à l'homme, ensuite à son sexe, et c'est pourquoi « on baise ? » est une salutation grossière. « Bonjour, on baise ? » un valeureux effort de courtoisie, mais « Qu'est-ce qui te ferait plaisir ? » ma phrase préférée venant d'un maître d'hôtel proposant la carte des desserts ou d'un homme avec lequel le désir apparaît comme une délicieuse évidence.

 

Architeture eros II


1Exemples personnels, mais les auditeurs exprimaient ce genre de désirs

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 18:54

«Je trouve ce gouvernement plutôt nul » lance tout de go une amie avec laquelle je n'ai jamais eu de conversation politique jusqu'ici. Ravie, je renchéris (ou plussoie comme on dit aujourd'hui) et m'apprête à développer un argumentaire, quand elle me devance et détaille ses griefs : en France on n'aime pas les riches, on les accable de charges, ils vont s'exiler à l'étranger et alors qui créera des emplois ? Les jeunes diplômés fuient ce pays où on préfère les assistés aux battants, etc... Bref, nous ne sommes pas du même bord et j'élude rapidement la conversation.

51B8+DlnHQL. SY445Nous vivons décidément une époque étonnante où des personnes de gauche comme de droite arrivent à la même conclusion à l'égard du gouvernement ! Même au-delà du gouvernement, le modèle libéral-financier devient un scandale si dupont aignancriant que des livres sur la finance, la dette, la fraude et l'évasion fiscales sont écrits aussi bien par des économistes de gauche que de droite, et qu'on voit se côtoyer « La violence des riches » du couple Pinçon-Charlot qualifiés de « marxistes » par les droitistes aussi bien que « Les voleurs de la République » de Nicolas Dupont-Aignan, qui, il est vrai, associe à ses idées de droite une droiture proche de l'honnêteté reconnue à de Gaulle, à laquelle Dupont-Aignan se réfère. Ce livre résulte de l'enquête parlementaire sur l'évasion fiscale qu'il a menée avec Alain Bocquet, député communiste, qui préface le livre.

Devant cette unanimité face à une situation inacceptable- quelles que soient les raisons pour laquelle on la trouve inacceptable- comme il doit se sentir isolé, le malheureux adhérent ou sympathisant du parti PS (Pseudo Socialiste), qu'il doit se faire tout petit dans les dîners en ville où il est la cible des reproches et des quolibets, que le dîner ait lieu à Auteuil/Neuilly/Passy ou dans les quartiers les plus défavorisés. Qu'il doit redouter le réveillon du Nouvel An où après quelques verres il se trouvera toujours un dirigeant de société, un syndicaliste en lutte ou un intermittent du spectacle en fin de droits pour lui fondre dessus telle la vérole sur le bas-clergé.

couv Gaccio HDbrunogaccio-2C'est à l'intention de ce malheureux que Bruno Gaccio a écrit son « Petit manuel de survie  à l'usage d'un socialiste dans un dîner avec des gens de gauche» en une dizaine de chapitres. D'un auteur des « Guignols » on peut s'attendre à un humour décalé, une dérision frisant juste ce qu'il faut la mauvaise foi, et du style. "Je ne peux pas être socialiste, dit-il, je suis de gauche". C'est enlevé, cruel, drôle mais pas que ça. Car au-delà du gag résumé par le titre, ce livre se livre mine de rien à une analyse de la situation économique et politique qui rappelle à tous, pas seulement aux électeurs du PS, quelques vérités bonnes à dire. Exactement comme le font les marionnettes des Guignols quand elles sont inspirées : de l'éducation civique sans peine. Belle idée de cadeau à offrir sous le gui en se souhaitant malgré tout une bonne année.

Le seul risque de ce livre est que son humour décalé soit pris au premier degré, exactement comme certains racistes venaient jadis voir Guy Bedos pour le féliciter de son sketch « Vacances à Marrakech » en ces termes « Qu'est-ce que vous leur mettez, aux bougnoules ! ». Guy Bedos a fait ses adieux (définitifs?) à la scène lundi 23 décembre, avant de devenir grotesque comme certains vieux rockers qui s'obstinent. Vous nous manquerez Guy, je me souviens vous avoir embrassé le 10 mai 1981, il y a trois siècles, et ne me dites pas que la relève est assurée, votre fils Nicolas ne vous arrive pas à la cheville, les siennes sont trop enflées pour que son humour reste léger.

Je ne peux résister à la perversion de vous faire réécouter ce chef-d'oeuvre...

 

 


 

 

BONNE ANNÉE À TOUTES ET TOUS!

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 17:39

image-sites-400pxPlus que 15 jours pour commander vos livres à AutresMondes, les derniers envois seront faits le 31 décembre au matin! Est-ce pour cela que depuis quelques jours je reçois des commandes groupées: 5 exemplaires de Aimer plusieurs hommes, 6 exemplaires de Him-li-co? Les lecteurs et lectrices se découvrent-ils pleins d'amoureux ou de petits enfants à qui offrir ces livres? Ou est-ce plutôt un mouvement spéculatif tablant sur l'effet "collectionneurs"?

première couvJe penche pour la seconde hypothèse en voyant sur Amazon- pour ne citer que le géant honni- "Aimer plusieurs hommes" en pocket proposé à... 199,50 euros avec pour argument la rareté de l'ouvrage "absolument introuvable", etc, etc... Je ne sais pas s'il trouvera preneur, mais j'attends pour voir si je suis potentiellement riche, sachant que j'en ai gardé quelques exemplaires chez moi! Cela dit, essayer de vendre un texte obsolète en format poche à ce prix alors que la version actualisée en grand format est actuellement affichée sur AutresMondes à  9 euros (+ frais d'envoi), c'est un peu du foutage de gueule. Comme tout mouvement spéculatif, vous me direz.

J'ai trouvé encore mieux. Ou pire. "Vaincre la peur de l'eau", en collection Marabout de poche est affiché à 264 euros! Et 149 euros pour "Bien dans l'eau, bien dans sa peau".  A la décharge des spéculateurs, ces deux livres là sont épuisés, réellement, très peu d'exemplaires circulent encore. Pas comme la trilogie de mes romans érotiques, encore en vente chez l'éditeur pour 13 euros, et que certains proposent à 50 euros!

jazz-feeling-trio.jpgConclusion: sachant qu'il reste 146 Him-li-co (contes disparus en 1967, réédités à AutresMondes en 2009 et qui ne le seront plus) environ 110 Aimer plusieurs hommes, 4 Frapper les cieux d'alignement et 3 Jazz O' feeling, une commande à Autres Mondes n'est plus une dépense, c'est un investissement

 

 


 


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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 22:25

goudesMarseille, ce n'est pas que l'OM et les règlements de comptes, ni même que le très beau musée MUCEM ou les rues en pente du quartier du Panier. Marseille est avant tout une ville sans banlieue, puisque sa banlieue, c'est la Méditerranée. Et les calanques. Qui ne sont pas seulement la promenade du dimanche des Marseillais et la randonnée d'été des estivants, pas seulement les points de vue sur Sormiou et Morgiou, pas seulement le point d'entrée vers les plongées des Impériaux dont le commandant Cousteau, après avoir exploré tous les spots de la planète disait qu'elles comptaient parmi les trois plus belles plongées du monde.


rocher en corse

  En ces temps de froidure et grisaille tant météorologique que sociale, une plongée dans un beau livre est une respiration. Noël est la saison des "beaux livres", comme s'il existait de "laids livres", mais celui que je viens de refermer est vraiment beau, à cent lieux des nombreux ouvrages touristiques consacrés à Marseille et son rivage. Les deux garçons qui l'ont écrit et illustré sont deux amoureux des Calanques qu'ils arpentent depuis l'enfance sans jamais se lasser. Ils en connaissent l'histoire, les secrets et surtout les humeurs changeantes qui font qu'un même buisson apparaît couleur feu page 43 et bleu page 52. Question d'angle et de lumière, uniquement.

 

bleu de mer

 

Philippe Richaud, le photographe, a utilisé une chambre photographique, un pied et des pellicules. Argentique à l'ancienne. Sans aucun filtre ni retouche.Le bleu époustouflant de la Mer sur certains clichés ne doit rien au matériel, tout au savoir-faire du photographe et à son infinie patience qui l'ont fait attendre autant qu'il le fallait la lumière naturelle qu'il souhaitait. Florent Favier, auteur du texte, officie d'ordinaire au Parc national du Mercantour. Expert de terrain, connaissant aussi bien l'histoire des roches et des plantes que celle des hommes qui ont modelé- pas toujours au mieux- les paysages, il s'est départi du discours officiel et scientifique au profit d'un texte poétique et sensuel, celui-là même qu'appelaient les photos.

 

 

roches et brume

Devant un beau paysage, même en photo, on se sent physiquement mieux. Mentalement apaisé. Ce sentiment de bien-être profond, quasi mystique, s'appelle "le sentiment océanique", même s'il se produit face à la Méditerranée...

 

Que les auteurs me pardonnent si ces photos extraites du livre ne rendent qu'imparfaitement sur écran.

Si vous êtes à Marseille ce week-end, n'hésitez pas à aller les rencontrer samedi à partir de 16h, à  la Librairie Maupetit, 142 La Canebière)


 

 

 

 

 

 

 

 

 

calanques couv

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 00:05

« Ton père n'a plus qu'un jour ou deux à vivre ». C'est le genre de phrase qu'on n'oublie pas. Un ou deux jours à vivre, ça stupéfie de la même façon qu'à la naissance de ma fille aînée, je l'avais longuement contemplée en me disant : « Ma fille a une heure, deux heures... » C'est pas un âge, une heure ou deux, c'est pas une vie, un jour ou deux.

Je me souviens avec une précision absolue de son dernier souffle il y a exactement trente ans, le 11 décembre 1983, et je n'ai pas envie d'en parler. Je l'anticipais depuis 8 ans, parce que je n'ai jamais fait confiance à la mansuétude des cancers, surtout ceux qui semblent guéris pour mieux resurgir quelques années plus tard... Mais on a beau anticiper, on est pris de court.

Dans les mois qui ont suivi, en écoutant les désolantes nouvelles sur « la rigueur », les Golden boys », le règne de l'argent et des Tapie, il m'est plusieurs fois arrivé d'interpeller mon père : « Tu sais, papa, tu ne manques pas grand chose ! » Il aurait été si déçu, lui qui avait tant rêvé d'un monde meilleur.

papa2.jpgIndovietnamien de nationalité française, il se souvenait de la réflexion marmonnée par le Président de la Cour lui remettant, ainsi qu'à un lauréat antillais, son diplôme de magistrat : « Et dire qu'on appelle ça des français ! ». Que penserait-il aujourd'hui du racisme résurgent? Que penserait-il des luttes pour l'égalité des droits, lui qui a vu sa carrière freinée toute sa vie par une pancarte qu'il avait brandie, étudiant, dans une manif : « Travailleurs vietnamiens, révoltez-vous, on vous exploite! » 25 ans plus tard, au Ministère de la Justice, on lui disait encore « C'est vous l'homme à la pancarte ? » Que penserait-il aujourd'hui de l'arrogance de certains dirigeants, lui qui avait maintes fois condamné le Monsieur Michelin de l'époque pour entrave au droit syndical et s'était vu répondre, lorsqu'il s'étonnait de la récidive obstinée du contrevenant : « Monsieur le Président, je préfère payer des amendes qu'avoir à supporter des syndicats dans mon entreprise".

 

Tu te dirais peut-être avec tristesse que le monde ne s'améliore pas, aussi vais-je te donner des nouvelles douces. Anneso, ta petite-fille dont tu disais avec tendresse "Vous avez bien fait de la faire" a bien grandi et milite à son tour contre les injustices et pour l'environnement. Tu n'as pas eu le temps de connaître Lauranne mais je suis sûre que tu l'apprécierais pour la même raison qui t'a fait me dire un jour : « Toi, je t'aime bien, parce que tu me fais rire ». Tu en a connu quatre, tu as aujourd'hui sept petits enfants, et deux arrière petits-enfants beaux et intelligents, leurs parents t'en parleront.

A propos de « faire rire », tu te composais- profession judiciaire oblige- un masque sérieux et impassible- mais j'ai eu le plaisir de rencontrer récemment ton ancien coiffeur qui m'a raconté combien tu aimais plaisanter avec lui... y compris quand à 18 ans il passait en jugement devant toi pour tapage nocturne ! Un jeune avocat dont tu appréciais que ses plaidoiries ne t'endorment pas a brillamment confirmé son don oratoire. Il se souvient très bien de toi, plus de trente ans après. Ainsi que plusieurs autres de mes ami(s)s. Il paraît qu'on n'est jamais tout à fait mort tant qu'une personne au moins se souvient de vous.

Il y a dans nos vies et nos souvenirs beaucoup de traces de toi. Tu as cependant emporté quelque chose que je n'ai jamais retrouvé : avec toi, je savais danser le tango. Mais depuis 30 ans, je n'ai réussi à le danser avec aucun autre homme.


 

tango papa





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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 11:31

Lundi 2 décembre, 11h du matin : presque 690 000 signatures contre le chalutage en eaux profondes. Un succès généré par la BD de Pénélope Bagieu qui a alerté les internautes sur ce scandale environnemental contre lequel lutte depuis 10 ans l'association BLOOM.

Les poissons des eaux profondes, la biodiversité marine et les coraux vous disent « merci ».

Lundi, 2 décembre, 11h : 5166 signatures pour demander que les contrats actuellement renégociés entre AREVA et le Niger pour l'exploitation d'uranium soient plus équitables. Parce que le Niger, qui possède dans son sous-sol l'uranium qui alimente en électricité une ampoule sur trois en France reste un des pays les plus pauvres du monde tandis qu'AREVA est une des sociétés les plus riches. Parce qu'il serait plus intelligent d'établir des relations commerciales équitables pour qu'un pays se développe plutôt que de le piller éhontément et de faire ensuite la quête auprès du public pour des actions humanitaires en faveur des petits nenfants malnutris. Parce que se mobiliser pour la libération des otages du Niger (salariés d'AREVA) c'était bien, mais se poser la question de savoir pourquoi ils ont été ciblés serait mieux.

100 fois moins de mobilisation pour les Nigériens que pour les poissons !

niger2.jpgCertains diront « oui, mais de toutes façons ce sont les gouvernants Nigériens qui se gaveraient, pas le peuple qui en profiterait. » A priori, pas faux... Si ce n'est qu'un accord équitable comme celui que réclame OXFAM prendrait en compte le problème de la corruption. Et que par ailleurs, la corruption existe aussi- via les lobbies- dans le problème du chalutage profond, ce qui n'a pas empêché 690 000 personnes de se mobiliser.

 

Il est vrai qu'avant la BD, Bloom n'avait, un plusieurs mois, recueilli que 26 000 signatures sur sa pétition.

Alors quoi ? (j'ai bien dit alors, pas Allô) :

Votre envie d'agir ne serait que médiatique, liée à de beaux petits dessins ?

Non sûrement pas !!!

C'est parce que les Nigériens sont noirs ? Peut-être, mais les poissons sont de toutes les couleurs. Et comme disait Coluche : ne dites plus un homme noir, dites un homme de couleur. Du coup, plus de problème !

A moins que vous pensiez qu'un poisson est plus important qu'un homme ou un enfant d'Afrique.

 

dsc01186_fish__c__aj.jpg






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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 14:30

mari_s4.jpgDans les dîners de quadra/quinqua, on croise souvent plus de divorcés ou de couples seconde main que de couple première main, de célibataires ou de pluriamoureux. Point positif : on ne stigmatise plus les divorcés ni leurs enfants. Point négatif : La séparation intervient parfois très tôt, comme un remède de première intention et non un recours ultime. Liberté recouvrée, seconde vie en vue, yeah !!! Pourtant, est-ce si banal? La loi a simplifié le divorce dans les textes, pas forcément dans les têtes. Car il y a...

 

 

Celle qui n'a plus de vie privée : son ex habite loin et ne garde les enfants qu'un week-end sur deux. Entre le travail la semaine et les enfants le week-end, elle n'a plus un instant pour elle et n'ose pas sortir ne serait-ce qu'un soir par semaine parce qu'elle culpabilise déjà du peu de temps qu'elle consacre à ses enfants.

dos_a_dos.jpgCelle qui commence toutes ses phrases par « A cause de mon connard d'ex... »

Celui/ Celle qui a choisi la garde alternée et s'aperçoit qu'il/elle devient schizophrène entre sa semaine de parent attentif et sa semaine de fêtard(e) qui rattrape le temps perdu.

Celui/ celle qui raconte à tout le monde que l'ex est hystérique, paranoïaque, égoïste, pervers narcissique, obsédé sexuel ou frigide, bref totalement givré(e) et se demande comment il/elle a pu la/le supporter.

Celui/celle qui prétend qu'il/elle n'a jamais aimé l'ex et que son mariage a été une erreur de vingt ans.

Celui/ celle qui a choisi de divorcer mais ne supporte pas l'annonce par les enfants que l'ex a un nouvel amour.

Celui/celle qui n'admet pas que les enfants disent que la nouvelle copine (le nouveau copain) de papa/maman est trop cool.

Celle qui annonce les yeux brillants « j'ai rencontré l'homme de ma vie » après trois séparations et se désespère trois mois plus tard de constater que pas un homme ne lui offre tout ce qu'elle attend, bref qu'ils sont tous nuls.

Celui qui surfe sur les sites de rencontre, chope une nouvelle copine par semaine et s'étonne avec quelque mépris que les femmes baisent aussi facilement...

mais aussi le nouveau copain/la nouvelle copine qui s'incrustent dès la première nuit, ne supportent pas les ex et voudraient gommer le passé de leur nouvel amour.

Celui/ celle qui ne parle plus à ses ami(e)s que des enfants, des problèmes de pension alimentaire ou des derniers coups que lui a fait l'ex.

Celle/celui qui ne veut plus parler à l'ex et fait passer les messages par les enfants...

miroir1.jpgEt puis il y a l'enfant qui ronchonne parce qu'habiter entre deux maisons, c'est pas si facile, le cahier, pull, stylo... dont il a besoin se trouve toujours dans l'autre maison.

L'ado à qui on demande s'il veut vivre chez sa mère ou son père et qui murmure « Je ne veux pas choisir entre mes parents, que le juge décide ».

L'enfant qui se demande pendant des années si c'est à cause de lui que ses parents ne s'aiment plus.

Celui qui s'aperçoit qu'il est monnaie d'échange : « si tu continues à être si con (si conne), tu ne verras plus ton fils. »

Celui qui découvre, au décès de ses parents, que ce qu'on lui avait raconté sur le divorce était totalement faux.

Celui qui a compris le parti à tirer de la situation et devient un tyran domestique

L'enfant à qui sa mère dit du mal du père, à qui le père dit du mal de la mère.

Le jeune adulte qui évoque avec nostalgie sa courte incarcération, parce que ses deux parents venaient alors le voir au parloir. Ensemble pour la première fois depuis quinze ans.

(exemples tous réels)

Et puis il y a le regard heureux du jeune homme à qui une amie de jeunesse de ses parents lui assure que ceux-ci se sont aimés, ont été amoureux, et tellement amoureux d'ailleurs qu'ils l'ont fait, lui, avec désir et plaisir.

Heureusement pour les enfants qui ont tant besoin de savoir qu'ils ne sont pas sur terre par hasard ni le fruit d'une erreur de jeunesse, il existe des couples qui se séparent parce qu'ils ne veulent plus vivre ensemble mais ne renient pas leur amour passé et deviennent les meilleurs amis du monde. J'en connais, ils se reconnaîtront et je les remercie de pouvoir les rencontrer ensemble, ou séparément, sans avoir besoin de choisir ni de prendre parti.

 

 

 






 





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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 23:34

On le sait, la médecine devient de plus en plus un commerce sous la pression du lobby pharmaceutique. Les laboratoires ont donc à cœur de régulièrement créer de nouvelles maladies et de nouveaux besoins médicamenteux.

Les babyboomeuses, génération pléthorique, sont une cible de choix. On leur proposa des traitements hormonaux substitutifs contre la ménopause. Qui n'est pas une maladie. Pourtant, il y a quelques années, refuser un THS parce qu'on en éprouvait nul besoin- la ménopause n'est pas toujours synonyme de prise de poids, bouffées de chaleur, irritabilité et baisse de libido, loin de là- refuser, donc, consternait les médecins. Jusqu'au jour où furent mis en évidence les risques liés à ces THS. Patatras pour le chiffre d'affaire des labos qui les commercialisaient ! Ils trouvèrent alors un autre filon et firent le siège de l'Assurance-maladie pour la convaincre qu'il fallait à tout prix- et ça coûte très cher- protéger les femmes de l'ostéoporose en agitant le spectre de fractures aux suites mortelles.

couv mythe de l osteoporose HD)Dans un livre intitulé « le mythe de l'ostéoporose » le journaliste Thierry Souccar raconte comment, partant du fait réel que le vieillissement des os les fragilise, les laboratoires créèrent de toutes pièces une maladie qu'ils nommèrent« ostéopénie » qui serait précurseuse de l'ostéoporose et nécessiterait un traitement préventif dès la cinquantaine pour peu qu'une légère déminéralisation des os, constatée par ostéodensitométrie osseuse, permette de conclure à cette fameuse ostéopénie. 

Il y a une quinzaine d'années, lors d'un reportage, j'ai testé un appareil d'ostéodensitométrie. Ce n'était pas dans les mœurs, il fallait que les magazines en parlent. Lors du résultat, le médecin m'annonça que « vu l'état de mes os », si je ne faisais rien, j'étais bonne pour des douleurs atroces dans cinq ans et le fauteuil roulant dans dix. J'aime pas qu'on me parle sur ce ton, surtout les médecins... Tant qu'on est vivant, on est seul propriétaire de son corps et seul habilité à décider ce qu'on souhaite en faire. Je n'ai donc rien fait et il ne s'est strictement rien passé : ni douleurs, ni fracture, ni gêne pour pratiquer vélo, plongée ou escalade.

En 2010, dans le secteur libéral, 420 000 ostéodensitométries ont été réalisées. En 2011, la base de remboursement de la Caisse nationale d’assurance-maladie, comptabilisant le montant des médicaments prescrits dans l’ostéoporose, atteignait 131 millions d’euros. Un gâchis évident car en prévention primaire les médicaments proposés ont été incapables de démontrer leur efficacité pour éviter une fracture. (Le mythe de l'ostéoporose)

En 2009, 79 200 personnes furent hospitalisées en France pour une fracture de l’extrémité supérieure fémur. L’âge moyen des patients était de 79,6 ans chez les hommes et de 83,2 ans chez les femmes, âge supérieur à l'espérance de vie moyenne en France. De plus, 80 % de ces fractures surviennent chez des personnes ne souffrant pas d'ostéoporose. Conclusion : la première cause d'une fracture, c'est la chute de personnes âgées qui n'ont pas toujours un parfait équilibre (et chez elles des meubles et des tapis sur lesquels elles trébuchent), pas l'état de l'os. Quant aux médicaments censés « durcir » l'os, ils ont parfois un effet négatif : en effet, ce qui rend un os résistant est le collagène, qui lui donne une certaine souplesse, donc la capacité d'amortir un choc. Un os avec trop de calcium devient plus dur, donc plus cassant...

Mais alors, si tant de médicaments sont inutiles, comment améliorer la santé?  

La réponse est apportée par le Pr Claude Béraud, professeur honoraire à l’université de Bordeaux, ancien médecin-conseil national de l'Assurance-maladie, qui préface le livre de Thierry Souccar :

La pauvreté est un facteur de risque majeur : elle raccourcit l’espérance de vie et rend compte d’une grande partie des morts prématurées avant 65 ans. La lutte contre la pauvreté est la clé de l’efficacité d’une politique de santé publique car elle est la condition de l’amélioration de la qualité du logement, de l’hygiène, du chauffage, de l’éducation.

Les inégalités de revenus sont un facteur d’inégalités de santé indépendant du facteur pauvreté. Une société où le coefficient de Gini (1) est élevé est une société divisée où la cohésion sociale s’effrite, où les problèmes sociaux, par exemple le chômage et la violence, ont une incidence supérieure et où la mortalité est élevée. Inversement lorsque la cohésion sociale se renforce le niveau de santé global est plus haut.

Creuser les inégalités est donc le meilleur moyen de creuser  par ricochet le « trou » de l'Assurance-maladie, lequel contribue à creuser le trou de la dette publique. Un message évident, simple, mais que les pouvoirs publics semblent moins entendre que les sirènes des industriels et lobbyistes du médicament.


 

 

(1) Le coefficient de Gini est une mesure de l’inégalité des revenus. Il varie de 0 à 1. Zéro c’est l’égalité parfaite : tout le monde a le même revenu et 1 c’est l’inégalité totale : un seul dispose de la totalité des revenus. Les deux pays les plus inégaux sont le Mexique et les États-Unis. Les plus égaux sont la Suède et le Danemark.



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