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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 17:00

Une fois n’est pas coutume, j'ai accepté d'écrire un billet promotionnel. Parce que l’idée de vous parler de Cannes autrement me plaisait. Pas la Cannes frimeuse du Festival, starlettes en goguette et branchouilles en lunettes (noires, bien sûr). Pas la Cannes refuge de retraités alanguis sur des transats face à la mer. Crise oblige, Cannes a décidé d’offrir aux estivants les autres et méconnus visages de cette ville à des prix accessibles. L’Office du Tourisme  (www.cannes.travel ) propose même une liste de restaurants avec des menus à moins de 15 € !  Plus des réductions allant jusqu’à 30% sur les visites et excursions : le Marineland évidemment, mais aussi les marchés aux olives, le train touristique,  la visite du Palais du Festival, les concerts, les excursions aux Iles de Lérins, etc.

Pour ma part, j’irai aux îles. Sainte Marguerite d’abord, où se déroule une bonne partie de l’action de mon livre « l’Algue fatale », un thriller écologique fleurant bon la Méditerranée. Dès qu’on y pose le pied, on est saisi par les effluves méridionales, eucalyptus, hélichryse et fenouil. Plus d’autres dont les botanistes vous affirment gravement qu’elles sont « endémiques de l’île », manière de vous prouver que vous foulez là un sol rare.  Dans l’odeur des pins, du sable et du thym… vous vous souviendrez que cette île a servi de prison au Masque de fer, avant de vous baigner dans une eau couleur Caraïbes, dont la transparence permet d’apercevoir les prairies de Posidonies et les oursins verts ou violets à ne pas pêcher hors de la période légale.

L’autre île, c’est Saint Honorat, havre de paix où vivent des moines Cisterciens qui, comme chacun sait, savent s’installer dans les lieux les plus paradisiaques. De leur monastère, ils ont une vue sur les criques et plages secrètes où viennent se dorer de belles filles, et apprennent à résister à la tentation…

Gratuité enfant (5 à 10 ans) pour 2 billets adultes - Ste Marguerite 9€ au lieu de 11 €,
Quai Laubeuf – Cannes

De retour à Cannes,  j’opterai pour la musique : les plages électroniques sont le premier festival Low Coast- admirez le jeu de mots- le seul festival de musiques électroniques à investir une plage publique sur le littoral français pour transformer la plage du Palais des Festivals de Cannes en un gigantesque dancefloor, pied dans le sable, vue sur la mer.

Plages électroniques : 6 et 13 août 2009.

Cependant, pour éviter la foule d’août, je troquerai peut-être les Plages électroniques pour une pause cannoise en septembre. Du 9 au 14, c’est le Festival de la Plaisance,  pour rêver d’évasion parmi les centaines de bateaux présentés, et surtout pour assister à la fin du festival aux Régates Royales regroupant de vieux gréements et les plus majestueux voiliers au monde.

C’est aussi en septembre, lors des Concerts de Septembre que Archive, Bertignac and Co vont déchirer les notes, et que s’éclateront tous les fans lors du concert de: Pete Doherty et les Babyshambles, mémorable, forcément mémorable.



 

 

 

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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 12:46

Plusieurs lectrices et lecteurs se sont étonnés que « le guide des amours plurielles » ne soit pas vendu dans les Relay des gares et aéroports,  comme mes autres titres.  Après « enquête », c’est une question de collection : Relay me suivait dans la collection de littérature érotique, pas dans celle des essais (à l’exception de « Aimer plusieurs hommes » qui était une réédition après parution aux éditions la Martinière). 

Bonne nouvelle : les Relay vont finalement vendre  « Le guide…. » et feront une mise en place d’autant plus large qu’il sera demandé. N’hésitez donc pas à le réclamer si vous ne le voyez pas, car hormis les éditeurs rompus aux techniques de fabrication de best-sellers, les autres ne soutiennent que ce qui se vend, le succès va au succès… Petite parenthèse : le démarrage fulgurant du Guide conditionnait la réédition de « Aimer plusieurs hommes ». Je viens d’avoir confirmation qu’il ne sera pas réimprimé… sauf surprise sur le Guide dans les mois à venir, ce qui peut arriver. Ainsi de février 2003 à juillet 2003, « Des désirs et des hommes » avait fait des ventes plus que modestes.  En juillet, était-ce lié à la canicule qui chauffait les libido ?- ce livre s’est bien vendu. Du coup,  il a été exposé largement, ce qui a boosté les ventes, qui se poursuivent encore aujourd’hui, en faisant mon unique mais réel « best-seller ».

Pourquoi ce titre plutôt que les autres ? Mystère.  Quand il m’arrive de relire ces pages, je trouve « Les latitudes amoureuses » aussi érotique et plus dépaysant, avec une histoire mieux construite. « Autres désirs, autres hommes » est un recueil de nouvelles, à mon avis plus variées et mieux écrites que « Des désirs… » Or il est loin d’avoir connu le même succès, alors que chaque histoire transporte dans un univers différent, que l’érotisme y est plus fort et plus vrai, et que les personnages sont infiniment plus touchants.

Et je ne parlerai pas de « Ce qui trouble Lola », j’ai déjà dit ici que c’était mon préféré… Ni de l'Algue fatale, pourtant thriller écologique, preuve que l'érotisme n'est pas mon seul territoire. :)

Donc, même vis-à-vis de mes propres écrits, je ne comprends pas « le goût des autres » comme dirait Agnès Jaoui.  D’ailleurs, les autres sont-ils sincères lorsqu’ils parlent de leurs goûts ?  Je ne cesse, ces temps ci, d’entendre des gens se plaindre de la médiocrité de TF1, France 2, M6… « Heureusement qu’il y a Arte et France 5 » soupirent-ils. Sauf que Arte et France 5 se traînent en queue de peloton pour les taux d’audience.  Ceux qui me parlent de  Arte et France 5 ne regarderaient-ils pas eux aussi les séries américaines sur les chaînes  qu’ils dénigrent, sans oser l’avouer ?

Ne serait-ce pas les mêmes qui vous parlent avec fougue de la beauté du cinéma japonais et s’indignent du succès des « Ch’ti »… qu’ils sont allés voir comme des millions de gens ?

Idem pour les livres : il est de bon ton aujourd’hui de déplorer la fin de la « vraie littérature » et de considérer Marc Levy, Guillaume Musso, Anna Gavalda et Muriel Barbery comme des phénomènes de mode mais en aucun cas des écrivains.  C’est vrai qu’on décèle dans leur façon d’écrire des « recettes », des ficelles, une utilisation visible des conventions des séries TV et des personnages qui créent l’émotion facile, un mélange habilement dosé de bons sentiments et de fantastique (comme dans Harry Potter, sauf qu’Harry Potter a une vraie complexité, des niveaux de lectures différents et une écriture très travaillée)… Il n’empêche que des milliers de gens lisent ces romans dits « faciles » et pourquoi la littérature devrait-elle être difficile ? Et qui dira ce qu’est la vraie littérature hormis la postérité ? Et encore, la postérité… Plus personne ou presque ne lit André Maurois et François Mauriac, dont la plume était pourtant celle d’écrivains authentiques. Certes ce ne sont pas les ventes qui font l’écrivain, mais un écrivain devrait aussi pouvoir vendre ses œuvres, ce qui est assez peu répandu. « On ne vit pas de sa plume » est un adage très actuel en France.

Ce qui caractérise les auteurs à succès- qu’on les trouve ou non talentueux- est une fois encore le marketing. Sur le site de Guillaume Musso- qui semble un gars sympa et surpris lui-même de son succès- on explique qu’il a été pris en main par un authentique fabricant de best-sellers, Bernard Fixot, dont la devise est en substance « peu importe ce que les gens lisent, du moment qu’ils lisent ». Recette du best : travailler les situations et les personnages comme un synopsis de téléfilm, créer de l’émotion,  mixer une histoire d’amour avec du suspense et un peu de surnaturel, établir un lien entre l’auteur et les lecteurs via des séances de dédicaces et un site, et enfin accompagner chaque sortie d’un buzz  organisé.  C’est efficace, puisque Musso lui-même le reconnaît : « Mon premier roman s’est vendu à moins de 1700 exemplaires. » Depuis qu’il est marketé par Fixot, c’est du minimum 200 000 ex, et des adaptations au cinéma.

S’en indigner, pourquoi ? Après tout,  ce sont les lecteurs qui choisissent ce qu’ils lisent.  Tant qu’ils se laisseront influencer par le marketing et la pub, ils auront des produits formatés pour plaire au plus grand nombre. Mais rien ne les empêche de fouiner et d’acheter non pas le titre en haut de la liste d’Amazon (Des désirs et des hommes sur ma page) mais d’en lire un autre et de se laisser aller au plaisir de la découverte qui reste, quoi qu’on dise, le meilleur piment de la lecture.  Comme tous les plaisirs, la littérature devrait être une exploration des rivages peu connus.

 

 

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 19:16

Ce type, par ailleurs sympathique, a travaillé plus pour gagner plus et voté NS pour ses idées, celles qu’il fallait « moderniser la France » et en finir avec l’assistanat. Sauf que dans sa boîte, aujourd’hui, on licencie plus facilement qu’on ne fait d’heures sup’. Il s'est d’abord vu imposer des vacances non souhaitées « à prendre sur ses RTT », pour passer une période de baisse d'activité de l'entreprise, puis on lui a imposé l’an dernier du chômage partiel entre Noël et Jour de l’an. Ensuite, il a perdu deux collaborateurs, licenciés, dont il a récupéré la charge de travail… mais pas le salaire, of course. Résultat : en période de surchauffe, il bosse deux fois plus qu’avant, voire trois, sans un centime de plus. Et en cas de chômage partiel, il gagne moins.

Un autre applaudissait des deux mains à l’idée de travailler jusqu’à 65 ans et plus, vu que « c’est normal parce qu’on vit plus longtemps qu’avant. »  Lui aussi trouvait les « réformes » logiques et sensées, et les réticences des travailleurs « une manifestation de la propension maladive des français à refuser le progrès ». Comme il a commencé à bosser à 27 ans, après de longues études et deux ans aux USA en stage payé sur place mais non comptabilisé pour sa retraite, travailler jusqu’à 67 ans lui permettra d’avoir 40 annuités pour sa retraite. Sauf qu’il aura 67 ans seulement en 2017, à un moment où il faudra totaliser au moins 43 annuités pour bénéficier d’une retraite à taux plein.  Cette réforme, a priori justifiée par l’évolution démographique, va donc permettre de diminuer les retraites sans le dire, juste parce que les gens auront du mal à totaliser le nombre d’annuités exigées, surtout à une époque où les carrières ne sont plus linéaires.

Quant à l’augmentation de l’espérance de vie, sera-t-elle durable ? Les centenaires d’aujourd’hui sont les survivants de deux guerres et d’épidémies de maladies infectieuses sans antibiotiques, autant dire des costauds.  Aujourd’hui ce sont surtout les maladies de civilisation liées au mode de vie qui tuent: diabète, cancers, maladies cardiovasculaires, stress.  Entre 65 et 74 ans, 45,6 % des décès sont dus à des tumeurs, contre 29,9 % entre 75 et 84 ans (Insee, janvier 2009). En outre, l’espérance de vie à la naissance est de 77,5 ans pour les hommes et 84,3 ans pour les femmes, mais l’espérance de vie en bonne santé n’est respectivement que de 62 ans et 64,5 ans.

Tiens, justement : le cadre au long cours qui aurait dû travailler jusqu’à 2017 pour avoir une retraite même pas complète  a de gros problèmes de santé ( arythmie cardiaque et  maladie oculaire) et va devoir s’arrêter. Il a 59 ans, il va essayer de tenir jusqu’à 60 ans en arrêt maladie, puis prendra sa retraite avec 33 annuités validées seulement… Ca ne fera pas lourd.

Ce qu’on appelle aujourd’hui « réforme » au nom du « progrès » et du « monde qui change » peut sembler logique sur le papier, voire réaliste. Mais face à la vie qui n’est ni logique ni tranquille,  ça équivaut à éliminer les plus faibles au mépris de la solidarité. C’est un choix. Politique. Il faut le dire clairement. Pour que chacun sache où cela mène avant d’y être personnellement confronté, comme les deux ci-dessus qui se croyaient à l’abri.  Ca n’arrive pas qu’aux autres.

(Bonnes vacances quand même, hein !)

 

 

 

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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 11:16

Entre ceux qui sont partis et ceux qui vont partir, l’été alanguit le monde du travail. Moment idéal pour trier les classeurs de courrier. Primo, mettre à part les correspondances psychopathes- deux lecteurs, quarante lettres !- dont j’ai gardé les missives au cas où (conseil d’un avocat) mais que je n’ai pas envie que d’autres lisent, leurs fantasmes étant perturbants… Plus agréable, relire les premières lettres d’hommes et de femmes dont certain(e)s sont devenus des amis, surprise de voir surgir sur quelques mots des souvenirs vivaces. Il suffit parfois d’une phrase pour retrouver les détails d’une histoire et l’émotion ressentie.

Et puis, saisies au vol, quelques phrases  familiales. L’humour de ma mère concluant une carte d’anniversaire par « je me félicite de t’avoir faite ! » et ajoutant « le chèque d’anniversaire a été spécialement édité à ton intention, c’est du moins ce que je veux croire. Il est bon de croire aux choses gentilles. »  Les conseils de mon père, inquiet et heureux de mes engagements politiques qui le ramenaient à sa jeunesse. Il me citait ses références : Che Guevara, Gandhi, Kennedy, Luther King, et, plus proches de nous Rocard, Krivine, Mitterrand, Marchais… Les chats ne font pas des chiens…  Sauf que mon père concluait : « à ton âge j’étais comme toi et cela a duré cinq ans, de 22 à 26 ans !  Puis tout passe, tout lasse… » Que dirait-il s’il savait que ça me dure depuis plus de 30 ans ? 

C’était le sujet d’un échange de mails hilarants avec mon jeune frère, il y a quelques années, au sujet de notre obstination commune à défendre une cause, qu’il s’agisse de préserver l’environnement ou obtenir un remboursement d’impôt !  Sa femme nous avait traités de « patelle », et j’avais répondu :

La patelle est un excellent coquillage, dit aussi « arapède », le bonheur des petits n’enfants qui arrivent à les décoller et à les manger sur la plage, le cul râpant la rugosité du granit, les épaules brûlées par le soleil qu’on ne sent pas quand on mange ladite patelle…C’est aussi un coquillage d’une rare résistance, capable de passer des heures sans eau et de ne pas  mourir, puis d’être submergé par une vague et de ne pas se noyer. Ton épouse, sous des dehors caustiques, nous fait donc un Hénaurme compliment, surtout en ces périodes de passivité, manque de rigueur et désengagement total de nos contemporains…  Ce talent : évaluer, se placer, épouser la vague et se laisser porter par elle juste à l’endroit où l’on souhaitait aller (s’cuse les métaphores marines abondantes, mais pour une ex-aquaphobe c’est  hyperimportant ) vient, pour ma part du moins- j’y réfléchissais à l’aube dans mon lit où le sommeil m’avait quittée - vient donc, disais-je, d’une certaine indifférence à ce qui peut m’arriver. Il y a dix ans, je me disais encore, pour évaluer un risque : est ce que je risque d’en mourir ou pas ? ce qui me laissait une large part de manœuvre pour bien des décisions. Aujourd’hui, je me dis carrément : « même si j’en meurs, m’en fous, j’ai eu une part de vie qui vaut largement la peine ». Moyennant quoi, faute d’enjeu majeur pour me faire renoncer, j’ose. C’est beau, hein ce que je te dis !!!  Un optimisme forcené et un désespoir total cohabitent en moi, j’ai toujours été un peu schizophrène- dixit mon psy- mais je ne me soigne pas. »

Pour finir je tombe sur un texte écrit à 16 ans, bien avant les amours plurielles, alors que j’étais une oie blanche plus vierge que Verseau : «Est-ce pureté d’être pudique ou pureté de satisfaire ses instincts comme à l’aube des temps ? Qu’est-ce que la perversité ? La pudibonderie aux rêves si souvent troubles, ou l’explosion de tous les désirs ? »

Conclusion de ce tri : on ne se refait pas, on se continue…

 


 

 

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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 11:25

"Tu n'imagines pas l'émotion, quand on largue les amarres. Les matelots s'activent à leur poste, tu entends des cris, des ordres, le grincement des amarres sur les winches, puis peu à peu la côte s'éloigne et il n'y a bientôt plus que la mer et l'odeur des vagues".  Je me souviens de ce cousin qui rêvait d’être steward sur un paquebot et de faire le tour du monde. Le sien s’est arrêté à Marseille, d’où il n’a jamais bougé et d’où il ne bougera plus puisqu’il est mort sans avoir jamais pris la mer.

Voilà pourquoi j’aime Olivier, cet autre cousin ou plutôt petit cousin, fils de mon cousin et parrain. Parce que depuis des années, avec des volte-face, des virements de bord, des efforts et sûrement des doutes, il nourrit sa passion pour la mer. Tout enfant, il grimpait en haut du mât des voiliers que skippait son père, lequel se faisait parfois insulter par des plaisanciers outrés qu’on fasse ainsi courir des risques à un gamin, alors que le résultat est là : à affronter ses peurs, on apprend à respecter la mer, à ne pas se prendre pour Rambo le marin, à acquérir peu à peu la gestuelle qui rend la navigation plus sûre et harmonieuse. Olivier a convoyé moult voiliers d’un port à l’autre, il a aussi tenu pendant plusieurs années un bar à la Rochelle, appris à faire le coup de poing avec les ivrognes qui traînent à l’aube sur les quais,  à dire « oui » et « non » quand il le faut pour garder son intégrité, passé quelque temps à faire le commercial dans une entreprise où il s’est coltiné avec la réalité économique, épousé une femme lumineuse, pris du temps sabbatique pour s’occuper de ses deux enfants, et décidé l’an dernier de reprendre des études pour devenir capitaine au long cours… Dur, dur, quand on a, comme il dit « souvent oublié le chemin de l’école » de s’y remettre à plus de 40 ans.

Mais aujourd’hui c’est fait : Olivier est capitaine d’un vieux bateau, le Nautile, avec lequel il organise des sorties en mer et des journées de pêche pour les estivants, secondé par Franck, qu’il a rencontré pendant ses études marines. Franck parle de la mer avec une justesse infinie et une fibre écolo à laquelle je suis évidemment sensible. Il a refusé de travailler sur des chantiers où on fabrique à la chaîne des bateaux de plastique collés avec des produits hyper toxiques, parce qu’il veut, pour cette mer qu’il vénère, la noblesse et la tradition du bois et de l’artisanat.

Un soir, ils nous ont emmenées en mer contempler le coucher de soleil. La côte s’éloignait, le brouhaha des terrasses de café s’estompait… La magie d’une sortie de port est indicible, tout comme la magie d’écouter le silence à peine troublé par le clapotis de l’eau sur la coque lorsqu’on a coupé le moteur et jeté l’ancre au large « La mer est ronde », comme disait Jean-François Deniau (je recommande ce petit livre à tous les amateurs de voile, chevronnés ou non) et la vue de l’horizon courbe remet l’humain à sa juste place : grain de sable dans l’univers, mais heureux, si heureux d’en faire partie.

 

Olivier et Franck vont passer cet hiver et le suivant à aménager le Nautile en vieux gréement. Enorme boulot en perspective, soucis d’argent à la pelle, mais comme dit mon cousin : « Je ne vais pas me plaindre si j’arrive à vivre de ma passion. »

J’aime ces parcours chaotiques, infiniment plus séduisants que le récit d’une carrière menée sagement après des études brillantes dans une entreprise qui vous octroie un salaire mirifique et des stocks-options, mais peu de rêves non tarifés et peu de temps pour le reste.

Si vous passez à Saint Martin de Ré avec l’envie de vivre un coucher de soleil sur la mer ou une matinée à taquiner le maquereau ou le bar, allez sur le port, et cherchez le panneau du Nautile. Allez, je vous donne même le numéro, c’est un cadeau, d’autant plus qu’Olivier a des airs de Brad Pitt et que vous dire de lui faire la bise de ma part est un plaisir que je vous offre. J

Le Nautile : 06 10 25 60 52

 

 

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 10:55

...Pas celle que vous croyez.  Celle qui fait que l’économie repose davantage sur les emmerdements que sur le bonheur et la sérénité.  Ainsi, pendant mes vacances, je découvre que des photos que j’avais visualisées début juin dans mon bel appareil ont disparu : « erreur de lecture, vérifiez votre carte ». Il est plein  d’humour, mon Pana, qu’est-ce que je vais vérifier puisque je ne sais pas pourquoi ces photos se sont effacées ni à quoi ressemble une carte mémoire malade ? J’éteins l’appareil, le remets en marche et l’écran se rallume. Vieux réflexe pris avec l’ordinateur : 80% des pannes se résolvent en éteignant et rallumant tout. Je sais que mes propos vont faire frémir les grands manitous informaticiens (n’est-ce pas François Granger ?) mais le fait est là, je ne suis pas la seule à l’avoir constaté. Je peux à nouveau prendre des photos, mais au retour de vacances, une quinzaine d’entre elles, pourtant visualisées sur l’écran, ont à leur tour disparu. Disparu de chez disparu. Et pourquoi quinze et pas la totalité ? « Ca arrive, diagnostique un pote qui a l’air de s’y connaître. Y a un bug qui a corrompu certains fichiers. »

En fouinant sur des sites Internet, je découvre qu’il existe des logiciels pour récupérer les photos perdues.  J’en télécharge un, sans résultat. J’en essaie un autre : ô miracle, bonheur et volupté, le logiciel analyse l’ensemble de ma carte et récupère les photos (tandis que certaines, que j’avais heureusement déjà enregistrées, ont subi quelques dommages, genre coupées en deux par une barre grise).  Tout est bien qui finit bien, certes, mais j’interroge : s’il existe des logiciels qui récupèrent les photos perdues, pourquoi ne pas utiliser l’intelligence des ingénieurs qui les conçoivent pour fabriquer des cartes qui ne se corrompent pas pour un oui ou pour un non ou des appareils capables de fouiller tout seuls dans leurs mémoires?

C’est comme les virus informatiques. Tout le monde craint d’être infecté, d’où prolifération d’antivirus qui justement interpellent : si chaque fois qu’un virus apparaît, l’antivirus existe dès son apparition, que n’invente-t-on pas des ordinateurs insensibles à la contamination, ça ne doit pas être plus compliqué ?

Tout simplement parce qu'un appareil qui fonctionne parfaitement est moins rentable qu'un appareil qui a des pannes et suscite une activité de réparations, achat de gadgets protecteurs, remplacement de pièces, etc.  Sans oublier l’énervement causé par les pannes qui alimente la consommation d’antistress et achats compulsifs pour se calmer… Quand les bas nylon sont apparus, ils ne filaient quasiment pas, la fibre Du Pont de Nemours ayant une solidité fantastique… que les ingénieurs de la boîte ont été priés de modifier afin que les dames renouvellent leurs achats.  Jusqu’aux collants d’aujourd’hui si fragiles qu’on les file parfois au premier enfilage, ce qui favorise l’achat de vernis à ongles incolore pour stopper le désastre.

Le fin du fin : fonctionner en cercle fermé. Il y a quelques années, naufrage de l’Erika, plages noires et mouettes pétrolées. Pour débarrasser leurs plumes du toxique épais qui les étouffaient, on les a nettoyées avec un shampooing fabriqué par une firme réputée pour ses produits naturels, mais dont le capital, à l’époque (ça a changé depuis) appartenait pour une bonne part à … Elf Aquitaine/Total,  propriétaire de la cargaison de pétrole de l’Erika !

Ca me rappelle une chanson de Joël Favreau, musicien talentueux que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, guitariste de Brassens et Maxime le Forestier, qui écrivait déjà au début des années 80 :  

http://www.joelfavreau.com/

 

Ce sont les mêmes qui créent la solution et le problème, qui créent la maladie puis nous vendent les remèdes"...

A propos de remèdes, qu’est-ce qu’on va rigoler cet hiver quand la grippe saisonnière arrivera !  Surtout, à la moindre poussée de fièvre, mal de tête ou courbatures, appelez les medias, prévenez le centre de vigilance de la grippe H1N1, apprêtez vous à voir votre maison cernée de gendarmes comme celle d’un vulgaire anarcho gauchiste et mettez votre plus beau pyjama ou nuisette: la TV vous filmera, un envoyé spécial vous interrogera non sans avoir revêtu un masque et désinfecté son micro, avant de conclure que vous allez mieux, et même très bien, que vous allez d’ailleurs reprendre une activité normale, et qu’on n’a pas eu recours au Tamiflu pour vous soigner, juste à des médicaments comme pour un gros rhume. (dernier bulletin de santé des enfants grippés)

Pour avoir son quart d’heure de célébrité, en 2009, inutile d’être Andy Warhol, il suffit d’avoir la grippe. On vit une époque formidable !

 

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8 juillet 2009 3 08 /07 /juillet /2009 16:43

http://www.youtube.com/watch?v=OZIvrvl8gRo



Les vacances sont vite oubliées. Dès hier, enregistrement d’une émission pour France-Inter « Un homme, une femme, un café, l’addition » présentée par Laurence Garcia (diffusion prévue le dimanche 9 août de 1Oh à 11h, sauf avis contraire). Invités : Patric Jean, cinéaste belge qui se qualifie de « proféministe » considérant que seules les femmes ont le droit d’être féministes, les hommes pouvant juste les accompagner sur ce chemin.  Ce distingo m’a étonnée, d’autant plus que Patric n’a eu de cesse d’affirmer que homme et femme, c’est pareil, qu’il n’y a aucune différence biologique et que seuls les conditionnements sociaux et politiques ont abouti à  « la domination masculine » titre de son documentaire qui sera diffusé en France et en Belgique en novembre 2009.

Nous étions d’accord sur nombre de points : oui, malgré les progrès obtenus, les femmes restent minoritaires dans toutes les instances dirigeantes et moins payées à poste et qualification égaux (voyez : on doit dire égaux à côté de qualification –féminin- juste parce qu’il y a poste –masculin- et qu’en grammaire comme ailleurs le masculin l’emporte sur le féminin, c’est une monde et c’est immonde tout de même !) Oui, les tâches ménagères restent majoritairement effectuées par les femmes et oui, les femmes battues ou verbalement et sexuellement agressées sont une réalité.

Par contre, où je me démarque de Patric Jean, c’est dans sa culpabilisation permanente d’être un « mec » qui l’a fait s’excuser lorsqu’il m’a tenu la porte en sortant du café : « Voyez, a-t-il dit d’un air piteux, encore un réflexe de mec ». J’appelle ça un réflexe de politesse, et même si c’est par galanterie, je ne suis aucunement choquée par la galanterie, bien préférable à la goujaterie !

L’astuce terrible des hommes,  c’est d’avoir persuadé nombre de femmes qu’elles trouveront le bonheur dans l’AAAAmûûûrrr, et que cet amour justifie tous les sacrifices, tous les renoncements, toutes les aberrations. Les machos brutaux ou grossiers ne méritent qu’une réaction : la fuite ! Or un nombre non négligeable de femmes affirment préférer les « vrais hommes » qu’elles décrivent comme des êtres dominants, protecteurs, gagnant plus qu’elles et possessifs ! Pire : voir dans le documentaire une femme expliquer qu’elle est battue est injuriée par son compagnon depuis 25 ans fait froid dans le dos ! Ce n’est pas à la seconde gifle qu’il faut s’enfuir et porter plainte, c’est à la première. Et même pas à la première gifle : à la première marque d’irrespect. Car l’irrespect d’un homme pour une femme, c’est comme tuer à la guerre : c’est difficile la première fois, ensuite il s’y fait très bien ( comme me l’ont raconté un certain nombre de combattants qui ajoutaient « c’est pourquoi il ne faut jamais commencer).  « Ah oui, répondent certaines femmes, mais ce n’est pas facile quand on est amoureuse. »

Bien sûr que ce n’est pas facile, bien sûr qu’on peut se tordre de chagrin parce qu’on quitte un homme, bien sûr qu’on peut être angoissée de se retrouver seule… mais avec un homme méprisant ou brutal, la rupture sera inévitable tôt ou tard, et si elle arrive tard, se fera dans la haine, les larmes et parfois même les coups et la mort. Mieux vaut que ce soit tôt, lorsqu’on n’est pas trop abîmée, pas trop dépréciée, quand on a encore un peu confiance en soi. Or la seule façon d’avoir confiance en soi, c’est de s’estimer assez pour mettre très vite des limites à ce que peuvent se permettre les autres avec ou plutôt contre soi. Pas seulement les hommes amoureux, mais aussi les employeurs, les copains, et même certaines femmes encore plus machos que leurs compagnons. La passion qui écrase et détruit n’est pas de l’amour, c’est du mythe romanesque,  une façon de combler un vide par un trop-plein hormonal.

Les hormones, Patric Jean ne voulait pas en entendre parler, estimant que virilité et féminité ne sont que des constructions sociales. Pourtant, c’est fascinant, ces molécules chimiques : un tout petit peu trop d’hormone thyroïdienne surexcite,  un tout petit moins vous fait raplapla.  Dans la revue « PREF », un transsexuel qui se pensait 100% homme dans un corps de femme s’est fait opérer pour ressembler physiquement à un homme. Il a dit dans son interview : « C’est quand j’ai eu les injections de testostérone que j’ai senti dans ma tête ce qu’est vraiment un homme. » Cette hormone donnait aux hommes préhistoriques l’agressivité nécessaire pour survivre dans un monde hostile.  Elle devait servir à faire face aux prédateurs, pas à être brutal avec les femmes.  Tout comme le cortisol et l’adrénaline permettent de réagir à un stress, mais doivent ensuite se calmer sous peine de provoquer des infarctus à ceux qui vivent constamment sous pression de ces hormones. Le problème n’est donc pas l’hormone, mais l’usage qu’on en fait…

De toutes façons, hommes et femmes sont biologiquement différents. L’un a un chromosome XY, l’autre est XX. Un chromosome de différence, c’est beaucoup de gènes dissemblables, au point que les généticiens disent qu’il y a plus de différences génétiques entre un homme et une femme qu’entre un homme et un singe. Ce n’est pas gênant, quand la différence biologique ne sert pas à établir une inégalité des droits.  Je déteste les stéréotypes féminins et masculins véhiculés par les medias pour des raisons économiques et politiques. Cependant, à l’inverse de Patric Jean qui ne voit dans les hommes que des oppresseurs et dans les femmes des victimes, je crois, pour les explorer depuis des années, que les hommes sont profondément fragiles et que leur sexe et les attributs de force, de domination et de réussite qu’on y attache et qu’on leur impose peuvent aussi être pesants, même si les machos- à fuir, je le répète- y tiennent.

Bref, je suis persuadée que les hommes ont tout à gagner à une égalité économique, sociale et sexuelle entre hommes et femmes. Egalité ne signifiant pas identité. Je sais que le plus subversif dans « le lutinage » n’est pas d’affirmer qu’il est possible et sain d’aimer au pluriel- de plus en plus de gens le vivent- mais d’établir une égalité totale entre homme et femme sur ce plan aussi. D’ailleurs, combien de fois m’a-t-on traitée de « mec » à cause de mes idées… Et si depuis des années les journalistes m’interrogent inlassablement sur ma liberté amoureuse, ce n’est pas parce que je suis libre, c’est parce que je suis libre ET femme.  Et j’y tiens, c’est stimulant…

Pour illustrer ceci, une petite chanson « Les z’hommes » de Henri Tachan en haut… et une chouette vidéo de Lauranne Simpère en bas, « Education féminine avec Barbie »

http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&videoid=55144082

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 23:23

Participé le 18 juin à l’émission de Brigitte Lahaie sur RMC, pour le Guide des amours plurielles. Durant une pause publicitaire, Brigitte m’a confié : « Quand on a exploré sa sexualité, on sait ce qu’elle apporte et ce qu’elle n’apporte pas. On peut alors avoir avec certains hommes des relations intenses sans sexualité, car on sait que la sexualité n’est qu’un élément parmi d’autres d’une relation amoureuse. Elle prend alors sa juste place. Malheureusement, il reste tant de tabous et de craintes que beaucoup de gens se focalisent sur la question sexuelle, au détriment du relationnel. »

Reçu le lien vers cette vidéo « Sarkozy, vampire des medias » à voir absolument. Tournée par des journalistes suisses, elle montre l’inféodation des journalistes français aux stratégies de communication du président.  Le stupéfiant n’est pas que celui-ci use et abuse de la communication télévisuelle. Comme dit en substance un journaliste : « NS a moins lu que ses prédécesseurs,  mais il a passé beaucoup de temps devant la TV. Il est significatif qu’il ait plusieurs fois dit à des  vedettes de l’écran : « nous faisons un peu le même métier ». On pourrait pourtant penser que la politique ne consiste pas seulement à jouer la comédie… » Le stupéfiant est que les journalistes se prêtent à ce jeu, qu’ils aient une telle fascination pour le strass, le protocole et l’apparat qui accompagnent les princes qui nous gouvernent… D’un pays qui a aboli la monarchie, c’est étrange.

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&bcid=673809#vid=10784729


Déambulé avec ma fille aînée dans les rues de  Paris.  On regardait les soldes tout en bavardant, et c’était bien plaisant. Je lui ai demandé « Il y a des choses qui te plaisent ? », elle m’a répondu « Oui, mais aucune dont j’ai réellement besoin. » Idem pour moi. On a finalement rien acheté. Sans aucune frustration, car en cas de coup de cœur, bien sûr, on aurait succombé avec délice.  Céder à un coup de cœur, un vrai, ça ne se refuse pas. Mais en shopping comme en amour,  ils ne sont pas si nombreux, et c’est un plaisir de gourmet de rester sélectif…


Apprécié la poésie involontaire de certains spams traduits du coréen en anglais puis en français, le dernier en date avait pour objet : Gain de plus la ténacité et pour message : La puissance de votre flèche et faire de votre fille une fois de gémir! Je n’ai aucune idée du produit qu’il veut promouvoir mais à mon avis, c’est sexuel !

 

Discuté avec un lecteur de la dimension politique du Lutinage. « Imagine que les politiciens, les chefs d’entreprise, et même les citoyens travaillent sur leur ego pour être moins narcissiques, qu’ils décident de partager les ressources et le travail, cessent de se mettre en compétition systématique et troquent la domination contre le dialogue … ces principes indispensables pour vivre le Lutinage harmonieusement modifieraient considérablement la vie en société.   


Décidé de gommer de mon emploi du temps les relations qui me pèsent, les raouts professionnels (il y en a heureusement de moins en moins, crise oblige) et certains dîners qu’on accepte avec des gens dont on ne raffole pas. Cela me permettra d’avoir plus de temps pour les gens dont je raffole…


Terminé mon roman « Jouer au monde » dans la nuit de jeudi à vendredi, d’abord entre 1h30 et 3h30, puis entre 7h et 13h.  Ne reste plus qu’à lui trouver un éditeur, ou à l’éditer. 


En attendant, je m’arrache à votre affection pour partir quelques jours : vélo, nature et papotages entre copines J. J’en rêve ! Retour le 5 juillet.

 

 

 

 

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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 10:29

Ce matin, je me suis réveillée en me disant « zut ! C’est lundi, faut que j’écrive un billetblog, le dernier date de vendredi ». Deux par semaine, rythme minimum mais mine de rien ça prend un temps fou : recherche d’idée, rédaction, mise en forme, recherche de photos… » puis réponse aux commentaires. Sans oublier la nécessité de programmer deux ou trois billets d’avance en cas d’absence, car la seule fois où je suis partie sans rien mettre et sans avertir les lecteurs de mon départ, j’ai reçu des réclamations en direct, via la rubrique « contact » : « ben alors ? T’es en vacances ? » avec un ton choqué qui s’entendait sans même que le mot soit en majuscules ou ponctué de smiley. C’est fou d’ailleurs l’inflation des smiley, j’ai même un correspondant qui m’écrit et, ne maîtrisant sans doute pas les codes smiley, met entre parenthèse (rires) ou mdr, ou ttr (très très rigolo, I presume) ça rappelle les feuilletons avec applaudissements et rires préenregistrés.

Bref,  quel bonheur de découvrir soudain sur l’un de mes blogs préférés un billet qui m’allait comme un gant : mille excuses pour ne pas faire de billet » http://blogborygmes.free.fr/blog/index.php/2009/06/21/1188-mille-excuses

En fait de mille, il y en avait 30, dont j’ai copié/collé celles qui me parlaient bien ...

  1. j'ai complètement oublié, c'est ballot ! 
  2. ... halte aux cadences infernales !  
  3. ... ma frange me tombe sur les yeux, je n'y vois plus rien. 
  4. ... je suis très fatigué en ce moment et je n'arrive pas à me concentrer 
  5. ... je travaille plus pour gagner plus (mais ça ne marche pas trop d'ailleurs) 
  6. ... je sors d'une séance de manucure et mon vernis à ongles n'est pas sec : je ne peux pas taper sur le clavier.  
  7. ... j'aime flâner sur les grands boulevards, y'a tant de choses, tant de choses, tant de choses à voir...  
  8. ... la touch "" d mon clavir n march plus, c'st assz g^nant j trouv.  
  9. ... je m'autocensure : j'ai peur que Sarkozy et ses sbires surveillent ce que j'écris.  
  10. ... j'ai un puzzle de 14000 pièces à finir (une reproduction d'un monochrome bleu de Klein).  
  11. ... j'ai une tendinite des deux poignets compliquée d'une luxation de l'épaule trois-quarts vrillée avec coup de pied à la lune.  
  12. ... mon *connasse* ordinateur a été *bordel* infecté par le virus informatique Gilles_de_la_Tourette et *grosse pute* je tiens à la tenue de mes billets *salope* 
  13. ... je n'avais pas envie et je me contrefous royalement des lecteurs.

 

Intéressante la dernière : pas envie… La seule vraie et bonne excuse, contrecarrée par le « il faut que j’écrive un billet sinon les lecteurs vont râler ». Moi qui m’insurge contre les « il faut » qui pourrissent la vie des gens sans raison, voilà que, ne me contrefoutant pas des lecteurs à l’inverse de ce cher TB, je me sens parfois obligée d’écrire tout en me posant des questions telles que : lecteurs, lectrices ? Quid de leur réalité, hormis les quelques-uns que j’ai rencontrés en vrai ? Pourquoi me sentir redevable de billets réguliers dont ils et elles se passaient fort bien avant que j’ouvre ce blog ? Qu’est-ce qu’une relation bloggueuse puisqu’on peut disparaître à tout moment sans prévenir ? Ca m’est arrivé d’aimer un blog et de sympathiser avec l’auteur, puis que celui-ci cesse d’y écrire, disparaisse, et que je ne sache pas son vrai nom, ni si il existait vraiment ou relevait d’une écriture automatique informatique, s’il était mort, etc.  Tout ce que je savais, c’est qu’il était passé dans ma vie comme une météorite,  et s’était désintégré de même, sans possibilité de retrouver sa trace. En contradiction totale avec mon goût des relations durables et réelles. En contradiction aussi avec mon désir de connaître les gens autrement que par la vue et l’ouïe (l’écrit/écran ou le téléphone), en sollicitant d’autres sens qui enrichissent la relation : ce n’est pas sexuel, c’est sensuel, je dirais même sensoriel.

Connaître les gens uniquement par Internet, c’est un peu comme connaître la mer en écoutant un CD de bruits de vagues ou en regardant des photos d’océan.  Internet est une merveille : on pense à quelque chose, on le googlellise, et on s’aperçoit que plein d’autres gens y ont pensé. Ca donne une impression de communauté d’idées sur lequel se fonde le succès de la toile- il paraît qu’il y a même un site de ceux qui ont essayé de récupérer la pièce du chariot de supermarché en enfilant le bitoniot sur leur propre chariot et pas sur celui de devant- ça donne aussi le sentiment que plus rien d’original ne peut être dit, que tout a été écrit ou pensé, mais cela, on le sait depuis longtemps : depuis les Grecs, comme dirait mon pote Nikos, on ne fait que peaufiner les découvertes du génie Hellénique. Mais cette merveille, loin de favoriser les relations réelles, peut les freiner. Je connais plein de filles qui draguent sur les sites de rencontres pour recevoir des dizaines de messages enamourés ou sexy par jour mais qui ne donnent jamais suite dans la vraie vie parce qu’elles n’ont pas suffisamment confiance en elle pour affronter la vraie rencontre et craignent de décevoir l’Homme. Ou parce qu’elles préfèrent être Reine d’un univers virtuel que candidate d’une entretien d’embauche amoureux. Une copine que j’ai appelée pour qu’on se voie parce que ça faisait un bail qu’on n’avait pas dîné et papoté ensemble m’a répondu « C’est vrai, ça fait longtemps, mais comme je lis ton blog régulièrement, j’ai l’impression de rester en contact avec toi. » Sauf que je ne sais pas qu’elle y vient, elle ne laisse jamais de com’ et que moi, je n’ai pas de nouvelles d’elle.

Alors voilà : pas de billet aujourd’hui, mais à ceux et celles qui lisent ce blog, je donne RV le 7 août à 20h sur le Pont des Arts à Paris pour pique-niquer. Sauf pluie battante, j’y serai.

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 09:03

Foin de la morosité, il y a parfois des nouvelles réjouissantes ! 

Le magazine « Alternatives Economiques » s’est vu décerner le prix du meilleur magazine par un jury pas spécialement altermondialiste et a vu ses ventes progresser de 20% depuis septembre 2008. Ce n’est pas le Journal de Mickey, ça ne se lit pas en 20 minutes, c’est du solide sérieux et ça touche de plus en plus de gens. Parce qu’Alternatives Economiques parle d’économie autrement, propose de changer de logique de pensée et donne des pistes pour une économie, humaine, viable et vivable. Encourageant, non ? De son côté, Courrier International, pas franchement rock and roll non plus, a progressé de 4,4% sur la même période, preuve que les français ne sont pas tous franchouillards.

En parallèle, les magazines Télé baissent du fait du déclin de la télé-réalité et de la désaffection du public pour le petit écran (au profit d’Internet, souvent) tandis que chutent aussi les magazines « people » !  Ces magazines qui ont fait leurs choux gras en 2008 de la  « pipolisation des politiques » et constataient que NS en couverture avec Carla leur faisait vendre 50 000 ex de plus, souffrent depuis janvier 2009 d’un écroulement de ce marché juteux : - 20% pour Gala, Voici et VSD. -15% pour Closer,  et même -8% pour le vénérable Paris-Match. Dépêchés en pompiers d’urgence, les audits consultés concluent que ces sujets « lassent le public » et que par ailleurs la médiocrité des articles, rédigés à la va-vite, explique la désaffection. Eh oui, journaliste est un métier où il faut prendre le temps d’enquêter, réfléchir, vérifier ses sources, écrire en français et éviter les fautes d’orthographe. Toutes choses considérées comme insupportables aux propriétaires de presse dès lors qu’ils doivent payer des professionnels pour ce faire. D’où le recours massif à des stagiaires rémunérés au lance-pierres que nul ne forme et qui, les malheureux, doivent improviser à la va-vite des « papiers » avec pour principal recours le « copié/collé » sur Internet.  La pratique s’étend d’ailleurs à d’autres magazines.


« Dans un souci d’économies, la DRH limite le remplacement des salariés en congé maternité,  maladie ou formation, qui, selon le président, coûtent cher à l’entreprise »… Dans plusieurs services la rotation ininterrompue de stagiaires revient à pérenniser des postes réels et nécessaires qui ne sont pas pourvus par des embauches véritables… (La déléguée) alerte la direction sur le fait que ces pratiques de non-remplacement et de petites économies peuvent nuire à la qualité des journaux, et donc au retour de la pub et de la vente au numéro. (extraits de PV de réunion Direction/CE d’un groupe de presse féminine)

 



La mauvaise nouvelle, c’est que les dirigeants d’entreprise ne pensent qu’à réduire la masse salariale quand ils veulent faire des économies. La bonne nouvelle, c’est que  les résultats de cette politique se traduisent aujourd’hui en pertes  de chiffre d’affaires. Deux raisons de se réjouir : 1) Cette chute des ventes de magazines réalisés avec des bouts de ficelle va peut-être rappeler aux dirigeants de presse que payer correctement des gens pour faire leur métier est finalement rentable. Cela ne concerne pas que la presse : les nombreux retours d’objets « made in China » pour défauts de fabrication  ou risque pour l’utilisateur en sont une autre manifestation.

2) les lecteurs sont sensibles à la qualité rédactionnelle des magazines, lisent de plus en plus la Princesse de Clèves et tiennent à leur culture plus qu’à leur confiture ! http://punctum.blog.lemonde.fr/2009/02/14/lhomme-qui-sauva-la-princesse-de-cleves/

Reste une question : les gens qui lisaient GALA sont-ils les nouveaux lecteurs d’Alternatives Economiques ? :)


 

 

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