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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 17:35

Ce jour là, le vieil homme s’endormit à grand peine.  Dans son sommeil troublé, il entendit une clameur. Sur l’air de la chanson « C’est Thérèse, qui rit quand on la baise » des milliers d’africains scandaient « Benoît Seize… » et, présupposant que le saint homme ne saurait s’esclaffer  dans une telle circonstance, remplaçaient le verbe rire par  le verbe prier…

Le saint Père se réveilla en sursaut de son cauchemar,  transpirant de honte et de führer.  Il ne pouvait s’empêcher de visualiser la scène chantée par la foule et en ressentait un émoi qui le promettait assurément aux flammes de l’enfer- Satan l’habite- car une simple pensée de luxure constitue un péché, selon les dogmes de l’Eglise. Mais au lieu du Diable, il aperçut au pied du lit un couple tout de blanc vêtu, le Christ et sainte Thérèse. La sainte riait à belles dents, ravie du détournement de la chanson, qui l’avait du reste toujours amusée, même en version originale. Le fils de Dieu s’adressa au vieil homme d’un ton sévère : « N’as-tu pas honte de toi ? De quel droit oses-tu condamner des milliers d’hommes et de femmes à la maladie et à la mort avec tes propos inconséquents ? Ne sais-tu pas que Dieu seul a pouvoir de décider de la destinée des êtres qu’il a créés ? »

-Mais Seigneur, je voulais les ramener à la morale chrétienne… »

-Nom de moi-même, s’écria le Christ, quand te décideras-tu à chasser les marchands hors du temple comme je l’ai fait, au lieu d’être un obsédé sexuel ? Sache que Dieu ne crée rien au hasard. Si mon Père- qu’il soit loué car il n’est pas à vendre- a créé l’homme et la femme sexués, c’est bien pour qu’ils se servent de ces organes.

-Pour procréer, Seigneur, pas pour le plaisir !

-Benoît, même si tu ne pratiques pas ce jeu dont tu entends paradoxalement fixer les règles, tu n’ignores pas que j’ai doté les femmes d’un clitoris ?

-Oui, Seigneur, je l’ai appris en classe scientifique au temps de mon adolescence.

-Ce clitoris, organe majeur du plaisir féminin, est inutile pour procréer. Si je l’ai créé, moi qui ne fais rien sans grand dessein, c’est bien parce que je voulais que les femmes aient du plaisir. Si l’acte sexuel ne donnait aucun plaisir, crois-tu qu’après avoir subi une fois les douleurs de l’enfantement, elles accepteraient d’enfanter à nouveau ?

Le vieil homme tenta une ultime estocade, ce qui à y réfléchir constituait un péché majeur : contredire la divine parole !

« Seigneur, même si le plaisir sexuel n’est pas un péché, il doit néanmoins se pratiquer exclusivement au sein du couple marié, et dans ce cas, il n’est nul besoin de préservatif. »

Jésus baissa la voix et chuchota à l’oreille du saint  Père : «  Je te rappelle que ma mère était mariée avec Joseph- un saint homme, ce Joseph- et que Joseph n’est pas mon Père, Dieu en est témoin. Alors, je t’en prie, pas d’allusion blessante de ce type. »

Au loin, les clameurs avaient changé. En lieu et place de la joyeuse chanson paillarde sur fond de tam-tam, on entendait des voix viriles et s’élever contre la fermeture prochaine de leur usine.

« Vois-tu Benoît, soupira le Christ, je comprends l’inquiétude de ces ouvriers du pneu, mais en même temps, l’économie ne doit pas occulter le problème écologique.  Avec leurs hydrocarbures, les humains ont bousillé l’atmosphère pure que j’avais créée.  La crise dans l’automobile n’est pas un mal en soi si cela peut réduire le nombre de voitures e la pollution. Le tout est de trouver comment faire travailler ces gens. Après tout,  nombre de métiers du passé ont disparu et de nouveaux sont apparus.  Il faut chercher ce qui sera utile à l’humain, sauver des vies plutôt que détruire ou tuer…

A cet instant, une colombe entra par la fenêtre entrouverte et se posa sur la tête du vieil homme qui s’illumina soudain d’une flamme ondulante. Jésus éclata de rire :

« Tu ne te renouvelles pas, Esprit-Saint ! Depuis la Pentecôte, tu nous fais le coup. Enfin, si ta flamme peut éclairer Benoît, je te et nous rendrai grâce, et à mon Père aussi. »

Les  JT du lendemain ouvrirent sur cette nouvelle :  cherchant des débouchés pour le latex servant à la fabrication des pneus, Continental, Goodyear et Pirelli s’associaient pour créer la plus gigantesque fabrique de préservatifs du monde, destinés aux pays les plus touchés par le SIDA. Le Vatican avait décidé d’investir massivement dans ce projet.

 

 

 

AUJOURD’HUI 22 MARS, JULIEN COUPAT, N°D’ECROU 290173, EST DETENU DEPUIS 128 JOURS. NE PAS L’OUBLIER, NE PAS S’HABITUER SURTOUT, S’HABITUER A L’INJUSTICE, C’EST LE DEBUT DE LA SOUMISSION…

 

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 08:05

 

Chaque semaine sortent dix à quinze films, qui auront bien du mal à se faire connaître. Sauf les deux ou trois dont parlent tous les medias jusqu’à saturation. Je ne connaissais pas bien Gad Elmaleh, mais avec la promotion de son film « Coco »,  on ne voit que lui, on n’entend que lui : deux heures de Drucker, une émission, spéciale avec Foucault, invité sur Europe 1, au JT de 13h, sur Canal+… Plutôt sympa d’ailleurs, avec une réplique de son film qui m’a fait hurler de rire, quand le médecin demande à Coco le bling-bling « Vous avez la carte Vitale ? » et que celui-ci répond : « Oui, j’ai la carte Vitale GOLD. » Je me suis dit que dans son œil semblait friser un certain détachement, une ironie face à la frime.

Quel dommage qu’il ait perdu une occasion de se taire avec sa défense erronée du bouclier fiscal genre « déjà, prendre 50% de ce qu’ils gagnent aux riches, plus l’impôt sur la fortune, ça suffit… » Coco, arrête, tu vas me faire pleurer.

D’abord les 50% incluent non seulement l’impôt sur le revenu, mais aussi celui de solidarité sur la fortune (ISF), la CSG/ CRDS sur tous les revenus (placements, revenus du patrimoine) la taxe d’habitation et la taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâties concernant la résidence principale et certaines taxes additionnelles à celles-ci. C’est un peu comme mon épicier qui clame « quand j’ai payé mes impôts, mon loyer, ma bouffe, les études des enfants et les vacances, il ne me reste rien. » Eh bien, aux hauts revenus de 300 000 € par an visés par  l’amendement Mehaignerie, il reste encore 150 000 € par an : plus de dix ans de SMIC.  Leur demander à titre exceptionnel une contribution de solidarité, est-ce si cruel ?

Rappelons aussi, une fois de plus, que si vous atteignez le taux d’imposition sur le revenu de 50%, vous ne versez pas au fisc 50% de ce que vous gagnez vu que les tranches sont pro-gres-si-ves. Prenons un exemple mathématiquement simple. Imaginons des tranches à 10, 20, 30, 40 et 50% d’imposition tous les 10 000 euros gagnés. Le seul pèlerin qui paie réellement le taux annoncé, c’est le plus pauvre, celui à qui on prend 10% de ses 10 000 euros, soit 1000 €. A celui qui gagne 20 000 euros, on prendrait 1000 € sur la première tranche, et 2000 € sur la seconde, soit 3000 en tout.  3000 € pour 20 000 gagnés, ça ne fait plus que 15% et non 20%.

Et pour le taux à 50%, cela ferait : 1000 +2000+3000+4000+5000= 15 000 € pour 50 000 € de revenus, soit un taux réel de 30%. De cela, vous déduisez les abattements pour frais professionnels, les crédits d’impôts, les réductions pour investissement dans les îles, pour achats de bateaux, pour contrats d’assurance-vie, pour aide aux associations, etc… et vous vous apercevez que l’impôt réel est bien inférieur au taux annoncé, jusqu’à la moitié, voire moins. Ffff… tout ça me rappelle le temps où j’étais percepteur !


Alors Coco Elmaleh, tu défends ton film, c’est ton boulot, mais s’il te plait, donne pas ton avis sur des choses où tu n’y connais rien,
merci.


Et pour conclure :

-POURQUOI PLAFONNER LES IMPOTS DES PLUS RICHES ET REFUSER DE PLAFONNER LEURS REVENUS ?

-JEAN-FRANÇOIS COPPE ESTIME QU'« EN TEMPS DE CRISE, ON A BESOIN DE GENS FORTUNES ». NE SONT-CE PAS JUSTEMENT CES GENS TRES FORTUNES QUI SONT A L’ORIGINE DE LA CRISE ?

Comme a dit un jour Yves Rocher à son fils Daniel Jouvance : « L’argent, c’est comme l’eau, c’est vital, il en faut, mais quand il  y en trop cela pourrit jusqu’aux racines. » Je n’ai rien contre l’argent ni les riches, j’en ai contre l’arrogance, l’égoïsme forcené, les écarts de revenus de 1 à 500 ou davantage qui ne se justifient par aucune une valeur humaine ajoutée. Est-il acceptable que certains gagnent en cinq minutes autant que d’autres en un an ? Qu’un milliard de terriens n’aient toujours pas d’eau potable ou que pour exploiter pas cher des mines en Afrique, les compagnies occidentales polluent sans vergogne au point que les gosses des villages voisins ont un taux de plomb dans le sang tel qu’ils devraient déjà être morts et le seront bientôt. »[1]


[1] Information toute fraîche de ma fille Anne-Sophie, de retour de mission  en Zambie

 

 

 

 

 AUJOURD’HUI 19 MARS, JULIEN COUPAT, N°D’ECROU 290173, EST DETENU DEPUIS 125 JOURS. RAPPELONS QU’EN DROIT FRANÇAIS LA DETENTION PROVISOIRE DOIT RESTER L’EXCEPTION ET ETRE JUSTIFIEE PAR UN MOTIF SERIEUX. LEQUEL ?

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 16:13

Vous en rêviez depuis des mois. Ce jour là, le cœur battant, vous avez osé franchir la porte. L’hôtesse vous a remis une serviette et une clé de vestiaire, puis informé gentiment sur le caractère « coquin » du lieu avant de reprendre sa conversation téléphonique. C’est alors que vous avez remarqué qu’elle était enceinte jusqu’aux yeux. Paradoxalement, cela vous a apaisé- une future mère, c’est rassurant- et choqué, comme si le bébé pouvait voir ce qui se passait en ces lieux. Il ne s’y passait pas grand-chose d’ailleurs.  Vous avez entendu des gémissements de plaisir et vous êtes dirigé vers eux, pour découvrir qu’ils provenaient d’un film X devant lequel s’astiquaient silencieusement trois hommes mûrs.  Au sauna, un couple nu s’embrassait et se caressait. Vous vous êtes assis près d’eux, surpris qu’ils vous laissent les observer, un peu gêné de votre érection naissante sous la serviette. Mais la femme vous a souri, a posé une main sur votre cuisse et vous a caressé quelques instants, tout en suçant son compagnon.
Ils se sont vite levés pour sortir. La chaleur du sauna les incommodait. Quelques instants après, l’homme est revenu vous voir. Il vous a demandé si vous accepteriez de « baiser sa femme comme une chienne». Vous avez suivi, hésitant. Dans la cabine fermée à clé, vous n’osiez pas regarder la femme offerte. Les deux époux ont souri : « c’est un jeu, n’ayez pas peur, a dit l’homme. Allez-y à fond, elle adore ça. » 

Dans la brasserie voisine où je prenais un café au bar, j’ai remarqué votre air troublé. Il a suffi d’un échange de regards. Très vite vous m’avez raconté combien c’était bizarre, cette femme inconnue que jamais vous n’auriez osé aborder dans la rue, écartant ses jambes pour vous sous les yeux de son mari qui l’encourageait.  Vous étiez bien loin de vos fantasmes sulfureux, loin de votre quotidien amoureux où les filles refusent presque toujours. Le sexe était devenu si simple que vous n’en reveniez pas, mais vous vous demandiez si c’était bien ou mal. 

Ni bien, ni mal. Réel. Le sexe résumé aux gestes est extrêmement banal. Filmés en gros plans génitaux- c’est tout l’ennui des films porno- le président de la république, une actrice sublime, un écrivain, un ouvrier fraiseur ou une call-girl donneraient des images similaires.  Ce n’est pas mauvais de le savoir, si cela permet aux gens de se décomplexer sur les prétendues prouesses amoureuses nécessaires pour être « un bon coup », si cela conduit les filles trop romanesques à cesser de se pâmer « je l’aiiiiiime ! » dès qu’un homme les fait jouir, parce qu’elles auront découvert que ce plaisir peut s’obtenir avec bien du monde et même des inconnus. La banalisation du sexe a l’avantage de lui  ôter son côté interdit, sulfureux, et d’apprendre à ne plus confondre plaisir et amour.

Ensuite, tout dépendra de ce que vous ferez de cette réalité.

Vous pouvez ne plus avoir envie de faire l’amour, ce qui serait dommage…

Ou alors vous dire qu’il faut augmenter les doses pour retrouver des sensations fortes, essayer des techniques de plus en plus hard, des jeux sexuels de l’extrême, des stimulants chimiques…. C’est ce qu’essaient de vous faire croire les marchands de sexe tarifé qui commercialisent de l’excitation avec la même logique que les trafiquants de drogue et le même résultat addictif, où le plaisir cesse d’être épanouissant pour devenir destructeur.

Vous pouvez enfin, débarrassé des tabous qui parasitent la sexualité (c’est mal, c’est sale) débarrassé des confusions entre sexe et amour (chantage affectif, enjeu excessif) vous interroger enfin sur son mystère, si bien résumé par Benoîte Groult dans « Les vaisseaux du cœur », que je vous engage vivement à lire si vous voulez connaître mieux les femmes : « Comment capter cet espoir de ciel qui luit entre les jambes des hommes et des femmes ? »

Cet espoir de ciel qui fait courir l’humanité depuis qu’elle existe…  A présent que vous avez constaté la banalité des gestes, il vous reste à comprendre pourquoi ces gestes peuvent être juste excitants ou totalement bouleversants. Découvrir le désir qui vous fait trembler en regardant sourire telle fille qui vous plaît et pourquoi vous avez envie de goûter sa peau et pas une autre ?

« Un désir né… à cause de son air libre et serein, sa façon d’habiter son corps, les livres qui dépassaient de sa besace, sa réaction quand il a vu que je le regardais bander… Et puis non, ce n’est même pas cela. Mon désir est né de l’émotion irrationnelle qui m’a saisie à la seconde où il est entré dans le wagon… Le désir ne s’explique pas, c’est ce qui fait son charme et sa profonde injustice. » (Ce qui trouble Lola.)

Le désir ne vous ennuiera jamais car il n’est pas répétitif. Je vous souhaite de savoir le suivre et de refuser le reste. Et, comprenant qu’il est libérateur de parfois dire « non », de respecter les refus des filles qui ne vous jugent pas, ne vous en veulent de rien mais simplement ne vous désirent pas. Vous en rencontrerez forcément qui vous désireront et que vous désirerez, et là, vous aurez la réponse à votre question : « C’est dommage que le sexe soit si banal, non ? » Oui, ça l’est si vous vous en tenez au sexe. Non, ça ne l’est pas, si cette banalisation vous délivre de vos inhibitions et vous  permet d’explorer ensemble vos fantasmes, de découvrir ce trésor qu’on appelle intimité qui n’a pas de recette autre que le temps et l’attention, et de vous amuser en faisant l'amour, car c'est aussi un jeu délicieux. 
J’espère que vous lirez ce billet, car vous ne m’avez donné ni votre nom, ni votre adresse.

 

 

 

 

 

AUJOURD’HUI 16 MARS, JULIEN COUPAT, N°D’ECROU 290173, ENTAME SON 5è MOIS DE DETENTION A LA PRISON DE LA SANTE SANS AUCUNE PREUVE QU’IL AIT COMMIS LE MOINDRE DELIT. NICOLAS S. SI PROMPT A JOUER LES LIBERATEURS (INFIRMIERES BULGARES, MEMBRES DE L’ARCHE DE ZOE, INGRID BETANCOURT, FLORENCE CASSEZ) EST BIEN INEFFICACE SUR CE DOSSIER LA.

 

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 14:35

Ce matin j’entends cette info à propos du Salon du Livre: « Le livre ne connaît pas la crise ». Heureuse nouvelle pour moi qui vient de recevoir d’un cabinet d’avocats l’annonce de la mise en règlement judicaire d’un de mes éditeurs et le formulaire pour réclamer ce qu’il me doit. Mais c’est vrai, les livres attirent et se vendent car en temps de crise, c’est une détente indispensable et pas chère : 6 à 20 euros, qu’on peut lire, relire et prêter, bref un luxe. Le luxe, d’ailleurs ne connaît pas non plus la crise : le caviar, le foie gras, les Ferrari, le saumon sauvage et les stations de ski ont le vent en poupe.

Et de même que toute catastrophe peut stimuler l’économie - comme les cancers, grands boosters de l’activité pharmaceutique et hospitalière- la crise elle-même crée de l’activité : les sites Internet et journaux économique sont florissants, ainsi que la vente de coffres-forts à des particuliers qui ne veulent plus donner leurs sous aux banques.

Certes, l’automobile est en crise, et avec elle les équipementiers, mais pas partout : les constructeurs qui ont prévu l’évolution écologique et proposent des voitures petites, sobres et peu polluantes voient leurs carnets de commandes se remplir, les autres n’ont que ce qu’ils méritent.  Les séries TV sur TF1 – Père et Maire, Navarro, etc- sont en crise au profit des séries américaines… et peut-être de nouvelles séries françaises plus innovantes, qui sait ? C’est au téléspectateur de décider quelle soupe il veut savourer, c’est lui le maître de l’Audimat.

Au total, il y a des choses réjouissantes : la culture va bien, les expositions font le plein, les salles de  cinéma voient leur fréquentation augmenter, les œuvres d’art (succès de la vente des collections Bergé/St Laurent) s’arrachent,  même les théâtres fonctionnent bien en ce début d’année, comme si, face à des informations trop trivialement monétaires, les gens avaient besoin de s’aérer la tête et de s’élever l’âme. On verrait bien ainsi se dessiner une nouvelle société, moins matérielle et plus culturelle.

Ne rêvons pas  cependant : la baisse des ressources des collectivités locales, principales sources de financement des artistes peu connus, et la baisse du mécénat bancaire à cause de la crise financière risquent de freiner la création… à moins que ne s’en dessine une nouvelle forme, moins coûteuse et malgré tout stimulante.  Le fourmillement créatif sur Internet avec des bouts de ficelle- qui a parfois révélé d’authentiques talents- sans parler de KINO, que j’ai déjà évoqué ici[1], montre que les jeunes artistes sont bien actifs. Pas dans le luxe, mais dans leur passion, ce qui n’exclut aucunement qu’on les paye correctement, mais sort de l’idée que l’artiste ne peut être qu’un va-nu-pieds crève la faim ou un parasite de soirées mondaines parrainées par les marques de luxe.

Bref, selon ce qu’on en fera, cette crise pourra être négative en restant dans la logique prédatrice actuelle : Total, Areva, la mafia, le commerce des armes et celui de la drogue ne connaissent pas non plus la crise[2], ou elle dessinera les contours d’une nouvelle forme d’économie, basée davantage sur l’être que sur le paraître, sur la culture que sur le clinquant, sur l’écologie et le lien social que sur l’individualisme arrogant.

Finalement, c’est bigrement passionnant, cette crise...



[1] Et dont ma fille Lauranne parle sur le site Clermont Première, rubrique « un week-end en Auvergne », minutes 13 à 16.

[2] Taper « ne connaît pas la crise » sur Google et vous aurez un panorama assez complet ;


Aujourd'hui 13 mars, ce serait l'honneur des juges de la Cour d'Appel de Paris de libérer Julien Coupat, détenu depuis le 15 novembre 2008,. Ils feraient ainsi la preuve de l'indépendance de la justice, sans nuire le moins du monde à la poursuite de l'enquête.


Je viens de rentrer: Eh bien non, le parquet est toujours couché et Julien coupat toujours en prison. Shit!

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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 15:20

Une copine du Nord me racontait qu’au collège, dès la sixième, y avait la bouteille de Valstar d’un litre sur la table de la cantine.  Au dîner familial, on lui servait de l’eau rougie : un doigt de vin, cinq doigts d’eau.

Puis il y eut les premières campagnes pour lutter contre l’alcool au volant : « Un verre, ça va… trois verres, bonjour les dégâts »,  ça restait raisonnable.

Puis les campagnes pour la santé : pas plus de trois verres par jour pour un homme, deux verres pour une femme sous peine de terribles maladies. Là, c’est déjà plus discutable car les cancers comme les maladies cardiovasculaires sont multifactorielles et on devrait incriminer tout aussi bien les graisses, les pesticides, les cancérogènes professionnels, les hormones en excès, l’embonpoint, le manque d’exercice, le stress, les gènes favorisants et le hasard de la vie qu’on appelle « pas de chance ».

Ensuite vint la campagne « pas une goutte d’alcool pendant la grossesse », sous peine d’engendrer que des dégénérés, ah mais ! Moi qui ai conçu l’une de mes filles après un réveillon du 6 janvier- oui, chez nous, on célèbre Noël du 24 décembre à fin août, c’est plus festif- et l’autre après une bouteille de champagne offerte par l’hôtel Ibis pour s’excuser d’un lit défectueux, pas si défectueux que ça à la réflexion, je me suis dit- en émérite journaliste médicale - que cette recommandation était quelque peu exagérée. Comme me dit un ami vivant en Russie : « Quand je pense que toutes ces superbes filles de l’Est sont en grande majorité issues d’un père et d’une mère alcoolisés à la vodka de sciure de bois, la plus dure pour les neurones, ça m’interpelle »  Mon médecin de famille me l’a confirmé : « Le danger, c’est l’alcoolisation massive qui attaque fort le fœtus. Il est plus dangereux de prendre une ou deux cuites pendant sa grossesse que de boire un verre de vin par jour. Cette campagne est donc doublement mal ciblée : elle va culpabiliser et effrayer nombre de femmes que l’alcoolisation ne concerne pas, et par contre ne prévoit aucun suivi des femmes enceintes alcooliques,  qui ne peuvent pas arrêter seules de boire et devraient être aidées pendant leur grossesse. »

Dernière salve en date : une étude affirmant que le risque de cancer augmente avec seulement un verre de vin par jour.  Vingt ans de journalisme médical m’ont montré les limites et les biais des enquêtes dites scientifiques. D’ailleurs, une étude danoise avait conclu que le vin- à raison de un ou deux verres par jour- protégeait des cancers versus une population de buveurs d’eau, une autre avait trouvé que les antioxydants contenus dans le vin protégeaient les cellules du stress oxydatif, première étape vers la cancérisation.  Bref, on peut toujours trouver une étude qui conclut dans le sens souhaité,  sans parler de celles dont la conclusion est donnée avant l’étude, à charge pour ses responsables de sélectionner les résultats qui vont dans le sens souhaité. C’est ainsi que pour promouvoir la vaccination massive contre l’hépatite B, on avait sorti d’effarantes statistiques faisant croire à une maladie quasiment toujours évolutive vers un cancer ou une cirrhose (ce qui est rigoureusement faux) et sévissant de façon endémique en France (tout aussi faux). Depuis, les pendules ont été remises à l’heure mais voici qu’on nous remet ça avec le vaccin contre le papillomavirus, très discutable également, p’têt ben que j’en reparlerai.

Donc, un verre de vin= risque de cancer accru est une donnée bien douteuse, car le risque de cancer est très difficilement évaluable. On ne dispose même pas en France de statistiques complètes sur tous les cancers déclarés, alors sur les individus à risques !!! De plus, si on peut étudier le risque de cancer lié à l’alcool chez un rat génétiquement modifié pour être « neutre » et vivant dans une cage sans autre facteur de risque, comment évaluer celui d’une personne dont un parent proche a eu un cancer, qui a fumé dans sa jeunesse, mange des conserves bourrées de E… quelque chose, a respiré de l’amiante à  la fac Jussieu, téléphone une heure par jour avec son cellulaire, est stressé par la crise,  bouffe des légumes plein de pesticides, réchauffe ses plats dans des barquettes en plastique cancérigènes, inspire l’air pollué des villes et des campagnes et les vapeurs de Super 95 (bourrées de benzène, grand cancérigène) en faisant le plein, décape son moteur de voiture au trichlo,  et utilise des teintures pour cheveux pleines d’éthers de glycol.

Alors qu’ils nous lâchent la grappe, par Bacchus ! Y en a marre de reporter « la responsabilité » des cancers sur les individus alors qu’on en aurait évité quelques milliers en interdisant l’amiante dès les années 1950 où il était prouvé que c’était un cancérigène grave (l’interdiction a été totale et définitive en France en 1997), que le lobby de l’industrie chimique freine l’application du plan REACH sur l’évaluation des 10O 000 molécules chimiques commercialisées sans que leur effet à long terme sur la santé ait été le moins du monde évalué, que les fabricants de téléphones cellulaires jugent « non crédibles » les études qui suggèrent un effet néfaste des ondes électromagnétiques sur les rats, alors qu’on utilise les mêmes rats pour nous dire d’arrêter de boire un verre de vin quotidien qui fait moins de mal aux neurones que les antidépresseurs et anxiolytiques prescrits larga manu par les médecins. Comme m’a dit l’un d’eux : « Bizarre : la consommation de vin baisse depuis 40 ans, tandis que les cancers augmentent. Ce qui a augmenté en parallèle, ce sont les traitements chimiques de la vigne. Bois du vin bio ou provenant de pays qui ne traitent pas ou peu. »  Toutes ces recommandations sanitaires me rappellent l’histoire du type qui voulait vivre longtemps. Son médecin lui a interdit l’alcool, le tabac et les femmes. « Et comme ça, je vais vivre longtemps ? » interroge le patient. –Je n’en ai aucune idée, avoue le médecin, mais ça va vous sembler long.

PS : par contre, je suis OK avec la lutte contre la recherche du coma éthylique par certains ados. Quoique il serait indispensable - en plus de l’interdiction des bars ouverts- de se demander quel désespoir les pousse vers des comportements toxicomanes, et pourquoi nous avons fait une société où l’addiction à l’argent, au pouvoir, à Internet, au jeu, au sexe,  à la TV, au pétard a remplacé la saine consommation de tous les plaisirs de la vie, sans dépendance.

 

 

DEPUIS LE 15 NOVEMBRE 2008, JULIEN COUPAT, n°d’écrou 290173, RESTE EMPRISONNE A LA PRISON DE LA SANTE. LES JUGES D’APPEL DOIVET STATUER SUR SA DEMANDE DE REMISE EN LIBERTE LE  13 MARS. CROISONS LES DOIGTS !   

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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 23:29

Dîner de potes, ça papote… Tout à coup une voix s’écrie « Devinez qui j’ai rencontré par hasard ? Zoé ! Oui, la petite Zoé F… Ca faisait  bien vingt ans que je l’avais perdue de vue. » Les convives s’esbaudissent,  plusieurs d’entre eux la connaissaient aussi. « Elle était plutôt  mignonne… » fait l’un. – C’est toujours une jolie femme, confirme celle qui l’a rencontrée, mince avec de grands yeux. –Que devient-elle, depuis tout ce temps ? »  Elle a fait des études brillantes, changé deux fois de boulot, a voyagé, s’est mariée, a eu des enfants, puis divorcé … Une fille sportive, débrouillarde, de surcroît un brin artiste. « 
Intelligente et bien roulée, apprécie un des
hommes qui apparemment ne connaît pas Zoé, ça doit valoir le détour ! » Sa femme fait la moue : « Intelligente, hmmm. Tu sais, elle avait une intelligence plutôt… disons… très physique.  –C’est vrai ! renchérit une autre, c’est pas elle qui… - Oui, s’exclame une troisième, tu te souviens de cette soirée… »  Tout le monde s’exclame et parle en même temps, mais dans le brouhaha on comprend que ladite Zoé, à 18 ou 20 ans, a fini une soirée bien arrosée avec un pote de la bande qui avait bien dix ans de plus qu’elle, et que la copine dudit pote était partie en pleurs. 

Une convive qui n’a pas connu cette époque pose une question à sa voisine, dans le tumulte, j’entends la réponse : « Zoé, c’est une fille qui avait terriblement besoin d’affirmer sa féminité auprès des mecs. Son intelligence, elle la mettait surtout dans ses seins. Qui attiraient bien des regards. » Je proteste : « Apparemment, elle ne l’a pas mise que dans ses seins, vu tout ce qu’elle a réussi depuis quinze ans et tout ce qu’elle sait faire. Et puis d’abord, elle a le droit de faire ce qu’elle veut de son cul, en quoi ça vous regarde ? »  Ma remarque a stoppé les médisances féminines sur ladite Zoé- que je n’ai pas connue- dont le tort est évidemment d’avoir plu aux copains de la bande.

Eh bien les filles, on n’est pas sorti de l’auberge ! Tant que certaines femmes prendront toute jolie fille comme une potentielle rivale, tant qu’elles trouveront normal qu’un homme soit un  séducteur ( elles n’eurent pas un mot de critique sur l’homme qui avait dragué Zoé durant cette épique soirée) mais considéreront la séductrice comme une salope ou une pétasse,  les machos auront de beaux jours devant eux et on continuera à célébrer chaque 8 mars une Journée des femmes- que les journalistes s’obstinent à appeler Journée de LA Femme, comme s’il y avait une entité « femme » à laquelle toutes les femmes peuvent se réduire- résumant ainsi la moitié de l’humanité à une espèce à protéger : au mieux fragile, au pire inférieure.

 
DEPUIS LE 15 NOVEMBRE 2008, JULIEN COUPAT, n°d’écrou 290173, RESTE EMPRISONNE A LA PRISON DE LA SANTE. ESPERONS QUE LES JUGES D’APPEL CONFIRMERONT LE 13 MARS LA DEUXIEME PROPOSITION DE REMISE EN LIBERTE FAITE PAR LE JUGE DE PREMIERE INSTANCE, A LAQUELLE S’OPPOSE SYSTEMATIQUEMENT LE PARQUET (pour les non juristes : les juges du siège sont indépendants, le parquet est sous l’autorité hiérarchique du Ministère de la Justice)


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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 00:04

Beau temps vendredi, mais à l’intérieur du Palais de justice, la météo n’avait guère d’importance. Une centaine de personnes étaient rassemblées. Si elles représentaient la fameuse mouvance ultragauche radicale anarchiste qui hante les cauchemars de MAM, celle-ci est fort variée : des dames bien mises en tailleur, des hommes à cheveux blancs ou grisonnants, des jeunes propres sur eux, cool et sympa, des quinquas babas, l’inévitable chevelu qui passe de groupe en groupe en disant « moi, je sais, la vérité… » à propos de tous les sujets, de Julien Coupat à la situation en Guadeloupe, en passant par le procès Colonna. Surprise, je retrouve Marco, ami de ma copine québécoise Martine, pas vu depuis trois ans !
Face à nous,  deux rangées de gendarmes barrent le chemin vers la salle où se déroule l’audience, qui a lieu à huis-clos. Comme dit mon cher et tendre, le gendarme est au flic ce que le rugbyman est au footballeur. Une autre façon de faire … Je murmure à l’un d’eux : « C’est con, hein, cette histoire ? » Il sourit, son regard acquiesce … De temps à autre la foule lance des slogans. L’attente dure un peu plus d’une heure, plutôt calme. Puis ordre est donné auxgendarmes de repousser les manifestants. Ils se prennent par le ceinturon, forment une barrière compacte et avancent de tous leurs poids, ça fait effectivement mêlée de rugby, on aurait dû leur répondre par la haka des all blacks ! Ils poussent cinq à dix mètres, stoppent une minute, puis recommencent tandis que les manifestants s’appliquent à peser trente tonnes chacun. A chaque poussée, les caméramen se précipitent, enfin des images !  Parce que le couloir du Palais de justice en statique, à part pour un fou de cinéma underground des années 70, ça le faisait vraiment pas.
Peu à peu la tension monte chez les gendarmes. Leur air bonnasse du début se mue en visages fermés, leurs poussées se font plus violentes, ils ont hâte d'en finir L’un d’eux se plaque carrément contre Marco, l’autre bouscule une dame d’un certain âge. A celui qui est derrière moi je lance : « Si je suis enceinte et qu’il m’arrive quelque chose, vous êtes responsable »-Je sais, dit-il, et il modère sa poussée. Argument imparable !  A l’extérieur du Palais, changement de genre, on retrouve un cordon fourni de CRS, l’air pas cool. Leur chef reçoit dans son talkie-walkie l’ordre charmant « d’inciter à la traversée rapide de la chaussée ». Autrement dit, de charger. Ils chargent tout droit, je tourne à gauche, un CRS me barre la route, je lui dis que je rentre chez moi et il me laisse passer. Après une trentaine de mètres, je rebrousse chemin. Une poignée de manifestants baguenaudent encore au soleil et tant qu’il en reste un, les CRS sont là, en formation carrée.

Je me demande ce qu’ils pensent de tout ça, mais n’ose les questionner ex-abrupto. Alors je m’approche de l’un d’eux : « Pardon Monsieur, savez-vous s’il y a un Picard Surgelés près d’ici ? » Il a l’air très surpris, puis répond que non, il n’y en a pas. –J’ai pensé aux surgelés en vous voyant debout, comme ça, dans le froid. –Oh, me dit-il aujourd’hui ça va, il fait beau… --Ce beau temps prouve d'ailleurs que Dieu est avec Julien Coupat. » Le flegme de ce flic est admirable, il dit juste « Ah bon, vous croyez ? » et j’enchaîne : « Vous avez beaucoup de boulot en ce moment ? –Tous les jours, ça n’arrête pas… - C’est un peu la dérive, non ? » Il sent le piège, esquive : « On ne fait pas de politique… –Vous avez raison, mais penser, vous pouvez. Et vous ne pensez pas que ce régime commence à dériver ? » Il murmure : « Qu’est-ce que vous voulez, les français l’ont voulu, ils ont voté pour… Espérons qu’ils feront mieux aux prochaines échéances. » Je l’ai salué et suis partie, ça commençait à drôlement fraîchir.

 

AUJOURD’HUI 6 MARS, JULIEN COUPAT, n°d’écrou 290173, A LA PRISON DE LA SANTE, S’EST VU UNE NOUVELLE FOIS REFUSER SA MISE EN LIBERTE. PROCHAIN JUGEMENT LE 13 MARS   

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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 13:47

 

 

COMMUNIQUE DU COMITE DE SOUTIEN PARISIEN
A JULIEN COUPAT

Rassemblement vendredi 6 mars 2009 pour la libération de Julien Coupat.
Rendez-vous à 14H devant la chambre de l'instruction, esc A, au Tribunal de
Grande Instance de Paris (M°cité).

Ce vendredi 6 mars, après un nouveau rejet de la demande de mise ne liberté de Julien Coupat
par le Juge des Libertés (alors qu’un autre Juge des libertés, dessaisis depuis, l’avait jugé libérable
le 19 décembre 2008), la cour d’appel devra déterminer si ce rejet est fondé. Force est de constater
que le dossier des mis en examens dans l’affaire dite « des sab
otages de la SNCF » n’a cessé
depuis novembre de se dégonfler, que les détenus ont été un à un libérés
sans
que jamais
un seul nouvel élément à charge ne soit porté à la connaissance de la défense et a fortiori du public.
Julien Coupat est le dernier des neuf mis en examen dans cette affaire à être encore en
« détention préventive », sous le chef d’inculpation de « direction d’association de malfaiteurs
en lien avec une entreprise terroriste ». Ce chef d’inculpation relève du régime  « criminel » 
et l’expose à une peine pouvant aller jusqu’à 20 ans de prison.
Nous considérons que les pouvoirs publics et l’institution judiciaire cherchent à ne pas perdre la face
 en reportant tout leur acharnement sur une figure de « chef » qu’ils ont eux-mêmes monté de toutes pièces.
Nous appelons donc à un rassemblement pour exiger la libération de Julien
et la fin d’un feuilleton politico judiciaire qui n’a que trop duré.

 

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3 mars 2009 2 03 /03 /mars /2009 07:58

"La politique de l’oxymore » (éd. La Découverte) c'est le titre ô combien littéraire- "cette obscure clarté qui tombe des étoiles", mon oxymore préféré- le titre donc  d’un petit bouquin dont je vous recommande la lecture, écrit par un philosophe. Ce n’est pas la joie, puisque, en gros, il affirme que nous sommes foutus si nous ne nous décidons pas à changer de logiciel de pensée- ce que je répète ici sans me lasser- mais rappelle que l’être humain a le plus grand mal à le faire pour moult raisons. 

Première raison, résumée brillamment par mon directeur d’agence bancaire : « Les décisions prises contre la crise émanent des décideurs à l’origine de cette crise, qu’ils soient politiques ou financiers. Il ne faut pas oublier que celle-ci, avant de leur faire perdre de l’argent, leur en a fait gagner tellement que même avec les pertes actuelles, ils restent gagnants. Pourquoi voudriez-vous qu’ils changent un logiciel qui leur est bénéfique ? Ils vont calmer les esprits avec un peu d’argent et repartir dans la même direction.» Absence de changement par intérêt personnel, pas moral mais logique.

Deuxième raison, fréquente : l’absence de changement par peur de la nouveauté et/ou  du risque. C’est le cas de ceux qui restent dans un couple ou un boulot qui ne leur conviennent plus, au motif qu’on sait ce qu’on perd, mais qu’on ne sait pas si on va gagner. La merde dont le goût est familier, on finit par s’y habituer... jusqu'au jour où elle rend malade. 

Troisième raison, irrationnelle : le refus de la réalité, de la nécessité absolue de changer de logiciel, parce qu’on ne VEUT pas y croire. Exemple : tout le monde se SAIT mortel, personne n’arrive à s’imaginer mort. Tout le monde SAIT que la planète ne PEUT pas supporter qu'on continue à l’exploiter sans mesure, mais personne ne veut vraiment y croire, car imaginer la fin du monde et de l’humanité est insoutenable. 

Alors, les cyniques qui ont intérêt à ce que ça continue pour les deux ou trois décennies qui leur restent à vivre (les puissants sont rarement très juvéniles) ont inventé la politique de l’oxymore : ils associent des concepts incompatibles  qui donnent l’illusion qu’ils agissent, et font croire  à ceux qui ont peur de changer ou qui ne veulent pas admettre la nécessité de changer qu’on va pouvoir, au bord du gouffre, faire un grand pas en avant sans tomber, comme dans les dessins animés où Donald pédale dans le vide …

MORALISER LE CAPITALISME: impossible puisque ce système, basé sur l’appropriation par quelques-uns de toutes les richesses du monde au détriment de la majorité des gens, basé donc sur l'injustice et l'exploitation est, par essence, immoral.

DEVELOPPEMENT DURABLE : une croissance continue sur une planète limitée aux ressources épuisables est évidemment impossible. Pour que tous les terriens puissent accéder à un confort convenable, il faut que les plus favorisés modifient leur mode de vie en consommant et polluant moins. Y a de la marge, vu les gaspillages!

NUCLEAIRE ECOLOGIQUE : une énergie qui produit des déchets toxiques indestructibles qu’on ne sait pas où mettre excepté sous le bitume des cours d’école et des routes (excellent documentaire récent sur le sujet à FR3) n’est pas écologique puisqu’elle oblitère le destin des générations futures. Le fait qu’elle ne produise pas de CO2 ne suffit pas à la rendre inoffensive, sans même parler de son éventuelle utilisation militaire.

GUERRE PROPRE : sans commentaire.

FLEXIBILITE PROFESSIONNELLE SECURISEE : l’emploi est stable et sûr, ou flexible et précaire, ceci sans jugement de valeur sur ce qui est souhaitable pour mieux vivre. Mais en aucun cas il ne peut être flexible et sûr !  Perso, je pense que la sécurité est mieux assurée avec plusieurs employeurs qu'un seul, toujours le principe écologique de la diversité, qui évite la dépendance.

La politique de l’oxymore se nourrit de contradictions : prétendre revaloriser le travail mais refuser la moindre augmentation des salaires. Prôner l’effort et le mérite mais favoriser fiscalement les revenus des capitaux et l’héritage qui n’exigent pas d’efforts démesurés pour les gagner. Limiter la vitesse pour les conducteurs, mais ne pas brider les moteurs des automobiles. Faire de la publicité pour une barre riche en sucres et en graisses et écrire en dessous « pour votre santé, manger moins gras et moins sucré ». Multiplier les
informations alarmistes et les faits-divers en boucle puis exhorter les gens à «mieux gérer leur stress ». Prôner le goût du risque mais mener une politique obsessionnellement sécuritaire. Parler de simplification administrative et pondre une nouvelle loi et dix décrets par jour. Considérer que les services publics ne servent pas à grand-chose et déplorer que leurs grèves bloquent le pays. Vouloir la libre circulation des marchandises et des capitaux mais fermer les frontières à la libre circulation des humains.

Ca rend fou, non ? Effectivement, oxymore signifie étymologiquement « folie aigue », dit l’auteur du livre. Une folie qui préfère s’enivrer de contradictions plutôt qu’accepter que son logiciel de pensée soit périmé. Pourtant, comme dit le proverbe, « se cacher la tête dans le sable n’a jamais empêché l’autruche de se faire botter le cul. »  


Je sais, c'est un émeu, pas une autruche. Et alors?


 

AUJOURD’HUI 3 MARS, 109è JOUR DE DETENTION POUR JULIEN COUPAT, n°d’écrou 290173, A LA PRISON DE LA SANTE, TOUJOURS SANS AUCUNE PREUVE QU’IL AIT COMMIS LE MOINDRE FAIT DELICTUEUX. SI ON DEMANDAIT A AMNESTY INTERNATIONAL DE L’ADOPTER COMME PRISONNIER D’OPINION ?  LA HONTE POUR LA PATRIE DES DROITS DE L’HOMME! J

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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 16:47

Enfin, je dis Sarkozy juste pour que ce billet soit plus visible sur Google ! C’est la question que je me pose pour tant de gens hyperactifs qui répugnent à se poser une seconde et s’angoissent à l’idée d’être « injoignables ». Pensent-ils qu’ils vont mourir ? A partir de 45 ans, tout le monde est sur l’autre versant, quelques-uns sont même plus bas qu’ils ne le croient. Rien de morbide dans cette certitude, elle donne au contraire tant de saveur à la moindre seconde… quand on prend le temps de la déguster.  Et puis se savoir mortel, en sursis, voir s’éteindre sur le gâteau de la vie tant de bougies de parents ou d’amis, ça rend modeste sur sa propre importance.  Un ami éprouvé par la perte de sa fille puis de sa femme m’a confié un jour : "J'ai déjà perdu mon père et ma mère, alors je sais comment se passe le travail de deuil. Je sais qu'il arrive un moment où on souffre moins, et un autre où on recommence à être heureux. Tout passe: les haines, les chagrins d'amour, les chagrins de mort. C'est terrible à dire, mais je suis sûr que j'irai mieux un jour." Il avait raison. Je regrette seulement que sa conscience de la précarité ne l’incite pas davantage à entretenir les amitiés. Pressé, stressé lui aussi…  

Hier, j’ai pris le temps de m’arrêter de penser et d’écrire, d’être tout simplement bien avec un ami. J’ai mis en fond d’écran cette photo de Lars Stephan. En gros plan, son regard est plus que troublant. Dimanche j’irai faire du vélo en forêt. Alors voilà. Comme d’hab’ j’avais une cagette d’indignations et d’infos révoltantes à écrire. Mais pas envie aujourd’hui, ce sera pour une autre fois. Plutôt un texte sur les amis qu’on a aimés et qu’on ne reverra plus, et une chanson qui donne à rêver. J’ai pris cette décision et je n’ai presque plus mal au dos. Etonnant, non ?

« On s'écrivait peu, on se téléphonait rarement. Il n'empêche qu'on pouvait le faire. On aurait dû le faire plus souvent. Aujourd'hui, je regrette les mots qu'on ne s'est pas dit, les moments qu'on n'a pas vécus, ces années opulentes où nous nous permettions de gaspiller des heures entières. A vingt ans, vingt-cinq ans, nous dilapidions les années avec une insouciance extrême. Notre ennemi d'alors était l'ennui bien plus que la fuite du temps. Le bougre avait parfois même tendance à s'étirer trop pour notre goût. Entre la sieste aux heures les plus chaudes, l'heure de l'apéro et celle de l'après-dîner, il nous arrivait de nous demander que faire pour tuer le temps.  C'est plus tard qu'on s'aperçoit qu'il s'est sournoisement accéléré. C'est plus tard qu'on ressent le désir de se poser face à la mer en respirant le plus lentement possible, de regarder les vagues sans esquisser le moindre geste qui pourrait précipiter le mouvement des aiguilles de la montre, et de garder le silence, parce qu'on s'est aperçu que le bruit, lui aussi, est dévoreur de temps.
"Plus je vieillis, moins les années me font d'usage". L'expression est de ma mère. J'ai rarement entendu plus vrai. »

 



La chanson s’appelle « A bushman can’t survive », chantée par John Williamson, celui de « True blue »

http://www.youtube.com/watch?v=1EI4v9zmwA0

BON WEEK-END!



AUJOURD’HUI 27 FEVRIER, JULIEN COUPAT, n° d’écrou 290173 EN EST A SON 105è JOUR DE DETENTION A LA PRISON DE LA SANTE TOUJOURS SANS AUCUNE PREUVE QU’IL AIT COMMIS LE MOINDRE FAIT DELICTUEUX.   

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