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26 février 2009 4 26 /02 /février /2009 11:43

A la radio, il a dit « plénitude », et j’ai dressé l’oreille, car c’est le mot que je préfère dans la langue française. Hadrien, 18 ans, a passé quatre mois à marcher seul sur les chemins de France, accompagné de sa vache « bio » Camomille. Il a parcouru 1300km, s’est nourri de plantes sauvages ou de l’hospitalité de quelques villageois, dormi à la belle étoile ou dans des granges et dit « On a besoin de peu de choses pour être heureux. Jamais de ma vie je n’ai ressenti une telle plénitude ».  Laurent Ruquier s’étonne : « MSN, le portable, les copines, ça ne t’a pas manqué ? » Non.  Le jeune homme n’a pas de mobile- sa mère lui en prête un en cas de besoin- et aime la solitude, même s’il a des copains et des copines. Il a aussi un bac S avec mention, condition mise par ses parents pour le laisser partir, alors qu’il pensait à ce voyage depuis l’âge de 15 ans et a étudié pendant deux ans les plantes sauvages pour pouvoir se nourrir de façon autonome et sans s’empoisonner.

Les chats ne font pas des chiens : ses parents sont agriculteurs « bio », mais ce n’est pas cette option qui a guidé son choix : « J’ai grandi en ville mes huit premières années. Ma mère a été formatée par ses études scientifiques pour bosser sur les OGM. Très vite elle s’est posée des questions sur l’innocuité et surtout l’intérêt de ces manipulations. Vous voyez les vaches du Salon de l’Agriculture ? Les gens s’extasient, les voient manger du fourrage et ça les fait rêver d’une France rurale qui n’existe plus. En réalité elles sont nourries avec des céréales à 90% OGM. A part Camomille, bien sûr ! Ma mère a donc quitté l’agronomie pur devenir enseignante universitaire, mon père travaillait en entreprise. Il y a dix ans, ils ont tout quitté pour devenir agriculteurs « bio ». Ils ne m’ont pas donné le goût de la nature, je l’ai toujours eu, ils m’ont  surtout montré qu’on peut sortir du formatage, faire ses propres choix et vivre libre. » - Vous avez parlé de plénitude. C’était quoi pour vous ? – C’était le sentiment de toucher au plus près la liberté, n’avoir plus aucun problème pour me nourrir, boire, dormir… Aucune dépendance. Même quand j’ai dormi dehors sous la pluie, j’étais heureux.  Il ne m’est rien arrivé de fâcheux alors que plein de gens me disaient que c’était dangereux de partir seul sans un sou. Certains voulaient me donner de l’argent, j’ai refusé, je n’acceptais que l’hospitalité si je pouvais en plus apprendre quelque chose. J’ai appris la survie en milieu naturel, la solitude où on ne se sent pas seul, la capacité d’adaptation aux imprévus et aux intempéries- dans le massif central, il gèle la nuit dès octobre !- et des techniques d’artisanat… Je n’ai qu’un regret : j’avais emporté ma guitare pour apprendre à jouer avec des gitans et je n’ai pas eu le temps. J’ai surtout joué de l’harmonica… »

Il y a eu aussi la découverte de l’intimité avec Camomille qui s’est adaptée à marcher, à porter des charges et à ruminer à des heures inhabituelles. La génisse, une jolie charolaise avec sa frange de poils sur le front façon « Beatles »,  entretient avec son ami Hadrien une complicité indéniable… Je revois en un éclair les images du docu « We feed the world, avec ses animaux comprimés dans des boxes minuscules, les poussins mâles broyés vivants et cherchant à fuir la main qui les attrape comme des objets inanimés… Deux mondes opposés ! Depuis son retour, Hadrien a écrit un livre sur son voyage, réalisé un herbier des plantes vernaculaires qu’il a étudiées, et rédigé un rapport pour  Zellidja, l’association qui lui a octroyé une bourse de voyage de 900 €. Budget de  l’épopée pour 4 mois : 945 €, tente, matériel de cuisine et vêtements compris.  

Pourquoi es-tu allé voir un philosophe ? –C’était un des buts de mon voyage. Je voulais l’écouter. Il m’a livré ses interrogations sur le monde, un regard plus global… - Et alors ? –Je trouve qu’on vit dans un monde rongé par la peur, alors qu’il y a tant de choses merveilleuses à découvrir. Mon moteur, c’est la curiosité. En avril, je vais partir en Italie chez un fauconnier pour apprendre son art,  j’ai postulé pour une autre bourse Zellidja ( www.zellidja.com ) afin de partir en Amazonie dans une tribu amérindienne. »

Hadrien, Camomille et leur livre sont jusqu’au 1er mars au Salon de l’Agriculture, hall 1, allée N, Stand 8.  Quand je vous disais que les choses frémissent...

Le temps d’écrire cet article, j’ai fait cuire mon repas de midi : 500 grammes de panais bio, épluchés et coupés en tronçons ou grosses rondelles. Saupoudrés d’un demi sachet de sucre vanillé, largement poivrés, puis recouverts d’eau froide dans laquelle j’ai jeté des copeaux de beurre salé. Cuisson à feu moyen et à découvert jusqu’à évaporation totale de l’eau et légère caramélisation des légumes. Parsemer de persil hâché. C’est tout. Avec un bout de fromage pour les protéines, voilà un délicieux repas, équilibré.

 

 

 

 

AUJOURD’HUI 26 FEVRIER, JULIEN COUPAT, n° d’écrou 290173 EN EST A SON 104 è JOUR DE DETENTION A LA PRISON DE LA SANTE TOUJOURS SANS AUCUNE PREUVE QU’IL AIT COMMIS LE MOINDRE FAIT DELICTUEUX. PENSEZ A LUI ECRIRE, MERCI.  

 

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 10:38

Samedi dernier, 4è réunion de « Polyamour.info.  Une bande de joyeux fêtards quinquagénaires et multicolores entrent avec moi dans l’immeuble et grimpent au même étage : des amoureux pluriels rescapés de communautés américaines et australiennes où, prétendent-ils, « tout le monde aimait tout le monde, et ça ne posait aucun problème ».  (Cela étant, les amours plurielles n’obligent aucunement à aimer tout le monde (!!!), cette idée me rappelle certains dogmes des seventies « tu ne veux pas coucher ? Ben t’es pas libérée… ») On s’est donc retrouvé à plus de quarante,  Guilain va devoir déménager vite fait au Zénith devant un tel succès…  La moyenne d’âge habituellement trentenaire a été rehaussée par la présence des joyeux drilles déjà décrits, puis abaissée par l’arrivée d’un bébé de trois semaines qui a roupillé toute la soirée dans les bras de son père, bercé par l’ambiance chaleureuse. Plaisir de parler d’amour, d’échanger des mots gentils, de se faire masser les épaules par un dévoué garçon ou mettre la main au cul par une fille qui avait à l’évidence flashé sur le mien, tout en conversant des rapports entre politique et vie amoureuse- mon dada, vous le savez- et en dégustant les bonnes choses et boissons apportées par les uns et les autres.  Bref, les soirées de ceux qui pensent qu’aimer et être aimé au pluriel compense l’injustice de n’avoir qu’une vie J sont en passe de devenir les plus sympathiques de la capitale.  Sauf à un moment où  la discussion sur le thème « Qu’est-ce que le polyamour » s’est enlisée dans un laborieux effort de définition. Chacun avait la sienne, ce qui est normal, puisque ce choix infiniment personnel, basé sur l’expérimentation/ correction permanente, est difficilement réductible à une définition unique. Cependant, il y eut quelques ayatollahs prêts à excommunier du cercle vertueux des « bons » polyamoureux, celui ou celle qui ne correspondait pas à leur idée de la chose. Toujours ce besoin d’étiqueter,  de ranger les sentiments dans des petites cases, d’édicter une norme, alors que l’expérience que j’en ai depuis 35 ans me pousse à penser que les amours plurielles ne peuvent être enfermées dans des règles. Elles sont une ouverture des possibles, avec des sentiments évolutifs, cycliques et non linéaires, où chacun devrait inventer ses propres règles avec rigueur et liberté, sans laxisme ni dogmatisme.

Pour sortir de l’enlisement, j’ai demandé si enculer les coléoptères était vraiment nécessaire, précisant que cette discussion qui s’éternisait me faisait penser à un film porno. C’est excitant deux minutes puis rapidement ennuyeux… Du coup la joyeuse bande de lurons/luronnes a proposé un atelier « câlins » dans la chambre voisine. « Atelier » pour des câlins, ça me fait le même effet que « enseignement des techniques de la fellation » pour une turlute : en ce domaine, je suis plutôt autodidacte …  J’ai donc continué à papoter avec des habitués des réunions : on a joué sur les mots entre maths et amour : « Pour aimer au pluriel faut-il avoir une identité remarquable ? » « Les racines du polyamour sont-elles dans l’intersection ou dans la tangente ? » et autres variations sur la géométrie dans l’espace que nécessitent ces relations.  Plusieurs ont fait les  classes prépa, ceci explique cela.  Les câlineurs sont vite revenus, bavardage plus informel et de fait plus intéressant, puis ils nous ont quittés avec force embrassades.  Nous avons poursuivi jusqu’à plus de minuit. Davantage de filles que de mecs, mais la qualité de ces derniers et leur envie de se poser des questions sur leurs sentiments est un bonheur rare, les garçons sont si fermés d’ordinaire en ce domaine.

Cependant, en rentrant, j’avais un sentiment de déjà vécu. L’impression de remettre mes pas dans des empreintes très (trop) familières. Comme il se trouve que pour des raisons d’écriture je compulse en ce moment des écrits anciens, j’ai ressorti mon premier manuscrit, jamais publié.  L’héroïne y dit à son mari : « Tu ne me prives pas d’amour parce que tu aimes Claire. On n’a pas une dose d’amour déterminé à offrir dans une vie. Tu m’aimes, tu aimes Claire… -Pas autant !  -Mais si, autant. Cesse de mesurer, je t’en prie, c’est ridicule. Tu aimes autant que moi une foule de gens et c’est heureux. Ceux qui ont décrété l’amour exclusif, l’amour qu’on mesure, l’amour qui doit se prouver sont des criminels. Ce qui m’importe, ce n’est pas d’être la seule que tu aimes, c’est que tu m’aimes. Tout le reste n‘est qu’amour propre, égoïsme… » Et quelques pages plus loin : « Tu pourrais me quitter pour une autre vie, je ne t’en voudrais pas. D’ailleurs, tu ne serais jamais loin. Je te connais trop pour que tu puisses disparaître de ma vie. Où que tu sois, je saurais que tu t’endors sur le côté gauche, que tu tournes ton café dans le sens inverse des aiguilles d’une montre et que tu resales tout ce que tu manges. Quand on connaît ces détails d’un homme, on n‘est jamais loin de lui. Je ne me sentirais vraiment seul que si tu mourais, même fou d’amour pour moi. J’ai besoin de savoir que quelque part bat un cœur, frissonne une peau, vibre un corps. En somme, si partir c’est mourir un peu, mourir, c’est partir beaucoup. »

J’ai écrit cela à 22 ans,  je n’y changerais pas un mot.  Comme pour d’autres textes plus politiques et toujours d’actualité retrouvés ici ou là. Les jours de bon moral ils me donnent à penser que je suis fidèle à mes idéaux de jeunesse, les autres jours à réaliser mélancoliquement que ce monde me déplaît depuis près de trente ans ! De là sans doute ce désir de garer ma vie dans un univers parallèle et plus tendre pour Jouer au monde.  L’instinct de conservation…


 

 

AUJOURD’HUI 23 FEVRIER, JULIEN COUPAT, n° d’écrou 290173 EN EST A SON 101è JOUR DE DETENTION A LA PRISON DE LA SANTE TOUJOURS SANS AUCUNE PREUVE QU’IL AIT COMMIS LE MOINDRE FAIT DELICTUEUX. CA COMMENCE A TROP FAIRE, NON ?

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21 février 2009 6 21 /02 /février /2009 11:38

Internet regorge de vidéos politiques rigolotes. C’est bien, ça plaît aux jeunes, premiers concernés par l’avenir qui se prépare. Mais au-delà de la rigolade, se souvenir que chaque décision est une pièce d'un puzzle, d’un projet de société précis qui ne date pas d’aujourd’hui, même si l'actualité le contrarie parfois. Que ce soit l’encadrement de plus en plus prégnant des libertés individuelles, le projet de dépénaliser la délinquance financière,  la part de plus en plus menue des salaires dans la redistribution des richesses, la lecture considérée comme une punition (sauf depuis Harry Potter, dixit le grand timonier lors de la remise de la Légion d’honneur à J.K. Rowling) et la recherche jugée inutile ou trop coûteuse si elle n’a pas d’application économique immédiate (un député UMP sur Europe 1 ou RMC), tout ceci résulte non pas d’un seul homme mais d’une idéologie obstinée, aussi nocive que le fût en son temps la planification Stalinienne poursuivie malgré ses échecs.

Dès 2004, Renaud Dutreil, alors ministre de la fonction publique, annonçait la couleur des années suivantes :
« Les retraités de la fonction publique ne rendent plus de services à la nation. Ces gens-là sont inutiles, mais continuent de peser très lourdement. La pension d'un retraité, c'est presque 75% du coût d'un fonctionnaire présent. Il faudra résoudre ce problème. (ça veut dire quoi ? Il veut les euthanasier ?)

A l'heure actuelle, nous sommes un peu méchants avec les fonctionnaires. Leur pouvoir d'achat a perdu 4,5% depuis 2000. Comme tous les hommes politiques de droite, j'étais impressionné par l'adversaire. Mais je pense que nous surestimions considérablement cette force de résistance. Ce qui compte en France, c'est la psychologie, débloquer tous ces verrous psychologiques. (En termes moins choisis : dresser les uns contre les autres différentes catégories de français, notamment fonctionnaires contre salariés du privé, culpabiliser les premiers  de ne pas risquer d'être jetés comme des kleenex et faire régner la peur du kleenex chez les seconds)
Le problème que nous avons en France, c'est que les gens sont contents des services publics. L'hôpital fonctionne bien, l'école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il faut tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d'une crise majeure - c'est ce que fait très bien Michel Camdessus , mais sans paniquer les gens, car à ce moment-là, ils se recroquevillent comme des tortues. »

Privatiser les services publics est donc bien une option idéologique, puisque, comme l’admet lui-même le Ministre de la fonction publique en 2004,
ceux-ci marchent bien. Alors, pour convaincre les français que la privatisation est nécessaire, il faut asphyxier ces services publics, les empêcher de bien fonctionner. Par une réduction des crédits, des effectifs, de leurs prérogatives. Quand les gens auront trop poireauté aux urgences faute de personnel, quand les cours de collège seront devenues des jungles faute de personnel de surveillance, quand les policiers seront plus occupés à réprimer les manifestants qu’à traquer les grands criminels, quand les juges ne pourront plus instruire correctement les dossiers complexes faute de moyens et de liberté d’action…. On dira au bon peuple que décidément, la privatisation est la seule voie- comme jusqu’à il y a peu, on prétendait que la régulation de l’économie par les marchés était la seule efficace, hi, hi-… en oubliant que les pays qui ont privatisé leurs services publics (Grande-Bretagne, état de Californie par exemple) s’en mordent les doigts. Comme dit la sagesse populaire : « Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage. »
Dans le même ordre d’idées, s
i vous vous demandez quelle mouche pique les enseignants chercheurs et pourquoi, comme disent les medias officiels, ils « défendent vigoureusement leur statut », visionnez la vidéo ci-dessous : http://www.youtube.com/watch?v=iyBXfmrVhrk    le discours présidentiel  sur la recherche, commenté et annoté.  Edifiant et instructif. Cela me rappelle une BD de Claire Bretecher d’il y a longtemps, où elle avait dessiné un Valery Giscard d’Estaing faisant un discours émaillé de chiffres, sous les yeux admiratifs d’une téléspectatrice : « lui, au moins, il connaît ses dossiers », tandis que son mari prenait des notes. A la dernière image, le mari refermait son carnet, rigolard : « Il a tout faux ». Le procédé n’a pas changé d’un pouce, d’où l’intérêt d’aller vérifier si ce que la voix de son maître a dit est vrai ou pas, comme l’a fait le Canard Enchaîné après la dernière émission « Je vais tout vous expliquer et je le dis comme je le pense ». Le débat démocratique, ça consiste à entendre des avis différents  et en tenir compte, non ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DEMAIN 22 FEVRIER, JULIEN COUPAT EN SERA A SON 100è JOUR DE DETENTION TOUJOURS SANS AUCUNE PREUVE QU’IL AIT COMMIS LE MOINDRE FAIT DELICTUEUX. IL DOIT TROUVER LE TEMPS LONG. POUR LUI ECRIRE: Prison de la Santé, Julien Coupat, n° d'écrou 290173, 42 rue de la Santé, 75014 PARIS.  

 

 

 

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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 11:02

La misère est une situation de sous-humanité. Il y a évidemment toutes les conditions matérielles de sous-humanité qui contraignent les êtres humains à lutter au quotidien pour tenter simplement de survivre. Mais la misère est aux deux bouts de la chaîne. Elle est aussi très souvent du côté des riches et des puissants, sous la forme de misère affective et spirituelle. Le fait de considérer en permanence autrui comme un rival, comme une menace, conduit à être dans une situation de solitude et de misère affective. Et si le seul but de la vie est de devenir un producteur compétitif, mû par le seul désir de possession, on ajoute la misère éthique et spirituelle à la misère affective. Cette hypothèse se vérifie tant à l’échelle mondiale que dans nos propres sociétés. Sur le plan planétaire les budgets qui gèrent le mal être et la maltraitance (armement et stupéfiants) représentent 20 fois les sommes qui seraient nécessaires, selon les Nations Unies, pour éradiquer la faim, permettre l’accès aux soins de base, à l’eau potable pour tous. Les seules dépenses de publicité représentent, elles, 700 milliards de dollars par an !

De même dans une société riche comme la France les quelques 20 milliards de cadeaux fiscaux à la population la plus riche sont compensés par des ponctions toujours plus sévères (franchise médicale, taxes sur les consommations non proportionnelles aux revenus) sur les catégories les plus modestes ou victimes de l’exclusion.

Plus que jamais nous devons faire nôtre la forte phrase de Victor Hugo: « vous voulez la pauvreté secourue, je veux la misère supprimée ! ».

 

Ce texte plein d'humanité est de Patrick Viveret, philosophe et énarque, très impliqué dans la recherche d’autres modes de vie et de développement applicables tout de suite, même si c’est à titre local et expérimental.  Comme beaucoup, je n’ai pas envie de sparadraper  le système qui s’effondre, abîme les hommes et la planète et enrichit une minorité au détriment d’une majorité qui en chie grave. Mais pour passer de ce système à un autre, on ne fait pas le grand saut de tout en même temps. On teste, on change ici et ça se propage là : effet tache d’huile et effet papillon cumulés.  C’est un grand plaisir, à partir d’un billet de Patrick, http://viveret.over-blog.com/article-10965685.html

de découvrir les commentaires des internautes, qui montrent que contrairement aux idées reçues sur leur immobilisme cramponné aux « zavatanjaki », beaucoup de français bougent, réforment, cherchent et trouvent… mais pas forcément dans le sens de l'idéologie dominante.

Autre bonne nouvelle: l'enquête annuelle sur les pays où il fait bon vivre (International Living ) qui prend en compte moult critères, dont la culture, la santé, les libertés, les infrastructures, l'environnement et le niveau de vie, classe la France en tête, devant la Suisse et les Etats-Unis. La France demeure un des pays où les sociétés investissent le plus volontiers malgré le "coût de la main d'oeuvre" dont on nous rebat les oreilles, parce que cette main d'oeuvre est qualifiée et que les services publics- tant qu'il en reste- fonctionnent correctement, dixit un ingénieur américain stupéfait de la qualité des soins hospitaliers versus leur coût pour le malade, et par les transports en commun!
Enfin, le Journal du Dimanche, peu suspect d'écolo/gauchisme, a consacré un article aux français qui changent. Divine surprise:  échaudés par l'écroulement des certitudes économiques de ceux qui étaiet censés savoir tout, ils se détournent de la branchitude et de l'hyperconsommation pour redécouvrir les vertus de la famille, de l'amitié, du terroir... et de la culture: expos et cinéma ont le vent en poupe, en attendant, soyons fous, qu'ils redécouvrent que pour 6 euros, le prix d'un livre de poche, on peut s'offrir deux heures de rêve, renouvelables à volonté. Sans oublier les bibliothèques gratuites.

















AUJOURD’HUI 18 FEVRIER, JULIEN COUPAT EN EST A SON 96è JOUR DE DETENTION TOUJOURS SANS AUCUNE PREUVE QU’IL AIT COMMIS LE MOINDRE FAIT DELICTUEUX, EXCEPTE L’HORRIBLE CRIME D’AVOIR CHOISI DE SUIVRE DE RIANTS CHEMINS DE TRAVERSE AU LIEU DE L’AUTOROUTE A GRANDE CONSOMMATION

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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 17:56

Rimouski est une ville du Québec située dans la municipalité régionale de comté de Rimouski-Neigette à environ 325 km au nord-est de la ville de Québec. Elle regroupe environ 57 250 habitants, incluant 15 000 étudiants[3], sur la rive sud de l'estuaire du Saint-Laurent. Il y fait parfois assez froid, mais les programmateurs culturels n’ont pas froid aux yeux et, comme je l’ai déjà constaté au Québec, on s’y interroge sur des sujets « tabous », sans réticence et avec curiosité.  « La grande amoureuse » a été diffusée une dizaine de fois sur la chaîne québécoise Canal Vie et a été sélectionné pour le prochain festival de cinéma de Vancouver, en octobre 2009. Côté diffusion TV en France, toujours rien à signaler.

Fiction

Le Cinéma Paraloeil de Rimouski invite la population à un Spéciale St-Valentin sans tabou qui se déroule sur deux soirs, le vendredi 13 février 17h et 19h30 puis le samedi 14 février 17h. Pour ceux et celles qui n’ont pas froid aux yeux...

Vendredi 13 février
17h : LA GRANDE AMOUREUSE
de
Martine Asselin | 2007 | 52 min.

Pourquoi serait-il mieux d’aimer une seule personne que plusieurs? C’est la question que se pose Françoise Simpère, une écrivaine française résolument hors-normes – « mais tout à fait normale » – qui a décidé de vivre sa vie à sa manière, en maintenant des relations avec plusieurs amoureux à la fois. Réalisé par une jeune cinéaste de Québec, La grande amoureuse dresse un portrait attachant de cette mère de deux enfants, mariée depuis plus de 30 ans, dont la manière de vivre en choque certains et en inspire d’autres.

19h30 : SEPTIÈME (Wolke 9)
de Andreas Dresen | Allemagne | 2008 | v.o. allemande avec s.-t.f. | 94 min.

Au coeur de ce film allemand – sélectionné au Festival de Cannes dans la catégorie Un certain regard – il y a la vie amoureuse et sexuelle d’une sexagénaire, Inge, qui tombe follement amoureuse de Karl, célibataire de 76 ans. Mais Inge est mariée depuis trente ans à Werner, un professeur à la retraite enlisé dans ses habitudes. Oeuvre érotique et audacieuse, qui questionne la liberté d’aimer des personnes âgées. Suivi d’une discussion en présence de l’Association des retraités de l’UQAR et l’Association des aînés et aînées de l’UQAR. EN REPRISE LE SAMEDI 14 FÉVRIER À 17H.

 











AUJOURD’HUI 16 FEVRIER, JULIEN COUPAT EN EST A SON 94è JOUR DE DETENTION,TOUJOURS SANS AUCUNE PREUVE QU’IL AIT COMMIS LE MOINDRE FAIT DELICTUEUX. EXIGESONS SA LIBERATION,QUI N’EMPECHERAIT NULLEMENT L’ENQUETE DE SE POURSUIVRE SI NECESSAIRE

 


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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 18:28

Vu la longueur de mon billet d’hier, j’ai préféré reporter à aujourd’hui le codicille habituel, mais je reste de tout cœur avec lui.

AUJOURD’HUI 13 FEVRIER, JULIEN COUPAT EN EST A SON 91è JOUR DE DETENTION SANS PREUVE. IL PASSERA LA SAINT VALENTIN LOIN DE SA COMPAGNE, CE QUI N’EST PAS GRAVE CAR LES REJOUISSANCES AMOUREUSES OBLIGATOIRES NE DOIVENT PAS ETRE SON TRUC, MAIS SURTOUT EN PRISON, PRIVE DE LIBERTE, TOUJOURS SANS AUCUNE PREUVE QU’IL AIT COMMIS LE MOINDRE FAIT DELICTUEUX.



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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 18:29

Lors de mon premier entretien d’embauche, je passai un test en 300 questions au terme duquel le DRH me dit « Vous auriez fait un excellent capitaine de GI au Vietnam. »  Parce que j’avais, paraît-il, des qualités de leader et 40% de tendances masculines. Je me dis que ce test était sans aucun doute culturel : en répondant que petite, je jouais plutôt aux cow-boys et aux indiens qu’à la poupée et rêvais d’être explorateur ou cosmonaute, j’avais fait la preuve que j’étais un « garçon  manqué » comme on disait à l’époque aux petites filles assez réussies pour ne pas se sentir inférieures aux garçons J

Quelques années plus tard, pour ELLE,  j’ai fait une enquête sur les transsexuels, notamment sur un couple de médecins dont le mari, après plusieurs années de mariage non consommé, avait expliqué à son épouse que s’il était biologiquement homme, il était une femme dans sa tête et voulait changer de sexe. En interviewant la superbe femme blonde qu’il était devenu(e), j’essayais de l’imaginer en homme. En vain. Pas à cause de son physique, mais de sa gestuelle. Cette femme n’était pas efféminée ou exagérément maniérée, comme le sont parfois les travestis. Elle était femme, tout simplement, sans rien de caricatural mais avec une façon de s’exprimer et des gestes éminemment féminins. Pour la petite histoire, le couple avait continué à exercer dans le même village, et les patients admirent sans émotion excessive que monsieur et madame étaient devenus madame et madame. 

Pour compléter l’enquête, je rencontrai un psychiatre qui participait à l’examen des dossiers de demande de changement de sexe. « Savez-vous, me demanda-t-il, quelle est la particularité des transsexuels ? –Non. – Chaque individu a une part féminine et une part masculine en proportions variables, qu’on détermine par des tests incluant des dizaines de paramètres ( Diable, me dis-je in petto, c’est donc plus sérieux que je ne le pensais). Eh bien, poursuivit le psychiatre, les transsexuels n’ont pas cette dualité. Leur corps est dans un genre, et leur psychisme à 100% dans l’autre, d’où leur souffrance extrême, car il leur semble habiter un corps qui leur est complètement étranger.». Le sentiment d’appartenir à un « genre » serait donc une question de psychisme.  

Mais voici dans PREF l’interview d’un garçon dont le corps fût celui d’une femme pendant plus de 30 ans, alors que dès l’enfance il se sentait psychologiquement 100% garçon. Il a donc subi les opérations permettant de mettre en harmonie son apparence et son psychisme, mais sa conclusion est troublante : il dit avoir changé lorsqu’on lui a fait les injections de testostérone. Sous l’effet de l’hormone mâle, il a senti que sa façon de bouger, de se conduire et même de penser se modifiait. Qu’en somme, la testostérone le rendait définitivement homme, lui qui pensait l’être déjà. L’hormone influait non seulement sur sa pilosité ou sa masse musculaire mais aussi sur sa façon dêtre. Et il ajoute en substance : « Moi qui n’y croyais pas, je suis sûr à présent qu’il y a biologiquement un genre masculin et un genre féminin, et en constatant, une fois homme, à quel point la planète est pensée d’abord pour les hommes, je suis devenu profondément féministe. »

La chimie infinitésimale- hormones et neurotransmetteurs notamment- est fascinante, à tel point que je me demande pourquoi depuis quelques décennies on a centré la recherche sur la génétique, ô combien coûteuse et avec peu de résultats, alors que l’endocrinologie gouverne notre santé, nos émotions et notre culture. Songez que quelques microgrammes d’oestroprogestatifs (la pilule) suffisent à bloquer une fonction aussi puissante que l’ovulation. Cette découverte a profondément changé les rapports hommes/femmes et, en libérant celles-ci des grossesses à répétition, fait plus pour leur avenir professionnel et leur aptitude au plaisir que toutes les lois ou les gadgets imaginables. 
Pensez que les oestrogènes-like (des molécules chimiques, contenues notamment dans les pesticides) peuvent se fixer sur les récepteurs aux hormones des cellules et leur donner un signal de prolifération qui mènent aux cancers hormonodépendants  (sein, prostate) par imprégnation oestrogénique excessive.  Pensez, comme le dit très bien Lucy Vincent dans son livre « Comment devient-on amoureux ? » que la passion disparaît après un certain temps non pas parce les partenaires s’aiment moins, ni pour raison de tromperie, mais parce que le pic de testostérone qui produit la passion baisse. Ce qui me conforte dans mon habitude de répondre à un homme qui se déclare « fou de moi » et prêt à toutes les bêtises : « Je suis très touchée, mais on en reparle dans deux ans et tu ne décides rien avant, OK ? »  Pensez que les hormones « du stress » (cortisol, adrénaline) peuvent, sécrétées en excès, faire le lit des maladies cardiaques, et que les dépressions se manifestent par un déséquilibre sérotonine/dopamine (cause ou conséquence de la dépression ?), etc…

Alors on ne serait que de la chimie ? Oui… et non. Car si les médicaments antidépresseurs agissent en normalisant les taux de dopamine et sérotonine, une étude il y a quelques années, avait mesuré ces données biologiques avant et après une psychothérapie suivie par les malades dépressifs. Et les taux s’étaient là aussi bien améliorés. Ce qui veut dire que la parole agit sur la chimie de l’organisme ! Quand on vous engueule sans raison, vous sécrétez de l’adrénaline et du cortisol… Comme m’a dit un jour un médecin : « Posez un cerveau humain sur une table de dissection, c’est un morceau de viande. Et pourtant, c’est de là que sort le génie humain. »

Conclusion : inné, acquis, biologique, culturel, environnemental… Nous sommes le produit de toutes ces influences, et  cette complexité aussi effrayante que merveilleuse devrait nous inciter à respecter la machine humaine, à savoir qu’un mot mal placé, un pesticide mal utilisé, une radioactivité mal contrôlée, une souffrance mal traitée peuvent avoir des conséquences aussi énormes à long terme que le fameux effet papillon.

 

 

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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 13:49

« Passée boire un verre chez Nicolas, avant même de m’embrasser il m’a demandé des nouvelles de Matteo, je suis sûre qu’il en a eu envie, moins sûre que ça aurait marché, encore que… Nicolas prétend que c’est une expérience indispensable pour enrichir notre sexualité limitée d’hétéros, il a des théories intéressantes sur les hétéros et les homos, qu’il appelle d’ailleurs systématiquement pédés en me priant de faire de même, il trouve qu’homo et surtout gay, c’est comme dire malvoyant pour aveugle ou senior pour vieux, un avatar du politiquement correct. Pour Nicolas, donc, le couple pédé est fondamentalement égalitaire alors que le couple hétéro repose sur l’inégalité : « Question de force physique. Même si l’homme civilisé viole moins, il continue à raisonner en termes de pouvoir, il conquiert les femmes, il ne les séduit pas.  Entre pédés, la force physique est équivalente, on fonctionne donc sur la séduction. Les femmes se plaignent que les plus beaux mecs sont pédés, c’est l’inverse, c’est parce qu’ils sont pédés et savent prendre soin d’eux qu’ils restent beaux. » ( Ce qui trouble Lola »)

Pour écrire ce livre, j’avais écumé les bars du Marais en compagnie d’un pote pd qui me servait, si j’ose dire, d’introduction. Très vite, je me suis sentie à l’aise même quand j’étais la seule fille. A l’aise et fascinée. Dans tous les bars du monde il peut y avoir des rencontres, mais ce n’est que dans les bars de garçons que j’ai senti à ce point circuler l’énergie du désir. Sans un geste obscène, sans un mot, rien que par des regards et des corps qui savent exprimer tout à la fois le désir et l’envie d’être désiré,  la soumission et la dominance, la force et la douceur.  Selon Aristophane (« le Banquet » de Platon) à l’origine, les humains étaient doubles - mâle/femelle ou mâle/mâle- puis Zeus les punit de leur orgueil en les coupant en deux. Depuis,  nous ne serions que la moitié d'un être humain, cherchant sans cesse notre complément, de l'autre sexe ou du même sexe que nous. De ce mythe est né celui de l’homme ou de la femme de notre vie, censés apporter la complétude, la plénitude. 

Et si  l’être parfait était celui qui arrivait à trouver cette moitié en lui, en sachant exprimer simultanément sa part masculine et sa part féminine ? Dans ce cas, je dirais que d’une certaine façon les pd ont vaincu la malédiction de Zeus et sont des êtres complets. (ça ne va pas plaire à tout le monde... J ) C’est peut-être pour cela qu’alors que les magazines féminins m’ennuient avec leurs éternels « conseils pratiques» et « 101 trucs malins pour être belle et sexy… » et que les magazines pour hommes me hérissent avec leur portfolio de nanas à quatre pattes, vulve rasée, et leurs pubs de montres faites pour attraper les femmes plus que pour donner l’heure, je lis périodiquement PREF dont j’ai déjà parlé ici http://fsimpere.over-blog.com/article-4073653.html

où on parle aussi bien de la réforme de l’
audiovisuel, de la sexualité des prêtres, de design, de cuisine, de la chanteuse Camille, d’un autodidacte des films porno, de la place des célibataires dans la société, de ce qui se passe dans les capitales européennes ou de la beauté des hommes avec des photos d'hommes entiers et non réduits à leur seule génitalité, comme celle du photographe Lars Stephan www.larsstephan.com dont les autoportraits qu’il m’a autorisée à publier ici illustrent parfaitement ce que j’appelle « le regard du pd », dualité masculine/féminine où les deux genres ne s’opposent ni ne se confondent, mais sont doublement et totalement présents. Dualité troublante… L'androgynie, chez les Grecs, était la perfection.

 

 

Photos Lars Stephan, avec son aimable autorisation: www.larsstephan.com 

 

AUJOURD’HUI 9 FEVRIER, JULIEN COUPAT EN EST A SON 87è JOUR DE DETENTION SANS PREUVE. ENVOYONS LUI DES CENTAINES DE CARTES POSTALES A LA PRISON DE LA SANTE.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Françoise Simpère - dans EROS
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6 février 2009 5 06 /02 /février /2009 11:23

 … à écrire sur les difficultés hommes/femmes, la misère sexuelle ou la lutte des classes quand tout est magistralement résumé dans cette petite perle que j’ai en vinyl et ai retrouvé sur le Net. Merci Web du grand tout qui répond à toutes mes questions existentielles et trouve des références sur n’importe quel sujet, y compris « Betterave rouge en Roumanie » (146 000 références tout de même) « recette du pipi de rat » (24500 références) ou « paupiettes en peau de couille » (1040 références) je ne me lasse pas de ce jeu.

http://www.musicme.com/Henri-Tachan/albums/L'integrale-(Vol.-3)-(1974-A-1978)-3298492261734.html?play=01_15#


 

AUJOURD’HUI 6 FEVRIER, JULIEN COUPAT EN EST A SON 83è JOUR DE DETENTION SANS PREUVE. IL NE POURRA PAS SE PROMENER TRANQUILLEMENT AU SOLEIL COMME VOUS OU MOI

 

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Published by Françoise Simpère - dans bonheur
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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 14:58

Ces jours ci j’avais le blues, alors que ma vie va plutôt bien.  C’est alors qu’une copine m’a fait remarquer : « Le pire avec Sarkozy, c’est qu’il s’est tellement « pipolisé » qu’il ne se passe pas un dîner sans qu’on parle de lui. On n’a jamais fait cela avec Chirac ou Mitterrand… » Il était là, mon blues, dans cette colonisation de mon esprit par un système que je n’aime pas, dont NS est le serviteur.  Chaque jour je reçois par mail des vidéos ou des articles critiques, parfois très rigolos sur lui, la TV dispense la Voix de son maître à toute heure, on nous fait bouffer de la crise économique et de l’angoisse à chaque flash info, mais personne ou presque pour dire que la crise est d’abord financière et tant que banques et bourse continuent à jouer aux cons malhonnêtes, on n’en sortira pas. Or, que proposent les entreprises : licencier,  alors que les salaires et les charges représentent à présent peanuts dans le bilan global d’une multinationale. Par parenthèse, les chômeurs ainsi créés seront indemnisés par l’Etat… sous réserves qu’il y ait des charges sociales versées pour alimenter les caisses d’assurance chômage. Mais à force de licencier et/ou d’être exonérées de charges, le trou de trésorerie va être un gouffre… et on reprochera à l’Etat ses dépenses alors qu’en l’occurrence il se substitue au devoir social des entreprises qui ont oublié qu’elles n’existent que par le travail de leurs salariés.

Voyez, il suffit que je pense à ce genre de choses pour m’énerver ou me déprimer. Pourtant, dans la rue, les gens continuent à marcher, ma boulangère fait du pain, les profs enseignent,  les médecins soignent, les boutiques proposent des tonnes de marchandises (trop), le SDF de mon quartier a lié connaissance avec des employés d’une grande surface qui lui permettent de rester au chaud dans le magasin, les brasseries débitent leur choucroute et plat du jour, les mamans accouchent, les retraités font du bénévolat, les postiers apportent le courrier, les péniches sur la Seine me font rêver d’évasion, la place Vendôme reste d’un luxe inouï, il fait assez froid mais sec… Bref, la vie continue pour les vrais gens comme disent les faux, les journaleux payés pour faire monter la pression, l’angoisse et la résignation.

Alors je me suis dit que pour éviter le blues, il fallait me concentrer sur la vraie vie : reprendre un roman- j’ai commencé- voir mes amis, parler de tout sauf de ce qu’on entend dans les medias qui est de toute façon démoralisant et/ou manipulateur, et surtout ignorer superbement le président qui aime tant qu’on parle de lui. Comme disent les spécialistes du marketing : « En bien ou en mal, peu importe, mieux vaut qu’on parle d’un produit plutôt qu’on le passe sous silence. » Ne lui donnons pas ce plaisir, même en le critiquant. Ignorons le. Eteignons la TV lors de chacune de ses apparitions télévisées et n’achetons aucun magazine qui parle de lui ou de Carla (ça va être difficile à trouver, mais justement c’est le jeu). Jouons de la musique, chantons, faisons l’amour : tout ceci est gratuit et fait du bien à l’âme. Echangeons des livres entre amis, des dîners à la maison bons et pas chers.  Aidons les gens en difficulté, la solidarité fait du bien qu’on donne ou qu’on reçoive. Découvrons qu’on n’a pas besoin de lui ni de ses amis.


Comme disait un accusé soupçonné d’avoir prémédité un braquage parce qu’il avait une arme sur lui : « Monsieur le président, j’ai en ce moment sur moi tout ce qu’il faut pour commettre un attentat à la pudeur et je vous jure que l’idée ne m’en vient pas à l’esprit. » Lui n’avait pas même une arme sur lui. Pourtant AUJOURD’HUI 4 FEVRIER, JULIEN COUPAT EN EST A SON 81è JOUR DE DETENTION SANS PREUVE. Rappelez inlassablement sur vos blogs, on l’a bien fait pour d’autres otages…

 

 Photo AFP, Légende du Figaro : Si la surveillance policière mise en place dès mars 2008 autour du groupe de Tarnac atteste de son inspiration contestataire voire violente, les indices matériels réunis contre les neuf mis en examen paraissent, à ce stade, peu nombreux.

Etonnant, n’est-ce pas ? Si vous avez pleins de flics en cagoule autour de votre maison, ce n’est pas l’Etat qui devient violent, c’est l’occupant de la maison !

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