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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 14:57

Tandis que je tape sur mon clavier, Jerry sieste dans le bac à courrier. De temps à autre, tourmentée par un rêve de chat, elle sursaute.  Puis bondit. L’animal inerte une seconde avant traverse la pièce en un éclair,  poursuit une proie onirique et cogne d’un mur à l’autre avec la précision implacable d’une boule de billard heurtant les bandes du tapis vert.  Avant de réintégrer sa couche, non sans avoir bazardé les feuilles qui jonchent mon bureau. Je la chasse en hurlant, elle cavale dans l’escalier et se glisse sous la cuisinière dans un recoin où ne passerait pas une souris.  Totalement élastique, elle sait occuper un m2 de surface lorsqu’elle s’étale sur la table de la salle à manger en position Bouddhique, pattes croisées devant elle, sourire mystérieux dans la moustache, ou devenir filiforme pour se cacher. J’éclaire son recoin, elle me regarde avec reproche. Dois-je m’excuser ? Comme un magma martien, elle s’aplatit, s’extirpe de son antre et retrouve sa forme de chat une fois dehors en m’ignorant superbement.
Au commencement était le chat sauvage dont l’origine géographique reste mystérieuse, pistée à l’aide de tests ADN par une équipe de chercheurs qui hésitent entre Turquie ou Egypte[1]. Ce chat originel se nourrissait de petits oiseaux, mulots et autres bestioles à la campagne, eau de mer et poissons sur le littoral. Autonome, totalement. Un jour, il s’approcha des humains. Il remarqua que leur campement attirait toutes sortes de bestioles tentées par les miettes de leur repas. Bref, ce lieu constituait une réserve de chasse idyllique. Le chat originel s’approcha en miaulant et ronronnant de l’humain … et l’apprivoisa instantanément.  Lorsqu’en prime il lui offrit une souris, l’humain fondit littéralement et lui servit une assiette de nourriture pour le récompenser. Le pacte était conclu : « Je m’amuse à chasser, tu me nourris ».
Car le chat adore chasser. Même gavé de boîtes industrielles, il ne résiste pas au plaisir de sauter sur un merle ou un mulot, jouer avec,  le dépecer et vous l’offrir
sans en goûter la moindre bouchée.  Le chat est donc le seul animal à se faire nourrir sans contrepartie, uniquement soucieux de son bon plaisir. Il a pour cela une arme redoutable : nul ne résiste à un chat qui a décidé de séduire.  En revanche, nul ne peut séduire un chat qui n’en a pas envie.  Il ne repousse pas violemment l’intrus, il s’éloigne avec une indifférence hautaine. Certains humains, vexés, taxent l’animal d’hypocrite.

Hypocrite ? Que nenni. Le chat est l’animal le plus franc qui soit, tourné vers son plaisir et ayant compris qu’on obtient tout par le charme. D’où son allure… féline, sa grâce naturelle, sa force comique dans certaines mimiques, sa capacité à s’approprier son univers qui cesse bientôt d’être le vôtre. On habite avec son chat plus qu’il n’habite chez vous. Les spécialistes de l’animal recommandent d’ailleurs de laisser le chat sur place si on vend sa maison : il s’adaptera mieux à un nouvel humain, destiné de toutes façons à le servir, qu’à un nouveau cadre de vie. Il suffira que le nouvel arrivant se familiarise avec les différents miaulements qui demandent « à manger ! », « ouvre la porte »,  « une caresse », et qu’il apprenne à caresser ou gratter exactement là où l’animal le souhaite, et à cesser de le faire sans se vexer lorsque celui-ci, repu de plaisir, s’abandonne à une sieste post-orgasmique.  Il n’y a pas relations plus saines : le chat aime qui lui donne du plaisir, sans aucune dépendance affective, et offre en échange un immense plaisir : celui de le regarder vivre et de le caresser.
Il se nourrit sans boulimie, par petites quantités, d’où la possibilité de le laisser seul plusieurs jours avec des provisions : il gère au lieu de s’empiffrer comme un vulgaire hamster et de mourir d’indigestion. Il est aussi capable de jeûner sans mourir : un vacancier qui l’y avait enfermé par mégarde a retrouvé son chat dans son garage après douze jours : malingre, fâché, mais vivant.  En hiver, le chat survit à des températures glacées, en été, il supporte la canicule. Il voit la nuit, organise des jeux nocturnes avec des règles extrêmement compliquées, quiconque les a observés au crépuscule peut en témoigner, et disparaît en laissant flotter son sourire dans l’espace, Alice le sait. Enfin, lorsqu’il se sait en danger, le chat organise sa défense. C’est ainsi qu’à Rome, les chats du Colisée devenaient si nombreux qu’il fût décidé de s’en débarrasser…. Plan d’urgence de séduction : le ministère du tourisme, s’avisant que les félins constituaient l’une des attractions majeures du lieu, ordonna qu’ils soient nourris et conservés. Même chose en Grèce, où les chats ornent les calendriers et les cartes postales, bénéficiant de ce fait d’une protection vétérinaire et alimentaire.  On se borne à en limiter la prolifération. Car le chat est un violent de l’amour: le pénis félin est hérissé de pointes qui s’écartent et raclent le vagin de la femelle quand il se retire, cette douleur intense stimulant l’ovulation, Dieu est quand même un sacré misogyne pour systématiquement s’attaquer au plaisir féminin (« tu enfanteras dans la douleur »).


Vénéré dans l’antique Egypte et enterré auprès des pharaons, le chat a tout pour devenir maître de l’Univers. L’
humanité peut disparaître, il survivra. Reste la question : qui choisira-t-il pour le servir ?

 



[1] [1] Informations tirées de mes observations et d’un documentaire scientifique diffusé récemment sur France 5

 

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 19:57

J’aime beaucoup Erik Orsenna, je l’ai déjà écrit, (http://fsimpere.over-blog.com/article-6596166.html)  parce que cet homme garde au fil des années sa curiosité et sa capacité à s’émerveiller. Depuis quelques années, il scrute la mondialisation. Mais loin de pondre d’arides essais ou de sanglantes polémiques- ce qu’il pourrait faire avec sa formation d’économiste- il va voir sur le terrain, et rencontre les gens qui s’occupent du coton (le précédent ouvrage) ou de l’eau (le dernier). Responsables politiques, scientifiques, paysans, philosophes, passants… il discute avec tous, en enquêteur consciencieux. Mais en plus, comme un écrivain visiblement affectif, il les observe, note leurs gestes, décrit leur bureau, souligne un tic de langage, si bien que le moindre de ses interviewés devient un personnage romanesque. Du coup, la lecture des passages un peu arides- c’est le cas de le dire pour un livre sur l’eau- passe tout naturellement.

Orsenna a le regard tendre d’un enfant, capable de s’exclamer « Mais le roi est nu ! » Il en a fréquenté : il fût le scribe de François Mitterrand durant des années et en a tiré le roman hilarant « Grand amour ». De ce grand amour il a gardé le souvenir de ce qu’est la flatterie des courtisans, sujet ô combien d’actualité J . http://www.dailymotion.com/clybon/video/x7ejwk_interview-erik-orsenna-par-mry_news )
Il raconte que François Mitterrand a été l’objet de moult flatteries, et qu’il aimait cela. Que lui-même, en tant que proche du président, a été énormément flatté et a compris la vanité de la chose quand il a quitté l’Elysée: « La veille de mon départ, j’avais reçu 83 coups de fil. Le lendemain, j’en ai eu 2 » - C’est ainsi qu’on reconnaît ses vrais amis, remarque son interlocuteur. - Oui… Ma mère et mon frère. »

En une phrase, tout est dit de la vanité du pouvoir. Cette lucidité, cette façon de savourer les choses sans se prendre au sérieux, me parlent bien, sans doute parce que j’aime la distanciation. Dans « Longtemps », roman d’une passion éternelle, la bien-aimée du héros touille un chocolat dans une chocolatière avec un rythme et une façon de remuer l’ustensile touilleur susceptibles d’évoquer à tout homme amoureux d’autres manipulations ô combien voluptueuses. Un bijou d’érotisme sans que soit écrit un seul mot sexuel. Distance, là encore : « Et le désir s’accroît quand l’effet se recule » (que, potaches, nous écrivions « quand les fesses reculent »).

A part cela, j’ai marché trois heures à la manif de jeudi. Je craignais, au vu des commentaires larmoyants des medias sur « l’inquiétude des français qui attendent que le gouvernement fasse quelque chose pour eux », je craignais donc des slogans frileux centrés sur le pouvoir d’achat et les salaires. Au lieu de quoi- même si ces revendications ont été dites- j’ai surtout entendu une révolte MORALE. La colère contre l’injustice qui fait que les vrais responsables de la crise reçoivent des milliards pour réparer leur jouet financier exsangue et continuent de se gaver de bonus (quelques patrons y ont renoncé, pas tous, et il a fallu insister. Quant aux traders toxicomanes des jeux d’argent dangereux, ils les ont touchés), tandis qu’on demande encore des sacrifices à ceux qui bossent, ne spéculent pas et se lèvent tôt. Comme dit Barak Obama : « C’est de la totale irresponsabilité » et son vice-président : « Si je pouvais, je mettrai ces types en taule » (il parle des banquiers.)

Comment inculquer un minimum de morale aux enfants qui voient l’impunité des délinquants financiers : « Mais môman, si t’as de la thune, tu risques rien, moi plus tard, je ferai riche ou politicien, je veux pas bosser comme un con. » Comment leur dire de bien travailler à l’école quand leurs aînés, qui ont sagement fait des études et guère contesté, se retrouvent au chômage ou avec des CDD de misère ? C’est contre cette crise de malhonnêteté, d’arrogance et d’incompétence (inventer des produits financiers aussi aptes à se casser la gueule est une faute professionnelle grave !) que beaucoup ont manifesté jeudi, avec des slogans poétiques, inventifs, à la limite parfois du surréalisme comme celui-ci : « Défonce et pouvoir des chats ». C’est vrai que les chats seront sans doute les prochains maîtres de l’Univers. Ceci fera le sujet d’un prochain billet.

 

 

 

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 17:52

En ce temps là, les atlas comprenaient un immense territoire appelé URSS, Union des Républiques Socialistes Soviétiques. A l’école, nous ne savions pas trop de quoi il retournait, sauf que l’URSS était la 2è puissance mondiale derrière les Etats-Unis : elle envoyait des cosmonautes dans l’espace, construisait des immeubles pas très beaux mais solides, avait une armée rouge avec de sacrés bons chanteurs et gagnait des tas de médailles aux JO. Les soviétiques étaient communistes. Ils vénéraient la classe ouvrière, la lutte des classes et la « dictature du prolétariat ». Je me souviens que ce dernier terme me gênait. Autant la lutte des classes, je comprenais : les riches et les pauvres, ça n’a pas les mêmes intérêts, depuis Zola tout le monde le sait, autant le terme de dictature me gênait, qu’elle soit du peuple ou des aristos, ça contrarie mon encéphale libertaire… Mais pour l’analyse économique et politique, Karl Marx- qu’on relit paraît-il aujourd’hui- avait dit des choses pas inintéressantes.

Sauf que… peu à peu, on apprit que le pouvoir soi-disant du peuple était confisqué par une poignée d’apparatchiks, que ceux qui s’y opposaient étaient qualifiés de terroristes ou de malades mentaux et internés comme tels. La prospérité apparente de l’URSS cachait de plus en plus mal d’énormes poches de misère. Nombre d’intellectuels qui avaient contribué à l’avènement de la « révolution » étaient devenus « des traîtres » parce qu’ils refusaient la dérive autoritaire et corrompue du régime. Un régime dont ses dirigeants soutenaient qu’il était le meilleur du monde face à l’impérialisme capitaliste, et la seule voie possible.

Le monde semblait figé pour des siècles dans cette guerre « froide » entre deux blocs opposés et puissants.

Et voici qu’il y a presque 20 ans, fin 1989, le mur de Berlin est tombé, puis après lui, comme un château de cartes, tous les pays qui le composaient ont fait s’écrouler le bloc soviétique, avec certes des faux-pas, des dérives, des inégalités et des conflits larvés ou avérés entre eux. Mais l’intéressant de l’Histoire est que ce système qui semblait verrouillé et invincible, sans alternative possible, s’est finalement écroulé non par une guerre ou un coup d’Etat mené par les pays capitalistes, mais par un soulèvement des populations qui y vivaient: la chute du mur de Berlin reste un grand moment de liesse dans la mémoire de ceux qui l’ont vécue.

Il était une fois un régime dit capitaliste basé sur l’esprit pionnier : « Travaille, petit gars, tu créeras des richesses et feras le bonheur de tes proches. Exploite les ressources de la terre pour améliorer la condition humaine. »
Cette idée de départ positive, qui a largement contribué au progrès du confort et de la technologie a peu à peu dérivé vers l’appropriation des biens communs par quelques multinationales, l’accroissement des inégalités,  la corruption politique et financière et des guerres dont la géographie recouvre à peu près les cartes des ressources minières et pétrolières. Ceux qui s’opposent à ces dérives sont qualifiés de terroristes ou d’ultra gauche radicale. Nombre de scientifiques, chantres enthousiastes du progrès, découvrent aujourd’hui que la Terre ne peut plus supporter les excès d’une économie qui épuise ses ressources au détriment des générations futures, et fait le désespoir de jeunes qui ne croient plus que le bonheur se résume à un taux de croissance.

Ce système dont ses dirigeants soutiennent qu’il est le meilleur du monde face à la menace terroriste, et la seule voie possible, semble figé pour des siècles … à moins que, parvenu à l’apogée de ses dérives, il s’écroule comme s’est écroulé le communisme, sans guerre, sans coup d’Etat, par la seule volonté des populations prêtes à imaginer d’autres mondes possibles.

ON PEUT EN PARLER LE 29 JANVIER TOUT EN MARCHANT.


 

 

 

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23 janvier 2009 5 23 /01 /janvier /2009 16:45

Le procès dit de « l’Angolagate » se déroule depuis octobre 2008 sans faire les choux gras des medias. Certes, il y a la crise, le froid, les people, mais justement, à propos de people, ce procès en est une collection qui fait froid dans le dos : que du « beau monde » parmi les 42 accusés d’abus de biens sociaux, de corruption, de blanchiment d’argent, de collusion avec des dictateurs africains et de trafic d’armes. La guerre en Angola que ces armes ont nourri a fait entre 500 000 et un million de morts, rien que l’imprécision du chiffre est un scandale en soi, comme si 500 000 de plus ou de moins était peanuts quand il s’agit de populations pauvres.
Sur le banc des prévenus, entre autres, Charles Pasqua (ex ministre et grand ponte du RPR) Jean-Charles Marchiani ( ex préfet du Var, déjà condamné, qui a bénéficié d’une mesure de grâce de N. Sarkozy à Noël dernier) Pierre Falcone (hommes d’affaires) Jean-Christophe Mitterrand (fils de…) Jacques Attali (de gauche à droite) Paul-Loup Sulitzer (l’écrivain), Jean-Noël Tassez, ex président de RMC et compagnon de Charlotte Rampling, la BNP-Paribas, la société Thomson… et bien d’autres, de droite, de gauche, de la politique, des affaires ou du show-bizz, unis par un point commun : l’avidité pour l’argent et la tranquille certitude de l’impunité.
Quoi, impunité, mais il y a un procès ? Certes, comme il y a eu un  procès dans l’affaire ELF. Par hasard, j’ai lu ces jours ci le livre de la juge Eva Joly « La force qui nous manque » où elle raconte sa vie, de son enfance en Norvège à son activité actuelle de « Conseillère pour la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent » en attendant d’être sans doute candidate aux élections européennes, et bien  sûr l’affaire ELF qui pendant dix ans a envahi sa vie et la lui a quelque peu pourrie.
On a tout dit d’Eva Joly, de son obstination, de sa dureté, de sa façon impitoyable de traiter  « Loïc le Floch Prigent », PDG de Elf. Or elle n’a fait que son travail, sans concessions certes, mais pourquoi aurait-elle fait des concessions sous prétexte que ses prévenus étaient haut placés ? Norvégienne, elle a cette conviction que la loi doit être la même pour tous, puissants ou misérables. Mon père juge avait la même conviction : plusieurs fois il s’est fait rappeler à l’ordre par sa hiérarchie, qui lui a rappelé qu’on ne traite pas de la même façon un prévenu lambda et un député ou un homme d’affaires influent… Eva Joly a été avertie de la même façon. On l’a dénigrée, salie, à tel point que le film de Claude Chabrol « l’Ivresse du pouvoir » qui s’inspire largement de l’affaire ELF, l’a transformée sous les traits d’Isabelle Huppert en juge sadique et partiale. Eva Joly a poursuivi et a eu raison : son instruction a démonté et démontré la collusion entre ELF, l’Etat français et certains dictateurs africains.
Cependant, Loïc le Floch Prigent et André Tarallo (ex directeur des hydrocarbures chez ELF) n’ont pas payé toutes les amendes auxquelles ils ont été condamnés, ni effectué en totalité leur peine de prison, tous deux libérés pour raisons de santé. Le premier a retrouvé assez de santé pour devenir un temps conseiller du président du Congo-Brazzaville… Il est probable que la majorité des condamnés de l’Angolagate bénéficieront de la même clémence, comme la plupart des banquiers, traders et escrocs financiers directement responsables de la crise financière, aujourd’hui présentée comme une crise économique majeure dont les travailleurs, comme d’hab’, feront les frais. Ce n’est pas réellement une crise économique : l’argent est là, abondant, tellement abondant que ces dernières années les pierres précieuses, l’industrie du luxe et le marché de l’art ont explosé tant il y avait de capitaux à placer, et parfois à blanchir. Et l’on voit Jean-
Marie Messier, ex Moi-même Maître du monde comme l’appelaient ses amis et ses ennemis, condamné pour des faits du même ordre, revenir sur toutes les ondes pour nous inciter à vivre plus moralement, on rêve ou il se fout de notre gueule ?
Eva Joly parcourt la planète pour lutter contre la corruption qu’elle tient pour principale responsable de la misère, aidé par d’autres courageux comme elle. L’un d’eux, chef de la brigade financière du Nigéria, confie à Eva : « Je suis sûr que je vais mourir. Six de mes enquêteurs ont déjà été assassinés ». OK, c’est en Afrique. Mais Eva Joly n’oubliera jamais la peur qu’elle a ressentie quand un haut magistrat, aujourd’hui membre du Conseil Constitutionnel lui a dit au cours de l’instruction de l’affaire ELF : « Madame, je tiens de source incontestable que vous êtes entrée dans une zone d’extrême danger. Ne vous approchez pas des fenêtres… »  
Barack Obvama résistera-t-il aux sirènes de la puissance et de l’argent ? Je l’espère, ne serait-ce que parce qu’il affirme avoir un ego assez équilibré, ce qui change d’autres hommes de pouvoir. Quel bonheur qu’il ait tout de suite signé l’arrêt des procédures d’exception à Guantanamo. Mais quelle honte, en relisant la description de ces procédures : arrestations et détention sans preuves, tortures physiques et morales… à l’idée que nous avons tous et toutes vécues sept ans à côté de cette horreur sans la dénoncer chaque jour.


PS. Ne manquez pas sur France 5, dimanche 25 janvier à 21h30, le documentaire "Coltan, les mines de l'enfer" d'où est extraite la photo en haut de ce billet. Le coltan est un minerai qui sert à faire les puces de nos appareils électroniques, et ce doc montre à quel prix... 

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21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 01:38

Il n’y a plus de Françoise dans les écoles. Je parle des élèves, bien sûr. Quand j’allais en classe, j’avais généralement trois ou quatre copines Françoise, et jusqu’à 5 Martine. Elles ont aujourd’hui disparu ou sont en voie de … comme les Dodos, les tigres du Bengale et les ours blancs. On se croit à l’abri, mesdames et messieurs, on se dit qu’un prénom est une chose qu’on n’achète pas, le cadeau que nous font nos parents à la naissance (sauf quand ils s’amusent à faire de stupides jeux de mots genre Claire Delune ou Yves Remords) bref, un trésor qui échappe à la dure loi du marché. Eh bien non ! Les prénoms suivent la même dramatique évolution que les appareils ménagers. On est passé de quelques modèles simples et durables à une offre pléthorique et éphémère.

Ainsi, selon des sources bien informées (Doctissimo et Famili.fr) Françoise et Bernard (mon cher et tendre) sont des prénoms donnés depuis la nuit des temps, qui ont fait leurs preuves et satisfaits bien des générations. Pourtant, les voici en péril, en voie de disparition. 420 Bernard nés en 1900, 2197 en 1920, 19835 en 1947, avant une décrue inéluctable : 7546 en 1960, 262 en 1980, 35 en 2000… et 19 Bernard en 2003, autant dire statistiquement non significatif sur environ 800 000 naissances. Même sort pour les Françoise, passées de 1516 en 1900, 5991 en 1940, 15261 en 1949, apogée suivie d’un déclin tout aussi fatal : 10240 encore en 1960, mais 324 en 1980, 25 en 2000 et 19 en 2003. (comme les Bernard, quelle coïncidence !)

Ne faudrait-il pas crier : sauvez les Bernard et les Françoise plutôt que sauvez Willy ? Car il y a eu encore 70 Willy en 2003, et 75 en 2004. Or, que propose-t-on pour remplacer ces prénoms simples et robustes ? Si j’excepte les inusables Jean et Marie, portés avec succès durant des siècles et aujourd’hui encore dans toutes les classes d’âge, force est de remarquer que les prénoms d’aujourd’hui obéissent à la logique mercantile et consommatoire qui signe la faillite du système capitalo-financier et menace la survie de la planète : trop d’offre, un effet mode et une durée de vie limitée.

Trop d’offre, depuis que la loi autorise les parents à donner à leurs enfants n’importe quel prénom sans se limiter à ceux du calendrier, ce qui a fait fleurir des Cerise, Clafoutis, Megane, Soleillette et autres trouvailles peut-être mignonnes sur un moutard en grenouillère, mais extrêmement importables à l’âge adulte. Trop d’offre répartie sur le même nombre de naissances à quelques milliers près fait que plus aucun prénom n’a de chance de devenir un classique.

Effet mode, avec la vogue des Sue Ellen, Kevin et Samantha, Britney, et autres prénoms empruntés à des « people » à la célébrité fugace, mais dont le nom vous marque au fer rouge de la honte : « Ah, ah, tes parents regardaient telle ou telle série »…

Durée de vie limitée enfin, car les prénoms font désormais l’objet d’un véritable marketing, avec des Dictionnaires et des sites Internet où trouver les prénoms à la mode ou ceux qui vont le devenir. Matteo, au top aujourd’hui, était introuvable il y a quinze ans. Lola est en hausse mais n’existait quasiment pas avant 1970. Il y a des exceptions, comme le retour des Victor et Félix, populaires vers 1900 absolument désuets dans les années 60/70, et de nouveau en cour. Mais pour quelques résurgences, combien de prénoms dont la vogue ne dure que quelques printemps ?

Et même si on choisit les prénoms de ses enfants sans consulter le moindre dictionnaire ni regarder la moindre série TV, on n’est pas à l’abri des influences subliminales. L’âge moyen des Anne-Sophie est de 26 ans, ma fille Anne –Sophie en a 27. Celui des Laure-Anne est de 20 ans… comme notre Lauranne. Ces deux prénoms choisis avec amour juste parce qu’on les trouvait jolis, flottaient dans l’air des années 80/90.  

Ce billet, mesdames et messieurs, prouve qu’on peut sur n’importe quel sujet faire une démonstration économico-socio- politique pour peu qu’on s’en donne la peine. Une prochaine fois, je parlerai de l’influence de l’essoreuse à salade sur l’urbanisme moderne, thèse que j’ai déjà défendue dans un amphithéâtre il y a quelques années.

 

 

 

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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 16:44

Semaine qui finit et commencera bien, j’espère.
Ce week-end, belgitude avec des Lutins et Lutines, Bruxelles ma belle, vas-tu Bruxeller (comme diraient respectivement Dick Annegarn et Jacques Brel) http://www.deezer.com/track/13885
http://www.deezer.com/track/2297332

Petit cadeau de ma nièce, ce lien vers une video que je vous recommande :

http://www.rue89.com/2009/01/08/sarkozy-se-prend-les-pieds-dans-le-pouvoir-de-dire-oui-ou-non
1.       On en rit et ça fait du bien
2.     On analyse les lapsus tellement linguae et l’emberlification des mots qui cachent mal l’envie de « celui qui a le plus grand pouvoir » de clouer le bec aux gens « qui ont un petit pouvoir ». Alors on rit moins, mais ça donne l’envie de :

LUNDI : aller à 13h devant le Palais de Justice (métro Cité) soutenir les étudiants arrêtés en décembre dernier lors de la manif de solidarité avec les étudiants grecs. Ayant refusé le prélèvement ADN ( au prix de ces analyses, cette paranoïa anti manifestants est une vraie gabegie, en plus du reste) et risquent 5 ans de prison. Petite marche tonique, excellente pour éliminer les nourritures riches de l’hiver et se préparer à la grande manif du 29 janvier à l’appel de 8 organisations syndicales pour une fois unies. Ce n’était pas arrivé depuis des lustres, rien que par curiosité, ça mérite le détour, avant la manif du 31 janvier à 15h (Métro St Michel/ Luxembourg ) pour la libération et la défense de Julien Coupat.
http://fsimpere.over-blog.com/article-26515462.html

Après un tel mois de janvier, on aura des gambettes de rêve et un souffle de clarinettiste, non ?

MARDI 20 : regarder si elle est retransmise l’intronisation de Barack Obama.  Quand chez nous Brice Hortefeux dit à propos de Fadela Amara « notre compatriote, je le précise parce que ça ne se voit pas. », quand un spot de pub diffusé dans les bureaux de La Poste met en scène une employée algérienne qui se réjouit de « pouvoir travailler sous son vrai nom et être embauchée malgré ses origines », on se dit que la France a un sacré retard multiculturel.

MERCREDI : anniversaire de la mort de Louis XVI, qui effraie NS, lequel aurait dit dans le Parisien : « La France est difficile à gouverner, pour Louis XVI et sa jeune femme étrangère, ça s’est fini sur le billot. » Encourageant pour Carla ! Va-t-elle proposer de la brioche aux SDF et RSAistes ?

Mais surtout, le 21 janvier, C’EST MON ANNIVERSAIRE et je vais cocher dans mon petit carnet ceux et celles qui y penseront. Je le fais depuis que je sais écrire et mon fantasme absolu est que dans 3000 ans des gens dansent autour d’un sapin décoré le 21 janvier en pensant encore à moi J J J

A propos de petit Jésus, des bus anglais portent cette inscription « Dieu n’existe probablement pas, alors cessez de vous prendre la tête et profitez de la vie".                                                                      Distribution des prix, j'ai 7 ans
Campagne financée par des athées et agnostiques et immédiatement attaquée par des croyants qui prétendent que cette pub est une allégation mensongère. Non, car le « probablement » laisse la place aux croyants. Il y a quelques années, une pub pour un café disait « Café machin, probablement le meilleur du monde » et elle n’a pas été attaquée.  Grâce au « probablement »…

JEUDI : probablement, j’écrirai un autre billet.

 

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 14:59

Elles sont devenues folles par amour… Elles ont connu un terrible traumatisme sexuel… Deux émissions sur l’amour fondées sur des histoires destructrices. Rien de nouveau sous le soleil : des copains de fac devenus juges m’avaient dit combien les histoires d’inceste et de viol faisaient leur quotidien déjà à la fin des années 70. Le viol, crime sexuel ? Beaucoup plus crime de violence, qui se repaît de la peur de la victime plus que de la jouissance sexuelle. Ce qui explique que les victimes sont plus souvent des filles timides, quasi effacées, que de provocantes séductrices. Celles-ci font peur au violeur, qui ne veut pas séduire, mais abîmer.

On me dira « oui, mais ce sont des violeurs, des malades ». Certes, quoique la majorité des hommes qui agressent les femmes- du harcèlement sexuel au viol réel- sont loin d’être des psychopathes, plutôt d’honnêtes pères de famille… Mais surtout, il semble que les hommes grandissent avec l’idée de dominer et faire peur, et que les femmes sont élevées dans l’idée qu’elles doivent avoir peur : d’aborder un inconnu dans la rue, de sortir la nuit, de mettre des jupes courtes, de voyager seule… Combien de fois ne m’a-t-on pas dit « Mais tu n’as pas peur ? » quand je racontais des voyages en solitaire !

« Il y a une juste façon de marcher pour une femme, tard le soir. Trop doucement, elle semble attendre, trop vite elle semble fuir. Prendre garde aussi au rythme de ses pas, au bruit des talons sur le macadam. Trop silencieux, il les fait sursauter, trop bruyant, il peut devenir une provocation, attirer la convoitise. A toutes les filles du monde, depuis la nuit des temps, on apprend à provoquer l’homme puis à s’en défier. A le mettre en érection permanente puis à le frustrer. A lui montrer partout du sexe jusqu’à l’obsession, puis à haïr son excitation. Guerre des sexes de tous les instants attisée par l’obsession de la sécurité et la peur du risque. Le désir est un risque. Lola décide de le prendre. » (Ce qui trouble Lola)

D’ailleurs les femmes qui n’ont pas peur des hommes font peur aux hommes. On s’imagine qu’une auteure de romans érotiques est sans cesse courtisée. Du tout ! Elle suscite la curiosité et l’intérêt ou incite à proposer des défis sexuels, mais elle rencontre fort peu d’hommes prêts à tomber amoureux d’elles. Franck Spengler, mon éditeur, me racontait que toutes ses auteures se trouvent confrontées au même problème : des hommes désemparés face à une femme ni dure, ni agressive, mais simplement dépourvue de peur face à lui. Un ami homme m’a dit un jour : « C’est normal, vous connaissez trop bien les hommes et ne tombez plus dans leurs pièges, alors ils perdent leur statut de chasseurs. » Je me souviens d’un autre me disant « Tu me fais peur. Tu sais ce que tu veux, et pourtant tu es douce, je n’ai jamais vu cela ».

Pour quelle raison cette « mâle peur », titre d’un beau livre du Dr Gérard Leleu, qui l’a très peu vendu, preuve qu’il abordait un sujet tabou ? Sa thèse : l’homme, dans tous les pays et à toutes les époques, est fasciné par le désir féminin, mais le redoute de crainte de n’être pas à la hauteur. Pour s’en garder, il a édicté des lois d’oppression contre les femmes : tchador, excision, lapidation, interdiction de la contraception, obligation de la pudeur « bien féminine » et haro sur les femmes sexuellement épanouies. Moyennant quoi, les femmes ont vu en l’homme un oppresseur et non pas un être complémentaire, et fait de l’amour une sujétion qui les entraîne dans des passions destructrices, ou alors une monnaie d’échange (l’amour contre la sécurité du foyer) au lieu d’un jeu amoureux en duo harmonieux. ( heureusement, il y a des exceptions.).

Bref, la peur ressentie par l’homme a engendré une peur ressentie par bien des femmes face aux hommes. Certaines n’osent pas s’affirmer de crainte de n’être plus aimées, d'autres revendiquent comme des guerrières face à l'ennemi vaincu. Et on s’étonne que les relations amoureuses soient difficiles… Qu’en pensez-vous, garçons et filles ?

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 17:46

La semaine dernière, à la boulangerie « l’Etoile du Berger », je vois le livre que j’ai écrit sur et avec Daniel Jouvance : « Le bonheur est un art subtil ». « Oui, m’explique le vendeur, notre patron a décidé de l’offrir comme gros lot de la galette des Rois et nous a dit à tous de le lire. » Ledit patron, Franck Debieu, non content d’être à la tête de trois boulangeries dans le 92, forme des jeunes au métier, les envoie à l’étranger parfaire leurs savoirs et anime lui-même des colloques sur l’avenir du pain et de la boulangerie.
« J’ai offert 22 exemplaires de votre livre à mes étudiants, dit-il, et décidé de le faire circuler auprès des futurs chefs d’entreprise que je forme. » -Pourquoi ? –Parce qu’il défend des valeurs auxquelles je crois : l’art, la culture et la morale dans les affaires. Or ces valeurs, il faut les donner lors de la formation des dirigeants, ensuite c’est trop tard, ils sont dans le moule. –C’est vrai que la morale est peu enseignée dans les grandes Ecoles.  –Et pourtant, conclut cet étonnant boulanger, l’entreprise a besoin de morale pour survivre.  D’ailleurs, si les financiers et les politiciens en avaient eu un peu plus … il n’y aurait pas la crise qu’on connaît. » Mais comment diable ce livre avait-il pu attirer l’attention de Franck Debieu parmi les milliers de titres disponibles ? « Facile, dit-il. Ma femme est passionnée de médecines douces et de soins naturels. Elle est allée sur le site Daniel Jouvance parce qu’il fait des produits marins et respecte la nature, et a découvert son livre. »

Bon pain, soins naturels, écologie, bien-être : logique. Ceux qui désirent un monde où il fasse meilleur vivre, ceux qu’on appelle les « Créatifs culturels », (évalués à 17% de la population française selon une enquête publiée en 2007) partagent des valeurs communes :

1.    l’écologie et le développement durable 2 - la reconnaissance des valeurs féminines : l’empathie, l’attention à la violence, une autre idée de la réussite. 3. Le souci des autres, de l’être plus que de l’avoir, avec un autre rapport à l’argent. 4 – Un intérêt pour la connaissance de soi et la dimension spirituelle de la vie. 5 La recherche du lien social, de la solidarité, de l’action locale dans une implication globale. 6 - L’ouverture culturelle : le respect des différences, le multiculturel. 

Tout ceci dessine un ensemble cohérent, qui explique sans doute que sur ce blog viennent des écologistes, des féministes, des bouddhistes, des amoureux pluriels, des gourmands, des opposants aux OGM, des artistes, des jeunes, des vieux… qui se découvrent à travers un centre d’intérêt et qui, en discutant, constatent qu’ils ont la même vision globale : j’ai rencontré Patrick Viveret, conseiller à la Cour des comptes et philosophe, pour une interview sur son rapport « Reconsidérer la richesse ». A la fin de l’entrevue, j’ai su qu’il lisait mes romans. Pour l’érotisme sans doute, mais aussi pour leur dimension politique à travers l’analyse des enjeux réels de la sexualité. Patrick Viveret travaille depuis des années sur des projets d’économie solidaire qui considèrent l’argent comme un moyen et non comme une fin, avec une idée toute simple : une monnaie qui perd de sa valeur si elle n’est pas investie dans des activités utiles, à la place de l’argent fou qui gonfle à ne rien faire dans des paradis fiscaux. Utopique ? Oui, mais ça marche : plusieurs régions pilotes expérimentent cette façon de repenser l’économie. http://www.dsi-experts.fr/sol

Ce n’est pas un hasard si Daniel Jouvance soutient des projets d’entreprises écologiques à Madagascar, et aide des artistes à se faire connaître. L’art, dit-il, est la mémoire des peuples. Que saurions-nous du passé sans les œuvres d’art et les écrits ? Or sans mémoire du passé, comment tirer des leçons pour l’avenir ? (Déjà que l’humain a une fâcheuse tendance à oublier ses erreurs et à les renouveler…)

Dîner de d’jeunz samedi : « Dix ans que je n’ai plus de TV », lance l’un. Cinq au moins y ont renoncé. Plusieurs n’ont pas de voiture, une fille prépare un boulgour avec légumes bio et huile d’olive, un garçon a apporté une quiche et un gâteau confectionnés de ses blanches mains. Il refuse tout placement non éthique, on a signé les mêmes pétitions, on parle de culture, de politique et de la nécessité de consommer différemment, on s’inquiète du devenir de la démocratie, des test ADN systématiques sur les manifestants arrêtés…. Dîner d’anars-écolos ? Point du tout ! Dîner de « polyamoureux ». ( www.polyamour.info ) Cohérence encore : quand on combat l’appropriation des ressources de la planète par quelques-uns, qu’on veut l’égalité hommes/femmes, qu’on aime la douceur plutôt que la violence, qu’on refuse le brevetage des gènes, comment envisager de s’approprier les milliers de gènes d’une personne - et son esprit itou- sous prétexte qu’on l’aime ?

Aujourd’hui, la culture et l’agriculture, les nourritures terrestres et intellectuelles font co-pain/ co-pain. C’est dans des restos et des cafés qu’on peut organiser des projections de films, des expos ou des conférences quand on manque de moyens pour louer une salle. A Clermont-Ferrand- oui, j’aime l’Auvergne, et alors ?- l’ARTERROIR ( 30 rue de Chateaudun, près de la gare SNCF, 04 73 90 23 51) accueille ces jours ci les œuvres d’un peintre Burkinabé. Les associations d’agriculteurs bio viennent volontiers y déjeuner, vu qu’on y mange ( et y boit) bien, bio chaque fois que c’est possible et pas cher : 9 à 15 euros pour un déjeuner entrée/plat/dessert. Les vidéastes de VOLKINO (http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=415026396 )  sont venus y tourner, le patron est un passionné d’audiovisuel. Et cet homme gourmand de vie s’appelle, ça ne s’invente pas : Roger CHAPON !

On finira par un lieu forcément créatif et forcément culturel : « Les Augustes » (5 rue Sous les Augustins 63000 Clermont-Ferrand Tel : 04.73.37.07.94) premier café-lecture de France, créé en 1999. S’y rencontrent des lecteurs de livres et de presse, des joueurs de Go et d’échecs, des amicales de gays et lesbiennes, des militants libertaires, des philosophes, des groupes de musiques variées, et Volkino pour ses projections. C’est un lieu calme et foisonnant, multiple et tolérant. Comme doit l’être la vie.

Les « créatifs culturels » identifiés par une étude américaine qui a duré 15 ans, ont été médiatisés pour la première fois en 2001, à un moment où l’on pensait les Etats-Unis bushistes, bouchés, et bouleversifiants de médiocrité. 25% des citoyens US se reconnaissaient dans cette mouvance, mais se croyaient bien seuls dans une Amérique médiatique qui les désespérait. Sept ans après, ils ont élu Barak Obama. 


 

         Photos tirées de deux films Volkino: Chaos planétaire" et "Pas de kino sans porno"                                           
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9 janvier 2009 5 09 /01 /janvier /2009 12:18




Chine 2007

































Serifos (Grèce) 2007



Charroux (Allier) 2007

 


Meudon (Hauts de Seine) 2008

 

Meudon, 2009


Sarakiniko (Milos, Grèce) et là c'est un piège: ce n'est pas de la neige, c'est la couleur de la roche
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7 janvier 2009 3 07 /01 /janvier /2009 13:56



















Je croyais être une femme aimable et
sans histoires, sans risque d’être soupçonnée du moindre délit, je suis même incapable de voler quoi que ce soit. (J’ai essayé à 14 ans, j’ai piqué un paquet de kleenex au Prisunic, suis sortie sans encombres du magasin… et suis revenue une minute plus tard remettre les mouchoirs en place, incapable de voler. On n’est pas fille de juge pour rien. (à propos de juge, mon père voulait être au siège, garant de l’indépendance des magistrats, alors que ceux du Parquet sont sous la dépendance hiérarchique du garde des sceaux. Remplacer les juges d’instruction par des magistrats du Parquet comme le souhaite NS n’a donc rien d’anodin, ce n’est pas qu’une simplification ou une réforme administrative, mais nous en reparlerons, je digresse…)
Et puis, je suis tombée sur le rapport des RG au sujet de Julien Coupat, emprisonné depuis novembre comme chef présumé d’une cellule terroriste de la mouvance ultra-gauche-anarcho-libertaire qui hante les nuits de MAM tandis que sa collègue Christine Lagarde, qui trouve que le froid est une aubaine pour les soldes, rêve du petit manteau sur lequel elle va craquer … (http://www.marianne2.fr/Lagarde-le-froid,-ennemi-des-SDF-mais-ami-des-soldes!_a173686.html )




Julien Coupat a été un brillant étudiant :
moi aussi ! Il a signé la pétition contre le fichier Edvige : moi aussi ! Il est contre le fichage ADN systématique : moi aussi ! Il vit en « communauté » avec des activistes : j’ai vécu 9 ans en ville et 6 ans à la campagne dans des communautés bourrées de militants. Il n’a pas de téléphone mobile, signe selon les RG d’une manœuvre pour éviter de se faire repérer : j’en ai un, qu’on me reproche de laisser trop souvent fermé, et je refuse le passe Navigo parce qu’il permet de suivre n’importe qui à la trace. (« Qu’est-ce ça peut te faire si tu as la conscience tranquille ? Par principe. Surtout que cette société basée sur la défiance et la délation du citoyen lambda, n’empêche nullement les traders fous de claquer des milliards qu’ils n’ont pas ni un Madoff de faire la plus grosse escroquerie de tous les temps)

Julien Coupat participe à la vie de son village et fréquente son bistrot : moi aussi, j’adore passer du temps dans les cafés,  parler à des inconnus, et j’ai un ami qui écrit des livres sur les cafés. (Bars du monde, lien à gauche). Julien Coupat a jeté dans une corbeille publique l’emballage d’une lampe frontale, et on a retrouvé cette lampe dans sa voiture : moi aussi, quand je déballe un objet dans la rue, je jette l’emballage dans une corbeille plutôt que par terre, et on retrouve l’objet chez moi ou dans ma voiture, je ne sais pas comment faire autrement pour éviter ce geste éminemment soupçonnable. Julien Coupat était à Vichy lors du sommet organisé par Brice Hortefeux qui s’est terminé par une manif comme les Vichyssois n’en ont pas l’habitude : j’y étais aussi, et j’ai dû franchir un cordon de CRS pour prendre le train me ramenant à Paris ! Julien Coupat lit des journaux et livres subversifs : moi aussi. Le Monde Libertaire, le site Bellaciao et INVENTERRE (lien à gauche), les livres de Chomsky, les publications d’ATTAC et bien d’autres.

Julien Coupat est anticapitaliste et pense qu’il faudrait saboter ce système : moi aussi, je pense qu’un système qui creuse les inégalités, engendre la misère, favorise la violence, saccage la planète, ne pense qu’en termes marchands, a peur des pauvres, se méfie des intellectuels, entretient le racisme et les haines communautaristes, organise l’évasion fiscale, qu’un système qui a réussi à faire du commerce des armes et de la drogue deux des trois plus gros marchés du monde (le 3è étant soit l’énergie, soit la prostitution selon les analyses) et des réseaux maffieux des interlocuteurs obligés de nombre de pouvoirs, que ce système là, donc ne rend aucunement les gens heureux et qu’il faut en inventer un autre.

Que faute de pouvoir le détruire d’une pichenette- car un si lourd cargo a une force d’inertie considérable, on peut le saboter de l’intérieur en vivant différemment, en se tenant à l’écart de ses arrogances et de ses égoïsmes, en essayant de construire « à côté » des îlots d’activités et de relations plus harmonieuses où le bonheur n'est pas confondu avec la consommation.
C’est ce que fait Julien Coupat, diplômé de l’ESSEC, qui après avoir eu tout loisir d’analyser ce système capitaliste a décidé de vivre « autrement ». C’est cela le sabotage qu’on lui reproche, puisqu’il n’y a aucune preuve tangible qu’il ait saboté des caténaires de la SNCF, et que par ailleurs, assimiler les retards de trains occasionnés à du terrorisme quand on ne sourcille pas devant les massacres quotidiens que suscitent les ambitions politiques des uns et des autres sur la planète est pour le moins exagéré. Le sabotage du système qu’on lui reproche, c’est son indignation devant un monde qu’il ne souhaiterait pas léguer aux enfants qu’il n’a pas encore. J’ai la même.



















Je suis donc une terroriste et ne le savais pas.  Je change souvent d’apparence, me déguise en femme du monde ou en cueilleuse d’oursins, fricote avec des chimpanzés, rigole jusqu’à tard le soir avec des individus qui ont l’air gais, j’aime bien les gays aussi. Tout ceci est louche et je ne le savais pas.



 

 






























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