Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 décembre 2008 4 04 /12 /décembre /2008 14:24

Mon voisin est schizophrène. Comme 1% de la population en France et dans le monde.
 Ce chiffre est stable depuis des décennies. Cela fait 650 000 personnes comme lui en France. Je l’ai rencontré il y a une dizaine d’années à un vide grenier, il m’avait gardé mon stand pendant que j’allais prendre un café au bistrot d’à côté. J’ai compris qu’il était malade à cause de son regard qui dérape parfois sous l’effet des neuroleptiques et de sa diction lente et appliquée, à la limite de la patate chaude dans la bouche quand il vient de recevoir son injection. Depuis 30 ans en effet, il est régulé par un traitement, ce qui ne l’a pas empêché de faire plusieurs séjours en HP lors de décompensations.

Je connais sa sœur, son frère, ses amis. Car ce garçon a l’immense privilège de n’avoir pas été abandonné aux seules institutions spécialisés, aux experts psy et aux préfets qui vont bientôt décider de la sortie ou non d’un malade, si vous voyez ce que je veux dire… Il est entouré d’un réseau d’amitiés qui lui permettent de vivre en ville. Il a travaillé pendant 20 ans, a cessé après deux crises et séjours en HP où il a régressé. Il veut à nouveau travailler, dans un CAT. Vouloir est un grand mot. Il veut, mais a du mal à concrétiser. Comme tous les malades, mentaux ou pas, il souffre de sa maladie et en profite aussi : on s’occupe de lui. Au risque de l’infantiliser. Alors, j’ai appris à ne pas céder à la compassion ni à la culpabilité. Quand il s’ennuie, il téléphone à tous les gens qu’il connaît. S’il ne me trouve pas au bout du fil, il ricane : « T’es encore en vacances ? » Je l’ai engueulé : « Peux-tu te souvenir une seconde que je bosse ? ». Je lui ai interdit de sonner chez moi sans prévenir.  J’ai exigé qu’il me rende les quelques sous qu’il m’avait empruntés un jour. 

Comment aimer lorsqu'on est psychotique?






J’ai compris qu’il était malade par sa capacité à être à côté de la plaque, à raconter des horreurs à voix haute ou à rire quand on lui annonce une mauvaise nouvelle. De temps à autre, je lui offre un verre au bistrot : on discute de politique, de sa
famille, de ce qu’il aimerait faire, de ses problèmes d’amour ou plutôt d’absence d’amour. Comme il sait que j’ai écrit des textes érotiques, il me parle de sexualité, et je l’ai parfois recadré…

Un jour, il m’a dit cette phrase poignante : « Tu sais, je te raconte ce que je ressens, mais je ne sais pas si je le sens vraiment ou si je le sens à travers l’écran des médicaments. Ca fait 30 ans que je ne sais pas comment sentent les gens normaux. »  J’ai eu envie de creuser cela en le faisant parler de ce qu’il y a dans sa tête avant, pendant, après. Car un schizophrène traverse des strates mentales tout à fait normales, puis des gouffres d’angoisse, puis des remontées glauques ou baveuses après une crise. De nos entretiens, j’ai fait un texte, de ce texte, ma fille a réalisé un court-métrage magnifique, qu’il a aimé. Ne serait-ce que parce qu’il a découvert à cette occasion que je ne lui parlais pas par pitié ou compassion mais parce que ce qu’il est m’intéresse.


L’autre jour, il avait envie de se promener, il faisait un froid de gueux. Je lui ai proposé de venir au marché avec moi, puis nous sommes passés chez lui manger une tartine et boire une bière. Normal, quoi.  Sa
famille a la même attitude : elle s’occupe de lui mais le rabroue, lui demande d’assumer certaines tâches, le vanne quand il est pénible. Ce jour de marché, il a murmuré qu’il était content de me voir, je lui ai répondu que moi aussi. Il a hésité… « Tu sais, je ne suis pas un schizo violent, je n’ai jamais été violent. »

J’ai compris qu’il était profondément blessé par tout ce qu’on raconte sur sa maladie depuis les deux meurtres commis par des malades en crise. Drames horribles, qui font hélas partie de l’impondérable, comme la cheminée qui tombe sur la tête d’un passant et le tue un soir d’orage. Le passant s’est trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment, mais va-t-on pour autant faire une loi sur les cheminées et interdire les orages ? (quoique, avec ce Nicolas, on peut s’attendre à tout).

On ne peut pas prévoir si un malade va décompenser ou non. En revanche  un de mes amis éducateur chez les « neuneus », comme il les appelle pour les vanner et sans aucun mépris, roi du politiquement incorrect que les malades adorent, en revanche donc, les malades stabilisés ont besoin d’un cadre rassurant et aussi près que possible de la vie normale. Dans une atmosphère d’incertitude et de peurs distillées quotidiennement, ils sont plus sujets à péter les plombs.
Ca mériterait une réflexion de fond : admettre que les 650 000 schizophrènes existent (plus environ un million d’autres psychotiques) mais les intégrer dans la ville, avec des éducateurs et des soignants reliés à eux, prêts à désamorcer leurs angoisses et à réagir dès qu’une crise s’amorce. N’interner que les malades mentaux dont la dangerosité est avérée. Ne serait-ce pas plus efficace pour eux et pour la sécurité publique que de les enfermer au cas où… alors que des drames comme ceux qui ont eu lieu représentent moins d’un cas sur 100 000 ? Va-t-on les enfermer alors qu’on sait qu’en HP les malades ont tendance à régresser quand ils se trouvent au contact de cas plus graves qu’eux, et que de toutes façons, vue la pénurie de personnel et de locaux, ils seront livrés à leurs cauchemars dans une solitude encore plus angoissante, ou alors, c’est le risque, ligotés dans des c
amisoles chimiques qui nient leur potentiel d’humanité ?

 


Toutes les photos sont extraites du court-métrage: "Schizophrénie en trois temps" réalisé par Lauranne Simpère.
 

Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans Humeur
commenter cet article
2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 20:03

·        Barack Obama demande qu'on lui envoie des suggestions à travers sa page Web.: http://change.gov/page/s/yourvision. La page s'ouvre sur un formulaire à remplir. Seuls sont obligatoires les champs marqués d'un astérisque rouge. L'un d'entre eux correspond au code postal. Inutile de marquer le vôtre, ni votre pays d'origine, seuls les codes postaux des états US peuvent y figurer. A la place, entrez 1046, 10462, 10463 ou 11219. Il y a aussi des infos sur le programme d’Obama. Je ne suis pas sûre qu’il ait ouvert ce site pour tous les citoyens du monde, mais je trouve cool de lui dire ce qu’on aimerait qu’il fasse. Sa devise « laisser aux enfants un monde meilleur que celui d’aujourd’hui » me plaît bien !

·        Discuté ce matin avec « mon banquier » - un conseiller qui, comme il dit, « rame sur le bateau sans savoir ce que font ceux qui tiennent le gouvernail. » Partis pour parler sous, on a fini par refaire le monde. Peu à peu son formatage libéral s’érode sous mes coups de boutoir libertaires.

·        CE 3 DECEMBRE, VOTEZ AUX PRUD’HOMMES SI VOUS EN ETES ELECTEUR !  J’ai fait appel deux fois à eux, ai gagné deux fois, et par ces temps difficiles pour le Droit du Travail, il est essentiel de conserver une juridiction où siègent autant de représentants des salariés que de représentants du patronat.

·        Constaté sur Amazon.fr que « Aimer plusieurs hommes » (Pocket) est épuisé. Du coup, deux exemplaires d’occasion sont proposés à 19€ et 49,50 €, pour un poche valant 6€. NON à la spéculation. Attendez trois mois, un retirage est prévu au printemps, avec une couv’ bien plus belle.

·        Au Monop’, une dame voulait acheter des filets de Panga pour son petit-fils. Ce poisson est élevé au Vietnam après que les femelles aient été boostées aux hormones, nourries avec un mélange importé du Pérou, si entassées dans des enclos qu’il y a une mortalité importante : des gamins sont payés l’équivalent de 50 centimes d’euro par jour pour plonger dans l’eau sombre sans masque ni tuba, repérer à tâtons les poissons morts et les retirer. D’autres travailleurs aussi exploités taillent et congèlent les filets. Une hérésie sur le plan écolo et humain ! C’était trop long à expliquer à la dame, je lui ai dit : « Les filets de panga sont produits dans des conditions épouvantables. Pour la santé de votre petit-fils, il vaudrait mieux acheter autre chose » « Ah, me dit-elle, déjà que depuis que je suis allée en Egypte et que j’ai vu comment on les élève, je n’achète plus de filets de perche du Nil… » Finalement, elle a pris du lieu noir d’Atlantique. Chouette, on peut agir directement sur le consommateur !

·        Ecouté en boucle « Recuerdos del Alhambra » le morceau joué par le fameux guitariste Tasmanien dont je n’ai toujours pas le nom, cette fois ci par Narciso Yepes. Une merveille, ça me donne une mélancolie jubilatoire, ce sentiment si particulier que les Brésiliens appellent Saodad.



Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans En vrac
commenter cet article
2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 11:30

Quelle est la différence entre un Homme désirable et un « Lourd » ? Aucune. Le premier nous regarde avec des yeux qui pétillent, on trouve comme par hasard ses doigts sur la salière qu’on s’apprête à saisir et la table du restaurant est si petite que ses genoux touchent les nôtres. Tout ceci fait battre le cœur et envisager comme une chose très plausible d’ouvrir le bouton de sa chemise pour vérifier la douceur de sa peau dans l’échancrure.

Le second nous regarde avec des yeux qui pétillent, on trouve comme par hasard ses doigts sur la salière qu’on s’apprête à saisir et la table du restaurant est si petite que ses genoux touchent les nôtres. Et ça énerve prodigieusement! « Putain, ce mec, qu’il est lourd, comment vais-je m’en dépêtrer à la fin du repas ? » Conclusion : il n’existe pas des êtres par essence désirables et d’autres qui ne le sont pas. Il n’y a aucune rationalité dans le désir.

Pas si facile de se dépêtrer d’un lourd pour certaines filles qui se sentent coupables de dire « non » à des hommes qui insistent, tant elles ont intégré le fait que dire « oui », c’est être gentille (« Si vous êtes gentille, mademoiselle, vous aurez vite de la promotion) et qu’un homme qui vous désire vous fait bien de l’honneur, tant elles se sentent moches, pas terribles, bref manquent de confiance en elles.… Mais quel désagrément de dire « oui » sans désir et de se demander le lendemain pourquoi on a fait ça, beurk. Voici donc quelques façons de couper court, au sens évidemment figuré :

Directe : « Merci pour le dîner, c’était délicieux, je rentre en taxi. » Simple, mais difficile hors des grandes villes, quand il passe moins d’un taxi en maraude par heure.

Si l’homme vous raccompagne et propose de monter prendre un dernier verre.

Juriste : « Il vaut mieux pas, vous avez déjà dépassé la dose légale »

Mystique: "Un café? Passé minuit, je ne bois que de la tisane d’encens du Népal »

Si, goujat, il marmonne qu’on ne se fait pas inviter à dîner si c’est pour rien et que ras-le-bol de banquer sans résultat :

Mondaine : « Un dîner ? Mais je vaux beaucoup plus cher, mon cher. A la rigueur, si vous aviez acheté le restaurant… »

Pratique, en lui jetant 20 euros sur les genoux : « Tenez, vous n’aurez pas tout perdu »

Taquine : « C’est comme au Loto, on mise mais on ne gagne pas à tous les coups. »

S’il demande: « Pourquoi tu ne veux pas? »

Sincère : « Parce que je n’ai pas envie »

Diplomate : « Mon absence de désir n’est pas un jugement de valeur : il m’est arrivé de désirer de parfaits crétins alors que je te trouve plutôt beau, intelligent et sympathique.».

S’il insiste : « essaie, au moins, avant de dire non » :

« Tu veux dire que l’appétit vient en mangeant ? Moi, plus je mange, moins j’ai d’appétit. »

S’il vous pose d'office la main sur le volume de son désir :

Naïve: "C'est quoi cette enflure, une allergie?"

Curieuse : « C’est l'originale ou tu t’es fait greffer ? »

Exclusive : « Trop envahissante, ça fait ménage à trois »

S’il gémit : « Tu ne peux pas me laisser comme ça ! »

Joueuse : « Chiche que je peux ? »

Scientifique : « Rassure-toi, on n'a jamais recensé de cas de décès par explosion de pénis ».

Poète : « Tu n’as qu’à te la rouler, tu la fumeras dans les bois en pensant à moi. »

 

Voilà, Christiane, de quoi répondre aux importuns. Avec une réplique de plus lorsqu’il dira « Qu’est-ce qui te fait rire, tu te fous de moi ? » « Non, je pense à une copine ». Ca lui laissera un doute affreux sur l’orthodoxie de tes mœurs, et assurera ta tranquillité... en attendant ton prochain vrai désir. 

 

 

 

Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans EROS
commenter cet article
28 novembre 2008 5 28 /11 /novembre /2008 17:32

 

 

Objectifs affichés lors de son entrée dans l’établissement « France » : projet « Ensemble tout devient possible » en 15 points. (en NOIR sur le bulletin)

 

1. Mettre fin à l'impuissance publique : lois votées dans l’urgence et non appliquées, soumission au MEDEF, diplomatie obséquieuse vis-à-vis de la Chine, de la Libye (réception du Pdt Kadhafi) des USA.

2. Une démocratie irréprochable : hyper présidentialisation, passage en force des lois contestées (procédure d’urgence,  loi sur les OGM imposée après un vote de rejet)  réformes sans concertation préalable (justice, enseignement) …

3. Vaincre le chômage : 2 millions de chômeurs, 45 000 nouveaux inscrits en octobre, plus forte hausse depuis quinze ans. Réductions drastiques des effectifs dans la fonction publique.

4. Réhabiliter le travail : stagnation des salaires, code du travail démantelé, durée du travail annualisé, ce qui équivaut à supprimer les heures supplémentaires mieux payées, part du PIB redistribuée en salaires en constante diminution au profit de la part redistribuée en revenus du capital.   

5. Augmenter le pouvoir d'achat : fiscalité favorable aux plus hauts revenus, quelques aides pour les plus défavorisés, baisse du pouvoir d’achat pour la majorité des citoyens, 14 taxes nouvelles en 18 mois.  

6. L'Europe doit protéger dans la mondialisation : précarité accrue, délocalisations des entreprises, aucune mesure sérieuse contre les paradis fiscaux.

7. Répondre à l'urgence du développement durable : Grenelle de l’environnement en 2007, dont la plupart des applications sont à échéance lointaine : « compte tenu de l’urgence d’agir, des étapes intermédiaires sont indispensables pour caler les mesures nécessaires » (sic). En attendant, les OGM prolifèrent et ses opposants sont condamnés, le fret ferroviaire et le transport maritime sont négligés, l’offre en agriculture bio progresse moins vite que la demande, la uppression des lignes SNCF « non rentables » oblige les habitants à se déplacer en voiture, la France est le pays d’Europe le plus consommateur de pesticides et le plus touché par les cancers, NS et son gouvernement multiplient les déplacements et manifestations énergivoraces.  

8. Permettre à tous les Français d'être propriétaires de leur logement : surendettés, les français que cette promesse a incité à acheter leur maison la revendent alors que le marché immobilier s’effondre, et y perdent. Un an après son vote, le droit au logement opposable n’est pas appliqué,  pas de réquisition des milliers de m2 de locaux vacants, manque criant de logements sociaux,.

9. Transmettre les repères de l'autorité, du respect et du mérite : aide massive aux prédateurs et délinquants financiers, mais réduction des crédits au développement, à la recherche et à l’éducation, (formateurs des adultes de demain) non-respect des interlocuteurs (casse toi, pauv’ con), mise en cause pénale de journalistes d’opposition, projet (abandonné) du fichier Edwige  collectant des informations relevant de la liberté d’opinion et de la vie privée.

10. Une école qui garantit la réussite de tous les élèves : attaques contre l’école maternelle (fleuron du système français, admiré à l’étranger), expulsions de bons élèves nés en France de parents immigrés, dénigrement systématique des enseignants…

11. Mettre l'enseignement supérieur et la recherche au niveau des meilleurs mondiaux : baisse des crédits de fonctionnement des universités, non entretien de bâtiments parfois à la limite de l’insalubrité, réforme du CNRS supprimant la pluridisciplinarité,  fuite des chercheurs français (très demandés, car de haut niveau) aux Etats-Unis ou en Asie où ils sont mieux considérés et mieux payés.

12. Sortir les quartiers difficiles de l'engrenage de la violence et de la relégation : pas de concrétisation des aides promises, plan pour les banlieues de Fadela Amara en panne,  manque d’éducateurs,  trafic d’armes et de drogue florissant dans certaines cités.

13. Maîtriser l'immigration : ambitieuse politique d’expulsions avec quelques bavures. Mais faiblesse de l’aide au développement et des relations commerciales équitables avec les pays pauvres. Ventes d’armes qui entretiennent les conflits générateurs de misère et d’exil forcé. Exploitation des ressources naturelles d’Afrique (mines, pétrole) par des compagnies françaises sans respect de l’environnement et de l’intérêt des populations.

14. De grandes politiques de solidarité, fraternelles et responsables : bouclier fiscal exonérant de la solidarité les revenus les plus élevés, et rendant inefficace la taxe sur les parachutes dorés annoncée, comme les taxes éventuelles sur les revenus du capital.  Grandes sociétés plus exonérées de charges que les PME. Subventions agricoles profitant davantage aux grosses exploitations qu’aux  petits paysans. Pas de sanction de la gestion calamiteuse des placements financiers. La « moralisation du capitalisme » se traduit par une vague de licenciements, mais aucune remise en cause concrète de la logique du système.

15. Fiers d'être français : Marseillaise sifflée dans les stades, presse internationale  plus que critique à l’égard de l’élève NS, rapport d’Amnesty International épinglant la situation inhumaine dans les prisons françaises.

CONCLUSION : malgré un soutien massif de ses amis et des medias, l’élève NS n’a pas réussi à atteindre les objectifs grâce auxquels il a été admis dans l’établissement.  Certes, il ne peut pas tout faire, mais il a tout promis… Au niveau de la conduite, fait preuve d’une hyperactivité brouillonne et d’un langage contestable.

 

Cependant, malgré la médiocrité de ce bulletin, la cote de popularité de Nicolas Sarkozy est en hausse de 5 points en novembre, atteignant 48%, meilleur résultat depuis décembre 20O7.  Et depuis  l’annonce des licenciements chez PSA Peugeot à Montbeliard et Sochaux, la vente des tickets à gratter de la Française des jeux a fait un bond. (reportage France-Info). Comme dit un acheteur : « C’est la crise, alors j’en ai acheté 25, j’espère bien gagner ! » et le buraliste : « Z’en prennent pour 50 €, feraient mieux de s’acheter à manger, mais qu’est-ce que vous voulez, ils y croient. »

Comme disait Reiser : « On vit une époque formidable ». Bon week-end !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans CHANGER
commenter cet article
25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 12:11

François, mort de rire, donna un coup de coude dans le ventre de Dionysos qui gémit : « Aïe, mon foie ». François s’excusa : « Désolé, mais je rigole tellement à regarder les socialistes. Ces jeunes ne savent pas que la politique se joue trois coups à l’avance, comme le poker » -Surtout le poker menteur, remarqua Dionysos. – Ca va sans dire, un politique pas menteur n’est pas un politique. Les gens ont besoin de mensonges qui les rassurent et les font rêver, et te trouvent toutes sortes d’excuses quand tu ne tiens pas ce que tu as promis : la crise, la mondialisation, l’épreuve des faits… Ah, l’épreuve des faits, c’était l’expression de Jospin « à l’épreuve des faits nous ne pouvons pas faire ceci ou cela »… Sacré  Jospin ! Il n’a rien compris à la politique. En 2002, il avait un boulevard vers le pouvoir et au lieu de cela il est allé faire du vélo à l’ile de Ré.

–Un boulevard vers le pouvoir ? Il venait de perdre l’élection », s’étonne Dionysos. « Justement, c’est pendant les traversées du désert qu’on se prépare. Regarde, moi. La FGDS (Fédération de la gauche démocratique et sociale, pour les jeunots qu’ont pas connus)  était exsangue. Suis-je allé faire du vélo sur les quais ? Que nenni, d’abord il n’y avait pas encore de Vélib’. J’ai patiemment monté l’union de la gauche, seul moyen de gagner un jour. Quand je suis devenu président, le PC me gênait, plus besoin de lui. Il tenait les banlieues dites rouges ? Je me suis arrangé pour que le FN prenne sa place grâce à une politique qui permettait à ce bon Jean-Marie de se poser en seul défenseur des humbles et des petits (blancs, ça va de soi). Exit le PC, à moi le PS, devenu le premier parti de gauche, une puissante machine à gagner. Je l’ai fait pour Jospin, un brave type, susceptible comme une rosière, mais consciencieux et tout dévoué à ma personne. Le problème, c’est qu’il n’a rien compris au coup de 2002 : Chirac jusqu’en 2007 permettait à Jospin de  peaufiner sa carrure de président qu’il n’avait pas tout à fait en 2002, il faut l’avouer. Mieux valait laisser gagner Jacques, qui se coltinerait les difficultés économiques du moment, et arriver comme sauveur en 2007. Le FN, le Pen ? Disparus aujourd’hui ! Cela aussi, je l’avais prévu : je l’ai fait gonfler comme une baudruche… qui éclate ensuite. Hélas, j’avais sous-estimé le côté mauvais joueur de Lionel, qui est allé bouder cinq ans au lieu de bosser, laissant le PS l’oublier et se déchirer entre éléphants et jeunes loups (enfin, jeunes : quarantenaires tout de même). Les voici qui recommencent la même erreur aujourd’hui : la guerre entre eux, et l’échec assuré en 2012.

-Que conseillerais-tu à Ségolène, que tu as formée ?

-La même tactique que moi, à l’envers. Quitter le PS et s’allier au Modem comme je me suis allié au PC. Par réaction, la Martine va accentuer son « ancrage à gauche ». Auquel Ségolène va riposter en faisant monter le petit Besancenot dans les sondages, contre Martine, comme j’ai fait monter le Pen contre le PC. Le NPA et le PS « de gauche » (lol, ce n’est plus un pléonasme) chassent sur les mêmes terres. En 2012, Ségolène se présentera à la présidentielle, Martine aussi, Besancenot aussi. Et Besancenot arrivera au second tour, comme le Pen en 2002. Alors, affolés qu’un révolutionnaire puisse arrive au pouvoir, les français voteront massivement… pour Ségolène. Même ceux qui aujourd’hui la détestent. Tu crois que 82% de français appréciaient Chirac ? C’est maintenant qu’ils le regrettent…

-Machiavélique, apprécia Dionysos. Tu crois que ça va marcher ? »

« Pas sûr, dit François, parce qu’ils ne voient qu’à court terme. Pour gagner en 2012, Ségolène doit laisser le PS à Martine, mais elle la déteste tellement qu’elle est capable de s’obstiner. Pourtant, ce parti est un chaudron merdeux,  on se demande pourquoi elle y tient tant, alors que François, l’autre, le petit Bayrou l’attend à bras ouverts.

-Tu as même dit un jour qu’il avait l’étoffe d’un président, il va faire de l’ombre à Segolène…

-Certes, mais en 2012, élire une femme fera partie des must. Les américains ont élu un noir, les Français vont vouloir virer leur cuti aussi. »

Dionysos regarda François avec perplexité : ce type là était trop fort, peut-être même avait-il un plan à long terme pour dézinguer Zeus. Mieux valait mieux s’en faire un ami : «Ca te dit de venir déjeuner chez moi ? J’ai un bon cru bourgeois  sur mon nuage et Artémis a chassé des ortolans. »

 

 

 

Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans Humeur
commenter cet article
21 novembre 2008 5 21 /11 /novembre /2008 16:22

       Etonnant : alors qu’il se passe des conflits meurtriers, une crise économique lourde de conséquences, des injustices révoltantes et des arrogances insupportables, le « top » des  sujets sur rue 89 est      Ni libertin ni infidèle, le polyamour fait des ravages | Rue89 immédiatement repris par France info qui pour l’occasion a repiqué une ITV de moi publiée sur Dailymotion et provenant d’un entretien donné il y a plus de trois ans à un  journaliste suisse. Heureusement que je suis fidèle à mes convictions, sinon je me trouverais bien stupide devant ces articles tout neufs bricolés avec du vieux !


France Info

Internet défriche le polyamour

 

J’étais invitée vendredi dernier à la rencontre d’une vingtaine de jeunes hommes et femmes polyamoureux et désireux de le faire savoir parce que disent-ils, tout comme il a fallu que les homosexuels occupent le terrain médiatique pour qu’on admette à peu près leur orientation sexuelle, il faut que les amoureux pluriels s’affichent pour  cesser d’être regardés comme des adultérins sans honte, des libertins, des bêtes curieuses. Bonheur de  se sentir moins seule et de passer la soirée avec des personnes chaleureuses, gentilles et gourmandes de vie.

M… charmant trentenaire aux yeux d’écureuil m’a donné la recette roborative du reblochon en pâte feuilletée, F. avait des seins d’enfer qu’un allumé ressemblant à Iggy Pop m’a assuré être à la portée de ma modeste poitrine si je concentrais mon énergie pour en capter le volume. Je vous le dis tout de suite : ça ne marche pas ! On a parlé jusqu’à plus de minuit, tout le monde était heureux de cette rencontre. J’ai testé sur eux mon idée d’appeler les polyamoureux des Lutins et Lutines, ils ont trouvé ça joli. Lutiner, c’est faire une cour malicieuse et légère, les Lutins sont des « diablotins malicieux intervenant surtout la nuit », c’est assez bien vu J

  Le lendemain, sur « rue 89 », les commentaires allaient bon train pour juger cette « nouvelle norme », Pourquoi norme ? L’idée est justement de ne pas normer : la monogamie est normative puisqu’elle OBLIGE à l’exclusivité sexuelle sous peine de transgression et de culpabilité, la biodiversité amoureuse n’oblige personne à avoir plusieurs amoureux, elle ouvre la POSSIBILITE de le faire ou de n’en avoir qu’un, ou pas du tout, d’être célibataire ou marié. Elle consiste à admettre la DIVERSITE des façons d’aimer, point barre. Ce n’est pas un modèle de substitution.

Un internaute s’afflige du succès de ce sujet alors que tant d’autres plus importants sont moins lus. Il a raison, mais pas tout à fait. Car  on ne changera pas le monde sans changer soi-même. La libération sexuelle des seventies, plaquées directo sur des personnes dont le mental n’avait pas fondamentalement changé a provoqué quelques réactions désastreuses. La vie privée est le reflet de la vie publique, comme dirait cette bonne Mireille Dumas. Sur ce blog, par ailleurs assez politique, j’ai constaté que viennent des lecteurs souvent anar/libertaires, écolos ou de sensibilité bouddhiste.

Or les amoureux pluriels prônent l’autonomie et la responsabilité de chaque individu sur sa vie, comme les anars/libertaires, ont conscience de l’impermanence des choses comme les Bouddhistes, et respectent les principes écologiques- diversification des énergies, priorité au naturel, non appropriation du vivant, respect des rythmes biologiques, biodiversité- comme je l’avais écrit en juin 2007 dans le Nouveau Consommateur.  Ca ne se fera pas en un jour parce que cette logique va l’encontre d’un environnement social basé sur l’appropriation, la domination et la peur.

Mais si l’on s’affranchit déjà au niveau des relations personnelles de l’appropriation, de la domination et de la peur, alors pourra-t-on peut-être changer de système et ouvrir de plus heureux possibles.   

 

 

 

 

Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans CHANGER
commenter cet article
19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 00:34

Souvent dans ma tête se confondent « 1984 », de G. Orwell et « le meilleur des mondes » d’Aldous Huxley . Parce qu’ils parlent au fond du même monde, robotisé, surveillé, d’un totalitarisme pas forcément brutal, plutôt  doucereux, qui mène à la soumission, fait dire « que veux-tu, c’est comme ça ».
Envie d’éructer. Et pourquoi ? Pourquoi accepter l’inacceptable ?  Pourquoi soutenir un système économique qui a appauvri des millions de personnes et pillé l’environnement au profit d’une minorité qui demande qu’on l’aide à poursuivre dans le même sens.  

1984, c’est l‘année où je disais à une copine « avant, on manifestait pour que ça change, aujourd’hui on manifeste parce que ça ne change plus. » Après deux ans d’euphorie,  d’avancées sociales et de sentiment qu’enfin, ça y était, on l’aurait ce monde plus juste, c’était fini. Brusquement, les fonctionnaires étaient des parasites, l’entreprise une valeur sacrée, l’argent un but en soi. La bourse grimpait au milieu des années 80, les Golden boys (les mêmes qui, vieillissants, ont aujourd’hui des Golden parachutes) faisaient la Une des magazines et les Yuppies, surmenés mais riches et propres sur eux, passaient pour les héros des temps modernes.

1984, c’est l’année où j’alertais les camarades CFDTistes : « mais c’est plus la gauche qu’on a là, faut réagir » et les entendais répondre, embarrassés : « C’est vrai, mais on a tellement attendu qu’ils soient au pouvoir, on ne peut pas leur mettre de bâtons dans les roues. »  1984, c’est l’année de cette émission « Vive la crise » où Yves Montand, homme de gauche, célébrait les valeurs du capitalisme libéré et Bernard Tapie, repreneur d’entreprises à bas prix et grand spéculateur devant l’éternel devenait un modèle, puis un ministre et l’ami du président.

1984, c’est le début du processus qui permet aujourd’hui à Warren Buffet, l’homme le plus riche du monde, de ricaner : « Karl Marx avait raison, la lutte des classes  existe, elle n’a jamais cessé d'exister. Sauf qu’aujourd’hui c’est nous, les riches, qui l’avons gagné. »
Il a raison : idéologiquement, les pauvres sont devenus des assistés, les chômeurs des paresseux et les parvenus des exemples à suivre, quelles que soient les crimes et la malhonnêteté qui les ont enrichis.  Sous les milliers de morts de n'importe quel conflit, cherchez le pétrole, le gaz ou les minerais rares. Et on s'y résignerait?

Est-ce de pire en pire ? Oh que non! Il n’est même pas besoin de remonter à l’esclavage sous la Rome Antique, à la traite des noirs ou au massacre des Indiens pour en être convaincu.   « Ne jamais oublier que le bas prix de la main d’œuvre non seulement est avantageux en lui-même pour le fabricant, mais rend l’ouvrier plus laborieux, plus réglé dans ses mœurs, plus soumis aux volontés qu’on lui impose. » (P. Brisson, Histoire du travail) Ca date d’avant la guerre de 14. Pendant la guerre, on parlait de la distinction entre civilisés et sauvages, même si des « sauvages » étaient envoyés au casse-pipe pour le salut de l’occident.  L’Allemand était présenté comme un être malpropre puant la sueur…  « On peut affirmer sans se tromper que si les taux de salaires étaient beaucoup plus flexibles, le chômage se trouverait considérablement diminué. »  C’était en 1929.  Les salaires baissaient, le chômage continuait d’augmenter. Ca n'a pas changé...

1984, c’est la fin d’une très courte période, la parenthèse enchantée dont parlait Françoise Giroud, « avec pilule et
sans SIDA » mais aussi pendant laquelle dans de nombreux pays du monde on pensait que le progrès passait par l’amélioration des conditions de vie et de travail du plus grand nombre.  Peu avant sa mort, Françoise Giroud avouait qu’après avoir toute sa vie cru qu’on pouvait agir pour un monde meilleur, elle pensait que finalement, l’homme était foncièrement mauvais.

En 1984, je me souviens avoir lancé au ciel à mon Père, mort fin 83 : « T’en fais pas, papa, tu ne manques rien ». Il y a quelques jours, faisant le point avec une cousine sur l’état moral ou plutôt amoral du monde, nous nous sommes écriées en même temps : « Heureusement que nos mères ne voient pas cela ! »


Et puis, il y a la vie, toute proche. Les concerts et manifestations pour tel ou tel groupe menacé, les pétitions lancées contre le massacre en République du Congo si peu démocratique (ex-Zaïre), un garçon perdu de vue pendant deux ans, de retour à Paris et qui m’appelle,  des discussions avec des jeunes heureux de vivre qui veulent construire un monde plus doux et plus tendre, des altermondialistes actifs même si pas encartés, qui me font oublier le désabusement d’ex-militants de mon âge aujourd’hui aigris ou indifférents. Il y a des paysages intacts, quelques mots échangés dans un train avec un vieux africain, un petit-déjeuner joyeux avec des gens qui croient que prendre le temps n’est pas perdre son temps, le désir encore à fleur de peau,  ma capacité à harceler des méchants et des malhonnêtes jusqu’à ce qu’ils lâchent prise,  la révolte toujours présente…  Tout ce qui rend vivant dans un monde craintif.

 

 

Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans Humeur
commenter cet article
15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 18:44

Chaque jour, je reçois des courriels disant que Untel ou Machintruc veulent m’ajouter à leur liste d’amis.  Parfois le nom me dit quelque chose, parfois rien du tout, mais de toutes façons, même si j’ai rencontré un jour Untel ou Machintruc, on ne peut pas dire qu’on entretienne des relations suivies. Amicales encore moins.  L’amitié, ça s’entretient, ça demande un minimum d’attentions, de plaisir à échanger et pas seulement sur écran : avec les cinq sens. Quand un blog me plaît, je cherche à rencontrer le ou les auteurs.

« Inscris toi sur Facebook » m’avait-on conseillé. J’ai donc rempli les premières lignes de renseignements, mais bien vite on m’a demandé de compléter mes goûts, itinéraires, envies… et là, j’ai cliqué  sur « out ». En quoi ça les regarde ? Pas envie de tout raconter, pas envie que ces fichiers soient vendus à des sociétés commerciales qui me bombarderont ensuite de propositions « ciblées » selon mes réponses. Déjà que je dois être bizarrement fichée vu le nombre de publicités pour du Viagra et des montres de luxe « moitié moins chers pour éblouir les nanas et je te jure que ça marche » que je reçois. La dernière fois j’ai répondu « Connard, si tu crois m’éblouir avec ta montre R… à moitié prix, tu dois avoir des problèmes de culotte ! «  Depuis, plus un message J 

Par curiosité, j’ai consulté la fiche de Machintruc sur Facebook ou Myspace… pour apprendre que Machintruc a 357 amis ! Foutre Dieu, presque un par jour ! Ce genre de précision me laisse rêveuse.  Qu’est-ce que ça lui apporte d’afficher 357 amis sans doute aussi peu proches que moi ? Pourquoi ces 357 ont-ils cliqué sur le lien « oui, j’accepte d’être le friend de Machintruc ? » Parce que ça ne mange pas de pain, ou parce qu’être l’ami de Machintruc, ça veut dire que Machintruc est aussi leur ami, et qu’un mec qui a 357 amis dont peut-être un ou deux noms connus, plus une page sur Myspace, c’est de la balle, non ? Bizarre, cette façon de quantifier les amis, comme des éléments de standing.  C’est intime, non, les amis ? Pourquoi écrire au monde entier « eh, les gars, j’ai 357 amis », tout seul devant son ordinateur alors que des vrais amis ou futurs amis habitent peut-être à vingt mètres de là ?  Est-ce une interprétation erronée du proverbe « les bons comptes font les bons amis » ?

C’est comme lorsqu’on me demande « combien avez-vous d’amants », question récurrente dans les interviews. Comme je refuse de donner un chiffre, on m’a prêté (façon de parler, on ne m’a jamais prêté aucun amant, dommage…) entre 5 et 12 amants selon les magazines. Ce qui ne veut rien dire, car qu’est-ce qu’un amant ? Tout homme avec qui on a fait l’amour une fois au moins ? Un homme qu’on rencontre toutes les semaines ou plus ? Un homme à qui on pense régulièrement ? Un homme avec qui on accepte de dormir après l'amour ? Un homme qui rend heureuse dès qu’on le voit ? Un homme qui  appelle juste pour savoir comment je vais ? Un homme dont on se souvient des années après qu’il a une fossette au creux des reins ? Un homme qui prend un train de nuit juste pour prendre un café avec vous le matin ? Selon la réponse, le nombre varie du simple au décuple, mais de toutes façons, quand on aime on ne compte pas.





Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans Humeur
commenter cet article
12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 21:06

Plusieurs billets sans que je parle d’amours plurielles ou de sexualité, j’en connais qui languissaient. Navrée, ce n’est pas que je pratique frénétiquement, c’est que j’écris six heures par jour sur ces sujets, et en fin de journée je sature un peu…

Mais voici que je découvre sur le Net un article expliquant que les courtiers en bourse (s) calment leur stress en baisant beaucoup. Selon le psychothérapeute Jonathan Adler « Les banquiers ont un penchant pour les méthodes malsaines pour oublier leur pression, et parmi ces méthodes, les drogues et le sexe."

Sursaut ! Quoi ? Un psy-cho-thé-ra-peute considère le sexe comme une méthode malsaine, au même titre qu’une drogue ? Pas étonnant que tant de gens souffrent de misère sexuelle si des professionnels censés les aider diffusent ce genre d’idées culpabilisantes.
J’en entends déjà bougonner qu’avec la crise, le pouvoir d’achat, le chômage… le sexe va passer au second, voire au dernier plan. Ce qui serait une erreur. Qu’arrive-t-il en effet quand l’activité économique baisse, avec deux s ? On a du temps, chômage technique ou total oblige- et moins d’argent. Or le sexe, ou plutôt les relations amoureuses (incluant rencontre, sourires, jeux, caresses, sexe et tendresse) demandent du temps mais pas ou peu d’argent. C’est donc le moment d’en profiter, sans stress, sans planning surchargé, d’autant plus que les relations amoureuses stimulent les endorphines, hormones du bien-être, boostent le système immunitaire (important à l’entrée de l’hiver) et ne font de mal à personne, je dirais même qu’elles font plutôt du bien.

Rien à redire à cela, et pourtant qui le fera ? Pas grand monde, ou plutôt toujours les mêmes. Crise ou pas crise, on remarquera que les directeurs de FMI et de banque Mondiale, maîtres du monde sur occupés, trouvent toujours une minute ou deux pour jouir, et c’est peut-être justement cela le problème : le plaisir sans entraves- comme le remarquait récemment un commentaire de Lung Ta- reste un privilège de nantis. La vie amoureuse pléthorique des hommes politiques, décideurs et autres « people » ne choque personne, au contraire : elle fait rêver. La vie amoureuse pléthorique de madame Michu ou monsieur Dubois leur vaut des noms d’oiseaux que je ne transcrirai pas ici. Pourtant Madame Michu et monsieur Dubois ont autant besoin de bonheur que les puissants suscités. Davantage même, car tous deux n’ont pas les compensations masturbatoires que sont le pouvoir, la célébrité et l’argent.




Prolétaires de tous les pays, caressez-vous, ça ne consomme pas d’énergie non renouvelable, c’est donc écologique en plus d’économique. Et ça insupportera les nantis de voir que vous faites la nique à la crise.

 

 

Soyez fous : osez offrir un livre érotique pour Noël


Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans EROS
commenter cet article
9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 19:21

Tout juste un mois que nous avons quitté Sydney. Ca semble loin… Le temps n’a décidément pas la même consistance en voyage qu’au quotidien. Peut-être est-ce une des bonnes raisons de voyager : étirer le temps, parce qu’on ne le disperse pas en mille obligations superflues. Oxymore peut-être, mais réalité : on s’oblige souvent à des choses dont on pourrait se passer sans dommages. 

Dans le Ghan, j’avais lu « Cul-de-sac » de l’américain Douglas Kennedy, sympathique polar qui se passe dans le bush australien, avec tous les mythes attendus : kangourous, désert rouge, buveurs de bière et brutes épaisses, qui existent puisqu’on les a photographiés.




Décantage au retour : j’ai lu un dossier de la Documentation française «Australie : mythes et réalités » bourré de chiffres et de statistiques, puis un roman de Shane Maloney, L’auteur, australien, connaît les vicissitudes quotidiennes de son pays, très proches des nôtres. Son héros récurrent est député travailliste, mêlé contre son gré à des affaires louches. « L’argent public sert à renflouer les entreprises privées », conclut-il dans ce roman. Discours familier ailleurs qu’aux Antipodes. La mondialisation est à l’opposé des mythes : elle uniformise les logiciels de pensée.

Cependant les mythes ne sont ni faux ni inutiles, au contraire. Ils sont fondateurs, reflet de l’identité rêvée d’un pays. Ce n’est pas pour rien que kangourou et koala figurent sur le drapeau australien, même s’ils jouent un rôle mineur dans la vie moderne, tout comme la mythologie grecque reste très présente dans la conscience collective des Grecs. Le mythe nourrit l’imaginaire, qui en a besoin : comment espérer améliorer la réalité si on ne sait plus rêver ?
Au fil des jours, tout se décante. Restent en mémoire, les sensations et les non-dits, les odeurs et les battements de cœur, les rencontres et les sons… que j’ai absorbés comme une éponge qu’il me suffira, le temps venu, de presser au-dessus des pages pour créer une histoire pas forcément australienne !  C’est peut-être pour ce patrimoine mémoriel et sensoriel que j’aime le plus voyager.

Pour finir, quelques adresses :

Petit déjeuner sur la terrasse du Hides à Cairns en plein centre ville (87 Lake Street) d’où nous avons conclu en savourant la lumière naissante que « mieux  ne serait pas supportable. ».

Rainbow Beach, coin perdu mais doté d’une plage immense sans méduses ni requins. Nous avons logé à Pippies, délicieuse guest house tenue par cinq filles really friendly qui organisaient des soirées film et pop-corn, des ateliers « je peins moi-même mon didjeridoo » ou « je fais des colliers avec des graines » et militaient pour le sourire et la convivialité, à grands renforts de « enjoy your day » et superlatifs tonifiants . (Pippies , 22 Spectrum street, Rainbow Beach, Queensland- www.pippiesbeachhouse.com.au


Sussex
Lodge  à Brisbane ( 528/532 main Street, Kangaroo Point- 07 33912644ou 0405973422) dont le propriétaire, passionné de cinéma français, est aux petits soins pour ses hôtes. C’est là que nous avons passé deux mémorables soirées en compagnie de Nick de Chicago, avec qui nous continuons à échanger des mails, et Julien, franco-Australien que je dois revoir à Paris la semaine prochaine. Sans oublier Nancy, Wallie, Karine, Christophe… que nous avions une chance sur 6 milliards de rencontrer, et davantage aujourd’hui de nous retrouver sur un continent ou l’autre.
Bye-bye Australia !

 

 

 

 

 


















































Et comme il faut à chaque histoire sa musique, la nôtre, ce fût "True blue", que nous avons écouté pour la première fois interprété par Chris Callagan au pub de Glen Helen, l'original étant celui-ci, un délice:
YouTube - John Williamson True Blue   http://www.youtube.com/watch?v=ceWKrsJX9N4

Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans Humeur
commenter cet article

Présentation

  • : JOUER AU MONDE
  • JOUER AU MONDE
  • : "Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
  • Contact

AUTRES MONDES

Depuis le 31/12/2013, le site Autres Mondes n'est plus actif, mais vous pouvez toujours aller y voir   la superbe vidéo d'Himlico

et la non moins superbe vidéo sur "Aimer plusieurs hommes",  toutes deux réalisées par Douze Films Prod (www.douzefilms.fr) 

Pour être informé de la disponibilité de "Aimer plusieurs hommes"et de "Himlico et autres contes", contacter: simpere.autresmondes@gmail.com 

  "Autres désirs, autres hommes" étant épuisé en version papier, il a été réédité en ebooks regroupant les nouvelles par thèmes: Que vous aimiez le sexe entre amis (sex-potes), les aventures insolites (Belles rencontres) la transgression (Jeux et fantasmes) vous y trouverez votre compte.  En vente chez IS éditions   et sur la plupart des plate-formes de livres numériques, plus FNAC, Amazon, etc. Sexe-potes.jpg

 
 

 

 


 

Recherche

FAN-CLUB

Françoise Simpère (nouvelles de)

ma vie, mon oeuvre, mais surtout mon oeuvre

LIVRES QUE J'AIME

                                                                                                 lien-guide.jpg  

                                          
                                                                    des questions, des réponses, l'ouverture des possibles

L’érotisme est au coin de la rue

Le livre du grand Tout


Un livre indispensable
voyages torrides et beaux paysages
une belle histoire de peau et de coeur
documenté, ça énerve parfois, ça fait aussi du bien
à découvrir ou redécouvrir pour la finesse de l'analyse et de l'écriture