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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 22:28


La bande-annonce du film
« Nos enfants nous accuseront » de Jean-Paul et Béatrice Jaud revient sur le congrès "Cancer et Environnement" organisé à l'UNESCO où j’avais animé une table ronde avec le Pr Belpomme, Philippe St Marc et Philippe Desbrosses.

Une tragédie environnementale : l’empoisonnement des sols, de l’eau, de l’air et bien sûr des aliments par la chimie agricole et les dégâts occasionnés sur la santé publique, notamment celle des enfants, de plus en plus atteints de cancers et de troubles hormonaux. L’un des orateurs annonce : "pour la première fois dans l'histoire humaine, la jeune génération aura une moins bonne santé que celle qui l'a précédée."

Cela rappelle la phrase des économistes : « pour la première fois dans l’histoire humaine, la jeune génération aura un niveau de vie moins bon que celle qui l’a précédée » N’a pas de chance, cette génération. Le progrès humain allait jusqu’ici dans le sens de plus de bien-être, de santé et pourquoi pas de bonheur pour tout le monde. Pour l’avoir confondu avec plus d’argent, plus de consommation, plus de destructions… les Maîtres du monde ont fait du progrès un monstre insatiable qui dévore ses enfants, comme le Dieu Cronos les dévorait de peur qu’ils ne lui prennent le pouvoir. Le film de Jean-Paul et Béatrice Jaud montre aussi que ce système ravageur n’est pas une fatalité, que lorsque des hommes et des femmes se mobilisent les choses peuvent changer.

(Pour connaître les salles de diffusion : http://www.mdrgf.org/pdf/Nos_enfants_nous_accuseront.xls

Pour voir la bande-annonce : 
http://www.nosenfantsnousaccuseront

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6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 13:33

Bien sûr, je ne bouderai pas mon  plaisir. Il y avait un côté Coupe du Monde de foot dans l’euphorie qui a suivi l’élection de Barak Obama. La joie des Antillais, Haïtiens, Kenyans… qui se sentent enfin reconnus m’a rappelé l’éphémère illusion des « Black, Blancs Beurs » tous unis et joyeux en 1998.

J’étais surtout heureuse que l’ère cata Bushiste s’achève enfin. Face à lui, soyons honnêtes, tout candidat ne pouvait qu’être meilleur ! Or, il se trouve que Barak Obama est un homme intelligent, cultivé, fin stratège, jeune, dynamique,  charismatique… donc plus qu’adéquat pour remplir la fonction.

Alors, franchement… faut-il qu’elle soit profondément ancrée dans l’inconscient collectif occidental, la certitude de la supériorité de l’homme blanc, pour qu’au XXIème siècle, il apparaisse miraculeux, qu’un homme de cette qualité soit élu, miraculeux parce qu’il est noir. Pas noir, d’ailleurs : métis. Comme disait Françoise Giroud à propos du sexisme : « le sexisme sera réellement vaincu lorsqu’à des postes importants on nommera des femmes aussi stupides que les hommes qui occupent parfois ces postes. » 
             très bon livre, très fort...

Le racisme sera vaincu lorsque les religieux du monde entier pourront envisager que, peut-être, Dieu est une femme noire.
L’intolérance sera vaincue lorsque le sexe, la couleur de peau et les préférences sexuelles ne joueront plus aucun rôle dans l’obtention d’un emploi ou d’un logement.

Du coup, je rends grâce a posteriori à notre merveilleux grand-père maternel, pur Bourbonnais du centre de la France, blanc de chez blanc donc, qui a accueilli chez lui un métèque mi-indien, mi-viet dont la solitude l’avait ému, puis a accepté que cet homme courtise sa fille de 16 ans et demi, et l’emmène à 19 ans en Afrique pour quinze ans de vie d’aventures, loin de ses parents… Avec un tel grand-père, plus mon quart de sang viet, quart indien, moitié européen, une naissance au Gabon et une enfance dans divers pays africains, j’avoue que je suis sidérée que l’élection de Barak Obama, comme la nomination en France de Harry Rozelmack comme présentateur noir sur TF1 apparaisse comme des événements majeurs. Faut-il que l’homme blanc soit infatué de lui-même ! Et pourtant, il n’a pas tellement de quoi…
A présent, Barak, montre nous ce que tu vas faire pour la morale économique, contre la misère et pour l’environnement, les trois sujets étant d’ailleurs intimement liés. Good luck and enjoy our lives !

 

 

 

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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 01:39

Le bison fuyait, Cro-magnon ne put s’empêcher d’admirer l’élégance de sa course. Il  brandit son arbalète en bois d’arbre à laquelle il avait lié une pierre polie et la lança, partagé entre l’envie de rapporter de la viande fraîche à Cro-Mignonne qui l’attendait à la caverne, et le désir confus que le bison échappe à son destin mortel, que cette masse de muscles et de vie aille jusqu’au bout de sa course, vers la ligne, là-bas, où se rejoignaient le ciel et la terre, derrière laquelle il tomberait… Car Cro-magnon ignorait que la Terre était ronde.  

La lance décrivit une courbe presque parfaite et retomba à un mètre de la bête. Cro-magnon en fût étrangement soulagé. Il rentra sans se presser. En chemin il tua de deux jets de pierre un oiseau.
« Tiens, dit-il à Cro-Mignonne, c’est tout ce que j’ai trouvé, il n’y a plus guère de gibier dans le coin, il va falloir partir ailleurs.
-Tu as raison, c’est comme les racines. J’ai arraché les dernières, je vais les faire cuire avec ton volatile. Ce soir, c’est Poulopot
-Qu’est-ce que tu racontes ?
-  Je viens juste de l’inventer,  ça m’est venu à l’esprit comme ça… »

Cro-Magnon gagna le fond de la caverne. Il ramassa par terre deux cailloux, les frotta sur la paroi et constata avec satisfaction qu’ils laissaient des traces rouges ou jaunes sur la pierre. Alors il dessina, et sous ses doigts inspirés, le bison se remit à courir, le vent à souffler, la lance à siffler dans l’air doré du crépuscule. Cro-Mignonne s’approcha : « La chasse ne t’a donc pas fatigué, que tu trouves encore la force de dessiner ? Et pourquoi ? Qui va regarder ces croquis, à part nous ? Et je te rappelle qu’on part demain. Tu ne vas pas tout de même pas emporter ta caverne sur le dos ? »

Cro-Magnon ne répondit pas. La femme avait raison. Ca ne servait à rien de dessiner … Pourtant, c’est pour ce moment là qu’il aimait rentrer le soir, pour le plaisir de recréer sur la paroi un peu de ce qu’il avait ressenti le jour. Il se dit qu’un jour il inventerait des signes pour que les mots ne meurent plus sitôt sortis de la bouche, pour qu’il puisse les fixer sur la pierre comme il fixait déjà la silhouette des animaux. 
Le lendemain, Cro-Magnon et Cro-Mignonne quittèrent la grotte de Lascaux. Quelques siècles plus tard elle fut découverte. Les premiers qui virent ces dessins en restèrent bouche bée.

Si les hommes préhistoriques prenaient le temps de dessiner, sans espoir d’exposer ou de vendre leurs œuvres, n’est-ce pas que l’Art, loin d’être un luxe inutile, est vital? 
 

 En 2009, le budget de la Culture en France sera de 2,821 milliards d’euros. Celui de la Défense de 32 milliards d’euros.

 

 

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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 09:44

J’ai tant de fois pris les armes          
Tant de fois eu de chagrin
Essuyé tant de larmes
Au creux de ma main
Que tout ce qu’on peut dire
Sur mes paroles, mes gestes,
M’arrache un sourire
Et je me fous du reste.
Vous les petites bourgeoises 
Qui me désapprouvez
Vous qui me cherchez noise…
Jamais vous ne saurez
De quel or est le jour
Que chantent les feuillages                                  
Ce qu’on appelle amour 
Passion, bonheur ou rage.

Vous ne pourrez comprendre 
La chaleur d’une peau
La volupté d’attendre
Un regard ou un mot.


Vous êtes et vous serez
Prisonnières des gens
Qui se moquent du vent
Mais pas des préjugés.


Moi, je veux être. Pouvoir  
Goûter à l’eau du ciel
Si j’ai envie de boire                         
Et voir les hirondelles.
Je peux jouer mon cœur
Même au jeu du malheur
Et crever de plaisir
S’il me plait de mourir.

Une telle vie m’est bonne
Pourquoi donc m’en priver ?
Mais vous me critiquez ?
Bast ! Je vous pardonne…
Je vous dis au revoir
Car j’aime être polie
Et dans tous mes regards
N’entre aucun mépris…

Oui, quand je vous regarde
C’est avec amitié
Et si vous éternuez
Je vous dis : « Dieu vous garde ! »

 




C’était au lycée, j'avais 16 ans. A la fin du cours, la prof de français avait demandé à quelques élèves de venir au tableau dire un poème.  J’ai dit celui-ci, écrit pour répondre aux filles pincées qui ne comprenaient pas que je sois à la fois bonne élève et un peu déjantée, pas dans le moule. Je ne voulais pas qu’on m’étiquette.  Je ne veux toujours pas.
A part ça, je trouve que l’époque manque singulièrement de lyrisme.  Entre le flot des indices boursiers et la peur du lendemain,  les pubs proposent des « rillettes de poulet et d’agneau façon couscous » (authentique! Ca ressemble à quoi une rillette façon couscous ???)  et affirment l’urgence d’acquérir une crème antirides à pédalage intégré et une voiture onctueuse que les autres n’ont pas.  
Je ne sais plus qui a dit : « J’aime les pêcheurs à la ligne, car même pendant la guerre, il y a des pêcheurs à la ligne. » Oasis dans la tourmente.   Maman, qui avait 12 ans en 39, écrivit « Nous sommes allées à …. Jamais le paysage ne m’a semblé plus beau, le ciel plus limpide », comme si la petite fille qu’elle était pressentait qu’on a besoin de pure beauté et de douceur pour affronter la dureté du monde.

Alors, pour conjurer la sécheresse ambiante, j’écoute de flamboyantes musiques latines, lis des mots qui vibrent, tente d’écrire des mots justes,  contemple les lumières du soir et donne des coups de pied voluptueux dans les feuilles d’automne qui matelassent les allées…

 

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29 octobre 2008 3 29 /10 /octobre /2008 10:21



J’ai relu les pages  des « Latitudes amoureuses » qui se passent en Australie. Il y a dix ans, déjà, les aborigènes associés à l’exploitation touristique des lieux sacrés avaient demandé instamment aux gens de ne pas grimper sur Uluru (Ayers Rock). Aujourd’hui, un panneau en quatre langues rappelle aux touristes cette demande… qu’ils ne respectent guère. On m’a demandé à mon retour : « T’as escaladé Ayers Rock ? ». Non, je ne l’ai pas fait. Pour les raisons déjà écrites dans le roman.

 

« Nous avons atterri tout près du centre culturel aborigène. Le soleil commençait à descendre, il ne restait plus grand monde. Neil a sorti un sac à dos de la soute et m’a fait signe de le suivre. Nous avons commencé à marcher vers l’immense monolithe qui me paraissait tout proche et semblait paradoxalement s’éloigner au fur et à mesure que nous avancions. Nous n’y sommes arrivés qu’au crépuscule. Neil a levé les yeux vers le sommet :


« 328 mètres de haut, presque autant que ta tour Eiffel. C’est le plus gros caillou isolé du monde. Les aborigènes l’appellent Uluru, pour eux c’est un lieu sacré.
–Et pour toi ? –Pour moi, non, mais je respecte ce qu’ils croient. Tu vois cette chaîne le long de la roche ? Elle a été installée pour que les gens qui escaladent Uluru risquent moins de tomber. Moi, je suis contre. Il aurait mieux valu que ça reste dangereux et que moins de gens tentent d’y grimper. Tu imagines, si on mettait des crampons d’escalade le long de la cathédrale Notre-Dame, pour amuser les touristes ?


En quelques minutes, Ayers Rock s’est illuminé d’un rouge flamme éblouissant, puis le soleil est descendu peu à peu, le rouge s’est mué en carmin, puis en bordeaux et en violet, avant que le rocher ne devienne une énorme masse sombre, encore plus impressionnante dans l’obscurité et le silence. Le ciel toujours clair restait le seul élément de douceur dans le paysage. Le reste inspirait une émotion presque sacrée.

 


J’ai demandé au guide pourquoi on laissait cette
chaîne, qui incitait les gens à grimper, alors que sans elle, seuls quelques téméraires imbéciles s’y risqueraient. Il a répondu, embarrassé : « Les touristes veulent grimper. Pour certains, venir en Australie signifie escalader Uluru, se faire photographier avec un koala dans les bras et plonger sur la barrière de corail.  Ces trois activités sont écologiquement nuisibles. » - Alors pourquoi développer ce tourisme là ? – Il rapporte beaucoup d’argent, a-t-il soupiré, tout comme, lorsque je me suis indignée (OK, je sais, je suis un peu chiante sur ce plan là) qu’à Alice Springs, en plein désert d’un continent parmi les plus arides du monde on construise des resorts avec piscine, il m’a répondu : « Vous avez raison, on ne devrait pas. Mais pour les touristes riches, un hôtel sans piscine, c’est inconcevable. » J’allais m’écrier : « Mais qu’ils aillent se faire foutre ! » et me suis retenue. Ils le font déjà, et là aussi ils payent.



 

 

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26 octobre 2008 7 26 /10 /octobre /2008 14:32


Des mémoires posthumes de sœur Emmanuelle,  qui a fait tant de choses importantes au cours de sa longue vie, les medias ont surtout retenu, si j’en crois les revues de presse sur Internet,  que la religieuse se livrait au plaisir solitaire découvert dès l’école primaire et qu’elle avait éprouvé toute sa vie « l’aiguillon du désir », concluant sereinement « de tous les péchés, je pense que le péché de chair est le moins grave aux yeux de Dieu. » Benoît XVI qui a récemment réaffirmé que la masturbation est un acte intrinsèquement et gravement désordonné doit en être tout retourné. Déjà que l’abbé Pierre avait lui aussi relaté ses amours…


Le philosophe Frédéric Lenoir, auteur d’un « Petit traité d’histoire des religions » (Plon)  rappelle fort a propos que l’obsession sexuelle (ou antisexuelle) de l’Eglise catholique n’a pas grand-chose à voir avec la parole divine. D’ailleurs la Bible, livre fondateur de la chrétienté, regorge d’histoires sensuelles et d’amours flamboyantes, parfois discutables puisqu’on n’y hésite pas à vivre des passions criminelles où le rival est assassiné. Le sexe  (et la femme) à l’origine de tous les maux du monde est une théorie de St Augustin et de St Paul reprise par le clergé catholique, les protestants et orthodoxes étant quant eux bien plus cool à l’égard de la sexualité, qu’ils connaissent puisque pasteurs et prêtres orthodoxes ne sont pas tenus au célibat.

Or qui était St Augustin ? Un méditerranéen fieffé coureur de jupons et macho en diable J, qui ne supportait pas la violence de ses désirs et, pour s’en protéger, jeta l’anathème sur les femmes : on lui doit de mémorables sentences d’une misogynie si excessive qu’elle en devient plus que stupide, ridicule.. Qui était Paul ? Un homme ni très beau ni en très bonne santé qui avait une haine profonde pour son corps, source de tous ses maux, opposé à l’esprit, qui le valorisait.  Il décréta donc que la chair était à l’origine de tous les péchés et s’acharna contre la sexualité avec une trouble obstination.

En somme, depuis vingt siècles, les catholiques et d’une façon générale la société dite judéo-chrétienne traînent une culpabilité vis-à-vis du sexe à cause de deux hommes frustrés et mal dans leur corps. Frustration et malaise que l’Eglise s’est attachée à  perpétuer en exigeant des religieux une abstinence qu’à l’évidence ils ne peuvent tenir.



« L’homme s’est fixé des objectifs d’abstinence et de fidélité que très peu sont capables de vivre, a dit un jour un pasteur sur Arte, et à cause de cela il souffre chaque jour de ne pas être à la hauteur d’objectifs impossibles. »


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22 octobre 2008 3 22 /10 /octobre /2008 14:47


 
















Le prix du baril de pétrole a baissé de 40% par rapport à son niveau de juillet 2007 en raison de la baisse de la consommation.   
   






Whaow ! Depuis des années, face à la pollution automobile et à l’épuisement prévu des ressources pétrolières,  on demandait cette baisse de consommation,  nécessaire mais difficile à imposer à des citoyens esclaves de leur voiture. La voilà qui s’impose non par conscience écologique mais pour des raisons économiques : économie rime enfin avec écologie, comme dans mon enfance, où on ne disait pas « Ferme le robinet et éteins la lumière » pour sauvegarder la planète, mais parce que ça coûtait cher, et que même dans la classe moyenne, on ne gaspillait pas.  

























En Occident,  mais aussi en Chine, la croissance ralentit.





Croissance zéro, c’était carrément l’objectif du Club de Rome dans les années 60, quand des scientifiques et des politiques ont commencé à entrevoir que la course à la surconsommation et le creusement des inégalités allait non seulement ruiner la Terre, mais engendrer une spirale de violence et de fanatismes. Sans compter qu’on peut,
sans être spécialement mièvre, trouver révoltant que  moins de 10% des terriens s’approprient plus de 80% des ressources et laissent les autres  galérer ou crever.




















Ne surtout pas aller chercher la croissance avec les dents comme disait Nicolas Sarkozy qui à l’heure actuelle doit avoir sérieusement mal aux gencives, mais saisir l’occasion de revoir notre mode de développement et de consommation.  



















Des années difficiles s’annoncent, dur de
changer ses habitudes. Mais dans les pays développés, ils n’auront rien à voir avec la misère des deux milliards de terriens qui survivent avec un dollar par jour.  On reviendra juste à une modération qui, si elle se généralise, est peut-être la chance de notre vie et de celles des générations futures. L’occasion de découvrir que plein de choses belles ne s’achètent pas, cf ces photos.






Restera à régler l’arrogance des plus riches : en Allemagne s’est déroulé il y a quelques semaines le Salon des millionnaires, ( Millionaire Fair) pour aider ceux-ci à dépenser leur argent. Entre un stand de cigares plaqués or et un autre de chaussures incrustées de diamants, l’organisateur admet : « Ce salon est peut-être malvenu quand le fossé se creuse entre riches et pauvres, mais c’est aussi ce fossé qui rend le luxe visible. » Il ne suffit pas qu’ils soient riches, encore faut-il que cela se voie !  On leur fait quoi, à ceux là ?

 

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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 21:40

Josiane Balasko a écrit le scénario de son film « Cliente » il y a plusieurs années.Tous les producteurs l’ont refusé. Un film sur une femme de 50 ans qui s’offre les services d’escort boys de trente ans, sulfureux, ça, tabou !  Elle a donc transformé son scénario en un roman, qui a remporté un vif succès, preuve que quelque part, cette histoire parlait aux gens. Quatre ans après le livre, Balasko sort enfin le film dont elle a eu du mal à boucler le budget, la réticence des producteurs demeurant…
Bien ficelé et pas simpliste, « Cliente » peut donner lieu à des interprétations diverses selon l’œil avec lequel on le regarde : un sujet, c’est la rencontre entre une histoire, un auteur et les autres. Qui transforment l’histoire à l’aune de leurs propres fantasmes. Donc « Cliente », ce peut être :
-une fable moralisatrice sur la solitude des bourgeoises friquées qui se sont trop consacrées à leur boulot et pas assez à l’amour.
-un sujet sociétal sur le manque de fric qui pousse des hommes jeunes et mignons à monnayer leurs charmes pour payer leurs traites de fins de mois, sans penser pour autant qu’ils se prostituent. Un peu comme récupérer des choses « tombées du camion » ou pirater un compte sur Internet : de la débrouille.
-une comédie sur notre pauv’ monde où tout s’achète, y compris l’illusion de plaire et un peu de plaisir, du moment qu’on a les moyens.
-une histoire de complicité et d’amour fraternel entre Judith la bourgeoise (Nathalie Baye) et sa sœur Irène (Josiane Balasko)
-une bluette sentimentale où la bourgeoise tombe amoureuse de son escort boy tandis que sa sœur, qui a toujours cru à l’amour, le trouve en la personne d’un Apache costaud et jovial ( joué par Georges Aguilar, mari de Balasko à la ville).
-une comédie sur la pesante promiscuité familiale qui fait fuir le héros- Marco l’escort boy, joué par Eric Caravaca- avec ces mots à Fanny, sa jolie épouse (Isabelle Carré) : « Ce n’est pas toi, c’est cette vie que je n’aime plus. »
-un film décontracté et drôle sur le sexe, la télé, la modernité des mœurs, etc.

C’est aussi pour moi- forcément- un film sur l’intimité. Car de façon moins poignante mais plus drôle que Patrice Chéreau dans « Intimité » (dont j’ai déjà parlé http://fsimpere.over-blog.com/article-7006466.html ) ce film montre un homme et une femme qui se retrouvent en principe juste pour le sexe et qui, lorsque cela se répète, et surtout lorsque l’échange cesse d’être marchand (Marco refuse un jour d’être payé) se découvrent intimes.
« Je suis bien avec toi », murmure Marco.  Sa cliente qui n’en est plus une lui caresse les cheveux. Instant magique d’après le plaisir, où il n’y a plus d’enjeux puisque la séduction, l’orgasme, la performance, tout ce qui peut rendre le sexe anxiogène est passé. Ne reste que ce temps  suspendu, hors monde, où les amants se sourient ou se caressent la joue, rêveurs, loin des rapports de force et des enjeux de la vraie vie. 
« Mais tu l’aimes », répond Judith à Marco en parlant de Fanny. Oui, il l’aime. Il ne l’a pas quittée par désamour, mais à cause du manque d’intimité, justement, parce que la cohabitation avec une belle mère et une belle-sœur envahissantes l’ont fait fuir. Le temps d’une parenthèse intime avec une femme de vingt ans son aînée.

Cette intimité des amants, aussi mystérieuse que le désir et bien plus que l’orgasme ou les prouesses sexuelles, si raffinées soient-elles, cette intimité qui n’est pas de l’amour mais fonde cependant des attachements durables au-delà du sexe, cette intimité vitale après laquelle courent sans doute tant d'hommes et de femmes depuis que le monde existe, voilà ce sur quoi j’aimerais écrire. Le titre serait simple : Journal intime.

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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 10:44

Chaque été depuis 2003, année où « Des désirs et des hommes » ont caracolé huit mois 2ème des meilleurs ventes poche en Relay,[1] je scrute les classements de l’été, et depuis 2003, immanquablement, il y a un érotique parmi les succès : Eloge des femmes mûres, Femmes amoureuses, etc… Sauf en 2008.  Pas le plus petit récit coquin, pas le moindre guide sexuel… "La libido nationale est en berne,  les bourses sont déprimées, me dis-je."

J’avais raison.

Plus sérieusement, j’avais raison. Car à vous, lecteurs de ce blog qui avez de la culture et du sentiment, je n’apprendrai rien en rappelant que la libido ne concerne pas seulement le sexe, mais l’énergie du désir  au sens large du terme : désir de faire, élan, confiance, créativité…  Le premier symptôme de la dépression, c’est la perte de la libido : plus rien ne fait envie, ni l’amour, ni le travail, ni la curiosité. Nous sommes un peuple de déprimés, de frileux,  et les medias enfoncent le clou en parlant sans cesse de dépression… économique.
Rappelons pourtant que le bonheur ne se résume pas à un taux de croissance, et que le taux de croissance n’est qu’un instrument de mesure ô combien imparfaite de l’économie, tout comme les bonds et rebonds des bourses ne reflètent aucunement l’état des richesses produites dans le monde mais les émois de financiers bien fragiles psychologiquement puisqu’un rien les effraie et un rien les rassure.
Rappelons qu’un mec qui gaspille de l’essence dans un embouteillage, avale trois tranquillisants pour se calmer et finit par percuter un mur fait grimper le taux de croissance : l’essence, les médicaments, le mur à réparer, la voiture à racheter, les frais d’hôpital, les béquilles… tout ça participe bel et bien à l’activité économique.  Tandis qu’un type qui prend son vélo pour aller travailler, revient tout tranquillou le soir et va faire l’amour dans la forêt avec sa douce pour se détendre est un mauvais citoyen, toutes ces activités ne rapportant rien ou pas grand chose à l’économie.

Pour en revenir aux bourses triomphantes : le kangourou est un grand gaillard sympathique, tendre (surtout grillé, miam)  très agréable à caresser et qui  garde son équilibre avec sa queue : la définition même du  compagnon idéal. Qui plus est, pourvu d’une paire de roubignoles exceptionnelles, voir ci-dessus. Eh bien, vlatipa que sans aucun respect pour les couilles dudit, on en fait des souvenirs pour les touristes : scrotum de kangourou  encore plein de poils, surmonté d’un décapsuleur ou d’un tire-bouchon. J’ai tâté, ça m’a fait une drôle d’impression : les couilles sans l’individu qui va avec, ça n’a plus guère d’intérêt, mais il est vrai que je suis une érotomane intellectuelle et affectueuse.
Ce n’est pas tout : sous prétexte que le Kangourou est un fieffé sauteur, on ne trouve rien de mieux pour réguler l’espèce que de lui enlever son scrotum- dans le respect des règles écologiques est-il précisé sur la notice- pour en faire un cuir fin et souple dans lequel on taille… des bourses ( en anglais: pouch, de quoi faire un putsh) !
Mais celles-ci, paraît-il sont porte-bonheur et assurent à leur heureux possesseur richesse santé et beaux enfants.

Notez le regard du kangourou vers la femelle alanguie, gracieuse comme une biche...

[1] Je regrette que « Autres désirs, autres hommes » n’ait pas eu le même succès alors que je le trouve mieux écrit, plus varié et plus imaginatif. « Oui, mais moins directement bandant » m’a dit l’éditeur.  Eh zut, moi qui croyais avoir des lecteurs et lectrices cérébraux … 

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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 13:50

















J’avais découvert l’Australie il y a dix ans, en septembre 1998. Voyage de presse : 2 jours de congrès médical, huit jours de tourisme (oui, beau métier 
J ) bref survol pour cet immense continent, mais suffisamment marquant pour que je fasse de l’Australie et d’un bel aventurier australien les héros de la moitié des « Latitudes amoureuses », que je vais relire.






















Je m’étais promis d’y retourner un jour, quand j’aurais du temps et des moyens. Et puis, en peu de temps, j’ai vu disparaître ou tomber malades assez d’
amis encore jeunes pour décider de prendre tout de suite le temps et de mettre dans ce voyage mes économies qui de toutes façons fondaient comme beurre dans la poêle des cuistot de la finance… Cela impliquait que ce ne serait pas du tourisme, mais un voyage. Avec train, bus, marche, sac à dos, hébergements simples.



















Premières impressions,
sans koalas, ni kangourous, mais ça viendra ensuite !




  





  L’espace: ici tout est grand, les paysages, les camions,














les steacks,  les plantes,

les animaux, la gentillesse : friendly, really. Avec une façon toute british et non américaine de s’enquérir de votre bien-être, de vous souhaiter « enjoy your day » et de sourire. Ca donne de l’air !









Le Ghan, train qui va d’Adelaïde à Darwin en 50h, on s’est arrêté au milieu, à Alice Springs après 24h. Son emblème, le chameau (dromadaire en fait) rappelle que les Afghans sont venus en Australie et y ont apporté des chameaux, qui ont peu à peu muté en une race plus grande, adaptée au continent. On croise des chameaux et des chevaux sauvages dans le bush…















« 60% des australiens sont d’origine Irlandaise nous dit un chauffeur de taxi, ça fait 60% de fous ! »






  



 











En tout cas de fous d’Irlande, avec des pubs, des gueules intéressantes et des cornemuseux en pagaille.
















On a croisé un québécois venu disputer des championnats du monde de cornemuse. Et comme il a trouvé un logement et un boulot en trois semaines, il a décidé de rester, ce pays étant « moins frette » que le sien : l’hiver a été très rude à Montréal cette année.                                                                                                                                   












 






Ville de contrastes: à Brisbane, face à la City hyperurbanisée, des "climbers" fous excaladent des roches dès la tombée de la nuit dans une lumière dorée magique, tandis que d'autres courent à la limite de l'infarctus.


Instant de grâce parmi d'autres, au crépuscule à Sydney, un guitariste Tasmanien nous tient sous le charme de ses doigts d'une vélocité hallucinante.

http://www.dailymotion.com/a/joueraumonde/a6ec31baea

 

Le pont de Sydney, un soir...


 

A Kangaroo Island, un espace appelé "little Sahara" avec un incroyable sable fin

 






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Depuis le 31/12/2013, le site Autres Mondes n'est plus actif, mais vous pouvez toujours aller y voir   la superbe vidéo d'Himlico

et la non moins superbe vidéo sur "Aimer plusieurs hommes",  toutes deux réalisées par Douze Films Prod (www.douzefilms.fr) 

Pour être informé de la disponibilité de "Aimer plusieurs hommes"et de "Himlico et autres contes", contacter: simpere.autresmondes@gmail.com 

  "Autres désirs, autres hommes" étant épuisé en version papier, il a été réédité en ebooks regroupant les nouvelles par thèmes: Que vous aimiez le sexe entre amis (sex-potes), les aventures insolites (Belles rencontres) la transgression (Jeux et fantasmes) vous y trouverez votre compte.  En vente chez IS éditions   et sur la plupart des plate-formes de livres numériques, plus FNAC, Amazon, etc. Sexe-potes.jpg

 
 

 

 


 

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Le livre du grand Tout


Un livre indispensable
voyages torrides et beaux paysages
une belle histoire de peau et de coeur
documenté, ça énerve parfois, ça fait aussi du bien
à découvrir ou redécouvrir pour la finesse de l'analyse et de l'écriture