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13 octobre 2008 1 13 /10 /octobre /2008 16:28

« Arghh ! dis-je à mon banquier, il suffit que je parte en voyage pour que vous fassiez plein de bêtises ?  Ca fait pourtant un bail que je vous dis que ce système absurde va se casser la figure, un bail que je vous serine qu’on vit dans une société toxicomane où l’argent virtuel n’est plus de l’argent mais une drogue qui rend fou. Et voilà,  vous avez atteint l’overdose !  Et en plus, vous faites les étonnés, les surpris, les innocents… Vous avez entendu Christine Lagarde hier matin ?:  « Je pense personnellement que la crise actuelle vient d’un manque de règles dans le jeu financier… nia nia nia… » Ce n’est pas elle qui ne jurait que par la dérégulation des marchés il y a peu, persuadée que le marché, qui comme chacun sait est une sorte de Polomoche[1] qui pense, parle, s’angoisse, se réjouit, grimpe et tombe, il suffit d’écouter Jean-Marc Sylvestre dans sa chronique boursière pour visualiser le marché comme un monstre tout bouffi… persuadée, disais-je, que le marché se régule tout seul et que l’homme, face à l’argent et au pouvoir, aura la sagesse de dire « non, là, c’est trop, j’en ai assez, laissez-en pour les autres? Que nenni, mon brave, l’homme n’est pas bon par nature, il est bon si on lui tire les oreilles quand il merde, allez, montrez-moi vos oreilles… »

      Trois jours que je suis rentrée et déjà l’envie d’un coup de gueule !  Heureusement que j’ai assez la forme pour ne pas risquer l’infarctus.  Dieu que c’était bon de n’ avoir ni radio ni télé dans nos pitites chambres,

ou alors, quand TV il y avait, de regarder une série peuplée de  belles filles en jeans et chemises à carreaux capables de dresser un cheval à mains nues et d’attraper un homme au lasso, si, si, je vous jure, ça existe.  
Parce que, comme disait ma grand-mère, « pas de nouvelles, bonnes nouvelles », alors que dès qu’on écoute les nouvelles, surtout en boucle, la fin du monde est proche…

Dire qu’avant mon départ l’autre buse serinait « La France est en faillite, les caisses sont vides » pour justifier son incapacité à trouver un milliard d’euros pour financer le RSA, et que là, magiquement, on trouve des centaines de milliards de dollars ou d’euros pour sauver des banques qui ont joué/perdu, mais quand on joue gros, on perd pas, c’est la règle du jeu financier que la dame Lagarde dit vouloir réguler.

« Penses-tu, m’explique un gars qui fait dans la finance, il n’est pas question qu’ils arrêtent de jouer aux cons, ça rapporte trop.  Ils sont déjà en train d’inventer des produits financiers  encore plus complexes pour qu’on s’y retrouve encore moins,  bourrés d’assurance et de réassurance… qui exploseront à leur tour. A moins que d’ici là, ceux qui vont vraiment payer le prix de la crise (licenciements, épargne fondant comme beurre dans la poêle, crise du logement, etc) explosent à leur tour. 

Il y a une quinzaine de jours- l’avez-vous entendu ?- un PDG indien travaillant pour le compte d’un équipementier automobile italien a été battu à mort par ses salariés licenciés. Le Ministre de l’Emploi indien a dit que ce drame illustrait l’exaspération croissante des travailleurs et devrait servir d’avertissement à tous les dirigeants. Mamma mia ! Il a dû s’excuser dès le lendemain pour avoir osé dire la vérité : au-delà d’un certain seuil de misère et d’humiliation- le manque de dignité aggrave le manque d’argent- il y a risque d’explosion sociale.
Allez, promis, le prochain  billet sera plein de photos et de jolies choses…




[1] Quand j’étais petite, mon frère aîné me lisait une histoire avec un monstre appelé Polomoche qui sentait la pomme pourrie, si effrayante que j’en tremble encore.

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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 10:10







   











Je ne sais plus qui a dit: "Le meilleur moment du voyage, c’est avant le départ », tout comme « le meilleur de l’amour, c’est quand on monte l’escalier ». Retour avant-hier après vingt-cinq heures de voyage,
sans tristesse « post coïtum » mais avec l’étrange impression d’avoir rêvé ces cinq semaines si denses. Heureusement qu’il y a 19h de films, 500 photos et un gros cahier de notes pour être sûre que oui, on l’a vécu.








Donc, besoin de décanter avant d’en parler. Voyager bouscule les repères habituels, change de place la lampe qui éclaire notre perception du monde, et met en lumière des zones inexplorées.  Quand on entend « hier, on eu du vent du sud, la température a chuté de 10 degrés en quatre minutes », il faut quelques secondes pour réaliser qu’en Australie, le vent du sud vient de l’Antarctique. Ca lave la tête et relativise les choses.

Kangaroo Island, de purs paysages





  






Lauranne à Remarkables Rocks



   





















La sieste des lions de mer


















Le sable de Rainbow Beach, plage à l'infini


 
















Partie d'échecs à Sydney


















Pont de Sydney, fin de journée


















Koala enfin réveillé!


















Un "trou d'eau" (waterhole) près de Glen Helen, dans le Bush



















Le  Ghan, 24h de train entre Adelaïde et Alice Springs

























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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 10:30

« Qu’a donc à nous dire cet homme à qui tant dans sa vie familiale que professionnelle, tout semble avoir réussi ? » Cette question que s’est posé le Pr. Jean-Marie Pelt[1] quand je lui ai demandé s’il accepterait de préfacer le livre de Daniel Jouvance « Le bonheur est un art subtil » (éditions Panama)  je me la suis également posée lorsque ce dernier m’a proposé de participer à cette écriture si personnelle.

De Daniel Jouvance, je connaissais les produits cosmétiques, son centre de recherches installé sur l’île de Houat et son premier ouvrage « Au nom de la mer » (Robert Laffont). En 1998, il m’avait spontanément aidée à informer le public sur l’algue invasive Caulerpa Taxifolia, en finançant l’impression des documents que je rédigeais, et leur diffusion à toutes ses clientes. C’était déjà hors normes, mais je voulais en savoir davantage pour faire mieux qu’une énième biographie de chef d’entreprise. Nous nous sommes donc rencontrés pendant plusieurs mois. Dès le  premier rendez-vous, j’ai découvert un homme aux multiples facettes et aux multiples talents, exprimés avec une totale simplicité, une discrétion qui m’a poussée à le deviner autant par ses silences que par ses mots : « Rien de commun chez cet homme avec les grands capitaines d’industrie devenus au fil du temps de grands patrons spécialistes de la finance, membres de la Jet set et si souvent un tantinet arrogants et dominateurs. » écrit Jean-Marie Pelt dans sa préface. Je souscris pleinement à cette appréciation.

Daniel est un chef d’entreprise atypique, exerçant au sein d’un groupe important- le groupe Yves Rocher- avec des manières de responsable de PME, au four et au moulin, attentif à chacun, parfois épuisant, comme le dit avec humour un de ses collaborateurs : (« J’appelle son intuition un « excès de vitesse de l’intelligence » qui justifierait parfois un retrait provisoire du permis de penser »)  mais la plupart lui sont d’une fidélité rare à l’ère du turn-over frénétique. 
Il « mouille sa chemise » en participant personnellement, dans des conditions parfois précaires, aux expéditions scientifiques qu’il soutient, car rien ne l’enthousiasme davantage que de « frotter des cerveaux entre eux pour qu’en jaillisse des étincelles ».
Fou d’art et lui-même sculpteur, il parsème d’œuvres d’art ses bureaux, centres de thalasso et spas : « L’art, dit-il, est ce qui nous fait humain, une activité en apparence inutile, pas rentable, et pourtant essentielle pour aiguiser la sensibilité, l’analyse et l’esprit critique. »
Enfin, bien avant que ce ne soit la mode, il s’est passionné pour l’énergie solaire et la gestion de l’eau, et a soutenu des actions humanitaires et environnementales, engagements qu’il va perpétuer et approfondir grâce à la Fondation[2] qu’il vient de créer.
« Un homme comme Daniel Jouvance, homme d’affaires mais aussi aventurier, artiste et curieux de tout, est un bon exemple de l’état d’esprit que nous devrions cultiver dans une société plus équilibrée », dit de lui le Professeur Yves le Gal sous-directeur honoraire au Collège de France et correspondant du Muséum National d’histoire naturelle, collaborateur et ami de longue date de Daniel Jouvance.

Mon cher et tendre, en voyant le livre s’est écrié : « Et en plus il est beau ! Intelligent, généreux, sportif, amoureux de sa femme et de sa famille, dynamique… un peu agaçant, non ? » Ma fille aînée ironisait : « Tu vas avoir du mal à écrire sur un type aussi gentil, ça va ressembler à « Heidi au chalet » ». Le fait est que j’ai constaté qu’il est plus difficile d’écrire sur un homme sain que sur un serial killer ! Cependant, ce travail intense m’a aussi dynamisée, redonné espoir dans l'humanité, qui si souvent m'effraie. En lui rendant le manuscrit, je lui ai dit : « Je trouve que vous gagnez à être connu et je vous dis cela sans être amoureuse de vous, ce qui de ma part est une performance J. » Ce n’est pas si souvent qu’on rencontre, comme chantait Enzo enzo : « Juste quelqu’un de bien… » qui croit à la gentillesse plus qu'à l'agressivité comme moteur de progrès.

 

 

 


[1] Professeur de botanique, fondateur de l’Institut Européen d’Ecologie

[2] Fondation Daniel Jouvance, sous l’égide de l’Institut de France.

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18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 10:30

J’avais 27 ans, un rédac chef m’avait demandé un papier sur « l’amour après 60 ans ». Autant dire que je n’en avais aucune idée. ! J’allai donc interroger une psy d’environ 40 ans, très belle, qui m’asséna : « L’amour et les sentiments existent à tout âge, en revanche passé la soixantaine, le sexe est sublimé. » Sublimé ? « Oui, dans la musique, la littérature, l’art… La libido devient plus spirituelle que sexuelle, forcément. » « Forcément, admis-je, en me disant que ça allait être coton de sortir huit feuillets avec cette seule info.

C’est alors que mon rédac chef me suggéra d’enquêter auprès des lecteurs/trices ayant envoyé une petite annonce à la rubrique « rencontres » du magazine. Je consultai ladite rubrique et découvrit la sublimation : « Cherche compagnon pour aller au concert et voyager ». « Cherche compagne pour visiter expos et savourer ensemble les beautés de la vie. » Je les imaginais chacun dans leur fauteuil, éventuellement main dans la main, écoutant religieusement quelque cantatrice dont le soprano pouvait encore procurer un frisson spirituel, ou rêvant aux paradis perdus devant un nu de Picasso. Je pris donc rendez-vous avec deux femmes de 66 et 74 ans et dénichai un couple de 82 et 85 ans, grands-parents d’un copain, sans me douter que j’allais m’aventurer dans des terres plus que chaudes : torrides.
La première dame, rousse bouclée  vêtue d’un pantalon chamarré et d’un chemisier en soie sauvage, m’expliqua qu’elle donnait toujours rendez-vous à ses correspondants dans le bar en bas de chez elle : « On boit un thé, on discute, et je vérifie s’ils sont bien élevés car à mon âge on n’a que faire de grossiers personnages. S’ils me plaisent, je leur propose un second rendez-vous chez moi. »  J’étais chez elle, justement, assise sur le rebord de son canapé rouge que la dame me désigna d’un doigt malicieux : « Je fais mettre mon visiteur exactement où vous êtes, et s’il me plaît vraiment, au lieu de m’asseoir en face de lui, je m’assois à côté et clic-clac !
-         Clic-clac ?
-         Oui, clic-clac. Ce canapé est un clic-clac, je n’ai qu’à tirer sur cette manette et il se transforme en lit. » Elle éclata de rire : « Si mes enfants m’entendaient !!! Mais voyez-vous, j’ai déjà eu le malheur d’être veuve à 64 ans, je ne vais pas y ajouter la solitude ! »

La dame de 74 ans avait été courtisée par téléphone : « Un monsieur très convenable, un ancien militaire. Nous avons échangé quelques mots et brusquement il m’a dit « je mesure 22cm ». J’ai d’abord cru que c’était un nain, puis j’ai compris de quoi il s’agissait ! Tout de même, mademoiselle, vous ne croyez pas que les hommes sont bizarres de se présenter ainsi ? » Elle eut un clin d’œil coquin : « Je n’ai rien contre, remarquez, mais je demande à voir d’abord le reste. »

Les grands-parents du copain m’invitèrent à l’apéritif. On aurait dit des amoureux de Peynet. Ils se caressaient la main et se cessaient d’échanger des regards enamourés en me racontant leur vie commune entamée 63 ans plus tôt. Je concluais : « Après tant d’années, vous devez ressentir une immense tendresse l’un pour l’autre.  – Certes oui, dit la dame. Mais il y a aussi le plaisir. Nous aimons beaucoup faire l’amour. »  Le mari intervint : « Je reconnais que je ne suis pas aussi performant qu’à vingt ans, mais disons que je remplace la vigueur par le savoir-faire. Et tu ne t’en plains pas, n’est-ce pas, ma chérie. –Oh que non, sourit la dame, l’œil brillant. Sans doute que si quelqu’un nous regardait, il ne trouverait pas ça très beau, mais je peux vous garantir que c’est bon ! »

Je suis partie toute guillerette à l’idée des années de délices que je pourrai encore vivre, pas vraiment sublimés, mais sublimes, forcément sublimes…

 

 

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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 06:27

Avec les 5 minutes de connection qui me restent, un coucou du fin fond de l"Australie, apres cinq jours de campement fatigants mais superbes.
Ben oui, c"etait ca le projet, un road movie mere/fille entre Adelaide, Uluru, Alice Springs, puis la cote est que nous descendrons en bus puis avion, vu les distances. On a un peu sature des kilometres...
Les photos viendront a mon retour, en attendant, bises et amities a tous et toutes.

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11 septembre 2008 4 11 /09 /septembre /2008 09:14

Je vous ai déjà parlé ( Folie des hommes, 7 août 2008) du livre « l’affaire Winston » prêté par Jean-Claude, le voileux rencontré en Grèce. Cette histoire m’a tenue tellement en haleine qu’en rentrant j’ai dévoré «Mémoires d’un rouge », biographie de l’auteur.
Ca se passe des années 1930 à 1980 environ. Howard Fast perd sa mère à l’âge de 8 ans. Son père est pauvre, souvent chômeur. Le gamin  affronte la misère pour survivre dans les faubourgs de New York et trouve son seul plaisir dans la lecture, puis l’écriture. Il publie des nouvelles, puis des romans à succès. Devient communiste parce que, dit-il, « quand on est pauvre, on est séduit par un parti qui veut s’occuper des plus défavorisés ». Howard Fast n’est pas militant, juste sympathisant,  mais comme Charlie Chaplin et tant d’autres il subit la chasse aux sorcières, le Maccarthysme. Du jour au lendemain, les portes se ferment devant lui, plus aucun éditeur ne veut le publier, ses voisins ne le saluent plus, il fait de la prison (dans les années 50, l’Amérique a été la seule démocratie où on était emprisonné sur le seul soupçon d’être communiste) tandis qu’il est vénéré en URSS et invité aux grands congrès communistes. Quelques années plus tard, il découvre les crimes de Staline et quitte le Parti. Du jour au lendemain ses livres sont interdits en URSS et le parti communiste américain le voue aux gémonies. 

Howard Fast raconte sa vie de façon factuelle, en hésitant, en osant dire « je ne sais pas », avec une honnêteté rare et un sens des nuances, une conscience de la complexité des choses qui rendent bien caduques nos débats manichéens de bloggers. Lui admet qu’il a rencontré au PC des gens dévoués, généreux, altruistes et cultivés, mais aussi des crétins arrogants, obtus, fermés à toute discussion et incapables d’admettre un autre point de vue que le leur. Invité chez des gens de la droite américaine conservatrice, au début de sa carrière, on lui conseille de ne pas dire qu’il est juif.  Il découvre ainsi que des gens charmants et hospitaliers peuvent être aussi racistes et intolérants. bref, qu'on est toujours le con de quelqu'un... si on ne pense pas comme lui.

Rarement un livre m’a donné autant envie d’en recopier des phrases, d’en lire des citations à mes amis pour leur dire : « Voyez, tout n’est pas si simple », il n’y a pas d’un côté les bons, de l’autre les méchants, mais des logiques inverses et surtout l’immense cupidité des humains dès qu’il s’agit de prendre ou de garder le pouvoir. Avec pour seule conclusion déprimante que si le Pouvoir corrompt irrémédiablement, sans le pouvoir on ne peut guère changer le monde. (sauf son propre monde, évidemment, en souhaitant faire tache d’huile, c’est ce que je tente de réaliser)

Bref, si vous trouvez ce livre, n’hésitez pas.

(la photo d'en haut est de Richard Avedon dans sa série sur les anonymes de l'Ouest américain) 

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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 08:20

Quelques mots avant de quitter ce blog d’ici quelques heures… pour un certain temps, pour un rêve devenu projet, puis réalité, que certain(e)s d’entre vous connaissent. 

Il y aura donc très peu de billets ce mois-ci, mais vu la vigueur du dernier débat, ça reposera tout le monde J

Avant de partir, je veux surtout remercier les lutins et lutines qui ont répondu à mon appel en m’envoyant questions, témoignages et photos, ou en prenant le temps d’un verre ou d’un repas pour échanger.  Il y a dans tout cela une richesse inouïe, je m’en doutais, mais plus encore, une complexité et une générosité rares. Loin d'imposer un quelconque modèle, ces échanges ne dégagent aucune certitude péremptoire, pas plus qu'une angoisse paralysante, mais une vitalité qui stimule l’intellect et fait jubiler le coeur.


Rien à voir avec le libertinage com
mercial, la dragouille consommatrice ou les ricanements salaces: amoureux et surtout amoureuses plurielles, réinventent non pas une, mais mille façons d’aimer, avec une délicatesse et une attention à l’autre, à tous les autres (enfants, famille, amis, amants, entourage) qu’on rencontre de façon rarissime dans la vie formatée.

En vous lisant et en regardant les photos que quelques-unes m’ont envoyé, je songeais que ces femmes lumineuses, heureuses de vivre, tendres, ardentes et si lucides devraient faire rêver tous les hommes, et que ces hommes qui se posent mille questions et trouvent dix mille réponses sans croire que l’amour « doit » être comme ci ou comme ça, sans se corseter dans des modèles tout en balisant leur route de repères, donnent sens à la vie.

Plus que du sexe, plus que du couple, les lutins et lutines témoignent d'un appétit de vie formidable, avec une capacité d’émerveillement qui fait vraiment du bien dans la morosité ambiante, une façon de reconnaître ses fragilités et sa force sans vanité ni modestie inutiles, et un ressort étonnant face aux difficultés qui ne nous épargnent pas plus que les autres.  Salut à tous et toutes.

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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 00:23

Le pape vient en France en septembre. Ca a l’air de faire plaisir à un tas de gens, je n’ai rien contre… Sauf quand je lis sur la banderole déployée le long de l’église de ma ville qu’il va célébrer une grand messe en plein air sur l’esplanade des Invalides. Déjà, en juin, j’avais été stupéfaite de voir des dizaines de fidèles suivre la messe de Notre Dame dehors, avec une sono d’enfer – si j’ose ainsi m‘exprimer- qui n’épargnait à aucun laïque, mécréant ou simplement promeneur indifférent la totalité de l’office.
Que le pape aille dire la messe à l’intérieur de Notre Dame, qu’il célèbre des offices et fasse des sermons dans tous les lieux chrétiens du pays, pourquoi pas ? C’est fait pour ça et ça ne gêne personne. Mais qu’on impose à tout public, quelle que soit sa religion ou son absence de religion, d’entendre une cérémonie qui ne l’intéresse pas, qu’on mobilise un lieu laïc- l’esplanade des Invalides- pour une messe catholique, cela me choque dans un pays qui a clairement séparé l’Etat et l’Eglise, un pays laïc, un pays qui de surcroît a eu tout un débat ces dernières années sur « les signes ostentatoires ou ostensibles » de religion… pour conclure qu’ils n’étaient pas admissibles dans les lieux publics. Or les Invalides sont un lieu public. Et la France n’est plus la fille aînée de l’Eglise depuis déjà longtemps.



Pour être franche, ce n’est pas Dieu- qu’il existe ou non-  qui me gêne- ni même la religion dans ses croyances, tant qu’on n’essaie pas de les imposer à ceux et celles qui ne croient pas. Le gênant, dans ces cérémonies à grand spectacle, c’est le culte, le besoin d’idolâtrer un autre humain, que ce soit le pape, un ayatollah, un dirigeant politique ou un artiste. Je ressens aussi un malaise quand je vois des gens poireauter des heures devant un palace parisien pour tenter d’apercevoir le bout d’un sourcil d’une actrice célèbre …

 

 


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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 18:50

J’ai visité l’exposition sur l’œuvre du photographe américain Richard Avedon (jusqu’au 28 septembre au Jeu de Paume à Paris, métro Concorde). Avedon est très connu pour ses photos de mode qui ont sorti les top models de leur univers figé en leur donnant du mouvement et de la fantaisie. Mais cet homme  beau et tourmenté a exploré d’autres milieux : celui des artistes, des écrivains, des hommes politiques et, pour une commande, l’Ouest américain où il a photographié des mineurs, des ouvriers, des barmaid, des SDF, bref des anonymes, avec la même méthode que les mannequins : fond blanc, gros plans et mise en condition du sujet.

En comparant ces portraits, je me disais que  les deux plus terribles inégalités qui séparent les riches et les pauvres sont d’une part l’espérance de vie, d’autre part l’expression du regard, tant celle des intellectuels et artistes reflétait de passion ou de malice, alors que celle des pauvres reflétait la tristesse et l’impuissance face à leur destin. Ces photos d’inconnus de l’Ouest américain ont d’ailleurs fait scandale tant elles ont mis l’Amérique face à sa misère sociale.  Certains des sujets photographiés ont réagi violemment, l’un en changeant immédiatement de métier, l’autre, belle et dynamique jeune fille, bien différente de celle qui apparaît sur la photo, en apostrophant Richard Avedon : « Ca ne me ressemble pas, ce n’est pas moi du tout ». Réflexion qu’on se fait souvent en se voyant soi-même en  photo. A laquelle Avedon répond avec superbe : "Un portrait n'est pas une ressemblance. A partir du moment où une émotion ou un fait devient photographie, ce n'est plus un fait mais une opinion. La notion d'inexactitude n'existe pas pour un photographe. Toutes les photographies sont exactes ; aucune n'est vraie."

Ce qui intéresse l’artiste, ce sont les contradictions et les paradoxes que chacun s'acharne à enfouir. Ainsi a-t-il saisi la fêlure de  Marylin Monroe. Il raconte dans le film qui complète l’exposition[1] que l’actrice lui a d’abord fait un « numéro de Marylin », puis, épuisée par sa prestation, a eu soudain cette expression de lassitude qui transparaît dans la photo et laisse entrevoir la fin tragique de la jeune femme.

La photo, en somme, serait la conjugaison de l’émotion du sujet et du pouvoir du photographe. Mais il y a plus. Je suis allée voir cette exposition avec un ami, qui n’a pas perçu la tristesse des anonymes comme je l’ai ressentie. Il les a trouvé plus rustiques et brutaux que malheureux… J’ai une sensibilité politique plus sociale que la sienne.

La photo, que l’on croit objective à travers l’objectif, dépend donc de trois regards subjectifs : ceux du modèle, du photographe et du spectateur. Qui dit subjectif dit émotionnel. C’est peut-être pourquoi notre époque abreuvée d’images beaucoup plus que de mots ou de réflexion sombre dans le culte de l’émotionnel et de la réactivité à court terme.

 



[1] A voir absolument : le narcissisme exacerbé de Avedon dissimule, lui aussi une fêlure, celle des rapports avec son père, juif d’origine russe, dont il ne s’est pas senti aimé.

 

 

 

 

 

 

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27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 10:34

Sur la plage ensoleillée, partie de volley par-dessus un filet de fortune : deux piquets et une ficelle, deux équipes pas forcément égales en nombre, l’essentiel est de rigoler.
Mais se touchant le crâne, en criant " J'ai trouvé "
La bande au professeur Nimbus est arrivée
Qui s'est mise à frapper les cieux d'alignement,
Chasser les Dieux du Firmament.[1]

En l’occurrence, les Nimbusmen  décrètent le beach volley discipline olympique. Avec règles strictes, dimensions officielles et obligatoires du terrain et combat de chefs entre linguistes pour savoir comment appeler le nouveau sport. « Beach Volley » soutiennent les anglophones, « Volley sur sable » recommande la Commission générale de terminologie et de néologie dans le Journal Officiel du 28 mars 2008. Exit le jeu, place à la compétition avec enjeux de médailles et sanglots des perdants.

Le monde libertaire n° 35[2] fait une analyse réjouissante de cet événement, dont voici un extrait : « Dans l’exemple des jeux de plage, on note tout d’abord qu’en supprimant l’enjeu (vaincre, éliminer, hiérarchiser), on revient à l’organisation d’une activité collective qui n’a d’autre objet que le plaisir du faire ensemble. L’absence d’enjeu est la garantie du jeu. Dès lors que le but est le « faire ensemble » et que les règles choisies en sont le cadre, il n’est plus besoin d’arbitre extérieur qui sanctionnera des « fautes ». Les joueurs eux-mêmes s’auto arbitrent naturellement. On peut même imaginer que face à une situation de jeu inattendue, la règle leur apparaisse frustrante, et qu’elle soit modifiée d’un commun accord en cours de jeu pour garantir encore plus de plaisir. Il y a dans cette construction de la règle pour les besoins du moment et pour soi-même et dans cette autogestion naturelle de la règle, un apprentissage essentiel contre le Tyran… » Et l’article conclut : « Be a son ....          of a beach » J
Remplaçons jeu de plage par amour :
« Dans l’exemple de l’amour, on note tout d’abord qu’en supprimant l’enjeu (vaincre, éliminer le rival), on revient à l’organisation d’une activité qui n’a d’autre objet que le plaisir du faire ensemble. L’absence d’enjeu est la garantie du jeu[3][4]. Dès lors que le but est le « faire ensemble » et que les règles choisies en sont le cadre, il n’est plus besoin de juge ou de religion qui sanctionnera des « fautes ». Les amoureux eux-mêmes s’auto arbitrent naturellement. On peut même imaginer que face à une situation inattendue, la règle leur apparaisse frustrante, et qu’elle soit modifiée d’un commun accord en cours de vie pour garantir encore plus de plaisir. Il y a dans cette construction de la règle pour les besoins du moment et pour soi-même et dans cette autogestion naturelle de la vie amoureuse, un apprentissage essentiel contre le Tyran… »

Et face au monde normé supposé « normal », à ses absurdités cruelles génératrices de fureur, de haine et de guerre, lutins et lutines fredonneront la fin de la chanson :

Un beau jour on va voir le Christ
Descendre du calvaire en disant dans sa lippe
" Merde je ne joue plus pour tous ces pauvres types.
J'ai bien peur que la fin du monde soit bien triste. "


Of a bitch?

               Of a biche?



[1] Le grand Pan, Georges Brassens

[2] hebdomadaire de la Fédération anarchiste

[3]  « Débarrassé de ses enjeux, le plaisir devient ce qu’il ne devrait jamais cesser d’être, un pur diamant que chacun porte en soi, source de liberté, de confiance et d’amour (« Ce qui trouble Lola »)

[4] Ce n’est pas pour rien que ce blog s’appelle « Jouer au monde »…

 

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                                                                    des questions, des réponses, l'ouverture des possibles

L’érotisme est au coin de la rue

Le livre du grand Tout


Un livre indispensable
voyages torrides et beaux paysages
une belle histoire de peau et de coeur
documenté, ça énerve parfois, ça fait aussi du bien
à découvrir ou redécouvrir pour la finesse de l'analyse et de l'écriture