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23 juillet 2008 3 23 /07 /juillet /2008 12:30

Cette phrase qui, cela ne vous aura pas échappé, est un alexandrin (j’adore les alexandrins, j’en truffe mes livres tout à fait involontairement, c’est un rythme et une respiration qui me plaisent) cette phrase, donc clôt ma page « Humeur » dans le Nouveau consommateur, intitulée « la revanche des gentils ». Parce que la gentillesse éclôt mieux en été : la chaleur détend les corps, le repos détend les neurones et du coup, les gens se mettent à faire des choses inouïes en temps dit « normal ». Parler à leur voisin de plage, regarder la mer sans MP3 vissé à l’oreille, et même parfois éteindre leur téléphone mobile.

La gentillesse n’est pas une faiblesse malgré l’adage « trop bon, trop con ». C’est une force, celle d’être assez bien dans sa peau et sûr d’exister pour cesser de regarder son nombril et pouvoir s’intéresser réellement aux autres. Elle est contagieuse : souriez au marchand de journaux du Relay de la gare, j’ai essayé, ça le transfigure !  Elle est bonne pour la santé : la gentillesse et la joie de vivre font sécréter des endorphines, hormones du bien-être, tandis que les hormones du stress et de la colère usent l’organisme, j’en ai déjà parlé.

Donc aujourd’hui, je vais me faire du bien en parlant de gens que j’aime bien.


FLORENT NOUVEL, d’abord, ce très grand chanteur de 27 ans, déjà cité dans ce blog, vient d’autoproduire le clip de sa chanson « Vélibération », avec les moyens du bord et plein de
copains. J’aime Florent parce qu’il a du talent, parce qu’il est attentif aux autres, sait donner signe de vie, partager ses enthousiasmes et surtout parce qu’il émet des ondes positives de joie de vivre. Or par les temps qui courent, considérant que la noirceur génère la noirceur, et le bonheur stimule le bonheur, il est vital de se tourner vers des gens qui stimulent. En plus du clip, il a autoproduit un CD trois titres. Tout ça à voir et/ou commander sur son site :

http://www.myspace.com/florentnouvel
 

Autre gentil, Ezzedine El Mestiri qui se bat depuis 5 ans pour faire vivre le Nouveau Consommateur, magazine qui ne vous incite pas à consommer comme des fous mais à user du pouvoir le plus direct du citoyen pour changer le monde : consommer ceci plutôt que cela, adopter des modes de vie plus harmonieux et moins destructeurs de ressources. Le tout sans être Ayatollah de l’écologie, mais au contraire en parlant de plaisir et de bonheur. Hélas, alors que tant de gens se lamentent parce que la presse est aux mains de grands groupes industriels qui les manipulent, force est de reconnaître qu’ils achètent ces magazines sur lesquels ils crachent, et pas ceux dont ils disent du bien, exactement comme les téléspectateurs qui ne jurent que par Arte et regardent TF1.  Résultat : le NC a mis la clé sous la porte il y a deux ans et demi, Ezzedine a réussi à le faire repartir, mais il a failli fermer à nouveau il y a trois mois malgré un vrai succès d’estime, comme on dit des trucs intéressants mais pas rentables. Lisez le au moins une fois, pour voir. Si votre kiosquier ne le vend pas, allez sur le site pour connaître le point de vente le plus proche, car la distribution de petits journaux est effectivement moins fluide que celle des blockbusters de la presse.  Dans le dernier numéro (page 14/15) j’y rencontre Yves Cochet, l’un des très rares hommes politiques qui ose parler de Décroissance et pense que c’est non seulement une chance, mais qu’à terme, cela générera une société plus humaine et plus respirable. « Faire l’amour ou jouer du violon, dit-il, sont des activités épanouissantes dont l’empreinte écologique est très faible. » Il prône plus de temps de loisir contre moins de consommation de pétrole : « Travailler plus pour gagner plus est une mesure antiécologique. Tous les pays qui baissent leur temps de travail réduisent leur consommation d’énergies fossiles et leur pollution ».    www.nouveauconsommateur.com  

Enfin, pour le plaisir et la réputation érotique de ce blog 
J, une adresse gratuite à connaître, celle d’un site Québécois consacré aux plaisirs des sens : érotisme, lectures, objets, art, etc. Ca s’appelle l’Ile des Sens, c’est cornaqué par un homme que je n’ai jamais rencontré, chaleureux, enthousiaste, spontané comme savent l’être tant de Québécois (il commence ses lettres par Belle dame Simpère et les achève par « Je vous souhaite une journée bien inspirante ». Joli, non ?) Je lui ai fourni des textes et vais me promener de temps à autre sur cette île un peu fouillis, encore inachevée mais diablement sympathique, qui permet aussi de s’ouvrir à la psychologie québécoise, ni française malgré la langue, ni américaine malgré la géographie.

 

 

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17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 18:30

Interdire l’avortement empêche toute femme d’avorter. L’autoriser n’oblige aucune femme à avorter. Ca en laisse la possibilité à celles qui le désirent, et aux autres celle de mener la grossesse à terme.
Interdire de fumer dans les lieux publics empêche tout fumeur d’allumer une clope, même si le lieu est bien ventilé, même si tous les clients sont fumeurs ( cas des bars à chicha). Autoriser à fumer n’oblige personne à le faire. Certains n’en allumeront pas une, d’autres une ou deux, d’autres cloperont comme des malades. D’autres, fumeurs, s’abstiendront si cela gêne leurs voisins.
Interdire de dépasser le 90 sur route ne fait aucune différence entre la route sinueuse où il vaudrait mieux ne pas rouler à plus de 60, et la route large et déserte où il n’y a pas de risque, même à plus de 100. La limitation par catégorie de route ne fait aucune confiance à la compétence de l’automobiliste.

En résumé : les interdictions ferment les possibles. Les autorisations ouvrent les possibles, à charge pour chacun d’évaluer ce qu’il est mieux de faire selon les circonstances.

Pour moi, c’est ce que voulait dire le fameux « Il est interdit d’interdire » de mai 68, si décrié : le refus d’une interdiction justifiée par « C’est comme ça et pas autrement », et la responsabilité pour chacun de définir ses limites, de faire ses choix individuels sans jamais oublier l’intérêt collectif. Je rêvais d’une société anarchiste idéale (les anars ne refusent pas les règles, ils refusent l’arbitraire) où l’on n’infantiliserait personne, mais où tout le monde ferait la différence entre liberté et laxisme.

Hélas, il faut reconnaître que les discours de prévention routière sont restés lettre morte tant qu’on n’a pas obligés les gens à boucler leur ceinture, rouler moins vite, et ne pas prendre leur volant quand ils sont ivres. Qu’ aux Etats-Unis, les armes en vente libre sont directement corrélées à cette satanée manie qu’ont beaucoup d’américains de faire un carton sur leurs voisins dès qu’ils sont un peu énervés. Que tant qu’on ne verbalise pas,  plein de conducteurs s’emparent sans vergogne des places pour handicapés. Qu’il a fallu qualifier le viol de crime pour que les hommes commencent à comprendre qu’une fille qui rentre seule chez elle le soir n’est pas un gibier sur lequel on saute.

Bref, et ça fait mal au cœur, l’inflation de textes qui nous infantilisent et nous pourrissent la vie au nom de notre sécurité (le gilet jaune, les manèges, les chiens méchants, les modes d’emploi à mourir de rire tant ils nous prennent pour des crétins) sont dues en grande partie à l’incapacité de beaucoup de gens à se  mettre spontanément des limites et à penser aux conséquences de leurs actes pour eux et pour les autres.

Petite remarque en passant : ce sont en majorité les hommes qui trucident leurs contemporains, roulent bourrés et se livrent à des agressions sexuelles. En revanche, l’autorisation de  la contraception et de l’avortement n’a nullement conduit les femmes à sauter sur tous les mecs ou à se faire avorter en masse, contrairement à ce qu’avaient prédit les députés furieux de cette liberté qui menaçait leur pouvoir patriarcal.  Cela prouve que la majorité des femmes savent trouver un juste équilibre sans qu’il soit besoin de les mettre sous surveillance. Plus adultes, sans doute. Il faut dire que des bipèdes qui depuis des siècles se disputent hargneusement un ballon sur un terrain sous les cris guerriers de leurs supporters, sont incapables de faire du commerce sans parler de guerre économique, de conquêtes de marché, considèrent leurs concurrents comme des ennemis qu’il faut « baiser », n’hésitent pas à jouer à « tu l’as vue ma belle ogive nucléaire ? » « Non, mais j’ai un beau sous-marin chargé de missiles » au risque de déclencher un conflit mondial … ont du chemin à faire vers la sérénité. ( pas de hurlements, les hommes, je vous aime : qui bene amat, bene castigat J )

Sur le thème « Mon mai 68 à moi, c’était ouvrir les possibles », je parle sur France-Culture  samedi 19 juillet de 14h à 15h dans une causerie animée par Laurence Garcia.

 

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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 10:24

Yorgos, rencontré pendant mes vacances, est échographiste dans un hôpital d’Athènes et il a eu un cancer. Je lui raconte qu’en 2002, je voulais faire un documentaire titré « l’euro est-il cancérigène ? » En effet, en épluchant le rapport  Eurostat 1998, j’avais découvert que les Grecs avaient bien moins de cancers que les autres européens, y compris du poumon alors qu’ils sont très gros fumeurs, et de la peau malgré les ardeurs de l’été grec. Il y avait des explications : le fameux régime Crétois bourré d’anti-oxydants qui protègent les cellules.  Le peu de pesticides, car la Grèce a une agriculture extensive traditionnelle, son relief ne lui autorisant pas les vastes exploitations.  La mer, dont Hippocrate a dit : « pour rester en bonne santé, un homme ne doit pas avoir plus de trois pas à faire pour apercevoir la mer. » Et enfin le mode de vie  paisible et peu stressé. Mais patatras, les choses commencèrent à changer vers 2001/2002, à l’avènement de l’euro.

Yorgos me confirme que la santé des grecs est en train de se dégrader : « Eux qui cultivaient un vrai art de vivre sont devenus obsédés par le fric. Les nouveaux riches s’exhibent avec leurs voitures climatisées et leurs yachts, ce qui pousse les grecs de la classe moyenne à vouloir les imiter. Ils bossent comme des fous, n’ont plus le temps de faire la cuisine et a fortiori de cultiver leurs légumes et mangent un peu n’importe quoi. Résultat : on a de plus en plus d’obèses et de problèmes cardiaques. Cela dit, le changement d’alimentation est trop récent pour expliquer l’augmentation des cancers, qui demandent du temps pour se développer.  Je crois davantage à deux facteurs. Tchernobyl, qui nous a largement irradiés, sans que les Pouvoirs Publics n’avertissent les grecs qu’ils devaient s’abstenir de manger les fruits, les légumes et surtout les plantes aromatiques qui concentrent la radioactivité. C’était en 1986 : quinze ans après, on a commencé à voir flamber les cancers de la thyroïde.
L’autre facteur est le stress. Mon cancer, et ma rechute, se sont produits quelques mois après des périodes professionnelles difficiles. J’ai donc systématiquement interrogé les patients du service. Tous avaient eu un choc émotionnel ou un stress prolongé quelques mois avant leur cancer. Je ne dis pas que le stress provoque le cancer, je dis qu’il favorise la flambée d’un cancer latent que jusqu’ici le système immunitaire arrivait à contenir. »  (Hans Selye, l’inventeur du mot « stress » pour désigner les agressions que subit l’organisme au physique comme au moral, a montré que la cascade de réactions  biochimiques qu’il provoque- cortisol, adrénaline, etc- est anodine en cas de stress unique ou mineur, mais use le système immunitaire en cas de stress chronique ou majeur). 

« Pourtant, reprend Yorgos, jamais un médecin ne demande au malade « Etes-vous heureux ? « Est-ce que votre vie vous convient ? » « Le monde actuel vous angoisse-t-il ? » Non, on l’interroge : « Buvez-vous ? Fumez vous ? » Mais aucun médecin n’ose reconnaître que notre mode de développement est cancérigène alors que les cancers augmentent, y compris chez les jeunes, dans tous les pays qui « se modernisent ».

Quelques jours plus tard, à Folegandros, je raconte cette conversation. Une jeune chinoise intervient : « C’est pareil chez nous. Depuis que la Chine est en plein  développement, les gens sont fatigués et anxieux, ils deviennent obèses et il commence à y avoir beaucoup, beaucoup de cancers. » En somme, où y a du yen, y a plus de plaisir !

 

 

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13 juillet 2008 7 13 /07 /juillet /2008 13:13

Rencontre en Grèce avec Christa, autrichienne,  genre 40 ans, qui se définit comme une femme « libre » sans que je lui ai rien demandé.  Elle bronze nue sur la plage, je lui offre une carapace d’oursin verte et comme elle parle français nous papotons en séchant au soleil.  Notamment des faits-divers autrichiens qui ont défrayé la chronique, Natacha Kampuch, puis le père qui a séquestré sa fille durant des années en lui faisant sept enfants. Curieusement, Christa ne semble pas choquée par ces affaires : « Ca arrive, chez nous les pères violent souvent leur quatrième fille ». Je ne connaissais pas cette coutume, je le lui dis, puis nous parlons d’amour, d’érotisme, de désir et elle me lance, quasi dédaigneuse : « En t’écoutant parler, j’ai l’impression de voir un film français, tu es très française. –Que veux-tu dire ? – Tu es cérébrale, tu parles de désir, tu as besoin de mots pour le sexe. Comme dans les films français. – C'est vrai, sans désir le sexe ne me semble pas très intéressant. Les gestes se ressemblent, quel que soit l’amant. Par contre, si le désir intervient, comme dit un de mes amis, un simple « missionnaire » peut te combler, alors que les 400 pages du kamasoutra dispensées par un homme que tu ne désires pas seront ennuyeuses. S’il s’agit juste d’orgasme, je me fais très bien cela toute seule ! »
Christa s’enflamme, pour elle l’amour, c’est l’Orgasme, qu’elle veut
sans mots, sans préliminaires, sans connaître l’homme qui le lui prodigue, mais total : « Je veux me liquéfier, ne plus penser, ne plus savoir qui je suis, ne pas savoir qui est l’autre, je veux me perdre ! » Je lui dis qu’effectivement, la perception de la sexualité est très culturelle. Elle me trouve typiquement française avec mes désirs cérébraux, je la trouve « tragique germanique » avec son envie de se perdre entre Eros et Thanatos.  Moyennant quoi, elle court après ce mythe, croit l’atteindre, est déçue,  finit par éructer sur l’incapacité des hommes occidentaux à la faire jouir, et rêve de l’habileté des asiatiques surdoués en sexe tantrique, ce qui là encore me semble un mythe …

Retour en France, je bavarde avec une amie qui me dit plaisamment : « Je ne t’ai pas envoyé de questions sur les amours plurielles, car avant d’en être là, j’aimerais bien réussir un amour singulier ! »  Dans sa famille comme chez ses ami(e)s, pas une histoire ne dépasse les 5 à 7 ans. C’est alors qu’elle me parle d’un homme avec qui elle adore faire plein de choses, a des relations amicales, et aime aussi faire l’amour. « Que veux-tu de plus ? Tu l’aimes !  - Tu crois que amitié+ désir= amour ?  - Complètement. C’est même celui qui a le plus de chance de durer. » Elle convient avec moi que la passion, trop narcissique, n’est pas de l’amour et consume trop pour durer, mais persiste à chercher ce qu’est l’amour dont elle rêve. »  

Je lui raconte l’histoire d’une auditrice qui avait appelé lors d’une émission de Brigitte Lahaie à laquelle je participais. Elle se plaignait de ne pas connaître L’Orgasme, décrivant le plaisir qu’elle ressentait avec son mari en concluant « C’est bien, mais ce n’est pas l’Orgasme ». Je lui avais demandé si elle avait essayé avec un autre homme. Oui, elle avait pris un amant, dans l'unique but de connaître enfin l’Orgasme, mais le malheureux lui avait donné juste du plaisir, qu’elle nous raconta en détail. Brigitte et moi nous écriâmes en chœur : « Vous êtes en train de nous décrire un orgasme ! » -Ah bon, c’est ça ? » fit-elle d’un air déçu.  J’ai dû lui expliquer que l’orgasme n’est pas forcément le ciel qui croule sur la tête entraînant une pluie d’étoiles qui vous enflamme du petit orteil à la pointe des cheveux et vous déchire les entrailles.

« Tu es avec l’Amour comme cette femme avec l’Orgasme » dis-je à ma copine. Dans une recherche de mythe, parce que les contes de fées racontent que l’Amour fait exister, comble une femme, est la plus merveilleuse des choses, etc… tout comme les magazines te serinent aujourd’hui qu’hors l’orgasme, point de salut.  Résultat : tu as sans doute l’amour tout près de toi et tu ne le reconnais pas. – Et pour toi, qu’est-ce que c’est ? – C’est différent avec chaque homme, mais il y a des points communs : je sais que j’aime un homme si penser à lui quand il est absent me donne envie de sourire au lieu de me mettre en état de manque. Quand je ne sens en confiance avec lui et que j’accepte de n’avoir plus un œil vers la sortie et le doigt sur la gâchette[1]. C’est assez rare, finalement. Enfin,  il me faut du temps, et j’adore ce moment où je ne me pose plus la question de l’Amour, tant il devient une évidence.  A ce niveau, je n’en aime que cinq ou six. (et c’est là que certains vont se demander s’ils en font partie, niark, niark, niark J)

 

 



[1] cf Lola dans « Ce qui trouble Lola »

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11 juillet 2008 5 11 /07 /juillet /2008 00:22

Angela Merkel a décidé tout tranquillement de ne pas aller à la cérémonie d’ouverture des JO de Pékin, et les chinois ne la menacent d’aucune suppression de contrat.  En fait, ils la respectent. Parce qu’elle ne perd pas la face. Car perdre la face, pour un asiatique, c'est ce qu’il y a de pire.  C’est  l’humiliation suprême, qui peut le conduire au suicide.
Et si c’est son interlocuteur qui perd la face,  l’asiatique n’a plus aucune considération pour lui.

A part ça, il n’y a pas eu de canicule ou d’été digne de ce nom depuis 2003 : on se les caille un peu au nord de la Loire.


"Comment ça, impossible d'installer la clim? Comment ça, la Direction n'est pas d'accord?"
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8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 22:30

« Tu voyages seule ? Tu n’as pas peur de t’ennuyer ? » Non, j’emporte des livres, de quoi écrire, de la musique… Le premier jour, lecture sur la terrasse sur fond de musique, face à la mer. Ca repose, mais j’ai le cerveau encore lourd, j’suis partie quasi HS.  Le second jour, exit la lecture, juste un peu de musique et la mer. Le troisième jour, rien que la mer. Et là, je sens que tout redevient fluide, les pensées touffues et confuses se remettent à circuler, les idées à venir, roses et non plus moroses. Pour les fondus d’informatique, je dirais que j’ai l’impression d’avoir défragmenté mon disque dur et fermé le trop-plein de programmes.  Le cerveau ne rame plus, il retrouve sa rapidité.

Plaisir de la lenteur qui rend rapide… alors qu’on passe d’ordinaire son temps à tourner en rond comme une mouche affolée, à entamer mille choses à la fois, répondre au téléphone en lisant ses mails, manger en écoutant des infos bonnes à couper l’appétit, chercher ses clés dans le frigo et la poubelle parce qu’au moment de partir on a eu un petit creux,  puis qu’on a pris le sac poubelle pour le mettre dehors et qu’au dernier moment on ne sait plus si on a mangé un fruit, un pot de yaourt vide ou ses clés.

Regarder la mer, observer un cordage, un caillou, un bateau. Devenir soi-même minéral, liquide, fluide, loin du fracas et du vacarme. Retrouver le plaisir de la solitude… Grignoter à une terrasse une « melitzanasalata » en écoutant souffler le meltem.




Le soir, après la douche, je vais me faire de nouveaux
amis.  Robe d’été et sandalettes, ballade sur le port, abordage pacifique de voileux venus de partout.  On parle du vent qui ne faiblit pas, des îles qui valent le coup, du picrate local un peu madérisé…  C’est ainsi que j’ai passé trois jours en compagnie de Heather, américaine vivant à Athènes, prof et chanteuse lyrique amateur et Yorgos, échographiste et spécialiste de la naissance en douceur avec qui j’ai parlé de l’influence de l’euro et du libéralisme sur la santé en Grèce (tout ceci en anglais, I’m very proud !). J’ai emmené à la pêche aux oursins leur pote Gilad, beau gosse né il y a 32 ans en Israel, qui après des études en Californie s’est installé à Barcelone puis a décidé, profitant d’un temps de chômage, de faire le tour d’Europe à vélo. Il a laissé sa bécane à Athènes pour passer quelques jours avec ses amis. Dans le voilier voisin, Jean-Claude, retraité de région parisienne, fait un tour de Méditerranée et m’a fait découvrir un livre poignant dont je parlerai ici.  Mes trois nouveaux amis partis, un couple de Belges qui depuis deux ans refont le voyage d’Ulysse à la voile m’a donné plein de tuyaux sur ce voyage qui tente mon cher et tendre.  Rencontré ensuite Corinne et Sophie, comédienne et metteuse en scène, que je reverrai sûrement à Paris.

A Folegandros, retrouvailles avec Richard et Christine, que je vois plus facilement en Grèce qu’en région parisienne !  Nage en pleine mer de trois quarts d’heure, moult tavernes délicieuses, discussions sous les tamaris, découverte d’un Limoncello fait maison par un couple d’italiens amoureux de la Grèce avec qui nous discutons en anglais (c’est décidément l’esperanto d’aujourd’hui), puis d’une famille de brésiliens non seulement francophones mais amoureux de la littérature latine et française. Leur fille est étudiante à Paris, elle saute de joie quand je lui propose de l’héberger le week-end, histoire de quitter la pollution et d’aller pédaler en forêt.


J’ai quitté la Grèce avec plein de nouvelles adresses dans mon carnet. Les dernières d’un gentil couple jeune et sympathique rencontré sur le ferry me ramenant au Pirée.  A chaque escale, je ne me lasse pas de voir avec quelle habileté les marins lancent l’amarre et stoppent l’énorme bateau  juste au bord du quai, dans une giclée d’écume et un gémissement de ferraille.  Eux aussi s’émerveillaient du spectacle, on l’a  goûté ensemble.

Arrivée à 2h du matin. Le café quasi service public ouvert 24h/24 propose consignes pour les sacs, téléphones, toilettes et nourritures en tous genres, avec cette précision ravissante : « Consommer n’est pas une obligation ». J’y passe une heure devat un café frappé à observer le va-et-vient des énormes ferries qui ne cesse jamais. Puis me balade, sac au dos et en tongs par 25° à 3heures du matin, pour regarder vivre la ville la nuit.  Humer les odeurs, écouter les bruits des conversations nocturnes, des voitures glissant sur le bitume, des chattes amoureuses. « Mon Dieu que j’aime ce port du bout du monde, que le soleil inonde, de ses reflets dorés ».

Arrivée à 4h à l’aéroport, l’enregistrement du vol n’ouvre qu’à 9h. Cinq heures à tuer, aucune importance. J’adore quand le temps semble abondant et de fait, je le sens s’écouler sans ennui, le seul ennui étant la sangle de mon sac trop lourd sur l’épaule. 

A 6h du matin, œufs au lard, champignons frits et immense café. Le bonheur est fait de choses simples. Comme celui de dormir dans l’avion juste après le décollage.

 

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22 juin 2008 7 22 /06 /juin /2008 19:39


Il a  45/48 ans, plutôt beau gosse et plein de sous.  Cet homme marié et père de
famille consomme de l’érotisme payant avec une lucidité qui le rend intéressant : « Quand j’avais  vingt ans, dit-il, je draguais l’été entre Agde et Sète. C’était une période d’infinie liberté, juste avant le SIDA, où on profitait à plein de la gourmandise amoureuse des filles qui rejoignaient nos envies de garçons. L’après-midi,  il y avait un couple derrière chaque buisson et tout ce petit monde- parfois des gens bien plus âgés que je ne l’étais-  s’envoyait en l’air avec une spontanéité réjouissante. Même les flics nous laissaient à peu près tranquilles, du moment qu’on restait discrets. Aujourd’hui, je vais toujours en vacances dans cette région. Plus personne n’y drague, parce que l’endroit est truffé de clubs libertins. Comme les gens savent qu’ils leur suffit de payer leur entrée pour être sûr de consommer, ils ne se risquent plus à aborder qui que ce soit au dehors. »

Il rêvasse devant son verre : « Le sexe est à l’image de la société. Entièrement marchand et axé sur la sécurité. Plus question de courir le risque d’un râteau en abordant une femme, plus question de ne pas « concrétiser ». Il faut du résultat. Pour les femmes, le sexe marchand, balisé par un endroit clos où elles savent qu’en cas de problème le videur interviendra, est infiniment rassurant. Les medias ne leur parlent que d’agressions, de viols ou de Sida,  alors elles veulent des garanties, et les garanties, ça se paie. »

Ainsi, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes sexuels aseptisés ? Non, justement. Parce que le sexe transformé en prestation de service perd ce qui  fonde le désir : l’attente, la crainte de ne pas réussir, l’appréhension devant l’inconnu, le cœur qui bat plus fort, la relation en somme.  Ce qui rend une bite secondaire par rapport à l’homme qui la porte. Le plaisir tarifé, quelle qu’en soit l’expression (clubs, prostitution, messageries roses) offre du sexuel à foison mais fort peu de relationnel.  Le relationnel est évacué par l’argent : si vous payez, vous  exigez de consommer (d’où la déception des hommes lorsque certains soirs, ils se retrouvent avec une proportion  H/F de 4 pour 1 et voient fondre leurs espoirs de concrétiser, comme les souscripteurs de fonds de pension américains ont vu fondre leur espoir d’enrichissement) L’argent gomme aussi la culpabilité : l’homme qui trompe sa femme se sent coupable. Par contre, s’il paie pour un service sexuel, il perd toute notion de culpabilité. Il vient « s’essorer » une heure devant un écran grâce à sa carte bleue ou dans un lieu payant puis rentre chez lui le cœur serein.

« L’argent rend l’acte sexuel anodin, dit mon interlocuteur. Ce n’est plus qu’un instant de plaisir qui permet de calmer une excitation, voire de se détendre quand on est stressé.

-Comme les films pornographiques.

-Exactement. Ils apaisent sans mettre en jeu des sentiments. D’ailleurs, je ne pense pas que tous les jeunes soient mis en danger par la pornographie. Un ado élevé dans une famille aimante et qui discute avec lui, un lycéen qui a étudié les émois de la Princesse de Clèves et du Rouge et le Noir sait très bien qu’un film de cul est une fiction ne représentant aucunement la réalité de l’amour. Ceux que cette vision brute et brutale met en danger, ce sont les gamins livrés à eux-mêmes,  dans un milieu où les femmes ne comptent pas et où il faut être macho pour s’affirmer. Ca ajoute aux autres risques qu’ils courent… C’est très social, finalement !

Avant la contraception, une femme redoutait les rapports sexuels. La libération du plaisir féminin est la résultante directe d’un meilleur environnement médical.  La loi de 1920 qui  réprimait pénalement toute incitation au contrôle des naissances n’avait aucune visée morale, mais l’ambition de faire naître plein d’enfants pour remplacer les millions de morts de la guerre de 14/18. Napoléon 1er, après avoir fixé la majorité sexuelle des fillettes à 11 ans n’hésitait pas à dire, devant les cadavres de soldats : « Une nuit de Paris remplacera tout ça ». 

Aujourd’hui où la contraception existe et où les femmes sont pour la plupart financièrement indépendantes,  rien ne devrait s’opposer à une vie amoureuse libre, joyeuse, gratuite et diversifiée. Si ce n’est que celle-ci  ne facilite pas la vie des dominants. Les gens heureux et autonomes sont ingouvernables. Tout pouvoir s’appuie sur la frustration, la division et la soumission des citoyens, valeurs dont l’efficacité est déjà démontrée au travail. D’où l’intérêt de maintenir, quoi qu’il arrive,  une frustration amoureuse latente.  Certes, le sexe s’affiche, mais comme le dit cet homme qui le consomme sans illusion, entre deux rendez-vous professionnels, « il y manque le relationnel » et même à terme, l’érotisme : « Je suis excité la première fois. Dès la seconde, ça me semble répétitif. Tout est trop organisé pour qu’on ressente le moindre trouble. C’est juste une détente organique. » 

Alors, l’Amour et ses émotions comme ultime solution ? Certes, si ce n’est que l’Amour, qui devrait être la relation la plus naturelle et la plus épanouissante du monde, un élan spontané et joyeux vers les personnes qui nous plaisent, est  terriblement compliqué par les enjeux de possession, de rivalités et de doutes qui le minent. Ce qui crée, là encore, des frustrations favorables à la société marchande. Quand on a un chagrin d’amour, c’est bien connu, on a envie de claquer du fric ou d’aller chez le coiffeur pour compenser J

Voilà, Elise, pourquoi ce blog  mêle si souvent amour, érotisme et politique. Parce que la façon dont nous vivons nos relations amoureuses est le reflet d’une organisation sociale, et que, j’en suis persuadée, on ne changera pas le monde sans travailler sur nos comportements privés, dont on s’imagine qu’ils sont archaïques ou biologiques, alors qu’ils sont en majorité issus de conditionnements éducatifs et sociaux. Il suffit de voyager un peu pour se rendre compte qu’on aime différemment selon les latitudes et les époques. Mais que,  en revanche, tous les régimes, religieux ou communistes, libéraux ou démocratiques, veulent réglementer la sexualité de leurs concitoyens, tout en laissant se développer le sexe marchand.

Et parmi les questions qui me réjouissent : un exhibitionnisme est puni lorsque quelqu’un porte plainte contre lui. Mais comment se fait-il que celui ou celle qui porte plainte n’est jamais incupé(e)e pour son voyeurisme ?

Sur ce, je vous abandonne  quelque temps. Un peu de soleil, de mer et de Grèce….

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15 juin 2008 7 15 /06 /juin /2008 19:22


LUNDI, début des épreuves du bac, épreuve de philosophie. Je ne peux résister à l’envie de proposer aux lecteurs de ce blog un sujet qu’ils ne devraient avoir aucune peine à réussir.

Carla était d’humour boudeuse. Son second album avait récolté un bide, au mieux un succès d’estime, terme consacré pour ne pas vexer l’artiste à qui son producteur annonce la courbe électro-encéphalogrammique faiblarde de ses ventes. Le premier avait pourtant valu à l‘intéressée moult louanges vantant son timbre de voix « flûté mais sensuel » et  sa pose alanguie sur la pochette du CD, moult commentaires stupéfaits, surpris, étonnés de constater qu’on peut être belle et écrire des textes aussi bien roulés qu’on est bien tournée, ou l’inverse.
Mais là, rien. Le bide, même si le sien gardait la fermeté qui sied à qui avale consciencieusement  des pro biotiques et des vitamines pro fermeté « Madame ne laissez pas les outrages du temps plisser votre ventre. »
Elle décida de consulter son oracle, le grand Jacques, maître incontesté de la communication,  mieux que Maître, gourou, dignitaire, qui se surnommait lui-même le « Com’ missionnaire » et dont la fière devise était « le savoir-faire n’est rien sans le faire savoir, alors que le faire savoir peut pallier un manque de savoir faire. » A coup sûr, elle avait manqué de faire savoir pour son deuxième album.

Elle frappa, ouvrit la porte de l’antre du maître, assis dans la pénombre :
« Ouh, dit-elle, c’est triste ici ».
« Oui, mais c’est gai là »  répliqua-t-il en lui désignant un fauteuil en osier authentique, vestige du tournage du film culte Emmanuelle, dans lequel Carla s’assit en croisant haut les jambes avant d’exposer son problème au Maître. Celui-ci réfléchit et lui dit :
« Tu tombes bien, j’ai deux dossiers en instance… qui pourraient résoudre ton problème et le leur. »
-Raconte.
-  C’est très confidentiel.  Je travaille des deux côtés, tu l’as remarqué, un tour à gauche, un tour à droite. Que veux-tu, le cœur et le portefeuille ne sont pas dans la même poche du costume, mais contrairement à ce d’aucuns imaginent, je ne trahis personne. Je suis capable de servir loyalement chacun de mes clients, y compris toi. Si tu acceptes ma proposition,  je te garantis toutes les Unes de magazines que tu souhaites et le succès de ton prochain album.  En contrepartie, je compte sur ton savoir-faire pour combler mon client numéro 1, mais cette fois ci, pas trop de faire savoir : travaille dans la discrétion et fais fantasmer la nation afin qu’elle se passionne pour votre romance et en oublie le reste.  Le temps venu, je te dévoilerai la suite du programme- le plan B comme on dit aujourd’hui- qui satisfera mon client numéro 2. » 

Commentaire de texte : expliquer en quoi consiste la stratégie de maître Jacques et imaginez le fameux plan B.  En quoi satisfera-t-il le client numéro 2 ? 

Dissertation : «  Le sexe permet aux femmes de prendre le pouvoir, le Pouvoir permet aux hommes de prendre les femmes. » Commentez et discutez ce point de vue à la lumière de l’Histoire passée et présente.

 

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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 12:44

« Travailler plus pour gagner plus » est une absurdité écologique : travailler plus, donc produire plus, est insoutenable à l'échelle de la planète, et voilà-t-y pas que l'Union Européenne réfléchit à comment nous faire travailer 48h par semaine, soit 8h par jour, 6 jours par semaine. Si on ajoute le temps de transport, de repas, de sommeil, de toilette, que restera-t-il pour la vie amoureuse, familiale et culturelle? C'est vrai qu'un peuple heureux et cultivé est un danger...
L'Ecologiste
(pub gratuite) montre qu'un autre programme est possible : travailler moins et consommer moins pour vivre mieux, c'est-à-dire choisir la simplicité volontaire, qui ne signifie pas « revenir à l’âge de la bougie », mais gommer l’inutile qui nous pourrit la vie. Dans son dossier, L'Ecologiste a interviewé les pionniers de cette démarche, initiée au Québec. Comment la mettre en œuvre ? Quelles techniques choisir ? Comment commencer ? Comment se libérer d'Internet ? Comment travailler moins pour vivre mieux ?  

Exemple « vu à la télé » tout récemment: un couple de « travailleurs pauvres » comme on dit aujourd’hui vivait dans une cabane de tôle en bordure de périph’. Ils ont découvert qu’avec les mêmes revenus, ils pouvaient vivre dans une maison à la campagne (qu’ils sont en train de retaper), avec des voisins sympas, du temps de loisir et un bout de jardin pour cultiver des légumes. C’est con, hein, de n’y avoir pas pensé avant, et d’avoir vécu 6 ans dans la précarité insalubre et la honte !

J’ai scotché mes potes parisiens en leur racontant le menu servi à Clermont-Ferrand à la Grignoterie (pub gratuite) par des serveurs super sympas : avocat aux crevettes, andouillette pommes sautées, île flottante maison. Y avait aussi choix de crudités, courgettes cuisinées à la viande, tarte à la rhubarbe, etc. Menu du jour : 6, 80 € ! 8 € avec le café. A deux pas, au bistrot « La Montagne », la patronne vous autorise à "apporter votre manger" qu’elle réchauffe, fournit pain et couvert et demande juste que vous buviez un coup chez elle. Avec un café à 1 euro, qui dit mieux ? Oui, il existe plein d’humains qui ont envie d’une vie tout simplement agréable. Pas demain, tout de suite ! Et c’est possible.

Si les citoyens réalisent qu’ils sont plus nombreux que les gouvernants, si les consommateurs réalisent qu’ils peuvent faire pression en n’achetant pas, si les travailleurs travaillent pour le prix qu’ils sont payés (ça commence en Chine, vu le nombre de rappels de produits défectueux fabriqués là-bas, je me demande s’ils n’ont pas décidé d’ajuster leur boulot à leurs salaires…), si chacun se dit que sa propre vie a autant de valeur que la vie de n’importe quel « grand de ce monde », si la notion même de « grand de ce monde » disparaît parce qu’il n’y a aucune raison de se soumettre à qui que ce soit et toutes les raisons de vouloir rester maître de sa propre existence,  alors la soi-disant fatalité de la mondialisation apparaîtra pour ce qu’elle est : de la propagande. (je me demande si ne suis pas anar, finalement…)

Exercice pratique : affirmons notre refus d’être des con- sommateurs en boycottant les produits susceptibles de contenir de l'huile de moteur: Mayonnaise, Tarama, Sauce Béarnaise, Chips, Vinaigrette allégée, Surimi, Céleri Rémoulade, Soupe de poisson en conserve, Poisson pané, Paupiettes de veau, Thon et sardines à l'huile, Pâtes à tartiner chocolatées, Gaufrettes à la confiture, Barres céréalières et sucrées, Cookies… de marque Lesieur, dont l’avidité est à l'origine du problème, avec les marques du groupe : Fruit d'or,  Epi d'or, Frial , Isio 4, Oli,  Carapelli . • Saupiquet et toutes les marques du groupe Unilever  comme Amora , Planta Fin, Maille, Knorr, Magnum,  Miko… (chouette, je n’ai rien de tout ça dans mes provisions). Pas parce que c’est poison- encore que…- juste pour refuser le foutage de gueule de l’agro-alimentaire.

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 17:47

En Australie, il y avait des mouches, des mouches par millions se posant sur votre visage, votre bouche, vos bras dès que vous mettiez le nez dehors.  Un fléau ! Pourquoi tant de mouches en Australie ? Parce que les conquérants avaient introduits le bétail sur ce continent tout neuf sans y amener son complément indispensable : le bousier, insecte qui décompose les excréments, les transforme en engrais et empêche que les mouches viennent y pondre et proliférer.

Heureusement, un ami des bêtes et des excréments parcourut le monde et dénicha en  Afrique un bousier très actif, qu’il introduisit en Australie.  Miracle : grâce à cette solution ni chimique, ni irradiante, les mouches cessèrent de proliférer en Australie et la terre, dûment fertilisée grâce au bousier qui fait pénétrer les bonnes matières nutritives des excréments dans le sol, donna des récoltes plus belles et plus abondantes. A tel point que l’heureux importateur du bousier continue d’en expédier dans les régions- l’Australie est immense- où il n’est pas allé les implanter lui-même.

Cette sublime histoire, je l’ai découverte en visionnant deux des documentaires de la série diffusée sur Arte sous le titre « la fabuleuse histoire des excréments ». Où l’on découvre que l’américain moyen, s’il consomme environ 70l d’eau par jour n’en boit qu’un litre et consacre la majorité du reste à se débarrasser de ses déchets et excréments. L’assainissement, comme on dit, est une industrie lourde puisque roi ou manant, homme ou animal, nous avons tous en commun cette humble fonction évacuatrice. Et culturelle. Au Japon, on a le culte des chiottes high-tech avec analyseurs d’urine, bruits de chasse d’eau intégrés pour couvrir les bruits de miction et lunettes chauffantes pour garder les fesses tièdes. En Inde, il existe des urinoirs pour femmes, car celles-ci avaient l’habitude d’uriner debout sous leur sari (je m’en souviens très bien, ça m’épatait quand, petite fille, je suis allée en vacances chez mes grands-parents à Pondichéry). En Inde toujours, la collecte des excréments était jusqu’à il y a peu une tâche dévolue aux seuls intouchables. (là encore, souvenir précis de ces domestiques emportant sur leurs têtes les étrons familiaux, et souvenir des lieux, comme disait mon grand-père où trônaient des chaises percées…)  Au Canada, il existe un musée des cacas où les enfants peuvent apprendre comment, à la forme, la couleur et l’odeur de la chose on peut déduire l’animal qui l’a produit. On découvre aussi l’immense potentiel économique des cacas recyclés en engrais, matériaux de construction ou   œuvres d’art (une artiste française en expose dans un musée)  et des gaz récupérés à des fins énergétiques. Enfin, écouter un scientifique esbaudi devant ses machines capable de reproduire le cycle de la digestion de n’importe quel animal et de produire des crottes de toutes formes que les chercheurs analysent ensuite avec dévotion est un véritable plaisir intellectuel.

La semaine précédente, toujours sur Arte, nous sommes tombés sur un documentaire consacré à la recherche du froid absolu : - 273° comme chacun sait. De quoi se figer d’ennui, isn’t ? Que nenni, mes braves. Le film, tourné avec humour, érudition et passion nous tint en haleine jusqu’à une heure avancée.

On s’interroge à n’en plus finir sur ce qu’est une TV de service public ? C’est celle-ci, bonnes gens, qui procure le fin plaisir d’apprendre des choses qu’on n’enseigne pas à l’école ni dans les autres medias,  se joue des tabous et vous donne le sentiment de vous endormir un peu moins bête que la veille. Merci ARTE!

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