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7 mai 2008 3 07 /05 /mai /2008 00:27

A 10 ans- il était né en 1904- René Dumont apportait aux soldats des tranchées, parfois au péril de sa vie, les chandails que tricotaient sa mère et ses tantes.  Un soir, on amena des blessés dans sa maison, qu’il entendit hurler toute la nuit avant qu’ils meurent. Il décida alors, définitivement, que la guerre est un massacre que rien ne justifie. On l’envoya au service militaire et il en revint, selon ses propres termes « fou pendant six mois ». Il refusa dès lors de vivre quoi que ce soit de contraire à ses convictions. Dumont était un écologiste précurseur, un réel humaniste, insolent, audacieux, plein d’humour mais capable d’affronter des dictateurs pour leur démontrer leurs aberrations. Pas le genre à s’excuser auprès des Chinois, et il avait raison : ces derniers méprisent l’adversaire qui s’humilie devant eux. La dernière image du documentaire de Bernard Baissat « René Dumont, citoyen de la Terre » montre ce malicieux agronome escaladant à 88 ans une barrière avec l’aisance d’un jeune homme. Il est mort à 98 ans. Vivre en accord avec soi-même préserve la santé. Souvent, la dépression vient du décalage entre vie rêvée et vie vécue. 
Chaud week-end en Auvergne. J’y ai appris d’un sculpteur  qui m’a hébergée chez lui la recette de la liqueur de Verveine, fraîche au palais, exquisément parfumée, et juste assez titrée pour favoriser un sommeil profond mais serein. Je crois que je vais planter quelques pieds de verveine dans mon jardin… Des fèves aussi. La compagne du sculpteur m’a fait découvrir leurs fleurs blanches et noires, superbes. Des plantes qui se mangent,  et de surcroît décoratives ! Nous avons cueilli des radis et de la roquette sous l’œil inquisiteur d’un chat blanc tout en nous racontant des histoires de filles.
De retour à Paris, discuté une heure à une terrasse avec un homme charmant. Libertin tendance marshmallow, goûtant le plaisir comme une gourmandise tendre. Il vit avec curiosité et un naturel quasi enfantin des escapades coquines dans des lieux  que d’aucuns trouveraient glauques et que son sourire rend sympathiques. Délicieux de parler aussi intimement avec un inconnu … 

    Le soir, autre projection, puis retour par les quais de Seine dans une tiédeur de printemps presque été. Nuit de Chine.

Le lendemain matin, infos radio, concentré de catastrophes : Nicolas an 1, cyclone en Birmanie, traque de chômeurs, une femme violée et séquestrée pendant 28 ans par son beau-père qui lui a fait six garçons souhaite rencontrer son homologue autrichienne, violée et séquestrée par son père pendant 24 ans. Mon père, instruit par sa profession de magistrat, avait raison : la famille, valeur refuge, est aussi le lieu de toutes les abominations, violences, incestes, querelles d’héritage…  Encore n’avait-il pas connu les bébés congelés …

J’ai éteint la radio. La vraie vie est ailleurs. 



 

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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 12:23

 



Marrant comme ce mai 68 qu'il fallait paraît-il "liquider" est mille fois plus célébré cette année qu'en 78, 88 ou 98, avec toujours les mêmes mots: "D'un seul coup, on se parlait, on s'exprimait". Je pars ce week-end au Festival du film engagé de Beaumont/Clermont-ferrand qui fait la part belle au joli mois de mai. Pas le temps d'écrire un billet, mais j'ai pondu ce petit texte (à mettre en musique plus tard) pour les bébés de 68 devenus à 40 ans cadres stressés et pressurés

40 ans, le bel âge

Ton père portait les cheveux longs
Ta mère une jupe gitane
Ils ne fumaient pas de « chichon »
On appelait ça Marie Jeanne
Ils défilaient sous des drapeaux
Qui ne parlaient que de plaisir
Sous les pavés le sable chaud
Et sur les murs tous les délires

Cours camarade, le vieux monde
Est derrière toi, crochu
Comme un reste de bête immonde
Qui te colle encore au cul 

Toi t’as quarante ans, un Ipod
Un patron mis en examen
Ta femme est une bête de mode
Elle travaille pour TF1
Le soir dans un club échangiste
Vous payez 50 euros le whisky
Pour baiser en chœur sur la piste
Tes parents faisaient ça gratuit. 

Où sont leurs rêves, où est leur monde
Pour que t’en sois arrivé là
Dans cet ennui de riche immonde
Où tu te fais chier en Prada. 

Parfois tu regardes les coupures
De leurs vieux journaux tout jaunis
Toi, ton unique aventure
C’est de rouler en Cherokee
Tu as une montre… indécente
Qui te donne l’heure de Pékin
La caméra la plus récente
Pour filmer en gros plan ton gamin 

Cours camarade fais toi un monde
Où tu te sentiras enfin libre
Ne laisse pas la bête immonde
Geler ton cœur, ton corps, ta fibre… 

Open your mind, your life and change
Tes tristes habitudes
Même si parfois ça te dérange
La vie sans certitudes…
40 ans, c’est le bel âge
Pour vivre un monde plus pêchu
Alors décide, crie ta rage
Pour ne plus l’avoir dans le cul.

 

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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 17:56

Votre fille a vingt ans, que le temps passe vite
Madame, hier encore elle était si petite
Et ses premiers tourments sont vos premières rides
Madame, et vos premiers soucis

(G. Moustaki)


 Lauranne a deux heures (en haut à gauche), huit mois (au milieu), un an (en bas)

 On n'a pas tous les jours vingt ans,
Ça nous arrive une fois seulement,
C'est le plus beau jour de la vie.
Alors on peut faire des folies.
L'occasion il faut la saisir
Payons-nous un petit peu de plaisir,
Nous n'en ferons pas toujours autant,
On n'a pas tous les jours vingt ans !
(Berthe Sylva, chanson de Potier et Raiter)

 Avoir deux filles aussi belles, j'en reviens pas. C'est moi qui ai fait ça? (le père aussi, OK...)

 Je vous parle d'un temps
Que les moins de vingt ans
Ne peuvent pas connaître…
(C. Aznavour)

Ca y est, je ne pourrais plus te chanter cela !!!
BON ANNIVERSAIRE MA LOULOUTE !!!




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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 17:12

 

Le régime des intermittents du spectacle concerne les travailleurs du spectacle : comédien, musicien, technicien du son ou de l’image... Rien de semblable pour l’artiste hors spectacle- écrivain, peintre, sculpteur- dont les revenus liés à son art sont pourtant hautement improbables, et limités dans la majorité des cas. Il est si ancré dans la conscience collective qu’un artiste a de la chance de faire ce qu’il fait que l’idée de le payer vient rarement à l’esprit.  Ainsi, lorsque j’anime une table ronde ou une émission. A chaque fois c’est une ou deux journées de préparation + deux ou trois heures de représentation, non payées. Royaux, les organisateurs concèdent: « Vous pourrez  vendre et dédicacer vos livres à la sortie ».

Les deux dernières fois, j’ai fait de bonnes ventes : 20 livres à l’une, 25 à l’autre.  D’autres fois, j’ai passé cinq heures sur un stand pour vendre 7 livres ! 5,70 € TTC le poche soit 5, 47 HT. 8% de droits d’auteur sur le prix HT, à partager 50/50 avec l’éditeur originel.  Reste 4% de 5,47 € soit 0,22 € par livre,  5,50 € pour les 25 dédicacés, somme que je toucherai… en juillet 2009, il y a un an de décalage entre la compta éditeur et le paiementà l’auteur.
Encore suis-je un auteur heureux, qui vend au moins 4000 originaux et 10 000 poches par titre. La moyenne de vente d’un roman, aujourd’hui- je parle de moyenne- tourne autour de 2000 exemplaires. Si on pense qu’Anna Gavalda vend plus de 50 000 ex de chacun de ses livres, cela veut dire que ceux de certains auteurs ne sortent même pas des cartons, bien des libraires le disent. De plus, impossible de connaître ses ventes avec certitude. Comment faire le tour de tous les points de diffusion ? Vérifier le stock de livres restant chez l’éditeur? Les « sortis » ne sont pas forcément vendus, les libraires peuvent les renvoyer plus tard à l’éditeur, ce qui fait que celui-ci diminue systématiquement les droits qu’il verse à l’auteur d’une « provision pour retour » qui, selon la maison d’édition varie de 15 à 35%.
De plus en plus d’auteurs ne reçoivent d’ailleurs pas de relevés de compte d’auteur, ni à fortiori de paiement parce que leur contrat prévoit que « le relevé des droits et leur paiement seront envoyés à partir de telle date, à la demande de l’auteur ». Comme plein d’auteurs ne lisent quasiment pas leur contrat avant de le signer, ils ne voient pas cette clause et pensent que s’ils n’ont pas de relevé, c’est que leurs ventes ne couvrent pas l’à-valoir (l’à-valoir est la somme versée à l’auteur pour son travail d’écriture, somme qui sera déduite des droits d’auteur sur les ventes dus par l’éditeur, mais conservée par l’auteur pour rémunération de son travail si les ventes ne couvrent pas l’à-valoir).
« On ne vit pas de sa plume »,  leitmotiv bien connu. En fait on en vit, mais différemment. J’écris d’affriolants articles du genre « Vieux et cancéreux, quelle prise en charge ? » « L’humanité peut-elle disparaître ? », des brochures d’entreprises : « L’éclairage des zones industrielles, paramètres et conséquences » ou  « La réhabilitation de l’habitat ancien en zone rurale » (l’urbanisme est une de mes passions),  prête ma plume à des personnes qui ont des choses à dire mais du mal à les écrire ou des ingénieurs devant rendre un rapport en urgence.  Ces travaux ont l’avantage de me faire vivre tout en m’obligeant à varier les sujets et les styles, excellent exercice. Mais l’inconvénient de réduire considérablement le temps consacré  aux livres que j’ai vraiment envie d’écrire, d’autant plus qu’après sept heures passées à rédiger une interview,  l’indigestion d’écran guette ! Ceci dit, je ne changerais de métier pour rien au monde et me trouve extrêmement favorisée de conjuguer travail et passion.  Ce billet a deux objectifs :
-         éclairer ceux et celles qui en rêvent sur la réalité du métier d’écrivain ; Les media ne montrant que les best-sellers, beaucoup pensent devenir riches et célèbres s’ils sont édités. Les statistiques sont cruelles : 1% des manuscrits envoyés à un éditeur sont publiés, 2% des livres publiés sont remarqués.

-         Reposer la question à laquelle je n’ai jamais eu de réponse sur ce blog :

QUI VEUT ETRE MON MECENE ???  

 

Taches d’huile sur tee-shirt blanc (marrant, ça me fait penser au superbe film de François Ozon « Gouttes d’eau sur pierres brûlantes ») ça ne part pas, même à l’eau de javel. D’où recyclage en tee-shirt imprimé… 

 

Premier beau week-end, le chat et les fleurs sortent dans le jardin.

 

 

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25 avril 2008 5 25 /04 /avril /2008 14:47

«  C’est quoi, être riche ? »  A cette question Jacques Chirac, qui a le sens de la formule, avait répondu « C’est prendre le Concorde pour passer un week-end à New-York et ne pas éprouver le besoin de le raconter à tout le monde en rentrant ».  Le vrai riche est discret. Le nouveau riche, plutôt enclin à remuer ses poignets pour faire entendre le « bling-bling » de ses colifichets à plusieurs milliers d’euros. Mais comme il serait désobligeant de le traiter d’indiscret ou d’ostentatoire, il a transformé la discrétion, qualité appréciable, en complexe, à la connotation péjorative. Et donc, lorsqu’il exhibe ses signes extérieurs de richesse, le nouveau riche n’est pas arrogant ou peu discret : il s’affirme « décomplexé »… Lorsque Christine Lagarde a affirmé sans rire : « Il faut réhabiliter l’argent », comme si le malheureux était persécuté, ce seul mot de réhabilitation absolvait par avance tout ce qui se ferait au nom de l’argent. Tous ces jeux sans scrupule qui ont mené aux scandales des subprimes, délits d’initiés, prises de positions risquées : décomplexés, vous dis-je !  

Autre glissement : durant des décennies, la réduction du temps de travail  était un progrès social.  Les machines permettant de produire plus en moins de temps, le travailleur récupérait en partie ce gain de productivité par du temps de loisirs et d’épanouissement. On est passé de 48h hebdomadaires à 45h, puis 42, 40, 39 et enfin 35h, tout en continuant à produire plus. Notre courbe de croissance n‘a jamais cessé de monter depuis la fin de la guerre, même après les 35h. Ce qui n’empêche pas la sémantique actuelle de parer les 35h de tous les maux du monde  et de proclamer que faire des heures supplémentaires pour arriver à boucler ses fins de mois est le fin du fin du progrès social !

Quant aux cotisations sociales, imaginées après la guerre par le Conseil de la Résistance qui regroupait des gens de tous bords politiques, elles nous ont apporté les soins remboursés, les retraites et diverses allocations. Cette solidarité par la redistribution a l’avantage de réduire partiellement les inégalités. Mais aujourd’hui, autre pervers glissement sémantique, on ne parle plus que de « charges insupportables pour l’entreprise » (rappelons que les salariés, eux aussi, cotisent !) avec en corollaire l’idée que tout irait mieux en les réduisant. Ce qu’on fait depuis vingt ans, ce qui n’a pas empêché que le chômage augmente- preuve que plus ou moins de charges n’influent guère sur l’emploi- mais a creusé les déficits des organismes sociaux.

Le nucléaire, dont on n’a toujours pas résolu le problème de stockage des déchets radioactifs, ni celui de la dissémination possible de l’arme atomique via la vente de centrales, il est miraculeusement devenu une « énergie propre » sous prétexte qu’il ne produit pas d’effet de serre, tandis que tournent dans certains pays des réacteurs aussi vétustes et dangereux que celui de Tchernobyl. Même certains écologistes se sont fait prendre à ce véritable tour de passe-passe…

Vous en voulez d’autres ? Les acquis sociaux sont surnommés « privilèges »… Les pauvres, les chômeurs, les handicapés et les vieux ne sont plus des défavorisés qu’il importe d’aider, mais des assistés qui pèsent sur la société, dont on occulte la misère avec des mots politiquement corrects : Rmistes, allocataires, Cotorep ou 3ème âge.

Méfions-nous des mots…

( extraits de ma chronique « humeur » dans le Nouveau consommateur n° 24) 

 

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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 11:00

Pour rassurer quelques blogo/internautes qui me croient déprimée vu le ton de certains de mes billets face à l’état du monde : non, je ne suis pas déprimée, c’est le monde qui est souvent déprimant ces jours ci et même avant J .  Je pousse des coups de gueule qui me donnent des poussées d’adrénaline  fatigantes, mais je suis aussi très jubilatoire chaque fois que j’arrive à contourner les chemins par lesquels la pensée dominante veut nous faire passer ! Dans ce genre positif, le débat de Sciences Frontières  que j’ai animé à Marseille avec plein de gens sympas, dont voici le lien .

      http://www.terre.tv/indexvod.php?case=1&ref=00907

Et dans le genre évasion exquise, il y a le dernier livre de Michèle Decoust et Nicole Viloteau : « La transversale sauvage » (éditions Panama) J’ai connu Michèle Decoust à la revue « Autrement » dans les années 75/78,  cette entreprise devenue une maison d’édition prolifique et de qualité était à l’époque un repaire d’allumés comme nous qui voulions observer les mutations de l’époque et expérimenter comment vivre « Autrement ». Je l’ai fait en explorant les comportements humains et notamment amoureux, Michèle en explorant le monde, munie de sa caméra et de son stylo.

Son texte met en scène des personnages hors normes, ancrés dans l’amour de leur terre d’Australie, dans l’amour de la terre tout court. Ancrés dans le réel et les choses élémentaires de l’existence, ce qui ne signifie pas qu’ils vivent de façon étriquée, au contraire. Leur existence est une aventure qui fait rêver, rêve magnifié par les superbes photos de Nicole Viloteau. Tant de beauté donne envie de partir illico dans l’île-continent, ou à tout le moins de sortir de la grisaille pour vivre des émotions essentielles et fortes.

 

 link

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 10:34

Peu de temps pour écrire, d’ailleurs que dire ? Partout, je vois analysées les causes des émeutes de la faim ou du mal-être des citadins stressés. L’argent roi, la spéculation, l’utilisation des terres agricoles pour les biocarburants et non plus pour les cultures alimentaires (rappelons, pour la petite histoire, qu’au début, les biocarburants devaient être fabriqués avec les déchets agricoles, pas avec le bon grain !), l’hérésie qui consiste à élever au Viet-nam des poissons (le Pangas) qui sont poussés à pondre en masse par de l’hormone extraite d’urine de femme enceinte vendue par des labos occidentaux, nourris avec un composé supernutritif importé du Pérou, puis  élevés, vidés, congelés par des petits viets payés 50 centimes d’euros par jour, tout ceci pour qu’on trouve sur les étals du filet de pangas à 12 euros le kilo alors que les pêcheurs bretons peinent à survivre. Car le kérosène des transports multiples, l’exploitation des petites mains aux yeux bridés, ça ne compte pas dans le prix.

Je sais, et plein de gens le savent, que la seule solution aux crises est de stopper le culte de l’argent et de la spéculation, de vivre plus sobrement et plus localement. Pas normal qu’en France on ait à ce point réduit le nombre d’agriculteurs. Pas normal de manger des cerises en hiver importées du Chili, on peut attendre juin, non ? C’est quoi ce caprice de vouloir tout, tout le temps et à bas prix ? Caprice de nantis, car ceux qui n’ont pas d’argent, la décroissance, ils la pratiquent déjà. Qu’on ne me dise pas avec des tremolos dans la voix qu’on ne peut pas refuser aux pays pauvres de se développer, ce n’est pas la question, on parle juste d’arrêter de surconsommer pour ceux qui le font et qui oublient qu’il existe des gens qui ne prennent jamais l’avion, n’achètent jamais de grosses bagnoles, n’ont qu’un seul téléphone mobile, et ne savent pas le goût du foie gras et du saumon fumé, si, si.  (quand j’étais gamine, le foie gras c’était juste à Noël, et le saumon, pour les communions).

Donc, tout ça est évident, et le sachant, j’éteins mes lumières, j’achète local chez le maraîcher du coin, je mange peu de viande sachant que produire un kilo de viande consomme énormément de céréales, mais j’en achète de la bonne, bien élevée… Je ne gaspille pas l’eau,  utilise la même voiture (non polluante, elle a été testée, niark niark) depuis 15 ans et le même téléphone mobile depuis 5 ans. Ce qui me permet d’échanger de l’argent contre du temps libre. On est de plus en plus à avoir cette envie d’une vie plus harmonieuse, moins clinquante.

Le problème est que les responsables de la disharmonie et du clinquant, eux, n’ont pas envie ni l’intention de modifier leur train de vie, c’est leur drogue. L’argent ne leur sert à rien, ils en ont trop pour le dépenser, c’est une toxicomanie, une course aux gros chiffres sur leur compte, la spéculation les excite comme le Viagra pour d’autres. Alors, faut-il tuer tous les affreux pour s’en sortir ?

Bon, j’arrête, je vais m’énerver et ce n’est pas bon pour ma santé.

 

 

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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 12:23

Comme il y a les cafés philo, les cafés de la Science, ou les cafés psycho, il existe un Café de l’amour depuis… 4 ans !  J’y suis invitée lundi 21 avril à 20h pour débattre de l’Amurrr, objet de tant de questions chez les

hommes et les femmes qui participent à ces soirées ponctuées d’exercices et de jeux, pour tenter d’aimer ou d’être aimé(e)s mieux qu’ils ou elles ne le sont.

Je parlerai de l’application des principes écologiques à nos relations amoureuses, idée que j’avais déjà développée l’été dernier dans le Nouveau Consommateur, magazine dont je vous recommande fortement la lecture. Dans une approche écologique, faire l’amour, loin de se réduire à un objectif, devient un moyen privilégié de mieux se connaître. Il s'agit d'appréhender l'autre dans sa globalité, cet homme ou cette femme qui nous plaît avec sa peau, ses parfums, son langage et tout son univers. Privilégier le naturel, diversifier les énergies, respecter les rythmes biologiques et la diversité, tel sera, en partie, le programme de cet atelier/café/partage.

Ca se passe à la librairie Les cent ciels, 12, rue Jean Aicard, 75011 Paris. Métro Saint-Maur ou Ménilmontant.  Pour réserver (impératif, le lieu est petit)  connaître les tarifs et en savoir plus sur ces cafés de l’amour :  0612782630 ou cafedelamour@mac.com


 

 

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Published by Françoise Simpère - dans EROS
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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 10:53

On a beaucoup amusé la galerie- et j’avoue que j’en fais partie- avec les frasques « bling-bling » de Nicolas Sarkozy, yacht prêté, montres de luxe et allure de rappeur satisfait, pour sous-entendre ensuite que le Président, changeant de style après les élections, allait devenir un autre président.
Ce dossier du « Canard Enchaîné », fort bien informé et pas sensationnaliste pour deux sous- on y parle plutôt de milliards de sous- rappelle que la fascination de Nicolas Sarkozy pour l’argent, loin de se limiter à des caprices d’ ado attardé ébloui par le clinquant, inspire une politique mûrie depuis des années, structurée autour d’une logique d’enrichissement financier pour une minorité de citoyens, politique prédatrice et atlantiste, qui creuse inévitablement les inégalités et n’a aucune vision écologique à long terme alors que tous les signaux d’alarme sont au rouge concernant les ressources naturelles de la planète.

Rapprochement qui tue avec deux infos d’hier : les émeutes de la faim éclatent un peu partout dans le monde, alors que la plupart des pays du sud, s’ils maintenaient une agriculture vivrière au lieu de ne cultiver que pour l’exportation, notamment les céréales pour les biocarburants, seraient autosuffisants.
Les hôtels de luxe et les palaces- comme le Bristol à Paris, merveilleux hôtel dispensant plaisir des yeux et de la bouche à ceux qui peuvent : 7000 € la nuit pour une suite ma foi fort attrayante- voient leur taux d’occupation exploser et les prévisions des bureaux d’études sont au beau fixe.

 

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Published by Françoise Simpère - dans Lectures
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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 15:21

La soirée avait mal commencé, périphérique bloqué et au final vingt minutes de retard au théâtre dont nous trouvâmes les portes closes. Repli vers le quatorzième, nous passons à l’Entrepôt, pas emballées par le groupe Funk programmé ce soir là. Cent mètres plus loin, un grisonnant costaud aux cheveux dans le cou s’apprête à enfourcher sa moto. Nous l’abordons. Bonne pioche, il nous indique un bar (l’Utopia) en nous disant « Si ça n’a pas changé, vous ne serez pas déçues. »

 

Ca a changé mais nous ne serons pas déçues. Le bar public s’est mué en club privé. A l’entrée, on s’inscrit (3€ pour un soir, 10 € pour l’année) et on signe une déclaration indiquant en substance qu’on est conscient des dangers du tabac, qu’on n’emmènera pas un mineur dans ce lieu et qu’on s’emploiera à ne pas gêner les autres clients. Charte de savoir –vivre, en somme, et de fait, les gens ici savent vivre. La lumière est tamisée et chaude, la serveuse virevolte d’une table à l’autre avec grâce et sourire, le patron se la joue bourru mais cool.  Il a installé des extracteurs de fumée si puissants que pas une minute nous ne serons incommodées par la moindre volute et d’ailleurs, les gens ne clopent pas comme des malades compulsifs.  Une cigarette ou deux, juste pour le plaisir. Dans un angle qui tient lieu de scène minuscule, un groupe de rockers country (deux guitares électriques, une basse, une batterie) nous transporte dans une atmosphère d’avant. Avant quoi ? Avant la main basse sur notre libre arbitre.

Je pense à ce que m’a dit ma fille : « Tu te rends compte maman, tu as vécu à une époque où vous pouviez rouler sans ceinture (en vérité, je la mettais toujours, pas par obligation mais PAR CHOIX, ça change tout), fumer dans les bars,  vous balader la nuit sans subir de contrôle d’identité,  faire du sport sans certificat médical et malgré cette liberté, vous n’avez pas fait plus de conneries que nous, non ? » Oui, et peut-être même moins. Quand on est responsable de sa vie, on y tient. Au bord du lac d’Auvergne sauvage où je vais en été, un écriteau mentionne simplement « baignade autorisée mais non surveillée ». Ca descend à pic à trois mètres du bord, et il n’y a quasiment jamais d’accident parce que les gens font gaffe, sachant qu’aucun pompier ou CRS n’est là pour les prendre en charge.

Le rocker chantait d’une voix éraillée et puissante des ballades d’aventurier des steppes et des villes, d’amour et de désespoir. Un de ses guitaristes arborait un sourire craquant en regardant courir ses doigts sur les cordes, le plaisir des musicos est contagieux, autour de nous les spectateurs de tous âges semblaient heureux. Instant de grâce…

Quelques jours plus tard, concert des Têtes Raides au Bataclan. Tandis que ses musiciens déversent des frissons sur la foule, Christian Olivier chante d’une voix de cathédrale qui pénètre jusqu’au ventre. Passion, lyrisme cet homme semble habité, son corps et son regard chantent autant que sa bouche. Sincère ou talentueux acteur? Les deux sûrement.

 

Depuis 2002 « Têtes Raides » s’est associé aux mouvements qui se battent pour nos vies, et pour tout ce qui peut les rendre belles et joyeuses : la liberté d'aller et de nous installer où nous voulons ; le droit à un revenu décent, qu'il soit ou non lié à un emploi ; un logement; un système de santé de qualité pour tous et toutes ; l'égalité effective entre les hommes et les femmes ; un usage intelligent de toutes les ressources de notre planète ; la visibilité et les droits de tous ceux et celles que, parmi nous, on appelle « minorités » ; la libre circulation du savoir, des progrès techniques ou scientifiques ; l'art, etc. Le chanteur se lance dans un texte parlé, une interrogation lancinante sur le sens de la vie, écrit par un poète nordique qui s’est suicidé à l’âge de 39 ans. Autant dire que ce n’est pas follement gai, mais les mots, bien écrits, bien scandés, bien dits, transmettent au public une émotion forte. Quinze minutes au moins, il faut tenir la distance. Les spectateurs sont restés debout tout le temps de cette déclamation, muets et attentifs. A la fin, ils applaudissent longuement, réclament un « bis », nous en aurons trois, passionnés et jubilatoires. L’époque manque singulièrement de lyrisme et apparemment les gens en ont soif.  Je me le dis souvent : en rentrant de sa chasse au mammouth, l’homme préhistorique prenait le temps de graver des fresques sur les parois de sa caverne, sans souci de les montrer, sans espoir de les vendre, juste parce que…

Parce que l’art, la poésie, le lyrisme, le rêve, toutes ces choses pas rentables sont vitales, et pourtant si rarement évoquées par ceux qui nous gouvernent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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et la non moins superbe vidéo sur "Aimer plusieurs hommes",  toutes deux réalisées par Douze Films Prod (www.douzefilms.fr) 

Pour être informé de la disponibilité de "Aimer plusieurs hommes"et de "Himlico et autres contes", contacter: simpere.autresmondes@gmail.com 

  "Autres désirs, autres hommes" étant épuisé en version papier, il a été réédité en ebooks regroupant les nouvelles par thèmes: Que vous aimiez le sexe entre amis (sex-potes), les aventures insolites (Belles rencontres) la transgression (Jeux et fantasmes) vous y trouverez votre compte.  En vente chez IS éditions   et sur la plupart des plate-formes de livres numériques, plus FNAC, Amazon, etc. Sexe-potes.jpg

 
 

 

 


 

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