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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 15:22

Les copains, on nage en pleine fiction !  Il n’y a plus de real politik, que du roman-photo, de la série B, comme le plan du même nom sur l’Europe qui a consisté à passer à la trappe le référendum, ni vu ni connu j’tembrouille ! Ce n’est pas possible que le petit Nicolas à qui on ne peut refuser l’astuce et le sens politique fasse autant de gaffes en si peu de temps. Dernière en date : l’adoption d’un petit juif mort par un petit écolier vivant sous prétexte de « mémoire ». De quoi susciter bien des vocations de victimes désirant être à leur tour adoptées. Petits Rwandais, Indiens d’Amérique génocidés, Cambodgiens, Arméniens…  De quoi aussi irriter les enseignants qui sans attendre NS font depuis des années leur boulot sur l’Histoire : par parenthèse, je me souviens des cauchemars d’une de mes filles lorsqu’on lui a fait étudier les « Lettres de poilus » et « Le journal d’Anne Franck », preuve que la confrontation avec la barbarie humaine à l’âge où on croit encore que les gens sont gentils ne s’improvise pas …

Avant cette bévue le rapport Attali- dont l’anagramme est Attila- avait coupé l’herbe sous le pied du Président et depuis elle a du mal à repousser. Avant encore, toute cette faune de gauche dans son entourage, y compris sa nouvelle épouse, pas possible qu’ils aient tous virés de bord. J’avais commencé à écrire un synopsis de polar où l’ouverture se révélait être une manipulation par la gauche et le virage à droite de certains socialistes pure poudre aux yeux, infiltration des milieux du pouvoir afin de mieux les déstabiliser. J’ai renoncé à écrire le scénario, trop occupée par d’autres projets et aussi parce qu’entre l’idée et la réalisation, ce genre de sujet risque d’être démodé. Si quelqu’un a envie de reprendre l’idée, no problem.

Puis voilà que je lis le polar de Jean-Louis Debré « Quand les brochets font courir les carpes ». (Fayard) JLD1-001.jpgJ’ai rencontré JLD deux fois : à l’Assemblée nationale en 1998 (à ma droite sur la photo) lorsque j’ai initié une proposition de loi sur la Caulerpa Taxifolia où- l’ouverture, ça me connaît- j’avais fait travailler ensemble JLD2.jpgPierre Lellouche (RPR à l’époque),  André Aschieri (vert) et Michèle Rivasi (apparentée PS)sous prétexte qu’étant tous trois plongeurs ou écologistes, il devait défendre la mer contre cette algue invasive. « Je suis partant, la mer n’est ni de gauche ni de droite, m’avait fièrement répondu Lellouche, car les poissons ne votent pas. » Décidément, poissons, carpes et brochets, la politique est un vaste aquarium.

En 99, j’ai revu JLD au Salon du Livre de Nice où il signait « Pièges » polar inspiré de son passage au Ministère de l’Intérieur. Livre si bien écrit d’ailleurs, que je lui avais suggéré d’arrêter la politique pour se consacrer au roman. Il avait ri : « J’adorerais cela, mais vous savez, dans la famille… » Dur, dur d’être le fils du papa de la Constitution (Michel Debré) car du coup la Constitution devient votre sœur et vous devez sans cesse défendre son honneur. Ce qu’a fait récemment JLD en rappelant qu’un Président de la République doit avoir un minimum de tenue. Certains s’en sont indignés au nom du « devoir de réserve » alors qu’en l’espèce JLD était tout à fait dans son rôle de gardien de l’honneur de la Constitution et de son mari pour 5 ans ! (faut-il renommer Carla « Constitutione » ?)
undefinedPour en revenir au livre, l’écriture est un peu bâclée : les personnages ne sont pas tout à fait vraisemblables, leurs dialogues sont parasités par la voix du président du Conseil Constitutionnel fin observateur des mœurs politiques et si désireux de les dénoncer qu’il ne construit une intrigue et des caractères que dans ce but. Et tenez vous bien : son livre émet l’hypothèse d’une conspiration « gauchiste » (il caricature d’ailleurs un peu les gauchistes…) pour infiltrer l’Elysée, via une jeune femme tout à fait séduisante.

Décidément, hasard, réel, virtuel, fiction, les frontières deviennent floues…

Terminons par une chanson, comme c’est l’usage en France. Depuis ce matin, radios et Internet diffusent « Si tu reviens, j’annule tout », création de Jeanne Cherhal à partir du SMS réel ou supposé de NS à Cécilia. La bougresse a tellement de talent que d’un épiphénomène people et blig-bling elle a fait une superbe chanson !  jeanne-cherhal-02---v-66604.jpgwww.myspace.com/jeannecherhal

Et pendant ce temps là, la vraie vie continue... ailleurs.

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18 février 2008 1 18 /02 /février /2008 20:02

Tellement triste, le garçon,  quand sa copine l’a quittée, que son corps ne répondait plus à aucune caresse : « j’aurais la plus belle fille du monde entre les bras, je ne saurais qu’en faire ». Tellement heureuse la fille, quand elle a su que ses analyses étaient bonnes, que sa foutue maladie était une histoire finie, finie, finie… Elle riait : « je baiserais bien un réverbère pour fêter ça ! », elle qui depuis des mois, dans l’inquiétude des symptômes qui la minaient, n’aurait pas remarqué le plus beau garçon du monde. Désir fragile, si sensible à l’air du temps qu’il va, vient, disparaît et renaît. Pas linéaire. Fluctuant, liquide, insaisissable… Même le Viagra ne peut rien contre l’absence de désir, il se contente de rendre palpable le désir tapi dans un coin du cœur ou du cerveau.

En période d’eaux basses, les photos les plus excitantes semblent  ridicules ou vaguement dégoûtantes, les textes les plus érotiques,  les plus suggestifs, donnent le sentiment que le sexe, somme toute, est une activité assez grotesque. En période d’eaux basses, le désir ne manque pas. Il n’est pas là, tout simplement. On n’en meurt pas. On n’y pense pas.

En période de printemps,  un soupir derrière une cloison, un talon qui claque sur un trottoir ensoleillé, un échange de regard de trois dixièmes de secondes, quelques mots, n’importe quelle image suffisent à rappeler qu’il n’y a rien de plus important que le désir, rien de plus vital, rien de plus obsédant.

Curieuse énergie dont l’absence ne crée aucun manque et dont la présence engendre aussitôt le manque.

 

Un réverbère, disait la jeune fille, il me faut un réverbère…

 

 

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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 23:54

J’ai bossé une dizaine d’années pour le magazine « Sécurité au travail » de EDF, qui s’appelait VIGILANCE et n’avait pas peur de regarder la réalité en face. Forte de ces 100 000 salariés à l’époque, EDF avait conscience qu’elle ne pouvait pas, statistiquement, échapper aux maux qui frappent le reste de la population, alcoolisme, drogue ou SIDA. Et même folie, pétage de plombs en un lieu stratégique. C’est ainsi que j’ai appris qu’il suffirait d’une poignée de personnes un peu allumées (c’est le cas de le dire) pour bloquer ou perturber l’alimentation électrique du pays via les « centres de dispatching » où l’électricité est dérivée là pour être expo rtée ailleurs, ouverte ou fermée. Qu’il suffirait d’un grain de sable dans les consignes de sécurité pour qu’un « presque accident » (c’était la dénomination officielle) comme il s’en produit chaque année dans une centrale nucléaire,  devienne une catastrophe. Tchernobyl n’a été qu’une succession de grains de sable…, dont chacun aurait dû être maîtrisé. Voilà pourquoi en France les consignes de sécurité sont doublées, triplées…

 Voilà pourquoi on ne doit pas mettre une centrale nucléaire entre n’importe quelles mains. En tout cas pas entre les mains de pays qui n’ont pas fait la preuve d’un fonctionnement démocratique et d’une absence de tentation totalitaire, pas entre les mains de pays où la culture de la sécurité est absente. Vendre des centrales à qui veut en acheter comme le fait NS chaque fois qu’il voyage, c’est encore plus inconscient qu’allumer un barbecue en été en plein maquis corse. 

Les ingénieurs EDF n’étaient pas tous des crânes d’œufs, certains, bac+15 fortement neuronés du côté des maths et de la physique, étaient capables aussi de monter une étude sur la complémentarité des cerveaux gauche et droit, des matheux et des littéraires, ou de passer cinq semaines de vacances sac au dos dans la forêt Amazonienne « histoire de voir des singes plus humains que ceux que je croise chaque jour au bureau » disait un ingénieur sécurité. A propos de sécurité, si tous étaient persuadés que l’énergie nucléaire était une énergie formidable au sens premier du terme, énorme et puissante, tous disaient qu’elle ne serait ni propre, ni sûre tant qu’on n’aurait pas résolu le problème de stockage des déchets et celui du démantèlement des centrales vétustes. 

On n’a résolu ni l’un ni l’autre en 2008. Le traitement des déchets nucléaires reste LE problème qu’on lègue allègrement aux 10 000 générations futures, mais par un biais de communication incroyable, l’énergie nucléaire est présentée partout- et même par certains écolos , c’est un comble- comme une énergie « propre » sous prétexte qu’elle ne participe pas à l’effet de serre. (elle produit tout de même de la chaleur : vapeur d’eau et rejets de calories dans les eaux froides avoisinantes, les circuits de refroidissement d’une centrale en consomment des millions de litres). 

Le changement climatique est grave, c’est sûr. Mais la toxicité des pesticides et des solvants (cancers et troubles de la fertilité), la démographie galopante (6,5 milliards d’humains en constante expansion tandis que dans le même temps les tigres, les rhinocéros et les abeilles disparaissent peu à peu…) et les problèmes d’eau potable (première cause de mortalité en Afrique, plus que le SIDA ou le paludisme) aussi. Or on en parle bien moins.  

 

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11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 23:51

J'ai vu par hasard un film de Louis Malle sur Arte: « Fatale ». L’histoire d’un ministre portant beau (Jeremy Irons) passionnément épris de sa jeune maîtresse Anna (Juliette Binoche) qui est aussi, découvre-t-il plus tard, la petite amie de son fils Martin.  La femme du ministre est comme il se doit aimante et fine, la maîtresse torride et quelque peu dérangée par un traumatisme ancien (le suicide de son frère, amoureux d’elle), la mère de la maîtresse est gaffeuse mais sensée. Martin, jeune homme gentil et propre sur  lui, souhaite épouser Anna, qui accepte, mais ni elle ni son amant ne savent renoncer à leur liaison passionnelle. Tout ceci nous vaut un drame familial fort réaliste. Le brave Martin surprend les deux amants et, de saisissement, tombe de cinq étages en reculant horrifié. La mère est désespérée par la mort de son fils et la trahison de son mari. Bref, les gentils finissent mal tandis que les amants maudits refont leur vie : le ministre se retire dans un lieu ma foi assez coquet, genre petit village historique où il découvre la solitude et le temps qui s’écoule sans heurt, Anna épouse un ex-amant. Conclusion superbe de cette histoire tragique. « Je n’ai revu qu’une fois Anna, dit le ministre, en coup de vent dans un aéroport. Elle portait un enfant dans les bras. Elle ne m’a pas semblé différente des autres femmes. »

Tant de passions, indignations, amours ou haines capables d’engendrer des violences meurtrières sont solubles dans le temps. Les journaux vieux de six mois sont emplis d'événements qui semblaient cruciaux à l’époque et paraissent à présent dérisoires … Un chagrin d’amour apparemment incurable s'évapore au fil des jours et on se réveille un matin en se demandant pourquoi Diable on s’est mis dans un pareil état pour un homme (ou une femme) finalement tout à fait ordinaire. Dérisoire…

Cela n’empêche aucunement de goûter l'éblouissement de la passion, les  indignations, les ardeurs, mais préserve d’en mourir dès lors qu’on sait que le temps les estompera et qu’il ne serait pas très sérieux de se prendre trop au sérieux.

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8 février 2008 5 08 /02 /février /2008 22:04

Une fois n’est pas coutume, voici quasi in extenso le texte d’une chronique que j’ai écrite dans le dernier numéro du Nouveau Consommateur actuellement en kiosque. Il comporte aussi des interviews de Benoîte Groult, Jeanne Cherhal, Alain Passard… et bien d’autres qui montrent que 2008 et 68 ont bien plus qu’un anniversaire en commun.    

 

En 68, j’étais lycéenne. Je garde de ce mois de mai le souvenir ébloui d’une effervescence créative et joyeuse où tout semblait possible pour inventer un monde plus juste et plus gai. Avant 68, c’était la société gaullienne : lycéennes en jupe sous le genou, interdiction du pantalon « en dehors de la période d’hiver » qui variait suivant les établissements, classes de filles et de garçons séparées. Se balader avec un garçon dans la rue, même très platoniquement, valait un passage en conseil de discipline pour « atteinte à la réputation du lycée. » Interdiction de lire des journaux, même en Terminale, toute opinion politique était bannie alors que des cours d’instruction religieuse avaient lieu dans des lycées publics laïques, interdiction du travail en groupe, et même, parfois, interdiction du stylo à bille ! La télé (ORTF) dépendait du Ministère de l’information, les chansonniers l'appelaient "la Voix de son maître".

En 68, j’étais lycéenne. Je garde de ce mois de mai le souvenir ébloui d’une effervescence créative et joyeuse où tout semblait possible pour inventer un monde plus juste et plus gai. Avant 68, c’était la société gaullienne : lycéennes en jupe sous le genou, interdiction du pantalon « en dehors de la période d’hiver » qui variait suivant les établissements, classes de filles et de garçons séparées. Se balader avec un garçon dans la rue, même très platoniquement, valait un passage en conseil de discipline pour « atteinte à la réputation du lycée. » Interdiction de lire des journaux, même en Terminale, toute opinion politique était bannie alors que des cours d’instruction religieuse avaient lieu dans des lycées publics laïques, interdiction du travail en groupe, et même, parfois, interdiction du stylo à bille ! La télé (ORTF) dépendait du Ministère de l’information, les chansonniers l'appelaient "la Voix de son maître".

 

Mai 68 a débridé ce carcan. « Du bonheur à l’état pur, de la joie à revendre, une fête de l’intelligence et de l’émotion, un régal permanent, une euphorie et une volupté inconnues jusque là, écrivait le dessinateur Siné en 1998 (pour les 30 ans !).» La légende veut que la fête se soit arrêtée le 30 juin, après le discours de reprise en mains du général de Gaulle, la manif’ UDR aux Champs Elysées et surtout la réouverture des pompes à essence : le pétrole est décidément réactionnaire. En réalité, mai 68 a duré bien plus longtemps : « Quelque chose a bougé dans les têtes, une sorte de déclic. Nous avons compris confusément que notre bonheur dépendait plus de notre sagesse que de celle des dirigeants et qu’il ne fallait pas avoir peur d’être lucide. » (Wolinski). Ce déclic a profondément modifié les relations hommes /femmes, les rapports hiérarchiques au travail, la façon de s’habiller, la création artistique avec le statut des intermittents du spectacle voté en 68, la démocratie (l’autogestion que prônait le PSU allait bien au-delà de la démocratie participative) et l’ouverture au monde : le fondateur de Nouvelles frontières, Jacques Maillot, était un fieffé soixante-huitard, tout comme Philippe Gloagen, inventeur des guides  du routard. Sans oublier les accords de Grenelle qui ont accordé entre autres le SMIC à 1000 francs et la 4è semaine de congés payés. 

Le mouvement écologiste est aussi né de mai 68 : La Gueule Ouverte et le Sauvage, journaux écolos sont nés au début des années 70 : on y parlait de pollution, de préservation des ressources naturelles, panneaux solaires, énergies nouvelles, sobriété heureuse, solidarité Nord/Sud … Puis est venu le choc pétrolier de 1973 (le pétrole est décidément réactionnaire !) et le revirement de certains. « Nous avons fait mai 68 pour ne surtout pas devenir ce que nous sommes devenus . » a dit Wolinski. Un dessin de Reiser de 1973 montre un type bedonnant, costume cravate, tenant par la main un gamin rigolard : « Il y a cinq ans, papa occupait la Sorbonne ». « Petit con » soupire le père.  Le petit garçon du dessin a 40 ans aujourd’hui, il s’est pris de plein fouet la mondialisation, le chômage et le SIDA des années 80. Aujourd’hui il rêve de 4x4 et de stock-options. Alors, fini le rêve, écrabouillé par le rouleau  compresseur de l’argent roi ?

NON. Car sur le Net[1], dans des colloques et des journaux comme celui-ci et quelques autres[2] se fait jour une aspiration à un autre idéal. Quand les gens veulent «  changer de vie » aucun ne rêve de quitter son métier de prof, comédien ou ostréiculteur pour devenir analyste financier, mais beaucoup rêvent d’abandonner l’analyse financière pour un métier souvent moins lucratif, mais qui donne sens à leur vie.  Des jeunes veulent un monde  où on ne gaspillera plus, où on réduira les inégalités, où on inventera une vie en société plus respectueuse des autres. L’ère industrielle ? Ringarde. En juillet 2007, le monde a atteint le point où la consommation de pétrole dépasse les possibilités d’extraction. La planète vit à crédit… Lu sur un tract: « Trop tard, Sarko, ton monde est « has been », la modernité industrielle est un rêve dépassé. »  

Revenir à l’âge de la bougie ? Pourquoi pas si c’est pour souffler les 40 bougies d’un rêve qui, loin de devoir être liquidé, apparaît d’une étonnante modernité. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[2] la Décroissance, Changer tout, et bien d’autres.

 

 

 

 

 

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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 19:45

Je reviens de quelques jours en Auvergne sans TV et sans journaux, non pas que cette belle région parsemée de volcans et doucement ombrée de courbes nonchalantes où le blé d’hiver dessine des mamelons émeraude ne possède aucune maison de la presse ou antenne cathodique, mais entre le Festival International du court-métrage de Clermont-Ferrand, une joute gargantuesque de poulet braisé, saucisses/lentilles, potée au choux, Fourme d’Ambert, St nectaire et crème renversée miraculeusement conservée dans son caramel après un transport épique sur un chemin pavé de bonnes intentions, plus d’intéressantes digressions sur les mérites comparés de vins divers et variés bus dans de confortables fauteuils ou en dansant d’un pied sur l’autre pour se réchauffer dans la froidure d’une cave dispensant un picrate sévère mais juste, râpeux comme la barbe d’un conseiller municipal se demandant comment trouver des candidats pour les prochaines élections car être maire rural comporte plus de sujétions que de compensations financières ou honorifiques, il ne reste plus une seconde pour penser au monde virtuel des banques en déroute et aux frasques amoureuses de Pimprenelle et Nicolas (j’allais écrire Nico-la-biroute juste pour la rime avec déroute, mais j’en connais qui iraient encore me reprocher mon absence de sens littéraire, mon Dieu comme Rabelais, Vian, Verlaine et Gainsbourg seraient malheureux dans ce monde peau-lissée !)  Et comme l’on se sent bien dans cette région où une prof avoue avoir giflé un jour un élève, s’être excusée le lendemain et avoir vécu en paix avec lui pendant tout le reste de l’année, il y a des raccourcis pédagogiques plus efficaces que de rameuter un flic en port illégal d’uniforme et un juge pour régler un différend scolaire.  

 

Quel rapport avec le titre de ce billet ? Aucun, si ce n’est que j’ai aussi lu « le sexe et l’effroi » de Pascal Quignard, qui explore comment le sexe, chez les Romains, a abandonné la légèreté qu’il avait dans la tradition grecque pour devenir quelque chose d’extrêmement codifié et compliqué où le phallus (phallos) des grecs devient chez les romains « fascinus », objet de fascination. La sexualité n’y est pas ludique ou procréatrice, ni hétéro ou homosexuelle (les deux mots sont apparus seulement au 19ème siècle, affirme Pascal Quignard, j’en ai été surprise) La grande distinction se fait entre l’actif, domaine réservé de l’homme libre, du patricien, et le passif, domaine de l’esclave. Quant à l’affranchi, il lui est recommandé par Sénèque d’accepter parfois d’être passif pour complaire au patricien. J  Il découle de cette organisation qu’un patricien ne pouvait être sexuellement soumis ni un esclave dominateur. A tel point qu’un patricien surpris en train de se laisser pénétrer ou un esclave pénétrant un patricien étaient tous deux punis de mort.  Chez les Romains, la fellation n’existait pas, car elle suppose un acte actif de la part de celui qui suce,  chose impensable puisque c’est aussi le pénétré. On parlait donc « d’irrumation », c’est-à-dire de coït buccal effectué par le patricien dans la bouche de l’esclave, supposée n’être qu’un réceptacle.

 

De même la femme n’était-elle que le réceptacle de la semence de l’homme.

 

Certes, tout cela a évolué en vingt siècles. Il n’en demeure pas moins que dans le parler populaire, l’injure n’est jamais « enculeur » mais « enculé » (excepté dans l’expression « enculeur de mouches »)  et que pour se vanter d’avoir eu le dessus dans un conflit, bien des hommes affirment « je l’ai bien baisé » ou encore « je l’ai eu bien profond ». Baiser et pénétrer restent associés au pouvoir que le riche patricien exerçait sur l’esclave. Argent, sexe et pouvoir sont intimement mêlés. Et c’est pourquoi les hommes font de la politique.

 

Finalement, ma nouvelle « Erection présidentielle » (dans « Autres désirs, autres hommes  ») était réaliste et prémonitoire… (il est toujours possible d’en télécharger une partie sur le site www.pocket.fr )

 

 

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29 janvier 2008 2 29 /01 /janvier /2008 22:40

Apparentements terribles aux infos : En sujet principal (LCI 13h) : un rapport dénonce la saleté dans les toilettes des écoles françaises. « Sujet tabou, enfin on ose en parler » et nia nia nia, les petites filles n’osent pas faire pipi, elles se retiennent et risquent de faire des infections urinaires.  Un crédit « PQ et serpillière », ça serait pas plus efficace et moins cher qu’un rapport pleurnichard ? En bas de l’écran, pendant le sujet pipiroom, défile un titre : « En Irak, 19 personnes ont été assassinées et coupées en morceaux. » Ca calme…  

 

JT France 2, 20h : tout le gratin politique et financier fait le point sur le scandale de la Société Générale (il semblerait que le trader Kerviel ne soit plus seul en cause, d’ailleurs il a donné les noms de petits camarades qui jouaient aussi à « qui kaura la plus grosse prime, plus grosse prime, plus grosse prime… ») Voilà ce qui arrive dans un monde où on glorifie l’excellence, et où l’excellence consiste à fabriquer des milliards avec du vent, bref, à spéculer sur l’économie financière, tandis que les travailleurs de l’économie productive trinquent. Mais pas de panique, comme dit Fillon, la Société Générale est une GRANDE banque française et doit le rester. Ca va coûter quelques milliards au contribuable, mais on a l’habitude, on a déjà donné chacun plus de 1000 € pour sauver le Crédit Lyonnais il y a quelques années. 

Juste après, autre apparentement terrible, reportage sur la vie d’un sans abri. Un journaliste a vécu une journée de SDF, cherché à se loger (les centres où soi-disant ils refusent d’aller sont archi-pleins, faut vraiment être dans la misère pour s’y rendre parce que c’est froid, inhumain, ça sent la pisse -on y revient, mais là, pas de rapport indigné sur les infections urinaires des SDF- et on les chasse à 6h du matin en allumant la lumière plein pot dans les yeux). Un type constate tristement « je viens là depuis trois semaines : je n’ai pas dormi depuis trois semaines. » Ensuite, il part au boulot. Eh oui, beaucoup de ces sans abri bossent en CDD, en intérim, et même parfois en CDI. Comme dit Chris tine Boutin, « c’est terrible cette situation, tout cela parce qu’on n’a pas assez de logements sociaux. » Ca coûterait pourtant moins cher que le sauvetage de la Société Générale. 

Faut dire que Nicolas Sarkozy, au hasard, quand il était maire de Neuilly, refusait de respecter la loi SRU qui impose 20% de logements sociaux dans chaque commune : préférait payer l’amende, dérisoire. Il n’était pas le seul. 

Olivier Besancenot a proposé un truc tout simple : « Puisque NS n’arrête pas de dire « je ferai respecter la loi, je serai intraitable, tolérance zéro », pourquoi ne pas décider que les maires qui ne respectent pas la loi SRU deviennent inéligibles ? Ainsi on se débarrasserait de politiciens qui ne servent pas le bien public. Il est bien ce petit, cultivé, sympa, cortiqué…  y en a sous sa coiffure toute ronde qui le fait ressembler à un Playmobil.  

 

 

Très étrangement, quand on tape "Clochards" sur Fotosearch, on a la photo du haut et celle du bas. Encore un apparentement terrible, ou deux conceptions du "sans abri". On vit décidément dans des mondes parallèles.

 

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28 janvier 2008 1 28 /01 /janvier /2008 10:41

Il y a un an déjà, et comme tu le disais si justement « plus j’avance en âge, moins les années me font d’usage ».

 

Alors juste quelques mots pour te dire qu’il m’est arrivé bien des fois depuis un an de m’écrier « Tu ne rates rien, maman » quand les nouvelles du monde m’attristaient ou m’énervaient. Plus souvent encore de me précipiter sur mon téléphone pour te raconter un truc drôle, de saisir le combiné et de le reposer brusquement : « Eh merde ! »

 

Jacques Brel avait raison : « On n’oublie rien de rien, on s’habitue, c’est tout. »

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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 13:26

Je cherchais une idée de cadeau pour mon neveu, un jeune vendeur m’a abordée : « Je peux vous aider ? ». Il a fait avec moi le tour de la boutique, cherchant visiblement à dénicher pour moi l’idée de génie que je n‘avais pas. Brusquement il s’est arrêté : « Votre nom d’écrivain, c’est quoi, déjà ? » Je le lui ai dit, puis me suis étonnée qu’il me connaisse. « Je vous ai vue à la TV ». J’oublie toujours ce détail, la TV. Le jeune homme a murmuré : « Je ne sais pas si ça se dit, mais je vous ai trouvé très… charmante, très… attirante ».

Je lui ai assuré que oui, ça se disait et que cela faisait forcément plaisir, lui demandant ensuite lequel de mes livres il avait lu. « Aucun, mais j’ai été tellement intéressé par ce que vous disiez sur les hommes, le couple… »  Denis Seignez a raison,  « Aimer plusieurs hommes »  provoque davantage que n’importe lequel de mes livres érotiques, ce qui prouve qu’un essai, lorsqu’il heurte les habitudes,  stimule les lecteurs (trices). Le jeune homme et moi avons donc bavardé un bon quart d’heure, il m’a demandé s’il pouvait offrir ce livre à son amie avec qui se pose la question du territoire personnel de chacun, comme dans tout couple finalement. Je l’ai rassuré : ce livre a suscité bien des discussions intimes et « sauvé » plus de couples qu’il n’en a séparé !

Ensuite, passage sur un salon professionnel où je croise une jeune femme perdue de vue depuis au moins quatre ans. Après les politesses d’usage (« tu n’as pas changé ! Que deviens-tu?) il ne s’est pas passé dix minutes avant qu’elle et les femmes présentes sur le stand ne m’assaillent de questions sur les amours plurielles dont elles rêvent sans oser franchir le pas, je ne me souviens même pas comment elles ont mis le sujet sur le tapis.

Et cela m’a fait comme pour la peur de l’eau dont j’ai souffert pendant 30 ans. Juste après l’avoir vaincue, j’adorais parler de cette expérience incroyable : avoir surmonté une peur que je croyais intrinsèque, inéluctable. Aujourd’hui, j’ai du mal à en parler tant l’eau fait partie de moi. Idem pour les amours plurielles : longtemps j’ai adoré raconter mon histoire, tant était grand le plaisir d’avoir surmonté une peur- la jalousie- considérée par tous comme intrinsèque et inéluctable. Aujourd’hui, je n’y vois guère d’intérêt, tant les amours plurielles, les miennes et celle des hommes que j’aime, font partie de ma vie. Mais apparemment, le sujet taraude encore beaucoup de monde…

D’ici quelques semaines, je retournerai quand même dans la boutique voir où en est ce charmant jeune homme à qui j’ai recommandé de lire « Les latitudes amoureuses » et « Ce qui trouble Lola » pour élargir son champ de conscience !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 janvier 2008 3 23 /01 /janvier /2008 23:49

Pourquoi cette annonce rapide de la suppression de la pub sur les chaîne s publiques ?  En rapprochant des infos de 2005, 2006 et 2007, plus des sources convergentes que je ne citerai pas ici, un scénario qui n’a rien de culturel apparaît en filigrane.

Depuis 2005, Bouygues, propriétaire de TF1, souhaite revenir à du « lourd » dans l’industrie. Notamment jouer un rôle dans le nucléaire, secteur à la fois lucratif et stratégique, et pas seulement en assurant la partie béton des centrales. Bouygues a donc pris une participation de 32% dans Alstom entreprise du nucléaire en France avec Areva et EDF, Areva restant pour l’instant sous entier contrôle public. Anne Lauvergeon, à la tête d’Areva,  a cependant affirmé qu’elle n’était pas hostile à un rapprochement avec Bouygues. En 2006, Dominique de Villepin s’était opposé à ce que l’Etat cède au privé des parts d’Areva, estimant que le nucléaire, secteur stratégique nécessitait d’être très « balisé » au niveau de la sécurité et des choix (on vend t-y une centrale à l’Iran ? à L’Irak ? à l’Arabie Saoudite, à la Corée du Nord ? etc…) et devait rester sous contrôle de l’Etat.

Par contre Nicolas Sarkozy est un partisan résolu des privatisations et Martin Bouygues, parrain de son fils, est un de ses amis intimes. Par ailleurs, NS a besoin d’argent pour renflouer les caisses de l’Etat.  Ouvrir le capital d’Areva au privé rapporterait gros, sauf que l’acquéreur éventuel devra y mettre le prix. Martin Bouygues, selon les journaux économiques viserait 30% du capital d’Areva. Pour les financer, il avait songé à se défaire de ses activités de téléphonie.

Ou alors de TF1. Sous réserves de vendre cher cette chaîne , convoitée notamment par Vincent Bolloré (autre grand ami de NS) qui possède déjà Direct 8. Mais  l’action de TF1 avait chuté d’environ 30% jusqu’à récemment. Jusqu’à ce que l’annonce par NS de la suppression de la pub sur les chaîne s publiques fasse remonter TF1. Qui grimpera encore quand arrivera la manne financière des annonceurs. Il sera alors temps de vendre TF1 à Bolloré et d’acheter du Areva. Il suffira pour cela que l’Etat (et l’Etat, c’est qui ?) décide d’en ouvrir le capital.

Voilà le scénario qui court dans les milieux bien informés, comme on dit.

 S’il est exact, les antinucléaires et ceux- dont je suis-  qui craignent qu’un industriel privé soit moins rigoureux sur la sécurité et la maintenance des centrales nucléaires, moins regardant aussi sur les richissimes clients qui voudraient lui en acheter, tous ceux là ont intérêt à ne plus regarder TF1, de façon à faire chuter l’action. D’autant plus que le nucléaire financé par nos impôts, comme les autoroutes bradées au privé il y a peu, nous appartient.

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Published by Françoise Simpère - dans Lectures
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