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11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 00:45

Le discours : « Les réformes (des retraites, du droit du travail…) ont pour but de pérenniser notre système social avec un souci d’égalité entre les français. 

La réalité : « Avant de quitter son perchoir, Jean-Louis Debré a  proposé une loi, votée à l’unanimité pour que désormais, un député non réélu touche pendant 60 mois son indemnité mensuelle nette (ce jour - selon info sur site Assemblée nationale - 5178 euros net, soit 6 952 euros brut). Chaque député non réélu coûte donc aux Français 417 180 euros sur 5 ans ! A l'issue des 5 ans, les députés non réélus percevront ' à vie ' 20 % de ce traitement, soit 1390 euros par mois. Cette généreuse 'indemnité chômage' est totalement inconditionnelle, l'heureux bénéficiaire n'est tenu à aucun engagement comme par exemple justifier de la recherche d'un nouvel emploi, d'une visite mensuelle auprès d'un conseiller ANPE, ou d'une activité justifiant cette « aide sociale »... bref, tout ce qui est demandé à des chômeurs ordinaires. 

Le discours : Il y a une urgence écologique, gouvernants et citoyens doivent agir sans attendre pour sauver la planète en luttant notamment contre l’effet de serre. La réalité : La conférence de Bali va-t-elle accoucher de mesures concrètes ? interroge le journaliste du Parisien.  Réponse de Brice Lalonde , envoyé de Jean-Louis Borloo à Bali : « Ce n’est pas prévu. L’objectif est de se mettre d’accord entre Etats sur un programme de travail à suivre dans les deux ans à venir pour parvenir d’ici à 2009 à un accord global de diminution des émissions de CO2, accord qui pourrait s’appliquer dans le monde après 2012. (10/12/2007) 

Le discours : d’un côté : « Oh, que ce n’est pas bien de recevoir en grande pompe un dictateur adepte du terrorisme ! »  …De l’autre : « Ah, que il faut bien faire de la real politik  pour sauver les emplois en France ».  En chœur : « La France reste la patrie des Droits de l’Homme » 

La réalité : 10 milliards de contrats civils (quoique le nucléaire civil… peut devenir facilement militaire puisque c’est sous ce prétexte qu’on le refuse à l’Iran…) et 35 milliards prévus de ventes d’armes au dictateur Lybien. 

Faut comprendre :  la France, spécialiste des droits de l’Homme et grand fabricant d’armes ne les vend pas beaucoup sur le marché intérieur, vu que sur le territoire national, la guerre serait mal vue, ça salit partout et ce n’est pas conforme à nos valeurs. IL faut donc travailler à l’ expo rt,  3è ou 4è expo rtateur d’armes dans le monde,  ce n’est pas rien… et voilà comment on sauve les emplois des honnêtes ouvriers français.  Comme disait l’autre « les sentiments, c’est pour la vie privée, pas pour la politique. » 

Plus tard, quand les armes auront parlé- car il faudra bien que les pays acheteurs s’en servent si on veut que le marché perdure-  des associations human itaires, à l’aide d’affiches montrant des enfants mutilés et des camps de réfugiés, demanderont aux citoyens de donner des sous pour secourir les victimes de ces terribles guerres ethniques de peuples hélas pas encore arrivés à notre stade de démocratie… mais possédant assez de pétrole, de gaz, zinc ou nickel pour qu’on leur échange contre des armes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 12:46

Une fois n'est pas coutume, d'ordinaire nous restons discrètement tapis dans nos rochers, nos étagères en boîtes à café et notre joyeux désordre, mais aujourd'hui c'est son anniversaire et comme

"My thonnie is over the ocean

my thonnie is over the sea

My thonnie is over the ocean

Oh bring back my thonnie to me"

Le voici quand on s'est connus, puis presque vingt ans après, puis presque... 40 ans après.  BON ANNIVERSAIRE, beatnick!

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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 11:57

J’ai retrouvé des photos d’un camarade de classe très cher, perdu de vue, retrouvé dix ans après le lycée,  puis rencontré de loin en loin, sans que jamais on ne s’oublie, jusqu’à sa mort d’une saloperie de cancer.  Chaque fois qu’on s’égarait au fil de nos déménagements, je le retrouvais par ses parents, fidèles au poste dans la maison qu’ils habitent depuis au moins une cinquantaine d’années.  J’ai soudain pensé à eux, que je n’ai plus guère contacté depuis la mort de leur fils. … Ils doivent avoir dans les 85 ans. 

Mon doigt hésitait sur le téléphone. Crainte que ça ne réponde pas, ou qu’une voix chevrotante m’annonce que l’autre parent  n’existait plus.  Au bout du fil, la voix fraîche de madame M*** m’a répondu, reconnue dès que j’ai dit mon nom de jeune fille.  J’ai eu l’impression d’entrer chez elle, de sentir un parfum de cire et de pommes, cette odeur si quiète des maisons anciennes bien entretenues.  J’imaginais les tableaux au mur,  les livres par centaines sur des rayonnages… Nous avons parlé de la Vendée qu’elle et son mari affectionnent, de leur projet de « monter » à Paris bientôt, des trois filles de mon ami devenues aussi artistes que leur père dont j’ai plusieurs tableaux chez moi. 

En pensant à mon propre plaisir à feuilleter des albums  où posent mes parents avant que je naisse,  jeunes parents aventureux descendant le fleuve Congo sur une pirogue ou fêtant le Nouvel an avec le Dr Schweitzer, je lui ai demandé si les filles de mon ami aimeraient découvrir leur père sur mes photos quand il avait leur âge, 18 ans, 20 ans….  Un père inconnu pour elles puisqu’il avait plus de 35 ans à la naissance de l’aînée.  

Nous avons bavardé près d’une demi-heure. Conversation entre parenthèses du monde qui m’évoquait les givres sur les cerisiers de leur jardin, l’humour du père face aux frasques de son fils quand il était lycéen,  nos discussions essentielles et futiles autour de l’étymologie d’un mot ou de l’absurde selon Camus,  de la pêche au gros ou des meilleurs crus d’huîtres, on ne plaisante pas avec ces choses là sur le littoral ouest. 

C’était bon comme une douche mentale qui m’aurait débarrassée de tous les  miasmes agressifs. En raccrochant, j’ai eu l’impression d’avoir fait un voyage dans le temps heureux de l’insouciance, celui où l’on  était invincible, protégé par le rempart de la génération précédente contre laquelle on pestait évidemment, mais dont on  profitait sans vergogne de l’amour inconditionnel.   

Allez voir ces vieux tant qu’il en reste, ces vieux costauds et rigolards qui lèvent  leur verre avec entrain,  ces vieux qui ont connu la crise de 29, la guerre de 40, celle d’Algérie et bien d’autres secousses et regardent avec un certain détachement nos angoisses contemporaines. Chez eux ça sent des odeurs en voie de disparition, l’odeur de la cuisine au beurre, du tabac miellé des pipes chaudes et de la vieille prune de derrière les fagots,  odeurs de péché mortel qui ont pourtant fait les centenaires d’aujourd’hui.  (selon une très sérieuse étude sur les centenaires que j'avais chroniquée il y a quelques années, leur seul point commun est la consommation quotidienne d'un petit verre de porto)

 

 

 

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7 décembre 2007 5 07 /12 /décembre /2007 14:28

Sur l’étal du supermarché, plein de tomates cerises. C’est la mode, les tomates cerises, alors on en trouve toute l’année, celles de l’hiver ont parcouru des kilomètres pour arriver chez vous. Bonjour la pollution pour croquer ces petites billes qui, soit dit en passant, poussent très bien chez soi devant une fenêtre. L’an dernier, ma fille aînée, persuadée de n’avoir pas la main verte, en avait semé à profusion dans l’espoir de garder un ou deux plant valides : elle nous a appelés au secours pour qu’on héberge ses plantations à la maison. Dans son studio parisien, c’était elle ou les tomates !  On en a rempli à ras bord ma 205, les feuilles sortaient par les vitres, les flics ont dû penser qu’on faisait du trafic de « beu », bref, tout ça pour dire qu’acheter des tomates cerises au supermarché en hiver est une aberration écologique qui coûte de  6,80 € à 12,50€ le kilo.  45 à 82 francs ! (Le franc est plus parlant, je trouve). 

Donc, exunt les tomates, de toutes façons c’est de pruneaux que j’ai envie, le pruneau est excellent pour les neurones et le transit intestinal. Je cherche des pruneaux secs qu’on peut regonfler dans de l’eau, du jus de fruits (pomme ou orange, c’est exquis) ou du vin rouge à la cannelle. Nada ! Pas de pruneaux secs, que des pruneaux moelleux déjà regonflés. Chez maître Prunille, on les regonfle tant qu’ils annoncent 43% d’humidité. Ca m’embête de payer la moitié de flotte au prix du pruneau, et ce qui me gêne encore plus, c’est l’additif : anhydride sulfureux. Eh oui, quand il y a beaucoup d’humidité, ça risque de moisir, donc on met un conservateur. La dessication des fruits a été justement inventée pour garder des fruits sans qu’ils pourrissent, mais si on rajoute trop d’eau, il faut un conservateur.  Anhydride sulfureux, bon appétit ! Finalement, j’ai trouvé dans la marque « Reflets de France » des pruneaux à 35% d’humidité, sans conservateur, bien moins cher que les maître Prunille.  Comme quoi, quand ils veulent, et quand on cherche… 

Rayon boucherie. J’ai envie de foie. Foie de veau : 29,90 € le kilo. Foie de génisse : 4,50 € le kilo. Qu’est-ce qu’une génisse sinon un veau femelle (le filles, ça a moins de valeur, machisme primaire !) abattue à 8/9 mois au lieu de 3 mois pour un veau. « Oui me dit mon cher et tendre, mais le foie de veau, c’est meilleur. »  Je le défie dès qu’il rentre de voyage de faire la différence, tel que je le prépare : rose au cœur, persillade, un trait de vinaigre balsamique, une lichette de beurre frais en fin de cuisson une fois le feu éteint.  Délice divin, ni sec ni granuleux, pour 1 euro les deux tranches ! 

Les italiens, qui s’y connaissent en escalopes, mangent du veau rose, abattu à 8/9 mois après avoir brouté dans les prés. Ce sont les français qui aiment le veau blanc. Or qu’est-ce qu’un veau blanc ? Un veau qui n’a bu que du lait (de sa mère ou en poudre), mais surtout un veau qui n’a jamais mangé un brin d’herbe de sa courte vie, et donc manqué de fer pour fabriquer ses globules rouges et devenir une viande… rose, puis rouge. Le veau blanc, c’est de la bête anémiée. Ce n’est pas mauvais esprit de ma part, cela m’a été expliqué par des éleveurs de l’Aveyron, qui vendent du veau blanc sur le marché français, du veau rose en Italie, et mangent le rose.

 

 

 

 

 

 

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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 18:22

Manou, honorable mère de famille , me demande d’expliquer poétiquement aux ados les positions amoureuses. Faut-il leur expliquer ou leur laisser tout loisir de les découvrir eux-mêmes ? Je pose la question mais réponds cependant à la demande en commençant par  « les cuillères ». 

« C’est un petit matin paresseux, après une soirée délire.  Le drap a glissé du lit, un léger courant d’air te fait frissonner. Pour te réchauffer, tu te colles contre le dos de ta copine,  tout doux, tout chaud, un bonheur. Elle soupire, encore toute ensommeillée, et niche ses fesses contre ton ventre avec un irrésistible mouvement en 8 qui te met dans un état… proche de l’Ohio.  La coquine copine qui a senti frapper les trois coups dans son dos se saisit de l’objet frappeur et le met d’autorité là où il ne demandait qu’à  entrer. Vous entamez alors un mouvement de tangage/ roulis langoureux, tandis que ta main libre s’agrippe à son sein et tes lèvres à sa nuque. » 

Empruntons la conclusion à Anne Hooper, célèbre sexologue américaine : « Chez les primates, la région anale concentre les signaux sexuels et les humains vraisemblablement ne sont guères différents des singes. C’est sans doute ce qui explique que cette position dite « des cuillères » (qui met les fesses en contact direct avec le sexe mâle) entraîne généralement un état d’excitation. L’avantage de cette position est qu’elle économise l’énergie. » 

D’où son appellation d’amour « à la paresseuse ».  

 

Veux-tu que je te dise, Manou : autant c’est bon à faire, autant c’est chiant à expliquer, et pas érotique pour deux sous. Quand je pense que des livres entiers sont consacrés aux 436 positions!  Après une seule, je me sens déjà délibidinée.

 « Mais pourquoi t’appelle ça les cuillères ? glapit le jeune pubère. 

-Parce que, mon chéri, tu auras remarqué que les cuillères rangées dans un tiroir, s’emboîtent à peu près comme toi et ta copine dans la position susdécrite…. Je dis bien, à peu près. »

cuillère acrobatique

                                     échangisme, orgie

 

 

 

 

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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 09:36

Très vite, car je dois aller travailler, pas plus mais juste ce qu’il faut : 

Les heures de RTT ne concernent pas tous les salariés loin de là.  Par ailleurs, elles appartiennent déjà aux salariés, ce sont des heures sup’ effectuées au-delà des 35h, que le salarié aurait dû compenser par du repos, mais à dû mettre en réserve, car la charge de travail dans l’entreprise et le manque d’effectifs ne lui ont pas permis de prendre ces jours (à noter d’ailleurs que les RTT cumulées sont payées au prix d’heures normales et non pas au prix d’heures sup.’) . 

La participation, elle aussi, appartient déjà au salarié. 

Le « coup de pouce » au pouvoir d’achat consiste donc à dire aux salariés : dépensez l’argent que nous vous devons déjà ! Dépensez vos réserves ! 

Vendre 3,5% d’EDF pour financer les Universités, ça donne envie de pleurer dans un pays qui se targue encore d’être la 5è puissance économique mondiale ! L’indépendance énergétique est importante pour un pays, c’est grave de commencer à la vendre (mais bien dans la logique de démantèlement du service public ) surtout que, Chris tine Lagarde l’a précisé « on a travaillé tout le dimanche pour que ça aille très vite, et seuls les « zinzins » (investisseurs institutionnels) et non les particuliers auront accès à cette vente pour aller encore plus vite. »  Or chacun sait que lorsqu’on vend  sous la pression, à des institutionnels qui ont la carrure pour négocier, on a tendance à brader, comme l’Etat a déjà bradé les Autoroutes, l’Imprimerie Nationale et quelques autres bijoux de famille .  Un particulier vendrait à perte la maison familiale pour financer les cahiers de sa progéniture, on le mettrait sous tutelle judiciaire… 

La taxation des stocks options- qui supportent l’impôt sur le revenu mais aucune taxe sociale- a été limitée, sous la pression des heureux bénéficiaires, à 2,5% pour l’entreprise lors de l’octroi desdites S-O, et à 2,5% sur la plus-value pour le bénéficiaire lorsqu’il lève l’option. MAIS PAS AVANT 2012, Nicolas Sarkozy peut finir son mandat en bonne amitié avec ses potes. Comparez avec vos propres cotisations sociales sur votre SMIC. 

Enfin, ne croyez jamais qu’annoncer un texte signifie qu’il sera appliqué : les chèques transports, destinés à aider les salariés à payer, au choix, leur plein d’essence ou les transports en commun, ont été votés en février 2007.  On attend toujours les décrets d’application.  

 

DANS LE PROCHAIN POST, ON PARLERA DES POSITIONS AMOUREUSES, CAR IL N’Y A PAS QUE LE FRIC DANS LA VIE !  

 

 

 

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1 décembre 2007 6 01 /12 /décembre /2007 22:21

« Science et décroissance : mariage impossible ou nécessité vitale ? » c’était la question posée par l’Association Sciences citoyennes le 29 novembre.   

 

Le débat partit dans des directions bizarres : le premier orateur parla des indices de développement : PIB fondé sur la croissance économique, Indice de satisfaction de vie (World happiness database, émanation de… la Banque Mondiale)  BIP 40 qui prend en compte la santé, les revenus, l’emploi, l’éducation (www.bip40.org ) et enfin indice d’empreinte écologique proposé par le WWF qui montre que les occidentaux consomment 4 à 12 fois plus que ce qu’ils devraient pour que la Terre n’en souffre pas.  Et encore, cet indice n’inclut ni l’impact écologique des pollutions toxiques, ni celui du nucléaire ! Bonne nouvelle : alors que certains redoutent que stopper la croissance économique nous ramène à l’âge de pierre, il paraît que le bilan écologique de la France restait correct jusqu’au beau milieu des années soixante, période assez festive (68, âge du pavé mais pas de la pierre J 

En 2007,  la science peut-elle participer à un mode de vie plus écologique et néanmoins confortable ?  Oui, affirma un orateur en citant les énergies renouvelables, les voitures sobres, les habitats bien isolés, les ampoules basse consommation, Internet qui permet de communiquer en évitant des déplacements énergivores, etc.  « Foutage de gueule, lança Thierry, ethnologue qui a vécu 13 ans près des indiens Wayampi d’Amazonie. Il n’y a pas besoin d’inventer quoi que ce soit, les modes de vie équilibrés existent dans de nombreuses ethnies. On y subvient à ses besoins sans épuiser la nature, on travaille trois à quatre heures par jour et on est heureux ! » 

Exact, mais peut-on vivre comme un Amazonien hors de l’Amazonie ? 

Déjà, les bouddhistes avec leur épaule nue se les gèlent quand ils viennent en France en hiver,  les cornemuseux bretons se font jeter de leur studio parisien dès qu’ils soufflent dans leur instrument et les gens râlent si on élève des poules dans son HLM, alors qu’autrefois en France, hommes et animaux cohabitaient : les bovins servaient de chauffage d’appoint (la  vache dégage beaucoup de chaleur,  indépendamment de ses flatulences méthaniques) et les poules d’aspirateurs à insectes, vers et autres vermines qui vous gâtent un habitat.  

Bref, difficile de transposer un mode de vie dans un lieu pour lequel il n’est pas fait. De plus, je me méfie du mythe du « bon sauvage » depuis que j’ai vu un aborigène passer vingt minutes à allumer un feu en frottant deux bâtons jusque à ce que l’étincelle se propage à une crotte de kangourou bien sèche- pas facile à trouver sous nos latitudes, la crotte de kangourou- puis aux brindilles, puis au bois…. mais s’empresser de convertir le pourboire qu’il avait reçu en canette de coca… Enfin, ayant dû dans mon enfance allumer des feux de camp à la loupe et au soleil (épreuve scoute), j’ai une pensée émue pour l’inventeur de l’allumette. 

Pourquoi consommons-nous tant de superflu ? Une sociologue expliqua que l’achat est passé d’un statut utilitaire à un statut identificatoire : « Dis-moi ce que tu achètes, je te dirai qui tu es » et même pire : « J’achète, donc je suis ».  Dès lors, l’acte de consommation dépasse de beaucoup les besoins, puisqu’il sert à l’affirmation de soi. La publicité s’appuie d’ailleurs sur cela pour créer des besoins ciblés et inventer des signes de reconnaissance sociale symbolisés par des objets : la montre Rollex, les costumes Prada, les soirées au Fouquet’s, les vacances aux States, les week-end s sur un yacht, etc…

casterman/l'Internaute

 C’est alors qu’une forêt de doigts se leva dans l’assistance pour lancer la complainte de l’écolo désespéré :  Pourquoi les gouvernants et les décideurs économiques ne font-ils rien depuis 30 ans? » Je devais partir, j’ai vite saisi le micro : « Parce qu’ils sont arrivés là où ils sont grâce à la société telle qu’elle est ! Pourquoi voudriez-vous qu’ils aient envie de changer un monde qui leur a si bien réussi et pour lequel ils ont été formatés ? » En termes trop longs pour les relater ici, j’ai dit mon étonnement de voir que les écologistes ont du mal à parler de politique. Pourtant comment parler d’écologie sans critiquer  un système dont le moteur est la croissance économique et financière, moteur invivable sur une planète par définition limitée ? Donc même si nous pouvons- c’est même tout ce qu’il nous reste- refuser de céder à la fièvre acheteuse (c’est mal parti vu le raz-de marée de clients pour acheter l’I-phone et les foules qui préparent Noël…) l’écologie ne peut se réduire à des comportements individuels. Elle est forcément politique. 

 

Voilà, Lorent (pigiste éminent de Blogborygmes dont je vous recommande toujours chaudement la vivifiante lecture) le compte rendu demandé. Avec une remarque : en guise de science, on nous a parlé de technologies. Or, ce sont deux démarches très différentes, même si les technologies découlent souvent d’une découverte scientifique. La science cherche à comprendre le monde et à en saisir la complexité, pas à  le dominer. La technologie utilise le monde au profit de l’homme. 

Qu’aujourd’hui un colloque consacré à la science parle uniquement de technologie est à mon sens extrêmement révélateur…

 

 

 

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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 00:55

J’ai reçu un jour une lettre virulente d’une femme persuadée que j’étais la maîtresse de son mari. Elle avait trouvé dans ses affaires un de mes livres, dédicacé. « Tu la connais ? » Oui,  on se voyait pour raisons professionnelles et, ayant acheté un de mes livres, il m’avait demandé de le lui dédicacer un jour que nous prenions un verre.  Dédicace en l’occurrence très neutre … Nous avions discuté d’érotisme, puis pris congé. Mais au lieu de raconter ces faits tout simples à sa femme, le mari honteux (de quoi) et confus (pourquoi ?) bredouilla, s’emmêla, bégaya et finit par lancer : « Ne te fais aucun souci, de toutes façons c’est un thon ».   

Le hasard voulut que cette jeune femme me vit lors d’une émission télévisée, et constata que  pour un thon j’avais encore de beaux filets. En conclut que si son mari lui avait menti, c’est qu’il y avait forcément anguille sous roche (cette histoire sent décidément le poisson)  et que moi, perverse diablesse, j’avais forcément capturé le malheureux dans mes griffes perverses. Je vous passe les mille et une malédictions que m’adressait cette dame. 

Eberluée, attristée aussi d’une telle diatribe, je lui répondis en lui expo sant l’exacte teneur de mes relations avec son légitime, précisant que vivant dans un foyer délicieux où je conjuguais rare tendresse et totale liberté, je ne convoitais aucunement celui des autres et n’avais par ailleurs aucune envie de relation amoureuse avec un homme-le sien- trop occupé pour s’offrir autre chose qu’une sauterie sans âme entre deux rendez-vous.  Je terminais en lui demandant si elle était plus affectée par l’idée que je pouvais être la maîtresse de son mari- en ce cas je pouvais la rassurer : il n’en était rien, ou affectée de découvrir que je n’étais pas un thon : en ce cas, elle devait s’interroger sur sa confiance en elle et sur les raisons qui avaient poussé son mari à lui asséner ce bobard. 

La dame me répondit fort gentiment, s’excusa de sa violence, fût rassurée et, j’imagine, en profita pour régler ce qu’il fallait avec son compagnon. (à qui, dans l’intervalle, j’avais vertement reproché sa goujaterie…) 

Les hommes sont bizarres… Aux dires de certains, un dîner avec moi, une carte postale « Bonjour de Grèce, la mer est bonne, l’ouzo aussi », voire un simple texto professionnel de ma part seraient de nature, si « elle » savait, à bouleverser leur compagne, briser leur couple, et attirer sur leurs têtes de mâles les pires ennuis : « Tu comprends, comme tu écris des livres érotiques, elle se méfie forcément!  »  « Bon Dieu, mais c’est bien sûr : une écrivaine érotique ne peut que sauter sur tout ce qui bouge !  Si j’écrivais des romans policiers, ta compagne penserait-elle que je passe mon temps à braquer des banques ? » 

Et surtout : est-ce que ça t’écorcherait la langue de dire que tu me connais, que nous sommes amis , que ça n’a rien de honteux et que je ne viole pas tous les hommes qui passent à ma portée ? 

Quant à ceux qui pratiquent l’adultère coupable- je veux dire qui lutinent mais tiennent au secret, ce qui est fréquent et concevable-  qu’ils assument leur double jeu avec élégance et gèrent eux-mêmes leurs relations conjugales sans en faire porter le poids à leur maîtresse.  Que leurs femmes sachent une bonne fois pour toutes que la majorité des maris adultères ne sont pas « tombés dans les rets » de créatures maléfiques… ils sont allés à la pêche sur Internet, dans la rue, ou dans des cafés, comme des grands.  En proposant l’œil allumé des jeux de grandes personnes à des femmes tout aussi adultes qu’eux.  Alors, qu’ils se conduisent ensuite comme des grands et non comme de petits garçons fautifs et assument leurs actes!  Quant aux épouses, qu’elles se rassurent : leurs maris ne sont pas si irrésistibles et les autres femmes ne rêvent pas toujours de leur voler.  

 

Même pour un simple emprunt, je reste très sélective J  

 

 

 

 

Thon de différentes années (1973/2007)

 

 

 

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26 novembre 2007 1 26 /11 /novembre /2007 17:55

Rangeant des papiers bancaires, je tombe sur une chemise cartonnée marquée PER, qui me rappelle que j’ai versé sur un Plan d’Epargne Retraite 300F par mois (environ 46 euros) de 1986 à 2006. Et maintenant, ça me rapporte quoi, ce truc qu’on m’a vendu en me disant : « Le journalisme, c’est précaire, constituez-vous donc un complément de revenus pour vos vieux jours. » ? 

J’interroge mon banquier. Galamment, il me fait remarquer que je suis trop jeune pour penser à la retraite, mais accepte de faire une simulation pour savoir ce que je toucherai à partir de 60 ans. Deux jours après il me dit, un poil honteux : « J’ose à peine vous le dire: votre rente s’élèvera à 57 euros par mois, calculée sur une espérance de vie de 83 ans. » (Celle des françaises actuellement.)  

En gros, si j'ai la chance de vivre jusqu'à 83 ans, je serai remboursée de mes cotisations, augmentées du loyer moyen de l’argent. !  Mon banquier tente de se justifier : « Les PER sont intéressants pour les déductions fiscales, pas pour la rente. » Pas de chance, celui-ci n’en bénéficiait pas. « Ca vaut le coup si vous l’ouvrez quand vous êtes jeune et cotisez longtemps ». Il se trouve que je l’ai ouvert jeune et que j’ai cotisé le maximum autorisé : 20 ans ! Je suis même estomaquée d’avoir songé à prendre un PER à une époque où je vivais comme une cigale.  « C’était un PER sans risques, donc sans gros rendement » tente ultimement le banquier. Aujourd’hui, nous avons des fonds de placement plus intéressants ». Du genre des fonds à risques basés sur les subprimes qui s’effondrent aux Etats-Unis, avec à la clé des milliers de retraités sans le sou ? 

Et puis, lui dis-je pour l’achever, quand vous me l’avez vendu, ce PER, vous m’aviez promis monts et merveilles et avenir douillet, non ? »

C’est la différence entre répartition et capitalisation. Avec une retraite par répartition, deux ou trois salariés et leurs patrons cotisent ensemble en ce moment pour une seule personne à la retraite. Avec la capitalisation, un travailleur épargne seul aujourd'hui pour sa retraite dans vingt ou trente ans, sans visibilité sur l’avenir. C'est plus risqué et moins intéressant. Comme quoi, la solidarité a du bon.

Idem pour les assurances privées par rapport à la sécurité sociale : aux Etats-Unis, si vous n’avez pas la "couverture maximum" finançant le traitement efficace pour votre cancer, on vous en fait un « adapté à votre contrat » mais pas forcément à votre cancer. (ça paraît dingue, mais c’est vrai). En France, la collectivité vous prend en charge et fait les comptes après.

" Vous trouvez les charges sociales élevées, dis-je à mon banquier,mais quand votre femme aura un cancer du sein ou votre fils un accident de voiture, vous serez rudement content qu’on les hospitalise sans leur demander leur carte de crédit. 

Ce chantre bancaire de l’économie libérale me prédisant l’inévitable privatisation des services publics cinq minutes plus tôt a reconnu, lorsque je lui ai parlé de sa femme et de son fils, que la solidarité nationale, somme toute, ça a du bon.   

Jusqu’ici, avec un sourire en coin et de fines allusions, il me prenait  pour une écrivaine vaguement érotomane. A présent, je suis à ses yeux une redoutable gauchiste. Pas grave, il y en a que ça excite. J

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                    Casterman/l'Internaute 

 

 

 

 

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24 novembre 2007 6 24 /11 /novembre /2007 23:17

photo Pierrick Bourgault

 

Ce moment où l'on se retrouve, longtemps après. On ne s'est pas quitté, il n'y a eu ni rupture, ni dispute, juste l'effilochage presque naturel d'une relation qui hésite entre routine et... rien. Tout, donc rien, plutôt que la routine, que l'habitude de se voir parce qu'il faut se voir. « Il faut que je l'appelle », phrase terrible. Donc, peu à peu on cesse d'appeler et on se perd de vue. On s'étonne de ne pas même en souffrir. 

Puis un jour on se croise par hasard. Coïncidence de calendrier, de lieu.  Ou vrai hasard. Mais est-ce le hasard qu'une foule anonyme un après-midi glacé d'hiver dans laquelle, tout à coup, se détache une silhouette?  Le coeur l'a vue avant les yeux, sinon comment expliquer son accélération soudaine? 

Deux sourires volent  au-dessus des arômes blonds d'un verre du soir,  goût fruité de raisin vert, excitant comme un baiser très longtemps désiré. Du bout de l'index, il dessine les contours de ses lèvres : « Je suis content de te voir ».  Elle lui caresse la joue.  Instant surprenant où se renouent des sensations familières après des semaines, des mois, des années. Il a changé, elle a changé. Premières strates. Au-dessous, un regard infrarouge infaillible détecte les strates d'avant, visage et voix, reconnaît la grâce d'un geste, le grain d'une peau. Déferlement d'images, que les plus intenses, comme des cartes postales amoureuses qu'on effeuillerait à toute vitesse pour revivre en trois minutes trois siècles de sensualité brûlante, joyeuse,  unique évidemment. Tous les amants ont vécu une aventure unique. 

Dans la chaleur de la chambre, bienvenue après le brouillard givrant du dehors, savourer du bout des doigts et à pleine bouche son désir, sans qu'il soit besoin d'en parler, sans qu'il soit besoin de le chercher : il est là,  tapi dans un coin de  mémoire, familier et nouveau à la fois.  S'enivrer d'odeurs, de goûts, de convoitise gourmande. Il a changé, elle aussi, mais leurs corps n'ont rien oublié.

 

 

 

 

 

 

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Published by Françoise Simpère - dans EROS
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