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11 septembre 2007 2 11 /09 /septembre /2007 22:33

Tu as une voix métallique et profonde et des phrases polies pour que je ne t’oublie pas. Je t’écoute jusqu’au bout, tes mots me font rire, j’aimerais distiller en retour des syllabes brûlantes qui te ferait fondre. Ou des phrases ironiques pour te faire exploser. Mais tu n’es jamais en colère, parfois joueur, parfois sibyllin. Saturé de mots dis-tu, en m’imposant le silence. 

Tu devrais murmurer pour moi seule des syllabes sensuelles « caresse, libellule, langueur, lancinant… »  Ou faire de ta voix une arme dont je me laisserais pénétrer, nue sur le tapis, l’oreille collée à toi. 

Pourquoi faut-il que tu te contentes de ce message passe-partout, passe pour tous ? Non, je ne laisserai pas mon nom ni mon numéro de téléphone au signal sonore, car je te déteste, répondeur…

(après la piscine de Vagant et la maison de campagne de Madeleine, le jeu continue) 

 

 

 

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11 septembre 2007 2 11 /09 /septembre /2007 12:25

Il a 50 ans, depuis des années il souhaite partir en vacances en septembre mais pas question : dans son boulot, l’industrie, c’est en août qu’on part, saison creuse, parfois même fermeture des ateliers. Il a donc refusé une proposition de vacances en arrière-saison et retenu comme d’hab’ en août, mois qu’il déteste : trop de monde, tout est hors de prix. 

Fin juillet, son employeur décide que finalement il faut avancer un dossier urgent : « Vous restez en août ». Travail 6 jours sur 7- « vous rattraperez vos journées plus tard »- et bien sûr annulation des vacances prévues. Avec le sentiment que cette urgence ne rime à rien, depuis des années dans sa boîte tout se fait à court terme, sans vision d’ensemble et il ne compte plus les dossiers urgents tombés dans les oubliettes. Début septembre, tout sourire, le patron lui octroie une prime et l’autorise à partir en vacances dans la seconde quinzaine de septembre.

« Tu es content alors ? C’est ce que tu voulais ? » -Non, parce que le projet que j’avais ne marche plus. J’ai dû improviser en hâte une solution qui ne me plaît qu’à moitié. » Il soupire : « J’en ai marre de ne rien pouvoir prévoir. » IL a travaillé plus et gagné plus, comme dirait l’autre. Mais perdu la maîtrise de sa vie. Part quand on le lui dit, reste quand on lui ordonne. Cet automne, il ne programme rien, trop peur de devoir annuler. Sentiment d’impuissance:

« C’est pénible de ne pas pouvoir choisir sa vie. » « Et si tu leur disais que tu ne veux plus être traité comme ça ? » Il écarquille les yeux : « C’est pas possible. » « Pourquoi ? Ils te licencieraient ? » « Non, pas après 25 ans de boîte, ça leur coûterait trop cher. » « Ben alors, que risques-tu ? Juste qu’ils te disent non. Mais si ça se trouve, ils comprendront. Tandis que si tu ne dis rien, ils n’ont aucune raison de penser que ça ne se fait pas de traiter les gens comme ça. » Il a souri : « Dans le fond, c’est pas faux »  (ce mec là ne parle jamais en positif. Il ne dit pas « c’est vrai » mais c’est pas faux », c’est intelligent », mais « ce n’est pas stupide », « je suis content », mais « je ne suis pas mécontent ». Ca veut dire quoi, docteur ?) 

Je me souviens de ma fille alors âgée de 5 ans disant : « J’ai envie de te demander quelque chose, mais j’ose pas. » « Pourquoi tu n’oses pas ? «  « J’ai peur que tu dises non. » Je l’ai prise sur mes genoux : « Ma chérie, demande toujours ce dont tu as envie. Au mieux, je te dirai oui, au pire je te dirai non, mais ça te laisse une chance sur deux d’avoir ce que tu désires. Tandis que si tu n’oses pas demander, c’est 100% de chances de ne rien avoir. » Elle a demandé, j’ai dit oui, et précisé très vite : « N’oublie pas que si je te dis « non » un jour, ce n’est pas pour t’embêter, c’est juste parce que ce n’est pas toujours possible de dire « oui ». Toi aussi tu diras « non », parfois. »

Oser demander, dire oui, dire non, et ne pas se sentir humilié par un refus.

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8 septembre 2007 6 08 /09 /septembre /2007 03:35

Picorant sur les sites des commentateurs de ce blog, qui me mènent à d’autres textes, puis d’autres encore, souvent libertins, je suis frappée de constater combien  ces bloggers dévoués au plaisir libre jettent l’opprobre sur « les hommes seuls ». Les publicités des clubs et saunas privés également, dont le principal argument de qualité, hormis fort heureusement l’hygiène et la propreté, est généralement de souligner que les hommes seuls y sont peu nombreux, ou canalisés. 

Bref, tout se passe comme si au pays du libertinage seuls avaient droit de cité les couples et un échange donnant-donnant :  tu zyeutes ou tu prends mon (ma) partenaire, je zyeute ou prends le tien (la tienne). Echangisme ou sens propre du terme, avec le couple pour seule unité de valeur reconnue. 

Pas tout à fait cependant : les « femmes seules », elles, bénéficient d’une TVA « Totale Valeur Ajoutée » qui leur permet d’entrer gratuitement dans les lieux de plaisir.  Elles paieront en nature. 

En toute logique et égalité des sexes, si les femmes seules sont bienvenues, pourquoi les hommes seuls ne le sont-ils pas, qui pourraient eux aussi payer en nature en comblant de plaisir les femmes seules en recherche de partenaire ? 

Puisqu’ils ne sont pas bienvenus, quid des femmes seules ? Doivent-elles ne participer qu’à des jeux avec un ou plusieurs couples, c’est-à-dire devenir le faire-valoir du plaisir du couple, ou satisfaire le voyeurisme de l’époux heureux d’observer les ébats amoureux de sa compagne avec une autre femme ? 

Quid également de la femme en couple qui souhaite plusieurs partenaires masculins, simultanés, puisque après tout une soirée en club coquin est le lieu où satisfaire ce genre de fantasme ? Quid de l’épouse qui fantasme à l’idée de voir son compagnon enlacé, embrassé, ou plus si affinités par un autre homme ?  Pour combler ce genre d’envies, des hommes seuls devraient être bienvenus. 

Pourquoi s’acharner à ce point contre eux ? La solitude est-elle, dans l’esprit des couples, systématiquement synonyme de perversion, de frustration ou de tristesse sexuelle ? Refusent-ils d’accueillir les désirs d’un célibataire, veuf ou divorcé pour mieux faire ressortir leur privilège, voire leur supériorité de couple, heureux, aimant et jouisseur ? 

Qu’on refuse d’être importuné par des… importuns, mal élevés, collants, vulgaires, je le comprends totalement. Mais dans ce cas, parlons de canaliser les importuns, collants et vulgaires, qui peuvent d’ailleurs se recruter aussi bien  dans l’élément mâle de couples légitimes (j’en ai vu parfois, c’était à pleurer). On croise aussi parmi les femmes seules des importunes, collantes et vulgaires mais je n’ai jamais lu une ligne là-dessus. 

Je n‘ai pas de réponse à ces questions, je les pose aux couples libertins et aux promoteurs de clubs.  Ce rejet de l’homme seul relève-t-il d’une conception machiste du genre « un coq et dix poules, mais pas l’inverse ? »  D'une jalousie inconsciente de l'époux à l'idée que sa partenaire puisse s'éprendre d'un homme "libre", donc potentiellement dangereux? Bref, pourquoi l’homme seul est-il ainsi rejeté, alors qu’il pourrait apporter un élément un peu subversif, une note impaire et surnuméraire au plaisir féminin, et des sensations nouvelles à certains hommes sans qu’il soit pour autant besoin de les ranger dans des cases : hétéro, homo, bi, trans…. Curieux, tout simplement.

image extraite du film "Shortbus"

 

 

 

 

 

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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 16:02

 Le dernier numéro du Nouveau Consommateur est en kiosque, avec l’ITV de Jacques Landriot dont je vous ai parlé plusieurs, fois, et mon coup de gueule qui me soulage, dont voici quelques extraits. La suite dans le magazine.  

 

 

 

LA SOCIETE MAL AD E DE LA GESTION[1] 

 

Ils veulent gérer la France comme une entreprise qui doit être rentable… Ce leitmotiv de nos dirigeants n’est pas nouveau. L’obsession de la gestion a commencé dans les années 80, celles des traders, des jeunes loups de la finance et de la glorification de l’entreprise versus la diabolisation des services publics, mais c’est de pire en pire. Rentabilité, oui, s’il s’agit de chasser les gaspillages et d’utiliser au mieux l’argent public. Mais qu’est-ce qu’un élève rentable ? ………… 

Les morts de la canicule 2003 ont été éminemment rentables, parce que c’étaient des vieux dépendants qui coûtaient cher à la société, et que 15 000 décès allègent d’un coup le budget des caisses de retraite, mais comment comptabilise-t-on la souffrance et la solitude de ces vieux et de leur famille  ?......... 

Paradoxalement, l’idéologie de la gestion, individualiste et axée sur la performance, a le même travers que la planification communiste, collective et égalitaire. Dans les deux cas, le bonheur est décrété d’en haut, rationalisé, réduit à des critères matériels et chiffrables. Dans les deux cas, on oublie que le bonheur dépend aussi- surtout ?- de la part irrationnelle de l’humain, de son aspiration à la transcendance, qui en font un être capable d’amour gratuit et de convictions désintéressées, capable de graver des fresques sur des grottes préhistoriques à une époque où survivre était pourtant un enjeu quotidien.  Sans espoir de vendre ses œuvres. Gratuitement.

 « Je veux avoir le temps d’apprivoiser les mouches, 

Je veux l’éternité pour apprendre ta bouche…. 

Je veux me coucher là et n’être pas rentable. »  

 

(Henri Tachan)

 

 

 

 

 



[1] Titre d’un essai passionnant de Vincent de Gaulejac (Seuil, 2005)

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5 septembre 2007 3 05 /09 /septembre /2007 01:53

Mon kiné m’a dit un truc étonnant : entre 20 et 50 ans, on prend un gramme par jour, physiologiquement, sans manger plus ni bouger moins.  Question de ralentissement progressif du métabolisme. Très progressif. Qu’est-ce qu’un gramme par jour ? 365 grammes par an. 1 kilo tous les trois ans. 

10 kilos entre 20 et 50 ans. 

Donc, sans faire aucune folie, sans aucun chocolat de trop, sans être une patate de canapé avachie à regarder Desperate Housewives en croquant des smurps salés et bien gras, on prend dix kilos.  Je ne vous dis pas le résultat si on fait tout ce que je viens de décrire… 

Ce qui veut dire que si on ne prend pas de poids, ou peu de poids, on a fait quelque chose d’antiphysiologique ! On s’est privé de manger, au risque d’affamer ses neurones (l’aliment principal du cerveau, c’est le sucre)  ou alors on a beaucoup bougé pour éliminer les calories. Ou on a cessé de boire le vin et de manger les tartines pain/beurre/chocolat râpé (3cm, la couche de chocolat râpé, sinon on sent trop le beurre) qu’on affectionnait à 20 ans. 

Bref, on est devenu RAI-SON-NA-BLE !!!   

Arghhh ! Que la vie est amère quand on la boit sans sucre ! 

Arghhh bis : prendre dix kilos, quelle horreur !  

La vie n’est-elle donc qu’un cruel dilemme entre respecter la physiologie et ne plus rentrer dans ses robes moulantes de jeune fille, ou contrarier la physiologie en se privant de tout excès ? 

JE REFUSE ce genre d’alternative. Pourquoi choisir ? Pourquoi ne pas cumuler la tartine beurre/chocolat, la combishort (ou la jupe) moulante… et le cul du crémier.

 Bon sang, mais c'est bien sûr:  la voilà, la solution !   

Sachant qu’un gramme de graisse équivaut à 9kcal, et qu’un orgasme REUSSI (précision toute médicale) brûle 400 Kcal, NEUF orgasmes par an ( en plus de ceux que vous éprouviez à 20 ans, bien sûr) suffisent donc largement à éliminer le poids excédentaire infligé par la physiologie. 

Bonne nouvelle, non ? Plus on prend de l’âge, plus on doit faire l’amour, ça promet une ambiance d’enfer chez les retraités qui liront ce blog. 

La mauvaise nouvelle, c’est qu’un seul croissant au beurre apporte 380 Kcal. 

La bonne nouvelle : après le petit-déjeuner du dimanche, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

 

 

 

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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 23:43

J'ai reçu cela, qui complète bien le post précédent. Comme disait le sage "une image vaut mieux que 100 000 mots"

 Remaniement ministériel

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2 septembre 2007 7 02 /09 /septembre /2007 13:22

Du temps de Coluche, quand un avion s’écrasait, c’était sur les pieds du journaliste Jean-Claude Bourret, l’as du fait-divers tragique. La fonction est aujourd’hui présidentielle : un manège s’écrase, c’est sur les pieds de Nicolas Sarkozy, un chien de combat tue un bébé, c’est son affaire, un ado se noie, il va régler le problème.  Facile, la politique du fait-divers : il suffit d’exprimer de la compassion, d’assister à l’enterrement (ou de recevoir la famille endeuillée), et de promettre une loi, ça donne l’impression aux citoyens qu’on s’occupe d’eux. Le français adore être materné : nous sommes à ma connaissance la seule nation où des adultes acceptent de rouler sous la houlette de « Bison Futé », et ne s’offusquent pas qu’on leur serine « Mettez de la crème solaire, buvez beaucoup par temps de canicule » (quoique cette année, la canicule L…) « lavez-vous les mains avant le repas » « mangez des fruits et des légumes. » 

Facile de rédiger une loi après chaque accident. Ca suggère qu’on va vers plus de sécurité alors que c’est le contraire : plus les gens sont encadrés, moins ils font attention. Des accidents, il y en a eu, il y en aura toujours dans des situations dangereuses. Un chien, même de combat, n’est pas dangereux s’il est muselé et sous surveillance. Le même non muselé mis en présence d’un bébé qui par définition aura envie de toucher la bête ou de lui tirer la queue peut devenir mortel. Question de bon sens et non de loi. Que des vacanciers non entraînés veuillent des sensations fortes (manèges à grande vitesse, saut à l’élastique…) ou des sports à risques (canyoning, escalade du Mont blanc,  descentes en rappel, plongée sous-marine), pourquoi pas, s’ils assument que ce sont des situations à risques, qu’on choisit d’assumer en se fiant à sa bonne étoile ou en suivant un entraînement adéquat. 

Refuser cette responsabilité et s’en remettre au Président ou aux « politiques » pour garantir sa sécurité, c’est abdiquer toute liberté au risque de se retrouver bardé de règlements parfois absurdes : aujourd’hui, nombre de moniteurs de colonies de vacances refusent de torcher les fesses d’une gamine ou de faire un câlin à un gamin qui pleure de peur d’être accusés de pédophilie.  L’affection devient suspecte…  

La politique du faits-divers a des effets pervers : les journaux ne parlent que de cela, certains pour s’en agacer (Nicolas en fait trop) d’autres pour s’en extasier (le président est à l’écoute des français).  Dans les deux cas, on fait de la politique… de diversion. On parle du personnage, on glose sur son hyperactivité, et on oublie d’analyser le projet de société que dessine peu à peu, dans une indifférence inquiétante, les décisions économiques qu’il prend, les entraves au pouvoir judiciaire, les contrôles d’identité qui se multiplient pour « faire du chiffre » (même dans ma banlieue tranquille, ils font du chiffre à 7h30 du matin à la gare !), les décisions sans concertation ( OGM , réacteur nucléaire, cadeaux fiscaux, franchise médicale et j’en passe). Et on arrive à des commentaires stupéfiants : « Fusion GDF/Suez. Les syndicats ont redit leur opposition à ce qui apparaît comme une privatisation de Gaz de France et rappelé à Nicolas Sarkozy sa promesse de ne pas descendre au-dessous d’une participation de l’Etat dans le capital de 50%. Cependant, il semble qu’aujourd’hui plus rien ne s’oppose à ce mariage Suez/ Gaz de France. »  

Eh, oh, banane, tu oses dire PLUS RIEN NE S’OPPOSE ?  Mais si : les syndicats s’opposent, et sans doute un certain nombre de citoyens inquiets qu’on privatise un secteur aussi crucial que l’énergie pour l’indépendance nationale. Mais non : le Président est POUR, donc PLUS RIEN NE S’OPPOS E. Ca ne vous inquiète pas ?

 

 Son corps s’ouvre à des sensations inédites. La peur, lorsque Neil l’a emmenée plonger sur un site où des pancartes lancinantes mettaient partout en garde le néophyte contre le danger des crocodiles de mer. Durant toute la plongée, elle n’a cessé de guetter autour d’elle, terrifiée à l’idée de se trouver nez à nez avec l’un de ces monstres, ou pire, de l’apercevoir trop tard, alors qu’il l’attaquerait par derrière. Jusqu’à ce que Neil, à la sortie de l’eau, lui explique que les fonds étaient surveillés en permanence par des plongeurs sauveteurs : « Les crocodiles de mer sont très dangereux, mais en fait il y a peu d’accidents. – Pourquoi ne me l’as-tu pas dit avant ? J’aurais eu moins peur. – Pour que tu restes vigilante. Même si c’est surveillé, il faut être prudent. Quand on dit aux gens qu’on les protège ils font moins attention et c’est là que les accidents arrivent. »

 

 

Extrait de « Les latitudes amoureuses », Lung Ta va être content. J

 

 

 

 

 

 

 

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31 août 2007 5 31 /08 /août /2007 22:52

Contribution aux commémorations du 10è anniversaire. Pas de fleurs sur la flamme du Pont de l’Alma, pas de souvenirs éplorés, mais un test genre magazine féminin : 

« Etes-vous plutôt Camilla ou Diana ? »   

Côté Diana la jeunesse, la beauté, l’élégance, la princesse qui épouse le Prince Charmant, tous les ingrédients du conte de fées. Avec, bien évidemment, une fin tragique, c’est le lot de toutes les grandes histoires d’amour. Roméo et Juliette, Paul et Virginie, Ariane et Solal, tous ont la même destinée : beau prince, charmante princesse, union miraculeuse et fragile qui s’achève dans la mort …Icône figée dans un sourire qui jamais ne se ridera. 

Côté Camilla une femme ni belle ni laide mais sympa, une allure de girl-scout capable de pique-niquer de saucisses grillées dans un pré d'Ecosse trempé par la pluie ou de grimper à cheval avec un talent certain et une gaieté communicative. Une femme énergique et sensuelle. Si sensuelle qu’elle gagne peu à peu le corps et le cœur du Prince. Si énergique qu’elle lui donne la force qui lui manque. Si aimante qu’il y panse ses blessures d’enfance. Si discrète que jamais elle n’a tiré avantage de cette situation exceptionnelle. Sûre d’elle, de ses désirs et de ce qu’elle refuse, entre autres se soumettre au protocole de la cour. Elle veut Charles , elle ne veut pas devenir reine. 

Au bout du compte, cet amour commencé comme une liaison sans avenir, s’achève dans le cœur après plus de 30 ans: à la raison d’Etat le Prince a opposé la partie « non négociable de sa vie » son droit à choisir celle qu’il aime et qui l’aime non comme un Prince mais comme un homme, y compris un homme vieillissant. Ces deux là s’adorent et ont dû vivre ensemble des plaisirs bien terriens, bien  charnels pour qu’ils leur donnent le courage de s’opposer à l’establishment. Ils ont préservé leur histoire malgré les lazzi, les cruautés des tabloïds et la vindicte populaire. Au passage, saluons le fair-play du major Parker Bowles, époux de Camilla durant des années, qui sut tirer avec élégance son épingle d’un jeu où il aurait pu se sentir ridicule. 

Au test, je choisis sans hésiter « Camilla » :  pour l’intelligence qu’elle a mis à tisser son bonheur, pour son refus d’être l’épouse soumise du jeune Charles lorsqu’il lui a demandé sa main, pour sa solidité face aux attaques mesquines,  pour sa liberté d’esprit, en somme, nullement incompatible avec un amour qui a de quoi, finalement, faire rêver toutes les femmes du monde parce qu’il se joue de l’âge et de la beauté.   Encore que... je ne la trouve pas si mal, Camilla :)

 

 

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30 août 2007 4 30 /08 /août /2007 17:39

Je reçois une proposition d’abonnement à Charlie-Hebdo, avec réduction de 23%  pour fêter les 15 ans du journal 1992/2007 et je suis outrée (vive Zoutrée ! dirait Pierre Dac)  

 

J’ai connu toute l’équipe de Charlie-Hebdo  en 1973/74 et ai assisté à moult réunions de bouclage du temps où ce journal savait œuvrer dans la créativité, l’insolence et la bonne humeur. Ca travaillait dur jusqu’à ce que le dessin de couverture soit trouvé : « Je crois qu’on le tient » disait rituellement Cavanna. Ensuite, place à la fête : saucisson, vin  rouge, fromages, ripailles diverses, les jeunes filles en fleur comme moi étaient courtisées avec gentillesse et paillardise. Je me souviens d’une immense tarte aux fraises qu’ils avaient commandée (surprise) pour mon anniversaire, et sur laquelle ils m’avaient assise, avec l’intention évidente de savourer fraises et chantilly là où elles se trouvaient alors J  

Je me souviens du Pr Choron me disant « tu bois trop », et alors que je le plaisantais sur le thème « c’est l’hôpital qui se moque de la charité » compte tenu de sa capacité à picoler, il m’avait répondu : « J’ai 50 ans, je peux abuser à mon âge, mais toi tu en as 20. Si tu continues comme ça, tu seras hideuse à 50 ans. » C’est drôle, mais cet homme m’a sans doute incitée à mieux gérer mes excès, lui qui en faisait tant, et c’est sans doute grâce à lui qu’il y a cinq ans, au Salon du Livre, j’ai croisé Cavanna qui m’a dit : « Le temps est galant avec toi »… Jolie expression, galante aussi. 

Je me souviens évidemment de Gébé, si talentueux, si discret, si sensible et génial dans sa capacité à saisir les détails infimes de l’existence et à en traduire la merveilles ou l’absurdité. Gébé, avec qui j’ai déjeuné chaque année jusqu’à sa mort et qui me disait sa tristesse de voir le nouveau Charlie devenu une entreprise où des « notes de service » ordonnaient à chacun ce qu’il devait faire alors qu’autrefois on se disait les choses en face, tout simplement. 

L’existence du Charlie d’aujourd’hui est bienvenue, certes, dans un paysage de presse sans intérêt. Mais à mon goût il se prend trop au sérieux, il a perdu l’activisme joyeux qui fait les révoltes efficaces. Son insolence est faite de mots plus que d’actes.

 

 

Sa pire insolence ? Cette note : « 1992/2007 Charlie a 15 ans », qui gomme toutes les années des fondateurs/créateurs du journal, qui gomme les seventies exactement comme Nicolas Sarkozy veut faire table rase de mai 68.

 Alzheimer ou quoi, Philippe Val? Il a oublié qu'il a signé un livre intitulé: les années Charlie: 1969/ 2004

 

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29 août 2007 3 29 /08 /août /2007 00:04

Plongée dans des archives familiales, j’ai retrouvé des coupures de presse datant de 1964- il y a 43 ans !- où des députés s’interrogent sur l’utilité de l’aide au Tiers-monde tandis que d’autres estiment que cette aide est indispensable pour empêcher le déferlement dans les pays nantis de deux milliards d’affamés. 

D’autres penseurs s’interrogent sur le choc des cultures et l’opportunité d’imposer à tous le modèle occidental de développement.  

Les mêmes questions, toujours sans réponse, que l’on pose aujourd’hui .  

 

Autre archive: 1969, il y a 38 ans, autre écho familier : l’eau est un bien à préserver, les ressources forestières s’épuisent, cette gestion désordonnée nous mènera au désastre. Les mêmes questions, et toujours aucune action vraiment résolue pour limiter ces risques écologiques. 

« L’homme n’est pas un animal monogame. Si choquant que cela puisse paraître, je dirai qu’on peut aimer à la fois plusieurs personnes avec une tendresse à peu près égale… la fidélité absolue n’est pas dans la nature humaine. » Georges-Anquetil, 1922, il y a 85 ans, dans un livre intitulé « Essai sur le mariage polygamique de demain, qui a connu 573 éditions !

Les mêmes questions agitent aujourd’hui de multiples sites libertins sur le Net. (avec une nuance essentielle pour les femmes: l’homme a été remplacé par « l’être humain » dans sa revendication d’amours plurielles)  

 

Sommes-nous donc très doués pour poser les bonnes questions mais trop conservateurs pour y apporter des réponses qui risqueraient de modifier le statu quo ? Comme on dit à la campagne  : « Grand diseux, petit faiseux ». 

Ou alors pense t-on que la meilleure façon de supprimer un problème est de n’y apporter aucune réponse, ce qui a assez bien réussi jusqu’ici. ?  

 

Mais dans ce cas, jusqu’où ira-t-on ? Quand se passera le Big bang qui imprimera dans le cerveau humain une programmation différente de celle qu’il utilise depuis vingt siècles pour répéter les mêmes erreurs ? 

La crise du pétrole n’y suffira pas. L’homme peut se passer de pétrole, il l’a fait pendant 19 siècles.  La prochaine crise, celle de l’eau, sera plus cruciale : sans eau, on ne survit que quelques jours. Avec trop d’eau , on meurt : les moussons, cyclones et inondations de cet été l’ont montré. Peut-être que la planète en furie obligera enfin les humains à apporter des réponses en actes à leurs interrogations récurrentes. 

Mais peut-on y croire encore alors que tout se passe comme si tout le monde savait que le désastre est inévitable et que personne n’y croyait vraiment?  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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