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18 juin 2014 3 18 /06 /juin /2014 09:38

acropole2Les polars ont l'avantage d’expliquer et de faire vivre de l'intérieur des situations que les débats d'experts et même les documentaires ont du mal à clarifier. C'est ainsi que depuis 2010 Petros Markaris raconte la crise grecque à travers les aventures du commissaire Kostas Charitos, flic banal mais tenace, aux prises avec des criminels hors du commun.

adiamantisAprès « Liquidations à la grecque » et avant « Pain, éducation, liberté » « Le justicier d'Athènes » met en scène un mystérieux « Percepteur national » qui assassine méthodiquement les grands fraudeurs fiscaux. A la ciguë, et ce n'est pas par hasard. ( au passage, la ciguë a l'air bigrement efficace pour occire discrètement son prochain...). Dans le même temps, Katerina, la fille chérie du commissaire, lasse de bosser bénévolement, envisage de s'exiler dans l'espoir de gagner un peu d'argent. Les exilés Grecs d'autrefois faisaient partie du peuple le plus pauvre, ceux d'aujourd'hui sont souvent très diplômés, et amers de voir leurs efforts réduits à néant.

Affiche Qdeg A3 Vive la crise brute 2 versions 1Petros Markaris- ou est-ce le traducteur ? - ne s'embarrasse pas de style littéraire et de réflexions métaphysiques à la manière d'un San-Antonio. Le commissaire Charitos mène son enquête avec la bonhomie et l'obstination d'un Maigret et une véritable obsession des embouteillages à Athènes. Ce faisant, par petites touches il révèle à travers une foule de personnages- politiciens, hauts fonctionnaires, entrepreneurs véreux- les raisons de la crise grecque qui n'a aucune raison de s'arrêter tant que ceux qui ont créé cette crise restent aux commandes du pays. Il décrit aussi les petites lâchetés et les grands désespoirs des Grecs, mais également ce qui les fait tenir : une solidarité familiale sans failles, le goût tenace des repas de famille et d'amis qu'on bricole avec ce qu'on a, ainsi que le désir d'en découdre avec ceux qui les ont menés là, de les faire payer...

Dans les romans de Markaris, les victimes sont généralement des personnages immondes, et les criminels des personnages blessés ou révoltés par les injustices. Ce qui les rend sympathiques et révèle sans doute dans l'inconscient de l'auteur, et peut-être de tous les Grecs, le désir de tuer, au moins symboliquement, les responsables de la crise.

51B8+DlnHQL. SY445Excessif ? Exagéré ? Un récent documentaire « Qui veut la peau de Bernard Tapie ? » diffusé sur France 5 montre encore une fois la réalité plus stupéfiante que le polar le plus échevelé. Charismatique, charmeur autant qu'exaspérant, Tapie a été tour à tour manipulateur et manipulé tant par la gauche que par la droite, avec un cynisme total. L'utilisation de Tapie par François Mitterrand pour contrer Michel Rocard, puis par Nicolas Sarkozy pour être élu en 2012 moyennant ensuite le fameux arbitrage qui nous a coûté quelques 400 millions d'euros mettent en évidence un Tapie voyou mais aussi ministre, emprisonné pour dérapages financiers multiples, mais encensé par les fans de l'OM, comédien au théâtre mais aussi (surtout?) dans la vie. De quoi réaliser une série politico-financière qui paraîtrait invraisemblable si elle était présentée comme une fiction...

Chez ces gens là, Monsieur, on brasse en toute impunité des millions d'euros ou de dollars, on joue avec les peuples comme avec des pions d'échecs, et lorsqu'on échoue, on invoque une « crise » mythique, comme une fatalité, en exigeant que paient ceux qui n'y ont joué aucun rôle. Comme le dit le « Justicier d'Athènes » à la fn du livre : « L’État grec est la seule mafia qui a fait faillite, toutes les autres sont florissantes. »

 

markaris

 


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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 12:26

 

 

Ce qui rend l'humain humain, c'est la culture. J'ai déjà écrit icique si l'homme préhistorique, après une journée épuisante à traquer le mammouth, avait éprouvé le besoin de dessiner sur les grottes sans espoir d'avoir un public et des acheteurs pour ses œuvres, c'est que la culture est plus qu'importante : essentielle. L'essence même de la civilisation. Que retient-on d'un pays? Les Pyramides d'Egypte, la muraille de Chine, les églises de tous styles, la Bible, Léonard de Vinci, Victor Hugo, Bach, Mozart ou Miles Davis, les thermes romains, les temples Incas ou Hindous, les peintures aborigènes, les sculptures du Zimbabwe, les masques Vaudous, toutes les musiques... Si la France demeure la première destination touristique au monde, c'est certes parce que ses paysages sont magnifiques et qu'on y mange bien- la cuisine étant en elle-même une culture- mais aussi parce qu'on y trouve, sur un territoire pas très grand, un concentré unique d’œuvres d'art de toutes les époques. Si les Américains et les Australiens découvrent sur le tard les Indiens et les Aborigènes qu'ils ont massacrés et appellent désormais « natives» pour signifier qu'ils sont à l'origine de leur pays, c'est bien parce qu'il est important de savoir d'où l'on vient pour savoir où l'on va.

Une civilisation qui néglige la culture cesse rapidement d'être civilisée. J'ai connu un homme avec qui les discussions s’achevaient souvent par une explosion de violence de sa part quand nous n'étions pas d'accord. Un jour où je lui en fis la remarque, il répondit : « Oui, mais toi tu maîtrises les mots, moi je n'ai pas fait assez d'études. Alors quand je ne trouve pas les mots, ça me donne envie de crier ou frapper. » (il n'avait que crié, sachant qu'un geste de trop m'aurait fait fuir à jamais.). Les mots, comme antidote à la violence...

Oui, la culture est un des meilleurs vecteurs de cohésion sociale et de construction de l'identité de chacun. (2012)

J'ai un ami agriculteur et documentariste. Un jour qu’il racontait ce qu’il faisait à un copain, celui-ci éructa : «  Tu es intermittent du spectacle ? Système d’assistés, de nantis. Foutez rien et on vous paie… »  Il se trouve que l’éructeur était militaire. Frédéric lui répondit calmement : « Tu es payé toute l’année, depuis des années, sans que tu fasses la guerre, alors que le métier du militaire est de faire la guerre. En somme, tu es un intermittent de la guerre. Permets-moi de me réjouir que tu sois intermittent ! Moi, j’ai choisi d’être intermittent de la culture, tout aussi nécessaire à l’humain que la guerre, mais hélas précaire. Et dis toi qu’avec 1 ou 2% du budget de la Défense, on couvrirait largement toutes les sommes versées aux intermittents du spectacle. » (2010)

Et pour finir, relisez « La vie très privée de Guy Kaddict », c'est pour l'instant de la science-fiction, mais ça deviendra vite VOTRE réalité si vous continuez à ne rien comprendre au conflit des intermittents, des fonctionnaires et de bien d'autres catégories sociales dont on ne découvre l'indispensabilité (néologisme, je sais) que lorsqu'elles disparaissent.

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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 18:27

Premier vrai soleil, envie d'un maillot deux-pièces. Un truc simple, bikini et soutien-gorge en triangle dont on peut réduire la voilure pour bronzer plus, ou l'augmenter en cas de seins plus volumineux. Vous ne me croirez pas : j'ai exploré dix boutiques au moins, pour ne trouver que des maillots avec coques préformées et rembourrage systématique, y compris pour les rares soutien-gorges en triangle.

sortie_de_l__eau.jpgOr je ne sais si vous connaissez la visqueuse sensation sur la peau de la mousse imbibée d'eau de mer, le temps de séchage incroyable des soutifs rembourrés et les seins gelés dès qu'un courant d'air refroidit la mousse humide, mais faut être franchement maso pour porter ce genre de maillot qui de surcroît ne trompent personne tant le rembourrage est artificiel. (par parenthèse : pour détecter les seins refaits sur une plage, regardez les filles allongées : si le sein est aplati, il 

est d'origine, s'il continue à pointer, il y a forte hypothèse de prothèse.) Dans une boutique asiatique, j'ai même trouvé des maillots avec fesses rembourrées !

J'explique donc aux vendeuses que je désire un maillot basique de chez basique, comme décrit ci-dessus et obtient cette réponse : « Je vois mais on n'en a pas, c'est pas la mode cette année. »

A quoi je réponds que mes seins n'ont nulle intention de changer selon les fluctuations de la mode.

Il faut croire que je suis la seule, car je n'arrive toujours pas à comprendre comment il se fait que toutes les femmes ou presque avaient les seins menus aux temps de la jeune Jane Birkin ou du mannequin Twiggy, et que quinze ans plus tard, la mode étant aux gros seins, les bonnets C ou D sont devenus la norme.

Bref, je ne sais plus à quels seins me vouer... à part les miens !



 


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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 23:00

amoureux.jpg« En couple » : certains s'affirment comme tels sur les réseaux sociaux deux jours après la soirée qui les a réunis dans le vertige du désir et du séduire, comme s'il y avait impérieuse nécessité à clamer à la population: « J'ai un mec, j'ai une nana ! » Vous remarquerez qu'on clame plus souvent « j'ai » que « j'aime » et ça devrait interpeller.

mari_s2.jpgDu temps où les gens se mariaient pour la vie, pas toujours avec passion, mais avec l'intention de fonder un foyer et de construire une vie commune pérenne, le couple était clair : une association entre un homme et une femme- à l'époque, pas de mariage entre personnes de même sexe- pour perpétuer le modèle familial de leurs parents. Le régime matrimonial de base était alors la communauté simple, qui versait dans la corbeille non seulement les biens acquis durant le mariage, mais aussi ceux possédés par chacun des époux avant le mariage. 1 + 1 n'égalait même pas deux, mais 1 : le couple effaçait l'homme et le femme (la femme un peu plus...) La communauté est ensuite devenue « réduite aux acquêts », ce qui permet à chacun des conjoints de conserver comme bien propre ce qu'il possédait avant le mariage. Maigre progrès...

Le seul contrat laissant à chaque individu son autonomie financière est « la séparation de biens », qu'adoptent 10 à 12% des couples. C'est peu, et cela témoigne de l'idée fusionnelle attachée au couple. La séparation de biens protège la famille tout en reconnaissant l'indépendance financière de chaque conjoint   mais elle suscite autant de réticences que le fait de faire chambre à part, alors même que tant de gens avouent dans l'intimité que dormir à deux est compliqué si l'un ronfle, l'autre a toujours froid (ou chaud), se lève dans la nuit, allume pour lire en cas d'insomnie, etc. Mais affirmer qu'aimer ne veut pas dire mélanger son argent avec celui de l'autre, ni faire forcément couette commune, dur, dur...

Communauté de vie, pourquoi pas ? Encore que je pense que le seul moyen pour vivre longtemps ensemble est de ne pas vivre en permanence ensemble. Les « couples qui durent » comme on dit, affirment neuf fois sur dix être très indépendants, les fusionnels ont explosé en moyenne au bout de 14 ans, souvent plus tôt. Mais quand s'ajoute à la communauté de vie la communauté d'argent, on a tous les ingrédients d'un cocktail explosif, les questions d'argent étant au top des motifs de dispute, avec l'adultère et l'éducation des enfants, et un des principaux points de conflit lors des séparations.

tax_collector.jpgOr l'administration fiscale contribue à perpétuer l'idée que couple= fusion économique. Vous n'êtes plus deux contribuables, mais un foyer fiscal. Pour avoir la possibilité de déclarer séparément leurs revenus, les époux doivent avoir un contrat de séparation de biens ET justifier de deux adresses différentes. Ce qui les transforme en époux séparés « de fait », même s'ils ne divorcent pas, puisque « les époux s'engagent à une communauté de vie », matérialisée dans l'esprit du législateur par le domicile unique.

L'administration est à ce point imprégnée de l'idée du « couple » qu'une personne qui a divorcé ne redevient pas « célibataire » comme il serait logique, mais reste « divorcé(e). » Un acte ponctuel l'étiquette à vie, tout comme la mort du conjoint fait de vous un veuf ou une veuve, même vingt ans après le décès, alors que le ou la survivant(e) devrait redevenir tout simplement célibataire. Le mariage religieux parle d'un lien qui durera « jusqu'à ce que la mort vous sépare », l'administration, elle, maintient le souvenir du couple, et ne l'oublie que si la personne se remarie... et forme un autre couple, cellule économique de base et foyer fiscal.

Pourquoi mélanger l'amour et l'argent ? Pourquoi cet attachement au « couple » à une époque où il est d'une précarité extrême ? Pourquoi cette conviction que le couple- marié ou non- est plus important que chacun des individus qui le composent? Pourquoi refuser que des célibataires libres et autonomes le restent, sous prétexte qu'ils s'aiment et partagent un bout de vie?

Je discutais il y a quelques jours avec un ami adepte de relations avec les femmes fondées sur l'amitié, sans que soit exclues ou obligatoires les relations sexuelles : « Elles ne prouvent que le désir, pas l'amour ». - C'est quoi, pour toi, l'amour ? En bon philosophe qui répond à une question par une autre, il me demanda : « Et pour toi ? » Je lui parlai de la notion d’intimité que j'affectionne, où on aime l'autre pour ce qu'il est : « Dans la passion, on passe son temps à se demander si l'amour va durer et combien de temps, dans l'intimité on aime quelqu'un, pas un concept, et on lui fait confiance, on se dit qu'il (ou elle) ne nous fera aucun mal (alors que la passion génère du mal, ne serait-ce que la jalousie ou les crimes passionnels). Mon ami alla plus loin : « Pour moi, aimer, ce n'est pas seulement ne pas faire de mal, c'est vouloir le bien de quelqu'un... - … Pas seulement vouloir lui faire du bien, ajoutai-je, mais se réjouir aussi du bien qu'il trouve ailleurs. »

A ceux et celles qui me feront remarquer que je suis "en couple" depuis 40 ans : oui, et j'en suis ravie, mais sous le régime de la séparation de biens, avec des comptes séparés, quinze ans de vie en « communauté » et rarement plus de deux mois consécutifs sans que l'un ou l'autre ne s'offre un ailleurs. Malgré cela, j'ai remarqué une chose curieuse : alors que je n'ai jamais caché à quiconque notre façon de vivre, même des amis proches avaient dû conclure que pour venir si souvent seule à leurs invitations, ou partir seule en vacances, il devait y avoir de l'eau dans le gaz... La preuve : il a suffi de quelques dîners auxquels nous sommes allés ensemble pour que les ami(e)s qui m'invitaient seule se mettent à nous inviter systématiquement tous les deux. Au point que j'ai dû rappeler à des copains intimes que même si nous étions ravis de les recevoir, je ne comptais pas renoncer à mes dîners en tête-à-tête avec eux (la réciproque est vraie du côté de mon cher et tendre, qu'il sorte seul ou accompagné me fait plaisir) et je dois dire que devoir préciser cette évidence m'énerve autant que lorsque, peu de semaines après mon mariage, j'ai reçu une lettre de l'administration adressée à «madame Bernard Simpère ». Autant dire que j'ai exigé qu'on m'écrive à moi, et pas à l'épouse de...

poissons.jpgPour en revenir aux « Pourquoi ? » Si le couple est la seule union reconnue par l'administration, au point que deux personnes habitant sous le même toit sont réputés « en couple », ce qui a des influences sur les aides et allocations auxquelles elles ont droit (à elles de prouver qu'elles vivent en co-loc et en toute amitié), c'est évidemment parce que le couple reste une petite entreprise qui achète, vend, consomme et garantit la stabilité et la pérennité du système existant. On le présente comme un refuge alors qu'il est repli sur soi, on en ferme les frontières sous prétexte de le protéger, tout étranger au couple est observé comme un perturbateur potentiel dont il vaut mieux se méfier... Le couple, pour un État, c'est facilement gouvernable, parce que facilement insécurisé...

 

 

 

 

 

 

 


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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 22:59

Venus_de_Milo_Louvre_Ma399.jpg"Ce qui vient de se passer (le référendum) n'a aucune conséquence, c'est nul et non avenu [...] La seule élection qui vaudra, c'est celle du 25 mai, le reste n'est qu'un faux semblant". Qu'il est sidérant ce Hollande ! Des milliers de personnes ont participé à cette consultation, et qu'il soit ou non d'accord avec le résultat, ce résultat est là. Affirmer que le scrutin est nul parce qu'il ne lui plaît pas, n'est-ce pas une ingérence dans les affaires intérieures d'un pays étranger et un déni de démocratie ?

Mais j'y pense : n'est-ce pas en France que le peuple, au cours d'un scrutin tout ce qu'il y a d'officiel et d'organisé a voté en 2005 à 55 % contre le projet de Conctitution européenne et qu'il n'en a été tenu aucun compte ? (précision: voter contre n'était pas « être contre l'Europe », mais contre la ligne économique ultralibérable qui transpirait à chaque page du Traité). Plus tard, quand des députés ne votaient pas selon la ligne attendue par l'exécutif, n'est-ce pas en France qu'on les a fait revoter pour obtenir la réponse souhaitée ? Et le président de cette France là ose donner des leçons de démocratie à l'étranger ?

N'est-ce pas les économistes de 2008 qui affirmaient doctement « la crise est derrière nous » « il n'y a aucun risque que les banques soient touchées l'une après l'autre », "le capitalisme, il n'y a que ça qui marche" qu'on retrouve sur les plateaux TV en 2014, toujours pédants et sûrs d'eux alors qu'ils ont eu faux sur toute la ligne tandis que ceux qui avaient vu juste et mis en garde contre « l'argent fou » sont peu ou pas invités ?

N'est-ce pas le Ministère de la Culture, préposé au rayonnement de la culture française, qui a supprimé en 2013 toute subvention au « Monde Diplomatique », magazine français le plus lu sur la planète, tandis qu'il octroie de l'argent public (le mien, le vôtre) à Télé 7 jours, Gala ou Closer et surtout au Figaro de Dassault (premier journal subventionné par le Ministère de la Culture, 16 millions en 2013) qui engrange par ailleurs des millions de recettes de pub via ses magazines (Fig-mag, madame Figaro), et fustige en permanence les « assistés » qui vivotent du chômage ou avec le RSA.

Quant au fils à papa Pierre Gattaz, président du MEDEF de père en fils (son père Yvon présidait aux destinées du Centre National du Patronat Français, ancêtre du MEDEF, dans les années 80) il vient de s'octroyer 25 % d'augmentation de salaire tout en proposant d'instituer des contrats de travail en dessous du SMIC. L'idée d'un salaire minimum lui semble insupportable, mais celle d'un salaire maximum acceptable ne l'effleure même pas.

Quand se taieront enfin les éditorialistes perroquets qui répètent en boucle: « Croissance, il faut de la croissance, la croissance n'est pas au rendezz-vous"? Qu'ils aillent vivre en Afghanistan ou en Sierra Léone, ils y trouveront des taux de croissance de 12,5 à 15 % (chiffres 2012.) Ça veut dire quoi d'ailleurs la croissance ? En Libye, qui du temps de Khadafi avait un taux de croissance oscillant entre 2 et 4,5 % (à la louche), il y a eu en 2012 un taux de croissance de … 104,5 %, venant après une chute de croissance en 2011 de … - 62,1 %. Ça sent bigrement les chantiers de reconstruction sur lesquels, comme des charognards, se sont précipitées les entreprises de BTP du monde entier !

La croissance n'est pas un bien en soi, mais la photo d'une situation économique conjoncturelle qui ne préjuge en rien du bonheur des habitants du pays, au contraire. Les pays développés ont naturellement peu de croissance parce qu'ils débordent déjà de biens de consommation... qu'ils n'arrivent d'ailleurs plus à vendre, et c'est la crise !

Comme le remarque sagement le site « statistiques mondiales » le taux de croissance ne mesure que la croissance du revenu humain et non la valeur du patrimoine de l'humanité. Si cette croissance s'obtient en puisant dans l'actif de l’humanité ( ressources et énergies non renouvelables, NDLR) celui-ci se dévalorise et le bilan comptable réel devient négatif. Ce pourrait être le cas depuis les années 1970/80. En d'autres termes l'obsession de la croissance enrichit quelques individus mais appauvrit le monde.

Qu'on cesse de harceler les gens avec la dette.  Si, comme dans d'autres pays, une banque centrale avait prêté à taux bas aux Etats européens au lieu, comme la Banque centrale européenne, de prêter à 1 % aux banques privées des milliards que celles-ci ont prêté ensuite à des taux pouvant atteindre 7 % pour des pays comme la Grèce, aucun pays d'Europe ne serait accablé par sa dette. Par ailleurs si la comptabilité publique faisait comme les comptabilités d'entreprises- amortissement de la dette sur plusieurs années et prise en compte des actifs dans le bilan- on découvrirait qu'un pays qui s'est endetté pour éduquer les jeunes, investir dans la recherche, garantir une bonne santé aux habitants et entretenir son patrimoine est en fait un pays riche en patrimoine et ressources humaines de qualité, alors que le même pays s'appauvrit quand il emprunte pour pouvoir consentir des réductions de charges à des entreprises qui les utilisent à 65, voire 80 % pour rémunérer leurs actionnaires au lieu de les investir dans la recherche et leur activité d'économie réelle.

Le surprenant, le sidérant, le désespérant, c'est que l'analyse de la situation est faite depuis longtemps, de façon très détaillée, dans moult livres, articles et excellents documentaires sur l'argent fou, la faillite des banques, l'évasion fiscale, les liens douteux entre finance et politique et même les projets alternatifs qui marchent. Nul ne pourra dire comme en 45 : « Je ne savais pas ». Mais alors pourquoi rien ne bouge-t-il alors que cette situation mériterait... n'ayons pas peur des mots, une Révolution ?

J'ai posé la question autour de moi, avec souvent pour réponse : « Les  gens pensent que ce système va dans le mur, mais ne savent pas quoi mettre d'autre à la place ? » La propagande selon laquelle le communisme est une horreur, l'écologie est utopique, les alternatifs des marginaux, les pays d'Amérique Latine pauvres et violents, l'Afrique toujours mal partie et jamais arrivée fait que l'idée même de changer angoisse ceux qui entendent à longueur de journée ces litanies dépressives.

La crise, c'est peut-être cela : préférer un monde fini, usé, qui va dans le mur mais on connaît le mur, plutôt qu'oser explorer des horizons nouveaux, où le regard se perd avec volupté.

Ah oui, le titre de ce billet : je suis la Vénus de Milo, car face à cela... les bras m'en tombent.

 

 

 

 

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 20:31

Le baby-boomer  dont je vous ai parlé ICI, a beaucoup d'amis de jeunesse, copains d'une adolescence heureuse, compagnons de militantisme, partenaires d'expéditions improbables en Inde et en deux-chevaux via l'Iran et l’Afghanistan quand il était aisé de traverser ces pays. Il les revoit en 2014, ils se donnent des nouvelles de leurs enfants devenus adultes et pas mal réussis pour la plupart, des petits-enfants qui les rendent gâteux, ça ils ne l'auraient jamais cru tant à 20 ans ils redoutaient de sombrer dans la routine familiale. Puis les voici qui concluent la conversation par : « Je te quitte, je vais voir mon père (ma mère). »

Leurs vieux ont 85 ans, parfois un peu moins ou beaucoup plus. Pendant des années, les baby-boomers les ont peu fréquentés, ils fuyaient ces « croulants » confits dans des valeurs qu’eux-mêmes avaient balancé joyeusement à 20 ans. Leur crise d'adolescence a duré parfois jusqu'à près de 40 ans...

Aujourd'hui, le baby-boomer se tient au chevet de ses parents fatigués et pend conscience qu'après eux, il sera en première ligne face à la mort qui le laisse, comme tout le monde, incrédule : « Je sais que je vais mourir mais je n'y crois pas. Comme vous, comme tout le monde. » avait dit François Mitterrand à un journaliste.

Le baby-boomer réalise aussi qu'en le quittant, ses parents emporteront avec eux les souvenirs de l'ancien monde. Leur génération a fait la dernière (espérons-le) guerre mondiale, et a été la dernière à perpétuer les valeurs anciennes. Passée l'inévitable crise d'adolescence, plus quelques années de jeunesse à « jeter sa gourme », les parents nés dans les années 20 à 30 reproduisaient peu ou prou le schéma de vie de leurs aînés : mariage, emploi stable, trois enfants ou plus. Ces trois enfants, nés après 1945, sont de la première génération à ne pas revenir dans le giron traditionnel.

Ils ont fait leur coming-out, ont bénéficié de la pilule, ont découvert la planète en prenant l'avion comme leurs parents prenaient leur vélo, ont vu alunir des hommes, ont connu le téléphone fixe, le be-bop, le mobile à touches, le tactile... Ils n'envoient plus guère de lettres mais reçoivent quotidiennement des centaines de messages électroniques, ils ont oublié l'odeur de pommes et d'encaustique qui embaumait les cages d'escalier des immeubles anciens. Ils se souviennent de mots comme « chandail » « percale » « cache-nez » « bastringue » mais ne les emploient plus.

 

41SYbO8dYYL. AA160Voilà à quoi j'ai pensé en refermant le livre d'Alex Taylor, « Quand as-tu vu ton père pour la dernière fois » ? Alex a passé plusieurs mois auprès de son père malade, jusqu'à sa fin. Ce livre raconte cette année particulière que vivent néanmoins de nombreux baby-boomers lorsque leurs parents se font vieux, ou très vieux. J'ai plusieurs fois rencontré ce sémillant journaliste international, qui vit depuis longtemps son homosexualité avec finesse et intensité et adore la linguistique. Un européen convaincu, un amateur de bonne chère, un homme aux manières délicieusement British bien qu'il vive depuis plus de 30 ans en France. Du coup, je redoutais que son livre ne soit qu'un récit, sans doute émouvant, voire poignant, de la fin d'un être aimé. Or il est bien davantage, et n'est pas du tout triste... Sans peut-être en avoir conscience, Alex Taylor révèle la force de ses racines. Il est bien plus britannique qu'on ne l'imagine, tout imprégné des odeurs de son pays natal, des paysages de son enfance et des méthodes éducatives qui diffèrent sensiblement d'un côté ou de l'autre du Channel. En allant voir son père, il retrouve son pays et réalise à la fois combien il y est attaché, et combien il n'aura plus rien à y faire lorsque son père sera mort. Déraciné par choix à 20 ans, il l'est davantage encore en devenant orphelin, et là est la force de son livre : nous faire ressentir qu'au-delà de leur absence, les parents emportent avec eux un monde disparu ( qui nous racontera la guerre 39/45 vue par leurs yeux d'adolescents ?) et une part de notre enfance, faisant de nous des déracinés : ne dit-on pas qu'on est toujours du pays de son enfance ?

 

 

 

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20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 13:11

JOYEUSES PÄQUES !!!

pénitentspieta.jpgEncore qu'en ce saint week-end célébré avec faste dans de multiples pays, je garde en mémoire les centaines d'images recueillies en Espagne, où la Sancta Semana dure huit vrais jours, du dimanche des Rameaux au dimanche de Pâques, avec cortèges de pénitents quasi quotidiens, chants et répétition de la Passion du Christ. Entre Tolède, Cordoue, Salamanque et Vallodolid, on fait le plein de tradition chrétienne morbide...

vierge poignardéeQu'il s'agisse des expositions sur «Les instruments de torture durant l'Inquisition Espagnole » à Tolède et Salamanque (Inquisition qui dura presque quatre siècles et sema la terreur au nom de la pureté du chrétien espagnol, à ne surtout pas mélanger aux nouveaux convertis d'origine douteuse), ou des statues magnifiques la-mort.jpgde la cathédrale de Cordoue ou du musée de la sculpture de Valladolid, ces oeuvres d'art ne respirent pas la félicité du croyant mais plutôt une fascination pour la souffrance, le martyre et la mort rendant caduque le propos prêté à Ben Laden dans une interview : « Vous les chrétiens avez peur de la mort, nous les musulmans sommes fascinés par elle. » Ce n'était qu'une question d'époque, comme en témoignent les persécutions perpétrées par les croisés et les missionnaires d'antan et le goût du martyre des premiers chrétiens.

 

 

vierge aux bébésjesus nu

Heureusement, il y eut la Renaissance, qui produisit des œuvres infiniment plus joyeuses, comme ce Jésus malicieusement nu, ou cette sainte famille montrant Joseph attendri devant Marie avec deux bébés sur les genoux, suggérant donc que la virginité de la jeune femme- si tant est qu'elle ait existé pour engendrer le Christ- n'a pas perduré et qu'il serait tant que l'Eglise cesse de vénérer l'hymen pour prêcher l'amour, tous les amours.

vierge à enfantCar, et c'est cette bonne nouvelle que je tenais, mes biens chers frères, mes bien chères sœurs, à vous communiquer en ces festivités Pascales : Sainte Anne, mère de Marie, était polyamoureuse! Elle avait épousé trois hommes qui furent représentés maintes fois dans des œuvres du XVème siècle, comme celle ci-dessous, où ces trois gaillards barbus veillent sur Anne, Marie et le Christ. Joseph apparaissait parfois dans ces tendres tableaux polyfamiliaux qui contrastent joyeusement avec les habituelles images de souffrance et de martyre.

Évidemment, cette représentation d'une pluriamoureuse épanouie et néanmoins Sainte n'eut pas l'heur de plaire aux dignitaires de la religion. Aussi le Concile de Trente considéra-t-il les amours plurielles de Sainte Anne comme une légende apocryphe (c'est-à-dire un fait non authentique car jugé par les autorités religieuses comme non inspiré par Dieu, car c'est bien connu, ce sont les hommes qui décident de ce qui est ou non parole divine...) et en interdit (censura, dit le commentaire du musée Sans Gregorio de Vallodolid) toute représentation en raison de « leur indécence ». Tout comme aujourd'hui, les images de violence, d'agression, de torture et de brutalité étaient mieux acceptées que les images de sexe et d'amour.

Cependant, devant ces représentations par ailleurs magnifiques, la « Manif pour tous » aura bien du mal à justifier qu'elle défend la tradition chrétienne et non l'Ordre religieux.

 

polyste famille

               En haut, les trois maris de Sainte Anne, en bas, de gauche à droite: Marie, Jésus et Sainte Anne.

 


 

 

 


 

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 10:26

C'est l'histoire d'une fille aux alentours de la trentaine qui se demande ce qu'il reste à vivre d'intéressant quand on a, comme on dit, « tout pour être heureuse ». Autour d'elle, ses ami(e)s se marient, prennent un crédit, envisagent un bébé... Ce bonheur là ne la tente pas, tant elle trouve stupéfiant que des filles brillantes, drôles et dynamiques concentrent désormais leurs conversations sur le caca du nouveau-né ou les traites à payer.

L'engagement politique ? Elle a déjà donné quand elle était étudiante, et constaté combien le pouvoir corrompt : « Ils avaient des idées mais pas le pouvoir de les réaliser, ils ont le pouvoir mais plus envie de réaliser leurs idées. »

Alors elle regarde le monde avec une lucidité que lui a donné un drame précoce, la mort de son père dans un accident de voiture : Dans son esprit d’enfant, autrefois, n’existaient que ses parents, entité chaude et rassurante sans failles ni défaillances, entièrement vouée à sa protection. Cet univers sûr s’était écroulé un jour d’août brûlant. Depuis, Marine savait la fragilité du bonheur et l’imprudence qu’il y a à trop compter sur lui. »

Dans son exploration du monde, elle rencontre deux émigrés de l'Est rêvant de leur pays comme d'un paradis perdu, une vieille dame fantasque, un italo-grec séduisant, un amant de sa mère devenu un ami fidèle, une copine d'enfance en plein chagrin d'amour, et surtout Antoine, qui, comme elle, cherche à transformer la réalité pour qu'elle colle à ses rêves.

C'est l'amour fou, d'autant plus fou qu'il semble s'arrêter aux portes du désir. Si ce n'est que Marine veut bien « Jouer au monde » avec cet homme, mais pas s'y perdre.

C'est l'histoire d'une fille qui découvre combien il est important d'être acteur de sa propre vie quand autour de soi le monde semble en pleine décomposition. Et pas du tout « un livre pour stimuler la sexualité des couples » comme je l'ai entendu dire à la radio par une journaliste qui ne l'a visiblement pas lu...

Pour l'écrire, j'avais pris plusieurs mois de congé sans solde, au terme desquels, déjeunant avec un médecin collaborateur de ma rubrique, celui-ci m'avait rappelé, inquiet : « Hier, vous m'avez fait peur, vous sembliez dans un autre monde. » J'avais effectivement du mal à réintégrer la réalité déplaisante de cette époque, tout comme je me suis sentie assommée dimanche soir en regardant ce monde de fous qui perdure. Mais en grande partie grâce à ce livre, j'ai heureusement appris à « Jouer au monde », à l'amour, à l'humour, à l'amitié, à la lucidité. Et je regrette infiniment que ce roman, qui arrive en fin de vie- l'édition est un produit de plus en plus rapidement périssable- n'ait pas comme ont dit « trouvé son public ».

Forcément, si les gens ont cru qu'il s'agissait encore d'un manuel érotique ils ont dû être déçus !

 

joueraumonde COUV4bis

 


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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 13:39

Puisqu'il n'est pas dans l'ADN des politiciens ( « ce n'est pas dans l'ADN », expression très mode en ce moment) de changer de logique de pensée même quand la réalité démontre chaque jour que leur logique est dépassée, ne marche pas et pire : aggrave les problèmes, (une exception : l'Italie, où le nouveau chef de gouvernement a décidé d'abandonner la politique d'austérité vu ses piètres effets), cherchons le plan B.

utopie« Plan B », autre expression à la mode pour dire « solution nouvelle à un problème ancien non résolu par les logiques du passé ». Je vous en ai parlé en 2013 , notamment  d'un bar associatif de Poitiers appelé « Plan B ». Il fonctionne toujours, avec des menus à 12 euros préparés à base de produits de saison, bios autant que possible et locaux, plus des spectacles de musique, animations, conférences... originaux, qui créent de vrais liens entre les convives, bref une ambiance comme on les aime. « Et de bonnes bières » conclut un habitué.

Plan Bières1A propos de bières, j'ai rencontré à Clermont-Ferrand Jean-Baptiste Loiseau et Anne-Lise Amiot. Après avoir bossé en entreprise, tous deux ont eu envie de travailler en harmonie avec leurs idées, et pour un produit qu'ils aiment. En l'occurrence la bière, mais pas n'importe laquelle. Ils décident de brasser à petite échelle- micro-brasserie artisanale- avec de l'eau pure, des malts, houblons et autres ingrédients issus de l'agriculture biologique, et de réduire les transports, d'où une diffusion exclusivement locale auprès de nombreux partenaires : bistrots, cafés, vendeurs, marchés, et naturellement l'Empire du Malt, the caviste en bières qui diffuse notamment l'Auv'alie, la bière dédiée aux rugbymen Clermontois de l'ASM. Jean-Baptiste et Anne-Lise suivent des stages dans des brasseries artisanales, dégotent du matériel d’occasion, cherchent des financements, et Anne-Lise suit une formation universitaire de brasseur à la Rochelle.

planBières5Le 8 mai 2012, sortent leurs premières bouteilles avec un logo simple : Plan B, comme Brasserie et Bières Blanche, Blonde, Brune et amBrée. Auxquelles s'ajoutent des bières de Printemps, des Vacances et de Noël. Modérément alcoolisées, car ces deux amateurs considèrent que la bière est une boisson conviviale dont on boit généralement plus d'un verre par soirée, et qu'il est préférable de la faire légère, ce qui ne l'empêche nullement d'être goûteuse, plutôt que de s’assommer dès la première demi-heure avec de l'alcool en excès.

planBières4Le résultat est concluant : après une année et demie, leur production de 800 litres par semaine s'écoule si bien qu'ils vont passer à 1600l par semaine. Tout comme le plan B de Poitiers, celui de Clermont-Ferrand organise ou participe à de nombreuses manifestations locales autour de la musique, de la St Patrick ou d'événements sportifs. Ce n'est plus seulement de la bière, c'est aussi du plaisir plein la tête. Autre projet : fédérer les agriculteurs locaux, notamment producteurs de céréales autour d'un label « Auvergne bio » car jusqu'ici, faute d'offre locale suffisante, le Plan B doit acheter ses ingrédients bio au-delà du département.

Il y a moult- et malt- autres plans B dans le monde, il suffit de demander à Google pour en trouver, et sans compter sur d’hypothétiques sauveurs, imaginer le sien propre pour faire de ses rêves une réalité et de sa réalité un rêve. (devise de ce blog « Jouer au monde »)

 

 

 

 

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 16:38

En 2004, il y a juste 10 ans, la réalisatrice  Martine Asselin me contactait pour me dire son envie de faire un film sur les amours plurielles à partir de mon expérience de plus de 30 ans sur le sujet. J'étais réticente, mais Martine a pris tout son temps pour qu'on se parle, pour rencontrer un maximum de personnes de mon entourage et pour m'accueillir au Québec afin que je la connaisse mieux. Alors je lui ai fait totalement confiance et j'ai bien fait : même si en 10 ans j'ai évolué sur quelques points je reste totalement en accord avec ce film.

 chmplain1Le film « La grande amoureuse » a été diffusé en mars 2007, rediffusé une dizaine de fois sur  la chaîne québécoise Canal Vie et présenté à de nombreux festivals. Chose curieuse, alors qu'un producteur parisien pensait qu'il allait facilement intéresser une chaîne française avec ce sujet, aucun n'en a voulu. Il y a 7 ans, le polyamour ne faisait pas encore les choux gras des médias.

Certains internautes ont commandé le DVD, quelques projections privées ont été organisées...

 La dernière projection aura lieu jeudi 3 avril dans un village de Haute-Savoie, les Houches, à l'initiative des ateliers Equithés qui travaillent sur les droits humains, le partage des savoirs et des ressources, le bio, les cultures différentes, bref rien que des sujets qui m'intéressent et c'est pourquoi j'y serai.

Quand je dis « Dernière projection », cela signifie aussi dernière à laquelle je participerai. Parce que j'ai dit tout ce que j'avais à dire sur le sujet, et aussi parce que ma fille, qui a 16 ans dans le film, ne se reconnaît évidemment guère dans l'ado en mutation qu'elle était, à présent qu'elle est une jeune femme belle et bien dans sa peau.

Amis des Houches, de St Gervais, Chamonix, Megève et Genève, n'hésitez donc pas à faire le déplacement, vous pourrez dire: "J'y étais!"

La présentation du sujet commencera à 20h30, la projection de la grande amoureuse à 21h, suivie d'une discussion avec les participants.

Ceux qui souhaitent dîner sur place entre 19h30 et 20h30 peuvent réserver auprès de Yohann Catland, organisateur de cet atelier : 04 50 54 55 20. Attention : le nombre de places au dîner est limité !

Ateliers Equithés

65 rte des S'nailles
F-74310 Les Houches
04 50 54 55 20
atelier.equithes@free.fr

 

 


  lancement_031.jpg

 

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