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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 12:07

2duendeJe vous ai parlé il y a plus d'un an du pari fou de la compagnie Aleph, devenue compagnie du Théâtre el Duende: chassés de leurs murs par un voisin grincheux, les comédiens avaient décidé de mettre en commun leurs économies et de faire appel aux dons pour construire leur propre théâtre, avec une salle de 110 places, un bar, et des salles de cours. Tout ceci en partant d'un entrepôt et de ses annexes, en plein coeur d'Ivry.

3 duendeComme pour tout chantier, il y a eu des retards, des angoisses (quand le sol, comme souvent en région parisienne, s'est révélé plus "emmental" que prévu, nécessitant des travaux supplémentaires et coûteux pour le stabiliser) et de grosses fatigues après des week-ends passés à transporter des matériaux ou poncer des cloisons.

Il y eut aussi de grandes joies, comme celles de voir les "amis du théâtre el Duende" répondre à l'appel. Pas seulement à l'appel de fonds, mais aussi à l'appel à participer: faire connaître le projet, aider aux travaux de peinture, prêter un véhicule, offrir des chaises, des outils, du temps...  Certes, depuis sa création, la Compagnie défend un théâtre d'échanges et d'amitiés, mais tant que tout va bien, c'est facile de venir à leurs spectacles, on en ressort heureux, facile de boire un verre avec eux au bar, ils sont si chaleureux... En revanche, constater que cette amitié perdure dans les difficultés et que les amis-spectateurs répondent présent pour faire de ce projet quasi Pharaonesque une vraie création collective où chacun apporte sa pierre ou son pinceau, c'est une joie profonde et la preuve que la culture est une des voies privilégiées de la solidarité. Le nombre croissant des films et livres produits grâce à des souscriptions le montre: on est prêt à donner des sous pour un projet culturel.

chatlit.jpgPourquoi? Parce que la culture est vitale. Si elle ne l'était pas, jamais l'homme préhistorique épuisé après la chasse au mammouth se serait cassé le cul à faire des dessins sur les parois des grottes de Lascaux ou Cosquer, dessins qu'aucun public ne verrait jusqu'au XXème siècle et qu'aucun galeriste n'achèterait! Il l'a fait parce que c'était vital pour lui. Sans doute est-ce la seule chose qui nous différencie des animaux, cette faculté que donnent l'art et la culture de repenser et réinventer le monde et ainsi pouvoir  influer sur le monde réel... encore que je soupçonne les chats d'entretenir une vie culturelle et onirique.

La culture permet de s'appuyer sur les apports du passé pour comprendre et maîtriser le présent, que ce soit le présent de sa propre vie ou le présent de la société. D'où le danger d'une "culture de l'immédiateté" où un événement chasse l'autre et favorise l'oubli. (tiens, à propos, Fukushima, c'était il y a deux ans, c'est vieux, mais l'eau est toujours contaminée, TEPCO vient de rejeter 1000 tonnes d'eau radioactive dans l'océan, et les conséquences de cet accident nucléaire gagneront bientôt la Californie, via la contamination radioactive du Pacifique des poissons... Y a de quoi se faire du sushi...)

Courant octobre, le tout nouveau Théâtre el duende ouvrira ses portes, mais en attendant, n'hésitez pas à les soutenir encore. Je suis allée sur le chantier, il reste de quoi faire...



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 13:09

Il fait un temps superbe à la Fête de L'Humanité, ce dimanche 10 septembre 1973. Lors du discours de Georges Marchais, quelqu'un pose une question sur les risques de coup d’État au Chili. Marchais se veut rassurant : « Il y a des troubles, des rumeurs persistantes de coup d’État, mais le président Allende tient solidement les rênes ».

chars.jpegLe 11 septembre, les chars entrent dans Santiago, après la prise de Valparaiso au petit matin par la Marine, avec la complicité sinon l'aide de la Marine américaine. Je me souviens des cris des habitants qui couraient en tous sens pour échapper à la traque des militaires, je me souviens de la stupeur qui nous envahit à la vue du Palais de la Moneda en flammes- imaginez l'Elysée bombardé et en flammes- et du désespoir qui nous étreignit lorsqu'on annonça la mort du Président Allende. Criblé de balles, disaient les uns, suicidé disaient les autres. 518NcVqcPOL. BO2,204,203,200 PIsitb-sticker-arrow-click,TopCela n'a aucune importance, ils ne lui auraient de toutes façons pas laissé la vie sauve. Capté par un radio amateur, un dialogue entre le général Pinochet et Patricio Carjaval, chargé de l'attaque de la Moneda prouve que la proposition qui lui avait été faite de quitter le pays en avion était un piège : ,

-On lui offre la vie sauve, si tu veux ?

-La vie sauve et on l'expédie ailleurs....

-... Oui on le sort du pays... et l'avion s'écrase en cours de vol.

-D'accord. »

(in « Allende, c'est une idée qu'on assassine » de Thomas Huchon)

On regardait le coup d’État en temps réel avec le sentiment d'assister à un mauvais film où l'on voit gagner les traîtres (Le général Pinochet avait été nommé chef des armées par Salvador Allende qui lui faisait toute confiance) et mourir un président élu démocratiquement qui avait en trois ans donné l'espoir qu'il pouvait exister une troisième voie entre le capitalisme prédateur et inégalitaire qui prône la dictature du profit, et le communisme centralisateur et dogmatique qui prône la dictature du prolétariat. Comment choisir entre deux dictatures ? Moi, je n'y arrive pas.

allende-en-public.jpegEn France, en 1973, l'Union de la gauche balbutiante se cherche des références pour prouver qu'on peut « changer le monde » et réduire les inégalités tout en respectant les libertés. Voir Allende rester rigoureusement légaliste tout en décidant la nationalisation des mines de cuivre, la distribution de terres aux paysans sans terre, l'accès à l’éducation et à la santé pour les plus démunis... tout en respectant la liberté de la presse (trop, d'ailleurs : 75 % des médias étaient aux mains des plus réactionnaires) sans guérilla, sans armes, sans violence, c'était fort, très fort. Trop fort pour ses opposants, États-Unis et CIA en tête- qui ne voulaient en aucun cas un tel exemple qui eût risqué de faire tache d'huile. La hantise obsessionnelle du communisme a tenu lieu de politique étrangère aux USA durant des années, avec pour point culminant la « chasse aux sorcières » sous Mac Carthy qui virait à la paranoïa, pour échec sanglant la guerre au Vietnam et pour échec énervant le défi permanent lancé par Cuba aux Etats-Unis depuis 54 ans, à quelques kilomètres de ses côtes. David contre Goliath.

allende en familleEn lisant le livre intimiste consacré à Salvador Allende par Thomas Huchon, je me suis écrié plus d'une fois : « Quel con ! Il avait été averti de la trahison, son ami le journaliste Olivares lui avait conseillé de se méfier de Pinochet, et il n'a pas réagi, il n'a jamais pris de décisions contre ses ennemis, persuadé que s'il respectait la loi, les autres la respecteraient aussi. » Cet angélisme moralement admirable a coûté plus de 3000 morts et 30 000 « disparitions », c'est cher payé une attitude éthique... Cependant, ayant vu dès 1976 le documentaire « la Spirale » de Armand Mattelart, qui décortique minutieusement comment la droite Chilienne, appuyée par la CIA, a organisé la déstabilisation du Chili pendant les trois années de l'Union Populaire, de telle sorte que le coup d’État ne pouvait être évité que par une réaction forte du gouvernement Allende, que l'opinion mondiale aurait immédiatement qualifié de « dictature » (comme à Cuba), je me dis que le piège était quasi inéluctable. Henry Kissinger, alors conseiller à la Sécurité Nationale du président Richard Nixon, déclara pendant une réunion du Conseil national de sécurité sur le Chili, le 27 juin 1970 : « Je ne vois pas pourquoi nous devrions rester sans rien faire pendant qu’un pays sombre dans le communisme à cause de l’irresponsabilité de son peuple. » En 1973, Kissinger se vit attribuer le Prix Nobel de la Paix...

jara.jpegAprès le 11 septembre, on a vu les stades emplis de chiliens emprisonnés, torturés, exécutés. Le chanteur Victor Jara assassiné après que les militaires lui eussent brisé puis tranché les doigts. Cruauté symbolique pour un guitariste, les tortionnaires ont l'humour morbide. En France affluaient des réfugiés Chiliens qui tous avaient perdu des proches, exécutés ou « disparus ». En 1973 et 1974, au théâtre Renaud-Barrault installé dans l'ex-gare d'Orsay, les Chiliens trouvaient l’hospitalité et l'écoute, nous en avons accueilli qui ne savaient où dormir, dans notre communauté de l'époque. Par esprit de solidarité mais aussi et surtout pour essayer de comprendre où ça avait péché, et pourquoi ce régime de gauche démocratique n'avait tenu que trois ans. Pour que la rage et le désespoir se transforment en leçon pour l'avenir. Plus jamais ça, plus jamais une telle horreur !

L'horreur en fait perdura sur tout le continent sud américain durant des années. L'opération « Condor » organisée par les dictateurs du Chili, Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay, etc... s'est traduite jusqu'au milieu des années 80 par des milliers d'assassinats, de disparitions et de tortures, dans une violence qui n'a pas fait beaucoup réagir les Etats-Unis ni les pays d'Europe à l'époque (certains documents donnent même à penser que la France et les Etats-Unis ont donné aux tortionnaires quelques leçons de choses...)

On rétorquera que la torture n'a été interdite par une résolution de l'ONU qu'en 1984, entrée en vigueur en 1987, soit après l'opération Condor, mais est-il besoin du droit international pour rester simplement humain ? Question d'une brûlante actualité...

Le « droit dans la guerre » à ne pas confondre avec le droit contre la guerre (qui cherche une solution politique et diplomatique aux conflits) et le droit à la guerre (qui justifie le recours aux armes dans des circonstances exceptionnelles, c'est la base même des interrogations actuelles sur la Syrie), le droit dans la guerre, donc, admet le recours aux armes mais veut le canaliser : tuer, oui, mais avec des règles et proprement. Dans ce contexte, les armes chimiques, qui tuent inexorablement, sans distinction entre civils et militaires, et avec des suites prolongées (dégâts sur l'environnement, cancers...) sont des armes de destruction massive- tout comme les armes nucléaires dont pourtant certains Etats s’enorgueillissent- interdites par une convention de 1994 applicable depuis 1997. Avant, elles furent utilisées larga manu sans que cela émeuve grand monde : le gaz orange déversé massivement au Vietnam par les américains continue ses dégâts plus de 35 ans après.

Michel, mon ami et conseiller en Droit dans la guerre, tu me corriges si j'ai faux !

Cependant, à trop s'appuyer sur le droit, ne peut-on pas justifier tout et son contraire ? La Syrie pourrait objecter qu'elle n'a pas ratifié la convention de 1994 et n'est donc pas concernée par l'interdiction des armes chimiques. Ou faire remarquer que les États-Unis et la Russie, qui détiennent à eux seuls 98 % des armes chimiques et s'étaient engagés à détruire leurs stocks en possèdent encore près de 40 %, au mépris de leurs engagements dans le traité qu'ils ont ratifié. Ou faire remarquer que le commerce des armes est autorisé d’État à État, mais que fournir des armes aux « rebelles » comme le font certains pays est illégal. Bref, on peut faire dire à la loi bien des choses...

chat.jpg

Avec son choix légaliste, Allende n'a pu empêcher le coup d’État au Chili, qui visait un président démocratiquement élu et conforté dans sa légitimité par son succès aux législatives de 1973. Pinochet a perpétré des horreurs sans aucun souci de la loi et s'est maintenu 17 ans au pouvoir sans qu'aucun pays ne conteste publiquement sa légitimité. Face à des gens qui n'ont aucun état d'âme autre que défendre leurs propres intérêts, le droit ne pèse donc pas bien lourd.

 

Ce qui amène à se demander s'il existe encore une voie pacifique pour améliorer le monde, ou si cela passe nécessairement par la violence. L'homme est le seul animal qui détruit ses semblables, le chat de Geluck a tout compris.

 

 


PS. A voir ce soir à 22h30 sur Public Sénat le documentaire de Thomas Huchon « Allende, c'est une idée qu'on assassine »

Du 11 au 18 septembre, une semaine d'hommage à Salvador Allende au Théâtre Aleph créé par Oscar Castro, réfugié en France en 1973.









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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 15:21

Tu le sais depuis la démonstration du lien entre une essoreuse à salade et l'urbanisme des grands ensembles, les petits détails font les grands changements. Ainsi donc te parlerai-je aujourd'hui, jeune Padawan, de l'influence de la roue sur la surconsommation.

embouteillage.jpgQui dit roue pense véhicule, disons automobile pour généraliser. Projette toi donc dans une voiture qui t'emmène faire tes courses. Où ça ? A l'hyper situé en périphérie, avec promesse de moult réductions et prix promo, souviens-toi du slogan « Mammouth écrase les prix » détourné par Coluche en « Mamie écrase les prouts ». Coluche est mort, les Mammouths aussi- les vrais et les hypers éponymes- mais l'immense surface commerciale perdure, que dis-je perdure ? se répand telle la tache honteuse sur le caleçon de l'incontinent.

 

cadie.jpgArrivé sur place, autre engin à roues : le chariot métallique plus connu sous sa dénomination commerciale Caddy. Le chariot est de plus en plus grand, manière de faire paraître ridiculement mesquines les courses nécessaires pour lesquelles tu étais parti, liste en main, et t'inciter à acheter des produits judicieusement placés à hauteur de tes yeux ou en tête de gondole. Tu t'exonères d'un léger sentiment de culpabilité en te disant : « Ça servira toujours », voire en affirmant que ces courses superfétatoires te dispenseront de corvée pendant au moins deux semaines, ce qui est faux. Quel que soit le volume rapporté, tu te retrouveras la semaine suivante remplissant à nouveau ton chariot de mille choses inutiles, car il t'aura manqué chez toi des denrées indispensables et puis quoi ! "Pour le frais, on ne peut pas acheter quinze jours à l'avance."

La malice du chariot est de rendre le remplissage indolore : les roues glissent sur le sol plastifié- sous réserves qu'elles n'aient pas perdu leur enrobage caoutchouté- tu peux traîner des kilos de marchandises sans que tes épaules en souffrent le moins du monde, et n'as plus qu'à les ranger dans ton coffre de voiture en t'épargnant là encore tout effort de portage.

Tu te défausses du léger sentiment de honte que te procurent tant d'achats inutiles en te disant que « zut ! Tant qu'à prendre la bagnole, autant que ce soit pour quelque chose ». C'est sans doute une des raisons, en sus des prix du foncier en périphérie, qui pousse les hypers à s'implanter loin des centre-ville : l'acheteur achète davantage avec l'idée que cela répartit sur chaque article le coût du carburant dépensé !

Je vois tes sourcils froncés par l'incrédulité et tes yeux levés au ciel pour la même raison, ce qui te donne un facies assez hilarant. Comment ? Tu ne crois pas à ma démonstration ?

On parie?  File à pied faire les courses au marché du coin, avec ta liste et un sac à provisions. Tu verras si le poids de tes achats et les quelques dizaines de mètres à parcourir en les portant ne t'inciteront pas à t'en tenir aux achats strictement indispensables.

 

 

 

 

 


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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 12:14

les fadesJ'aime le train, au point d'emprunter d'improbables tortillards comme le Gaillac/ Clermont-Ferrand : 25 arrêts, 5h de trajets pour environ 300km. Et de prendre régulièrement le train de banlieue, tout en me demandant pourquoi, si je vais à Montparnasse- de gare à gare, donc- je dois payer un ticket combiné train+métro alors qu'il existait autrefois des tickets train, et des tickets métro dont l'addition n'était pas plus chère. Et pourquoi le combiné permet de prendre le train, puis le métro, mais pas le train, puis le bus. Parce que le bus, c'est la RATP ? Ben le métro aussi !

Aux jeunes qui n'ont pas connu la guerre de 1968- comme dirait Franck Lepage- je jure qu'il fut un temps où on pouvait acheter un billet dans n'importe quelle gare et l'utiliser pendant 2 mois le jour qu'on voulait, ou se le faire rembourser sans difficultés si on ne l'avait pas utilisé. La réservation était un choix, pas une obligation. Et le train annoncé à 18h43 arrivait effectivement à 18h43, cela émerveillait la petite fille que j'étais, une telle exactitude après des centaines de kilomètres.

Aujourd'hui, tout a été mo-der-ni-sé et voilà le résultat. Je ne parle pas des accidents de cet été, c'est un autre sujet. Je parle des tracasseries qui accompagnent la détérioration d'un service public jadis irréprochable.

train4Samedi 22 juin: « notre train est arrêté en pleine voie par suite des intempéries ». Bizarre qu'un engin fait pour rouler dehors ne soit pas adapté aux intempéries, mais de plus, il fait un temps superbe ! Renseignements pris, il y a eu un orage le jeudi et des arbres sont tombés sur la voie. Enlevés le vendredi, puis les agents sont partis, prévoyant d'éliminer les arbres chancelants le lundi suivant. Las ! Les végétaux ne respectent pas le week-end et sont tombés le samedi !

J'entends d'ici les clameurs de certains sur la paresse des « fonctionnaires » de la SNCF incapables de bosser le week-end. Point du tout, mes seigneurs, la preuve : il y avait foultitude d'agents pour faire face à l'immobilisation du train. En revanche, les effectifs de maintenance, drivés par RFR (Réseaux ferrés de France) sont en diminution constante pour cause d'économies. Or, pour bosser le week-end, il faut y être autorisé par son patron, et payé, tant qu'à faire... Bilan : 2h de retard sur un trajet prévu de 3h. Et aucune indemnisation, « l’intempérie » étant un cas de force majeure.

train225 Juillet : après 200km à vélo, je fais la dernière étape en train et prends soin de vérifier auprès d'un agent SNCF qu'il est possible d'embarquer une bicycletteà bord. « Pas de problème ! » Mais sur le quai, cinq minutes avant le départ, un contrôleur me demande si j'ai payé la réservation à 20 euros pour mon deux-roues « Non, on m'a dit que c'était d'accès libre. -Non madame, ce n'est pas libre. »Vu l'urgence, je le préviens que je monterai quand même et lui se réjouit à l'idée de verbaliser... Arrive un collègue qui soupire : « Je me suis fait engueuler par le chef hier. - Pourquoi ? - J'ai verbalisé un voyageur monté avec son vélo sans réservation deux-roues. - Et alors ? -Depuis cette semaine, c'est gratuit, il n'y a plus besoin de billet pour les vélos. » La consigne n'avait pas été transmise, et nombre de voyageurs ont dû être verbalisés à tort...

12 août : par Internet je réserve un billet pour le 21 août et demande l'envoi du billet à domicile. D'ordinaire, ça marche très bien mais là, rien. Le 17, je reçois un mail « Vous n'avez pas confirmé votre réservation, il est encore temps d'acheter votre billet ». Munie du mail de confirmation et paiement, je m'énerve cinq minutes sur le serveur payant 36-35 puis déniche un numéro magique- prix d'une communication locale et personne réelle au bout du fil- qui m'assure que mon billet est parti le 13 août et que le mail que j'ai reçu vient d'un bug sur le site, comme d'habitude.

fou4.jpgLe 19, toujours rien. Je rappelle le numéro et demande comment obtenir un duplicata de mon billet. Surprise : « La SNCF ne délivre pas de duplicata car les billets ne sont pas nominatifs (FAUX : avec une réservation, le nom est inscrit sur le billet). Vous devez acheter un nouveau billet à un guichet que vous obtiendrez dans les mêmes conditions tarifaires (merci, SNCF!) et remplir un formulaire pour que la SNCF vous rembourse les billets non parvenus à destination. Je réponds qu'il est hors de question que j'avance 144 euros à une entreprise infoutue de remplir ses engagements et qui, de surcroît, mettra plus d'un mois à me rembourser. « Je vais partir avec mon mail de confirmation et ferai une réclamation à la direction. » L'interlocuteur hésite, il sait que l'appel « est susceptible d'être enregistré dans le cadre de l'amélioration du service » : « Vous faites comme vous voulez, mais je ne peux vous recommander une solution non prévue dans la procédure officielle. »

Heureusement, le billet est arrivé le 20 après-midi. Je dis « heureusement » car sur le quai, il y avait un contrôleur à l'entrée de chaque wagon, qui aurait été capable de m'empêcher d'embarquer. Manque d’effectifs pour la maintenance, mais pas pour le contrôle...

26 août : « notre TGV est immobilisé en pleine voie car le TGV qui le précède a heurté un chevreuil. Retard prévu de 50 minutes ! » Un éclat de rire salue l'annonce : chasser le chevreuil avec un TGV, on ne nous l'avait jamais fait ! Quand le train est reparti après 15' d'immobilisation mais est tout de même arrivé avec 50' de retard, on s'est demandé si le malheureux chevreuil n'avait pas été condamné par représailles à tracter l'attelage.

Je ne vous aurai pas narré ces petites mésaventures si je n'avais déniché dans un RELAY un recueil intitulé « A bord, petites histoires de train » édité par la SNCF, dont la dithyrambique présentation m'a inspiré un fou-rire nerveux :

De Rennes à Marseille, en passant par la Belgique, ils ont de belles histoires à raconter ces contrôleurs nommés désormais « chefs de bord ». Des histoires poignantes, inattendues, tantôt tendres, tantôt rudes. Assister à un accouchement, sauver une vie, éviter un braquage, improviser un concert dans le train ou un pique-nique à quai ou faire face aux incivilités ordinaires, la vie du contrôleur n’est pas un long fleuve tranquille. Et tout son art réside dans le goût du dialogue et le sens de l’improvisation.

 

 


 





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20 août 2013 2 20 /08 /août /2013 20:58

 

Parfois les rediffusions de l'été ont du bon, comme celle- sur LCP- du documentaire en deux parties de Patrice Benquet « Françafrique » précédemment diffusé sur France 2.

C'est du réel, mais ça a tout du polar politique. On y rencontre des services secrets officiels (DGSE, SDECE), certains plus confidentiels (à l'Elysée) et d'autres à la fois plus secrets et plus confidentiels au sein de la société ELF, grande manitou pendant des années de la politique française en Afrique pour cause de gisements pétroliers au Gabon et au Niger.

faim.jpgL'obsession du pétrole a commencé avec de Gaulle qui voulait que la France soit une grande puissance énergétique. Qu'il faille, pour cela, soutenir des dictateurs, financer les campagnes électorales des politiciens africains pourvu qu'ils soient soumis à la France, provoquer des guerres civiles qualifiées « d'ethniques » en appelant le bon peuple français à envoyer des sous pour les milliers d'enfants orphelins et/ou affamés que génèrent ces guettes peu importait : il fallait du pétrole !

Francafrique.jpgDans cette Françafrique des années 60 à 2000 s'affairaient des barbouzes (le fameux Bob Dénard), des mercenaires, des ministres de gauche comme de droite, des industriels, des financiers et les fameux « réseaux Foccart » du nom du responsable des affaires africaines sous de Gaulle... toujours vivant sous Sarkozy. La France joue pleinement la carte de la Françafrique du fait de son passé colonial mais aussi parce qu'elle a été adoubée par les puissances occidentales comme « gendarme de l'Afsankara.jpgrique », avec pour mission de barrer la route au communisme. ( avec le recul, c'est extraordinaire le nombre de guerres, massacres, assassinats et coups d’État qui ont été perpétrés dans le seul but de « faire barrage au communisme »)

La première partie du documentaire « la raison d’État » couvre les années 60 à 89. Les protagonistes de l'époque encore vivants sont vieux et ne risquent plus rien à raconter les espionnages, les coups d’État téléguidés, les financements occultes. Il en résulte des phrases cocasses. « Ce chef d'Etat africain était au départ communiste, mais il est redevenu tout à fait normal », Ou bien cette secrétaire de l'Elysée racontant qu'elle transportait des mallettes pleines de billets destinés à des opérations secrètes en Afrique : « Je ne voulais pas prendre le métro avec tout cet argent, alors je cherchais un taxi et comme d'habitude je n'en trouvais pas ! » Ou encore Loïch Le Floch- Prigent, nommé par F. Mitterrand à la tête de ELF et expliquant placidement que la gauche au pouvoir n'avait nullement mis fin aux réseaux douteux de la Françafrique : « La seule différence, c'est que l'argent que nous versions autrefois à la droite, il fallait à présent le partager entre la gauche et la droite ».

pollution.jpgLa deuxième partie commence avec la chute du mur de Berlin. Effet domino : plus de péril communiste, donc plus besoin du gendarme de l'Afrique, donc appétits des autres pays – USA, Chine, Russes- pour les richesses pétrolières et minières du continent noir, au détriment de la France qui fait tout pour garder son pré carré, et notamment ses relations avec le Niger, eldorado de l'uranium. Sauf que les pays africains, à partir de 1990, comprennent qu'ils peuvent faire jouer la concurrence... Deuxième événement majeur : l'affaire ELF, qui révèle le rôle joué par cette entreprise nationale dans moult opérations troubles. Eva Joly n'en revient pas. Ce n'est pas un perdreau de l'année, mais ce qu'elle découvre la laisse pantoise et effraie tant le landernau économico-politique qu'elle-même et sa collègue Laurence Vichnievsky doivent être protégées par des gardes du corps, après avoir reçu des menaces précises et physiques. L'absorption du géant ELF par la petite TOTAL n'a eu pour objectif que d'éliminer la trop compromise société des lubrifiants français...

Aujourd'hui, les affaires continuent... pour le pétrole et surtout l'uranium du Niger. D'où l’escroquerie qui consiste à affirmer que le nucléaire est garant de l'indépendance énergétique de la France. Quelle indépendance quand on dépend entièrement d'une ressource minière étrangère. Et à quel prix ? Celui des otages, notamment ceux qui travaillaient chez AREVA, et celui des tractations secrètes qui n'ont aucune raison d'être moins tordues que celles des décennies précédentes. Derrière chaque guerre dans un pays d'Afrique, regardons ce que recèle sons sous-sol et quelle est sa position stratégique. Au Mali et en Egypte aujourd'hui, comme en Côte d'Ivoire il y a neuf ans, on saura sans doute les vrais dessous des conflits après vingt ans de poudre aux yeux et des milliers de morts.

Ben voilà, j'ai réécrit un billet... grâce à vos commentaires qui m'y ont encouragé, et aussi parce qu'en écoutant les protagonistes de ce documentaire, je me suis dit : ils n'ont aucun état d'âme, c'est effrayant... Ne plus parler, ce serait leur laisser la parole, et le triomphe du cynisme.


francafrique3.jpgvisible au musée de la Françafrique.



 

 
Une chanson qui faisait les beaux jours des radios africaines en 1961/62



 

























 

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11 août 2013 7 11 /08 /août /2013 12:37

mediter.jpgC'est peut-être à cause de l'été, mais l'idée d'écrire un billetblog me fatigue, d'autant que je me demande si ça a une réelle utilité, hormis celle de soulager des lecteurs/trices qui trouvent dans ce que j'écris un écho à leur propre ressenti, ce qui est agréable, mais quid de l'après ? Quid de l'utilité réelle des mots pour changer le monde ? J'en publie depuis 1974 et force m'est de reconnaître qu'ils ont eu une efficacité plus que limitée.

« La vie au vertical modifie le comportement des gens. L'être humain, naturellement, se déplace horizontalement. Pour se déplacer verticalement, il doit avoir recours à des moyens mécaniques comme les ascenseurs. Sa relation avec les autres devient artificielle, il n'y a pas de rencontre... Les gens qui ont conçu les tours y ont tout placé : logements, parkings, centre de loisirs, commerces... Cet excès de possibilités apparaît à première vue comme un avantage, mais en réalité il est vécu comme une cessation des rapports humains. » (Dr Bensoussan, ITV réalisée par moi en 1977 pour ELLE)

Frapper les cieux d'alignement

 

A l'homme des villes nouvelles on crie « attention à la rue, attention aux voisins, attention aux excès, insécurité, insécurité » pour transformer ses souvenirs en pièges redoutables, arracher ses nostalgies à la racine et l'inciter à se réfugier dans un décor rassurant où des fontaines artificielles éclairées au néon projettent des gouttes de polystirène multicolores.

« A la Défense, aucun élève de maternelle ou de primaire n'aura à traverser de voie automobile » (Bulletin d'information EPAD n° 12). Apprenons leur aussi à nager sur un pliant, devant une photo de la mer, de peur des embruns, et reléguons l'aventure au rang des accessoires pour fanas de western. Vive l'air conditionné, les ascenseurs ultra-rapides, la sécurité sociale, les assurances tous risques, le changement dans la continuité, et pour finir madame, mademoiselle, monsieur, comme le prévoyait le génial Boris Vian, voici la cage tout confort pour élever les enfants sans danger.

 

 

Extrait de « Frapper les cieux d'alignement », écrit en 1978, il y a 35 ans. Je n'étais pas la seule à dénoncer les risques d'une urbanisation inhumaine et la dérive qui transforme le légitime besoin de sécurité en terrorisme sécuritaire, où chaque geste de la vie quotidienne est réglementé avec sanctions à l'appui, moyen le plus sûr d'infantiliser les personnes au lieu de les habituer à prévenir et assumer elles-mêmes les risques de la vie.

fou3.jpgt-shirt_2_petit.jpgA quoi a servi ce livre, que j'avais envoyé à François Mitterrand lorsqu'il s'était ému de la violence dans les banlieues (déjà!) ? Il m'avait répondu en me proposant une entrevue que j'attends encore, et comment ont évolué les banlieues, désormais appelées « cités » ou « quartiers » ? Comme c'était prévu dans mon livre: vers la violence, attisée par la crise économique, dont on parlait déjà depuis 1973 (premier choc pétrolier)

Alors écrire pour dénoncer, informer... Parfois je me dis qu'Internet, et notamment Facebook, sont un gigantesque défouloir pour permettre aux gens de se dire qu'ils agissent en publiant une info ou en signant une pétition, alors que les responsables réels des dégâts ne sont en aucune façon inquiétés, un succédané affectif pour trouver du réconfort ou de l'admiration en collectionnant les "like".

Même questionnement pour les associations, dont j'admire le dévouement et l'action, évidemment... Mais je ne peux m'empêcher de me souvenir que Coluche avait créé les « Restos du cœur » en précisant qu'il s'agissait d'une action d'urgence qui devait disparaître dans les 5 ans à venir faute de quoi ce serait un échec, et ils sont toujours là, plus de 25 ans après, avec encore plus de pauvres qu'à leur création. Le WWF me demande des sous pour lutter contre le massacre des grands singes d'Afrique, mais qui massacrera les massacreurs ? Qui mettra en taule les exploiteurs et esclavagistes du monde moderne au lieu de quêter pour les défavorisés, comme on dit aujourd'hui ? Les actions humanitaires qui viennent en aide aux victimes d'exactions sont nécessaires à court terme, mais ne sont-elles pas aussi briseuses de la saine révolte qui nous permettrait d'aller casser la gueule (ou plus si nécessaire) aux responsables de ces exactions? Comme dirait Blutch avec sa sagesse suisse : « Franchement au lieu de se suicider à cause du chômage, il vaudrait mieux aller tuer le patron qui vous a licencié, ce serait plus efficace. »

Bref, la possibilité de s'indigner en chœur n'est-elle pas juste un tranquillisant, une manipulation, un agir-like gentiment concocté par les décideurs de ce monde pour canaliser nos révoltes et éviter toute action qui les mettrait vraiment en danger?

 

 

 

 

 

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 15:11

 

P1040081Entre Montargis et Nevers, via Briare et la Charité sur Loire, on découvre un pays d'eau, de fleuve, rivières et canaux, où la vie se déroule au rythme des écluses : 38 écluses pour le seul canal de Briare!

P1040099On les longe à vélo tandis que d'autres les parcourent en bateaux. Le grand projet qui part de Nantes pour arriver... en mer Noire, « la Loire à vélo », se concrétise peu à peu, avec des morceaux de routes spécialement dédiés à ces deux-roues pacifiques dont les possesseurs se saluent en se croisant, sans bruit de moteur, juste celui du pédalier.

P1040122Le marinier est solitaire mais liant, il aime informer le passant de choses surprenantes, par exemple qu'il transporte des centaines de tonnes d'orge par voie fluviale jusqu'en Belgique pour la fabrication de bière Belge, vu que la Belgique, trop exiguë, n'a pas les surfaces nécessaires pour cultiver assez d'orge.

P1040168L'éclusier est solitaire mais souriant, il aime raconter sa vie rythmée par les coups de fil qui lui annoncent l'arrivée des bateaux, les va-et-vient d'une écluse à l'autre qu'il fait souvent à bicyclette, la quantité d'eau déplacée pour équilibrer les niveaux... L'écluse est une invention surprenante, elle consomme très peu d'énergie tout en mettant en œuvre des forces incroyables. Des vérins hydrauliques assistent parfois l'éclusier, mais souvent il tourne encore la manivelle à la main. Aux mains plutôt, car il y faut les deux bras. L'éclusier se modèle une musculature harmonieuse et symétrique.

 

 

 

L'ÉCLUSIER (FRED MERPOL)

 

P1040173En été, avec le trafic fluvial touristique, l'éclusier est à l'écluse, et pas sur les chemins de halage. Dommage, c''est juste la saison où l'herbe pousse, alors il nous arrive de pédaler dans un sillon malingre, avec de l'herbe jusqu'aux cuisses. Cela incite à rejoindre la départementale voisine, où le macadam surchauffe et les automobilistes foncent... Les chemins de halage sont pourtant une richesse touristique considérable, ils permettent de se déplacer dans des paysages insoupçonnés, mais si VNF (voies navigables de France) continue de réduire les effectifs et de rogner sur l'entretien des chemins, les touristes déserteront, mauvais calcul à long terme... Le même que celui de réseaux ferrés de France, qui néglige l'entretien des voies faute d'effectifs suffisants et c'est pourquoi de plus en plus souvent les trains sont immobilisés pour cause de chutes d'arbres sur les rails et d'absence de personnel pour les retirer. Parfois, c'est juste gênant, parfois, ça cause des accidents. .. Les intempéries liées au dérèglement climatique + l'absence d'entretien liée au désir de faire des économies créent un cercle vicieux... et coûteux .

P1040107Près de la Loire, on longe des champs de tournesol sur des sentiers idylliques, puis apparaît soudain... une centrale nucléaire (Belleville). Très étrange  sensation, cette énormité dans un paysage champêtre, ces deux colossales cheminées crachant silencieusement leur vapeur en nuages absolument immobiles sous le soleil torride, cela procure un sentiment d'incongruité difficile à analyser, qui donne envie tout soudain d'accélérer le rythme pour filer ailleurs. ( nous avons pédalé par 34° à l'ombre, sous le cagnard on n'a même pas osé compter... Avantage : pas besoin de pause pipi, on élimine par tous les pores, malgré les deux litres d'eau par jour et par personne.

P1040126P1040131La Charité sur Loire est une cité dédiée aux mots depuis plusieurs années. Les murs des maisons comme les vitrines des commerçants s'ornent de citations qui offrent aux habitants une familiarité quotidienne avec   les mots et les phrases.

P1040129P1040130L'écrit imprègne l'esprit et c'est sans doute pourquoi cette ville possède un nombre incroyable de librairies. Chaque année, le public choisit « le mot de l'année » lors d'une manifestation animée par Alain Rey. Le choix reflète souvent l'actualité. L'un des derniers (2012 ou13?), était « précarité. »

P1040157Sous le soleil exactement, entre la Loire sauvage et le canal latéral, puis au Bec d'Allier où se rejoignent la Loire et l'Allier, les oiseaux se déploient, solitaires ou en bandes, on écoute le silence qui n'a rien d'angoissant, on demande son chemin à des cafetiers bourrus mais heureux- je cite- « d'avoir pu renseigner de si charmantes personnes ».

P1040138On s'offre des échappées belles d'une côte à une descente, puis d'une descente à une côte en jouant du dérailleur avec une jubilation gamine, pas étonnant qu'un ingénieur de PSA, à qui sa Direction avait demandé d'imaginer le véhicule du futur « économe en carburant, facile à réparer, écologique, léger, économique » ait répondu : « Monsieur, il existe déjà : c'est le vélo ».

 

 

 

 

A BICYCLETTE (YVES MONTAND)

 

 

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20 juillet 2013 6 20 /07 /juillet /2013 15:04

entrepot2.jpgCes phrases que l'on dit, qu'on entend, que l'on répète parfois, juste parce qu'elles imprègnent si profondément notre inconscient que beaucoup de gens sont déçus lorsqu'ils se trouvent face à la réalité amoureuse.

L'Amour est aveugle : cette phrase absurde (serait-ce merveilleux, un sentiment qui rend infirme ) explique le désarroi de ceux (celles) qui, lorsque leur regard devient critique envers l'être aimé(e), se demandent s'ils (elles) aiment encore. Pourtant, c'est précisément quand on accepte l'Autre avec ses imperfections qu'on commence à l'aimer vraiment. Pour ce qu'il (elle) est. Pas pour ce qu'on souhaiterait qu'il ( elle) soit.

( à partir de maintenant, je ne préciserais plus « il » (elle), étant entendu que ce billet s'adresse de la même façon aux femmes et aux hommes, qu'ils aiment des hommes, des femmes, ou les deux.

caresses.jpgCoup d'un soir ou histoire sérieuse? Seul le temps le dira. On peut passer une nuit d'anthologie avec une personne et s’apercevoir qu'on n'a pas du tout envie de la revoir, ou à l'inverse découvrir une complicité d'enfer avec une autre, qui ne nous a pas fait grimper aux rideaux.  

Je t'aimerais toujours : promesse de Gascon ! C'est à la fin de sa vie qu'on sait si on a aimé et qui on a vraiment aimé, pas au moment où on tombe amoureux (tomber, bizarre que l'Amour commence par une chute...).

Je ne te reverrai jamais, jamais !!!: colère de Gascon. Des ruptures peuvent se transformer en retour de passion, d'amour ou d'amitié. Des liens distendus par le temps ou les circonstances se renouer lors de retrouvailles inattendues.

Toujours ou jamais sont des mots à bannir de l'univers amoureux. Ils l'enferment alors que l'amour a besoin de portes ouvertes et d'inattendu.

P1000946.jpgOn s'aime comme au premier jour : Eh non... Dès le 2ème jour, l’amour commence à évoluer, alors trois, cinq ou dix ans après... Si l'on veut exprimer qu'on est toujours amoureux, pourquoi pas, mais cela ne garantit pas la solidité dudit amour. Voir la séparation de DSK et Anne Sinclair après que celle-ci eût maintes fois déclaré : « On s'aime comme au premier jour ».

Avec toi, ce n'est plus comme au premier jour ( variante : ce n'est plus comme avant) Heureusement ! Si l'amour se figeait dans l'état du premier jour, ce serait terrible ! Signe qu'aucun des deux amoureux n'a grandi, appris, évolué... Signe d'une infinie monotonie de la relation et surtout d'un refus du temps qui passe et crée notre histoire commune comme nos histoires personnelles.

Si on va voir ailleurs, c'est qu'on ne s'aime plus : si on va voir ailleurs, c'est qu'on a des yeux pour voir- ouf!- et découvrir qu'il existe de par le monde bien des personnes intéressantes, stimulantes, aimables, ce qui est plutôt réconfortant. Que le désir puisse s'en mêler est plutôt bon signe, signe de vitalité...

bonobosSi on n'est pas pas jaloux, c'est qu'on n'aime pas vraiment : pour ne pas être jaloux, il faut aimer tellement une personne qu'on se réjouit de tout ce qui la rend heureuse, même lorsque ce qui la rend heureuse ne nous concerne pas. Être jaloux, c'est vouloir que le bonheur de cette personne dépende exclusivement de soi. Ce peut être désir de pouvoir, orgueil de se croire universel et merveilleusement « aimable », ou au contraire crainte d'être abandonné et manque de confiance en soi, mais ce n'est pas signe d'amour.

Je ne peux pas vivre sans toi : mais si, mais si... Jusqu'à ce qu'on se rencontre, tu as vécu sans moi. Tu le pourrais encore, même si toute rupture ou deuil restent douloureux. La réalité oblige à surmonter des épreuves dont l'idée même semble insupportable avant qu'elles ne surviennent. Enfant, l'idée de perdre ses parents est inimaginable. Lorsque cela arrive, le chagrin est immense mais- heureusement- la majorité des gens continuent à vivre et même à être heureux.

émeuSi tu me quittes, je te tue : logique absurde. Certes « partir, c'est mourir un peu », mais mourir c'est partir beaucoup » ! En me tuant tu t’infligerais d'être quitté pour toujours, alors que la vie aurait pu, peut-être, nous faire nous retrouver.

Pour ranimer l'amour en temps de crise, rien ne vaut un week-end (une semaine) en amoureux :autant un week-end est merveilleux entre amoureux, autant ce peut être un cauchemar entre des personnes qui s'interrogent pour savoir si elles s'aiment encore. Mieux vaut prendre des distances pour réfléchir posément, sans agressivité, avec respect. Comme il est souvent nécessaire, dans un musée, de s'éloigner d'un tableau pour en apprécier pleinement la beauté.

Je veux sauver (préserver) mon couple ! Marronnier périodique des magazines féminins. Primo, le couple est-il la seule ou la meilleure façon d'aimer, au point que hors le couple, point de salut ? Pas forcément. Et même en optant pour la vie de couple, pourquoi vouloir le planifier comme un couple idéal avec des exigences et des enjeux qui le rendent angoissant ? Les gens qui passent plus de trente ans ensemble le disent souvent : « Ça c'est fait sans qu'on y pense et au final, ça a passé très vite ». Vouloir un « projet de couple » comme on a un projet professionnel fait de l'amour une composante marketing peu affriolante pour cet enfant de Bohême...

Architeture eros IILe cul est le ciment du couple : pas vraiment... Le désir et le sexe sont les déclencheurs de la rencontre, l'eau qui rend le ciment humide (et pas que le ciment!), mais comme pour toute construction, il faut que l'eau s'évapore peu à peu pour que le ciment prenne et que la construction soit solide. Passée la « phase hormonale », le cul (le sexe) reprend donc sa vraie place, importante mais pas primordiale. Les sexologues rencontrent même des couples quasi platoniques mais heureux et très amoureux l'un de l'autre, qui ne consultent pas parce que le sexe leur manque, mais parce qu'ils se demandent s'ils sont normaux.

A la ménopause, le désir s'éteint :faux! A la ménopause, les hormones féminines destinées à la maternité cessent progressivement, mais la testostérone (hormone mâle, mais aussi hormone du désir) reste stable chez les femmes. Une femme ménopausée a donc physiologiquement tout ce qu'il faut pour désirer autant, sinon plus que lorsqu'elle était jeune ! Seul l'en empêche l'idée qu'elle se fait d'elle-même... et des hommes qui l'entourent. Plus le tabou social.

Pour finir, une phrase que j'adore :

gays.jpg« Aimer, c'est partager tout ce qu'on a envie de partager. Pour le reste, que chacun mène sa vie comme il l’entend. Seul cet amour est durable. » (Benoîte Groult)

Et un principe:

En amour, pour toute décision importante, se marier, concevoir un enfant ou se quitter, ne jamais décider dans la phase hormonale du désir (soit entre deux et trois ans) durant laquelle le jugement est fortement altéré.

 

 

o igor


BONNES VACANCES, AVEC DEUX CHANSONS AMOUREUSES :)  LA SECONDE SPECIALEMENT POUR ANDIAMO

 



 

 





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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 15:36

barques_malte.jpgCher cardiologue,

Il y a presque deux ans, lors d'un bilan effectué très sérieusement, vous avez conclu que mon HTA (hypertension artérielle) me conduirait droit à une mort rapide si je refusais vos traitements. Les examens subis me trouvant un cœur en pleine forme, des artères larges et aucunement obstruées, aucune atteinte rénale et pas de surpoids, je venais de vous dire qu'ayant de surcroît une alimentation équilibrée et une pratique sportive régulière, cette HTA n'était qu'un facteur de risque qu'il ne fallait pas dramatiser. Vous l'aviez pris fort mal, surtout quand je me permis de m'enquérir de leurs effets secondaires à chacune de vos propositions de traitement, échaudée par les affaires du Mediator, de certaines statines et autres médicaments au long cours. (mes années de journalisme médical m'ont appris des choses...) .

illusion.jpgCependant, j'acceptai votre prescription d'un médicament dont je tairai ici le nom, en m'étonnant tout de même que vous doubliez la dose habituellement prescrite, ce à quoi vous répondîtes : « Vu votre état, il faudrait vous donner deux médicaments différents, mais comme votre attitude me donne à penser que vous ne les prendriez pas, je vous en prescris un seul en doublant la dose. » Ce raisonnement pifométrique- pourquoi prendrais-je plus volontiers une double dose, et sur quel raisonnement scientifique reposait cette prescription ?- ne m'empêcha pas, car je suis bonne fille, de suivre rigoureusement votre prescription pendant deux mois... sans aucun résultat ! L'HTA ne baissa pas d'un dixième ni d'un centième. J'arrêtai donc tout et allai voir mon généraliste homéopathe, acupuncteur et surtout médecin de la famille depuis 25 ans. Cet homme soigne des personnes et non des maladies. C'est le genre de médecin qui vous ausculte avec les mains, et vérifie tout, y compris votre état énergétique vu sa formation, même si vous venez pour une simple rhume. Nous passâmes en revue les différentes options thérapeutiques, les vôtres comme les traitements de phyto et aromathérapie que j'avais testés sans grand succès, pour finir par le traitement le plus simple et comportant le moins d'effets indésirables.

J'ai le plaisir de vous informer que j'ai depuis ce jour une tension de jeune fille, au point que nous allons réduire la dose de moitié et évaluer ensemble le résultat. »

revenge.jpgCe même généraliste m'a appris une nouvelle qui n'a bizarrement fait aucun bruit dans le landernau médical: en avril 2013, le calendrier vaccinal a été profondément remanié. Ainsi, des vaccins obligatoires DTP Diphtérie-tétanos-polio (trois injections, suivies d'un rappel un an plus tard, puis de rappel tous les 5 ans jusqu'à 21 ans, et enfin tous les dix ans à l'âge adulte) . Aujourd'hui, il a été décidé que des rappels adultes tous les vingt ans – 25, 45, 65 ans- puis de nouveau tous les dix ans- 75,85,95... pour tenir compte de l'affaiblissement su système immunitaire avec l'âge, sont suffisants. La mise en place de ce nouveau calendrier donne d'ailleurs lieu à des consignes assez ubuesques :

jouer.jpgEn étudiant ce dossier, on s'aperçoit que le changement de calendrier a surtout pour objectif une « meilleure observance de l'obligation vaccinale ». En somme, on espace les rappels et on les fait à âge fixe pour qu'ils soient mieux acceptés et plus faciles à mémoriser. Pour décider ce changement, les experts de la Santé publique ont examiné ce qui se fait dans d'autres pays et constaté que tous ont des calendriers différents, ce qui montre à quel point les remontrances des toubibs du style : « vous avez trois mois de retard pour votre rappel, il va falloir recommencer la vaccination à zéro » n'avaient aucun fondement scientifique. On s'est pris une injection tous les dix ans et où on nous dit aujourd'hui que tous les 20 ans suffisent à protéger! C'est ce que font les Suisses. Les experts français ont suivi cet exemple, vu que les Suisses ne semblent pas souffrir davantage de D-T-P que nous. Cela relève de l'empirisme et non de la recherche scientifique, et ce n'est pas le seul domaine. penseur.jpgLors d'une enquête que j'avais faite sur « vieillissement et cancer », des chercheurs m'avaient expliqué qu'il est très difficile de déterminer les doses optimales de chimiothérapie chez les sujets âgés, d'une part parce que déontologiquement on ne pratique pas d'essais thérapeutiques sur eux avant commercialisation du produit, d'autre part parce que leur organisme souvent affaibli (diabète, immunité moindre, cœur et reins moins performants) ne permet pas de savoir avec certitude comment ils vont réagir aux molécules. D'où des tâtonnements parfois inefficaces, parfois toxiques dont les médecins ne sont nullement responsables, mais qui devraient les inciter à ne pas se poser en mandarins pleins de certitudes comme certains... et à répondre aux questions de leurs patients sans impatience. La médecine est un art relationnel au moins autant qu'une science ou une technique.

Au magazine où je travaillais, j'avais collé au-dessus de mon bureau un dessin de Sempé montrant un petit homme priant dans une Église : « Mon Dieu, j'ai tellement confiance en vous qu'il m'arrive de vous appeler Docteur ».

A l'inverse, on souhaiterait que que les médecins ne se prennent pas pour Dieu.

 

couv century3 copie

BONNES VACANCES!  Dépêchez-vous de commander le CDI de Dieu- ou tout autre livre des éditions Autres Mondes avant le 20 juillet. Du 21 juillet au 4 août, les expéditions ne seront pas assurées (vacances, enfin!) excepté l'envoi de livres numériques. Pour ceux-ci précisez bien sur le bon de commande le format souhaité: epub, mobi ou PDF.

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 19:23

 

 

dsc01377_cavepanayota__c__aj.jpgUn ami anxieux d'arriver à l'âge de la retraite expliquait qu'il ne voulait pas « passer ses journées dans un fauteuil avec un rétroviseur à la fenêtre pour regarder dans la rue. » L'immense foule des retraités aux journées si remplies qu'ils se demandent comment ils pouvaient caser un emploi à plein temps dans leur vie d'avant appréciera. Si les retraités passaient leur temps à ne rien faire, selon l'expression du président P1000871.jpgretraité Nicolas Sarkozy, les dizaines d'associations dont ils s'occupent, les petits-enfants qu'ils gardent, les très vieux parents dont ils prennent soin, les vendeurs de voyages dont ils sont les meilleurs clients, les librairies qu'ils fréquentent aussi assidûment que les bibliothèques, les maisons qu'ils bricolent faisant ainsi la fortune des marchands d'outillage, les manifs qu'ils remplissent en rangs serrés... tout ceci s'effondrerait et on s'apercevrait que les retraités sont plus qu'utiles : indispensables.

P1000860Par parenthèse, ils démontrent brillamment qu'avec un revenu minimum décent, les gens ne deviennent pas soudainement des paresseux inutiles, mais au contraire se consacrent aux autres et à eux-mêmes comme ils n'ont jamais pu le faire auparavant et créent quotidiennement de la fraternité et du plaisir, denrées ô combien vitales pour mieux vivre. Un argument de poids en faveur du revenu minimum pour tous !

Pas de rétroviseur sur la fenêtre, donc, mais un rétroviseur dans la tête, forcément. Pas nostalgique, lucide. Savoir qu'une guerre finit toujours par un armistice et que les ennemis d'hier seront les amis de demain devrait inciter à refuser ces conflits imbéciles où meurent tant de jeunes pour que 5 ou 10 ans plus tard les vieux généraux qui les ont envoyés au casse-pipe- bien vivants, ceux là!- se congratulent dans des pinces fesses diplomatiques.

revolution.jpgSe souvenir qu'en 1981, le PS a conquis le pouvoir grâce à l'Union de la gauche (Parti communiste+ radicaux de gauche), puis que le président socialiste a tout fait pour affaiblir ses alliés électoraux, y compris en favorisant l'essor du FN, permet de ne pas être dupe des discours navrés d'aujourd'hui sur le retour de l'extrême-droite. Une fois de plus, le désir d'hégémonie du PS l'amène à vouloir écraser ceux qui l'ont aidé à arriver au pouvoir (Front de gauche, NPA, écologistes) au prix accepté d'une montée de l'extrême droite. L'Histoire, dit-on, ne repasse pas les plats ? Il semblerait que si, et il y a des enseignements à en tirer... N'en déplaise au Dr Freud et à son principe de répétition, rien ne nous oblige à répéter les mêmes erreurs quel qu'en soit le domaine (public ou privé) excepté l'oubli.

mari_s3.jpgDans le rétroviseur de la vie, avec l'aide de photos anciennes et/ou de vieux carnets intimes, on s'étonne de ce qu'on a vécu : les passions éternelles dont on croyait ne jamais se remettre et dont on sourit aujourd'hui, les conflits amicaux, familiaux qui semblent si anodins à ceux qui s'affirmaient hier « fâchés à mort », les disparitions de proches et d'amis, qu'on se pensait incapable de surmonter, qu'on se refusait même à envisager, et qui n'ont pas empêché qu'un jour plus ou moins proche, on trouve à nouveau la vie belle, le soleil lumineux, le vin délicieux et l'amour vertigineux. Les enfants qu'on n'aurait jamais si on imaginait les nuits sans sommeil du début, les caprices des petits, les maladies infantiles, les accidents, les folies adolescentes, l'insolence de certain(e)s, les résultats scolaires désastreux, les « mais qu'est-ce qu'il (elle) va devenir... et dont on s'émerveille en regardant le beau jeune homme ou la jeune femme superbe qu'ils sont devenus. On a bien fait de se répéter les jours difficile : « Normalement, ça devrait aller mieux dans vingt ans. » marinaVingt ans, tant que cela ? Mais vingt ans, c'est très court ! Je me souviens de mon premier article commandé par le magazine ELLE sur « le premier chagrin d'amour ». J'avais 22 ans, mon premier chagrin datait de 7 ans plus tôt, et je m'étonnais d'avoir déjà des souvenirs de plus de 7 ans, pas des souvenirs d'enfance, des souvenirs de grande ! Dans le rétroviseur de la vie se reflètent désormais des souvenirs qui ont 30, 40, 50 ans... d'une précision incroyable. C'est fou ce qu'on a vécu, ce qu'on a réalisé, les centaines de personnes que l'on a rencontrées, côtoyées, et que l'on retrouve sur des photos dont l'analyse « Modianesque » réveille des souvenirs de soirées épiques, d'audaces ludiques, de révolte et de révolutions intimes ou plus larges.

imagesAux rivages de la soixantaine, le temps qui reste est compté. Avec environ 80 ans d'espérance de vie, c'est le dernier quart qui s'ouvre, différent des trois précédents pour deux raisons majeures : sa durée est incertaine, elle peut dépasser 40 ans- rarement- mais également être extrêmement courte. Ce quart est donc l'ultime occasion de réaliser ce qui manque à son existence, pour, au moment de la quitter, ne pas avoir de regrets. Comme Stéphane Hessel, l'homme aux mille vies, aux mille indignations, homme d'action et de réflexion qui avait dit à un journaliste : « Mon prochain projet ? Bien mourir car il va être temps ». Alors le dernier quart est celui des choses essentielles. Un regard dans le rétroviseur suffit à vérifier qu'il y en a fort peu, et que les plus importantes ne sont pas monnayables mais humaines.


 

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