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12 novembre 2007 1 12 /11 /novembre /2007 21:59

Jeudi dernier, vu au théâtre « Mon lit en zinc » de David Hare avec Laurent Terzieff. Terzieff est une pure passion depuis que j’ai 20 ans, j’ai vu 9 fois « les émigrés » de Mrozek au temps du Théâtre d’Orsay (après la gare, avant le musée) Il est la seule interview de ma vie où j’ai re merci é le ciel d’avoir pris un magnéto, tant j’oubliais de noter, noyée dans l'eau de son regard, d’un vert clair magnétique. Magnétique, il le reste diablement à 72 ans, avec des attitudes qui le font reconnaître au premier mot mais aussi une capacité à se faire oublier au profit du texte. Terzieff est un sculpteur de mots- son père était sculpteur- et la pièce comportait un certain nombre d’aphorismes dont je citerai le plus drôle :  « Tout le monde meurt après son dernier repas et pourtant tous n’ont pas été empoisonnés »

 

photo Francesca Avanzinelli

Mon lit en zinc raconte le face à face entre un hommes d’affaires, Quin (Terzieff) et Paul, ex-poète et alcoolique repenti. « Je ne bois plus une goutte d’alcool grâce aux Alcooliques Anonymes, je suis guéri. » dit-il en substance. 

-Non, vous n’êtes pas guéri, répond Quin, puisque vous ne DEVEZ plus boire une goutte d’alcool. Etre guéri, ce serait dire : « Je prendrais bien un verre… peut-être deux, puis je m’arrêterai là. » 

Et quand le journaliste veut aller à sa réunion, Quin lui lance : « Vous n’êtes plus addict à l’alcool, vous êtes addict à la culpabilité ». 

« Pour  David Hare estime Terzieff, il ne s'agit pas de savoir si la vie vaut d'être vécue mais de savoir si on veut la vivre et à quelles conditions. »   

Après la pièce, discuté une heure avec le couple d’ amis qui m’accompagnait, sur cette question des dépendances. Que sommes-nous sinon des dépendants ? Alcool, tabac, mais aussi jeu, argent, amour, sexe, travail, pouvoir, nourriture, compliments… (Autre citation : « Les louanges sont comme l’eau salée, plus on en a plus on a soif.) Toutes choses qu’on veut au-delà du nécessaire.  Les prédateurs de l’économie qui accumulent de colossales fortunes qu’ils ne dépenseront jamais, qui ne leur apporteront pas une once de bien-être supplémentaire, sont dépendants du chiffre sur leur compte en banque.  Ceux qui changent de voiture, de mobile ou de montre à chaque saison sont addicts à la nouveauté, chaque achat ne faisant qu’attiser l’envie du suivant. La définition de l’addiction est que la satisfaction du désir ne l’apaise pas mais fait augmenter la dose nécessaire. Jusqu’à la mort pour les drogues dures, jusqu’à la ruine pour le jeu ou la spéculation, jusqu’à la dictature pour le pouvoir.

Nous vivons une société toxicomane dont la seule chance réside dans une désintoxication joyeuse. Joueuse. Journée sans voiture ou sans achat comme proposait Longues jambes, pour le plaisir de s’apercevoir qu’on n’en meurt pas et qu’on se sent mieux exister quand on résiste à la dépendance que lorsqu’on y cède. Journée de masturbation câline pour se désintoxiquer de l’idée que le plaisir et l’amour dépendent d’autrui, pour le plaisir de découvrir qu’on les porte en soi, dans ce qu’on accepte de donner et non pas de recevoir. « Se masturber et payer soi-même son loyer » sont les deux premiers pas vers l’émancipation disaient les féministes des années 70.  Journée sans TV et sans Internet ( sans téléphone aussi, chiche ?) pour le plaisir de sortir et de dire au premier venu, au second et au troisième aussi : « Auriez-vous envie qu’on prenne un café ensemble ? » J’en rêve, je le ferai, pour le plaisir de savoir ce que ressent un homme lorsqu’on lui dit « oui » ou lorsqu’il prend un râteau. 

Il y en a des choses à expérimenter hors des addictions com merciales.

 

PS qui n’a rien à voir, spécial jeunes filles : j’ai commis une nouvelle érotique dans le numéro daté décembre du magazine « Bien dans ma vie » actuellement en kiosque. Intitulée « l’inconnu qui partage ma vie », elle parle du désir retrouvé en prenant de la distance, comme un tableau dont on s’éloigne révèle des richesses inattendues.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 novembre 2007 5 09 /11 /novembre /2007 15:40

Le Grenelle achevé, tout le monde se fout de l’environnement : dans un an, OGM , pesticides, carburants et nucléaire continueront de polluer ( n’oublions par que si le nucléaire ne produit pas de dioxyde de soufre ou d’azote, il dégage de la vapeur d’eau brûlante et des déchets radioactifs qui s’accumulent) .  Sauver la planète ? Oh ouiiiii !!!! Mais pas question de changer un iota de ma vie pas forcément heureuse mais dont j’ai l’habitude, et changer ses habitudes aïe, aïe, aïe… Comme disait une journaliste d’Europe 1, « c’est dur d’être écolo, moi qui adore les bains » . Se passer d’un bain de 200 litres d’eau, quel l’enfer ! Qu’un africain consomme en moyenne 20 l pour se laver, boire, et faire la cuisine, cette journaliste l’ignore sans doute, c’est fou ce qu’il existe aujourd’hui de gens qui n’ont pas idée de se qui se passe au-delà du périphérique (La meilleure d’un copain : « Viens plutôt chez moi, chez toi c’est trop loin ». Comme je lui faisais remarquer que le chemin de chez moi à chez lui devait sensiblement être aussi long que l’inverse, il rétorqua, superbe : Oui, mais moi j’habite Paris. » ) 

 

Pour en revenir à l’écologie, pourquoi ce tollé contre Chris tine Lagarde ? Le choquant, c’est que cette femme quelque peu « Madame- Figaro –prout- ma -chère » propose aux autres ce qu’elle ne fera jamais elle-même, à savoir délaisser autant que possible la voiture au profit du vélo, de la marche ou des transports en commun. La manie des ministres de sauter dans un avion à tout bout de champ ne donne certes pas l’exemple, et je ne parle pas de Nicolas S. j’aimerais lui faire son bilan équivalent Carbone à ce Président qui déclame tant d’intentions écolos . Mais le conseil en soi de Chris tine Lagarde n’est pas idiot, il aurait été donné par Nicolas H ulot lors d’une de ces soirées « Spécial environnement » qui fleurissent sur toutes les chaîne s (quand je pense qu’il y a 4 ans, on m’a refusé deux projets d’émissions écolos au motif que ça n’intéressait personne…)  tout le monde aurait voté oui au vélo, pedibus et autobus.  87% des français pensent qu’il faut réduire l’utilisation de la voiture. Ce n’est donc pas le conseil en soi qui est à rejeter, mais le fait qu’il est donné par une ministre dont l’objectif affiché est de décomplexer les riches est de réhabiliter l’argent dont on ne savait pas, le pôvre, qu’il était si mal en point dans un pays où les hauts revenus ont progressé sensiblement, jusqu’à atteindre + 172% pour le salaire présidentiel.  Et comment réhabiliter l’argent, notamment des pétroliers : 12 milliards de bénéfices annoncés par TOTAL pour 2005, avant même la hausse du prix du brut. Comment ? En faisant clamer au bon peuple qu’il veut son auto, qu’il veut pas de vélos ! Et tant pis pour l’effet de serre, tant pis pour la pollution génératrice de troubles pulmonaires et de cellules cancéreuses (le 95 sans plomb contient une dose de benzène dix fois supérieure aux doses admises comme cancérigènes), tant pis pour l’épuisement des ressources pétrolières, les générations futures se débrouilleront.

 

Idem pour la consommation. Vouloir un taux de croissance et une consommation toujours plus élevés dans une planète aux ressources limitées est un non-sens. D'ailleurs le bonheur ne se résume pas à un taux de croissance, et  tant mieux, car sur une planète où 80% des ressources sont accaparées  par 20% de la population, ça ferait 80% de malheureux, ce qui est heureusement faux. Sans compter les riches pas heureux.

 

Donc, sachant que consommation et bonheur sont deux choses différentes, sachant que depuis plusieurs années on s’insurge contre la débauche com merci ale qu’est devenu Noël, sachant que les gens ont surtout besoin de considération, de fraternité et de convivialité, valeurs non monnayables, il est réjouissant que 26% des français envisagent de dépenser moins pour les Fêtes. Mais non, les medias larmoient sur la misère de ceux qui ne partiront pas en vacances ou se passeront de foie gras ou de champagne à Noël. N’est-ce pas indécent de s’indigner de ne pas surconsommer, de s’en mettre plein la lampe pour se précipiter le lendemain sur les articles « comment gérer les excès de Noël avant ceux du Nouvel An ? » puis d’acheter des kits de régime hors de prix afin de perdre les kilos laissés par la dinde aux marrons et les chocolats ? Tandis que des pauvres, des vrais, dorment dans le froid, ou alors bravent la mort et la prison pour quitter des pays de misère ou des dictatures hostiles. Où, c’est sûr, il fait chaud et comme dirait Aznavour « la misère est moins pénible au soleil ».   

 

Ca m’énerve, cette incohérence entre la débauche de sentiments et la réalité cynique,  cette façon de larmoyer sur la misère puis de faire un détour pour éviter le mendiant du quartier, ça m’énerve d’entendre un adhérent du MEDEF dire dans le doc « J’ai très mal au travail » : « Autrefois on s’affrontait en faisant la guerre, aujourd’hui c’est dans l’entreprise. » Ca m’énerve de lire sur une affiche de pub du T GV pro : « Ici la guerre économique fait rage, mais elle ne fait pas de bruit. » Ca vous manque tellement la guerre, les mecs ?. Il vous en faut toujours, des terrains de jeux où prouver que vous êtes fort et puissant en écrasant le voisin ? La virilité,  pour vous, c’est toujours la violence ? Ou, plus cyniquement, la guerre ne vous intéresse-t-elle que parce que le marché des armes est le plus lucratif au monde, avant ceux de  la drogue, de la prostitution et de la publicité ?  Et qu'une pub de voiture vous a mis dans la tête « Il a l’argent, il a le pouvoir, il aura la Femme. »

 

Cette société n’est plus immorale, elle est a-morale. Le mot morale semble désuet, presque, au point qu’être honnête, aujourd’hui, rime avec être bête. Exemple : « Tu déclares tous tes revenus ? T’es maso ou quoi ? »

 

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7 novembre 2007 3 07 /11 /novembre /2007 00:02

Fou- rire en entendant une journaliste radio raconter sa visite de l’ expo sition  « le Zizi sexuel » (Cité des sciences, Pte de la Villette à Paris, jusqu’à fin 2008) en compagnie d’enfants de 9 à 13 ans. On aurait cru un reportage dans une jungle hostile où l’explorateur tente d’exorciser ses peurs en riant bêtement au moindre frisson de feuilles d’arbres.

 

Contempler la feuille à l’envers, jolie expression pour « faire l’amour », plus guère usitée, dommage, elle ne fait d’ailleurs pas partie de l’ expo .  Le « Zizi sexuel » est une expo didactique, BDisante ( merci Titeuf !)  hygiénique et même psychologique puisqu’on y parle des émois du premier désir et de comment ça fait quand on tombe amoureux. Ca reste néanmoins très technique, résumant le coït à « le garçon met son zizi tout dur dans la fente mouillée de la fille » ce qui,  faute d’émotion et de trouble, amène les personnages de BD à demander: « et ça lui fait pas mal ? »

 

Ceci m’a rappelé une conversation avec un ami : « A 17/18  ans, me dit-il, je trouvais que faire l’amour était très agréable, et j’aurais bien aimé le proposer à mes copines comme un plaisir aussi naturel et sympa que « on se fait une toile » ? Elles se récriaient aussitôt, scandalisées : « Ca va pas, non ? On est copains  ! » Je leur proposais justement parce qu’on était copains , qu’on s’aimait bien, et je n’y voyais aucun mal, au contraire, mais elles ne l’entendaient pas de cette oreille. Celles qui me « cédaient », comme on disait à l’époque, me faisaient comprendre qu’elles acceptaient pour me faire plaisir, parce qu’elles étaient amoureuses et qu’elles savaient que les garçons ont besoin de « ça. » Le «ça » prononcé à mi-voix avec un air mi-dégoûté, mi-sulfureux. »  Cet ami en avait donc conclu que  pour les filles, faire l’amour était ennuyeux, voire pénible, d’où sans doute les soupirs et gémissements qu’elles laissaient échapper. Il a mis des mois à réaliser qu’il s’agissait de manifestations de plaisir!

 

Devenu adulte, comme bien d’autres d’ailleurs, il a un faible pour les « vieilles copines », des ex datant parfois de sa jeunesse avec qui il renoue épisodiquement depuis des années, des amies avec qui, de temps à autre, surgit le désir (mutuel) d’un câlin… L’amitié amoureuse, ce mélange d’amitié et de désir qui engendre des relations délicieuses, sans enjeux, sans rapports de force, est un sentiment précieux. Mais rare. Souvent du fait des filles. Dommage, car la confiance de l’amitié associée à l’altruisme du sentiment amical, permet ce lâcher prise dont on sait qu’il est indispensable au plaisir.

 

Pour en revenir à l’ expo le « Zizi sexuel », les réactions des jeunes visiteurs confirment ce que j’avais déjà constaté : ce qui est dit (ou fait) trop tôt heurte alors qu’il suffit d’attendre l’âge propice pour en apprécier les délices. Une gamine de 9 ans est choquée à l’idée d’un baiser « avec la langue » alors qu’elle y trouvera grand plaisir avec son premier petit copain quelques années plus tard. Même chose pour la fellation ou toute autre caresse, qui ne deviennent voluptueuses que lorsque le corps de l’autre inspire de la volupté, ce qui ne se fait pas en un jour. Prendre le temps du flirt est chose bien exquise. ( Tien s, un alexandrin !)

 

 

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4 novembre 2007 7 04 /11 /novembre /2007 12:54

Je bosse actuellement avec des gens bien, c’est fou ce que ça me donne la pêche. Partager des enthousiasmes stimule la créativité.  Semer des ondes positives aussi.

Par exemple, l’histoire de cet industriel italien, entendue au JT : Paganini de la pâte alimentaire, il a fait le pari de vivre un mois avec le même salaire que ses ouvriers. Dès le 20 du mois, il s’est retrouvé sans le sou, en a conclu qu’il était impossible de vivre avec si peu d’argent. Il a aussitôt augmenté tous ses ouvriers de 200 euros par mois. Ceux-ci n’en reviennent toujours pas ! 

Sympa encore, l’histoire lue dans "Marianne", de Chumbee, koala érotomane prêté par le zoo d’Edimbourg au zoo de Shönbrunn. Les autrichiens ne disposaient en effet que d’un mâle koala pas du tout porté sur la chose. Chumbee, lui, mange, dort et  fait l’amour (un sage…) à un rythme qui rend admiratif ses gardiens. Et- preuve que bonheur et plaisir sont contagieux - le mâle frigide, au spectacle de cette libido débordante, s’y est mis à son tour. Les femelles koala sont comblées ! Le koala de la photo N'EST PAS Chumbee!

 

 

Sur France Ô, belle remarque d’un journaliste : « Les technocrates devraient voyager un peu, de préférence dans des pays pauvres, pour se rendre compte que l’intelligence n’est pas proportionnelle au PIB. »  Ca va sans dire, mais ça va tellement mieux en le disant ! 

Hilare fus-je en lisant la remarque d’un écolo commentant la propension de Jean-Louis Borloo à proposer une bouffe ou un verre dès que les discussions s’enlisent : « Il a une descente que je n’aimerais pas remonter en Vélib’. » 

Vendredi, interview avec Jeanne Cherhal. Vous savez combien cette fille distille d’intelligence et de sensualité dans ses chansons. Pareil au naturel. Que les farfadets de sa Bretagne natale la préservent de toute tentation de frime,  elle a assez de talent pour pouvoir s’en passer. Elle termine en ce moment une tournée, dernière date à Paris, le 21 décembre. (rens : www.totoutard.com )  

 

Samedi, retournée voir la pièce de la Compagnie Aleph : « Kaléidoscope », devenue aujourd’hui « Requiem enchanté ». Enchanteur. Depuis mon post de juin (Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse », 24 juin 2007) le capitaine pirate est devenu maître du temps, et cette transformation donne à cet oxymore (Requiem enchanté) une dimension métaphysique. Si cette phrase vous semble obscure, allez voir la pièce, vous ne le regretterez pas. (www.compagniealeph.com) Après le spectacle, attardez vous au bar avec un verre de vin chilien, pour admirer les aquarelles de René Olivares, peinte au doigt… et au vin justement. Très belles.  

 

En début de semaine, stage de dessin et sculpture. Plaisir sensuel de patouiller dans l’argile et de se mettre du fusain plein les doigts. Plaisir intellectuel de voir le bloc de terre prendre vie et muscles.  Rien à voir avec la retouche photo sur ordinateur, mais je s’amuse bien quand même avec ces outils technologiques qui me font jouer à Andy Warhol, le talent en moins.  

 

 

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1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 15:04

" Mange quelques zakouskis, je les ai faits moi-même". L'ami russe a des pommettes hautes qui font paraître son visage triangulaire et ses yeux plus enfoncés qu'ils ne le sont. Tout à l'heure, peut-être, tracerai-je avec mes doigts les contours de ce triangle. Pour l'heure, je me souviens d'un crépuscule paisible où J*** s'était allongé sur mon lit pour bavarder. Il faisait très chaud, il était en slip de bain, moi en robe d'été. Il avait le torse étonnamment velu, de véritables bouclettes brunes et denses. Je n'aime pas les poils. C'est donc tout à fait amicalement que mes doigts s'y promenaient. J*** guida ma main. Je la lui abandonnai. Nos deux mains se rencontrèrent sur son sexe, emmêlées, lentes d’abord, puis fébriles. Je les ai regardées faire, jusqu'à la jouissance. Plaisir de voyeuse. Gouttelettes blanches sur les boucles noires, odeur d'amour. J*** m'a souri: "Ils sont bons, tes zakouskis". La phrase, prononcée avec un terrible accent du midi m'est restée. Elle a donné pour toujours à tous les zakouskis du monde, l’exquise saveur du désir en suspens.  Tout à l'heure, je dessinerai du bout des doigts ce visage en triangle...

 

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31 octobre 2007 3 31 /10 /octobre /2007 00:20

Y a des fois, y a souvent, je fais conseillère conjugale pour des flippés de l’amour, conseillère littéraire pour des aspirants romanciers qui bloquent ma messagerie avec leurs fichiers de XXL megaoctets, conseillère santé pour des malades, + copine de jeux, plus ANPE d’intermittents sans spectacles ou de journalistes sans piges, plus, plus plus… Entre les amis de longue date, les connaissances Webiennes et les lecteurs/trices, ça en fait du monde ! 

Je ne m’en plains pas, j’aime créer du lien, c’est la seule chose intéressante de la vie: créer du lien, é changer , apprendre au contact d’autres cerveaux, d’autres affects, d’autres peaux, découvrir les trésors que certains cachent derrière la façade sociale. ( y en a pas toujours, mais qui ne cherche rien ne trouve rien, j’ai une mentalité d’orpailleuse à  l’affût des pépites qui brillent au fond des yeux de sable).  

Cela prend du temps. Pas du temps immédiat, du temps dans la durée. C’est-à-dire être capable de ne pas se perdre de vue même si on se voit rarement. De temps à autre, prendre et donner des nouvelles. Je tiens cette fidélité de ma mère qui le faisait au moins une fois l’an, pour les vœux, et c’est ainsi qu’elle a gardé sa vie durant des amis dont elle suivait l’évolution, les mariages, divorces, enfants, deuils, métiers…. L’amitié se nourrit notamment de l’intérêt porté aux parcours de ceux qu’on aime. 

Cet état d'esprit disparaît peu à peu, au profit d’une mentalité de consommateur de services : «  merci  » (quand il y a un merci ) puis pfuittt !... silence radio. Avatar décevant d’une société de consommation éphémère. Longtemps, j’en ai été attristée. Et puis l’été dernier, un ami à qui je faisais remarquer sa mine resplendissante- il approche 60 ans- m’a dit avec son accent banlieusard : « Te leurre pas, Françoise, passé 50 ans, on entame la dernière ligne droite ». Eh oui, contrairement au vin, la vie ne se bonifie pas avec les années. Ca aurait pu me déprimer, ça m’a dopée, donné l’envie de peaufiner ces années là comme une épure. 

Ce matin, j’ai donc fait un tri que je qualifierais d’écologique puisqu’il va m’économiser beaucoup d’énergie et de stress: j’ai effacé les coordonnées de plein de solliciteurs, de gens qui n’appellent jamais, de faux amis . Ca fait de la place pour de futurs vrais. Ceux dont on sait qu’ils vous aiment, comme une évidence . Qui ne vous jalousent pas dans vos hauts et ne vous abandonnent pas dans vos bas. Qui vous veulent du bien et ne vous feront jamais de mal. Qui partagent des souvenirs et des fous-rires comme autant de « private joke ». Et tout ceci réciproquement, bien sûr. Et au fur et à mesure que j’effaçais des noms, je me sentais plus légère… 

Le téléphone a sonné : un ami de longue date, que je vois peu car il bosse comme un fou. On s’aime, on se comprend au premier mot. Je lui ai parlé de mon tri : « Toi aussi ? s’est-il exclamé. C’est drôle, je suis moi-même dans une phase où j’ai décidé d’aller à l’essentiel. »  L’essentiel ? Refuser les situations et les gens toxiques, ne pas se disperser et utiliser le temps ainsi récupéré pour des activités créatives et pour les vrais amis . Coïncidence ou synchronicité ?

Aujourd’hui, plusieurs d’entre eux m’ont laissé des messages.  

 

 

 

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28 octobre 2007 7 28 /10 /octobre /2007 20:33

Un 4x4 qui renverse une vieille dame et finit dans un mur fait monter le taux de croissance : achat du véhicule, coût du carburant,  hospitalisation (ou frais d’obsèques) de la vieille dame,  réparation du mur, réparations du 4x4 ont un impact économique réel, alors qu’un piéton qui rentre chez lui sans polluer ni endommager qui ou quoi que ce soit = 0 pour le taux de croissance. 

C’est ainsi : les activités polluantes, dangereuses voire immorales et/ou illégales rapportent plus à l’économie que les autres.  Les plus gros marchés mondiaux sont celui des armes, de la drogue et de la prostitution.  Puis, à quelques encablures, l’exploitation du pétrole et des gisements miniers. 

Une économie basée sur le taux de croissance doit donc investir sans complexes dans ces activités qui rapportent, expliquaient doctement les fondateurs de la ACE Bank,  consortium international basé à Bruxelles, en présentant à leurs futurs clients trois fonds : l’un qui finançait des entreprises faisant travailler à bas prix des ouvriers ou des enfants du tiers-monde, un autre investissant dans le pétrole et les mines, un troisième dans les armes. Avec un leitmotiv : notre job  est de vous faire gagner de l’argent, pas de faire du sentiment.  

Un discours bien reçu par certains clients plutôt rassurés par ce franc cynisme, mais rapidement épinglé par la CBFA, organisme qui surveille les établissements bancaires en Belgique. Les responsables de ACE Bank, outrés, organisèrent une conférence de presse pour expliquer qu’ils ne faisaient que dire clairement ce que nombre d’établissements bancaires font tous les jours sans le clamer.  Journalistes et clients approuvaient, conscients qu’après tout, peu d’entre eux s’inquiètent de savoir ce que les banques font de leurs économies. 

En fin de conférence de presse, le secret fût dévoilé :  ACE Bank était un canular monté par une ONG belge Netwerk Vlaanderen, qui milite pour une utilisation éthique de l’argent et veut mettre en évidence les dessous pas très nets de l’économie financière. Pour savoir qui investit dans quoi, visitez leur site, il vaut la peine.   www.netwerkvlaanderen.be/fr  

POUR VISIONNER LE FILM DU CANULAR, VRAIMENT ETONNANT:

TAPER SUR GOOGLE "YOU TUBE ACE BANK" :  

PS. Soucieuse d’investir “propre”, j’avais demandé à la Caisse d’Epargne de me trouver un fonds éthique. Il y en avait un. J’ai demandé quelles entreprises en faisaient partie : en majorité des pétroliers, des sociétés d’assurance et des géants de l’agroalimentaire et de la pharmacie !!!  Il suffit qu’une société crée une fondation pour l’Environnement pour qu’elle se targue d’être éthique, quels que soient ses agissements en Birmanie, au Congo, en Nouvelle-Calédonie ou ailleurs. (relire le post « Corail vivant », l’un des premiers de ce blog, sur la destruction du littoral Néo Calédonien par les exploiteurs des mines de nickel).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 octobre 2007 5 26 /10 /octobre /2007 17:22

Les blogs tiennent souvent lieu pour leurs auteurs de journaux intimes, qui y racontent en détail leur vie et leurs ressentis. La différence est que le blog n’est pas intime, il est PUBLIC. Les journaux intimes, les vrais, fermaient avec un cadenas, ou s’ouvraient sur une phrase menaçante « Malheur à qui lira ce cahier ! »  Leur propriétaire s’y réfugiait face à lui-même, ses faiblesses, ses doutes, ses revirements, comme on se cache pour pleurer. Librement. Sans chercher à donner une image de soi, sans devoir se justifier.  

 

Comme le journal intime, le roman s’écrit dans la solitude. Il ne devient public qu’une fois publié. C’est indispensable pour conserver sa liberté d’écrire, sans risquer de biffer ou modifier une phrase à cause du « regard de l’autre ».  L’autre qui, lorsqu’il le lira, aimera ou n’aimera pas le roman en fonction de sa propre identité, mais n’ira pas exiger de l’auteur qu’il se justifie. La littérature reste un espace de liberté, malgré les coups de genou des merchandisers qui souhaiteraient lui appliquer les règles du marketing.

 

A l’inverse, le blogger écrit pour lui, certes, mais aussi (surtout) pour les internautes. Pour tester l’intérêt qu’il suscite, loi de l’Audimat d’ailleurs revendiquée par les hébergeurs qui donnent des « conseils pour booster votre audience » alors même que celle-ci ne rapporte pas un centime à l’auteur.

 

Ainsi, aussi bien écrits soient-ils, les blogs ne sont pas de la littérature mais de la communication. Avec le risque inhérent à la com’ : on n’exprime correctement que 60% de ce qu’on pense, et les lecteurs ne saisissent correctement que 60% de ce qui est exprimé, ce qui fait au final 36% de compréhension mutuelle. C’est peu. D’où des débats à n’en plus finir sur des problèmes qui n’en sont intrinsèquement pas, mais reflètent simplement des différences de sensibilités et des malentendus.

 

Depuis quelques jours la discussion fait rage sur un post intitulé « le goût des africaines » http://lesliaisonsdangeureuses.blogspirit.com/  dont je suis sûre que l’auteur n’avait aucune intention malveillante. Pour avoir discuté ailleurs avec lui, c’est un bon bougre, pas raciste pour deux sous, qui voulait juste exprimer un enthousiasme enfantin suscité par ses aventures avec ses amantes africaines qui ont été séduites par lui sans se ni lui « prendre la tête ». C’était négliger le fait qu’associer le SEXE, sujet ô combien sensible, et l’AFRIQUE, quasiment taboue dans un pays tiraillé entre relents colonisateurs pour ne pas dire racistes et propension forte à la repentance et au politiquement correct  était assez casse-gueule. D’autant plus que Georges a maladroitement fait de quelques aventures réussies une généralité : toutes les africaines ne sont pas comme celles qu’il a rencontrées, et s’ils avaient subi moult râteaux, il aurait peut-être conclu de façon tout aussi excessive : « les africaines sont coincées et arrogantes. » Sa formulation « les africaines ne corticalisent pas » voulait vraisemblablement illustrer leur joie de vivre spontanée. Mais il est évident que pour certains, cette phrase a été comprise comme « ne pensent pas », les uns s’en indignant en traitant l’auteur de raciste, les autres se réjouissant de voir confortés leurs préjugés.

Bref, les mots dits peuvent être maudits quand on écrit sur la place publique et que l’auteur est identifié du fait de ce qu’il écrit comme un séducteur obsessionnel alors que, j’en suis sûre, il a mille autres facettes tout aussi intéressantes. On a vite fait de vous cataloguer de façon réductrice, j’en sais quelque chose. L’avantage du roman est de pouvoir exprimer les choses avec plus de nuances.

 

« En quinze ans d’Afrique, du Togo au Sénégal, en passant par le Congo, le Bénin puis la Côte d’Ivoire, Simon est devenu mordu des  femmes de ce continent. Les autres lui en veulent. Lorsqu’il arrive dans un cercle de blancs - des coopérants à l’esprit aussi colon qu’ont pu l’être leurs grands-pères- il sait que leurs épouses murmurent sur son passage qu’il est « le blanc qui aime les négresses » un pervers pour les coincées, un exploiteur pour les tiers-mondistes qui n’imaginent pas qu’un occidental puisse tout simplement désirer une femme noire. D’ailleurs Simon n’aime pas « les noires », il aime l’Afrique, l’esprit africain, cette immense capacité à vivre dans un joyeux désordre qui déconcerte nos esprits rationnels et sans laquelle ce continent  serait en totale misère. Les femmes africaines lui apportent ce même joyeux désordre amoureux : la capacité à vivre sans schéma, à savourer le présent sans penser à demain, puisque demain, quand on n’a rien ou pas grand-chose, est un autre jour.

 

Simon a 62 ans, sa dernière compagne en avait 30. Jamais elle ne lui a parlé de la différence d’âge comme d’un handicap ou d’un signe particulier de leur couple. Elle l’appelait « le vieux », au village tout le monde l’appelait « le vieux », mais ici, c’est un surnom affectueux. Respectueux. Simon se dit souvent qu’en Afrique, la vieillesse n’est pas un naufrage. Surtout pour un blanc qui a de l’argent. Double prestige. » (extrait de « Noir désir » in Autres désirs, autres hommes  »)

 

 

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24 octobre 2007 3 24 /10 /octobre /2007 12:50

Une habituée de ce blog a remplacé son gel douche par une savonnette riche en huiles végétales et essences naturelles après avoir lu le post : « tous maîtres du monde » et s’en est trouvée fort bien : rinçage plus facile et plus économique, peau plus douce, moins sèche.  « Vous n’auriez pas d’autres trucs de ce genre ? » Oh que oui, ma mie. 

Si vous étiez fervente de San Antonio du temps où Frédéric Dard les écrivait (quel talent, ce type, une maîtrise notamment de l’utilisation des temps pour donner du rythme ou de la tension à un récit, j’ai beaucoup appris en le lisant…), vous vous souvenez sans doute que l’inspecteur Pinaud, dit Pinuche, dit la Pine, avait fait fortune. Comment ? En vendant à un fabricant de cosmétiques un truc lui permettant d’augmenter ses ventes d’after-shave, sur lesquelles Pinuche demandait juste un pourcentage. Le truc consistait tout simplement à élargir l’orifice du flacon. L’homme fraîchement rasé se saisissait de son flacon, le secouait comme d’habitude, et l’after-shave coulait, plus abondamment avec ce trou plus large. Et voilà le travail ! 

En regardant les publicités pour brosses à dents, vous remarquerez que si les dentistes recommandent des brosses à petite tête capable de se faufiler au fond de la bouche sans   agresser les gencives, la majorité des modèles ont au contraire des grandes têtes… qui poussent à la consommation de dentifrice !

Le réflexe du quidam, favorisé par les belles images publicitaires, est en effet d’étaler le dentifrice SUR TOUTE LA LONGUEUR DE LA BROSS E.   Alors même que l’intérêt pour les dents, c’est d’abord le brossage, le dentifrice apportant juste plus d’agrément et de fraîcheur à l’opération. Mieux vaut se brosser deux minutes avec une brosse nue que trente secondes avec 3cm de dentifrice.

 

 

Mais comme il n’est pas question non plus de se faire violence, offrons-nous la fraîcheur du dentifrice, très présente avec la valeur d’un petit pois de produit. Pour le faire sans y penser, deux solutions : acheter une brosse à petite tête, ou alors une brosse longue avec une tête incurvée, où l’on dépose un petit pois de dentifrice dans le creux. 

Deux fois moins de dentifrice, ça vous fait des économies, et aussi des économies d’aluminium sur les tubes, de pétrole pour les tubes en plastique. Au train où s’envole le prix des matières premières, ce n’est pas rien si on estime qu’à peu près 50 millions de personnes se brossent les dents deux fois par jour. Laissons une marge de 12 millions pour ceux qui ne se brossent pas les dents ou préfèrent le gros sel, le bicarbonate, l’argile  ou le jus de citron à un dentifrice du commerce.  

 

ATTENTION : il ne s’agit pas ici d’un « petit geste pour sauver la planète » même s’il joue aussi ce rôle. Je commence à être saturée de ce slogan qui réduit l’écologie à une question de comportements individuels. Agir localement, c’est bien, à condition de ne pas oublier que l’écologie demande aussi de penser globalement le choix de société :  sur un plan environnemental, certes, mais aussi économique, social, culturel, international…  

 

La brosse à dents, c’est juste pour s’amuser à démonter nos automatismes, et s’exercer à vivre aussi bien, voire mieux, en dehors de ces automatismes. C’est le fun, comme disent nos amis caribous, et ça donne l’agréable sentiment de « Jouer au monde » en dehors des clous. J

 

 

 

 

 

 

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22 octobre 2007 1 22 /10 /octobre /2007 20:28

Pour faciliter les recherches et la lecture, j'ai reclassé les posts publiés dans ce blog, car la rubrique "humeur" où ils rentraient quasiment tous ne permettaient pas de s'y retrouver facilement. Désormais, sous le titre EROS, les posts sur le plaisir, le désir, la sexualité, les hommes et les femmes... En rubrique CHANGER, tout ce qui concerne l'écologie au sens large: l'environnement, la pollution, la santé, mais aussi le conditionnement mediatique, le travail sur soi, les conditions de travail, la mondialisation, bref tout ce qui permet de réfléchir à la seule question importante: quel monde voulons-nous pour être heureux? Images, ce sont des photos ou des dessins, lectures, des livres ou articles qui m'ont plu, publications ce que je publie ici ou là. Bonheur, des petits instants goûteux, en vrac, des infos multiples et courtes. Et humeur, ce qui ne rentre dans aucune des catégories.

Le blog étant ainsi plus limpide, plus simple, plus diversifié, ce post rentre dans la rubrique écolo CHANGER.

  01,01... on commence quand?

 

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