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8 août 2007 3 08 /08 /août /2007 11:14

 « Les intempéries mondiales ont diminué les récoltes de céréales, d’où un renchérissement de celles-ci, qui entraîne une augmentation du prix des pâtes ainsi que de la viande et des produits laitiers, car 70% des céréales cultivées servent à l’alimentation du bétail, lequel revient donc plus cher, le marché étant par ailleurs très tendu du fait de la demande des marchés chinois et indien. En Allemagne, le prix du beurre a déjà augmenté de… 50% » 

« Chérie, crie le clampin planté devant la TV,  fais des provisions de beurre, on les congèlera et tant que tu y es, achète un stock de steaks.». Belle allitération… L’hebdomadaire « Marianne » dont la fibre écolo tient certes plus du fil synthétique que du chanvre bio, propose même, pour contrer la crise céréalière, de revenir aux farines animales « injustement décriées ». Sans aucunement prouver cette allégation entre guillemets et d’ailleurs peu importe : le problème des farines animales, en dehors de la « maladie de la vache folle » est de doper les vaches laitières pour leur faire produire 60l de lait par jour quand la normale physiologique tourne autour de 35/40l, et de déséquilibrer le métabolisme d’animaux faits pour digérer de l’herbage. Même les céréales, elles supportent mal : le méthane (pets des vaches) responsable d’environ 4% des gaz à effet de serre est produit à 80% par les vaches laitières, celles-là même qu’on gave de céréales et autres aliments indigestes pour elles, alors que les vaches à viande élevées en pâturage en produisent infiniment moins. 

Plus vicieux : l’analyse benoîtement répercutée par les medias s’inscrit dans une logique purement économique, voire spéculative, sans aucune considération écologique ni médicale, en occultant une évidence  : « une alimentation basée sur la viande ruine la planète et la santé. » 

Santé d’abord, : 50 grammes de viande par jour, soit trois steaks moyens par semaine, couvrent nos besoins en protéines et graisses animales.  Pour les anémiés et les femmes porteuses de stérilet, ajoutons une part de boudin par semaine, qui restaurera leur réserve de fer héminique. Au-delà, la viande est un superflu, agréable dans un premier temps, puis, pour  ceux qui en mangent tous les jours,  source d’obésité, de maladies cardiovasculaires, et sans doute de cancers hormonodépendants (sein et prostate). Les graisses animales concentrent en effet les molécules pesticides déversées sur le maïs, dont certaines, dites oestrogènes-like créent dans l’organisme un « climat oestrogénique excessif » favorisant certains cancers et la féminisation de l’espèce : les gros mangeurs de viande troquent leurs pectoraux contre des tissus gras qui ressemblent à des seins, et produisent moins de spermatozoïdes… Les graisses animales sont également soupçonnées de favoriser les cancers du côlon : 16 000 morts par an en France.   

OUPS ! direz-vous, et vous aurez raison. En mangeant de la viande trois fois par semaine, avec pour compléter l’apport protéinique des œufs, du poisson, des lentilles et autres légumineuses, on réduit considérablement son risque de cancer et d’infarctus. 

On réduit aussi son « empreinte écologique ». 50% de l’eau consommée en France irrigue les champs de maïs à bétail. Produire 1 kilo de viande de bœuf consomme 1000 litres d’eau !  Pollution : les céréales sont massivement traitées avec des pesticides toxiques cancérigènes pour certains  : des études du  Circ (Centre d’ information et de recherche sur le cancer) ont relevé un taux de tumeurs du cerveau bien supérieur à la moyenne chez les agriculteurs… et chez les jardiniers du dimanche qui pulvérisent joyeusement des produits  chimiques sur leurs plantes.  

Reste le dernier argument de nos vertueux économistes : la Chine et l’Inde sont fortement demandeuses de viande, vous n’allez pas leur demander de s’en priver après vous en être gavés.  Elles aussi ont droit au développement !  Certes, mais quel développement ? La cause essentielle de l’impuissance écologique ne serait-elle pas  idéologique plutôt qu’une question de moyens ? : tant qu’on continuera à appeler développement et progrès un mode de vie qui saccage la planète et une alimentation à l’origine de tant de maladies « de civilisation » tous les discours sur « les petits gestes pour sauver la planète » ne seront que pipi de chat. 

  

 

La demande en viande n’aurait sans doute pas brusquement augmenté en Asie sans cette idéologie (plus la pression des industries agro-alimentaires) car se gaver de viande n’est ni dans la tradition culinaire chinoise, ni dans l’indienne, fréquemment végétarienne. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 août 2007 1 06 /08 /août /2007 10:08

Dans le film de Patrice Chéreau « Intimité » un homme et une femme se retrouvent chaque semaine pour faire l’amour sans dire un mot.  Le désir s’exprime dans de superbes images- urgence du déshabillage, étreintes et enchevêtrement des corps- infiniment plus troublantes que de gros plans génitaux. Mais après quelques rendez-vous, l’homme se demande qui est cette femme. Il la suit, l’épie, découvre qu’elle est mariée, mère d'un petit garçon, et il arrive même à prendre incognito un verre dans un bar avec le mari. 

La question posée par le film est celle-ci : « si le sexe est un moyen de rencontrer et de connaître les gens, que sait-il d’elle ? » Au-delà des premiers rendez-vous, est-il possible de faire l’amour uniquement sur la peau, ou, selon l’expression de Benoîte Groult (« Les vaisseaux du cœur ») une histoire commencée sur la peau pousse-t-elle « ses racines jusqu’au cœur » ?  La  question posée est celle de l’intimité. 

Autrefois, l’homme faisait sa cour pour que la femme cède, pour arriver à ses fins et conclure, toutes expressions montrant que l’objectif, la citadelle à conquérir était le sexe, l’approche préalable, verbale,  balisant la conquête. 

Aujourd’hui, on commence souvent par le sexe, avec deux voies possibles : 

Commencer par le sexe en conservant la structure mentale de la conquête, auquel cas l’histoire s’achève en commençant. Don Juan, et de plus en plus souvent Don Juanne repartent en chasse. 

Considérer le sexe non plus comme une citadelle à conquérir mais comme un mode de communication privilégié, une introduction (oui, j’ose…) à l’intimité de l’autre, auquel cas l’objectif devient non plus le sexe mais la personne qu’il y a autour.  Avec ses mystères, ses non-dits, ses surprises…  infiniment plus difficiles à conquérir.

 

 

 

 

C’est de cela, du rapport entre sexe, érotisme, tendresse, intimité que nous parlerons tout à l’heure avec Brigitte Lahaie (RMC/ 14h15/ 16h) et avec qui voudra participer.

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 août 2007 6 04 /08 /août /2007 11:30

Le week-end dernier, je suis allée faire la connaissance de neveu et nièce tout neufs et passer de douces heures avec les parents épuisés mais heureux. Comme d’hab’ j’ai été scotchée par la puissance que recèlent deux miniatures capables de mettre à leur entier service trois adultes à forte personnalité J 

« Temps délicieux où la mère change les couches et s’extasie devant les selles dont elle décrit la couleur jaune d’or pour l’enfant élevé au sein, et moins ragoûtante il faut l’avouer pour l’enfant nourri au biberon  Mais ragoûtante ou non, la mère  les accepte, les regarde, tout de l’enfant est merveille, son pipi, son caca,  il a des humeurs glaireuses, il bave, sent le lait aigre, mais ce qui vient de lui est forcément bel et beau, il est le centre du monde. Amour inconditionnel, le premier, le dernier… » (« Ce qui trouble Lola, chapitre « les jeux d’eau de Lola ». C’est dingue, il y a tout dans ce livre. Tu te poses une question sur la vie, tu ouvres Lola et tu as la réponse, c’est le livre du grand Tout, ouais!!! Je l’adore autant que j’ai eu du mal à l’écrire.) 

Certains sont attendris, paraît-il, par la faiblesse et la fragilité des nourrissons. Faiblesse, fragilité, mon œil. Il n’y a pas un âge aussi souverain, aussi dédié au plaisir pur que les premières semaines, avec une exigence absolue de satisfaction immédiate, et des hurlements en cas de retard à ladite satisfaction. Il n’est pas d’âge où l’on est à ce point le centre du monde. D’ailleurs le nouveau-né n’est pas le centre du monde, il EST le monde. Il n’a pas encore intégré que ce sein qui s’approche de sa bouche et qu’il suce voluptueusement ne fait pas partie de son corps, que cette main qui  lui palpe avec amour ses minuscules valseuses en les enduisant, ainsi que son cul,  de crème adoucissante, n’est pas à lui. Tout est à lui, tout est lui. 

Il n’est pas un âge où l’acuité sensorielle est supérieure : alors que je tenais Lou Anh endormie dans mes bras, j’ai dit quelques mots. Ses yeux se sont ouverts instantanément, comme s’éveille un chat au moindre frisson d’air.  Quelques neurones ont enregistré cette voix inconnue, l’ont classée dans leurs fichiers, apparemment dans une bonne case : les yeux se sont paisiblement refermés et j’ai poussé un « ouf » intérieur de soulagement …

 

 

 

Quelques semaines plus tard, le voile entre le soi et le monde extérieur s’ouvre, l’enfant découvre que les choses étranges autour de lui ne sont pas lui, mais qu’il peut les attirer avec sa voix et les retenir avec un sourire non plus réflexe mais intentionnel. C’en est fini du pouvoir absolu, vient celui de l’attente, du désir, de la séduction, des négociations affectives… Une autre histoire commence, pour quelques décennies. 

 

Allez les boubous, profitez-en encore un peu !

 

 

 

 PS qui n'a rien à voir: je serai sur RMC avec Brigitte Lahaie lundi 6 août de 14h15 à 16h (rediffusion le soir pour les noctambules)

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3 août 2007 5 03 /08 /août /2007 19:24

C’est un terrain dévasté, trous béants dans le bitume, des barres de fer tordues en émergent, du sable, des graviers et par-dessus le soleil, qui aspire l’humidité ambiante. Vapeur chaude, odeur pénétrante de chien mouillé, de poils de chien, troublante parce qu’aucun animal alentour ne la justifie. Elle visualise instantanément des carcasses décomposées dans les trous, la phrase s’inscrit dans son crâne : « Ils avaient assassiné des dizaines de chiens et les avaient enterrés sous le marché, là où l’odeur du sang de boucherie cacherait celle du massacre. » Beau début pour un roman gore.  

 

Filets de poulets à débiter en lamelles à l’aide d’une lame effilée acquise au marché chinois, qui tranche silencieusement la chair.  Elle regarde passer un chat, se demande comment s’enfoncerait cette lame dans un corps animal à travers les poils, les os, les muscles, comment elle pénétrerait un homme. Pas un coup de poignard à la con donné sur un coup de colère, non. La sensation lente de la pénétration. Beau début pour un thriller.  

 

On me demande souvent à propos de mes textes érotiques « C’est imaginaire ou c’est vécu ? » Les deux, évidemment : une part de vécu et une part d’imaginaire, en proportions variables et secrètes, mais peu importe : vécu ou non, tout sort de moi, avec plus de surprises quand je vis ce que j’avais imaginé que lorsque je couche sur le papier ce que j’ai déjà vécu. 

Si ces fulgurances matinales prennent vie un jour sur le papier, me demandera-t-on si j’ai tué un chat, un homme et massacré des chiens ?  Pour moi, la surprise vient de ces flashes inattendus jaillissant de ma tête, un paisible matin d’août où il y avait des travaux place du marché… 

 

 

 

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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 21:19

Au hasard, j'ai emprunté à la médiathèque "Dans la vraie vie", recueil de nouvelles dont les héros sont des trentenaires, fichue génération qui a l'air si toute tellement tristounette alors que les 20/25 redeviennent idéalistes et que les baby-boomers pètent la forme. Deux phrases expliquent leur blues:

"Je possède trois téléphones et je n'ai rien d'important à dire. Deux mille CD et pas le temps de les écouter. Un abonnement à un club de gym et la flemme d'y aller.... Alors voilà: heureux ou malheureux?"

"Il se produit un phénomène extrêmement grave dont personne ne semble avoir conscience: une génération est en passe de conquérir l'immortalité. Les progrès en matière de gérontologie sont si rapides qu'un processus de rajeunissement des personnes de plus de 60 ans est en train de se dérouler sous nos yeux. ... Alors que je n'ai même pas le temps de lire un livre, elles vont au théâtre, voient des spectacles de danse et se découvrent sans cesse de nouvelles zones érogènes. Ce sont les personnes les plus heureuses du monde."'

En deux phrases tout est dit: d'un côté l'abondance matérielle et la mélancolie des "enfants de la télé" , de l'autre la joie de vivre de ceux qui ont connu l'amour avec pilule et sans SIDA, le travail sans chômage, les fêtes sans couvre-feu ni alcootest à la sortie et l'ambition de faire un monde solidaire et généreux.  Mâme si certains ont mal vieilli, la majorité de ceux qui ont eu de 14 à 18 ans en 1968 gardent le souvenir d'une adolescence festive où on discutait passionnément de tout et de rien, avec suffisamment de mauvaise foi pour ne prendre au sérieux aucun discours, où on abordait la vie comme un jeu, un melting pot d'idées folles, de musique, de métissages culturels et d'amours ludiques. Ce qui est autrement plus stimulant que de discuter de paquet fiscal et de taux de TVA sociale.

Une adolescence festive... c'est ce qui a dû manquer aux trentenaires.

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31 juillet 2007 2 31 /07 /juillet /2007 18:49

Je suis frappée de constater que chaque fois qu’on parle de couples « libres », ce sont des couples échangistes. Aujourd’hui, ils préfèrent dire « libertins », mais leur pratique est essentiellement échangiste ou mélangiste, c’est-à-dire activité sexuelle dans des lieux faits pour ou des soirées spécialement organisées pour, où on se rend en couple et on repart en couple… le même de préférence J 

Dans les émissions comme sur les sites de récits érotiques amateurs, ce fantasme du sexe de groupe mais toujours conjugal est aussi extrêmement présent. Enfin, surtout au début de ce blog, c’est fou le nombre de correspondants attirés par ma réputation… érotique, dont le site était un site libertin, essentiellement axé sur la pratique de soirées échangistes. 

Je n’ai rien contre… ni pour.  Mes seules réserves sont le côté commercial de la chose- les clubs sont chers et réservés à des gens qui en ont les moyens- ainsi que le côté « mode », « phénomène de société » qui fait qu’aujourd’hui des tas de gens rêvent d’échangisme, certains passent à l’action, sans être sûrs d’en avoir vraiment le désir, juste parce qu’on en parle beaucoup, que c’est branchouille et que tout le monde semble le faire… sauf eux. Qu’ils se rassurent : le phénomène reste en fait minoritaire dans les pratiques sexuelles nationales ! 

Par contre, je ne trouve pas que le libertinage ait quoi que ce soit à voir avec la liberté sexuelle, notamment parce qu’il est extrêmement normatif.  Que la majorité des libertin(e)s ne supporteraient pas de voir leur compagne (ou compagnon) repartir librement avec un(e) des partenaires de la soirée.  Que les femmes entre elles sont une figure classique et bien acceptée d’une soirée libertine, tandis que les contacts entre hommes non homosexuels, juste par curiosité, restent rares.  Qu’enfin la règle veut que les relations se limitent à la soirée ou au club et ne continuent pas au dehors, et qu’on réduise le plus possible toute affectivité dans les relations qui se nouent. 

L’idée sous-jacente est bien sûr de protéger le couple. Donc sous-entend que le couple est et doit rester la norme.  Que l’échangisme est juste une soupape de sécurité, ou un « piment » dans la vie conjugale, donc un moyen de préserver l’existant. En somme, il n’y aurait aucun inconvénient à jouir avec d’autres devant son conjoint (ce qui n’est pas prouvé) mais il serait tout à fait inconvenant de jouir avec d’autres rien que pour soi. 

Est-ce cela, la liberté ? Ou la liberté serait-elle d’admettre que chaque sexualité est individuelle, a différentes façons de s’exprimer et a droit à des jardins secrets où nul ne devrait entrer s’il n’y a été autorisé, y compris le conjoint ; que la sexualité ne regarde que l’individu, pas le couple et encore moins la société tant que les agissements ne comportent ni violence ni contrainte.  

 

Mais que fais-tu de l’Amour, me dira-t-on ? Ah, l’Amour… c’est bien autre chose, et c’est justement parce que c’est tout à fait autre chose qu’il faudrait arrêter de confondre sexualité et désir, et désir avec Amour.

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 10:23

J’ai raconté à quelques personnes l’interview que j’ai faite de Jacques Landriot, PDG de Chèque déjeuner, dont je vous ai déjà parlé. (ITV qui paraîtra début septembre dans le Nouveau Consommateur) Chèque déjeuner est une société coopérative ouvrière dont chaque salarié est actionnaire, elle est 3ème mondial de son secteur, expo rte dans moult pays, distribue autour de 20 000 euros par an d’intéressement à chaque salarié, à part égale pour le PDG comme pour le plus petit salaire, lesdits salaires étant étagés d’environ 1500 euros par mois à 7500 euros pour le fameux Jacques qui pète la forme et a l’air totalement heureux d’être, comme il dit : « Economique ET social ». 

La réaction des trois personnes à qui j’en ai parlé a été identique : des yeux écarquillés, incrédules, et une question précautionneuse : «  Cet homme dont tu parles, il est… communiste ? » C’est tout juste si elles ne se retournaient pas en frissonnant, des fois que le rouge en question, un couteau entre les dents, les auraient menacé. 

Etrange, n’est-ce pas, cette société où des PDG peuvent couler une boîte et partir avec des millions d’euros d’indemnités, où les gens qui fraudent le fisc français en s’exilant à l’étranger sont considérées comme des victimes d’un système vraiment trop dur pour les riches, mais où un chef d’entreprise qui gagne 7500 euros par mois- ce qu’il estime pour sa part tout à fait suffisant pour vivre heureux avec sa famille - est considéré comme bizarre, anormal et pire que tout : communiste !  Aujourd’hui, pour faire peur, ne dites pas que vous êtes toxicomane ou pervers sexuel, ça n’effraie plus personne. Par contre, communiste…. Pour illustrer ce post, j'ai tapé "Communiste" dans Fotoresearch, banque d'images américaine. Voilà ce qui est sorti: que des objets rouges. Communiste = rouge. Est-ce qu'aux USA on dit "arrête toi au feu communiste", le communiste de la honte m'est monté au front", "j'ai acheté un nouveau communiste à lèvres" Ces cerises sont bien communistes?"  

L’arrivée de Batman et Cat Woman à la tête du pays n’a rien changé à cette société, si ce n’est qu’une pensée quasi magique ou des sondages sur mesure, ont transformé les 60% de gens inquiets devant les inégalités et la misère en 66% de satisfaits de l’action présidentielle, qui n’a pas pour l’instant d’effet notable sur lesdites inégalités, au contraire.   

 

Heureusement, il y a une jeune génération pas dupe et généreuse : j’ai rencontré un jeune entrepreneur diplômé d’une école de commerce, qui a choisi de mettre ses compétences au service du commerce équitable et d’actions de réinsertion. Ma fille aînée, dont je parle moins que de l’autre parce que je respecte son désir de discrétion, (ce qui ne m’empêche pas d’être ravie quand un de ses ex-employeurs me dit « jamais je n’ai eu une stagiaire aussi brillante et éthique »), a choisi de mettre ses diplômes et son riche CV au service de la défense de l’environnement et de la lutte contre le pillage des ressources naturelles. L’un et l’autre sont modestement payés, mais trouvent une satisfaction dans la cohérence entre leurs idées et leur vécu, ce que m’a confirmé Jacques Landriot : « Je reçois de plus en plus de CV de jeunes diplômés qui veulent travailler ici pour « donner un sens » à leur existence,  pour évoluer dans un environnement professionnel où l’objectif n’est pas de tuer l’autre  mais de bien bosser ensemble.»

 

 

 

 

 

 

 

 

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27 juillet 2007 5 27 /07 /juillet /2007 14:41

Il fait beau : une mouche entre chez vous  par la fenêtre ouverte. Comment se pose-t-elle au plafond ? En faisant un looping vertical, bascule arrière de la tête vers le plafond et mouvement tête-bêche,  ou en faisant un looping horizontal, comme quand vous vous retournez dans votre lit ? Cette question peut vous occuper tout l’été et favoriser de belles observations et discussions entre amis

Sachant que l’homosexualité est la recherche du plaisir avec une personne du même sexe, la masturbation est-elle une activité hétéro ou homosexuelle ? Question à rapprocher de la pertinente remarque d’un journaliste du magazine Gay PREF : « Si un homme se masturbe, on le considère généralement comme un hétéro ou en tout cas on ne pose pas la question. Mais s’il s’essaie à une auto fellation, on le traite d’homo. »  

 

Que rappelle la façon de parler de Nicolas Sarkozy, cette façon de prendre l’autre à parti dans un sourire complice, de manger ses syllabes : « J’suis venu » « Je r’marque que » « j’vais vous dire… », ce ton patelin qui séduit ou horripile selon qu’on le trouve pas fier ou vulgaire ? Ca m’a sauté aux yeux et surtout aux oreilles :  avec un timbre de voix certes moins puissant, c’est exactement la diction de Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste dans les années 70/80, dont les débats et le fameux « Taisez-vous Elkabach » réjouissaient les téléspectateurs. Le petit Nicolas, d’origine hongroise, pays communiste à l’époque de sa naissance, a-t-il été nourri au bon lait de la dialectique marxiste ? Auquel cas on pourrait expliquer les ralliements des socialistes à sa bannière par une réminiscence inconsciente de l’époque de l’Union de la gauche J J J  

 

S’il vous reste des forces après ces intenses réflexions et si vous passez à Paris, ne manquez pas l’ expo sition « Rock and roll 39/59 » à la Fondation Cartier (261 Bd Raspail). On vous offre un CD de bon vieux rock avec le billet d’entrée, vous y verrez un film passionnant, admirerez pochettes de vinyl et guitares mythiques. Mais surtout, c’est la seule expo où on voit quinquas et sexas, un casque sur les oreilles, se trémousser silencieusement en écoutant les rockers de ces années là, puis soupirer que c’était le bon temps et qu’on savait s’amuser à cette époque. Les panneaux historiques de l’ expo rappellent cependant que 39/59 ont vu passer une guerre mondiale meurtrière, l’apartheid, les persécutions racistes aux USA, une condition féminine archaïque et moult autres misères… Moralité : ce qu’on appelle « le bon temps » est celui de sa jeunesse et je parie que dans 20 ans, les trentenaires qui se lamentent aujourd’hui sur la dureté de l’époque écouteront des morceaux de Vincent Delerm, Red hot chili Pepper ou Philippe Katerine en soupirant "qu'est-ce qu'on se marrait à l'époque!"

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Published by Françoise Simpère - dans En vrac
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26 juillet 2007 4 26 /07 /juillet /2007 12:34

Ces jours ci, j’ai feuilleté du magazine féminin destiné aux trentenaires, quel que soit l’âge réel des lectrices. Car l’esprit du publicitaire, la trentenaire, c’est le marché à conquérir (ce en quoi ils ont tort, l’argent est plutôt chez les quinquas par les temps qui courent…) Dans GLAMOUR, il y avait un supplément « Sexe »- été oblige !- fort bien fait, expliquant en substance que le secret du plaisir est de désirer vraiment et de se sentir assez bien avec l’autre et avec soi pour se laisser aller : désir et lâcher prise, le message ne pouvait que me plaire… 

Sauf que… sauf que… hormis dans ce supplément, tous les articles du magazine, de même que ceux d’Isa parcourus ensuite, donnaient des conseils, voire des consignes pour traquer le moindre poil, lisser sa peau, perdre des kilos, muscler les chairs forcément ramollies et indésirables et être maquillée du matin au soir (avec changement de couleurs et de textures selon l’heure du jour) toutes contraintes indispensables à qui veut séduire le mâle !

Quel boulot, le sexe !  Trois heures de préparation pour une demi heure de dégustation, pire que le bœuf en daube J  Encore, je vous passe les articles sur l’angoisse de se dénuder, les blocages à vaincre et « que dire après l’amour ». On s’étonnera ensuite que les jeunes femmes aient des pannes de désir ! Et que les jeunes hommes (voir le sondage DUREX Global Survey) aspirent à moins de technique et plus de tendresse de la part de leurs partenaires.

 

 

 

 

 

 

« Apprivoiser son corps… on devrait commencer par là, l’aimer totalement pour pouvoir l’offrir totalement... Aimer l’idée que tant qu’il se passe quelque chose dans un corps c’est qu’il est vivant, ça ne dure pas bien longtemps, autant  en jouir avant la fin, avant même la fin, avant ce moment qui arrive peut-être où l’on ne s’aime plus parce que la vie vous a trop abîmée, trop lassée, mais le plus tard possible. Je connais des filles de trente ans qui ne s‘aiment déjà plus, elles traquent leurs kilos, leurs défauts, leurs petites taches sur le teint, la courbe imparfaite de leurs sourcils… Il faut dire que l’environnement ne les aide pas, tout ce qu’on vend aux femmes exalte leurs défauts, des produits pour une ligne parfaite, une beauté sublimée, un corps de rêve, un bronzage impeccable, sous-entendu « qu’est-ce que vous êtes moche au naturel », mais cette perfection, à quel prix, mon Dieu,  à quel prix !  Si l’amour d’elles-mêmes est payant, comment pourraient-elles croire que l’amour des autres peut être gratuit ? Il leur faudra des preuves sonnantes et trébuchantes et leur homme dira : « les femmes aiment l‘argent ». Ce n’est pas qu’elles aiment l’argent, c’est qu’elles veulent savoir combien elles valent. Baiser sans enjeux, par désir, c’est refuser la loi du marché ! («  Ce qui trouble Lola » Pocket p. 57)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Françoise Simpère - dans Humeur
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24 juillet 2007 2 24 /07 /juillet /2007 15:08

Hier, j’avais une grosse colère sur ce travail qui tue, sur l’in human ité présentée comme une fatalité. Si grosse que j’en ai été stressée toute la journée. Donc, pour reprendre souffle et douceur, voici un extrait de « Autres désirs, autres hommes  » adapté à la saison  

 

Paris l’été. Torpeur moite. La ville somnole derrière des stores baissés tandis que sous les portes cochères s’étalent des lambeaux de fraîcheur. ... 

L’enseigne d’entreprise, la rue Française, six étages à gravir après une nuit blanche, j’avais une jupe longue de velours noir et une blouse de dentelle, tenue du soir incongrue parmi les grues immobiles. Le trou des Halles tenait lieu de grand Canyon, Marco Ferreri y tournait un western. Et sous ma jupe, sur la peau de mes cuisses, ta main impérieuse remontait. Je riais en m’agrippant à la rampe : « Arrête, tu vas me faire tomber », mais j’étais tombée depuis longtemps. Dans tes bras, dans la spirale d’un désir étrange, celui de tes cris quand tu jouis, de ton ventre sur lequel j’étale du bout des doigts ton humidité, de ton odeur sur ma paume… 

Paris torpeur. Des regards posés sur moi pesants comme du plomb fondu. Ici j’errais triste, il y a longtemps, devant un manège qui me rappelait ta façon de me faire tourner dans tes bras jusqu’à ce que j’en perde l’équilibre et le souffle. A vingt ans, on croit que la vie s’arrête quand cesse de tourner le manège, plus tard on sait qu’il repart. Le propriétaire du manège agite au-dessus des enfants une peluche, il faut en saisir la queue pour gagner un tour gratuit. Petite, j’étais experte à ce jeu là. Pour le prix d’un ticket, je faisais dix tours. Je criais : « J’suis forte pour attraper la queue ! » Ce talent là ne s’oublie pas… 

Bord de Seine où j’ouvris ta chemise. Tu avais des yeux dorés, des tourments pleins la tête que je me faisais fort d’effacer, ma bouche a le pouvoir d’aspirer les pensées tristes, mes lèvres ont gardé l’empreinte de cette fossette sous ton nombril, que j’ai longuement parcourue de la langue. Tu haletais, tu avais envie de défaire ta ceinture, du monde passait à deux pas de nous, on ne se dévêt pas en public. Ce jour là, nous sommes passés à deux doigts de l’outrage public à la pudeur. Du bout de ces deux doigts, j’ai effleuré ton gland. Tu as sursauté.  Frisson électrique, moi je mouillais. Ce jour là nous avons frôlé l’électrocution. 

Goût d’alcool dans la bouche, sourires, fous rires. D’une boîte à l’autre, d’une musique « caliente, caliente » à l’autre, nous testons toutes les couleurs du rhum, feuille verte du Mojito,  soleil couchant du Sosua Mama,  traîtrise laiteuse du punch coco, sensualité de la salsa, « Etes-vous content de me voir, ou est-ce votre trousseau de clés ? » C’est l’heure où l’on dit des bêtises, l’heure on l’on rit de tout. L’itinéraire se termine sur ton couvre-lit. J’ouvre ton pantalon, jamais je ne l’ai fait.  « Nous passons à des jeux de grandes  personnes », remarques-tu. L’expression me plaît, assez pour que je te prenne aussitôt dans ma bouche."Quand je serai grande, je veux encore jouer avec toi". Parole tenue depuis vingt ans. .. 

Paris, l’été. Soleil sur les miroirs des tours du Front de Seine, lumière fragmentée. Paris, ville kaléidoscope, je secouerai tes immeubles, j’agiterai tes murs pour créer de nouveaux rêves. Paris, ville puzzle de ma mémoire, je t’éparpillerai dans les os de mon crâne, remue-méninges pour te reconstituer pièce à pièce, recommencer le jeu, te voler au temps et vivre en trois minutes les vibrations de trente ans.

 

 

 

 

 

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Published by Françoise Simpère - dans Publications
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