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23 mai 2007 3 23 /05 /mai /2007 11:24

Un riche américain tombe dans un coma profond, « near death » dont il sort deux jours plus tard en disant : « Je suis monté au Paradis, j’ai rencontré Dieu ! » « Comment est-il ? »  « ELLE EST NOIRE ». 

Je pense à cette histoire en voyant partout des portraits de Rachida Dati et des papiers s’extasiant sur la réussite de cette ministre « qui cumulait les handicaps » : « femme, d’origine maghrébine, et pauvre ». Eh oui, au pays de l’égalité fraternité, en 2007, il paraît toujours anormal ou en tout cas hors-normes qu’une femme prétende à un poste élevé - souvenons-nous des quolibets, notamment au PS, lors de la candidature de Ségolène Royal- qu’un immigré réussisse autant qu’un français de souche et qu’un pauvre ait autant de chances qu’un riche. Cela prouve le chemin qui reste à faire. Comme disait en substance Françoise Giroud « l’égalité entre hommes et femmes existera quand une femme stupide aura autant de chances de réussite qu’un homme stupide, car aujourd’hui celles qui réussissent doivent faire preuve de qualités hors du commun. » 

Idem pour cette fameuse notion de « français issus de l’immigration », expression exécrable parce qu’elle sous-entend que pour s’intégrer il ne suffit pas de vivre et travailler paisiblement dans un pays, mais de devenir français, pas seulement administrativement, mais totalement. Les critères de régularisation des enfants sans papiers de l’ex-ministre de l’intérieur ( circulaire de juin 2006) stipulaient d’ailleurs que l’enfant à régulariser devait parler français (logique s’il veut vivre en France) mais aussi n’avoir aucun lien avec son pays d’origine. Autrement dit, couper ses racines avec sa culture d’origine et d’éventuels grands-parents, oncles et tantes restés au pays. 

Mon père, né à Chôlon- quartier chinois de Ho-chi-minh ville/ Saïgon, était français par hasard, parce que l’Inde (pays de son père) et le Vietnam, pays de sa mère, étaient des colonies françaises quand il est né. En réalité, il n’avait pas une goutte de sang « français » dans les veines, et quelle importance ? Cela ne l’a pas empêché, comme Rachida Dati, d’être un excellent magistrat et d’aimer la France, tout en gardant des atavismes culturels, culinaires, musicaux de ses deux parents. 

Etre né quelque part, comme chante Maxime le Forestier, ne relève pas du mérite mais du hasard des voyages et des amours de nos parents. J’aimerais qu’on arrête ces idées d’intégration qui divisent au lieu de rassembler. Nous sommes d’abord des humains, à la fois tous semblables et tous différents, et tant mieux. J’aimerais qu’on se fiche de la couleur de la peau, comme Bertrand Delanoë avait répondu à un journaliste crétin qui lui disait : « Vous AVOUEZ être homosexuel. Qu’aimeriez-vous que les parisiens en pensent ? »  - Ce que j’aimerais ? Qu’ils s’en foutent, tout simplement. » 

J’espère qu’on appréciera Rachida Dati pour ce qu’elle fera contre les injustices, pour l’amélioration des conditions carcérales et la prévention de la délinquance et pas parce qu’elle est femme, immigrée et d’origine pauvre. Dommage qu’elle ne soit pas homosexuelle, ça aurait fait encore plus chic dans le tableau.

 

 

 

 

 

Photos de Pierrick Bourgault (voir lien avec son blog bars du monde) prises et un peu partout sur terre et qui prouvent que devant un verre et avec de la musique, tous les humains se ressemblent.

 

 

 

 

 

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21 mai 2007 1 21 /05 /mai /2007 16:31

A propos d’impôts (voir post précédent) je trouve que les inspectrices des impôts sont d’une compétence remarquable : j’ai eu l’occasion, et un certain nombre d’ amis aussi, de les consulter. A chaque fois,  nous avons reçu d’excellents conseils pour être en règle tout en payant le minimum de charges. 

L’un de ces amis, chef d’entreprise, au moment de quitter le bureau après une âpre mais fructueuse discussion avec son inspectrice lui a dit machinalement : « Je ne sais comment vous remercier ». Celle-ci s’est assise sur son bureau, a légèrement écarté les jambes et murmuré : « Vous semblez avoir la langue bien pendue, servez-vous en ». Elle portait des bas, des vrais, et un slip en dentelle. Cinq minutes de pur plaisir mutuel, avec la jubilation de se conduire en galopins dans un austère bureau administratif et la crainte stimulante de se faire surprendre, mais heureusement il était plus de midi et les collègues étaient partis déjeuner. Comme me l’a précisé cet ami : « Ce n’était pas de la corruption, elle m’avait déjà conseillé, en toute légalité d’ailleurs. C’était juste un remerciement. » 

 

Imaginez… imaginez qu’au lieu de fleurs ou de bonbons on offre des cadeaux sensuels … Cela changer ait la face du monde. Nous avons tous en tête des instants où le désir a fait une rapide irruption, transformant un quotidien sérieux en souvenir délicieux.[1] Pas forcément du sexuel : j’ai raconté dans « Passage du désir » ( in "Des désirs et des hommes") comment l’héroïne, se hissant pour faire la bise au monsieur qui l’a abritée sous son parapluie, perd l’équilibre et atterrit sur les lèvres de cet homme, le temps d’un baiser exquis parce que inattendu, une bouffée de sensualité dans une journée de grisaille… 

Un journaliste m’a raconté son ébahissement quand, stressé et hurlant au téléphone, il a vu sa voisine de bureau apparaître : « Est-ce qu'une gâterie te calmerait ? » Il a été si stupéfait qu’il n’a pas osé accepter. Elle est ressortie, souriante. J’ai fait remarquer à l’ami qu’il aurait accepté sans doute une cigarette ou un Lexomil nocifs pour la santé (ça se fait beaucoup dans certaines boîtes, de proposer du Lexomil aux collègues stressés…) alors qu’il n’avait pas osé accepter une turlute gentiment proposée. Ses yeux ont brillé : « Pas grave, ça m’a tellement excité que j’ai fini la journée en fantasmant et de fort belle humeur. »  

 

I have a dream… celui d’un monde où, lorsqu'on taperait sur google « sexualités récréatives »,  on trouverait des histoires de ce genre et pas des annonces de prostituées, sites pornos ou clubs échangistes. Où la récréation des sens ferait partie de la vie et serait amicale et gratuite.

 

 



[1] C’est le thème de toutes les nouvelles de « Autres désirs, autres hommes  » : savoir saisir l’érotisme au coin de la rue.

 

 

 

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21 mai 2007 1 21 /05 /mai /2007 10:02

Les medias servent du Sarkozy matin, midi et soir à une dose peu digeste et surtout sans aucun recul critique. Ainsi de la proposition d’exonérer d’impôts les revenus des étudiants qui travaillent pour financer leurs études. A priori, c’est une bonne mesure, sociale et généreuse pour les étudiants de milieux modestes… sauf qu’elle est inutile. En effet,  la majorité des étudiants qui travaillent le font à temps partiel, vu qu’ils doivent aussi aller un peu en cours et aux TD de la fac. Par ailleurs, ils ont souvent des jobs peu rémunérés. Résultat : ILS NE SONT PAS IMPOSABLES ! Soit ils déclarent seuls leurs maigres revenus et ne sont pas imposables. Soit, quand il s’agit juste de revenus d’appoint que leurs parents doivent compléter, ceux-ci déclarent les revenus de leur rejeton sur leur propre feuille d’impôts,  pour pouvoir continuer a bénéficier de la demi part fiscale  et ne pas voir leurs impôts à eux augmenter brutalement. C’est une ex-Inspecteur du Trésor et mère d’étudiantes qui vous parle… DONC CETTE MESURE SUR LAQUELLE TOUT LE MONDE S’ESBAUDIT EST UN PUR EFFET D’ANNONC E. 

 

Autre effet d’annonce : « Je vais supprimer les parachutes dorés des chefs d’entreprise ». On ne peut qu’approuver une telle mesure qui mettrait fin à un scandale… sauf qu’un économiste/juriste a fait remarquer que lesdits parachutes relèvent du contrat de travail entre l’entreprise et le salarié et que l’Etat ne peut pas intervenir dans un contrat privé non contraire à l’ordre public (la question mériterait d’ailleurs d’être posée : les parachutes dorés pourraient-ils être déclarés contraire à l’ordre public en raison du désordre social qu’ils risquent de provoquer ?)  Par contre, pour rétablir un peu d’équité, l’Etat pourrait imposer au taux maximum ces parachutes dorés qui échappent pour l’instant à l’impôt. Le seul problème, c’est qu’avec le bouclier fiscal à 60% instauré par Nicolas Sarkozy, cette mesure n’aurait qu’un impact limité…  

 

De toutes façon, le chef de l’Etat n’a pas proposé de les imposer.

J'ai emprunté le titre de ce post à l'excellente émission du même nom diffusée sur Arte. "Le dessous des cartes" a un ton un peu scolaire mais n'a pas son pareil pour vous apprendre à ne plus prendre les vessies politiques pour les lanternes de la réalité. Ce matin, en dix minutes, tous les enjeux au Nigéria, qui expliquent les guérillas sanglantes qui s'y déroulent, étaient expliqués de façon magistrale. Bonne nouvelle: on peut désormais visualiser cette émission sur www.artevod.com et la télécharger pour moins d'un euro.

 

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18 mai 2007 5 18 /05 /mai /2007 15:31

 

Gros chantier sur le périph: un truc énorme, techniquement et physiquement difficile. Bizarre que ceux qui en sont chargés soient si mal payés : maçon,   compagnon routier, c’est du 1000/1500 € par mois.  Pourtant, être capable de construire le viaduc de Millau ou l’Arche de la Défense, c'est pas rien. On me dira que c’est l’ingénieur qui, l’architecte qui… Yes, sir, mais celui qui fabrique, c’est bien l’empileur de parpaings et s’il se goure dans le mélange de la bétonnière, ça ne tient pas. Et un pont ou un immeuble qui ne tiennent pas peuvent causer des dizaines de morts. Ces ouvriers devraient donc être hyper importants et ils ne le sont pas. 

A l’inverse, une fille- que par ailleurs je trouve superbe, sympa, méritante et tout- comme Laure Manaudou se voit proposer des millions d’euros parce qu’elle nage vite. Or, qu’est-ce que ça change à la face du monde qu’une fille soit capable de gagner 3/100è de seconde sur 400m nage libre ? De façon plus générale, qu’est-ce qu’un record sportif change dans la vie des gens ? Rien. Ca n’a aucune importance de mettre un ballon dans un but, ça ne fait progresser ni la santé ni la science, ni la philosophie, ni les rapports humains (et même le contraire, quand on voit le niveau relationnel entre certains hooligans). 

Qu’est-ce qui motive quelqu’un à vouloir être le nageur le plus rapide du monde, le chanteur tout en haut de l’affiche, un PDG plus payé que les autres quand par ailleurs tous ces gens ne savent plus comment dépenser leurs sous ? Qu’est-ce qui pousse à se faire applaudir par des groupies en folie ou des militants exaltés ?  La gloire serait-elle le bonheur ou n’est-elle que le deuil éclatant du bonheur, un dérivatif destiné à faire oublier qu’au bout du bout, il y a la mort ? Je me le demandais en regardant il y a quelques jours Bernard Giraudeau à la télévision. J’adore cet homme, je lui trouve un charme fou, charnel et cérébral à la fois, et une sensualité androgyne. Je suis sûre qu’il a apprivoisé en lui l’homme et la femme.

 J’ai lu beaucoup de ses livres, vu plusieurs de ses films (notamment le très troublant « Gouttes d’eau sur pierres brûlantes » de François Ozon, une merveille de sensualité dérangeante.) Dans cette émission TV, il expliquait comment la maladie l’avait amené à s’ exposer moins, à écrire et à méditer plus et pratiquement à trouver une certaine sérénité. Comme très souvent. 

Très souvent des gens saisis par la maladie ou un malheur découvrent que la vraie vie, le vrai bonheur, ne sont ni dans l’argent, ni dans la gloire. 

Pourquoi faut-il un tel coup sur la tête pour découvrir ce qui donne un sens à l’existence ? Une amie, avec qui je pars souvent en vacances, a l’habitude de dire « le bonheur est fait de choses simples ». Ca lui arrive généralement quand nous regardons la mer en léchant un cornet de glace qui dégouline au soleil, ou quand nous observons des écureuils jouant dans un arbre. Des choses simples, mais rares, car on prend peu le temps de les vivre. 

Un jour, je me suis dit que je ne voulais pas mourir avant d’avoir publié un roman. Depuis que c’est fait, je goûte chaque instant de la vie comme un supplément à ce dont j’avais besoin. Avec l’envie que les suppléments soient aussi nombreux que possible. Ceux qui marquent sont souvent des sensations fugaces : un désir surgi comme une évidence , une jubilation en lisant ou en écrivant certains mots, un instant d’amitié vraie, un message d’une ou l’autre de mes filles pile au moment où j’en ai besoin, une audace érotique que j’ose vivre, la sensation de laver mon cerveau de toutes ses toxines devant certains paysage ou musiques. En fin de compte, comme dit mon amie, des choses simples. 

 

 

 

 

 

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16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 12:18

Bizarre de rencontrer un homme pour la première fois et qu’il vous raconte votre vie en détail ou presque. Surprise, réponse : « Je vous ai googlelisée ».  Il suffit d’avoir publié une recette de tarte aux pommes sur Internet ou d’avoir fait une conférence à l’Amicale des famille s de Trifouilly les oies pour être référencé. Après  quelques années, les références s’accumulent… Du coup se pose la question : comment étonner et surprendre quand avant la rencontre, le bel inconnu a déjà une idée préconçue de vous, voire une photo ? Quelle découverte privilégier ? Et surtout : quel est l’écart entre l’image publique donnée par le Net et ce que je suis réellement ? Autrement dit : suis-je cohérente avec moi-même ? Puis-je me regarder sereinement dans la glace ? 

Ce matin, je découvre un blog citant mon nom. ( www.funkypit.com/blog ) accompagné d’une vidéo. Oui, c’est bien moi, chez moi. Je reconnais le tableau au mur, la photo du Che, mon collier grec en terre cuite jaune. Je ne me souviens plus de cette interview, je ne sais plus qui l’a faite (pourtant peu de journalistes sont venus chez moi) et surtout je ne sais pas comment cette vidéo a atterri sur ce blog. L’impression est étrange, comme si je trouvais chez un inconnu un de mes vêtements en étant sûre de ne jamais y être allée.  Presque désagréable, comme lorsque je me suis fait voler mon sac à main dans un bar et que j’étais plus atteinte par l’idée que le voleur allait regarder mes photos personnelles et mon carnet d’adresses que par la perte de l’argent ou la carte bleue. Internet est un Arsène Lupin mondial, un fouilleur d’intimité…   

J’ai regardé l’ITV, pour essayer de me souvenir qui l’avait faite, et quand. Je n’ai pas trouvé. Par contre, et cela m’a fait plaisir, je n’avais pas un mot à retrancher à ce que j’ai dit, pas un mot à renier. Entre ce que je dis et ce que je suis, pas de hiatus qui me ferait honte. Internet est un fouilleur d’intimité, une mémoire impitoyable qui va peut-être nous forcer à rester cohérent, sous peine de voir affichées nos contradictions sur la Toile.

 

 

 

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16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 10:37

Le Round Up, herbicide le plus utilisé au monde, notamment sur les OGM , et vendu aux jardiniers amateurs comme quasiment « protecteur de l’Environnement »,  a une action nocive sur les cellules d’embryons humains, selon une étude menée par l’équipe du Pr Gilles-Eric Seralini (Université de Caen), qui sera publiée en juillet 2007 dans la revue Archives of Environmental contamination and toxicology. Pas besoin d’en mettre beaucoup  : les chercheurs ont utilisées des dilutions de Round Up au 1/ 10 000è ! Les hormones sexuelles, en particulier, sont perturbées par cet herbicide. Peut-être un début d’explication aux fausses couches et petits garçons nés avec des micro sexes dans des famille s d’agriculteurs il y a quelques années.  

 

Un nouveau blog vient d'être créé, INVENTERRE : Information Non-Violence, Environnement TERRE.  http://inventerre.canalblog.com/ 

Faire l'inventaire de toutes les prises de pouvoir exagérées en France dans les domaines du social, de la santé, de l'intérieur, de la fiscalité, des cadeaux aux entreprises, de l'éducatif et relayer toutes les actions non-violentes qui peuvent être menées contre cela.  Vous pouvez envoyer des informations au site : Jiminy.Cricket@tiscali.fr  ou poster vous-mêmes des articles.  Ceux-ci doivent voir leur origine signalée, et concerner des faits, pas des ragots.  

 

 

 

 

 

 

 

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15 mai 2007 2 15 /05 /mai /2007 15:36

Nicolas avait des comptes à régler avec son enfance et son père. Ségolène avait des comptes à régler avec son enfance et son père. Le livre « La femme fatale » qui fait un carton prétend aujourd’hui que la force de Ségolène a été stimulée par la jalousie amoureuse, tandis qu’on glose sur l’abstention électorale de Cécilia qui n’a pas donné sa voix au triomphe de l’époux. 

Et ça continue ! Aujourd’hui Bernard Kouchner serait prêt à rejoindre le gouvernement Sarkozy, dont les valeurs sont pourtant quasi à l’opposé des siennes, parce que, dit-il,  « il aurait été maltraité par le PS, jamais assez reconnu ». Encore une blessure à réparer. 

On rêve ou quoi ? La politique, dernière thérapeutique à la mode des ego blessés ? La quête du pouvoir comme pansement aux problèmes narcissiques ?  

 

On devrait exiger des candidats qu’ils aient fait un « travail sur eux » avant de se présenter. Parce que, si un peu de narcissisme est nécessaire pour se construire- ce qu’on appelle « l’estime de soi » dont manquent tant de personnes- trop de narcissisme devient destructeur. Il convient d’avoir toujours à l’esprit la vanité des choses et l’impermanence de la vie pour ne pas être un tyran… De cultiver le détachement.   

Il y a environ 25 ans, une amie photographe avait été réveillée un dimanche par Bernard (Kouchner) et Brice (Lalonde) alors jeunes militants : « On va faire un footing au Luxembourg, viens avec ton appareil. » Eberluée, elle leur avait répondu : « Que voulez-vous que ça me fasse ? Pourquoi dois-je venir ? »  « Parce que dans trente ans, on nous demandera ce genre de photo ». L’idée qu’il existait de jeunes gens de gauche qui programmaient trente ans à l’avance leur carrière politique et leur médiatisation m’avait scotchée. A droite, quelques années plus tard, le jeune Nicolas faisait de même. 

Leur point commun? Une hypertrophie de l’Ego,  en réaction à des frustrations anciennes. Moralité : si vous voulez des enfants heureux, aimez les. Si vous voulez des enfants ambitieux, maltraitez les. Les enfants heureux jouent aux LEGO,  nom qui vient de Leg godt : je mets ensemble, je rassemble. Mais au fil des années, les briquettes jolies, le tracteur rassurant quasi Bayroutiste ont fait place à des jouets guerriers dont la finalité est d’éliminer l’adversaire. Comme au grand jeu politique de l’Ego.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 mai 2007 5 11 /05 /mai /2007 20:05

La FNAC de la rue de Rennes est en travaux, l’étage « librairie » est presque fini et c’est très bien, plus tranquille, mieux rangé. On peut flâner tranquillement entre les rayons pour prendre un bain de mots, de titres.

 

J’adore regarder les titres des livres dont certains à eux seuls valent le détour, parfois plus que le livre d’ailleurs. « Comment voyager avec un saumon » « Comment je suis devenu stupide »… Autre titre : « Des nouvelles de l’île aux oiseaux. » de Erik Orsenna. J’adore cet homme- que je ne connais pas, hélas - sa façon de mêler des souvenirs et un imaginaire flamboyant qui nous fait basculer dans sa fantaisie comme sur une guimauve moelleuse, en douceur. Difficile parfois de savoir s’il a écrit pour les grands ou les petits, je le soupçonne d’être un enfant caché derrière une moustache pour avoir l’air d’un grand… Son livre « Longtemps » que j’ai dévoré au cours d’un voyage en Australie m’a convaincue que cet homme pas très beau doit être d’une sensualité raffinée et faire l’amour avec humour, ce qui n’est pas donné à tous J

 

Feuilleté « la douceur des hommes  » d’une auteure italienne dont j’ai oublié le nom. Des phrases chaudes et lyriques, ça fait du bien. L’époque manque singulièrement de lyrisme, hormis chez les journalistes sportifs commentant la course solitaire du footeux qui avance inexorablement vers le gardien adverse puis hurlant « But ! Il a marqué ! Il a marqué un but !!! » avec dans leurs mâles poitrines la cascade d’un sanglot, l’émotion... Le sport permet aux hommes d’exprimer leur part féminine, il suffit de les regarder s’étreindre après un but pour en être sûre : ils ont besoin de se toucher. Part féminine ou homosexuelle ? Est-ce si différent ?

 

Je suis repartie avec un livre de Vassilis Alexakis, auteur grec que j’aime beaucoup parce qu’il a l’art de raconter les détails les plus insignifiants de sa vie, genre « j’ai fait cuire une soupe au choux » puis de vous émouvoir en précisant « comme celle que faisait ma mère ». Le livre s’appelle « Je t’oublierai tous les jours » et s’adresse à sa mère disparue, justement.  C’est Alexakis qui m’avait inspirée pour décrire l’écrivain  Vassilio Alessi dans la nouvelle « La fontaine de Trevi » ( « Des désirs et des hommes  »)

 

Dehors, il faisait très chaud, j’ai fait l’éponge, absorbé le monde comme on regarde un film. Une fille se faisait engueuler par son mec au téléphone parce qu’elle lui « usait son forfait ». Un homme courtisait une femme à la terrasse d’un café. Il a réclamé l’addition en précisant au garçon : « Vous me faites une facture globale en faisant ressortir la TVA » : drague en note de frais… Une jolie fille arpentait le trottoir en violet et fushia, les couleurs des années 70.  Un homme tout bronzé, l’air fatigué remontait le boulevard vers sa moto : c’était Vincent Lindon.  

 

Puis je suis rentrée tout noter pour des histoires à venir…

 

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10 mai 2007 4 10 /05 /mai /2007 12:16

Le soufflé est retombé, comme si la seule excitation valable était le combat électoral, le côté Star Ac et spectaculaire de l’élection et non l’enjeu, à savoir : De quelle vie avons-nous envie ? Qu’est-ce qui nous rend heureux ?  

 

Il y a quelques années, dans le magazine où je travaillais, on avait proposé un papier sur le thème « qu’est-ce qui vous fait encore rêver ? » Sujet refusé. Rêver, quelle drôle d’idée ! Nous sommes dans une époque RE-A-LISTE où l’on donne des « conseils pratiques » (je hais cette expression pour l’avoir entendue trois millions de fois dans les réunions de rédaction des magazines) où les couvertures des mensuels féminins proposent 101, 208, ou 1250 « trucs malins » pour être au TOP ! 

J’avais louvoyé en proposant un intitulé plus mode : « Qu’est-ce qui vous stresse ? Qu’est-ce qui vous fait plaisir ? » Les gens étaient heureux de voir se lever le soleil, parler avec une voisine, entendre des rires d’enfants, faire une grasse matinée amoureuse, chanter à tue-tête, retrouver de vieux amis après des années… Pas un n’avait évoqué le pouvoir d’achat ou le fait de devenir propriétaire de sa maison ! 

Ils étaient stressés par la pression au travail, la non reconnaissance de leur valeur (toujours au boulot…), le bruit, le manque de temps pour s’occuper d’eux et de leurs proches, un chagrin d’amour, la vue d’un SDF dormant sur une bouche de métro, la solitude, l’agressivité d’un « petit chef »… 

J’avais fait un encadré pour remarquer que les bonheurs spontanément évoqués était gratuits et que les stress relevaient plus souvent de la dureté des rapports humains que de critères matériels.

Bref, que le bonheur ne se résume pas à un taux de croissance.

L’encadré avait été supprimé…

ALLEZ, FAITES DE BEAUX REVES!

 

 

 

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7 mai 2007 1 07 /05 /mai /2007 18:57

« Il y a un club à Boulogne-Billancourt qui donne des cours de frivolités » Trop beau pour le croire. Qu’eussié-vous fait à ma place, coquins et coquines sinon vous précipiter d’un clic sur le message … pour découvrir que les frivolités sont une technique de dentelle avec une navette et des petits nœuds (oui, petits L ) . Poursuivant mon exploration de ce site qui s’appelle « L’aiguille en fête », je découvre des désirs insolites : « je cherche un motif de chèvre au point de croix » « … des grilles de vaches dans des positions diverses ( !!!)  à réaliser au tricot. » etc… Enfin de la douceur dans ce monde de brutes ! 

Notez dès à présent que le 9 juin, place du Palais Royal, se tiendra un grand jamboree de tricoteurs et tricoteuses. Jolies rencontres à prévoir dans le doux cliquetis des aiguilles (moi qui ai autrefois beaucoup tricoté dans les trains de banlieue, je conseille les aiguilles en bambou, au son bien plus zénifiant que celles en métal.) 

Il paraît que les hommes se mettent au tricot pour se calmer quand ils arrêtent de fumer et que c’est très efficace. Une étude scientifique  affirme que ça calme aussi leur rythme cardiaque. Sachant qu’un homme déstressé connaît des érections pimpantes parce que la circulation du sang inhérente au phénomène est meilleure en situation de détente, J'imagine bien des prolongements voluptueux à ce rendez-vous du Palais Royal. 

De nuit, les colonnes Buren, les aiguilles à tricoter et les portes cochères nombreuses peuvent constituer la toile de fond propice à des ébats que la morale réprouve et le plaisir approuve. On s’y retrouve ?

 

 

 

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