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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 10:47

fran_oise_22.jpgQuand j'étais ado, ma place de tête de classe systématique rendait les garçons admiratifs de mon "intelligence", mais craintifs aussi, de sorte que j'avais un mal infini à me sentir séduisante, et c'est un euphémisme! Du coup, le premier qui m'a lancé: "Ton côté Version Latine m'horripile, par contre j'adore te regarder quand tu écris en haut du tableau et que ta minijupe remonte, car tu as un beau petit cul", celui-ci donc me fit fondre de plaisir!
fran_oise_45.jpgLes 40 années suivantes, les appréciations masculines achevèrent de me convaincre que, finalement, je n'étais pas un thon. Ça fait du bien...
Mais voici que depuis un an environ, nombre d'hommes pointent à nouveau mon intelligence et mon acuité d'esprit pour dire qu'ils sont charmés. Comme quand j'étais ado. Mais cette fois-ci, cela ne me déçoit pas. Les années passant, je souscris au proverbe chinois qui recommande à l'homme: "Aime une femme pour son intelligence plutôt que pour sa beauté, votre amour sera plus durable."  Et puis "mes" hommes aussi prennent de l'âge, et je leur trouve toujours du charme, par cette magie qui fait que le regard aimant, véritable caméra infra-rouge, traverse les strates du temps et retrouve, fugacement mais toujours, l'émotion des premiers échanges.

 

manif-CPE-petit-mars-2006.jpg

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 11:52

Face à l'adversité, deux façons de réagir : s'en prendre aux autres ou à soi. Ce qu'on appelait autrefois les personnalités de type A ou B. Par exemple, s'il perd ses clés, le « type A » s'énerve, vocifère, appelle tous ses proches pour leur demander « ce qu'il ont bien pu faire de ses clés qu'il est sûr de leur avoir prêté un jour », va déposer plainte pour perte ou vol ( « Perte ou vol, monsieur ? Ce n'est pas le même formulaire » s'insurge le cerbère policier) et lorsqu'il retrouve enfin le trousseau dans la poche de son blouson, clame à qui veut l'entendre qu'un naze quelconque lui a fait une blague pour lui faire croire qu'il perd la tête. La maladie d'Alzheimer, est la hantise des papy-boomers qui s'en croient atteints dès qu'ils ont quelques DADA : déficits d'attention dus à l'âge. Mais ne leur parlez pas d'âge, ils détestent ça ! Le papy-boomer ne vieillit pas, il mûrit, grisonne gentiment et trouve détestable que des gamins de 40 ans le vouvoient, ça fait bourge... Le type A , qui s'échauffe facilement, est candidat à l'infarctus, à l'AVC et aux accidents de la route, toujours provoqués par des imbéciles qui se croient tout permis.

Les personnalités de type B perdent aussi leurs clés mais alors elles battent leur coulpe, s'en veulent d'être si étourdies et prennent rendez-vous pour une consultation Alzheimer dès que la chose se répète deux ou trois fois. Avec les frais que cela induit pour la collectivité, leur angoisse, et la nuisance de traitements dont l'efficacité est sans doute inférieure à la stimulation naturelle et régulière des neurones par une vie sociale et culturelle nourrie. (tiens, les vieux bonzes qui pensent que les « intermittents du spectacle» sont des parasites sociaux : pas du tout, ils contribuent à l'équilibre mental de leurs contemporains!) Les « type B » qui « se rongent les sangs » sont candidats aux ulcères, dépressions, voire cancers ou suicides quand l'adversité dépasse la perte d'un trousseau de clés.

Il existe une troisième voie, pacifique pour soi et pour les autres : la confiance en soi et en son étoile. C'est un fait corroboré par aucune étude scientifique autre que mes années d'expérience, mais j'ai remarqué que cette confiance a souvent des retombées positives, et au moins, évite de se ronger les sangs et de faire chier les autres.

J'ai déjà raconté comment j'ai retrouvé un chèque égaré de 9000 francs en écoutant simplement la voix nocturne qui m'indiquait où le retrouver. Que ce soit une divinité quelconque ou mon inconscient qui m'ait inspirée, c'était le résultat du processus que j'avais enclenché: parcourir en mémoire ce qui s'est passé depuis la dernière fois qu'on a vu l'objet. Lorsque se produit un « trou » dans cette remontée du temps, c'est mauvais signe, signe qu'à ce moment précis l'objet s'est défilé. Car l'objet inanimé a une âme, tout poète le sait. Observer les replis et malices de cette âme aide grandement à ne plus se laisser surprendre.

A force d'étudier les mœurs de la seconde chaussette- celle qui manque régulièrement lorsqu'on range le linge propre- j'ai découvert sa propension à tomber du monceau de linge sale dans l'escalier du sous-sol (qui, n'ayant pas de nez de marches, avale et cache prestement ladite chaussette, la complicité des objets entre eux pour échapper à l'emprise humaine est surprenante mais je les comprends) et à se coller aux parois du tambour de la machine à laver. D'où l'habitude prise de jeter un coup d’œil sous l'escalier du sous-sol AVANT de mettre la lessive en route, et de faire tourner manuellement le tambour APRES la lessive pour décoller les chaussettes tapies sur la paroi. Résultat : plus de seconde chaussette manquante ou presque.

Mais revenons à la méthode C : lorsqu'il s'avère que l'objet a fugué en profitant d'une faille d'attention, la probabilité de le retrouver s'amenuise. C'est alors qu'intervient la confiance en soi et en son étoile. Inutile de battre sa coulpe, ça fait mal et ne sert à rien, ni d'invectiver les autres. Une seule certitude réconfortante : l'objet est quelque part sur cette planète, et moi aussi. Je sais qu'il existe, lui aussi me connaît. Par conséquent, il y a plus de chances que nous nous retrouvions qu'il n'y avait de chances de nous trouver quand ni lui ni moi ne connaissions notre mutuelle existence : cette première « rencontre » ayant eu lieu, pourquoi perdre foi en des retrouvailles ?

Par parenthèses, cette méthode fonctionne aussi en amour. A chaque rupture, je me dis qu'il y avait une chance sur 3 milliards que je rencontre cet homme, une sur trois millions pour que nous nous plaisions, et même si, au moment de la rupture, la conjoncture paraît nettement défavorable, il y a désormais plus d'une chance sur 3 milliards pour que nous nous retrouvions un jour pour une relation pas forcément passionnelle- tant mieux, la passion n'est pas faite pour durer- mais éventuellement amoureuse ou tendrement amicale. Cela vous fait sourire ? Pourtant, il m'est arrivé un, trois, cinq, voire dix ans après la rupture, de renouer avec ces amours des liens qui cette fois-ci n'ont pas de terme prévisible, car plus aucun des enjeux qui fragilisent les relations.

Et s'il ne revient pas ? Objecterez-vous. N'étant pas encore morte, ni lui, rien ne prouve qu'une retrouvaille est impossible. Cette conviction me rend sereine, jusqu'au moment où le souvenir de la personne (ou de l'objet) s'est si estompé que leur retour n'a plus en fait d'importance. Je ne dis pas que cela efface toute mélancolie- c'est joli, d'ailleurs, la mélancolie- mais ça protège des chagrins destructeurs. 

Pour en revenir aux objets, j'ai égaré un été mes papiers de voiture. Mon retour sur le passé récent m'indiqua qu'ils avaient du s'enfoncer dans le sable lorsque le sac de plage s'était renversé. Vu la difficulté à faire comprendre aux CRS que les papiers de ma voiture prolongeaient leurs vacances, j'en fis cependant faire des duplicata. Quinze mois plus tard, je reçus mes papiers originels dans une enveloppe expédiée de Normandie, sans un mot d'accompagnement. Quelqu'un les avait trouvés et avait durant plus d'un an négligé de les renvoyer. Leur état impeccable prouvait en effet qu'ils n'avaient pas longtemps séjourné dans le sable humide. Et que j'avais eu raison decroire leur retour possible.

Puis ce fut la fugue d'un porte-carte contenant de l'argent, des chèques vierges et ma carte d'identité. J'avais peu de chances d'en retrouver le contenu, mais gardais intacte l'idée de retrouver le contenant de cuir vert, dont je situais la disparition à moins de dix mètres de chez moi, sans doute lorsque, pressée d'ouvrir ma porte, j'avais sorti les clés de mon sac avant d'arriver et fait tomber le porte-carte. Quatre jours passèrent. Le cinquième je retrouvai dans ma boîte à lettres le porte-carte et son contenu, y compris l'argent liquide, accompagné d'un message: « J'ai trouvé ceci dans la ruelle près de chez vous, et en lisant votre carte d'identité, j'ai su que c'était à vous. Signé : votre voisin du dessus. J'ai remercié chaleureusement le voisin, grondé mon porte-cartes qui n'avait pas souffert de son escapade malgré le crachin, et décidé de ne plus le mettre dans la même poche de sac que mes clés.

Car c'est un élément essentiel de la méthode C : tirer des enseignements de chaque expérience, pour ne pas tomber dans ce que Freud nomme « le principe de répétition », qui consiste à refaire inlassablement les mêmes erreurs. Les types « B » enclins à s'auto-flageller en gémissant « c'est toujours sur moi que ça tombe ! » (les objets perdus, les hommes malveillants, les loubards malintentionnés) ont tendance à répéter à l'envie les mêmes schémas, tout en s'étonnant qu'ils aient les mêmes conséquences. Exemple mondain : si Valérie T avait observé avec neutralité- sans s'en réjouir- la manière goujate qu'a eu François H. de dire d'elle « j'ai rencontré la femme de ma vie » en oubliant ses 25 ans avec Ségolène R. et ses 4 enfants, elle ne serait pas étonnée aujourd'hui de la manière goujate dont il l'a congédiée comme un monarque change de favorite. On peut même espérer qu'elle aurait eu le bon sens de le quitter la première !

Que les romantiques persuadées que leur amour va changer le macho indélicat en féministe tendre déchantent : un homme peut évoluer, mais le fonds demeure et réapparaît volontiers au galop, comme le naturel du proverbe. Cela n'empêche aucunement de vivre une belle histoire avec lui, mais en sachant, comme pour les chaussettes, passer régulièrement une main à l'intérieur du tambour de son crâne pour savoir ce qu'il y dissimule.

Pour en revenir au sac, je me suis demandé si mon expérience des doublures qui craquent et avalent les petits objets ne justifiait pas d'acquérir un sac totalement « made in France » réalisé par des artisans amoureux de leur savoir-faire et de la qualité qui en résulte. Las ! Excepté les très grandes et très chères marques- deux ou trois en France- même les sacs « de marque française » sont aujourd'hui en tout ou partie réalisés ailleurs, pas forcément en Chine. La délocalisation ayant la faveur de ceux qui croient que le coût du travail est le maillon faible de la France (en oubliant le coût des dividendes et celui des transports, si largement subventionnés qu'il est rentable pour certaines entreprises d'importer des pommes du Chili quitte à jeter celles produites en France) ces chefs d'entreprises ont importé le dumping social dans les pays d'Europe, notamment de l'Est, sans aucun souci des conséquences politiques et violentes de cette exploitation.

Il mélange bien des choses ce billet, penserez-vous. Pas tant que cela. C'est une base essentielle de ma vie: sans confiance en moi et en mon étoile, le désir d'améliorer les relations amoureuses et le monde en général m'aurait quitté en moins de temps qu'il n'en faut à une chaussette pour disparaître sous un lit, autre malignité bien repérée !

 

 

 

 

 

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 14:54

Inutile, coûteux, nuisible pour l'environnement et les populations locales, inadapté à l'indispensable changement de politique énergétique... rien que ces arguments devraient suffire à stopper le projet de l'aéroport Notre-Dame des Landes auquel s'accroche si désespérément Jean-Marc Ayrault qu'on pourrait penser qu'il s'agit d'une question personnelle, d'une ambition politique.

C'en est sans doute une, à laquelle s'ajoute l’amour-propre qui le pousse à s'obstiner malgré le nombre croissant d’opposants, loin d'être tous d'irresponsables gauchistes ou baba-cool.

Mais il y a plus, et pire : ce projet est un PPP : partenariat public/privé, formule chère au cœur de Nicolas Sarkozy, que le gouvernement actuel (non, décidément non, je ne peux pas l'appeler socialiste) poursuit dans une optique de strict court terme : l’État n'a pas d’argent pour financer cet aéroport, Vinci s'en chargera... Mais Vinci, qui a déjà la main mise sur nombre d'équipements publics- les autoroutes bradées après avoir été financées par les contribuables par exemple- n'investit jamais à perte. C'est normal, c'est son métier et sa vocation de faire du profit. On ne saurait le lui reprocher, mais on peut lui tenir rigueur du lobbying musclé fait auprès des pouvoirs publics pour favoriser les PPP, des conditions financières draconiennes qui seront tôt ou tard financées par les citoyens au détriment de l'intérêt collectif, et de cette mentalité de prédateur qui consiste à s'emparer du territoire et des équipements collectifs dont les États et les citoyens ne sont plus alors que locataires. Avec la précarité et les risques que cette dépendance suppose.

La perversité des PPP a fait l'objet d'un documentaire allemand- toute l'Europe est touchée- qui montre combien cette formule dangereuse favorise la corruption des dirigeants et fausse le jeu normal de la démocratie. Diffusé jeudi soir et ce matin, on peut le visionner ici. Allez-y, c'est édifiant et ça fout les boules de voir une fois de plus bafouées les règles élémentaires d'honnêteté par les puissants, avec un sentiment total d'impunité. Normal, même quand ils font l'objet de poursuites, celles-ci se terminent rarement mal pour eux...

 

Samedi 22 février, grande manifestation contre le projet d'aéroport Notre-Dame des Landes à Nantes. A défaut d'y participer,  on peut signer une des nombreuses pétitions qui circulent contre ce projet, symbole de la primauté des intérêts privés sur l'intérêt collectif et de l'asservissement des dirigeants politiques à l'économie privée. (tant qu'à être traitée de "rouge" par certains, mettons de la couleur!)

 

2014-02-22_Manif_Affiches.jpg



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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 23:27

mari_s2.jpgC'est quoi ce délire selon lequel « le gouvernement serait anti-famille ? » Que nenni gentes dames et jolis damoiseaux, (à manif moyennageuse, réponse médiévale): le mariage pour tous, la possibilité d'adoption pour les adultes de même sexe, la reconnaissance des familles recomposées avec un statut des mari_s3.jpgbeaux-parents (en attendant un statut des polyfamilles ?) ne peuvent qu'aboutir à multiplier les familles, qui ne sont donc aucunement en danger, ce qui ne signifie pas qu'elles soient sans danger. Entre les violences conjugales, l'inceste et les enfants ou les parents maltraités, l'idée selon laquelle la famille est la base de la sérénité psychologique me laisse dubitative, il suffit de lire les dizaines de romans consacrés au douloureux « secret de famille » qui a gâché la vie de tel ou tel auteur... dans des familles pourtant papa/maman hétéros.

La vraie question est donc ailleurs. Dans un machisme teinté d'homophobie, curieusement porté par des leaders femmes. Comme quoi le macho peut porter jupon et ne pas être homosexuel.

lecture.jpgVous l'aurez remarqué, aucune de ces contestataires ne s'est offusquée à l'idée qu'une petite fille pourrait mettre un jean et un blouson. Elles sont les premières à les acheter dans des boutiques de luxe pour leurs gamines. L'effrayant pour ces femmes n'est pas qu'une petite fille s'habille comme un garçon, c'est qu'un garçon puisse ressembler à une fille ! Manière quasi subliminale d'avouer un machisme profond : être un garçon, voire « un garçon manqué » comme on disait autrefois, c'est valorisant. Faire de la trottinette pour une fille, aucun problème, mais jouer à la dînette ou à la poupée pour un garçon, ouh la la ! Et s'il allait devenir homosexuel, efféminé, folle quoi ! Être femme c'est tellement moins considéré qu'il suffit que des métiers se féminisent (enseignement, médecine, assistance sociale) pour qu'ils soient moins bien payés.

homme_tricot.jpgBien sûr, il y a eu des progrès, bien sûr de plus en plus de jeunes hommes sont capables de s'occuper d'un enfant ou de faire la vaisselle sans se sentir dévirilisés, de moins en moins d'hommes déclarent « Chérie, je T'ai descendu TA poubelle », de plus en plus de métiers autrefois interdits aux filles leur sont à présent ouverts... avec un salaire en moyenne de 24 % inférieur. Bien sûr on condamne plus qu'avant les viols et les violences conjugales...

Mais le sexisme demeure, inconscient, innocent presque :

 

  • Lorsque Patrick Cohen sur France-Inter, parlant d'un humoriste qui après Dieudonné s'est mis lui aussi aux blagues antisémites remarque: « D'ordinaire, son registre c'est le machisme et là il est très bon, il me fait beaucoup rire. »
  • Quand on cherche un jouet pour un enfant de 6 ans et que la première question posée est : « Pour une fille ou un garçon ? »
  • Quand une femme enceinte annonce qu'à l'échographie « c'est un garçon ! » et que tout le monde la félicite.
  • Quand une femme enceinte annonce que son premier bébé sera une fille et qu'on lui répond : « Auprochain, tu NOUS fera un garçon. »
  • Quand aux tests d'embauche on est taxée de « nettes tendances masculines » si on a coché des cases correspondant aux qualités d'autorité, d'initiative, de responsabilités et de charisme.
  • Quand à la devinette posée à des enfants: « Deux médecins vont voir leur père, or ce père n'a pas de fils... », cinq bonnes minutes d'hypothèses diverses se passent avant qu'un gamin propose en hésitant : « … parce que c'est des médecins filles ? »
  • Quand dans une classe de CE1 dix filles au moins préféreraient être garçon, alors que pas un seul garçon ne souhaite être une fille.
  • Quand un juge ose dire à une jeune femme violée qui s'est fait aussi dérober son sac : « Si ça se trouve, votre agresseur voulait juste vous voler, mais mignonne comme vous êtes... » ( le juge avait d'ailleurs été remplacé par une juge, sur demande de l'avocat de la victime)
  • Quand quelqu'un s'exclame« Tu ne dis pas écrivaine, ou auteure, j'espère, c'est tellement laid ! »
  • Quand une femme courageuse est systématiquement affublée d'une paire de valseuses : « Simone Veil, voilà UN ministre qui a eudes couilles ! »
  • Quand la grammaire énonce que le masculin l'emporte sur le féminin, alors qu'il serait plus harmonieux de faire l'accord avec le genre le plus représenté dans la phrase : La mer, le ciel, les vagues et les femmes sont beaux » est grammaticalement la règle, mais « La mer, leciel, lesvagues et les femmes sont belles » sonnent mieux et plus logique, non ?
  • Quand on me dit « Vous avez de la chance d'avoir eu un mari compréhensif », sous-entendant qu'il me fallait forcément son autorisation pour disposer de mon corps et de mon cœur.
  • Quand une femme polyamoureuse est considérée comme une fille facile.

Cette dernière phrase me rappelle un billet sur Blogborygmes par lequel j'ai d'ailleurs fait la connaissance de ses membres. Cela commençait par des phrases connues :

Un homme à femmes : c'est un séducteur
Une femme à hommes : c'est une pute

Un homme public : c'est un homme connu
Une femme publique : c'est une pute

Un homme facile : c'est un homme agréable à vivre
Une femme facile : c'est une pute

Les auteurs du billet en trouvèrent d'autres moins classiques :

Un coco : a choisi le marxisme comme idéologie
Une cocotte : c'est une pute

Un homme qui fait une passe : c'est un sportif qui ne joue pas "personnel"
Une femme qui fait une passe : c'est une pute

Il est bon : il est doux et généreux
Elle est bonne : c'est une pute

Un chien : c'est un toutou
Une chienne : c'est une pute

Vibre ô mon frère : partage mes émois !
Vibromasseur : c'est pour les putes

 

La joute se poursuivait sur des pages et des pages, j'y ajoutais mon grain de sel.

Il s’assoitsur une bitte: c'est un marin

Elle s’assoitsur une bite: c'est une pute


Et c'est ainsi que 7 ans après cette découverte, nous nous retrouvâmes pour une fête Cochonne où garçons et filles, dans un bel élan de mixité fraternelle, fabriquèrent moult cochonnailles en chantant des chansons... mais pas celle-ci, tiens !

 


 

 

 


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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 19:42

C'est l'histoire d'un mec qu'a pas eu de bol. Il avait pourtant bien commencé : ses parents, d'origine modeste, avait réussi à l'envoyer à l'Ecole normale, puis Normale Sup', d'où il sortit professeur. Sur ce survint 1939, la guerre.

Georges Hyvernaud est fait prisonnier et envoyé dans un camp de travail en Poméranie, un truc obscur bien moins connu que les « camps de la mort » alors que beaucoup des prisonniers y sont morts d'épuisement ou de désespoir.

« L’absurdité, ça ne se démontre pas, ça ne se raisonne pas, ça ne sert pas à faire des conférences ou des articles dans les revues. On l’éprouve dans tout son être. C’est une révélation vivante qui, à de certains moments intenses, emporte tout.” (La peau et les os, éd. Le Dilettante)

HyvernaudRevenu de cinq années de captivité, Georges Hyvernaud écrit un livre « La peau et les os », où il ne cherche aucunement à faire de lui et de ses camarades de captivité des héros comme dans tant de livres sur la guerre, mais à décrire ce qu'ils vécurent. Il publie ensuite « Le wagon à vaches», observation tout aussi minutieuse des comportements d’après-guerre, quand les survivants ne rêvent que de consommation et d'embourgeoisement et règlent leurs compte entre eux pour trier les vrais héros des faux, choisir qui aura droit à son nom sur le monument aux morts et qui est patriote. Hyvernaut raconte comment le proviseur du lycée, ayant appris que son fils avait été tué à la guerre avait manifesté la dignité que tous attendaient (« Il a donné sa vie pour la France » et patati, et patata) tandis que le professeur de maths, frappé du même malheur, exprima violemment son immense douleur, et fut, pour cela, méprisé et rejeté par ses pairs. Cela ne se fait pas de dire que mourir à la guerre à 20 ans est une absurdité, pire : une monstruosité... La guerre, c'est sacré! Tout comme les journalistes, il y a trois ans insistaient sur la dignité des Japonais face au désastre de Fukushima, au lieu de poser les vraies questions de l’inconscience de ceux qui construisent une centrale nucléaire en zone notoirement sismique.

Il est rare que j'ai un choc littéraire, « Le wagon à vaches » en est un. C'est de l'écrit vif, nerveux, pas un poil de graisse, rien de mou et d'onctueux, rien de complaisant mais tout d'humain, sans occulter ce que ce mot comporte parfois de médiocrité : ne dit-on pas « c'est humain » pour excuser les pires lâchetés ? Georges Hyvernaud ne fait ni dans le pathos ni dans le manichéisme qui opposerait de gentils pauvres à de méchants riches ou l'inverse. Il regarde, il note et il écrit avec une force quasiment Célinienne, les imprécations et la bave aux lèvres en moins. Il écrit dans la même veine que Reiser dessinait son « Gros dégueulasse », avec la lucidité de ceux qui savent ce qu'est un pauvre bougre parce qu'ils ont vécu près d'eux. Reiser, fils d'une femme de ménage et de père inconnu n'a eu en gros que douze ans- il est mort en 1983, à 42 ans- pour profiter de l'aisance matérielle que lui avait apporté son talent. Il m'avait raconté son enfance : « Quand j'étais petit, les femmes se tuaient au travail, elles n'arrêtaient jamais. Pour elle, se reposer c'était s'asseoir pour écosser les petits pois. »

Les deux romans de Georges Hyvernaud n'eurent guère de succès. Découragé, cet écrivain hors pair cessa de publier en 1953 et reprit son boulot de prof, sans plus rêver de littérature :

« La littératurefrançaise peut se passer de mes services. Elle ne manque pas de bras, la littérature française! Les littérateurs engagés, les littérateurs encagés... Les travailleurs de choc qui vous édifient des trente volumes de roman et toute l'époque est dedans. Ceux qui font des conférences en province avec trois anecdotes et un couplet moral planté dessus comme une mariée en plâtre sur un gâteau de mariage. Et les petits jeunes gens qui parlent tout le temps de leur génération. Et s'ils racontent en 220 pages qu'ils ont fait un enfant à la bonne de leur mère, ça devient le drame d'une génération... ( « Le wagon à vaches »)

Il se marrerait sûrement devant les romans des trentenaires boboïsants, où le spleen de l'un et les amours contrariées de l'autre s'étalent à longueur de pages, lui qui avait tellement conscience que le romanesque est un privilège de classe :

« La marquise demanda sa voiture et sortit à cinq heures ». Il ne s'y est pas trompé, le vieux. Il n'a pas dit « la femme de ménage ou la vendeuse de Monoprix ». Quand la marquise sort, nous sommes assurés que les virtualités les plus exquises frémissent dans son cœur et dans sa chair. Mais la femme de ménage ne va que vers les wassingues ou les seaux d'eau sale. Ou bien elle fait des courses dans le quartier. Elle se hâte parce que la crèmerie va fermer.

La vie manque de romanesque quand on est obligé de la gagner. Elle n'est plus que ce cheminement pas à pas, jour à jour, sou à sou, peine à peine. On n'a pas de drames, nous autres. On n'a que des ennuis, des embêtements. Et à peine le temps d'y penser. On avance dans tout ça le nez sur le souci présent, et après celui-là, il y en aura d'autres. Aucune liberté, aucun jeu. Les pauvres gens ne choisissent pas l'événement, ils sont pris dedans.

Il frémirait, Hyvernaud, devant les romans mettant en scène une concierge philosophe ou une mercière farcie de vie intérieure, écrits par des gens qui ne doivent pas souvent franchir le seuil d'une mercerie de province.

De toutes les impostures littéraires, le populisme me paraît la plus indécente, qui feint de croire que les pauvres bougres disposent eux aussi d’une vie profonde, d'appréciables richesses spirituelles, de complexités inexplorées... ( quand il y a ) absence de vie profonde, ou écrasement de la vie profonde par la vie quotidienne.

G. Hyvernaud est mort en 1983 dans un quasi oubli. Un seul critique littéraire a mentionné cette nouvelle. Dans les années 90, sa veuve a retrouvé des cahiers à lui, que le Dilettante publia, en rééditant aussi ses deux livres oubliés.

« Le wagon à vaches » est également chez Pocket depuis le 2 janvier 2014. Si vous aimez les mots justes, ne le manquez surtout pas.

 

 

 

 

 

Superbe texte d'un autre grand observateur







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28 janvier 2014 2 28 /01 /janvier /2014 11:21

bambou.jpgUne armada d'experts pas vraiment antilibéraux a rédigé un rapport à l'intention des participants au Forum de Davos où se retrouvent ceux qui dirigent le monde, politiquement ou économiquement. Ce rapport, d'une lucidité intéressante, analyse la connexion des «risques globaux». Il reconnaît que les risques économiques, sociaux, écologiques et géopolitiques, sont interconnectés et susceptibles de déclencher à court ou moyen terme une défaillance systémique. Constate que les inégalités sociales sont devenues improductives et que les luttes contre l’austérité en Europe sapent la confiance dans les institutions. main-jouer-bulle-_-isp0803206.jpgReconnaît que les protestations populaires dans les pays émergents indiquent l’épuisement des modèles prédateurs, et que le chômage de masse risque de faire de la génération des jeunes ayant 20 ans en 2013 une génération perdue. Sans oublier que le changement climatique et les évènements météorologiques extrêmes pèsent sur l’économie et que d'ici quelques années l’accès à l’eau risque d’être compromis pour une part grandissante de la population.

En conclusion, le rapport considère comme risque systémique numéro 1 "le creusement des inégalités", et en 2 le dérèglement climatique.

Chouette, me suis-je dit, le risque numéro 1 est sans doute le seul où l'on peut faire rapidement quelque chose alors qu'inverser le déréglement climatique devient de plus en plus aléatoire et sera long...

caresses.jpgIl suffirait d'une volonté politique- établir un revenu maximum acceptable, un revenu de base pour tous, traquer les fuites de capitaux et l'évasion fiscale, payer les matières premières à leur juste prix, redistribuer les profits et/ou les investir dans l'économie réelle plutôt que de spéculer, etc- pour réduire considérablement les inégalités. C'est faisable, il y a des expériences en économie sociale dont peuvent s'inspirer les entreprises classiques (d'autant que les SCOP, notamment se portent généralement bien.

Sauf que conscients de l'échec du système libéral/financier, les auteurs ne proposent aucunement de changer de système. Ils restent persuadés que celui-ci est le meilleur même s'il échoue, que les indicateurs économiques (PIB, croissance) restent adaptés au monde actuel alors que tout prouve le contraire.

Ils ont le cerveau si formaté que l'idée de changer de logique ne les effleure pas.

album-400855.jpgAlors ils font la charité. Bill Gates a consacré 50 milliards à sa fondation. C'est généreux. Certes, on sait que les fondations sont aussi un excellent moyen d'optimisation fiscale pour les grosses entreprises, et on pourrait reprocher à Bill de financer davantage l'envoi de vaccins aux enfants du Tiers-Monde que l'amélioration des conditions de vie des plus pauvres, alors que notre passé récent a prouvé qu'en finançant l'accès à l'assainissement et à l' eau potable et à la nutrition on améliore bien mieux la santé qu'avec des vaccins. Mais ne boudons pas notre plaisir: Bill donne beaucoup de sous, Bill est charitable... comme les bonnes dames de la Comtesse de Ségur donnaient des vieux vêtements aux pauvres.

émeuEt Bill a lui aussi une vision bloquée du système lorsqu'il déclare à un journaliste de France-Inter qui lui demande si le creusement des inégalités ne le choque pas, ainsi que l'accroissement constant des richesses de 1% de la population.

"Il ne faut pas raisonner ainsi, ce n'est pas parce qu'une personne s'enrichit qu'une autre s'appauvrit, on n'est pas dans un monde fermé. Toute croissance est profitable à tous."

Eh non, Bill. Première énorme erreur: si, nous sommes dans un monde fermé, une seule planète dont certaines ressources sont en train de s'épuiser, ce qui va à l'encontre du mythe de la croissance comme clé de tout.

koalarit.jpgEffectivement, quand une personne s'enrichit, une autre ne s'appauvrit pas: ce sont des milliers de personnes qui s'appauvrissent pour financer l'enrichissement de la première, l'écart des revenus, socialement dangereux lorsqu'il dépasse un ratio de 1 à 40, dépasse aujourd'hui le 1 à 500 (et encore, je dois être en dessous de la vérité).

mer2.jpgReste la question: es-tu de bonne foi, de bonne conscience, ou faux-cul? Indulgente, je prêchais pour la bonne conscience, me souvenant d'une chercheuse qui travaillait sur un OGM de banane dont je lui faisais remarquer qu'il serait une catastrophe pour les pays producteurs de bananes (avec argumentation solide à l'appui). Elle me répondit: "Je ne pense pas à tout ça quand je suis dans mon labo, je fais juste de la recherche." Avec une immense bonne conscience, celle de faire avancer la science. "OK pour les chercheurs, m'a-t-on répondu, mais au niveau des décideurs de Davos, ils ne sont nullement stupides, ils savent ce qu'ils font. 

Un bal des faux-cul, en somme, qui depuis le sommet de Rio en 1992- il y a 22 ans!- savent que "la maison brûle" et continuent d'attiser le feu.

 

bruxelles.jpg

Les images n'ont rien à voir avec le texte, c'est juste un peu de douceur dans ce monde de brutes

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20 janvier 2014 1 20 /01 /janvier /2014 10:40

Nous avions sympathisé sur Internet et comme d'habitude, je lui demandai une rencontre "en vrai" , le virtuel me lassant rapidement... Rendez-vous fut donc pris à la sortie du métro Franklin-Roosevelt: "J'aurais une veste de cuir noir, un jean noir et j'ai les cheveux noirs, dis-je. - Moi aussi, que du noir, répondit-il.

Arrivée sur place, dans la nuit noire, j'eus à peine le temps de jeter un coup d'oeil à la ronde qu'il fut devant moi. Noir total. Il était Gabonais, tout de noir vêtu. Il vit ma surprise, me demanda  si cela me gênait. Je lui répondis que pas du tout, vu que j'étais moi-même née au Gabon et avais passé une partie de mon enfance en Afrique, avec des parents qui respectaient assez les africains pour dire "nègres" ou noirs", comme Aimé Césaire ou Léopold Senghor, plutôt que d'user du politiquement correct "black" (un peu comme mon pote homo veut qu'on l'appelle pédé plutôt que gay, considérant que tant que pédé sera considéré comme une insulte, l'homophobie perdurera.)

Ce nouvel ami a fait des études poussées, son père était un haut fonctionnaire, la famille vivait en France... Bref, un cas d'intégration exemplaire, comme disent les politiciens. R... me répondit qu'en réalité il ne se sentait pas encore tout à fait à l'aise dans le monde occidental, et comme je m'en étonnais, il sourit: "Tu comprends, je suis noir, ça se voit tout de suite. -Et alors? - Et alors? Même si intellectuellement je suis persuadé que tous les humains sont égaux, même si je travaille dans une entreprise où l'on m'apprécie, je ne peux m'empêcher de voir certains regard sur ma peau. Il y a moins de racisme, certes ( ndlr: encore que... des événements récents puissent en faire douter)  mais quand on appartient à un peuple qui a entendu durant 400 ans qu'il est une race inférieure, il faut compter à peu près le même temps pour que tout sentiment d'infériorité soit éradiqué."

tireur 1Je pensais à cette rencontre lors du cirque Dieudonné- aujourd'hui éclipsé par le cirque amours présidentielles, un clou chasse l'autre- et en allant voir une pièce de théâtre que je vous recommande chaudement,  "LE TIREUR OCCIDENTAL". Le thème est simple: un jeune etehnologue, Rodolphe, part sur le terrain vérifier les théories sur les "sauvages" qui nourrissent ses manuels universitaires. Forme du crâne, poids du cerveau, aptitude aux sentiments, capacité intellectuelle... tout ceci a été établi par d'éminents chercheurs persuadés que le sauvage se situe quelque part entre le singe et l'homme blanc. Rien de fictif dans tout cela: lors d'une exposition universelle à Paris, on exhibait des hommes en cage importés des colonies, que les visiteurs venaient contempler comme autant de bêtes curieuses. Rodolphe est enthousiaste, précis, méticuleux. Il est hébergé par "Le tireur occidental", matriculé, sans nom, dont la tâche depuis 50 ans consiste à tirer sur tout être cherchant à franchir la muraille qu'il garde, allégorie de la frontière entre monde riche et monde pauvre, évidemment. Très vite Rodolphe découvre que l'essentiel des tirs concerne des sauvages souhaitant venir dans ce qui leur semble un Eden. Jusqu'au jour où l'un d'eux, surnommé Rad-Jik par les deux français, est blessé et non tué, puis recueilli par Rodolphe, trop heureux de disposer d'un sujet d'études à portée de main.

La suite et la fin sont savoureuses, je ne les dévoilerai pas ici.

tireur 2Rodolphe, le tireur et Rad-Jik sont incarnés par un seul comédien Xavier Béja. Je connaissais son talent car il avait eu un jour la gentillesse d'interpréter des fragments de  "Ce qui trouble Lola" lors d'une manifestation littéraire, et, stupéfaite, j'avais redécouvert mes textes et été éblouie par l'ampleur et l'émotion qu'il savait leur donner.

Dans ce triple rôle ô combien difficile, Xavier Beja excelle: il est tour à tour juvénile et un peu ridicule en ethnologue naif, cassant et inquiétant en tireur occidental, miroir de nos préjugés en Rad-Jik. La mise en scène de Michel Cochet sert à merveille le texte de William Pellier qui a la particularité... de ne comporter aucun verbe. Cela lui donne un rythme et une étrangeté d'autant plus fascinante que les deux personnes avec qui j'ai assisté à ce spectacle, captivés par sa qualité, n'ont pas remarqué l'absence de verbe!

Ca se joue au LUCERNAIRE à Paris, du mardi au samedi à 19h (on peut ensuite dîner sur place) jusqu'au 15 mars. Allez-y, c'est un vrai plaisir, et cela en apprend davantage sur les racines et ressorts du racisme que tous les articles et débats qu'on a eu à subir récemment.

 

tireur-occidental3

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14 janvier 2014 2 14 /01 /janvier /2014 13:06

La TVA sur le pain n'a pas augmenté, mais la boulangerie proche de chez moi a augmenté ses prix: 5 centimes de plus sur la baguette banale, 10 centimes de plus sur les baguettes "tradition, aux céréales, de campagne..." et on nous dira : "c'est à cause de la hausse de TVA!" Comme en 2001 pour le passage à l'euro: en toute logique, les prix n'auraient pas dû augmenter (y avait qu'une règle de 3 à appliquer pour convertir des prix en francs en prix en euros) mais l'occasion était trop belle d'augmenter en disant "c'est la faute à l'euro".

Le cancer serait-il de gauche? Il suffit qu'un mec de droite y soit confronté- lui ou un proche- pour que ses récriminations sur les « charges » trop lourdes, les « éternels assistés » « la France qui vit au-dessus de ses moyens » fasse place à une admiration sincère pour notre génial système social qui permet à tous d'être soigné avec des traitements appropriés et pris en charge à 100 %, sans considération des moyens du malade. (alors qu'aux Etats-Unis, par exemple, on adapte les traitements aux moyens financiers du malade et non à sa maladie, j'ai des exemples précis en tête).

Comment Hollande ose-t-il affirmer qu'en « réduisant le coût du travail » grâce à son pacte avec les entreprises, on va favoriser l'embauche ? Cela fait 20 ans que les gouvernants réduisent les cotisations sociales, 20 ans que le chômage augmente et que les dividendes des actionnaires augmentent. Cherchez l'erreur... Hollande a-t-il oublié que les promesses en matière de maintien de l'emploi (même pas embauches, juste maintien) de Mittal, des actionnaires de Disneyland et bien d'autres entreprises qui ont bénéficié de largesses publiques n'ont pas été tenues ?

Heureusement pour la sécu, entre Dieudonné et les frasques du président, on ne nous parle absolument pas cette année d'épidémie de grippe. Hollande, plus fort que le vaccin, voilà au moins un point positif!

Le second : bien des humoristes craignaient, surtout après ce bon client qu'était Nicolas Sarkozy, qu'il fût bien difficile d'amuser les foules avec un président «normal ». Eh bien, si. Quelques chômeurs en moins, du coup... 

J'emprunte le titre de ce billet à un album éponyme de Reiser, mort il y a un peu plus de 30 ans, en novembre 1983. "Je ne serai jamais un vieux con", clamait-il, il n'était pas non plus une jeune con. Cet album publié en 1978 et réédité en 2011 reste d'une troublante actualité.

reiser.jpg

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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 19:33

arbrebio2.jpgBrigitte Lahaie me le fit remarquer lors d'une récente émission. Il y a quelques années, ses auditeurs avaient des fantasmes extrêmement variés (faire l'amour en forêt, déguisé en curé, avec les yeux bandés, au terme d'un strip-poker, en se caressant avec une plume...1). Aujourd'hui, pour 9 auditeurs sur 10, fantasme= libertinage. Aller en couple dans un club pour s'envoyer en l'air avec des inconnus. C'est la mode, les journaux en parlent, donc ils en rêvent.

ecran3.jpgJe n'ai rien contre le libertinage, encore que je récuse l'idée qu'il faille forcément être libertin pour être libéré. En revanche, je suis vénère-vénère à l'idée que l'imagination érotique se réduise comme peau de chagrin et que l'expression des désirs soit colonisée par les idées reçues et le sexuellement correct qui affadit le plaisir aussi intensément que le politiquement correct affadit l'intelligence.

Ça ne date pas d'aujourd'hui, certes. Il y a quelques décennies, les manuels de sexologie séparaient les femmes en vaginales : femmes épanouies et sexuellement mûres qui trouvent leur jouissance avec le sacro saint Phallus, et les clitoridiennes : femmes infantiles dont le plaisir forcément superficiel traduisait une peur de l'homme, voire une tendance lesbienne...

auberginebio2.jpgQue des hommes sentencieux viennent expliquer aux femmes ce qu'est l'Orgasme et comment elles doivent jouir, comme s'il existait UN orgasme type et comme si jouir était le seul objectif de la rencontre entre les corps, c'est déjà agaçant. Mais lorsque les manuels de sexologie qualifient de « préliminaires » des caresses et dégustations délicieuses, sous-entendant qu'il s'agit d'une corvée imposée aux mâles pour préparer la femelle à la divine pénétration, non ! Cette idée de « préliminaires » a complexé bien des femmes, confuses à l'idée que leur partenaire leur faisait des gâteries sans y prendre plaisir, juste parce qu'elles étaient lentes à la détente. Ce qui n'allait pas dans le sens d'une réelle estime de leur corps et de leur sexe.

eros.jpgAujourd’hui tendance inverse : il faut tout faire, qu'on aime ou pas. Je me souviens d'une jeune fille de 19 ans venue m'aborder : « Vous qui connaissez les hommes... Mon copain veut me sodomiser, est-ce que je dois le faire ? » Je lui répondit qu'il n'y avait aucune obligation de faire quoi que ce soit en amour, excepté celle de ne faire que ce qu'on désire vraiment. Elle n'avait aucune envie de sodomie, craignant que cela fasse mal ou soit sale, mais hésitait à l'avouer car son copain lui avait affirmé 1) que si elle l'aimait, elle devait le faire 2) que toutes les filles le faisaient. Une enquête ayant conclu à l'époque que si la fellation était entrée dans les habitudes, la sodomie n'était encore pratiquée que par 17 % des femmes, je pus rassurer la jeune fille en lui affirmant que tout le monde ne le faisait pas, que des milliers de personnes vivaient heureux sans sodomie, et que même si tout le monde le faisait, elle n'aurait aucune obligation de faire comme tout le monde.

Faire comme tout le monde, dans un monde où chacun rêve d'originalité et clame son individualisme, n'est-ce pas paradoxal ?

vib canard noirvib torduQue les medias, en appelant les godes et vibros « sex-toys » (ça fait plus chic, sans doute) les aient transformés en objets quasi indispensables au plaisir, tout en conseillant des formes anodines, genre marguerite avec cœur vibrant ou petit canard de Sex and the city plutôt que de solides bites en silicone avec les veines apparentes, ce n'est pas libérateur, c'est moutonnier. Les filles qui achètent aujourd'hui ces « jouets intimes »dans des « espaces coquins » sont les mêmes qui, avant l'invasion des articles sur les sex-toys dans leurs magazines, refusaient d'un ton outré l'idée d'en posséder un : « je n'ai pas besoin de « ça », j'ai un copain ». Drôle de réponse, ce n'est pas du tout le même usage, aucun amant en action ne fait vrrrvrrrvrrr, c'est même pour ça que je les aime. Entre autres...

douche.jpgLorsque les magazines recommandent d'acheter un sex-toy étanche pour pouvoir l'utiliser dans la baignoire « en toute intimité », je me marre, car il existe déjà dans la salle de bains : la douchette avec flexible- encore plus voluptueuse si elle possède plusieurs forces de jets- qui permet d'expérimenter les effets successifs de l'eau tiède, chaude ou froide sur le clitoris. Le meilleur accessoire sexuel, c'est l'imagination, qui transforme les objets de la vie quotidienne en alliés du plaisir et hop ! Plus besoin de boutiques spécialisées, il suffit d'avoir l'humeur joueuse. Un ami tarlouze ( il détestait le terme gay, lui préférant pédé, tarlouze ou inverti) s'approvisionnait d'ailleurs au rayon bricolage du BHV, l'antre de tous les plaisirs. Nos conversations m'ont inspiré la nouvelle « Boîte à outils » où une jeune quincaillière découvre le potentiel érotique de sa boutique.

Pire que le sexuellement correct des magazines féminins, le pornographiquement correct donne aux hommes des idées fausses et des gestes inadaptés. Non, les garçons, les femmes ne rêvent pas toutes d'être grandes ouvertes, élargies... le vagin est élastique mais ce n'est pas un tunnel à quatre voies, et même si, comme justifient certains adeptes de pratiques extrêmes : « une tête d'enfant peut y passer », qu'ils sachent que très peu de femmes trouvent qu'accoucher est une partie de plaisir et que s'ils poursuivent dans l'erreur, elles exigeront une péridurale avant de coucher avec eux. Quoi qu'en montrent les films, les coïts interminables ne sont pas non plus indispensables, on finit au mieux par s'ennuyer, au pire par s'irriter, aux deux sens du terme. Les acteurs X ne sont pas des champions d'endurance, ils bénéficient juste du talent du monteur qui copie/colle des séquences et met le « raccord éjac » là où il faut, tandis que le comédien est depuis longtemps reparti dîner chez lui.

o igorToutes les femmes ne sont pas non plus des soumises, n'en déplaise aux « 50 nuances de gris » et autres romances pimentées à succès. Elles peuvent aimer dominer, ou même- eh oui- passer d'un rôle à l'autre, ou même- eh oui- préférer l'amour paisible mais voluptueux tant la peau, l'odeur ou la voix de leur partenaire les excite, sans qu'il soit obligé pour les combler de sortir des sentiers battus, encore qu'un sentier battu vaille mieux qu'une femme battue. Toutes les femmes ne les désirent pas dès le premier regard, comme dans ces films où l'héroïne sonne à la porte du château et, dès le plan suivant, pratique une fellation au maître de maison avec une application de fermière trayant son troupeau et guère plus de plaisir dans les yeux. ( le regard des actrices de films porno est une énigme : à quoi pensent-elles ? )

Voyez-vous, amis garçons, il est des femmes- j'en suis- qui s'intéressent d'abord à l'homme, ensuite à son sexe, et c'est pourquoi « on baise ? » est une salutation grossière. « Bonjour, on baise ? » un valeureux effort de courtoisie, mais « Qu'est-ce qui te ferait plaisir ? » ma phrase préférée venant d'un maître d'hôtel proposant la carte des desserts ou d'un homme avec lequel le désir apparaît comme une délicieuse évidence.

 

Architeture eros II


1Exemples personnels, mais les auditeurs exprimaient ce genre de désirs

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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 18:54

«Je trouve ce gouvernement plutôt nul » lance tout de go une amie avec laquelle je n'ai jamais eu de conversation politique jusqu'ici. Ravie, je renchéris (ou plussoie comme on dit aujourd'hui) et m'apprête à développer un argumentaire, quand elle me devance et détaille ses griefs : en France on n'aime pas les riches, on les accable de charges, ils vont s'exiler à l'étranger et alors qui créera des emplois ? Les jeunes diplômés fuient ce pays où on préfère les assistés aux battants, etc... Bref, nous ne sommes pas du même bord et j'élude rapidement la conversation.

51B8+DlnHQL. SY445Nous vivons décidément une époque étonnante où des personnes de gauche comme de droite arrivent à la même conclusion à l'égard du gouvernement ! Même au-delà du gouvernement, le modèle libéral-financier devient un scandale si dupont aignancriant que des livres sur la finance, la dette, la fraude et l'évasion fiscales sont écrits aussi bien par des économistes de gauche que de droite, et qu'on voit se côtoyer « La violence des riches » du couple Pinçon-Charlot qualifiés de « marxistes » par les droitistes aussi bien que « Les voleurs de la République » de Nicolas Dupont-Aignan, qui, il est vrai, associe à ses idées de droite une droiture proche de l'honnêteté reconnue à de Gaulle, à laquelle Dupont-Aignan se réfère. Ce livre résulte de l'enquête parlementaire sur l'évasion fiscale qu'il a menée avec Alain Bocquet, député communiste, qui préface le livre.

Devant cette unanimité face à une situation inacceptable- quelles que soient les raisons pour laquelle on la trouve inacceptable- comme il doit se sentir isolé, le malheureux adhérent ou sympathisant du parti PS (Pseudo Socialiste), qu'il doit se faire tout petit dans les dîners en ville où il est la cible des reproches et des quolibets, que le dîner ait lieu à Auteuil/Neuilly/Passy ou dans les quartiers les plus défavorisés. Qu'il doit redouter le réveillon du Nouvel An où après quelques verres il se trouvera toujours un dirigeant de société, un syndicaliste en lutte ou un intermittent du spectacle en fin de droits pour lui fondre dessus telle la vérole sur le bas-clergé.

couv Gaccio HDbrunogaccio-2C'est à l'intention de ce malheureux que Bruno Gaccio a écrit son « Petit manuel de survie  à l'usage d'un socialiste dans un dîner avec des gens de gauche» en une dizaine de chapitres. D'un auteur des « Guignols » on peut s'attendre à un humour décalé, une dérision frisant juste ce qu'il faut la mauvaise foi, et du style. "Je ne peux pas être socialiste, dit-il, je suis de gauche". C'est enlevé, cruel, drôle mais pas que ça. Car au-delà du gag résumé par le titre, ce livre se livre mine de rien à une analyse de la situation économique et politique qui rappelle à tous, pas seulement aux électeurs du PS, quelques vérités bonnes à dire. Exactement comme le font les marionnettes des Guignols quand elles sont inspirées : de l'éducation civique sans peine. Belle idée de cadeau à offrir sous le gui en se souhaitant malgré tout une bonne année.

Le seul risque de ce livre est que son humour décalé soit pris au premier degré, exactement comme certains racistes venaient jadis voir Guy Bedos pour le féliciter de son sketch « Vacances à Marrakech » en ces termes « Qu'est-ce que vous leur mettez, aux bougnoules ! ». Guy Bedos a fait ses adieux (définitifs?) à la scène lundi 23 décembre, avant de devenir grotesque comme certains vieux rockers qui s'obstinent. Vous nous manquerez Guy, je me souviens vous avoir embrassé le 10 mai 1981, il y a trois siècles, et ne me dites pas que la relève est assurée, votre fils Nicolas ne vous arrive pas à la cheville, les siennes sont trop enflées pour que son humour reste léger.

Je ne peux résister à la perversion de vous faire réécouter ce chef-d'oeuvre...

 

 


 

 

BONNE ANNÉE À TOUTES ET TOUS!

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