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8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 11:59

Je reçois de mon éditeur un manuscrit intitulé  « Aimer plusieurs femmes ou la passion jusqu'au bout. » L'auteur, un homme, a souhaité me le faire parvenir, car ses liaisons amicales/amoureuses, soigneusement dissimulées à son épouse, lui donnent un sentiment de culpabilité que mon livre « Aimer plusieurs hommes  », l'a aidé à mieux assumer. Cela étant, il continue à se sentir coupable, puisqu'il demande pardon à l'épouse dont il admire le mode de vie « exemplaire » (ce qui signifie en clair qu'elle n'a pas eu d'amants, ou qu'il ne l'a pas su.), et tient à préciser aux éventuels lecteurs que ses amies/amantes ne sont pas "totalement immorales," suggérant ainsi qu'elles le sont tout de même un peu ! ( J ). 

Pourtant, le rêve de cet homme est bien innocent : « Avec ces amies, nous avions juste besoin de passer un moment ensemble, d'un peu de tendresse le temps d'un court séjour sans rien attendre en retour qu'une complicité et une amitié qui peut durer ou pas toute la vie. Après quoi chacun reprend sa vie et ses souvenirs et la douce sensation qu'il y a toujours quelqu'un, à l'autre bout du monde, à qui on peut se confier sans préjugé et qui a de temps en temps une pensée pour l'autre. » 

Si je rencontrais cet homme- comme tant d'autres qui me confient leur amour pour leur épouse et leur attirance pour d'autres liens (pas seulement sexuels, les hommes ont besoin de liens intimes avec des femmes, parfois juste pour parler de ce qu'ils ne peuvent confier ni à leur compagne ni à leurs copains ), je lui dirais de cesser de se sentir coupable, mais d'être responsable. 

« Responsable mais pas coupable ». On s'est beaucoup gaussé de la formule de Georgina Dufoix, lors de l'affaire du sang contaminé. Pourtant, cette distinction est loin d'être stupide. La culpabilité a un relent judéo-chrétien, un goût de la flagellation qui n'implique d'ailleurs pas forcément la responsabilité. On peut se sentir coupable de frauder le fisc et n'assumer aucune responsabilité à cet égard. A l'inverse, un directeur de centre de vacances peut être jugé responsable d'un accident survenu à un enfant, même s'il n'a commis aucune faute et que l'enfant s'est blessé par imprudence.  

Dans un couple, quitter brutalement son partenaire parce qu'on a une liaison dont on se sent coupable montre bien la subtilité de la distinction. Il serait plus responsable d'assumer ce désir, peut-être éphémère, sans briser le foyer. De voir comme il évolue. De vérifier s'il révèle un conflit, comble un manque, ou s'il manifeste simplement une vitalité gourmande.

Mais pour ce faire, il faut assimiler l'idée que le désir n'est pas coupable, qu'il est le sel de la vie, un plus dans sa propre existence et non un moins dans celle de l'autre.  Ou alors, si on n'en est pas là, si on continue à penser que ce qu'on fait n'est pas très bien, assumer sa mauvaise conscience. Sans en faire porter le chapeau à l'autre en l'accusant de tous les maux, comme ces hommes qui assurent que leur femme est une mégère, pour absoudre des désirs dont ils se sentent coupables.

 

 

 

 

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6 février 2007 2 06 /02 /février /2007 19:48

Je suis surprise de n’avoir eu aucun commentaire au post où je parlais d’Alain Dinin, PDG de Nexity qui a renoncé à ses stock-options en ces termes : «Il faut être raisonnable, je suis déjà actionnaire à hauteur de 5% d’une société évaluée à 1,8 milliard d’euros, il me semble normal aujourd’hui de faire profiter mes collaborateurs de ces distributions d’actions». 

Vous ne l’avez peut-être pas réalisé, mais Alain Dinin a pris pour lui-même une mesure qui, si elle était généralisée, pourrait changer la face du monde : fixer un revenu maximum acceptable (RMA) tout comme il existe un revenu minimum.  Cette idée est défendue depuis des années par Patrick Viveret , conseiller à la cour des comptes et agrégé de philosophie : 

« Quand la fortune de 225 personnes est égale au revenu de deux milliards et demi d’êtres humains (chiffres officiels du PNUD[1]), écrit Viveret , le cocktail explosif de l’humiliation et de la misère constitue un réservoir de choix pour les fondamentalismes, les intégrismes et les terrorismes de toute nature. Problème d’ordre public, donc, mais aussi de santé mentale. En effet, au delà d’un certain niveau de fortune il se met en place un phénomène psychique de déréalisation…Les personnes atteintes sont incapables de gérer rationnellement leur argent. Ce processus se produit chez nombre de sportifs, d’artistes, de PDG, de présentateurs de TV etc. qui "disjonctent" et, circonstance aggravante entraînent souvent les collectifs ou les entreprises dont ils sont membres ou responsables dans leur propre délire. Le cas Messier-Vivendi en est un exemple patent.

Outre des raisons de justice sociale évidentes (rien ne peut justifier que des êtres humains soient à la rue quand d’autres ne savent pas quoi faire de leur argent) une réforme de ce type devrait être proposée conjointement par le ministère de l’intérieur et le ministère de la santé. »

 

 

 

Or, excepté Marie Georges Buffet qui y a fait allusion, aucun candidat n’a osé proposer ce RMA qui pourrait pourtant : 

Réduire mécaniquement les inégalités. Si, au lieu d’un rapport de 1 à 400, comme actuellement en France, on limitait l’écart des revenus de 1 à 50 (et franchement, avec 50 000 euros, on a de quoi faire !), les inégalités seraient tout de suite huit fois moins importantes. 

L’argent ainsi libéré pourrait être investi dans les entreprises pour créer des emplois et développer la recherche, et dans le social pour rémunérer les emplois de services et d’animation pour l’instant non payés : en France 12 millions de bénévoles occupent des tâches qui devraient normalement constituer des emplois à temps plein ou partiel.

 

 

Pas de risque d’évasion fiscale, puisqu’il ne s’agirait pas d’imposer davantage les plus riches, mais de les payer moins. 

Certes, ils feraient grise mine dans un premier temps, mais pas trop ouvertement car d’une part il serait indécent de pleurer misère avec 50 000 euros par mois, et d’autre part, comme tous leurs semblables seraient logés à la même enseigne, ils n’auraient plus cette obsession de la compétition (il ne suffit pas que je sois riche, il faut que je le sois plus que les autres) qui pousse à ajouter des zéros à un compte en banque pour jouir de posséder… jusqu’à l’overdose qui fait péter les plombs, avoir un infarctus, ou sniffer de la coke. 

Enfin, comme les normes de consommation sont toujours impulsées par les plus riches (voir la théorie de la « classe de loisir développée par Hervé Kempf dans son excellent bouquin « Comment les riches détruisent la planète » éd. Seuil), si les riches, en l’étant moins, réduisaient leur consommation, cela induirait naturellement une baisse de la consommation chez tous ceux qui ont assez de biens pour vivre agréablement et n’achètent que pour frimer. 

Au final, la croissance profiterait préférentiellement aux plus démunis et n’aurait plus besoin d’être effrénée comme aujourd’hui, d’où une solution (partielle) aux problèmes écologiques d’épuisement des ressources, de pollution et d’effet de serre.  

 

Vous rendez-vous compte ? Une seule mesure, simple, qui aurait autant d’effets bénéfique sur le Bonheur Intérieur Brut ? (pas Brute, brut… et doux). 

 

Qu’est-ce qu’on attend pour l’exiger des candidats ?

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Programme des nations unies pour le développement

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6 février 2007 2 06 /02 /février /2007 16:54

Pendant que le monde s'agite en vaines rhétoriques, une fille de 30 ans est tout près de réussir son défi : un tour du monde à la voile à contre courant et contre vents, d'Est en Ouest, donc. Avec franchissement du Cap de Bonne Espérance, du cap Horn, des 40ème rugissants et des 50ème hurlants. Toute seule sur son bateau, mais en liaison constante avec le monde à qui elle livre ses impressions journalières.

Maud Fontenoy ne joue pas les héroïnes, elle ne craint pas de dire dans son journal de bord qu'elle est fatiguée, qu'elle a eu froid, qu'elle rêve de manger des crêpes, qu'elle aspire à arriver dans les mers chaudes. Elle ne se bat pas contre la mer, car elle sait bien qu'il faut « faire avec » la mer et non la provoquer. Elle ne se bat contre aucun concurrent, puisque ce n'est pas une course. C'est juste une aventure entre elle et elle, où son mental est son meilleur allié et peut devenir le pire ennemi s'il lâche. Une aventure où au contact d'une mer déchaînée, les choses les plus simples deviennent des rêves luxueux: une douche chaude, un lit qui ne tangue pas, des WC confortables, des crêpes... La mer rend le goût de l'essentiel.

Comme dit Gérard d'Aboville, qui parraine et suit Maud : « A quoi ça sert ? A rien. C'est comme Mozart, ça ne sert à rien. Gustave Eiffel a construit de nombreux ponts et ouvrages d'art extrêmement utiles. Que retient-on de lui ? La tour Eiffel, ce monstre d'inutilité mais qui exprime tellement bien le rêve. » 

Un jour, j'avais écrit un papier sur le thème « Qu'est-ce qui vous rend heureux ?» Les réponses : croiser une fille qui vous sourit, ouvrir ses volets et respirer l'odeur du matin,  courir avec son chien dans l'herbe, regarder la mer, entendre un rire d'enfant. »  Pas une personne n'avait répondu «une belle voiture »,  « acheter un appareil photo numérique » ou « gagner au loto ».

Le bonheur ne s'achète pas, ne participe pas à la croissance économique, ne fait pas grimper le PIB.  Chaque année, lorsque les magazines demandent à leurs lecteurs leur rêve d'une autre vie, plus épanouissante, une majorité répond « faire le tour du monde à la voile ». Y compris ceux qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau ! C'est juste un rêve de liberté...  

 

Dans la Grèce Antique Hippocrate, père de la médecine, disait que pour être heureux et en bonne santé, un homme ne devait jamais avoir plus de trois pas à faire pour voir la mer.

 

 

Maud fontenoy www.maudfontenoy.com

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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 09:10

 « Petit éloge de l’excès » par Caryl Ferey (Folio, 2 euros) 

L’auteur est Breton et a vécu longtemps en Océanie, il a écrit des thrillers que je vais m’empresser de dénicher. Ce petit bouquin est excessif, plein de rage, d’émotion, de dérision, de  provoc’, de drôlerie, bref un coup de frais salutaire au milieu de la littérature eau tiède qui endort les neurones. Quelques échantillons : 

« Libre à nous de ne pas acheter leurs saloperies, de ne pas lire, écouter, regarder leurs saloperies, de ne pas travailler dans leurs entreprises à l’idéologie fascisante, libre à nous d’aimer qui en a envie comme on en a envie- en Vie- et de ne tenir aucun compte de leurs désastres, des atavismes familiaux, leurs business plan pour une résilience à tous les étages. Ne pas vivre reclus en prédisant l’apocalypse…. mais faire tonner le volcan qui grogne en nous, entourés de notre vraie famille , celle du cœur et non du sang… En un mot, si on ne veut pas crever avec des saucisses Herta plein la gueule, il va falloir être sacrément rock and roll. » 

Un autre : J’ai grandi dans les années 80 et j’encule Casimir. Savez-vous ce que c’est que d’avoir grandi dans un monde en faux où l’on vous disait en face qu’écraser la gueule de l’autre était la super classe ? Que se remplir les poches était la seule liberté ? Cette agressivité crasse, cette pauvreté intellectuelle et morale est née dans les années 80. … Le début de l’ère du supermarché… (Thatcher et Reagan) expliquant au monde qu’il fallait dorénavant suivre le nouveau modèle libéral… pas un capitalisme à la papa où l’on nourrissait encore un peu la famille , non un nouveau, on vous a dit, celui où les autres peuvent toujours aller ramasser les miettes s’il en reste… Des serial killers, ces gens là qui n’ont jamais vu les cadavres de leurs victimes. Hitler non plus n’a jamais visité Auschwitz. » 

Il y a aussi un texte hilarant sur sa grand-mère, un hommage à Jacques Brel et à Raoul  Vaneigem, l’histoire d’une passion née d’un seul regard puis perdue, un éloge de l’amitié… Pour deux euros, parole, c’est plus revigorant qu’un café ou même une vodka cul sec.

 

 

 

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4 février 2007 7 04 /02 /février /2007 15:00

D’abord réticente, je me suis décidée à lire « Sexus politicus » (éd. Albin Michel) à force de voir dans les yeux de N. S  une excitation proprement sexuelle lors de ses meetings. Cet homme doit sécréter de l’adrénaline et de la testostérone par litres. « Je vais les niquer, je vais les niquer !!! Comme disait Kissinger, cité par les auteurs « Le pouvoir est l’aphrodisiaque absolu ». Pour les hommes qui l’exercent et pour les femmes qui y succombent…

Cela étant, s’agit-il de libido ? Dans les anecdotes rapportées par les auteurs, peu de vrai désir ni d’émotions, mais plutôt l’excitation- la même que celle des meetings sans doute- de la conquête, de la puissance, de la réputation que l’on se taille à paraître séducteur. Comme pour les rois d’autrefois la vie amoureuse débridée est un privilège du pouvoir, tandis qu’on inculque au bon peuple vertu et pudeur. Combien de politiciens parlent en « Père la morale » et s’octroient des libertés qu’ils ne toléreraient pas de leurs concitoyens. Nous vivons en « Monarchie républicaine » disait le professeur de droit Maurice Duverger. 

La nouveauté, ces dernières années, est le mélange trouble entre vie publique et vie privée. Les épouses et les enfants utilisés à des fins médiatiques, les postes officiels dévolus aux femmes et aux favorites, les fonds publics finançant l’appartement ou les voyages des maîtresses, la mise en scène de la vie amoureuse au gré des intérêts du politicien et au mépris de la vérité. Ainsi, lors du départ de Cecilia, Nicolas Sarkozy s’est-il rapidement mis en ménage avec une journaliste qu’il a présentée à ses frères et à sa mère, allant même voir les parents de la belle, annonçant à des collaborateurs qu’il était amoureux et allait refaire sa vie. C’était plausible, possible, et non critiquable. Mais pourquoi Diable se présenter dans son livre en époux irréprochable attendant le retour de Pomponette ? Pourquoi Diable faire photographier à Venise ses retrouvailles avec sa femme, peu de temps après avoir fait secrètement le même voyage avec l’infortunée journaliste,  jetée d’un simple coup de fil … 

Finalement, Sexus politicus n’a rien de grivois : il rappelle juste qu’une des raisons essentielles de la soif de pouvoir se situe en dessous de la ceinture. Envie très masculine : peu ou pas de lignes sur les liaisons amoureuses des femmes politiques. Ce serait peut-être la différence essentielle entre une Présidente et un Président : ne pas être obsédée par le désir d’en avoir une plus grande et plus dure que les autres.

 

 

 

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1 février 2007 4 01 /02 /février /2007 00:46

N'oubliez pas: ce soir, 1er février, éteignez vos lumières, vos appareils électriques, les veilles des ordinateurs, chaînes, téléviseurs... bref, cessez de consommer de l'électricité pendant 5 minutes, entre 19h55 et 20h. Juste pour montrer que le réchauffement de la planète vous sensibilise. Ces cinq minutes ne vont certes pas refroidir la planète, mais permettront de mesurer l'importance que les citoyens accordent à ce problème sur lequel discutent des envoyés du monde entier à l'UNESCO en ce moment.

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29 janvier 2007 1 29 /01 /janvier /2007 16:19

Au-delà du chagrin que l’on peut ressentir, même si on sait que la mort fait partie de la vie, la perte d’un proche ou d’un(e) ami(e) est comme un coup d’arrêt à certains possibles : page tournée, impossibilité de rembobiner le film… C’est un moment où on se souvient que le temps passe trop vite et qu’on ne devrait pas le galvauder à des riens sans intérêt ou pire, à des conflits sans importance. Bref, ça marque, et chacun peut l’éprouver lorsqu’il est touché de près. 

Hier, j’ai vu manifester des américains contre la guerre en Irak avec cette affiche : Iraq : 655 000 deaths, USA : 3035. Ailleurs, des attentats ont fait encore une dizaine de victimes, des SDF sont morts de froid… Chiffres lancés presque sans émotion tant ils sont quotidiens. A chaque fois, je me dis que chacune de ces morts touche un entourage- un père, une mère, des enfants, des frères et sœurs- perturbe une harmonie, et semble d’autant plus injuste lorsqu’elles auraient pu être évitées, lorsque la victime était jeune et n’a pas eu le temps de goûter les bonheurs du monde. 

On ne va pas pleurer sur tous les morts, quand même ! Non, certes… Mais si les dirigeants qui envoient au casse-pipe des gamins de vingt ans, si les trafiquants de drogue ou les poseurs de bombe, si les gens qui font travailler les autres dans des conditions périlleuses, voire mortelles, se souvenaient de temps à autre, le plus souvent possible, que derrière toutes les statistiques il y a des êtres humains, eh bien… je serais bien contente. 

Ce post est pour maman, avec qui je ne pourrai plus refaire le monde au petit déjeuner.

 

 

 

 

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27 janvier 2007 6 27 /01 /janvier /2007 23:01

Librairie, ce samedi après-midi. Des milliers de titres, des millions de pages. De quoi dissuader d’écrire. Comment imaginer qu’au milieu de tant de livres, quelqu’un puisse trouver les miens ? Il faut avoir le goût d’écrire chevillé au cœur pour continuer. Surtout quand on sait que la moyenne de vente d’un roman tourne autour de 2000 exemplaires. Je choisis à l’instinct quelques livres: « ce roman a connu un vif succès…. Ce roman traduit dans 40 pays… ce roman adapté à l’écran… » A croire que j’ai un doigt magique pour dégotter les succès de librairie… ou que les éditeurs mentent. 

Pourquoi écrire ? Parce que. C’est la meilleure raison. Parce que c’est aussi irrésistible que le désir, et plus jouissif à long terme. ( J

Rayon poche chez Gibert. Atmosphère intime, les gens chuchotent, aucune musique commerciale, aucune annonce de promo, on se balade tranquille entre les rayons. Beaucoup d’adolescents de toutes les couleurs, accroupis face aux bouquins, les caressent d’un doigt délicat. Certains ont sorti un volume et le parcourent debout, voire assis sur la moquette. Plaisir de voir leurs yeux s’éclairer sur une phrase, leurs lèvres articuler à voix basse… Oui, ils aiment lire. Ca les fait même sourire quand le texte leur parle, un petit sourire de connivence comme s’ils étaient heureux de voir écrits les mots qu’ils auraient envie de dire. Certains cherchent la petite étiquette jaune des livres d’occasion qui leur permettra, pour 1 à 4 euros de s’offrir deux heures d’évasion. Qu’est-ce qu’on a aujourd’hui pour 2 euros ? Un café dans un bistrot parisien, un quart de place de cinéma vite consommé. Tandis que le livre… je les regarde passer discrètement leurs doigts sur leurs lèvres pour mieux tourner les pages, caresser le papier. On entre en relation avec un livre. 

Il y a quelques années, j’ai reçu des lettres de détenus qui lisaient mes livres. Des mots sensuels à défaut de corps palpables. Deux heures de calme, de rêve. La bibliothèque est un des seuls lieux paisibles dans une prison.  La seule évasion sans risque. 

Repartie de chez Gibert avec les livres prévus, plus un poche à deux euros qui m’a fait jubiler dans le RER. Je ne connaissais pas l’auteur. Il m’a donné envie de découvrir ses autres romans. De les faire lire à des amis . Demain dimanche, immersion douce. Lecture, musique, et « trucs de fille »… 

 

 

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27 janvier 2007 6 27 /01 /janvier /2007 15:13

Juste un peu de beauté dans ce monde de brutes...

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25 janvier 2007 4 25 /01 /janvier /2007 14:16

Un jour une femme m'a écrit : « Grâce à vous, je n'ai plus peur des hommes  ».  Mon livre « Aimer plusieurs hommes  » l'avait déculpabilisée de ses désirs, pas exclusivement sexuels, mais curieux. Tout en aimant son mari, elle avait envie de rencontrer, comprendre et pourquoi pas aimer d'autres hommes sans entrer pour autant dans le schéma « liaison adultère » qui n'était pas sa tasse de thé.

Bien sûr, elle eut, elle a et elle aura, comme toute femme qui s'aventure hors des sentiers battus, des déceptions et des incompréhensions de la part d' hommes enfermés dans leurs schémas. Ils sont assez psychorigides, problème de corps calleux entre leurs hémisphères cérébraux...  Mais elle eut aussi de grandes joies, et notamment celle de prendre confiance en elle en se connaissant mieux. Toute expérience de vie aide à mieux se connaître. 

Cette lectrice devenue amie me raconte de temps à autre comment elle continue à cultiver avec passion son « jardin d' hommes  » ajoutant malicieusement : « Il me manque encore quelques espèces rares? » J'adore cette métaphore qui rend compte à la perfection de ce que nous recherchons : des relations différentes, des sentiments uniques avec chacun, une immense patience pour cultiver les liens, et comprendre que ceux-ci, comme les graines qui semblent enfouies et mortes dans le sol, peuvent germer à nouveau bien plus tard. Concevoir les relations amoureuses comme des cycles, des saisons, et non de façon linéaire change tout. On ne se brise plus dans le chagrin, on attend que passe l'hiver. La botanique trace aussi de merveilleux portrait d' hommes  : herbe folle, plante toxique, tronc solide, charme vénéneux, bambou subtil, fruits goûteux?  

 

La preuve : pour illustrer ce post, j'ai cherché des photos de beaux hommes sur Internet. Mais essayez un peu  de taper « beaux hommes  » sur Google : vous aurez une avalanche de sites gays- les hétéros se sentent-ils si moches ?- ou alors des mecs musculeux gonflés à la testostérone qui de toute façon ne montrent que leur bite, ce qui les réduit finalement à peu de chose ! 

J'ai donc illustré ce post avec des plantes, dont chacune m'a inspiré une pensée torride. A vous aussi j'espère.

 

 

 

 

 

 

 

 

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