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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 17:39

image-sites-400pxPlus que 15 jours pour commander vos livres à AutresMondes, les derniers envois seront faits le 31 décembre au matin! Est-ce pour cela que depuis quelques jours je reçois des commandes groupées: 5 exemplaires de Aimer plusieurs hommes, 6 exemplaires de Him-li-co? Les lecteurs et lectrices se découvrent-ils pleins d'amoureux ou de petits enfants à qui offrir ces livres? Ou est-ce plutôt un mouvement spéculatif tablant sur l'effet "collectionneurs"?

première couvJe penche pour la seconde hypothèse en voyant sur Amazon- pour ne citer que le géant honni- "Aimer plusieurs hommes" en pocket proposé à... 199,50 euros avec pour argument la rareté de l'ouvrage "absolument introuvable", etc, etc... Je ne sais pas s'il trouvera preneur, mais j'attends pour voir si je suis potentiellement riche, sachant que j'en ai gardé quelques exemplaires chez moi! Cela dit, essayer de vendre un texte obsolète en format poche à ce prix alors que la version actualisée en grand format est actuellement affichée sur AutresMondes à  9 euros (+ frais d'envoi), c'est un peu du foutage de gueule. Comme tout mouvement spéculatif, vous me direz.

J'ai trouvé encore mieux. Ou pire. "Vaincre la peur de l'eau", en collection Marabout de poche est affiché à 264 euros! Et 149 euros pour "Bien dans l'eau, bien dans sa peau".  A la décharge des spéculateurs, ces deux livres là sont épuisés, réellement, très peu d'exemplaires circulent encore. Pas comme la trilogie de mes romans érotiques, encore en vente chez l'éditeur pour 13 euros, et que certains proposent à 50 euros!

jazz-feeling-trio.jpgConclusion: sachant qu'il reste 146 Him-li-co (contes disparus en 1967, réédités à AutresMondes en 2009 et qui ne le seront plus) environ 110 Aimer plusieurs hommes, 4 Frapper les cieux d'alignement et 3 Jazz O' feeling, une commande à Autres Mondes n'est plus une dépense, c'est un investissement

 

 


 


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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 22:25

goudesMarseille, ce n'est pas que l'OM et les règlements de comptes, ni même que le très beau musée MUCEM ou les rues en pente du quartier du Panier. Marseille est avant tout une ville sans banlieue, puisque sa banlieue, c'est la Méditerranée. Et les calanques. Qui ne sont pas seulement la promenade du dimanche des Marseillais et la randonnée d'été des estivants, pas seulement les points de vue sur Sormiou et Morgiou, pas seulement le point d'entrée vers les plongées des Impériaux dont le commandant Cousteau, après avoir exploré tous les spots de la planète disait qu'elles comptaient parmi les trois plus belles plongées du monde.


rocher en corse

  En ces temps de froidure et grisaille tant météorologique que sociale, une plongée dans un beau livre est une respiration. Noël est la saison des "beaux livres", comme s'il existait de "laids livres", mais celui que je viens de refermer est vraiment beau, à cent lieux des nombreux ouvrages touristiques consacrés à Marseille et son rivage. Les deux garçons qui l'ont écrit et illustré sont deux amoureux des Calanques qu'ils arpentent depuis l'enfance sans jamais se lasser. Ils en connaissent l'histoire, les secrets et surtout les humeurs changeantes qui font qu'un même buisson apparaît couleur feu page 43 et bleu page 52. Question d'angle et de lumière, uniquement.

 

bleu de mer

 

Philippe Richaud, le photographe, a utilisé une chambre photographique, un pied et des pellicules. Argentique à l'ancienne. Sans aucun filtre ni retouche.Le bleu époustouflant de la Mer sur certains clichés ne doit rien au matériel, tout au savoir-faire du photographe et à son infinie patience qui l'ont fait attendre autant qu'il le fallait la lumière naturelle qu'il souhaitait. Florent Favier, auteur du texte, officie d'ordinaire au Parc national du Mercantour. Expert de terrain, connaissant aussi bien l'histoire des roches et des plantes que celle des hommes qui ont modelé- pas toujours au mieux- les paysages, il s'est départi du discours officiel et scientifique au profit d'un texte poétique et sensuel, celui-là même qu'appelaient les photos.

 

 

roches et brume

Devant un beau paysage, même en photo, on se sent physiquement mieux. Mentalement apaisé. Ce sentiment de bien-être profond, quasi mystique, s'appelle "le sentiment océanique", même s'il se produit face à la Méditerranée...

 

Que les auteurs me pardonnent si ces photos extraites du livre ne rendent qu'imparfaitement sur écran.

Si vous êtes à Marseille ce week-end, n'hésitez pas à aller les rencontrer samedi à partir de 16h, à  la Librairie Maupetit, 142 La Canebière)


 

 

 

 

 

 

 

 

 

calanques couv

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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 00:05

« Ton père n'a plus qu'un jour ou deux à vivre ». C'est le genre de phrase qu'on n'oublie pas. Un ou deux jours à vivre, ça stupéfie de la même façon qu'à la naissance de ma fille aînée, je l'avais longuement contemplée en me disant : « Ma fille a une heure, deux heures... » C'est pas un âge, une heure ou deux, c'est pas une vie, un jour ou deux.

Je me souviens avec une précision absolue de son dernier souffle il y a exactement trente ans, le 11 décembre 1983, et je n'ai pas envie d'en parler. Je l'anticipais depuis 8 ans, parce que je n'ai jamais fait confiance à la mansuétude des cancers, surtout ceux qui semblent guéris pour mieux resurgir quelques années plus tard... Mais on a beau anticiper, on est pris de court.

Dans les mois qui ont suivi, en écoutant les désolantes nouvelles sur « la rigueur », les Golden boys », le règne de l'argent et des Tapie, il m'est plusieurs fois arrivé d'interpeller mon père : « Tu sais, papa, tu ne manques pas grand chose ! » Il aurait été si déçu, lui qui avait tant rêvé d'un monde meilleur.

papa2.jpgIndovietnamien de nationalité française, il se souvenait de la réflexion marmonnée par le Président de la Cour lui remettant, ainsi qu'à un lauréat antillais, son diplôme de magistrat : « Et dire qu'on appelle ça des français ! ». Que penserait-il aujourd'hui du racisme résurgent? Que penserait-il des luttes pour l'égalité des droits, lui qui a vu sa carrière freinée toute sa vie par une pancarte qu'il avait brandie, étudiant, dans une manif : « Travailleurs vietnamiens, révoltez-vous, on vous exploite! » 25 ans plus tard, au Ministère de la Justice, on lui disait encore « C'est vous l'homme à la pancarte ? » Que penserait-il aujourd'hui de l'arrogance de certains dirigeants, lui qui avait maintes fois condamné le Monsieur Michelin de l'époque pour entrave au droit syndical et s'était vu répondre, lorsqu'il s'étonnait de la récidive obstinée du contrevenant : « Monsieur le Président, je préfère payer des amendes qu'avoir à supporter des syndicats dans mon entreprise".

 

Tu te dirais peut-être avec tristesse que le monde ne s'améliore pas, aussi vais-je te donner des nouvelles douces. Anneso, ta petite-fille dont tu disais avec tendresse "Vous avez bien fait de la faire" a bien grandi et milite à son tour contre les injustices et pour l'environnement. Tu n'as pas eu le temps de connaître Lauranne mais je suis sûre que tu l'apprécierais pour la même raison qui t'a fait me dire un jour : « Toi, je t'aime bien, parce que tu me fais rire ». Tu en a connu quatre, tu as aujourd'hui sept petits enfants, et deux arrière petits-enfants beaux et intelligents, leurs parents t'en parleront.

A propos de « faire rire », tu te composais- profession judiciaire oblige- un masque sérieux et impassible- mais j'ai eu le plaisir de rencontrer récemment ton ancien coiffeur qui m'a raconté combien tu aimais plaisanter avec lui... y compris quand à 18 ans il passait en jugement devant toi pour tapage nocturne ! Un jeune avocat dont tu appréciais que ses plaidoiries ne t'endorment pas a brillamment confirmé son don oratoire. Il se souvient très bien de toi, plus de trente ans après. Ainsi que plusieurs autres de mes ami(s)s. Il paraît qu'on n'est jamais tout à fait mort tant qu'une personne au moins se souvient de vous.

Il y a dans nos vies et nos souvenirs beaucoup de traces de toi. Tu as cependant emporté quelque chose que je n'ai jamais retrouvé : avec toi, je savais danser le tango. Mais depuis 30 ans, je n'ai réussi à le danser avec aucun autre homme.


 

tango papa





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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 11:31

Lundi 2 décembre, 11h du matin : presque 690 000 signatures contre le chalutage en eaux profondes. Un succès généré par la BD de Pénélope Bagieu qui a alerté les internautes sur ce scandale environnemental contre lequel lutte depuis 10 ans l'association BLOOM.

Les poissons des eaux profondes, la biodiversité marine et les coraux vous disent « merci ».

Lundi, 2 décembre, 11h : 5166 signatures pour demander que les contrats actuellement renégociés entre AREVA et le Niger pour l'exploitation d'uranium soient plus équitables. Parce que le Niger, qui possède dans son sous-sol l'uranium qui alimente en électricité une ampoule sur trois en France reste un des pays les plus pauvres du monde tandis qu'AREVA est une des sociétés les plus riches. Parce qu'il serait plus intelligent d'établir des relations commerciales équitables pour qu'un pays se développe plutôt que de le piller éhontément et de faire ensuite la quête auprès du public pour des actions humanitaires en faveur des petits nenfants malnutris. Parce que se mobiliser pour la libération des otages du Niger (salariés d'AREVA) c'était bien, mais se poser la question de savoir pourquoi ils ont été ciblés serait mieux.

100 fois moins de mobilisation pour les Nigériens que pour les poissons !

niger2.jpgCertains diront « oui, mais de toutes façons ce sont les gouvernants Nigériens qui se gaveraient, pas le peuple qui en profiterait. » A priori, pas faux... Si ce n'est qu'un accord équitable comme celui que réclame OXFAM prendrait en compte le problème de la corruption. Et que par ailleurs, la corruption existe aussi- via les lobbies- dans le problème du chalutage profond, ce qui n'a pas empêché 690 000 personnes de se mobiliser.

 

Il est vrai qu'avant la BD, Bloom n'avait, un plusieurs mois, recueilli que 26 000 signatures sur sa pétition.

Alors quoi ? (j'ai bien dit alors, pas Allô) :

Votre envie d'agir ne serait que médiatique, liée à de beaux petits dessins ?

Non sûrement pas !!!

C'est parce que les Nigériens sont noirs ? Peut-être, mais les poissons sont de toutes les couleurs. Et comme disait Coluche : ne dites plus un homme noir, dites un homme de couleur. Du coup, plus de problème !

A moins que vous pensiez qu'un poisson est plus important qu'un homme ou un enfant d'Afrique.

 

dsc01186_fish__c__aj.jpg






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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 14:30

mari_s4.jpgDans les dîners de quadra/quinqua, on croise souvent plus de divorcés ou de couples seconde main que de couple première main, de célibataires ou de pluriamoureux. Point positif : on ne stigmatise plus les divorcés ni leurs enfants. Point négatif : La séparation intervient parfois très tôt, comme un remède de première intention et non un recours ultime. Liberté recouvrée, seconde vie en vue, yeah !!! Pourtant, est-ce si banal? La loi a simplifié le divorce dans les textes, pas forcément dans les têtes. Car il y a...

 

 

Celle qui n'a plus de vie privée : son ex habite loin et ne garde les enfants qu'un week-end sur deux. Entre le travail la semaine et les enfants le week-end, elle n'a plus un instant pour elle et n'ose pas sortir ne serait-ce qu'un soir par semaine parce qu'elle culpabilise déjà du peu de temps qu'elle consacre à ses enfants.

dos_a_dos.jpgCelle qui commence toutes ses phrases par « A cause de mon connard d'ex... »

Celui/ Celle qui a choisi la garde alternée et s'aperçoit qu'il/elle devient schizophrène entre sa semaine de parent attentif et sa semaine de fêtard(e) qui rattrape le temps perdu.

Celui/ celle qui raconte à tout le monde que l'ex est hystérique, paranoïaque, égoïste, pervers narcissique, obsédé sexuel ou frigide, bref totalement givré(e) et se demande comment il/elle a pu la/le supporter.

Celui/celle qui prétend qu'il/elle n'a jamais aimé l'ex et que son mariage a été une erreur de vingt ans.

Celui/ celle qui a choisi de divorcer mais ne supporte pas l'annonce par les enfants que l'ex a un nouvel amour.

Celui/celle qui n'admet pas que les enfants disent que la nouvelle copine (le nouveau copain) de papa/maman est trop cool.

Celle qui annonce les yeux brillants « j'ai rencontré l'homme de ma vie » après trois séparations et se désespère trois mois plus tard de constater que pas un homme ne lui offre tout ce qu'elle attend, bref qu'ils sont tous nuls.

Celui qui surfe sur les sites de rencontre, chope une nouvelle copine par semaine et s'étonne avec quelque mépris que les femmes baisent aussi facilement...

mais aussi le nouveau copain/la nouvelle copine qui s'incrustent dès la première nuit, ne supportent pas les ex et voudraient gommer le passé de leur nouvel amour.

Celui/ celle qui ne parle plus à ses ami(e)s que des enfants, des problèmes de pension alimentaire ou des derniers coups que lui a fait l'ex.

Celle/celui qui ne veut plus parler à l'ex et fait passer les messages par les enfants...

miroir1.jpgEt puis il y a l'enfant qui ronchonne parce qu'habiter entre deux maisons, c'est pas si facile, le cahier, pull, stylo... dont il a besoin se trouve toujours dans l'autre maison.

L'ado à qui on demande s'il veut vivre chez sa mère ou son père et qui murmure « Je ne veux pas choisir entre mes parents, que le juge décide ».

L'enfant qui se demande pendant des années si c'est à cause de lui que ses parents ne s'aiment plus.

Celui qui s'aperçoit qu'il est monnaie d'échange : « si tu continues à être si con (si conne), tu ne verras plus ton fils. »

Celui qui découvre, au décès de ses parents, que ce qu'on lui avait raconté sur le divorce était totalement faux.

Celui qui a compris le parti à tirer de la situation et devient un tyran domestique

L'enfant à qui sa mère dit du mal du père, à qui le père dit du mal de la mère.

Le jeune adulte qui évoque avec nostalgie sa courte incarcération, parce que ses deux parents venaient alors le voir au parloir. Ensemble pour la première fois depuis quinze ans.

(exemples tous réels)

Et puis il y a le regard heureux du jeune homme à qui une amie de jeunesse de ses parents lui assure que ceux-ci se sont aimés, ont été amoureux, et tellement amoureux d'ailleurs qu'ils l'ont fait, lui, avec désir et plaisir.

Heureusement pour les enfants qui ont tant besoin de savoir qu'ils ne sont pas sur terre par hasard ni le fruit d'une erreur de jeunesse, il existe des couples qui se séparent parce qu'ils ne veulent plus vivre ensemble mais ne renient pas leur amour passé et deviennent les meilleurs amis du monde. J'en connais, ils se reconnaîtront et je les remercie de pouvoir les rencontrer ensemble, ou séparément, sans avoir besoin de choisir ni de prendre parti.

 

 

 






 





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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 23:34

On le sait, la médecine devient de plus en plus un commerce sous la pression du lobby pharmaceutique. Les laboratoires ont donc à cœur de régulièrement créer de nouvelles maladies et de nouveaux besoins médicamenteux.

Les babyboomeuses, génération pléthorique, sont une cible de choix. On leur proposa des traitements hormonaux substitutifs contre la ménopause. Qui n'est pas une maladie. Pourtant, il y a quelques années, refuser un THS parce qu'on en éprouvait nul besoin- la ménopause n'est pas toujours synonyme de prise de poids, bouffées de chaleur, irritabilité et baisse de libido, loin de là- refuser, donc, consternait les médecins. Jusqu'au jour où furent mis en évidence les risques liés à ces THS. Patatras pour le chiffre d'affaire des labos qui les commercialisaient ! Ils trouvèrent alors un autre filon et firent le siège de l'Assurance-maladie pour la convaincre qu'il fallait à tout prix- et ça coûte très cher- protéger les femmes de l'ostéoporose en agitant le spectre de fractures aux suites mortelles.

couv mythe de l osteoporose HD)Dans un livre intitulé « le mythe de l'ostéoporose » le journaliste Thierry Souccar raconte comment, partant du fait réel que le vieillissement des os les fragilise, les laboratoires créèrent de toutes pièces une maladie qu'ils nommèrent« ostéopénie » qui serait précurseuse de l'ostéoporose et nécessiterait un traitement préventif dès la cinquantaine pour peu qu'une légère déminéralisation des os, constatée par ostéodensitométrie osseuse, permette de conclure à cette fameuse ostéopénie. 

Il y a une quinzaine d'années, lors d'un reportage, j'ai testé un appareil d'ostéodensitométrie. Ce n'était pas dans les mœurs, il fallait que les magazines en parlent. Lors du résultat, le médecin m'annonça que « vu l'état de mes os », si je ne faisais rien, j'étais bonne pour des douleurs atroces dans cinq ans et le fauteuil roulant dans dix. J'aime pas qu'on me parle sur ce ton, surtout les médecins... Tant qu'on est vivant, on est seul propriétaire de son corps et seul habilité à décider ce qu'on souhaite en faire. Je n'ai donc rien fait et il ne s'est strictement rien passé : ni douleurs, ni fracture, ni gêne pour pratiquer vélo, plongée ou escalade.

En 2010, dans le secteur libéral, 420 000 ostéodensitométries ont été réalisées. En 2011, la base de remboursement de la Caisse nationale d’assurance-maladie, comptabilisant le montant des médicaments prescrits dans l’ostéoporose, atteignait 131 millions d’euros. Un gâchis évident car en prévention primaire les médicaments proposés ont été incapables de démontrer leur efficacité pour éviter une fracture. (Le mythe de l'ostéoporose)

En 2009, 79 200 personnes furent hospitalisées en France pour une fracture de l’extrémité supérieure fémur. L’âge moyen des patients était de 79,6 ans chez les hommes et de 83,2 ans chez les femmes, âge supérieur à l'espérance de vie moyenne en France. De plus, 80 % de ces fractures surviennent chez des personnes ne souffrant pas d'ostéoporose. Conclusion : la première cause d'une fracture, c'est la chute de personnes âgées qui n'ont pas toujours un parfait équilibre (et chez elles des meubles et des tapis sur lesquels elles trébuchent), pas l'état de l'os. Quant aux médicaments censés « durcir » l'os, ils ont parfois un effet négatif : en effet, ce qui rend un os résistant est le collagène, qui lui donne une certaine souplesse, donc la capacité d'amortir un choc. Un os avec trop de calcium devient plus dur, donc plus cassant...

Mais alors, si tant de médicaments sont inutiles, comment améliorer la santé?  

La réponse est apportée par le Pr Claude Béraud, professeur honoraire à l’université de Bordeaux, ancien médecin-conseil national de l'Assurance-maladie, qui préface le livre de Thierry Souccar :

La pauvreté est un facteur de risque majeur : elle raccourcit l’espérance de vie et rend compte d’une grande partie des morts prématurées avant 65 ans. La lutte contre la pauvreté est la clé de l’efficacité d’une politique de santé publique car elle est la condition de l’amélioration de la qualité du logement, de l’hygiène, du chauffage, de l’éducation.

Les inégalités de revenus sont un facteur d’inégalités de santé indépendant du facteur pauvreté. Une société où le coefficient de Gini (1) est élevé est une société divisée où la cohésion sociale s’effrite, où les problèmes sociaux, par exemple le chômage et la violence, ont une incidence supérieure et où la mortalité est élevée. Inversement lorsque la cohésion sociale se renforce le niveau de santé global est plus haut.

Creuser les inégalités est donc le meilleur moyen de creuser  par ricochet le « trou » de l'Assurance-maladie, lequel contribue à creuser le trou de la dette publique. Un message évident, simple, mais que les pouvoirs publics semblent moins entendre que les sirènes des industriels et lobbyistes du médicament.


 

 

(1) Le coefficient de Gini est une mesure de l’inégalité des revenus. Il varie de 0 à 1. Zéro c’est l’égalité parfaite : tout le monde a le même revenu et 1 c’est l’inégalité totale : un seul dispose de la totalité des revenus. Les deux pays les plus inégaux sont le Mexique et les États-Unis. Les plus égaux sont la Suède et le Danemark.



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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 14:12

Dernier épisode de la série de documentaires sur « la grande évasion fiscale », celui diffusé le 12 novembre souligne un point important en période dite de « ras-le-bol » fiscal : l'étonnante connivence entre politiciens de droite comme de gauche pour étouffer les affaires de fraudes fiscales ou d'abus de biens sociaux concernant les « grands de ce monde », qu'il s'agisse de Liliane Bettencourt, Eric Woerth, Jérôme Cahuzac ou... Charles Aznavour qui a déclaré clairement avoir versé des pots-de-vin à des hommes politiques de tous bords, y compris au centre pour « qu'on lui arrange ses affaires ». 

boss.jpgAlors que le moindre retard de paiement vaut au péquin moyen 10 % de majoration, que le moindre contrôle fiscal sur un contribuable sans relations se conclut par un redressement et (souvent) des pénalités, les puissants- riches ou décideurs, ce qui se confond souvent- échappent à la loi commune. Se veulent au dessus des lois.

C'est aussi ce qui a surpris DSK lorsqu'il s'est retrouvé inculpé pour certaines de ses pratiques sexuelles, c'est aussi ce qui surprend quand Roman Polanski a vu nombre d'intellectuels prendre sa défense à propos de ce qui était un viol, même s'il avait eu lieu des années auparavant. C'est aussi ce qui étonne quand on voit Gabriel Matzneff, apologue des pipes pratiquées sur sa verge plus que mâture par des moins de 16 ans, obtenir le prix Renaudot de l'Essai en 2013 avec de vieux articles à la gloire de ses pratiques.

Il ne s'agit pas là de pruderie, d'abord je ne suis pas très prude, ensuite je me souviens parfaitement que dans les années 70, la liberté sexuelle tolérait, même si elle restait illégale, la sexualité de jeunes ados avec des majeurs. J''ai même connu des mères fières que leurs filles de 14 ans aient « une histoire » avec tel personnage célèbre trois fois plus âgé (qui fit d'ailleurs de la prison pour pédophilie...).

Ce qui me gêne, c'est qu'alors que le moindre internaute collectionnant des vidéos pédophiles- sans pour autant « pratiquer »- est poursuivi, alors qu'un moniteur de colonie de vacances peut être inquiété s'il prend une petite fille sur ses genoux pour la consoler d'un chagrin, alors qu'on interdit aux encadrantes des centres de loisirs d'essuyer les fesses des gamins, et aux encadrants garçons d’accompagner les fillettes aux toilettes de peur que ce soit considéré comme de la pédophilie, bref alors que les précautions pour préserver la vertu du peuple virent au ridicule, ceux qui ont le pouvoir financier, politique ou médiatique restent au-dessus des lois et se protègent mutuellement. Jean-Luc Delarue a-t-il été sanctionné comme toxicomane incitant d'autres à la consommation de coke ? Pas par les tribunaux, juste par le cancer. Alors qu'un adolescent surpris à faire goûter un pétard à un pote peut être emprisonné comme dealer.

51B8+DlnHQL. SY445Les riches et les puissants ont l'argent, le pouvoir et les femmes, tant mieux pour eux. Mais il ne leur suffit pas d'être heureux, encore faut-il que les autres soient malheureux comme disait je ne sais plus quel humoriste. Les autres, c'est à dire vous et moi, n'avons que le droit de contempler le spectacle de ces « people » qui peuvent tout se permettre sans crainte d'être poursuivis. Le creusement des inégalités, ferment de violence bien compréhensible, n'est pas que financier, il est dans cette injustice qui réserve l'impunité aux puissants et multiplie les contraintes pour les autres.

La majorité des gens paient leurs impôts même s'ils espèrent toujours pouvoir « gratter » un peu de ci- de là pour en payer moins. Le « ras-le-bol » fiscal qu'agitent les médias en chœur est un argument des riches pour se poser en victimes alors que « Bercy » leur garantit à chaque augmentation d'impôt que celle-ci sera compensée par une réduction ailleurs (réduction évidemment financé par les contribuables lambda).

Le vrai ras-le-bol, c'est celui des inégalités qui font que la majorité des citoyens paient tandis qu'une petite minorité s'exonère de sa contribution légale aux services publics, et qu'à cause de ce manque à gagner, les services publics se détériorent de jour en jour, pourrissant la vie de c eux qui en ont besoin.

Le vrai ras-le-bol, c'est de savoir que « Bercy » dispose d'un verrou lui permettant d'empêcher que soit poursuivi tel ou tel riche contribuable (voir le documentaire de France 5 sur ce sujet dit "du verrou de Bercy").

Le vrai ras-le-bol, c'est de savoir qu'en France, le clivage ne se fait plus entre gauche et droite, mais entre gens de pouvoir « du même monde » et citoyens. Ce qui enlève à l'acte pourtant essentiel de voter- des gens sont morts pour avoir le droit de vote- une bonne part de sa signification.

 

 

 

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 10:16

 

film_joyeux_noel.jpgCe moniteur de plongée ressemblait à Jean Reno/Enzo dans « le grand bleu ». J'ai passé avec lui mon niveau 3. Lorsqu'il venait à Paris, il aimait toquer à ma porte avec un pack de bières : « Ma petite Françoise, je viens bavarder ». A l'époque il avait des soucis conjugaux et envie de se confier. Il me racontait aussi quelques bribes d'un passé difficile, des années auparavant, lorsqu'il avait travaillé comme infirmier pendant la guerre du Liban. L'un de ses potes, infirmier également, avait été tué par des snipers, lui blessé par balles et laissé pour mort. Il avait survécu sans séquelles physiques mais blessé à jamais dans sa tête par les souvenirs d'atrocités qu'il se refusait à me raconter. Quand je lui disais : « Parles-en, ça te fera du bien », il répondait invariablement : « Non, ma petite Françoise, je ne veux pas t'abîmer le cœur avec ça. » Il avouait juste qu'il faisait des cauchemars où il revivait les souffrances d'alors et ne pouvait se pardonner d'avoir survécu quand tant d'autres étaient morts.

Un soir qu'il dînait chez sa mère tout en regardant le journal télévisé, il fut confronté à un reportage sur la guerre en Irak. Sa mère le vit soudain les yeux écarquillés, figé : « Qu'est-ce que tu as, mon fils ? » Il n'eut pas le temps de répondre et s’affaissa, le nez dans son assiette. Les secours conclurent à une mort subite- évidence!- mais je reste persuadée que celle-ci fut provoquée par les images ravivant celles qui hantaient sa mémoire.

Il y a quelques mois, j'ai commencé à visionner le film « Fragments d'Antonin » de Gabriel le Bonin (voir vidéo ci-dessous) qui raconte le traumatisme mental d'un survivant de la guerre de 14/18. C'était si insoutenable que je n'ai pas pu aller jusqu'au bout. Impossible de supporter une heure et demie ce qu'eux ont vécu pendant quatre ans...

18440132-r 640 600-b 1 D6D6D6-f jpg-q x-xxyxxLes revenants de guerre ne sont jamais indemnes, même s'ils ne portent sur leurs corps aucune blessure visible. Mon grand-père, optimiste et bon vivant, déclara quelques jours avant sa mort : « J'aurais à refaire ma vie, je referai la même... en enlevant les quatre ans de 14/18 et mes deux ans de tranchées. » Dans les mémoires qu'elle a rédigées pour nous, notre mère raconte qu'à la déclaration de guerre de 1939, son père s'écroula en larmes, lui qui ne pleurait jamais (à l'époque, un homme ne pleurait pas!) en répétant : « Alors, tout ce qu'on a souffert à la dernière Guerre, c'était pour rien ? »

Eh oui, grand-père, c'était pour rien. Depuis la « der des der » d'il y a 100 ans, il y a eu de multiples autres guerres, la 39/45, certes, mais aussi toutes les guerres que les occidentaux- qui s'autocongratulent de vivre « en paix » depuis 1945- sont allés faire ailleurs, soit en participant à des conflits (Algérie, Viet-nam, Corée, Irak, Bosnie, Afghanistan...) soit en vendant des armes partout dans le monde tout en affichant une volonté de désarmement mais quoi : les affaires sont les affaires ! Selon le dernier annuaire sur les dépenses militaires mondiales publié par le SIPRI (Institut international de Stockholm d’études pour la paix) 1740 milliards de dollars ont été consacrés au commerce d’armes dans le monde entier en 2011. Et pour la santé, l'éducation ou l'environnement, on prétend qu'il n'y a pas d'argent !

Selon le journaliste italien Antonio Mazzéo interviewé par Olivier Turquet : "le capital financier international s’est mis en tête que le conflit et la reconstruction des pays bombardés pourrait être le moteur nécessaire pour sortir de l’impasse et pour stimuler la demande, l’économie et le développement."

film_joeyx_noel_2.jpgD'aujourd'hui jusqu'à juin 2019, date du centenaire du Traité de Versailles, ce ne seront que célébration de la guerre de 14/18, hommage aux soldats « morts pour la France » et appel à la cohésion nationale « dont notre pays sait faire preuve dans les moments difficiles. »

Bel argument pour sous-entendre « soyez aussi dociles que les soldats d'alors, acceptez ma politique économique de merde qui fait payer les citoyens lambda et s'empresse de garantir aux entreprises et aux plus riches que telle nouvelle ponction fiscale sera compensée par une réduction ailleurs, réduction évidemment répercutée sur les citoyens lambda...) Comme disait un soldat à un gradé dans le très beau film de Christian Carion : « Joyeux Noël » : « C'est vous qui décidez la guerre, mais c'est nous qui la faisons ».

Le rapport de forces n'a pas changé, même s'il paraît moins meurtrier.

 

 

 

( les trois photos sont de Christian Carion, extraites du film "Joyeux Noël)

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 00:28

archi%206Il se croyait invincible, immortel jusqu'à plus de quarante ans. Puis la mort a frappé autour de lui, pas seulement ses parents, ce qui allait dans la logique des générations, mais des gens aussi jeunes, voire davantage que lui. Il a soudain réalisé qu'il était mortel. Comme beaucoup de baby-boomers dotés d'une insolente santé et d'une existence ô combien privilégiée, qui voient  tomber leurs contemporains comme à Gravelotte.

A 14 ans et demi, un beau soir de printemps, j'ai croisé deux copines en larmes : « Tu connaissais Patrick ? » C'était la première fois qu'on me parlait d'un pote à l'imparfait. (le passé n'est jamais simple et l'imparfait, comme son nom l'indique). Le copain avec qui j'avais dansé deux heures plus tôt s'était noyé. Ainsi, on pouvait mourir à 16 ans ! Je le savais, bien sûr, mais entre savoir et toucher du doigt cette réalité, il y a un monde. Comme avait répondu François Mitterrand à un journaliste pas très diplomate qui lui demandait s'il pensait à la mort alors qu'il était en phase cancéreuse très avancée : « Bien sûr, je sais que je vais mourir... mais je n'y crois pas. Tout comme vous d'ailleurs. » C'était un sujet de philo du bac il y a quelques décennies, cette antinomie entre la certitude que nous avons de mourir un jour et l'impossibilité de l'envisager concrètement. 

Je l'ai de nouveau envisagée très concrètement quand un ami proche s'est suicidé à 19 ans, parce qu'il se désespérait de n'avoir pas encore rencontré le grand Amour. Ça fout les boules ce genre de connerie et depuis, je n'ai de cesse de répéter aux amoureux chagrins qu'aucun homme, aucune femme ne mérite qu'on se prive de la vie pour lui, pour elle. Et a fortiori aucun patron : qu'aujourd'hui la crise économique pousse des gens au suicide mériterait qu'on déclare criminels passibles de la cour d'Assises les financiers, industriels et hommes politiques responsables de cette situation. Décideurs qui mourront comme les autres, et vu l'âge avancé de certains, je ne comprends pas qu'ils ne se disent pas chaque matin : « Ça se tire, ça se tire... Bientôt je ne serai plus là. Si je faisais quelque chose de bien plutôt que d'emmerder les autres pour mourir sur mon tas d'or ? »

« La vie, c’est comme une barbe à papa. Au début c’est doux, moelleux, joli, on en mangerait ! Puis chaque jour lui arrache des filaments dans lesquels on s’empêtre et qui collent, et qui poissent, et qu’on ne trouve même plus bons. Mais la vraie angoisse, celle qu’on n’avoue jamais, c’est la certitude qu’à la fin ne reste qu’un bâton à jeter. C’est le contraire du vin : la vie ne se bonifie pas avec les années. »( Jouer au Monde, p. 144)

J'ai écrit cette phrase bien avant de la mettre dans un roman. J'avais un peu plus de 30 ans et m'étais réveillée un matin en larmes à l'idée que je vivais alors le meilleur de l'existence avec des parents vivants, un bébé tout neuf, un boulot enthousiasmant, une santé de fer... mais que tout ça allait se gâter, forcément. La vie comme un gâteau d'anniversaire dont les bougies s'éteignent une à une... Il y a aussi ces trucs agaçants, quand le temps qui passe s'imprime sur la peau malgré toutes les crèmes et la meilleure hygiène de vie possible, que les médecins commencent chaque phrase par « A votre âge il faudrait... » que les gens après le classique « tu fais toujours jeune ! » ( comme si être jeune était une qualité en soi) passent au « Il est bien conservé pour son âge » et finissent par « il (elle) est encore bien conservé(e) ». Les jeunes au chômage, les vieux en conserve...

Avec les années pourtant, loin d'être une angoisse, la conscience de la finitude me donne une vraie sérénité et accentue l'acuité de chaque instant. « Tant qu'à être une poussière minuscule dans l'univers et une milliseconde à l'échelle de l'univers, autant vivre aussi intensément que possible ». Elle permet une distance qui n'enlève rien aux indignations, aux révoltes, au plaisir de vivre et aux enthousiasmes mais enlève beaucoup à la croyance dans les idéologies qu'on a vu naître et mourir parfois au prix de milliers de morts, et au désir d'un ou une sauveuse providentielle (le féminin l'emporte sur le masculin puisque les femmes vivent plus longtemps) tout aussi mortelle que vous et moi.

La mort est démocratique, elle n'exclut personne, mais il conviendrait de lui rappeler qu'elle est injuste lorsqu'elle frappe davantage les pauvres (8 ans d’espérance de vie en moins pour un ouvrier français versus un patron, 42 ans d'espérance de vie moyenne en moins pour un habitant du Zimbabwe versus un français.). C'est la plus scandaleuse inégalité, bien plus que le fait de n'avoir pas encore la 4G dans les villes de province!

La mort a aussi une fâcheuse tendance à épargner plus longtemps les méchants que les gentils, la longévité de beaucoup de dictateurs et ex-nazis est stupéfiante, faudrait voir à ce que ça change, vieille camarde!

A part cela, elle fait partie de la vie. Depuis des décennies elle était occultée, on n'en parlait pas, les enterrements étaient quasi furtifs, mais voici que les réseaux sociaux, bizarrement, l'ont remise au goût du jour, avec des annonces de décès balancées au milieu de blagues à deux balles et de vidéos de toutes sortes. A priori c'est choquant, tant on a eu l'habitude de la mettre à l'écart du quotidien, mais finalement cela rappelle qu'elle est là, et pas seulement sous forme de statistiques. Choquant certes le fait que les profils de personnes décédées restent actifs avec des messages "d'amis" involontairement gaffeurs: « Ouh ! Ouh ! Qu'est-ce tu fous ? Tu ne postes plus ? » Choquant de les voir envahis de publicités pour cause d'inactivité prolongée- faut bien récupérer l'espace, n'est-il pas?- et de lire des com' interminables sur tel ou tel décès qui fait polémique. En revanche, que la faucheuse reprenne sa place dans les conversations a quelque chose de salubre, ça lui enlève son côté caché, presque honteux qui pousse certaines personnes à vous dire "Un tel est parti" plutôt que "Untel est mort" au risque de susciter quelques malentendus...

Une espérance de vie grosso modo de 80 ans se divise en un quart de 0 à 20 ans, un autre de 20 à 40, un troisième de 40 à 60. La particularité du 4ème quart est qu'on en ignore la durée : on peut mourir à 61 ans tout comme vivre jusqu'à 122 ans. D'où l'importance d'en savourer chaque bouchée, chaque plaisir avec gourmandise: « Ne prenons pas la vie trop au sérieux, de toutes façons on n'en sort pas vivant. »

 

camarde1


Et puisqu'on dit "casser sa pipe", une petite chanson appropriée:

 


 

Crobards commis par Andiamo




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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 16:00

et tous les autres de la troupe, vous êtes trop nombreux pour tenir dans un seul titre, et de titre vous n'en avez qu'un : « Compagnie El Duende ». J'ai parlé de vous ici 7 fois, par exemple ici, ici, , et encore là. Autant dire que j'ai déjà écrit tout le bien que je pense de vous et de vos spectacles depuis bientôt 10 ans- ce sera en 2014- que nous nous sommes découverts. Aujourd'hui, je veux juste vous remercier de m'avoir invitée à votre soirée de fin de chantier samedi 25 octobre mais je ne la raconterai pas, d'autres l'ont déjà fait.

Alors pourquoi ce billet ? Pour vous dire que je vous aime. Pas seulement à cause de vos spectacles qui me mettent à chaque fois le cœur en joie. Pas seulement parce que vous êtes des gens bien, chaleureux, pleins de talents et d'assurance mais sans vous la péter une seule seconde. Pas seulement parce que vous avez un engagement véritable, politique- ce n'est pas pour rien que les parents de certains d'entre vous ont fui le Chili de Pinochet- à travers le théâtre d'intervention avec des jeunes en difficulté, prouvant qu'à l'instar de Victor Hugo qui écrivait : « Ouvrez une école, vous fermerez une prison », « Ouvrir des jeunes au théâtre, c'est fermer la porte à la violence ». Pas seulement parce qu'en entendant les applaudissements, les cris de joie et les pieds qui martelaient le plancher de votre théâtre tout neuf lorsque la soirée a commencé, je me suis dit que vous n'aviez pas seulement un public fidèle mais surtout plein de gens qui vous considèrent comme des amis, ce qui est rare dans un milieu où le superficiel domine souvent.

chantier2Je vous aime parce que vous êtes des antidotes absolus au défaitisme ambiant. Depuis 25 ans, depuis l'adolescence, vous vivez votre passion comme un rêve. L'un d'entre vous a renoncé au cinéma après avoir fait la FEMIS (l'Ecole des cinéastes s'il en est!) parce qu'il trouvait le théâtre plus vrai. Laurent Terzieff avait fait le même choix, et ce n'était pas n'importe qui! A 15 ans, vous rêviez de jouer un jour dans « votre» théâtre. C'est aujourd'hui chose faite. chantier 1Cela a demandé 19 mois de travaux non pas forcés puisque c'était votre choix, mais de forçats, avec des journées commençant à 7h pour s'achever à 23h, les mains dans le ciment, les bras trimbalant des poutrelles métalliques, le cerveau fonctionnant à 10 000 tours pour savoir comment financer les travaux, comment résoudre un problème malencontreux de comblement de carrières, comment obtenir l'aval de la Commission de Sécurité pour les établissements recevant du public... Bref, malgré la joie pure de cette soirée du 25, j'ai bien compris que vous en avez chié des ronds de chapeau durant cette année et demi, entre angoisses et larmes, entre épuisement et inquiétude. Tout en devant assurer quelques spectacles, vous occuper de vos familles et parfois même dormir un peu.

Ce qui vous a tenu et vous a permis de répondre chacun« On continue », lorsqu'un jour particulièrement néfaste vous avez « voté » pour savoir si vous poursuiviez ou non ce projet fou, c'est l'envie viscérale de réaliser votre rêve, rêve qui voit loin dans l'avenir puisque ce théâtre, vous rêvez qu'il devienne un jour celui de vos enfants.

Ce qui vous a tenu est la devise de mon blog « Jouer au monde » : « Faire d'un rêve une réalité ». En ces temps où lorsqu'on parle de « changer le monde » » les décideurs coupent les ailes du rêve d'un cinglant : « à l'épreuve des faits, nia-nia-nia... » c'est une bouffée d'énergie que vous donnez en prouvant que l'impossible est possible lorsque on est assez fous pour y croire. Je vous aime pour cette folie qui me donne envie de vous écrire publiquement pour vous remercier de savoir mettre lyrisme dans l'existence, c'est-à-dire de l'enthousiasme et des sentiments, plutôt que du cynisme et de la dérision.

 

inauguration( Les 1,2 et 4 à partir de la gauche sont la famille Almeida, des pros de la construction qui ont osé se lancer dans ce chantier improbable et ont fait face à tous les aléas qui allaient avec!)

 

El Duende signifie "l'inspiration qui préside notamment à l'art du flamenco", quelque chose de charnel, quasi érotique. Au pluriel, el duendes désigne des Lutins. Pour moi qui ai inventé le mot Lutinage, c'est-à-dire le fait d'aimer au pluriel sans mettre des étiquettes sur les gens ni les sentiments, juste parce que nombre de personnes sont aimables, la coïncidence est savoureuse ! Et jubilatoire le fait d'entendre Andréa raconter ses discussions avec Louise pour trouver des financements en précisant « Louise, c'est la femme de mon ex-mari », mari qui vous aime à l'évidence toutes deux, pas de la même façon. Cette intelligence du cœur ne peut que me toucher.

J'ai participé comme beaucoup d'autres au financement de ce théâtre et à une journée de travaux. Pas par compassion comme lorsque j'envoie des sous pour une cause urgente. Pas par révolte comme lorsque je signe une pétition et envoie un chèque à une ONG combative. Juste parce que cela me faisait un immense plaisir de le faire.

En arrivant je suis allée saluer « mon » mur. Avec le sentiment qui domine quand je pense à vous que si la jubilation de voir un projet aboutir- quand je publie un roman, par exemple- est immense, cette jubilation est décuplée quand le projet résulte d'une dynamique collective.

Voilà, c'est ça : je vous aime parce que vous osez, vous osez jouer, vous jouez collectif. Et vous savez faire la fête avec talent !

 

theâtre duende

PS. Il n'est pas trop tard pour rejoindre El Duende. Si vous avez envie d'avoir chaud cet hiver pendant les spectacles, participez au financement du chauffage qui reste à installer !

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