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27 novembre 2006 1 27 /11 /novembre /2006 20:37

Débordée, je n’avais pas envie de faire de post aujourd’hui, mais j’ai un coup de colère, là : passant à la Gare Montparnasse, j’avise dans la vitrine d’un Relay, donc particulièrement mis en valeur, un DVD dont je ne vous dirai pas le titre pour ne pas lui faire de pub, mais présenté comme un film « culte » en ces termes (« culte », aujourd’hui, ça veut dire qu’on cherche à vendre aux jeunes) :

 Violent, excessif, pervers 

La torture ? Une jouissance

La violence ? Un plaisir. 

Alors merde, et je pèse mes mots. Alors qu’on nous bassine avec l’insécurité et la violence, on présente cette dernière comme un plaisir, on la donne en exemple ? 

Je croyais que l’incitation à la violence (et a fortiori à la torture) était un délit ? 

Quand je pense qu’on a dérangé un procureur de la République pour quatre mômes de 5 ans se tripatouillant à la récré, quand je pense qu’une bite en érection en couverture d’un magazine fait scandale alors que ça n’a jamais tué personne (sous réserves de capote, of course), je me dis qu’on déraille, là.

 Est-ce que je vais être la seule à m’indigner ? Dites moi que non !!! 

SEGO, SARKO laissez nos petites culottes tranquilles et occupez-vous des gens qui gagnent du fric en exaltant les instincts les plus dangereux, les plus mortels. (je leur demande à eux, mais ça vaut pour les autres candidat(e)s).

Chat perplexe devant le cynisme et la bêtise des humains

 

 

 

 

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26 novembre 2006 7 26 /11 /novembre /2006 16:08

Hier, vu « Shortbus » avec un ami. Plus profond que la « comédie de sexe libérée et légère » décrites par certains critiques.

Oui, le sexe y est libre, en ce sens qu’il est montré tel qu’il est, sans aucune connotation morale ou esthétique. Léger, pas tant que ça.  Tout simplement parce que le sexe, même libre et joyeux, est toujours signifiant, jamais anodin (à mon avis, et apparemment à celui du réalisateur). Il y a de beaux moments « Peace and Love" dans ce film. Comme dit la tenancière du club « Shortbus », créature  masculo-féminine avec un charme fou et une voix à mouiller toutes les petites culottes: « On dirait les années soixante, l’espoir en moins ». 

En sortant, mon pote, toujours assez compassionnel me dit : « Il y a quand même de la souffrance dans ce film. - Non, pas de la souffrance, des interrogations.  – Ben justement, ils ne sont pas heureux. –  Pas totalement, et c’est là l’intérêt du film : montrer que le sexe, si libre soit-il, et l’amour (car  certains des personnages s’aiment très fort) ne suffit pas au bonheur, ne supprime pas les interrogations.  Le bonheur, peut-être, c’est en soi qu’il faut le trouver. – Et alors, me dit-il, qu’est-ce qui te rend heureuse ? – Moi? Ma curiosité, qui me fait me réveiller chaque matin avec un pétillement au coeur, parce que même dans des journées apparemment ordinaires, il y a toujours quelque chose à apprendre »

"Shortbus » m’a aussi confirmé  ce que je savais : voir des hommes s’aimer me trouble profondément. Il y a dans l'homosexualité masculine (la féminine aussi, sans doute, mais je préfère le corps des hommes) une gourmandise, une absence de tabous et de dégoûts, un goût du jeu, une sensualité et une tendresse qui sont tout ce que j’aime dans le sexe.  Même si certains hétéros étaient fort beaux dans leurs ébats, aucun ne m’a troublée comme les trois hommes ensemble.

Autre scène forte : le baiser échangé entre le jeune homo et le vieux maire de New York après une longue conversation où tous deux ont les larmes aux yeux. Un baiser entre un jeune et un vieux, a fortiori du même sexe, c’est sans doute le tabou le plus fort... 

Dans la collection que je dirige ( coll. SENSO, éditions BLANCHE)  un seul titre « Avoir du plaisir à tout âge » a du mal à décoller. Parce qu’il parle de sexe et de plaisir chez les personnes âgées. C’est un bon livre, Jacques Labescat, l’auteur, en parle très bien, tous les directeurs de maisons de retraite savent que les vieux et les vieilles ont des désirs qu’ils ne subliment ni dans le tricot ni dans la lecture, mais c’est ainsi : c’est le dernier tabou.

 

 

 

 

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26 novembre 2006 7 26 /11 /novembre /2006 16:04

Ca me gonfle quand j’entends « Il faut remettre la France au travail » (côté Sarkozy), ou « Ségolène a gagné parce qu’elle a osé parler de la valeur travail pas souvent défendue par la gauche » (sur LCP), ou « Ils travaillent jour et nuit ces chinois… Il faut arrêter cette décadence du travail chez nous. » (Bernadette Chirac.) En gros, ces gens accréditent l’idée que les français sont des flemmards. Les chômeurs qui cherchent du travail apprécieront...

Par ailleurs, soyons clairs : le travail est une valeur lorsqu’il épanouit l’individu: 

Soit parce qu’il est correctement payé. 

Soit parce qu’il le valorise (notoriété, célébrité, autorité…) 

Soit parce qu’il est passionnant. 

Soit plusieurs de ces facteurs.

Par contre, un travail mal payé, peu valorisant et/ou inintéressant n’a rien d’épanouissant.

Or c’est tout de même ce qu’on propose à de plus en plus de gens, du « zy-va » sans diplôme au quadragénaire licencié en passant par des bac+2 à +7, payés de 0 à 300 € par mois pour un travail tout ce qu’il y a de réel.  

Qui donc ne reconnaît plus la valeur travail, qui contredit l’adage « toute peine mérite salaire » ? Les employeurs qui considèrent les salaires et les cotisations y afférentes comme des « charges » (alors qu’il s’agit d’un simple échange: tu travailles et je te paie) et les décideurs politiques qui veulent encore « baisser le coût du travail. » 

Comme disait Jean-Pierre Mocky à propos de son prochain film sur ce sujet: « D’un côté 3 millions de chômeurs, de l’autre 12 millions de bénévoles qui travaillent gratuitement,  cherchez l’erreur. »  

 

Ce n’est pas le travail, ni l’envie de travailler qui ont disparu, c’est l’envie de payer le travail qui a disparu. 

La preuve : les délocalisations vers les pays où les salaires sont les plus bas. S’extasier devant la croissance économique de la Chine qui se fait au prix de misères, famille s déplacées, pollutions, urbanisation désordonnée, suicides (le plus fort taux du monde) exécutions, spéculations financières périlleuses pour les économies du monde entier…  est quasiment une perversion.

 

 

 

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22 novembre 2006 3 22 /11 /novembre /2006 15:45

Concurrence déloyale ou sortilège Vaudou par un couturier concurrent?  Je m'aperçois que les magnifiques photos de combishorts mises en ligne il y a deux jours ont été remplacées par un cadre vide avec une croix.

Je fais mon enquête et j'essaye d'y remédier. N'hésitez pas à me renseigner si vous savez ce qui se passe dans les méandres de la toile qui transporte les pitits pixels de couleur.

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22 novembre 2006 3 22 /11 /novembre /2006 15:20

Un ami habitué des rencontres Internet me raconte qu'après des semaines de « chat » ou de mails souvent intimes, 8 sur 10 des femmes se défilent lorsqu'il leur propose un rendez-vous. Par peur de décevoir ou crainte d'être déçues ? Parfois. Mais surtout, disent-elles,  parce qu'elles n'ont en fait pas envie de vraie rencontre. Ce qui leur plaît, c'est de recevoir des dizaines de messages d' hommes qui leur font croire à leur pouvoir de séduction. Satisfaction narcissique et qui plus est sans danger, puisqu'il suffit de cliquer pour couper court. 

Plus qu'à une zone de libre-échange, Internet ressemble à un supermarché superficiel où on s' expo se comme un produit : « ce que je suis », ce que je cherche », où on dépose un « profil » comme d'autre un « CV » à l'ANPE, où la loi de l'offre et de la demande prend le pas sur le hasard et la fantaisie. « Internet est devenu une sorte de miroir aux alouettes, une grande partie de cache-cache, un leurre. » m'écrivait hier une lectrice revenue aux vraies rencontres. 

Pour les hommes , ces sites sont un immense vivier de fantasmes, plaisir de cliquer sur la souris pour mater mille souris ( J). Avec deux conséquences: Lorsqu'une femme leur plaît,  ils se demandent toujours s'ils ne peuvent pas trouver mieux et continuent à zapper. Trop de choix tue le choix... 

Les journées n'ayant que 24h, nombre d' hommes passent aujourd'hui plus de temps à scruter des fiches sur Internet qu'à rencontrer des personnes réelles.

 Et pourtant l'écran, ça fatigue ! Je vous parle en connaissance de cause, étant dessus sept heures par jour pour raisons professionnelles. Heureusement, le tunnel d'écriture touche à sa fin, ouf ! Je n'ai qu'une envie : cesser de cliquer, de mailer ou de téléphoner !!! J'ai envie de rencontres où participent tous les sens, les yeux et la voix bien sûr, mais aussi le goût, le toucher, l'odorat, le jeu, l'intelligence. Si  j'aime les hommes , ce n'est ni par romantisme ni hyper sexualisation, mais à cause de cette mise en joie de tous les sens lors de vraies rencontres. Du charnel, du goûteux, du cérébral, du tendre!!!

 

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 « Lola a besoin de toucher les hommes pour qu'ils la touchent » (« Ce qui trouble Lola, déjà cité) Quand j'ai écrit cette phrase, je lui donnais un sens. Depuis, j'en ai découvert 4, révélateurs. C'est cela aussi écrire : se découvrir.

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 photo empruntée à "Rue du Tango"

 

 

 

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20 novembre 2006 1 20 /11 /novembre /2006 19:53

« Reproduisez une carte du monde en pointant les régimes autoritaires et corrompus et vous aurez celle de l’implantation planétaire de la grande distribution »

De qui cette forte phrase ? De Ezzedine El Mestiri- qui a connu de l’intérieur la grande distribution- dans le Nouveau Consommateur.

 Excellent cru que ce numéro 17, daté novembre/décembre avec entre autres:  -un dossier sur le commerce équitable qui existe en France depuis plus de 30 ans, représente aujourd’hui 0,1% des échanges mondiaux, soit peanuts… mais 25% du café de Bolivie, ce qui commence à signifier quelque chose.

 

-des idées pour fêter Noël  dans le plaisir et les délices, avec des produits éthiques et polluant le moins possible, des idées de cadeaux et des adresses qu’on ne trouve guère ailleurs. 

-La question posée par Bernard De Boischevalier, fondateur de Solidarmonde : « Quel niveau de compromis peut-on accepter dans un monde non idéal ? »  

- et mon humeur en page 81 :« L’étrange planète de la France d’en haut » avec une autre question fondamentale : « Le pouvoir, jouissance ô combien solitaire rendrait-il vraiment sourd ? » 

 

« Pourquoi ne pas déverser des déchets toxiques dans les pays du Sud, puisque de toute façons ces gens ne vivront pas assez pour développer un cancer> ? »  Cette intéressante remarque est de Lawrence Summers, il y a une dizaine d’années quand il était vice-président de la Banque Mondiale. (cité dans « Sciences-Frontières, autre excellent magazine)  et elle a fait école : produits toxiques déversés à Abidjan (10 morts, 69 hospitalisations), fûts radio-actifs en Somalie, 5600 litres de chlore abandonnés dans un village du Cameroun « On nous parle de mondialisation, de village global, mais… la fosse septique de ce village, c’est bien l’Afrique, s’inquiète Haïdar El Ali, plongeur et militant écologiste sénégalais, toujours dans le NC 17.

Heureusement chez nous, l’écologie a le vent en poupe : le budget du Ministère de l’Ecologie pour 2007 atteint 915 millions d’euros (+ 2,2%). A comparer avec les 5 milliards d’€ dévolus à l’agriculture (qui consomme 73% des ressources en eau douce)… et aux 47,7 milliards d’€ du budget de la Défense 

Allez, haut les cœurs et souvenez-vous qu’au bout du compte, c’est VOUS qui décidez pour qui vous allez voter et ce que vous achetez ou non. Comme disait Coluche : « Quand on pense qu’il suffirait de ne pas acheter pour que ça ne se vende pas. »

 

 

 

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18 novembre 2006 6 18 /11 /novembre /2006 23:29

A 19 ans, avec mon premier salaire d'Aide Temporaire en surnombre au Ministère des Finances, j'ai acheté cette combishort que ma mère me refusait au motif qu'il était idiot de dépenser de l'argent pour une fantaisie qui ne durerait qu'un été. Cette photo prise hier prouve :

 

 

 

 

 

 

1. Que ma mère avait tort et que je suis aussi fidèle à mes combishorts qu'aux hommes que j'aime. 2) qu'on n'est pas obligée, comme le prétendent des gynécologues chagrins, de prendre 15 kilos entre 20 et 50 ans.

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a 13 ans, j'ai déniché cette combishort qui a beaucoup voyagé :

 Maldives, Egypte, Australie, Ile de Ré, Mayotte, Bénin, Hollande, Camargue, Iles Caïman, Thaïlande...Tous ceux qui m'ont rencontrée en plongée, reportage ou randonnée à vélo l'ont connue. Mais hélas, tout s'use et depuis un an j'écumais les boutiques à la recherche d'une nouvelle combi, en vain. 

 Heureusement, mon frère, en poste au Bénin, dénicha le couturier qui, muni de la combi voyageuse, en fit des copies variées : en lin brillant, pour mariage et cérémonies,  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

en coton jaune pâle, déjà inaugurée et appréciée par les bo-bos de l'Ile de Ré,  

 et en jaune ethnique qui fera fureur l'été prochain à Paris-Plage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   Alors toi, bloguer ou blogueuse fasciné par cette merveille, prouve qu'Internet peut faire la renommée d'un couturier inconnu. Diffuse la nouvelle : là-bas, à Cotonou (Bénin), au bout du pavé des Haies Vives (en face du marché aux légumes) Evariste, gardien et tailleur est le magicien de la combishort, vêtement à la fois seyant, confortable et joyeux. Que vos commandes affluent chez cet honnête artisan et que la combishort soit le « must » des saisons prochaines.  (crédit photo : Bernard Simpère , oui celui-là même qui depuis 30 ans sait s'adapter et évoluer dans mon univers de folies douces)

 

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16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 19:42

"L'autorité, pour moi, ça s'apparente à la compétence. Il ne s'agit pas d'imposer sa volonté et ses idées aux autres, mais de leur expliquer pourquoi on trouve telle ou telle façon de faire meilleure, et qu'ils vous fassent confiance parce qu'ils vous trouvent compétent. L'autorité sans compétence, ça s'appelle la dictature".

De qui cette belle phrase? De Raymond Domenech dans l'émission "Citoyen d'honneur" sur la LCP (je vous ai déjà dit que la chaîne parlementaire recèle des trésors!!!) On aimerait que  les politiques aient cette sagesse...

L'ennui, c'est qu'il semble difficile à certains de juger de leur compétence.

Curieusement, on trouve une foultitude de gens qui avouent facilement qu'ils sont nuls en maths, nuls en orthographe et qu'ils chantent faux, mais personnellement, je n'ai jamais vu un homme reconnaître "je conduis comme un pied", "je fais mal l'amour" et, pour un politicien "je ne suis pas certain d'être apte à gouverner."

Ce soir, bon vin, amis et soirée chaleureuse en perspective. Quand je pense aux trois lascars scotchés à leurs téléphones toute la nuit pour savoir qui les militants auront choisi, je me sens bien tout à coup...

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16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 13:17

« Et pour le sexe, demande Lola, vous faites comment ? » Il ne fait rien, ou pas grand chose. L’hôtelier interdit qu’on amène une femme dans la chambre, trop peur de tomber pour proxénétisme. Aucune femme ne lui propose de l’emmener chez elle, trop peur de se faire violer ou dévaliser, d’ailleurs aucune femme ne l’aborde comme Lola l’a fait, les gens ont peur des pauvres, ils doivent croire que c’est contagieux, alors ils préfèrent les éviter, changer de trottoir, penser que ces gens là sont forcément dangereux ou violents, c’est pire que le manque d’argent, se dire qu’à présent on se méfie de vous… Alors quand le besoin se fait pressant, il va aux putes s’il lui reste de quoi payer… » 

(Lola n’a) pas supporté l’injustice qui a mis cet homme au chômage et l’a privé de ses revenus, mais aussi de sa maison, de sa femme et surtout de la liberté d’aimer et de désirer comme il en a envie, de sa dignité d’homme réduite à l’autorisation d’aller se vider les couilles moyennant finances. C’est une double, une triple, une quadruple peine, tandis que ceux qui la lui ont infligée rentrent paisiblement chez eux le soir et se payent une fille quand ils le souhaitent, parfois même en note de frais… »  (« Ce qui trouble Lola » éd. Blanche/ Pocket)

Une enquête ( Emmaüs/ BVA) sur les préoccupations des SDF cite dans l’ordre :

 1)      manger 2) trouver un lieu où dormir 3) rester propre 4) se soigner 5) avoir une vie affective et sexuelle.

 Enquête ainsi commentée par un journaliste dans un quotidien : « La vie affective et sexuelle n’est pas une préoccupation première des SDF ». N’est-ce pas plutôt que la nécessité de survie gomme toute autre préoccupation humaine ? Et que tolérer que des gens vivent dans de telles situations est tout simplement inhumain ?

 Un proverbe chinois dit: « Si tu veux oublier ton chagrin d’amour, mets des chaussures trop petites ». Je vous dis pas ce que ça doit être quand on n’a pas du tout de chaussures à se mettre et qu’on vit dehors en hiver !

 

 

 

 

 

 



 

 

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14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 18:15

J’étais passée chez un ami avec la ferme intention de ne pas m’attarder. Après quelques mois, j’étais un peu lasse du scénario qui commençait toujours autour d’un verre et finissait immanquablement dans son lit. Plaisant d’ailleurs, le scénario, car le bougre a des arguments pour séduire mais bon… un peu brut de décoffrage. On s’enlace, puis on s’en lasse.

 Changeons ici quelques détails, vous ne saurez ni sa profession ni la décoration de son logement, ni la couleur de ses yeux… Je vais en faire un artiste, tiens ! De toute façons tous les hommes qui me plaisent sont des artistes, quel que soit leur métier par ailleurs. Ils ont une lumière dans le regard, une nonchalance étudiée, une désinvolture qui me trouble. Bref, l’homme était en train de bosser à mon arrivée.  Il m’a demandé d’attendre quelques minutes, le temps qu’il finisse. J’ai regardé son œuvre par-dessus son épaule : c’était vraiment bien. J’ai aimé ses gestes, la sûreté de son inspiration, j’ai eu le sentiment de « voir » son intelligence et il m’a semblé d’un seul coup beaucoup moins frustre que dans ses comportements amoureux habituels, ce qui a réveillé séance tenante ma libido et donné envie d'un petit zakouski, une gourmandise en quelque sorte.

J’avais apporté une mignonnette de vodka, et des glaçons (en réalité tout à fait autre chose mais ça n’a aucune importance, l’important est la suite). Quand il m’a serré dans ses bras après avoir fini son travail, j’ai pris dans ma bouche une gorgée de vodka, un glaçon, et son sexe que mes mains aventureuses avaient rapidement  mené à d’honorables dimensions. Le chaud et le froid, ma hâte à le prendre et ma lenteur à le déguster ont eu raison de lui. Toute réticence envolée, je me suis longuement attardée chez lui, mais pas sur le lit. L’occasion était trop belle de visiter sa cave et de vérifier si sa table de cuisine était aussi solide qu’elle semblait.

Pourquoi cette histoire aujourd’hui ? Parce qu’en écrivant les nouvelles que je suis en train d’imaginer, je me demandais pourquoi l’érotisme continuait à me passionner après tant d’années. A cause de cela, justement. Du fait qu’on ne peut rien dire de définitif à son sujet.

Les femmes aiment les préliminaires et ont besoin d’amour, mais toutes se souviennent d’une fois au moins où elles ont ressenti un désir brut et rapide pour un inconnu. Les hommes sont dans l’excitation plus que dans le désir, mais tous ont eu au moins une fois l’envie de dévorer la moquette sur laquelle avait marché la femme qu’ils aimaient (merci Michel pour cette belle image…). La routine menace les couples, mais tous ont le souvenir de périodes «  sans  »… suivies d’intenses périodes « avec », sans la programmation linéaire décrite par les magazines. L’important est la beauté « intérieure », affirment les vertueux… qui reluquent autant que les autres les seins et les fesses de bombes sexuelles, tandis que des femmes attachées à un type d’homme précis craquent soudain pour son opposé. On peut aimer se faire fouetter attaché(e) à un lampadaire et affectionner un bon vieux « missionnaire »…

Le désir, bien plus que l’amour, est enfant de bohême qui n’a jamais, jamais connu de loi. Aucun logiciel ne peut l’enfermer, aucune recette ne le provoque à coup sûr,  rien ne le tue pour toujours.  Il est la liberté incarnée, comme la prison la plus voluptueuse, quand on se prend, quand on se donne en repoussant les limites de ce qu’on croyait possible.

 

 

 

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Pour être informé de la disponibilité de "Aimer plusieurs hommes"et de "Himlico et autres contes", contacter: simpere.autresmondes@gmail.com 

  "Autres désirs, autres hommes" étant épuisé en version papier, il a été réédité en ebooks regroupant les nouvelles par thèmes: Que vous aimiez le sexe entre amis (sex-potes), les aventures insolites (Belles rencontres) la transgression (Jeux et fantasmes) vous y trouverez votre compte.  En vente chez IS éditions   et sur la plupart des plate-formes de livres numériques, plus FNAC, Amazon, etc. Sexe-potes.jpg

 
 

 

 


 

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