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21 octobre 2013 1 21 /10 /octobre /2013 17:55

 

7Janvier 2010/ 31 décembre 2013: Autres Mondes, où vous pouvez découvrir des livres introuvables ailleurs, fermera ses portes- ou plutôt son accès- le 31 décembre 2013. 

 

Pourquoi cette décision? Pour passer à autre chose, d'autres projets (pas que d'écriture et d'édition) et dégager du temps pour cela. Le fait de gérer pendant quatre ans cette pourtant toute petite entreprise a bloqué certains projets et pourri mes vacances lorsque je devais emporter dans mes bagages un stock de livres pour satisfaire les commandes, et interrompre un idyllique bain de mer pour m'occuper des envois et des comptes. Ce n'est pas tant le temps que cela prend qui pourrit l'existence, c'est d'avoir en permanence ce souci en tête.

 

Or je suis dans une période où, comme disent les psys, je retire de mon sac à dos les cailloux superflus. Les dîners où l'on s'ennuie. Les dérisoires compétitions professionnelles. Les angoisses de réussite. Les stress inutiles.... Envie de choses essentielles, concrètes, charnelles, gourmandes, rieuses, désir de sentiment océanique et de silence...

 

Mais je ne vous prends pas en traître. Vous avez encore presque deux mois et demi pour commander à Autres Mondes les quelques livres qui restent, à prix promotionnels.

 

fondeur-176.jpg

 

 

 

stele.jpgegée

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 12:34

nic_riche.jpgLa trilogie « 50 nuances » c'était la grosse opération commerciale, battage médiatique sans précédent comme s'il s'agissait du premier livre érotique écrit par une femme, buzz sur Internet, inspiration puisée du côté de « Twilight », ça aurait pu s'appeler : « Sex and the Twilight ».... le succès était quasiment garanti. Des milliers de femmes - et quelques hommes- l'ont donc acheté, lu et apprécié ou non. Lorsqu'elles sont négatives, les critiques pointent le côté « cliché » de l'histoire : Christian Grey le milliardaire hyper-séduisant qui cache de « sombres secrets », Anastasia la jeune étudiante subjuguée, ce n'est jamais que la version moderne du Prince charmant et de Cendrillon. Avec en prime du sexe relevé d'une pointe de SM très mode ces dernières années. Et une écriture souvent décevante...  Joli coup d'édition, se dit-on, mais ça ne marchera pas deux fois. »

Eh bien si. Les meilleures ventes du moment dans le genre érotique pour ménagères ou littérature sentimentale épicée (le classement diffère suivant les sites) reprennent exactement la même recette:

france.jpgLa trilogie « Crossfire » de Sylvia Day : Gidéon Cross est un businessman riche et sexy qui dissimule de lourds secrets, Eva est jeune et belle avec un lourd passé. Liaison tumultueuse et sensuelle entre les deux.

La série de Julie Kenner : Damien Stark est un riche homme d'affaires meurtri, il désire, veut avoir et aura la jeune et belle Nikki. Liaison torride entre les deux.

Et enfin en ebooks « 100 facettes de Mrs Diamonds » par Emma Green. Chaque ebook fait environ 70 pages, on en est au volume 12 pour raconter « la passion entre Gabriel Diamonds, multimillionnaire déchiré par des blessures secrètes et la jeune et belle Amandine. » Ça fait tout de même plus de 800 pages !

Des milliers de pages lues par des millions de femmes où l'on associe systématiquement la séduction masculine à l'argent et au pouvoir et la féminine à la jeunesse et à la beauté. Ce n'est pas nouveau, direz-vous, les romans « Harlequin » mettent aussi en scène sinon des milliardaires, des chefs de clinique séduisant une infirmière, chanteur à succès et jeune fan, politicien puissant et groupie lambda. Mais c'est cela qui est navrant : la pérennité de ce schéma.

Quarante ans de luttes féministes, de prétendue égalité homme/femme et de « libération sexuelle » pour que l'amour et la sexualité, qui pourraient/devraient être les territoires les plus libres et gratuits du monde restent inféodés à l'idée que les femmes attendent des hommes puissants et riches qui, seuls, sauront les révéler. Les sous-titres de ces séries sont éloquents: « Dévoile-moi » « Apprends-moi », « Regarde moi » « Tout ce qu'il voudra » « Aime moi » « Délivre moi »... Et je m'étonne ensuite que des filles m'écrivent « Comment fais-tu pour rencontrer des hommes ? » vu qu'il y en a environ 3 milliards sur terre. Mais elles ne veulent pas rencontrer des hommes, elles veulent être regardées, séduites, choisies par un homme, riche beau et puissant de préférence. Un rêve, comme elles en conviennent d'ailleurs dans certains commentaires de lecture où elles opposent le héros qui les fait rêver à « leurs hommes »  bedonnants, avachis devant la télé, qui rotent et ne leur offrent pas de fleurs. » Bien sûr qu'il est bon de rêver, mais tant que ça n'amène pas à ne plus voir la réalité.

belles-rencontres.jpgEh oui, les filles, en ouvrant les yeux on peut rencontrer dans la vraie vie, non pas le Prince charmant, mais de multiples hommes pleins de charme qu'on peut aborder, à qui on peut dire qu'ils nous plaisent. Avec qui le désir ne se résume pas à un portefeuille bien garni. Avec qui le désir ne se résume pas, d'ailleurs, tant il est mystérieux, surprenant, changeant, pour peu qu'on prenne la peine de regarder les hommes au lieu d'attendre qu'ils nous regardent. De leur parler et de les séduire au lieu d'attendre qu'ils agissent... « Et si tu prends un râteau ? » me demandent des copines. Pas grave. Depuis des siècles les hommes prennent des râteaux, ça ne les a aucunement empêchés de dominer la planète, preuve que le râteau n'est pas mortel. De plus, prendre l'initiative dans sa vie amoureuse permet d'en assumer la responsabilité au lieu de développer de la rancoeur envers les hommes, c'est reposant pour soi et pur eux.

sociosexe.jpgJe déplore cette littérature érotico-sentimentale qui tend à perpétrer des relations hommes/femmes où l'homme domine et la femme est vénale, où l'homme décide et la femme reste en attente. Où le désir demeure un privilège de nantis alors que- comme je l'ai écrit dans « Autres désirs, autres hommes »- l'érotisme est au coin de la rue et doit appartenir à tous, riches ou pauvres. Ces romans reprennent sur des centaines de pages le slogan publicitaire de je ne sais plus quelle voiture « il a l'argent, il a la voiture, il aura la femme ». Les féministes avaient attaqué cette publicité pour sexisme, et on oserait prétendre que ces romans sont inoffensifs ?

 


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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 11:20

«Je n'avais jamais entendu parler de vous », commente sur FB une internaute après mon interview à France-Inter où, partie de l'importance d'avoir un espace à soi, Laurence Garcia a évidemment bifurqué sur les amours plurielles. Il y a douze ans que les journalistes ne m'identifient qu'à cela, y compris si nous parlons d'écologie ou d'aquaphobie!

Cette auditrice n'habite pas un igloo au fin fond des steppes sibériennes ni un coin perdu du bush australien. Elle vit dans une grande ville de l'Est de la France et, nonobstant, (bonheur de placer nonobstant, les occasions se font rares...) n'a jamais entendu parler de la « papesse du polyamour » comme l'écrivent certains médias. Il est vrai que mon patronyme ne me sert pas. Papesse évoque Saint-Père: un copain de longue date a mis des mois à me retrouver sur internet parce qu'il orthographiait mal mon nom.

kangourou-copie-1.jpgDe fait, même si, comme on le sait « on trouve tout, et même de tout, sur le Web », on ne trouve que ce que l'on cherche. Les mots-clés qui mènent à  mon blog sont Simpère, Jouer au monde et Aimer plusieurs hommes, aucune chance d'être dénichée par hasard ! Loin derrière viennent des occurrences plus insolites comme «c'est quoi un phallophile ? », « les gens autonomes sont ingouvernables » ou « croquis rigolo de kangourou »... 

De ce quart d'heure de non-célébrité, retenons que si, après douze ans d'articles, émissions radio et TV, documentaires, livres... on reste inconnu, cela devrait rendre infiniment modestes les médias sur leur influence et calmer les frétillements fébriles de ceux qui rêvent de « passer à la télé ». Cela donne aussi à penser que la probabilité pour qu'une vidéo mise en ligne par un obscur Coréen ou Moldovalaque soit visionnée 400 000 fois trois jours plus tard est infime. La chose doit se passer dans l'autre sens : l'auteur de la vidéo ou son agent lance la rumeur selon laquelle la vidéo remporte un grand succès et matraque cette « info » partout où il le peut. Du coup, les gens se précipitent pour voir à quoi ressemble ladite vidéo, et les 400 000 visionnages sont atteints après que leur annonce ait été faite. Ce procédé était utilisé autrefois par les majors qui annonçaient la rupture de stock d'un disque... avant même qu'il soient dans les bacs, ce qui incitait les fans à l'acheter dès qu'ils l'apercevaient, c'est-à-dire lors de sa réelle mise en vente.

Restent les amis, de la vraie vie et des réseaux sociaux, les followers, les relais de médiatisation sur lesquels comptent aujourd'hui les marchands : « Vous avez 5000 « amis », disent-ils à l'auteur/musicien/artiste-peintre qu'ils cornaquent, de quoi booster vos ventes, non ? » Peut-être. Je ne sais pas, j'en ai à peine plus de 200, ayant choisi de n'accepter que les personnes que j'ai réellement rencontrées ou celles qui ont au moins 3 amis communs avec moi, donc a priori des personnes plutôt proches.

COUV Franoise SimpreEh bien faisons un test : deux de mes livres me sont particulièrement chers. « Ce qui trouble Lola », parce qu'il parle du désir, des relations amoureuses de toute nature, des androgynes, du genre, de la sexualité des pauvres, des geeks, des libertins et des médecins, du poids du pénis dans l'inconscient masculin, etc. Bref, le livre du grand tout côté érotique:)

joueraumonde COUV4bisL'autre, c'est « Jouer au monde », qui s'adresse à ceux et celles qui, au moins une fois dans leur vie ont rêvé de « changer le monde » et se désolent de ne pas y être arrivés, qui rêvent d'ailleurs, aiment les voyages réels et imaginés, l'amour fou mais pas le mariage. Il s'adresse aux vieilles dames indignes, aux immigrés rêvant de rentrer au pays tout en sachant que ce n'est qu'un rêve, aux joueurs au monde qui ont envie de faire de leur existence une œuvre personnelle... Bref, c'est un roman sur les questions que je me posais vers la trentaine et que ceux et celles qui ont une sensibilité proche de la mienne ont dû également se poser, je n'ai rien d'original...

Je vous propose un test qui ne prend que quelques secondes. Si vous avez lu ces 2 livres, tapez 2, si vous en avez lu 1, tapez 1 (en précisant éventuellement lequel des deux), si vous n'en avez lu aucun, tapez 0. C'est un test sans connotation positive ou négative, juste pour voir et rendre un peu de lucidité aux fous des « réseaux » et du carnet d'adresses et aux narcissiques addicts aux "like" et aux "poke" (au fait, c'est quoi le poke?)

Hier, sur l'île grecque d'où j'écris, je suis allée dîner dans une taverne près du marché aux poissons, où je vais parce que c'est bon et qu'on y croise de vraies gueules, genre mineurs de fond, pêcheurs burinés, délinquants en cavale... Quel bonheur d'entendre ces gueules discuter en anglais avec un couple de touristes à propos de Delos et Delphes, de la spiritualité, de l'énergie qui circule dans ces lieux antiques et de la gentillesse d'ici qui était "plus présente avant la crise". La discussion s'est poursuivie en italien quand ils se sont aperçus que le couple de touristes était italoche, et c'était un bonheur pour les yeux et les oreilles, cette conversation au milieu des chats et des poissonniers qui remballaient leur marchandise. C'est pour cela que quoi qu'on puisse dire sur les Grecs- et il y a à dire- j'aime ce pays où les relations humaines restent un art de vivre, même quand les temps sont durs.

 

Pêche locale poulpes

 

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 20:09

rebelle_fran_oise_1973.jpgOn les appelait babas, rêveurs, utopistes, ou gauchistes, ceux qui voulaient le Flower Power, « Make love, not war », qui se parlaient et souriaient, vivaient en communautés en ville ou à la campagne, se passionnaient pour les luttes féministes, une sexualité libre et épanouie, les combats et les journaux écologistes : « la Gueule Ouverte », le « Sauvage », « la Hulotte »... Ils remettaient en cause le choix du nucléaire, s'inquiétaient du bouleversement climatique, voulaient des aliments bios, du travail à partager, réduire la consommation ou « sommation d'être cons » et tourner le dos à la publicité. Ils savaient l'importance de l'art, de l'expression des sentiments, du temps de vivre, d'être libre, mon amour....


nic_riche.jpgpicsou.gifEt puis... plus rien. Avec la décennie 80, glaciation des cœurs, argent froid, déshumanisation du monde. Ça a débuté aux alentours de 1983, ce qu'on a politiquement appelé : « le tournant de la rigueur ». En plein gouvernement de gauche, fallait le faire ! Ils l'ont fait. Le monde entier l'a fait. Le modèle néo-libéral expérimenté notamment au Chili par Pinochet (la dictature, ce n'était pas seulement les tortures et les exécutions, c'était aussi brader le pays à des sociétés multinationales qui ont pillé le cuivre, détruit forêts et villages et laissé un désert) ce modèle là, donc, a relevé la tête et triomphé en 1989 en voyant s'écrouler le mur de Berlin, entraînant dans sa chute tout le « bloc communiste ». Quel paradoxe que le vent de liberté qui a soufflé alors ait consolidé le système le plus prédateur qui soit, pour la planète et pour les humains...

gays.jpghomme_tricot.jpg20 ans, 30 ans ont passé... Voici que les enfants, voire les petits-enfants des babas vivent ensemble en coloc' et se débrouillent pour partager : co-voiturage, couch surfing, échanges de services (SEL), monnaies solidaires... Garçons et filles amorcent des réflexions sur le couple, les relations plurielles, une autre façon d'aimer. Pas seulement entre garçon et fille, l'été 2013 a vu se marier nombre de couples homosexuels, et les interrogations sur le genre, montrent qu'il n'y a pas de frontière si tranchée qu'on le croyait entre masculin et féminin. A la campagne comme en ville, des jardins collectifs fleurissent, légumissent et fruitissent. L'agriculture bio, qui semblait une utopie pour babas bo-bos, devient une nécessité et une exigence devant la montée des cancers et autres maladies liées aux pesticides. Un peu partout, des jeunes manifestent contre l'argent-roi devenu l'argent fou. amis.jpg

Des bars et restos solidaires ouvrent avec succès, on finance des projets culturels par souscription sur Internet... et ça marche ! Les petites annonces de ventes d'occasion suscitent un engouement incroyable, preuve que l'ère du tout-jetable tire à sa fin, et s'il reste quelques fêlés pour faire la queue des heures devant une boutique Apple, ils sont de plus en plus nombreux les adeptes de Linux, des logiciels libres et du partage culturel, de plus en plus nombreux ceux qui décident de garder longtemps leur vieux téléphone mobile, font de la récup' et recustomisent de vieilles fringues plutôt que d'acheter des marques en neuf.

 

Des grincheux objecteront que ces changements sont liés à la crise- nécessité de moins dépenser parce que manque de sous- et non à une prise de conscience écologicopolitique. Peu importe : l'essentiel est que de plus en plus de monde s'essaie à « vivre autrement » et s'aperçoive que cela rend plus heureux que la poursuite d'une consommation effrénée et d'un taux de croissance qui rend l'économie pas du tout économe et encore moins durable.

 

 

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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 15:43

amoureux.jpgLe pic annuel des naissances ne se situe plus en mai (enfants conçus pendant les congés d'août) mais en septembre (enfants conçus après les réveillons, c'est-à-dire dans un état rarement à jeun). Bonne occasion pour vérifier à grande échelle si l'alcool fait immanquablement engendrer des mioches dégénérés...  

Toujours à propos des choses pas bonnes que le gouvernement veut contrôler à la place de nous autres, pauvres créatures incapables de se discipliner: puisque les récentes études montrent que la cigarette électronique est plus efficace pour réduire ou arrêter sa consommation de tabac que les patchs à la nicotine (ces derniers infusant de surcroît de la nicotine dans le sang 24h sur 24...) pourquoi la ministre Marisol Touraine envisage-t-elle d'interdire les e-cig en public et aux mineurs et va au contraire prendre en charge les patchs pour les jeunes jusqu'à 150 euros par an?

P1000954.jpgPourquoi un tel émoi devant le projet de vendre les médicaments à l'unité, juste ce qu'il faut pour un traitement, ce qui éviterait de gaspiller et de pousser les gens à s'automédiquer avec ce qui traîne dans leur armoire à pharmacie: "C'est compliqué, ça ne va pas permettre la traçabilité, les gens vont mélanger leurs gélules, c'est un bouleversement des habitudes..." . Cela existe dans bien d'autres pays, notamment en Inde, depuis des décennies. Serions-nous plus incapables de changer nos habitudes que les habitants d'un pays longtemps appelé « émergent » (et même sous-développé autrefois... ) ou est-ce dû au lobbying pharmaceutique ? (combien de fois, pour 3 comprimés par jour pendant une semaine, soit 21 comprimés, on a essayé de me refiler deux boîtes de 20, que j'ai refusées, au motif qu'il faut suivre le traitement jusqu'au bout.)

Pourquoi, après une réussite en matière de sécurité routière dont je me réjouis- passer de 17 000 morts par an dans les années 70 à à peine plus de 3000 aujourd'hui- le gouvernement ne s'attaque-t-il pas à une cause de mortalité bien qui provoque chaque année entre 10 et 11 000 décès : le suicide? 1ère cause de mortalité chez les 25/34 ans, et en nombre les personnes de plus de 65 ans représentent 28% des morts par suicide.

koala_dort.jpgSi on ajoute à ces 10500 décès les 220 000 tentatives, remplacer l'objectif Produit Intérieur Brut par Bonheur Intérieur Doux (pas brute) serait un réel bouleversement politique. Mais ne ferait pas l’affaire des marchands de psychotropes dont les français sont les premiers clients en Europe. La prise en charge des suicides et tentatives de suicide coûte 5 milliards d'euros par an en France. C'est une dépense énorme pour l'Assurance-maladie, mais comme toute dépense, elle stimule l'activité économique : ventes de psychotropes, prise en charge hospitalière, maisons de convalescence, suivi psy, etc. A l'inverse, la réduction des morts sur la route a contribué à la baisse de la croissance : moins de voitures à remplacer, de soins médicaux, d'appareillage pour handicapés, d'honoraires d'avocats, de garagistes... c'est du PIB en moins.

Tant que le malheur fait grimper la croissance, pourquoi voudrait-on notre bonheur ?

 

 


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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 14:13

 

... Secrètes car je m'y livre quand je suis seule chez moi... sans aucune honte, d'ailleurs, plutôt une intense jubilation.

Donc, ces jours là, je surfe sur des sites riches en perles vintage, que devraient m'interdire mon QI et mon évidente modernité. (par exemple mes penchants geekette qui m'ont fait adopter Linux. Pas Linus, le petit garçon à couverture de chez Snoopy, Linux, avec un X... comme film X)

Ainsi ai-je redécouvert que si le succès du gangnam style, visionné des millions de fois et parodié des milliers peut surprendre, il n'y a pas de quoi crier à la décadence de la civilisation ou alors celle-ci a commencé il y a longtemps. En 1962, la chanson d'un sympathique chauffeur de taxi nommé Pierre Perrin resta en tête du hit-parade durant neuf semaines. Il s'agissait du Clair de lune à Maubeuge, succès si improbable qu'il donna lieu à un film éponyme sur Perrin, dont ce fut le seul succès.

 

 

 

Pierre Perrin est mort à 60 ans en 1985, totalement oublié. A tel point que certains attribuent aujourd'hui cette chanson à Bourvil voire à … Claude François, qui se contenta de la chanter dans une version twist réjouissante de ringarditude.


Parmi mes perversions inavouables quoique déjà avouées, il y a le concours Eurovision de la chanson, dont le charme qu'il exerce sur moi s'explique aisément. Il me suffit d'entendre le commentaire ampoulé du commentateur et les envolées lyriques de l'orchestre ( sur un texte de Françoise Dorin, excusez du peu) pour me retrouver presque 50 ans en arrière, pelotonnée sur le canapé du salon, en compagnie de mes parents non seulement vivants mais dans la force de l'âge.

 

 

 

 

2 distrib prixEcouter ces chansons, c'est retrouver instantanément- et physiquement- le bien-être d'alors, le goût d'éternité et de tendresse d'une époque qui me semble parfois appartenir à une vie antérieure tant les protagonistes qui peuplaient mon enfance- y compris des copains de classe- sont aujourd'hui plus nombreux dans l'au-delà que dans l'eau d'ici.

Il y a bien des années, dans une vie antérieure, je me souviens d'une grand-mère qui m'achetait le jeudi des Paille d'Or et le Journal de Mickey, d'un grand-père sortant solennellement de son gousset les "cent francs du dimanche", devenus un franc en 1959 ou 1960, d'une petite fille aux yeux amande qui me ressemble.

Dans ma vie antérieure, Jean, tu vivais et riais. J'ai parfaitement en mémoire l'éclat de tes yeux si noirs, ton sourire et ta voix. L'épaisseur de ton cou, comme un cou de taureau, qui te faisait paraître si solide. Tu es mort et pourtant toujours si vivant, si présent dans ma vie d'aujourd'hui. Décidément, la mort n'est jamais vraiment où on l'attend...

Benoîte Groult a raison : les strates de notre vie ne s'effacent jamais. A l'intérieur du corps qui change demeurent, intactes, la petite fille, l'adolescente et la jeune femme que l'on fût. Avec les mêmes émotions et sensations, que font renaître ces ringardises que j'exhume.

 

 

Pour clore sur une note joyeuse, j'ai déniché une chanson en franco-allemand adaptée à ce jour où l'on s'interroge sur l'avenir du couple France/Allemagne (pas en sport, en politique) et qui aurait été encore plus adéquate si Angela Merkel n'avait pas gagné. Le décalage entre le son et l'image fait de cette chanson sentimentic et romantale un hilarant joyau.

 

 

 


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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 12:07

2duendeJe vous ai parlé il y a plus d'un an du pari fou de la compagnie Aleph, devenue compagnie du Théâtre el Duende: chassés de leurs murs par un voisin grincheux, les comédiens avaient décidé de mettre en commun leurs économies et de faire appel aux dons pour construire leur propre théâtre, avec une salle de 110 places, un bar, et des salles de cours. Tout ceci en partant d'un entrepôt et de ses annexes, en plein coeur d'Ivry.

3 duendeComme pour tout chantier, il y a eu des retards, des angoisses (quand le sol, comme souvent en région parisienne, s'est révélé plus "emmental" que prévu, nécessitant des travaux supplémentaires et coûteux pour le stabiliser) et de grosses fatigues après des week-ends passés à transporter des matériaux ou poncer des cloisons.

Il y eut aussi de grandes joies, comme celles de voir les "amis du théâtre el Duende" répondre à l'appel. Pas seulement à l'appel de fonds, mais aussi à l'appel à participer: faire connaître le projet, aider aux travaux de peinture, prêter un véhicule, offrir des chaises, des outils, du temps...  Certes, depuis sa création, la Compagnie défend un théâtre d'échanges et d'amitiés, mais tant que tout va bien, c'est facile de venir à leurs spectacles, on en ressort heureux, facile de boire un verre avec eux au bar, ils sont si chaleureux... En revanche, constater que cette amitié perdure dans les difficultés et que les amis-spectateurs répondent présent pour faire de ce projet quasi Pharaonesque une vraie création collective où chacun apporte sa pierre ou son pinceau, c'est une joie profonde et la preuve que la culture est une des voies privilégiées de la solidarité. Le nombre croissant des films et livres produits grâce à des souscriptions le montre: on est prêt à donner des sous pour un projet culturel.

chatlit.jpgPourquoi? Parce que la culture est vitale. Si elle ne l'était pas, jamais l'homme préhistorique épuisé après la chasse au mammouth se serait cassé le cul à faire des dessins sur les parois des grottes de Lascaux ou Cosquer, dessins qu'aucun public ne verrait jusqu'au XXème siècle et qu'aucun galeriste n'achèterait! Il l'a fait parce que c'était vital pour lui. Sans doute est-ce la seule chose qui nous différencie des animaux, cette faculté que donnent l'art et la culture de repenser et réinventer le monde et ainsi pouvoir  influer sur le monde réel... encore que je soupçonne les chats d'entretenir une vie culturelle et onirique.

La culture permet de s'appuyer sur les apports du passé pour comprendre et maîtriser le présent, que ce soit le présent de sa propre vie ou le présent de la société. D'où le danger d'une "culture de l'immédiateté" où un événement chasse l'autre et favorise l'oubli. (tiens, à propos, Fukushima, c'était il y a deux ans, c'est vieux, mais l'eau est toujours contaminée, TEPCO vient de rejeter 1000 tonnes d'eau radioactive dans l'océan, et les conséquences de cet accident nucléaire gagneront bientôt la Californie, via la contamination radioactive du Pacifique des poissons... Y a de quoi se faire du sushi...)

Courant octobre, le tout nouveau Théâtre el duende ouvrira ses portes, mais en attendant, n'hésitez pas à les soutenir encore. Je suis allée sur le chantier, il reste de quoi faire...



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 septembre 2013 1 09 /09 /septembre /2013 13:09

Il fait un temps superbe à la Fête de L'Humanité, ce dimanche 10 septembre 1973. Lors du discours de Georges Marchais, quelqu'un pose une question sur les risques de coup d’État au Chili. Marchais se veut rassurant : « Il y a des troubles, des rumeurs persistantes de coup d’État, mais le président Allende tient solidement les rênes ».

chars.jpegLe 11 septembre, les chars entrent dans Santiago, après la prise de Valparaiso au petit matin par la Marine, avec la complicité sinon l'aide de la Marine américaine. Je me souviens des cris des habitants qui couraient en tous sens pour échapper à la traque des militaires, je me souviens de la stupeur qui nous envahit à la vue du Palais de la Moneda en flammes- imaginez l'Elysée bombardé et en flammes- et du désespoir qui nous étreignit lorsqu'on annonça la mort du Président Allende. Criblé de balles, disaient les uns, suicidé disaient les autres. 518NcVqcPOL. BO2,204,203,200 PIsitb-sticker-arrow-click,TopCela n'a aucune importance, ils ne lui auraient de toutes façons pas laissé la vie sauve. Capté par un radio amateur, un dialogue entre le général Pinochet et Patricio Carjaval, chargé de l'attaque de la Moneda prouve que la proposition qui lui avait été faite de quitter le pays en avion était un piège : ,

-On lui offre la vie sauve, si tu veux ?

-La vie sauve et on l'expédie ailleurs....

-... Oui on le sort du pays... et l'avion s'écrase en cours de vol.

-D'accord. »

(in « Allende, c'est une idée qu'on assassine » de Thomas Huchon)

On regardait le coup d’État en temps réel avec le sentiment d'assister à un mauvais film où l'on voit gagner les traîtres (Le général Pinochet avait été nommé chef des armées par Salvador Allende qui lui faisait toute confiance) et mourir un président élu démocratiquement qui avait en trois ans donné l'espoir qu'il pouvait exister une troisième voie entre le capitalisme prédateur et inégalitaire qui prône la dictature du profit, et le communisme centralisateur et dogmatique qui prône la dictature du prolétariat. Comment choisir entre deux dictatures ? Moi, je n'y arrive pas.

allende-en-public.jpegEn France, en 1973, l'Union de la gauche balbutiante se cherche des références pour prouver qu'on peut « changer le monde » et réduire les inégalités tout en respectant les libertés. Voir Allende rester rigoureusement légaliste tout en décidant la nationalisation des mines de cuivre, la distribution de terres aux paysans sans terre, l'accès à l’éducation et à la santé pour les plus démunis... tout en respectant la liberté de la presse (trop, d'ailleurs : 75 % des médias étaient aux mains des plus réactionnaires) sans guérilla, sans armes, sans violence, c'était fort, très fort. Trop fort pour ses opposants, États-Unis et CIA en tête- qui ne voulaient en aucun cas un tel exemple qui eût risqué de faire tache d'huile. La hantise obsessionnelle du communisme a tenu lieu de politique étrangère aux USA durant des années, avec pour point culminant la « chasse aux sorcières » sous Mac Carthy qui virait à la paranoïa, pour échec sanglant la guerre au Vietnam et pour échec énervant le défi permanent lancé par Cuba aux Etats-Unis depuis 54 ans, à quelques kilomètres de ses côtes. David contre Goliath.

allende en familleEn lisant le livre intimiste consacré à Salvador Allende par Thomas Huchon, je me suis écrié plus d'une fois : « Quel con ! Il avait été averti de la trahison, son ami le journaliste Olivares lui avait conseillé de se méfier de Pinochet, et il n'a pas réagi, il n'a jamais pris de décisions contre ses ennemis, persuadé que s'il respectait la loi, les autres la respecteraient aussi. » Cet angélisme moralement admirable a coûté plus de 3000 morts et 30 000 « disparitions », c'est cher payé une attitude éthique... Cependant, ayant vu dès 1976 le documentaire « la Spirale » de Armand Mattelart, qui décortique minutieusement comment la droite Chilienne, appuyée par la CIA, a organisé la déstabilisation du Chili pendant les trois années de l'Union Populaire, de telle sorte que le coup d’État ne pouvait être évité que par une réaction forte du gouvernement Allende, que l'opinion mondiale aurait immédiatement qualifié de « dictature » (comme à Cuba), je me dis que le piège était quasi inéluctable. Henry Kissinger, alors conseiller à la Sécurité Nationale du président Richard Nixon, déclara pendant une réunion du Conseil national de sécurité sur le Chili, le 27 juin 1970 : « Je ne vois pas pourquoi nous devrions rester sans rien faire pendant qu’un pays sombre dans le communisme à cause de l’irresponsabilité de son peuple. » En 1973, Kissinger se vit attribuer le Prix Nobel de la Paix...

jara.jpegAprès le 11 septembre, on a vu les stades emplis de chiliens emprisonnés, torturés, exécutés. Le chanteur Victor Jara assassiné après que les militaires lui eussent brisé puis tranché les doigts. Cruauté symbolique pour un guitariste, les tortionnaires ont l'humour morbide. En France affluaient des réfugiés Chiliens qui tous avaient perdu des proches, exécutés ou « disparus ». En 1973 et 1974, au théâtre Renaud-Barrault installé dans l'ex-gare d'Orsay, les Chiliens trouvaient l’hospitalité et l'écoute, nous en avons accueilli qui ne savaient où dormir, dans notre communauté de l'époque. Par esprit de solidarité mais aussi et surtout pour essayer de comprendre où ça avait péché, et pourquoi ce régime de gauche démocratique n'avait tenu que trois ans. Pour que la rage et le désespoir se transforment en leçon pour l'avenir. Plus jamais ça, plus jamais une telle horreur !

L'horreur en fait perdura sur tout le continent sud américain durant des années. L'opération « Condor » organisée par les dictateurs du Chili, Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay, etc... s'est traduite jusqu'au milieu des années 80 par des milliers d'assassinats, de disparitions et de tortures, dans une violence qui n'a pas fait beaucoup réagir les Etats-Unis ni les pays d'Europe à l'époque (certains documents donnent même à penser que la France et les Etats-Unis ont donné aux tortionnaires quelques leçons de choses...)

On rétorquera que la torture n'a été interdite par une résolution de l'ONU qu'en 1984, entrée en vigueur en 1987, soit après l'opération Condor, mais est-il besoin du droit international pour rester simplement humain ? Question d'une brûlante actualité...

Le « droit dans la guerre » à ne pas confondre avec le droit contre la guerre (qui cherche une solution politique et diplomatique aux conflits) et le droit à la guerre (qui justifie le recours aux armes dans des circonstances exceptionnelles, c'est la base même des interrogations actuelles sur la Syrie), le droit dans la guerre, donc, admet le recours aux armes mais veut le canaliser : tuer, oui, mais avec des règles et proprement. Dans ce contexte, les armes chimiques, qui tuent inexorablement, sans distinction entre civils et militaires, et avec des suites prolongées (dégâts sur l'environnement, cancers...) sont des armes de destruction massive- tout comme les armes nucléaires dont pourtant certains Etats s’enorgueillissent- interdites par une convention de 1994 applicable depuis 1997. Avant, elles furent utilisées larga manu sans que cela émeuve grand monde : le gaz orange déversé massivement au Vietnam par les américains continue ses dégâts plus de 35 ans après.

Michel, mon ami et conseiller en Droit dans la guerre, tu me corriges si j'ai faux !

Cependant, à trop s'appuyer sur le droit, ne peut-on pas justifier tout et son contraire ? La Syrie pourrait objecter qu'elle n'a pas ratifié la convention de 1994 et n'est donc pas concernée par l'interdiction des armes chimiques. Ou faire remarquer que les États-Unis et la Russie, qui détiennent à eux seuls 98 % des armes chimiques et s'étaient engagés à détruire leurs stocks en possèdent encore près de 40 %, au mépris de leurs engagements dans le traité qu'ils ont ratifié. Ou faire remarquer que le commerce des armes est autorisé d’État à État, mais que fournir des armes aux « rebelles » comme le font certains pays est illégal. Bref, on peut faire dire à la loi bien des choses...

chat.jpg

Avec son choix légaliste, Allende n'a pu empêcher le coup d’État au Chili, qui visait un président démocratiquement élu et conforté dans sa légitimité par son succès aux législatives de 1973. Pinochet a perpétré des horreurs sans aucun souci de la loi et s'est maintenu 17 ans au pouvoir sans qu'aucun pays ne conteste publiquement sa légitimité. Face à des gens qui n'ont aucun état d'âme autre que défendre leurs propres intérêts, le droit ne pèse donc pas bien lourd.

 

Ce qui amène à se demander s'il existe encore une voie pacifique pour améliorer le monde, ou si cela passe nécessairement par la violence. L'homme est le seul animal qui détruit ses semblables, le chat de Geluck a tout compris.

 

 


PS. A voir ce soir à 22h30 sur Public Sénat le documentaire de Thomas Huchon « Allende, c'est une idée qu'on assassine »

Du 11 au 18 septembre, une semaine d'hommage à Salvador Allende au Théâtre Aleph créé par Oscar Castro, réfugié en France en 1973.









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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 15:21

Tu le sais depuis la démonstration du lien entre une essoreuse à salade et l'urbanisme des grands ensembles, les petits détails font les grands changements. Ainsi donc te parlerai-je aujourd'hui, jeune Padawan, de l'influence de la roue sur la surconsommation.

embouteillage.jpgQui dit roue pense véhicule, disons automobile pour généraliser. Projette toi donc dans une voiture qui t'emmène faire tes courses. Où ça ? A l'hyper situé en périphérie, avec promesse de moult réductions et prix promo, souviens-toi du slogan « Mammouth écrase les prix » détourné par Coluche en « Mamie écrase les prouts ». Coluche est mort, les Mammouths aussi- les vrais et les hypers éponymes- mais l'immense surface commerciale perdure, que dis-je perdure ? se répand telle la tache honteuse sur le caleçon de l'incontinent.

 

cadie.jpgArrivé sur place, autre engin à roues : le chariot métallique plus connu sous sa dénomination commerciale Caddy. Le chariot est de plus en plus grand, manière de faire paraître ridiculement mesquines les courses nécessaires pour lesquelles tu étais parti, liste en main, et t'inciter à acheter des produits judicieusement placés à hauteur de tes yeux ou en tête de gondole. Tu t'exonères d'un léger sentiment de culpabilité en te disant : « Ça servira toujours », voire en affirmant que ces courses superfétatoires te dispenseront de corvée pendant au moins deux semaines, ce qui est faux. Quel que soit le volume rapporté, tu te retrouveras la semaine suivante remplissant à nouveau ton chariot de mille choses inutiles, car il t'aura manqué chez toi des denrées indispensables et puis quoi ! "Pour le frais, on ne peut pas acheter quinze jours à l'avance."

La malice du chariot est de rendre le remplissage indolore : les roues glissent sur le sol plastifié- sous réserves qu'elles n'aient pas perdu leur enrobage caoutchouté- tu peux traîner des kilos de marchandises sans que tes épaules en souffrent le moins du monde, et n'as plus qu'à les ranger dans ton coffre de voiture en t'épargnant là encore tout effort de portage.

Tu te défausses du léger sentiment de honte que te procurent tant d'achats inutiles en te disant que « zut ! Tant qu'à prendre la bagnole, autant que ce soit pour quelque chose ». C'est sans doute une des raisons, en sus des prix du foncier en périphérie, qui pousse les hypers à s'implanter loin des centre-ville : l'acheteur achète davantage avec l'idée que cela répartit sur chaque article le coût du carburant dépensé !

Je vois tes sourcils froncés par l'incrédulité et tes yeux levés au ciel pour la même raison, ce qui te donne un facies assez hilarant. Comment ? Tu ne crois pas à ma démonstration ?

On parie?  File à pied faire les courses au marché du coin, avec ta liste et un sac à provisions. Tu verras si le poids de tes achats et les quelques dizaines de mètres à parcourir en les portant ne t'inciteront pas à t'en tenir aux achats strictement indispensables.

 

 

 

 

 


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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 12:14

les fadesJ'aime le train, au point d'emprunter d'improbables tortillards comme le Gaillac/ Clermont-Ferrand : 25 arrêts, 5h de trajets pour environ 300km. Et de prendre régulièrement le train de banlieue, tout en me demandant pourquoi, si je vais à Montparnasse- de gare à gare, donc- je dois payer un ticket combiné train+métro alors qu'il existait autrefois des tickets train, et des tickets métro dont l'addition n'était pas plus chère. Et pourquoi le combiné permet de prendre le train, puis le métro, mais pas le train, puis le bus. Parce que le bus, c'est la RATP ? Ben le métro aussi !

Aux jeunes qui n'ont pas connu la guerre de 1968- comme dirait Franck Lepage- je jure qu'il fut un temps où on pouvait acheter un billet dans n'importe quelle gare et l'utiliser pendant 2 mois le jour qu'on voulait, ou se le faire rembourser sans difficultés si on ne l'avait pas utilisé. La réservation était un choix, pas une obligation. Et le train annoncé à 18h43 arrivait effectivement à 18h43, cela émerveillait la petite fille que j'étais, une telle exactitude après des centaines de kilomètres.

Aujourd'hui, tout a été mo-der-ni-sé et voilà le résultat. Je ne parle pas des accidents de cet été, c'est un autre sujet. Je parle des tracasseries qui accompagnent la détérioration d'un service public jadis irréprochable.

train4Samedi 22 juin: « notre train est arrêté en pleine voie par suite des intempéries ». Bizarre qu'un engin fait pour rouler dehors ne soit pas adapté aux intempéries, mais de plus, il fait un temps superbe ! Renseignements pris, il y a eu un orage le jeudi et des arbres sont tombés sur la voie. Enlevés le vendredi, puis les agents sont partis, prévoyant d'éliminer les arbres chancelants le lundi suivant. Las ! Les végétaux ne respectent pas le week-end et sont tombés le samedi !

J'entends d'ici les clameurs de certains sur la paresse des « fonctionnaires » de la SNCF incapables de bosser le week-end. Point du tout, mes seigneurs, la preuve : il y avait foultitude d'agents pour faire face à l'immobilisation du train. En revanche, les effectifs de maintenance, drivés par RFR (Réseaux ferrés de France) sont en diminution constante pour cause d'économies. Or, pour bosser le week-end, il faut y être autorisé par son patron, et payé, tant qu'à faire... Bilan : 2h de retard sur un trajet prévu de 3h. Et aucune indemnisation, « l’intempérie » étant un cas de force majeure.

train225 Juillet : après 200km à vélo, je fais la dernière étape en train et prends soin de vérifier auprès d'un agent SNCF qu'il est possible d'embarquer une bicycletteà bord. « Pas de problème ! » Mais sur le quai, cinq minutes avant le départ, un contrôleur me demande si j'ai payé la réservation à 20 euros pour mon deux-roues « Non, on m'a dit que c'était d'accès libre. -Non madame, ce n'est pas libre. »Vu l'urgence, je le préviens que je monterai quand même et lui se réjouit à l'idée de verbaliser... Arrive un collègue qui soupire : « Je me suis fait engueuler par le chef hier. - Pourquoi ? - J'ai verbalisé un voyageur monté avec son vélo sans réservation deux-roues. - Et alors ? -Depuis cette semaine, c'est gratuit, il n'y a plus besoin de billet pour les vélos. » La consigne n'avait pas été transmise, et nombre de voyageurs ont dû être verbalisés à tort...

12 août : par Internet je réserve un billet pour le 21 août et demande l'envoi du billet à domicile. D'ordinaire, ça marche très bien mais là, rien. Le 17, je reçois un mail « Vous n'avez pas confirmé votre réservation, il est encore temps d'acheter votre billet ». Munie du mail de confirmation et paiement, je m'énerve cinq minutes sur le serveur payant 36-35 puis déniche un numéro magique- prix d'une communication locale et personne réelle au bout du fil- qui m'assure que mon billet est parti le 13 août et que le mail que j'ai reçu vient d'un bug sur le site, comme d'habitude.

fou4.jpgLe 19, toujours rien. Je rappelle le numéro et demande comment obtenir un duplicata de mon billet. Surprise : « La SNCF ne délivre pas de duplicata car les billets ne sont pas nominatifs (FAUX : avec une réservation, le nom est inscrit sur le billet). Vous devez acheter un nouveau billet à un guichet que vous obtiendrez dans les mêmes conditions tarifaires (merci, SNCF!) et remplir un formulaire pour que la SNCF vous rembourse les billets non parvenus à destination. Je réponds qu'il est hors de question que j'avance 144 euros à une entreprise infoutue de remplir ses engagements et qui, de surcroît, mettra plus d'un mois à me rembourser. « Je vais partir avec mon mail de confirmation et ferai une réclamation à la direction. » L'interlocuteur hésite, il sait que l'appel « est susceptible d'être enregistré dans le cadre de l'amélioration du service » : « Vous faites comme vous voulez, mais je ne peux vous recommander une solution non prévue dans la procédure officielle. »

Heureusement, le billet est arrivé le 20 après-midi. Je dis « heureusement » car sur le quai, il y avait un contrôleur à l'entrée de chaque wagon, qui aurait été capable de m'empêcher d'embarquer. Manque d’effectifs pour la maintenance, mais pas pour le contrôle...

26 août : « notre TGV est immobilisé en pleine voie car le TGV qui le précède a heurté un chevreuil. Retard prévu de 50 minutes ! » Un éclat de rire salue l'annonce : chasser le chevreuil avec un TGV, on ne nous l'avait jamais fait ! Quand le train est reparti après 15' d'immobilisation mais est tout de même arrivé avec 50' de retard, on s'est demandé si le malheureux chevreuil n'avait pas été condamné par représailles à tracter l'attelage.

Je ne vous aurai pas narré ces petites mésaventures si je n'avais déniché dans un RELAY un recueil intitulé « A bord, petites histoires de train » édité par la SNCF, dont la dithyrambique présentation m'a inspiré un fou-rire nerveux :

De Rennes à Marseille, en passant par la Belgique, ils ont de belles histoires à raconter ces contrôleurs nommés désormais « chefs de bord ». Des histoires poignantes, inattendues, tantôt tendres, tantôt rudes. Assister à un accouchement, sauver une vie, éviter un braquage, improviser un concert dans le train ou un pique-nique à quai ou faire face aux incivilités ordinaires, la vie du contrôleur n’est pas un long fleuve tranquille. Et tout son art réside dans le goût du dialogue et le sens de l’improvisation.

 

 


 





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