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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 11:21

Torturée par un torticolis depuis une semaine, je suis allée voir ce matin mon ostéo préféré, aux doigts si magiques que je le soupçonne d'être un peu magnétiseur sur les bords.  Il faisait un temps superbe, je me suis habillée en blanc, ça donne une mine de rêve. En trois quarts d'heure, libérées les tensions et soulagé, mon crâne, du trop-plein qui l'alourdissait. Je connais cet ostéo depuis plus de quinze ans, on a parlé du pays, je veux dire du Vietnam, et des bienfaits des massages. En sortant, il y avait une brise tiède, les gens souriaient aux premiers rayons de soleil sur leur peau. Plein de monde dans une boulangerie, j'ai pensé que le pain devait y être bon. "Effectivement, et il est moins cher qu'ailleurs" m'a spontanément renseignée une cliente. C'était vrai, il y avait des lustres que je n'avais pas vu une baguette à 0,80 euros. Chez moi elles sont plus proches de 1 euro, voire plus. Dix mètres plus loin, le vacarme d'un marteau-piqueur aurait dû gâcher ce bonheur matinal, mais en levant les yeux sur le camion de chantier rose équipé d'un géant aspirateur à gravats, j'ai éclaté de rire. 

 

 suceuses de l'ouest

 

 

 

 

 

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 16:20

C’était à la fin des années 80. J’étais pigiste et cumulais parfois jusqu’à 14 feuilles de paye en un mois, chacune pour des montants dérisoires. Autant dire que  cette paperasse encombrait mes tiroirs dans lesquels je faisais périodiquement un tri drastique. Un jour de tri drastique, justement, j’avais le sourire aux lèvres : j’avais reçu un chèque de 9000 francs pour la réalisation d’un gros dossier.  Neuf mille francs, 1372 €, ça ne veut rien dire pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup, car à l’époque, avec cette somme, on vivait pendant plus d’un mois.

fou4.jpgDans l’après midi, je décidai d’aller mettre ce chèque à la banque. Plus de chèque !  Nulle part. Mon cœur s’arrêta, il le fait parfois en cas d’émotion forte, j’oublie aussi de respirer, je suis la reine de l’apnée. Je courus fébrile jusqu’à la poubelle. Poubelle renversée, moi à quatre pattes dans le tas de papiers et de détritus à la recherche du chèque. RIEN. Retour à mon bureau, fouille minutieuse de tous les tiroirs, en vain. J’étais désespérée, car il était impensable de demander un autre chèque vu mes relations  fraîchotes avec la compta.  Ils m’auraient ri au nez : « Vous jetez vos chèques à la poubelle ? Vous ne devez pas en avoir bien besoin ! »

Je me couchai la mort  dans l’âme en  priant « Mon Dieu, mon Dieu, fais que je retrouve ce chèque et je croirai en Toi ». On a beau être agnostique, on garde un fond de pensée magique.  

galaxie.jpgDans la nuit, j’entendis une voix forte : « Françoise, ton chèque est dans le troisième bureau du meuble blanc, va-y !»  J’allumai ma lampe : quatre heures du matin ! Je devais avoir rêvé, et même si mon chèque y était, il attendrait bien jusqu’à 7h. J’éteignis, m’assoupis, mais la voix hurla dans mon oreille : « Va z-y MAINTENANT !!! » J’allai dans mon bureau, ouvris  le tiroir que j’avais entièrement fouillé la veille, feuilletai un à un tous les papiers et dossiers qui s’y trouvaient.  RIEN.   La voix s’était bien foutue de moi ! Ulcérée, je remis chaque dossier en place, et en soulevant le dernier par la tranche, les pages s’en écartèrent, mon chèque s’envola gracieusement  et atterrit à mes pieds.

bato.jpgQuelques années plus tard, je me trouvais  en Grèce sur un bateau qui tomba en panne  au large sous un soleil de plomb.  Yannis (le plongeur dont je vous ai déjà parlé) et son pilote suèrent vingt minutes sans arriver à faire démarrer le moteur. Je les écartai d’un revers de main. « Attendez, j’ai peut-être une solution ». D’une voix de stentor sur la mer d’huile, je criai : « Dieu, on est en panne, on crève de chaud et la femme de Yannis va s’inquiéter. Si tu existes, fais quelque chose et je croirai en Toi ! »  Puis, m’adressant au  pilote : « Essaie de démarrer. » Il éclata de rire, tira sur la manette… et le moteur démarra en ahanant un peu.

dieux1.jpgYannis, qui est croyant,  fut surpris de mes relations intimes avec Dieu. Mon cher et tendre, est-ce l’Amour ? - suppose que je suis Dieu sans le savoir et impose ma volonté au Destin. Un ami pragmatique pense que j’ai retrouvé mon chèque parce que mon inconscient a retracé tous mes gestes de la journée et m’a fait retrouver où il était. OK, mais quid du moteur du bateau ? Moi, toujours agnostique (qui ne signifie pas « je ne crois pas », mais « je ne sais pas ») j’ai tendance à croire que la confiance dans la Vie et la force du mental, peuvent agir sur les choses et les événements. Est-ce ou non vrai ? Peu importe, tant que ça marche.

 

sarakiniko.jpg 

 

 

 

 

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 18:45

 

cr5.jpgQuelques minutes de soleil en plus, et le moral va mieux. C’est purement subjectif, on ne voit pas encore clairement les jours allonger, mais on va vers le printemps, et du coup me voici en mode zygomatique sur plusieurs nouvelles.

Ca y est ! Après plus de 25 échanges de mails entre juin et décembre 2010, trois renvois en SAV et un peu d’énervement quand même, faut avouer, PIXMANIA a accepté de me rembourser l’imprimante Epson dont je vous ai parlé  récemment. Ce n’est pas tant l’argent qui me motive, mais plutôt le plaisir du combat gagné par petit David (moi) contre énorme Goliath du grand capital comme disait Georges Marchais et ne va pas tarder à dire Jean-Luc Mélenchon (qui, par parenthèse, a un langage et des arguments forts face à la langue de bois à droite et la langue de Moi des nombrilistes du PS). J’ai la spécialité de ces combats : deux contre la sécurité sociale, un en conseil des prud’hommes, un contre le DRH du groupe où je bossais Gagner contre ces mastodontes est un plaisir quasi orgasmique !

caron-toutsoncorps.jpgA propos d’orgasme, autre extension de zygomatique en entendant sur RMC une auditrice se plaindre à Brigitte Lahaie de la saleté des gens qu’elle rencontre en clubs libertins avec son mari : « C’est incroyable, certains ont des mycoses, et un jour, après avoir fait l’amour, on a dû quitter la cabine tellement ça sentait fort le sexe. »  Eh bien oui, ma petite dame, comme répondait Woody Allen à la question « l’amour physique est-il sale ? » -Oui. Quand il est bien fait. »  Une relation sexuelle, c’est un échange de salive, de sécrétions, de sueur, de bactéries et d’odeurs  qu’on n’apprécie qu’avec des gens qu’on aime ou qu’on désire.  Sinon, c’est aussi insupportable que si un inconnu vous proposait de cracher dans votre bouche.  Même un inconnu propre. 

Réjouissante encore, cette conversation entendue dans le train, par une dame qui braillait dans son téléphone mobile : « Ce matin, mon employée n’est pas venue. Je l’ai appelée pour lui demander pourquoi, elle me répond : « J’ai la gastro ». Je lui ai répondu : « Je l’ai aussi, mais moi, je suis venue. Et tu devineras jamais ce qu’elle m’a fait ! Elle a répondu : « Oui, mais moi je vomis ». Et elle a raccroché. » La fureur de la dame, qui s’est ensuite énervée avec ses doigts qui n’arrivait pas à composer un texto m’a donné le fou-rire. « Oui, mais moi, je vomis ! » Une réplique digne d’un sketch des Nuls.

nuages.jpgAutre fou-rire : j’ai demandé à ma banque de calculer combien je toucherai, disons entre 60 et 80 ans, grâce au Plan d’Epargne-Retraite qu’ils m’avaient fourgué quand j’avais 30 ans au motif que j’exerçais un métier précaire où la retraite Sécu risquait d’être rachitique. J’avais casqué 300francs mensuels (50 € ) pendant vingt ans, justement. Réponse piteuse de la dame : « J’ose à peine vous le dire. Ca vous fera un peu moins de 40 € par mois. » Même pas le montant de mes cotisations ? En  ayant épargné la durée maximum autorisée par ce fonds de retraite ?  « Jusqu’en 2008,  c’était un produit intéressant, a objecté la banquière, mais avec la crise… »  Eh oui, ma petite dame, quand on joue en bourse avec l’argent des épargnants et qu’on se plante, qui paie ? Le petit épargnant. Et voilà que Guillaume, le frère du Président veut nous inonder de fonds de pension privés…

vache.jpgDernier fou-rire : alors que le Grenelle de l’environnement programmait 6% de surface agricole en bio en 2012 et 20% en 2020, la loi de finances 2011 divise par deux le montant du crédit d’impôt destiné aux agriculteurs qui se convertissent à l’agriculture biologique. Dans la foulée, entre un éleveur Aveyronnais et un céréalier de la Beauce partisan des OGM, devinez qui a été élu président de la FNSEA ? Le second, évidemment !!!

Vous me direz : tes deux dernières nouvelles n’ont pas de quoi faire rire. Mais si : elles permettront peut-être, en circulant, de faire que de moins en moins de personnes seront dupes de la société telle qu’elle est, et cette seule idée, franchement, me réjouit.

Il faut dire que les jours rallongent…

 

serifos yachtclub 

 

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 17:56

 

le nom des gensWeek-end de neige, j’en ai profité pour glisser jusqu’au cinéma voisin et voir « Le nom des gens » de Michel Leclerc. Michel Leclerc, comme les supermarchés. Le héros du film s’appelle Arthur Martin, comme les cuisinières. Et l’héroïne Baya Benmachmoud, comme personne d’autre. Superbement interprétée par Sara Forestier, elle a un regard, des seins et des fesses sublimes qu’elle utilise pour la bonne cause : transformer des mecs de droite en mecs de gauche, juste en couchant avec : « Il y a un moment où ils sont vulnérables à ce que je leur explique, dit-elle en substance, c’est juste après avoir joui ». Et c’est ainsi qu’elle a transformé un responsable jeunesse UMP en éleveur de moutons écolo !

 

nom3Bref, Bayaà qui tous les bien-pensants disent « C’est Brésilien, votre prénom ? » « Non, c’est arabe ! » est comme les bonobos : elle règle les conflits en faisant l’amour, pas la guerre. Si  la révolution sexuelle existe, c’est bien par cette fille généreuse, idéaliste et tonique qui fait la révolution avec son sexe. Son chemin croise celui d’Arthur Martin (oui, comme les cuisinières) jospiniste à qui Lionel Jospin- débutant comédien dans ce film - affirme « un Jospiniste, par les temps qui courent, c’est plus rare qu’un canard macareux dans l’île de Ré ».

nom2Arthur est un chouïa coincé côté sexe, faut dire que ses parents ne respirent pas le bonheur charnel… Avec Baya il va découvrir non seulement ce bonheur là, mais aussi celui de remuer le monde non pas en gémissant et en devenant aigri, mais avec plaisir. Avec LE plaisir !

Tous les personnages- le père de Baya ouvrier/artiste qui n’ose jamais se faire plaisir, mais veut toujours faire plaisir aux autres, sa mère militante gaucho féministe,  ses copains ébahis de sa liberté de corps et de langage- sont fortement caractérisés (comédie oblige) mais jamais caricaturaux.

Mine de rien, ce film jubilatoire distille plein de messages sur les préjugés, le racisme quotidien, les hommes, les femmes, la politique… mais des messages légers et profonds, alors que tant de films restent lourds et superficiels.

Vous aurez compris, j’ai aimé. Beaucoup. Les deux hommes qui m’accompagnaient aussi. Il faut dire que l’abattage joyeux de Sara Forestier et le jeu sobre et subtil de Jacques Gamblin servent parfaitement le film.

 

 Joyeux noël aux Bonobos et assimilés! 

 

 

Depuis ce matin, les commandes sur le site sont accompagnées d’une question angoissée : serai-je livré(e) avant Noël ? La réponse est « oui » pour les commandes parvenues chez nous d’ici mercredi midi… sauf neige ralentissant les transports. Alors commandez tout de suite:il y a plein de promotions sur

 

 www.autresmondesdiffusion.fr

 

 

 

 

 

 

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 12:27

 

fuite.jpgTrès peu dormi cette nuit, énervée par le sentiment qu’un rouleau compresseur est en train de détruire le monde que j’aime pour le remplacer par une jungle inhumaine, que toutes les analyses sur les crises économiques, sociales, politiques, écologiques ont été faites et bien faites, mais qu’il n’y aura aucune décision bénéfique de prise- on le sait déjà pour le sommet de Cancun sur le climat- parce que ce qui est en route est décidé par ceux qui en profitent. Et qui veulent conserver et augmenter leurs privilèges en écrasant ce et ceux qui les gênent. Bref… Heureusement, il y a les livres, et la capacité qu'ils ont à émouvoir et faire jubiler... 

chatlit.jpgMichel Tremblay est un fils d’ouvrier, qui fût ouvrier lui-même. Il découvrit très tôt la lecture parce que sa grand-mère lui demandait chaque jour d’aller chercher pour elle des livres chez la voisine. A force de faire le coursier, le petit garçon se disait que les livres, ça devait être génial, puisque sa grand-mère y passait  tant de temps. Il raconte dans « Un ange cornu avec des ailes en tôle » sa découverte du théâtre grec d’Eschyle : 

 

« Je lus trois ou quatre fois de suite le premier monologue du veilleur posté sur les remparts d'Argos avant de bien saisir tout ce qu'il conte­nait : j'allai consulter mon Larousse pour les mots Atrides, Argos, Ilion, Agamemnon, je fis de l'analyse de texte comme on me l'avait enseigné à l'école en disséquant les phrases trop compliquées…. Et lorsque je fus convaincu de bien comprendre le tout, je relus le monologue à voix haute et les larmes me vinrent aux yeux. Que de choses étaient dites en si peu de mots, à peine une page de texte !  Quelle beauté ! Ça ne ressemblait à rien de ce que je connaissais, ce n'était pas immédiatement reconnaissable ou compréhensible pour moi, mais, l'analyse terminée, le texte bien saisi, quelle joie débordait de mon cœur !

 

zeus.jpgPourquoi ne m'avait-on jamais parlé d'Eschyle à l'école ? Était-il réservé aux seuls privilégiés des collèges classiques ? En étions-nous indignes, nous les enfants d'ouvriers ? … Quand je terminai la lecture d’Agamemnon j'y avais mis l'après-midi complet parce qu'il y avait beaucoup de choses que je ne saisissais pas du premier coup — j'eus l'impression d'être devenu quelqu'un d'autre, d'avoir grandi, évolué en quelques heures, d'avoir entrevu des possibilités qui me concernaient personnellement et qui transformeraient ma vie d'une façon défi­nitive. »

 

Chaque lecteur a en mémoire un livre ou quelques pages qui ont transformé sa vie ou tout simplement l'ont rendu heureux. Ce bonheur a aussi incité Michel Tremblay à écrire et devenir un romancier, scénariste et auteur de théâtre reconnu. Comme quoi, la littérature classique peut être un ascenseur social, n’en déplaise à ceux qui ne comprennent pas l’intérêt de faire lire « la Princesse de Clèves » à des collégiens de classes- à tous les sens du terme- défavorisées.

 

 

eros.jpg
 

 

 

 

 

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 16:09

Dans la droite ligne de la précédente chronique sur l’ornithorynque, poursuivons l’étude des démêlés de Dieu avec le monde, ce qu’on pourrait appeler l’angoisse de la création.

Or donc, Dieu examinait quelques-unes de ses créatures. Il était assez fier du kangourou avec sa poche sur le ventre et ses testicules en  cuir fin et décida de ne l’implanter qu’en Australie, Tasmanie et îles voisines, rien que pour faire chier et rendre jaloux les autres humains. Dieu avait compris avant tout le monde- normal puisqu'il était là avant tout le monde- la force du dicton « diviser pour régner ».  Mais zappé le fait qu’en créant ensuite l’Homme à son image, il exposait l’univers à une application exponentielle de ce principe belliqueux pouvant mener à la Guerre des Etoiles. On a beau être divin on ne prévoit pas toujours tout… Le Créateur saisit entre ses augustes mains un de ces macropodidés- nom de famille du kangourou, signifiant « grand pied »- et le posa sur son établi où il se cassa illico la figure.  "Y a quelque chose qui cloche là-dedans, j’y retourne immédiatement » chantonna Dieu  en notant dans son carnet de croquis : « Penser à inventer Boris Vian ».


 

kangourou.jpgLa réflexion divine fût courte mais bonne : il suffisait de doter le kangourou d’une queue suffisamment vigoureuse pour équilibrer l’animal, qui s’en servirait comme d’un trépied en posture statique, et d’un balancier  pour la course, et de lui donner cette ineffable expression intellectuelle qui réjouit les âmes innocentes.

« La queue, voilà le secret ! »  se dit Dieu à lui-même car il créait dans la solitude de son atelier et ne supportait pas qu’on le dérangeât. Adam et Eve jouaient à Dieu sait quoi (mais il ne le dira pas) dans le jardin d’Eden,  tandis que le créateur peaufinait ses bestioles : eh oui, contrairement à une idée reçue, l’Univers et ses accessoires ont demandé moult évolutions, degré de cuissons différents et réflexions sur les couleurs avant  d’être. 

 

 

castor-6.jpg

 

Dieu  saisit ensuite le Castor qui avait une bonne tête avec ses dents du bonheur, et pris d’une inspiration soudaine lui offrit une queue en forme de raquette,  idéale pour tasser la glaise avec les brindilles, ce qui incita illico le rongeur à construire ses barrages et terriers en s’aidant de ladite queue, preuve que si la fonction crée l’organe, l’inverse existe aussi.

Pour le cochon, dans lequel tout est bon, la queue ne posait aucun problème existentiel au Créateur qui se doutait que l’homme trouverait un moyen de la cuisiner et effectivement Dieu goûta et il dit que cela était bon. Même si une recette totalisant près de 1000Kcal par portion avoisine le péché mortel…  

 

Par mesure de rétorsion face à un animal dont l'universalité menaçait de le concurrencer, le créateur le dota cependant d’une queue en tire-bouchon extrêmement énervante car totalement inutile dans cette fonction d’ouvre bouteilles, je ne sais si vous avez essayé, mais CA NE MARCHE PAS !

Il  restait sur l’établi moult modèles de queues :  queue en panache pour l’écureuil roux européen, queue en éventail du paon…  Dieu bricola quelques instants, puis, n’y tenant plus, appela Eve. « Regarde, Eve, j’ai créé un animal très rigolo, je l’ai appelé le chien. – Rigolo, pourquoi ? interrogea Eve que le regard du caniche n’émouvait guère.  –Tu vas voir : je le caresse, comme ça, et hop ! Il remue la queue. Je viens de créer une fonction totalement inutile, une queue qui remue quand  l’animal est content :  c’est unique, n’est-ce pas ? –Je n’en suis pas sûre, répliqua Eve avec un sourire si mystérieux  que Dieu s’empressa de noter dans son carnet de croquis : « Inventer Mona Lisa. »


joconde.jpg

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 11:51

Après la pompe...

FUEL

 

 

J'ai trouvé la voiture!

voiture.JPG

 

Quelque chose de bizarre se passe, n'est-il pas, agent Mulder?

Je dirais même plus, agent Scully. Quelque chose de bizarre.

Bizarre, vous avez dit bizarre?


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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 17:20

plage-sarakiniko2.JPGLa mer  Egée déploie le grand jeu de ses outremers profonds sur la roche blanche, les maisons brillent sous le soleil de septembre. Temps magnifique, eau à 26°. Il n’y a quasiment pas eu de vent en août.  Je rencontre à Milos une journaliste française, qui s’est installée en Grèce il y a 6 ans, séduite par  le mode de vie « simple et chaleureux » qui attire des millions de touristes chaque année. 

solitaire-chevre.JPG« Tous les articles que me demandent les magazines français sont ciblés sur cette qualité de vie, preuve que c’est vendeur… » Pourtant, cet été, l’atmosphère a subtilement changé…  Les restaurateurs sont plus nerveux, les prix ont grimpé et dans l’air qui embaume l’hélichryse italienne et la feuille de figuier flotte une inquiétude perceptible.

 

 

yannis3« Vois-tu, Françoise, dit Yannis, les medias européens se sont déchaînés sur les Grecs  qui ont présenté de « faux bilans » pour entrer dans la zone euro. C’est vrai qu’il y a eu des chiffres erronés et des financiers corrompus, pas tous Grecs loin de là, vrai  que notre économie  est  faussée par l’économie parallèle, les activités annexes non déclarées… qui permettent malgré tout aux Grecs de vivre.Yannis1.JPG

  On nous traite de paresseux, alors qu’on a le record du temps de travail. ( 44,1h par semaine, contre 41,7 pour l’Allemagne, 41h pour les français, 40,8h pour les Pays-Bas. Source http://www.touteleurope.eu/)  On ne cesse de lire dans la presse que le gouvernement Grec dépense trop, gaspille les subventions européennes et doit faire des économies.

 

Il y a sûrement  des efforts à faire pour ne pas gaspiller un seul euro, mais il faut aussi voir notre situation très particulière.

serifos2008.jpgYannis tend le bras vers l’horizon : le paysage : la mer, les îles partout,  montagneuses et arides : « Il n’y a rien de commun entre gérer un pays comme la France : 550 000 km2 en un seul morceau et 63 millions d’habitants, et la Grèce : 11 millions d’habitants dont plus de 3 millions à Athènes et sa banlieue, et plusieurs centaines d'îles dont environ 250 sont habitées !  Notre constitution  garantit à chaque citoyen grec des droits élémentaires : la santé, l’éducation, les transports.  Ca veut dire des ferries pour desservir toutes les îles habitées, y compris l’hiver quand il y a si peu de voyageurs qu’effectivement le transport coûte très cher, mais va-t-on laisser les insulaires coupés du monde ? Ils le sont déjà quand il y a une tempête…  A Kimolos, près de Milos, il y a trois professeurs pour moins de dix collégiens.  « Pas rentable, hurlent les technocrates, il faut  qu’ils habitent ailleurs, à Milos ou Athènes. C’est ainsi qu’Athènes, ville prévue pour 250 000 habitants en compte aujourd’hui 3,7 millions (agglomération comprise) avec tous les problèmes de pollution, d’embouteillages et de violences qu’engendre la surpopulation. »

serifos-eglise.JPG« Vois-tu Françoise, poursuit Yannis, cette rationalisation à court terme- il faut supprimer ce qui n’est pas rentable- est une hérésie au long cours. Si on vide Kimolos et d’autres îles de leurs habitants, qui va entretenir ces lieux qualifiés de paradisiaques par les touristes ? Ils restent paradisiaques parce que nous, les habitants, sommes là pour les entretenir en hiver.

 

port-klima.JPGTu ne connais pas l’hiver à Milos : beaucoup d’habitants partent à Athènes, notamment les vieux parce qu’en cas de pépins de santé ils veulent avoir un hôpital proche. Les tavernes sont fermées, les magasins mal approvisionnés :  à quoi bon remplir ses rayons pour quelques centaines d’habitants ? Sans compter les jours où le ferry ne passe pas… Tu adores ce village, mais en hiver essaie de venir y boire un café : tout est fermé !  plage-sarakaniko.JPGHeureusement qu’on a  fait des provisions pour l’hiver et qu’on a une grande vie intérieure, heureusement qu’on maintient en Grèce les liens de famille et de voisinage, heureusement qu’on a le goût d’une vie simple, celle là même dont on dit qu’elle est la clé de l’avenir. (= la sobriété heureuse), sinon on ne supporterait pas de rester ici l’hiver. J’ai des amis allemands qui avaient décidé de passer Noël ici. port-klima-interieur.JPGIls ont eu froid, ils s’ennuyaient, ils ne supportaient pas l’inconfort, ils sont repartis par le premier ferry!  Mais au printemps, grâce aux habitants, les maisons sont reblanchies, les sentiers défrichés, les routes nettoyées… On repeint les tavernes, on prépare le matériel de plongée et les bateaux pour les touristes… et c’est ainsi que des millions de vacanciers viennent se ressourcer, comme ils disent, chez nous, et rapportent des millions d’euros à la Grèce. 

plongee-centre.JPGAlors tu vois, Françoise, la logique de rentabilité immédiate voudrait qu’on ferme les écoles où il y a peu d’élèves, mais la rentabilité à long terme, c’est au contraire de préserver ce patrimoine magnifique qui rapporte tant d’argent à notre pays.

« Je sais, Yannis, on a eu le même problème avec l’exode rural en France.  Faute de paysans dans les campagnes, il y a des friches, les bois ne sont pas entretenus, certains villages tombent en ruines… Après des incendies dans le sud, je ne sais plus quel ministre avait proposé la création d’un corps de « jardiniers d’Etat » pour entretenir les friches et prévenir les feux.  Les paysans faisaient cela très bien…  Mais pour en revenir à l’Europe, je n’avais pas voté pour le traité de Maastricht, j’avais mis un bulletin nul où j’avais écrit « oui à l’Europe, non à Maastricht ». Parce que ce traité ne parlait que de finances et d’économie, pas des gens, ni de l’environnement. Et parce que je trouvais absurde de créer des critères d’admission uniforme alors que la richesse de l’Europe, précisément, c’est sa diversité culturelle et économique. D’ailleurs, il ne me semble pas qu’aux Etats-Unis on ait exigé de tous les Etats des critères économiques stricts comme ceux de Maastricht. En Europe, la dette d’un Etat ne doit pas dépasser 60% de son PIB, aux Etats-Unis, la dette dépasse 112% du PIB…

serifos-chevres.JPG« Nous avons déjà surmonté tant d’invasions, de dictatures et de difficultés que j’a confiance dans notre capacité à surmonter cette crise, conclut Yannis. Sauf que pour la première fois, à force d’être humiliés, rabaissés, montrés du doigt, les grecs n’ont plus autant confiance en eux et en l’avenir. C’est inacceptable de traiter ainsi les peuples… »

Yannis dirige  le Milos Diving Center à Milos.

( link www.milosdiving.gr / 0030 22870 28077) Excellent plongeur et très pédagogue, il ajoute à la technicité une convivialité toute Hellène. A notre arrivée, sa femme Maria qui avait préparé à manger pour plusieurs plongeurs, nous a offert à boire et un gâteau de bienvenue.  Ecolo dans l’âme,  Yannis remue ciel et terre pour que les autorités grecques (et les habitants aussi : le nombre de décharges sauvages est impressionnant…) se préoccupent davantage de préserver l’environnement.  Son grand projet : un réseau de réserves marines de petite taille, dont chaque île serait responsable dans ses eaux proches,  avec des responsables  chargés de faire respecter les lois sur la pêche, notamment.  A Milos, la protection existe depuis quelques années, avec un résultat appréciable : la famille de phoques s’est agrandie. Il y en a aujourd’hui 22, dont un charmant spécimen de 300 kilos qui vient jusqu’au pied des tavernes, le long du port de Pollonia, pour chercher du poisson.


serifos-moulin-copie-1.JPG

 

 

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1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 21:51

 

Il n’est pas très tard, la soirée d’été laisse des fragments de lumière résiduelle illuminer la ville, comme des coups de pinceaux dorés posés sur la grisaille à venir. Quelques notes de piano lui parviennent à travers le brouhaha de la circulation. Elle tourne la tête, reconnaît un bar à musique où elle vient parfois dîner avec son mari. Ce soir, il n’est pas là. Parti pour deux jours à un séminaire commercial.  

caf_.jpgSon bus arrive au loin, ralentit… Elle le regarde s’arrêter, hésite, puis s’en détourne et entre dans le bar. Deux musiciens dînent à une table, l’un d’eux a posé sa guitare sur la banquette voisine. Il la regarde s’avancer, s’excuse : « Je peux l’enlever, si vous voulez vous asseoir. »  Le voisin du guitariste intervient : « Vous êtes seule ? Asseyez-vous  avec nous. Prenez un verre sur la table voisine. » Elle obéit, il remplit le verre de Bergerac blanc et tous trinquent : « A la fin de l’été ! » Elle se sent légère, euphorique. Dix minutes plus tard, les musiciens se lèvent et gagnent la scène.  

rockers.jpgDans la salle, les dîneurs mêlent leurs bruits de fourchettes aux premières notes du piano. Elle se lève, se dirige vers le bar. Le patron l’a reconnue : « Vous êtes seule ? Votre mari n’est pas là ? » Il sourit, lui offre un verre, lui parle des spectacles à venir. Il la présente à un ami qui arrive. L’ami lui sourit. Ce soir, tout le monde lui sourit. En couple, elle avait oublié qu’elle était une femme… Elle s’accoude au bar et écoute le premier morceau, puis le second… De ses pieds  monte un souvenir de danse qui lui fait esquisser quelques pas sur place, discrètement, puis son corps se lâche et retrouve les figures imposées du be-bop et du madison.  D’ordinaire, jamais elle n’oserait. Face à elle, une table bondée de convives,  qui applaudissent machinalement à la fin de chaque morceau, bien calés sur leurs chaises, tandis qu’elle danse et boit à la fin de chaque morceau quelques gorgées d’une boisson forte et glacée. Un couple l'observe en souriant, tous deux lui font un discret signe de connivence.

clermont-ferrand3.jpgElle retourne au bar poser son verre, le patron lui en offre un autre. Il bavarde avec elle comme si elle faisait partie de la maison. D’ailleurs, elle en fait partie, elle se sent ici comme chez elle. Mieux que chez elle. Chez elle où elle va à présent rentrer, avant le dernier bus du soir. Elle sort, il fait nuit. Ses talons claquent sur le macadam. Elle n’est pas souvent seule le soir dans la ville. C’est bigrement agréable. Regarder la vie d’après 20h,  le pas des noctambules si différent de la marche des travailleurs du matin, l'odeur fugace et miellée d'un tabac, les vendeurs ambulants et furtifs, un homme endormi- hélas- sur une grille de métro d’où s’exhale un souffle d’air chaud, un autre qui esquisse d’un mouvement de hanches aérien une figure de danse sur ses rollers.

galaxie.jpgLe bus arrive, elle y grimpe d'un bond avec un sentiment de liberté immense, jubilatoire. La dernière fois, elle était rentrée du concert en voiture avec son mari. Tous deux avaient dit : « On a passé une bonne soirée ! », puis ils étaient montés se coucher.

Durant le trajet elle se gave d’impressions nocturnes et de la fraîcheur qui caresse sa nuque que la danse avait rendue moite. Comme Bohringer, elle pense « C’est beau, une ville la nuit », et se dit qu’il faut être seule pour en apprécier toute la beauté.

Si elle en a envie, elle se couchera à deux heures du matin, après s'être fait une tartine de rillettes en écoutant les dernières nouvelles du monde.

(en réponse à la question « pourquoi aimes-tu  sortir seule ? » d’une amie qui  n'ose pas  le faire)

 

 

 

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14 août 2010 6 14 /08 /août /2010 14:03

caf_.jpgUn petit goût de noisette... La phrase-clé de ceux qui veulent vous faire goûter leur spécialité en insistant sur sa finesse et sa subtilité: "Goûtez-moi ça, vous allez voir. C'est doux, c'est intense, et ça vous laisse dans la bouche comme un petit goût de noisette." On vous le dit pour  un verre de vin blanc,  "planté bas, les ceps assez espacés pour laisser passer l'air, ça évite les parasites (eh oui, il suffit de moins tasser les rangées de ceps, donc de renoncer à une production intensive, pour pouvoir réduire, voire supprimer les intrants chimiques qui font qu'en dégustant un grand cru, en savourant la blondeur de paille d'un Bergerac blanc ou d'un entre-deux mers, on  avale quantité de molécules indésirables, celles-là même qui s'attaquent aux fonctions reproductrices et font naître des bébés de viticulteurs avec des micro pénis (étude médicale 2002/2003 de l'équipe du PT Sultan à Montpellier sur ce phénomène).

nstnectaire

 

D'un geste auguste de son couteau pointu, la fromagère extirpe une lichette de fromage d'un St Nectaire moelleux, à la croûte bien brune et vivante: " Goûtez, il est à point, affiné sans excès, avec un petit goût de noisette".  Quatre jours de cave plus tard, le robuste fromage aura un parfum apte à faire fuir vos compagnons de route entre l'Auvergne et Paris... mais toujours son petit goût de noisette.

 

naspergesvertesQue dire des asperges vertes, craquantes sous la dent comme des noisettes fraîches, exquises à peine cuites à la vapeur, puis trempées comme des mouillettes dans un oeuf à la coque? Sinon qu'elles ont un petit goût de noisette se mêlant à la saveur du beurre frais (au petit goût de...) fondant dans la coquille et donnant à l'oeuf cuit juste ce qu'il faut mais pas plus, une onctuosité parfaite.

nquinoaEt même si j'ai personnellement une passion pour les amandons, jeunes amandes encore tendres sous la dent,  dont la blancheur se dissimule sous une fine pellicule jaune vanille, elle même enchâssée dans la coque verte comme dans un écrin duveteux...  je dois reconnaître que nombre de céréales à déguster nature et encore craquantes, comme la quinoa (la plus riches en protéines et acides aminés, quasiment une viande végétale) ont un petit goût de noisette et non d'amande.

 

noisette1

 

L'été lorgne déjà vers les fraîcheurs vespérales de septembre et les roux feuillus des chemins creux sentant la noisette. C'est le moment idéal pour arrêter le temps et prendre celui de déguster sur une bouche amie, sur des lèvres aimées, un baiser doux et subtil à mille lieux des goulus et voraces baisers de cinéma. Celui-ci fait le tour du Palais, se promène sur le sourire, goûte du bout de la langue les frémissements nés nbaiserde la caresse et conclut que décidément ce baiser là a comme un petit goût de noisette. Et les amoureux une malice d'écureuil dans leurs yeux.

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