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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 12:21

l_vres.jpgSur une affiche 3x4m une blonde extasiée proclame : « J’ai découvert mon voisin sur CelibParis ».   « Ce serait pas plus simple, dis-moi,  de l’inviter à prendre un verre quand tu le croises dans l’ascenseur ? » D’autres sites de rencontres s’affirment « pour célibataires exigeants » ou « pour rencontres sérieuses ». J’adorerais que l’un d’eux ose écrire « site pour loosers et laissées pour compte qui aimeraient s’envoyer en l’air de temps à autre vu que chacun a droit au plaisir», ce serait plus drôle mais les pubeux manquent d’humour. Sauf dans la pub pour Gleeden, site pour adultérins honteux,  qui promet la discrétion et, (humour) assure : « on ne vous proposera jamais de carte de fidélité ».

adresse.jpgL’amour au XXIème siècle dans les grandes métropoles me laisse perplexe : c’est compliqué, c’est commercial, ça se joue sur la toile et pas dans la rue, dans des clubs et pas sur la plage, ça se termine dans un cas sur deux par une séparation, ça demande des coaches, des psys, et dernièrement des « intermédiaires sur Internet ». L’intermédiaire sélectionne des fiches sur Internet pour son client, il prend contact, envoie les messages, drague les personnes qui lui semblent convenir au profil souhaité et ne s’efface que pour le premier rendez-vous. Comme dit un adepte de cette formule, chef d’entreprise de 27 ans dans une ITV au Parisien: « Je n’ai pas le temps de m’en occuper, c’est pratique. » 

vin2.jpgMais mon gars, si tu n’as pas de temps à consacrer à la phase la plus magique d’une rencontre- la découverte, la séduction- qu’est-ce que tu vas bien pouvoir offrir à une femme quand elle sera devenue « ta » femme, avec le quotidien pas toujours stimulant et toujours autant de boulot ? Tu crois pas qu’il vaudrait mieux rester célibataire plutôt que de la faire souffrir et d’être plaqué un jour parce qu’elle s’ennuiera avec toi et en aura marre de « faire partie des meubles » ? C’est une des grandes causes de séparation, la sensation de ne plus exister. Ces derniers jours, j’ai retrouvé deux amis perdus de vue le temps qu’ils étaient en ménage, surbookés au boulot dans la journée, interdits de dîner dehors le soir, surtout en tête-à-tête avec une femme. Le premier a eu cette phrase terrible : « Je me sens dans l’état d’esprit d’un parisien en août 1944 : libéré. » Le second à qui je rapportais cette phrase a soupiré d’aise : « Moi, pareil. »

Ainsi donc, malgré toutes les rustines- libertinage, couples « ouverts » se résumant à une autorisation d’adultère,  sex-toys, coaches, sites de rencontres - appliquées à l’amour ou plutôt au couple, celui-ci a toujours et semble-t-il de plus en plus de ratés. Preuve qu’il faudrait le repenser de fond en comble.

singes.jpgC’est comme pour l’économie : on a beau s’efforcer de réparer le système capitaliste ou d’en atténuer les méfaits les plus criants, la crise continue car c’est la logique même du système qui est pourrie.

Le problème est qu’il est infiniment plus difficile et plus long de modifier sa logique de pensée que de mettre des rustines, et surtout cela fait peur : « On sait ce qu’on perd, on ne sait pas ce qu’on risque ». C’est pourquoi les tenants du « compromis acceptable » n’ont de cesse de traiter ceux qui veulent changer le système économique d’utopistes, de révolutionnaires, d’extrémistes, d’irréalistes, alors que ces derniers sont au contraire extrêmement réalistes, prenant en compte l’échec réitéré des politiques passées, pour concevoir d’autres logiques possibles où l’écologie et le partage des richesses, par exemple, seraient prioritaires.

mai68.jpgIdem pour le couple, (ou comme on dit en économie « le ménage ») : plutôt que des rustines inefficaces  pour le réparer, ne vaudrait-il pas mieux réfléchir à la logique qui sous-tend cette institution : rapports de force, possessivité, dépendance amoureuse, préjugés religieux, enjeux économiques… et choisir  une logique fondée plutôt sur l’autonomie, la confiance mutuelle et une réelle liberté d’être heureux avec et  sans l’autre, voire les autres ? Une liberté totale, pas seulement sexuelle, impliquant une responsabilité totale de ses actes. Difficile ? Oui, car il n’est pas facile de renoncer à des convictions somme toutes confortables. Mais pas tant que cela dès lors qu’on ose le faire. Comme dit le Sage « Ce n’est pas parce que c’est difficile que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas que cela semble difficile. »  

En somme, le libertinage et autres rustines amoureuses sont aux amours plurielles ce qu’est le PS au Front de gauche ou aux écologistes: un moyen de rendre un système supportable plutôt que de le remettre en cause.  Comme quoi réflexion intime et politique peuvent aller de pair.


 poissons.jpg

 

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 12:34

joueraumonde COUV4bis« Au bout du compte, le pouvoir avait été conquis. Sublime victoire que Marine fêta largement dans les rues de Paris, avec le sentiment de vivre une mirifique page d’histoire. Le bonheur capable de creuser les reins avec presque autant d’intensité que l’amour, elle le connut cette nuit là, tandis que les gens s’interpellaient joyeusement aux carrefours et que les automobilistes klaxonnaient à tout va en hurlant, comme à l’issue de n’importe quel match de foot : « On a gagné, on a gagné ! » Elle s’était retenue d’ajouter : « Les doigts dans le nez », la solennité historique n’aurait pas toléré de tels débordements, mais elle, Marine, se sentait tout simplement heureuse, avec une envie irrépressible d’embrasser le monde entier. » (JOUER AU MONDE, p.104)

an01r__dit_.jpgC’était le 10 mai 81, j’étais enceinte de 5 mois. J’avais dit à mes beaux-parents en mal de devenir grands-parents que je n’aurais d’enfant que sous la gauche au pouvoir. J’ai tenu parole : l’une est née en 81, l’autre en 88 J. Mais après ce 10 mai, il y a eu le tournant de 1984, dû à  « la crise économique ». On a laissé faire « pour ne pas gêner la gauche au pouvoir disaient les syndicats » et j’en ai eu des regrets, voire des remords. 

 Le 6 mai 2012, l’air est plus léger, débarrassé d’un homme qui n’a cessé d’attiser la haine, la crainte de l’autre, la vulgarité ostentatoire, le rejet des pauvres épinglés comme assistés, le refus des différences… Diviser pour régner, la recette est connue mais marche toujours. Rassembler est plus difficile, mais le plus difficile est ailleurs : dans la tête de chaque personne à qui on assène des « vérités » qui ne sont que des croyances.

Pour changer le monde, il faut prioritairement réévaluer ses croyances à l’aune de la réalité. A ce propos, rappelons à François Hollande qui n’est pas exempt de croyances, que :

-La crise n’est pas « sans précédent » comme on nous l’assène. Depuis que l’histoire humaine existe, il y a eu des centaines de crises et de guerres autrement plus graves. C’est au sortir de la guerre de 39/45- plus qu’une crise, une horreur- que le Conseil National de la Résistance a créé la retraite, la sécurité sociale… bref ce modèle social qui a permis de relancer le pays et de vivre 30 glorieuses dont la majorité des citoyens ont profité.

-La crise financière n’est pas une fatalité, elle résulte de décisions prises par des gouvernants dans différents pays, soumis à ce qu’on appelle la Phynance. Sans changer ces décisions- par exemple le rôle de la Banque Centrale européenne et celui des banques privées- le changement ne sera que saupoudrage.

-Sortir du nucléaire ne va pas détruire des milliers d’emplois mais au contraire en créer des milliers, tant il faudra d’ingénieurs, de techniciens et d’ouvriers pour assurer le démantèlement des centrales en toute sécurité, tout en concevant et réalisant des modes de production d’énergie renouvelables et fiables. La transition énergétique et d’une façon générale la transition écologique sont la condition sine qua non de la fin de la crise économique. De plus, le nucléaire ne nous rend pas indépendant puisqu’on dépend de pays étrangers pour la fourniture d’uranium, minerai d’ailleurs pas inépuisable…

-On lutte mieux contre l’insécurité en luttant contre l’insalubrité des logements et la précarité qu’en mettant un flic derrière chaque immigré.

Etc, etc…

Mais pour tout cela, ne pas compter sur un homme providentiel, ni même sur plusieurs hommes et femmes.  Changer ses logiques de pensée, changer soi-même sa façon de vivre publique ou privée, ça modifie en profondeur le paysage et ça fait tache d’huile. C’est long, parfois difficile, mais nettement plus efficace et durable.

« J'appartiens à une génération qui a rêvé d’un monde plus juste, plus tolérant, plus joyeux, et qui a échoué avec pour seule excuse à ses renoncements « l'épreuve des faits ».

À « l'épreuve des faits », il paraîtrait que les lois du marché, le terrorisme éco­nomique ou guerrier et le mépris de certains peuples pour d'autres seraient inévitables, quasiment biologiques... Exactement comme on m'avait dit immuables les lois du couple, de la jalousie et le nécessaire renoncement, lorsqu'on devient adulte, à ses idéaux de jeunesse. Aujourd'hui, en dehors du plaisir que j'ai à vivre mes amours plurielles, je pense qu'une de mes satisfactions est d’avoir montré que rien n'est immuable quand on veut vraiment changer. (Aimer plusieurs hommes, p.169)

image-sites-400pxA ce propos, un petit changement a déjà eu lieu. Depuis quelque temps, des enquêtes montraient que le stress minait la libido de nos contemporains. Libido, qui, comme chacun sait, ne se limite pas au sexe mais irrigue l’énergie et la créativité humaines. Conséquence : mes livres stagnaient en librairie comme sur notre site. Et voici que je viens de recevoir trois commandes de « Aimer plusieurs hommes » et une de « Himlico », recueil de contes positifs et joyeux. Continuez, continuez, vos amis seront heureux de ce genre de cadeaux J moins chers qu’un joujou technologique, jamais en panne de batterie et insensible aux virus et bugs informatiques. Que du bonheur !

Pour finir, un petit cadeau infiniment ringard mais qui me met en joie. 

http://www.youtube.com/watch?v=YDEgNp62jGk

imagination-au-pouvoir2.jpg


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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 13:28

De mes 19 ans- âge de mon premier salaire- jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours scrupuleusement payé l’impôt sur le revenu … sauf en 2010, car j'avais gagné si peu en 2009 que je me suis retrouvée non-imposable pour la première fois de ma vie. J’aurais dû crier « Youpi ! Pas d’impôt! » et en fait pas du tout. 2009 avait été une année de merde où je devais faire attention à chaque dépense, renoncer à partir loin en vacances moi qui adore les voyages, éviter les restos et les bars, les boutiques de fringues et les cinoches. Encore avais-je la chance, petite fourmi que je suis, d’avoir économisé durant mes années fastes, mais comme je ne savais pas combien de temps dureraient les vaches maigres, je faisais super gaffe à ne pas trop puiser dans mon cochon-tirelire.

coccinelle.jpgBref, comme on dit sur Canal+, j’ai trouvé qu’il était infiniment plus agréable de gagner correctement sa vie et de payer des impôts que l’inverse. Parce que d’une façon générale, si l’argent ne fait pas le bonheur,  il aplanit bien des soucis. Le nier serait irréaliste et l’écrire n’empêche pas d’être de gauche. Cette remarque pour répondre aux tracts nauséabonds qui circulent en cette dernière ligne droite de campagne électorale, dénonçant le fait que certaines personnalités de gauche  nageraient dans l’or et le caviar. Sous-entendu : si on est riche, on doit être de droite. Ou alors : seuls les gens de droite ont le droit d’être riches. Foutaise ! Ce n’est pas une question d’argent, c’est une question d’attitude de vie. Effectivement, certains tenants de la gauche « caviar » ont dérivé vers la droite et jusque dans les bras du futur ex-président, tout comme certains soixante-huitards sont devenus des bourges réactionnaires. Mais pas tous, heureusement.

picsou.gifEtre de gauche n’oblige pas à être miséreux, il existe d’ailleurs des miséreux de droite ou d’extrême-droite. Cela signifie vouloir rendre le monde plus juste, plus égalitaire, plus tolérant, plus fraternel. Et notamment payer des impôts en fonction de ses moyens. Ce qui est loin d’être le cas actuellement. Notre système fiscal toutes taxes confondues aboutit à un résultat surprenant. En 2010, un ménage gagnant 1700 € par mois payait une taxation totale (tous prélèvements confondus) d’environ 45%, contre 35% pour un  ménage déclarant 63 000 € par mois. Comment ce fait-ce ? Tout simplement parce qu’en France, seul l’impôt sur le revenu est progressif : de 0 à n, on paye tant%, de n à p, on paye un peu plus, de p à x, un peu plus, et ainsi de suite.  Toutes les autres taxes ou cotisations sont au même taux par tout le monde : cotisations sociales, CSG/RDS…, taxe sur les produits pétroliers, etc.  Même les non-imposables ne sont pas exempts de  taxation : ils paient  la TVA (au même taux que les milliardaires) sur tout ce qu’ils achètent, et la TVA est l’impôt le plus important : à peu près 50% des recettes de l’Etat, contre moins de 20% pour l’IR.

La seule façon de réduire les inégalités est donc d’augmenter le taux supérieur de l’IR, et de multiplier les tranches pour le rendre plus progressif. En revanche,  baisser l’I.R comme l’a fait NS et augmenter la TVA de 5 à 7%, c’est-à-dire sur les produits de première nécessité (et les livres…), c’est délibérément appauvrir les plus modestes et favoriser les plus aisés.

Il a été calculé que 10% des ménages les plus aisés ont profité de 70% des baisses d’impôt et niches fiscales (source : Observatoire des inégalités)

jambon.jpgAugmenter l’IR permet à l’Etat de mieux financer les aides sociales, ce qui permet à leurs bénéficiaires d’assumer leurs dépenses. Eh oui, quand ils ont quelques sous, les pauvres consomment, et ça stimule l’économie. Les riches placent leur argent et spéculent, vu qu’il y a un stade de revenus où on arrête de consommer, faute de besoins à satisfaire. En d’autres termes, l’augmentation de l’impôt sur le revenu pour les tranches les plus élevés est un des meilleurs moyens de sortir de la crise en relançant la croissance pour ceux qui en ont besoin.

einstein.jpgOn me dira : « Ouais, mais y a pas de raison que les riches paient toujours pour les pauvres » (qui sont comme chacun sait des assistés, des paresseux, des profiteurs, des français qui ne se lèvent pas tôt sauf les éboueurs, les boulangers, les postiers du tri, le personnel soignant J, les ouvriers en 3x8 et j’en passe… ). Que nenni mes seigneurs, vous bénéficiez aussi du partage des richesses! Les équipements publics servent à tous sans distinction de revenus. Routes, hôpitaux, écoles, administrations, police, justice, transports sont au service de tous les citoyens. Cerise sur la forêt Noire : l’Etat subventionne largement des équipements culturels –Opéra, théâtre, musées- dont profitent davantage les foyers aisés ou moyens que les plus pauvres. Pour amener un gamin au BEP, l’Etat aura déboursé 100 000 €, 200 000 € pour un élève de grande Ecole, majoritairement issu de familles aisées. Elèves qui sont rémunérés durant leurs études s'ils font l’ENA, Polytechnique ou Normale Sup, tandis que de nombreux étudiants en fac doivent trouver un boulot pour financer leurs études. Appelle-t-on ces gosses de riches des assistés ?

 tax_collector.jpgDans une vie antérieure, j’étais Inspecteur du Trésor et Valery Giscard d’Estaing Président de la République pas précisément de gauche. En ce temps là, la tranche supérieure de l’IR était à 60% (41% aujourd’hui) et  les niches fiscales n’existaient quasiment pas. L’impôt sur les sociétés était à 50% (33,3% aujourd’hui) et tout le monde s’en trouvait bien, entreprises et salariés.  

En 2011, grâce  aux délocalisations dans les paradis fiscaux et à diverses manips comptables, l’impôt sur les sociétés réellement acquitté est en moyenne de 3,3% pour les entreprises du CAC 40- sauf les quatre où l’Etat est actionnaire- et de 15 à 33,3% pour les autres entreprises, les PME payant davantage que les grosses sociétés, et on ne parle que de licenciements, de réduire les salaires et d’austérité. Cherchez l’erreur ! 

Jeudi, 19 avril, dernier billet jusqu’au 6 mai. Ce blog reprendra ensuite… peut-être. Ca dépendra de mon humeur après le 6 mai.  En attendant, je vais humer l’air du temps : cahier et stylo, amours, délices et crustacés, livres et balades changeront de cet écran.


lutin2.jpg

 

 

 

 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 12:35

Il y a des merveilles dans ce blog !  Je m’y plonge rarement, mais  n’ayant aucune envie de me fader un Xième billet sur N.S, j’ai cherché… et trouvé tellement de mots sur le sujet que franchement, ce serait de la gourmandise d’en écrire un nouveau. Ainsi, celui-ci qui a déjà deux ans mais pourrait être écrit aujourd’hui, sauf que la fatigue s’est encore accrue.

bien_vu....jpgAyant mieux à faire, je n’ai pas écouté le discours de NS en meeting, de toutes façons ce ne sont pas ses paroles, mais celles de Guaino dont on connaît le talent pour trousser des discours vibrants histoire de galvaniser les foules (70 000 participants dans une salle qui peut en contenir 40 000, les règles de sécurité auraient-elles été transgressées… ou le public fortement surévalué ?) Cependant, impossible d’échapper aux extraits diffusés sur les ondes et les écrans qui pourraient se résumer en une phrase : « Je ne suis pour rien dans ce qui va mal en France, c’est la faute à la crise, à l’Europe, à l’immigration. » S’il n’y est pour rien, s’il n’a rien pu faire pendant 5 ans de pleins pouvoirs contre des ennemis aussi clairement désignés, on ne voit vraiment pas pourquoi il devrait rempiler. NS, c’est le roi du bouc émissaire, du « diviser pour régner », du gars qui monte une catégorie contre l’autre, attisant davantage les rancœurs et les jalousies que le dynamisme et la solidarité.

congr_s_sarko.jpgOh ! Il est connu, il s’agite partout, mais cela ne signifie pas qu’il soit apprécié. La « stature internationale de président » dont on nous rebat les oreilles est plutôt déboulonnée : le voici le plus impopulaire dirigeant européen.

Ce dont se souviendra, ce sera les promesses non tenues, les vœux du président répétés quasi à l’identique d’année en année sans aucune concrétisation positive, les atteintes à la retraite lui qui avait promis de ne pas toucher à la retraite à 60 ans, et le pouvoir d’achat en berne, celui-là même qu’il devait aller chercher avec les dents…

sans_abri.jpgIl n’a pas éradiqué la misère ni, comme il l’avait promis donné un toit à chaque SDF, au contraire : beaucoup d’entre eux sont aujourd’hui travailleurs pauvres, c’est-à-dire des gens qui bossent mais sont payés au lance-pierres et dorment dehors. 

Les français ont-ils la mémoire si courte pour que 25% soit encore prêts à voter pour un président-candidat qui promet en 2012 de supprimer les retraites dorées comme il l’avait déjà promis en 2008, sans aucun effet ? Qui a oublié l’écologie et se soumet aux intérêts des fabricants de pesticides. (les futurs cancéreux le remercient…) Qui, de Michèle Alliot-Marie à Eric Woerth en passant par lui-même a été bien loin de la République exemplaire promise. Qui a gardé en prison pendant 6 mois Julien Coupat, sans qu’aucune charge sérieuse n’ait pu être retenue contre celui-ci. Qui ne cesse de stigmatiser les « assistés » en oubliant que les véritables assistés sont les riches qui fuient à l’étranger pour ne pas payer d’impôts mais reviennent se faire soigner en France pour être remboursés et ont touché des millions par la grâce du bouclier fiscal.

Les français- pas tous heureusement- sont étranges… Alors que Jean-Luc Mélenchon est saluée même par un Sarkozyste pur sucre comme Eric Brunet comme « l’homme politique le plus talentueux de la campagne, qui réveille en nous ce qu’il y a de meilleur » alors que le Véritomètre (analyse à la loupe des chiffres donnés par les candidats sur une foule de sujets) clown-repub.jpgmontre qu’Eva Joly est la plus crédible, celle qui raconte le moins de « craques », ces deux candidats qui devraient caracoler en tête sont loin derrière un président en état d’échec, un PS inconfortablement à cheval, selon les auditoires, entre un discours de gauche et un discours libéral, un centriste isolé dont l’analyse est parfois intéressante mais le projet très flou et une extrême-droitiste efficace pour stimuler la rancœur des foules, mais nettement moins crédible dès qu’il s’agit d’être précise sur un programme et le projet de société qu’il dessine.

Le petit bonheur qui en résulte, c’est de les voir, ces quatre là, s’agiter comme des malades pour grapiller nos voix et dépenser des sommes faramineuses pour nous faire croire que seul notre bonheur et celui de la France leur importe. Profitons-en : ces semaines avant l’élection, c’est comme feuilleter un catalogue de voyages. On est les Rois, tout est encore possible, on peut choisir qui on veut !

joueraumonde COUV4bis« Augmenter les salaires, tu vois, c’est pas seulement une question d’argent, c’est aussi la possibilité de plus être obligé de faire des heures sup’, d’avoir enfin un peu de temps à soi. Tu vois, petite, j’ai 51 ans, ça fait 34 ans que je bosse, et jamais, tu entends, jamais je n’ai choisi mes dates de vacances sans qu’on me les change au dernier moment. C’est comme si ma vie ne m’appartenait pas. Comme si j’existais moins que ceux qui décident mes dates. Putain, on est tous des hommes, non ? C’est pour ça qu’il faut se battre. Pour rester des hommes. '(JOUER AU MONDE", page 103) 

 J'ai écrit ce passage en 1995, il est toujours et encore plus actuel, alors comprenez que je m'impatiente...


 






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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 15:20

auvergne-son.jpgRencontre avec la responsable  livres du « Transfo », organisme régional voué à l'art et la culture en Région Auvergne, qui œuvre notamment à former les artistes afin de leur donner des armes juridiques pour se défendre dans ce monde cruel. Je suis émerveillée par le bouillonnement artistique de cette région, au point que dans ma médiathèque du 92, une rubrique est consacré au « rock clermontois » et que la région a déjà sorti trois CD regroupant des musiciens débutants ou confirmés. Pépinière de talents, l'Auvergne, tout comme d'autres régions: il suffit de se déplacer « en province » comme disent les Parisiens, pour découvrir des pépites dans l'écrit, la musique, les arts plastiques ou les spectacles de rues. Des gens « qui n'en vivent pas », comme on dit, mais animés d'une passion à surmonter tous les obstacles.

P1000840.jpgA propos de « qui n'en vivent pas », j'exprime à mon interlocutrice l'énervement que m'inspire la phrase « on ne vit pas de sa plume », comme s'il était normal de ne pas vivre d'un travail qui prend la tête et énormément de temps. En France, moins d'une centaine d'écrivains ne vivent que de leurs romans, les autres y ajoutent une activité de journaliste, enseignant, infirmière, médecin, plombier, kiosquier, agriculteur... pour ne citer que les métiers d'auteurs qui ont réussi à se faire publier. Même chose pour les musiciens, les cinéastes ou les intermittents du spectacle qui travaillent comme des malades pour des sommes faramineuses, genre 600 euros par mois, ou dépendent pour vivre d'allocations ô combien menacées par les temps qui courent .

Le leit-motiv qu'entendent les créateurs, c'est qu'ils ont de la chance d'avoir un métier/passion, et du coup on les paye au lance-pierres.

-C'est vrai, et on les habitue à penser qu'ils sont et resteront précaires. Ça commence par les jeunes artistes, parce que personne ne les plaindra (« Si t'es pas content, va bosser dans le bâtiment, on cherche des bras »)et ça gagne peu à peu tous les emplois.  On habitue les gens, et surtout les jeunes, à penser que la précarité est un état durable, paradoxe linguistique ! Il est vrai que la précarité favorise la crainte et la soumission.....

Qu'il semble d'autant plus démagogique, le discours du candidat pas encore ex-président-mais-bientôt- espérons-le, qui divise les gens- c'est sa devise « diviser pour régner »- entre ceux qui bossent, ceux qui pourraient bosser avec une bonne formation (que n'a-t-il mis en place ces formations durant son quinquennat ? Avez-vous essayé d’obtenir une formation en étant demandeur d'emploi ? Un vrai parcours du combattant...) Ensuite, selon NS, il y a les assistés, dont on entend derrière ce mot méprisant que ceux-là « profitent du système », (c'est son obsession, les profiteurs pauvres, mais pas les autres), et enfin ceux « qui n'en peuvent plus et ont besoin de la solidarité nationale », sans doute les SDF dont il avait promis en 2007 audiovisuel.jpgque s'il était élu il n'y en aurait plus un seul fin 2008. Sait-il au moins, ce candidat qui gouverne la France depuis 5 ans et découvre le peuple qu'il n'avait pas daigné voir quand des millions d'entre eux défilaient contre ses projets de lois socialement régressives, sait-il qu'en France plus de 5 millions de chômeurs- oui, 5 millions, car si vous bossez quelques heures par mois, vous n'êtes plus chômeur recensé mais n'avez pas pour autant un emploi permettant de vivre- que 5 millions, donc, de personnes, ont envie de travailler, mais qu'avec seulement 200 000 offres d'emploi non satisfaites en France, 4 800 000 personnes n'ont quasi aucune chance de rebosser, sauf à créer des emplois dans des secteurs novateurs avec l'appui des Pouvoirs Publics, puisque depuis trente ans, l'exonération de charges sociales et les cadeaux fiscaux aux entreprises n'ont aucunement contribué à réduire le chômage.

LASCAUX.jpgOn est loin de la culture par quoi j'ai commencé ce billet ? Malheureusement oui, on en est loin car, l'avez-vous remarqué, la culture est quasi absente des joutes électorales actuelles. On n'y parle que d'argent, d'emploi, de compétitivité et de sécurité, comme si l'humain n'avait besoin que de cela pour vivre. Pour survivre, oui, sans doute. Mais ce qui rend l'humain humain, c'est la culture. J'ai déjà écrit ici que si l'homme préhistorique, après une journée épuisante à traquer le mammouth, avait éprouvé le besoin de dessiner sur les grottes sans espoir d'avoir un public et des acheteurs pour ses œuvres, c'est que la culture était plus qu'importante : essentielle. L'essence même de la civilisation. Que retient-on d'un pays? Les Pyramides d'Egypte, la muraille de Chine, les églises de tous styles, la Bible, Léonard de Vinci, Victor Hugo, Bach, Mozart ou Miles Davis, les thermes romains, les temples Incas ou Hindous, les peintures aborigènes, les sculptures du Zimbabwe, les masques Vaudous, toutes les musiques... Si la France demeure la première destination touristique au monde, c'est certes parce que ses paysages sont magnifiques et qu'on y mange bien- la cuisine étant en elle-même une culture- mais aussi parce qu'on y trouve, sur un territoire pas très grand, un concentré unique d’œuvres d'art de toutes les époques. Si les Américains et les Australiens découvrent sur le tard les Indiens et les Aborigènes qu'ils ont massacrés et appellent désormais « natives» pour signifier qu'ils sont à l'origine de leur pays, c'est bien parce qu'il est important de savoir d'où l'on vient pour savoir où l'on va.

Une civilisation qui néglige la culture cesse rapidement d'être civilisée. J'ai connu un homme avec qui les discussions s’achevaient souvent par une explosion de violence de sa part quand nous n'étions pas d'accord. Un jour où je lui en fis la remarque, il répondit : « Oui, mais toi tu maîtrises les mots, moi je n'ai pas fait assez d'études. Alors quand je ne trouve pas les mots, ça me donne envie de crier ou frapper. » (il n'avait que crié, sachant qu'un geste de trop m'aurait fait fuir à jamais.). Les mots, comme antidote à la violence...

Oui, la culture est un des meilleurs vecteurs de cohésion sociale et de construction de l'identité de chacun. Gérard Depardieu, Djamel Debbouze, Fabrice Luchini, et bien d'autres l'ont raconté : les livres et l'art les ont sauvés. C'est bien pourquoi il est significatif, et inquiétant, que la culture soit à ce point absente de la campagne électorale. »

livre.jpg

 

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 15:22

causette couvDans la pléthore de magazines féminins, Causette fait figure d’OVNI : aucune pub de cosmétique, pas de pages modes, de « spécial minceur » ni de courrier du cœur. Or il plaît de plus en plus aux femmes, grâce à qui ce magazine bimestriel est devenu mensuel. « Plus féminine du cerveau que du capiton », c’est le slogan de ce magazine dit « féminin » que plein de garçons devraient lire pour devenir (encore) plus intelligents. Le numéro de février est particulièrement réjouissant. On y trouve de la politique (« Qui mettra la finance au pas ? ») pas ennuyeuse et bien écrite, de la culture pas forcément consensuelle (Stanislas Merhar, Marcel et son orchestre, Botul…) des reportages originaux (luxure en salle de garde) et la fameuse rubrique « On nous prend pour des quiches » qui recense quelques merveilleuses stupidités du machisme ordinaire.

Ce mois-ci, ce n’est pas une quiche, mais 24 que raconte Causette, puisqu’il est demandé de voter pour « la Quiche d’Or » précédemment remportée par « Nadine Morano (2010) et « le dico des filles »(2011). Vote ultra difficile tant les quiches sont savoureuses. Pour ma part, je ne retiendrai pas « le bilan de Sarkozy », bien qu’y soit rappelées pas moins de 15 promesses non tenues du Président, car la quiche, on la lui servira au printemps. En revanche, j’hésite entre la quiche 4 : Crème anti-rides Geogirl pour les 8/12 ans ( il n’est jamais trop tôt pour fabriquer des névrosées),  et la quiche  15 : serviette hygiénique parfumée au thym (qui permet de savoureux quiproquos « ca sent bon maman, t’as fait une pizza ? – Non, mon chéri, j’ai mes ragnagnas. ») Incroyable l’imagination des pubeux pour faire croire aux femmes qu’elles sont moches et grosses, sentent mauvais et suintent de partout…

chiens-de-garde.jpgAutre plaisir du week-end dernier, le documentaire: «Les Nouveaux chiens de garde »,  On y voit Alain Minc affirmer en février 2008  qu’on doit s’extasier devant l’extraordinaire plasticité du capitalisme sans lequel nous serions face à une crise grave, puis le même conclure en avril/mai que la crise est passée (DSK aussi : « la crise est derrière nous » disait le meilleur économiste de France) puis, en octobre 2008, chercher des pansements à cette foutue crise.

Tous les économistes sont-ils des charlatans ? Non, pas tous, un bon nombre alerte depuis des années sur l’argent fou et la fin d’un système gangrené jusqu’à la moelle par la corruption et la finance spéculative. Mais ceux-là, on ne les écoute pas. Les experts de la télé, qui sont là pour modeler 80% de l’opinion publique, les Minc, Godet, Cohen, tous présentés comme d’éminents universitaires- ce qu’ils sont- mais en omettant de préciser les liens étroits qu’ils entretiennent avec les entreprises du CAC40 et les politiciens, ces experts qui se sont trompés avec une obstination touchante s’obstinent dans l’erreur et continuent de marteler : « Trop d’Etat, manque de flexibilité, assistanat.. » avec une subtile sémantique qui transforme les cotisations sociales- outil de redistribution de la richesse produite- en « charges sociales » pesant sur les malheureux patrons.

sarko_grimace.jpg« Alléger les charges patronales pour favoriser la compétitivité et l’emploi : 20 ans qu’on nous le serine, 20 ans que ça ne crée aucun emploi ni empêche les entreprises de délocaliser vu qu’ailleurs, là où des gamins nettoient les cuves des pétroliers en s’empoisonnant le sang et où des fillettes cousent 15h par jour pour 15 € par mois environ, les profits sont toujours plus gras et que le profit, c’est la raison d’être du capitalisme.

20 ans que les mêmes « experts » serinent la même antienne à la gloire du capitalisme avec une conviction que rien n’entame, ni la crise, ni les faillites des banques, ni la dégringolade des Bourses.

Depuis des décennies- marrant de les voir débuter tout jeunes et peu à peu se dégarnir, prendre du bide et des paupières flasques, mais ne pas changer d’un iota leur laïus ultralibéral, depuis des décennies  donc, Michel Godet , par exemple, ne cesse de répéter que les français ne travaillent pas assez et ne sont pas assez compétitifs, au mépris des statistiques du BIT qui montrent que la France est un des pays à plus forte productivité et compétence de ses salariés. D’anciens virulents gauchistes comme Michel Field, qui prônait « la lutte armée contre le capitalisme », rentrent dans le rang pour le plaisir sans doute de faire partie du club très sélect du « Siècle », qui, une fois par mois, réunit journalistes, politiciens et hommes d’affaires à l’Automobile Club, place de la Concorde. L’important n’est pas d’être politicien, industriel ou journaliste, c’est d’être du même monde…

Quiconque s’intéresse à l’actualité depuis longtemps reconnaîtra bien des choses vues et entendues, mais « Les nouveaux chiens de garde » synthétisent et mettent en évidence le martelage de l’opinion publique et la façon dont toute autre parole est éludée ou discréditée.

En définitive, les Français qui continuent à contester les mesures libérales et à clamer qu’ « un autre monde est possible » - ceux qu’on présente comme des râleurs ou des « décroissants »-  montrent une belle liberté d’esprit face au matraquage dont ils sont quotidiennement l’objet. 


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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 08:05

joueraumonde COUV4bisAujourd'hui « Jouer au monde » fait ses premiers pas et j’en suis aussi émue que pour un enfant. Quinze ans de gestation, ça crée des liens d'amour avec ses personnages. A cette euphorie, un seul bémol : la date de parution: 2012, année électorale. Bémol car- ce n’est un secret pour personne- je souhaite ardemment l’avènement d’une autre logique de société: économie écologique, partage des ressources et fraternité au lieu de l’arrogance et du culte de l’insécurité qui caractérisent la droite. Cela ne signifie pas pour autant que je suis béate à l’idée qu’un membre du PS arrive au pouvoir, car nous avons déjà donné, nous les plus de 50 ans! Une part de « Jouer au monde », dans ma vie comme dans le livre, vient de là. De la certitude que si une élection peut nous débarrasser d’un fâcheux, elle ne garantit aucunement un changement de société si nous ne prenons pas notre destin en mains. 

Dans un chapitre de « Jouer au monde », Marine raconte le 10 mai 1981 :

 mitterrand81.jpegA 20h, lorsque devait apparaître à la télévision le visage du nouveau président, Marine était au théâtre. A Bobino précisément, où Guy Bedos avait interrompu son spectacle. Le visage levé vers l’écran géant, il faisait les cent pas en murmurant « Ca y est, cette fois ci, ça y est ! ». Toute sa vie, Marine se souviendrait de la pluie de roses rouges sur la scène à l’annonce du résultat, des gens qui s’embrassaient et d’un couple de vieux entonnant « Le temps des cerises » avant de fondre en larmes de joie:

« Ca nous rappelle 36 ! »

Vers 22h, alors que le bal battait son plein place de la Bastille, un orage éclata, violent, sur la capitale. Marine y vit comme un symbole : l’eau purificatrice allait donner naissance à un monde nouveau.

Plus tard, c'est la déception lorsque, « à l’épreuve des faits », les espoirs se délitèrent :

Marine en fut blessée à l’aune des espoirs qu’elle avait nourris et se demandait, comme pour un amour déçu ou trahi, à quel moment, et pour quelle raison ils lui avaient menti.

« Ils avaient des idées et pas le pouvoir de les réaliser. Ils ont aujourd’hui le pouvoir, mais plus la volonté de réaliser leurs idées », se plaignait-elle à des amis.

« Le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument, » lui rétorqua un camarade énarque, ravi de cette citation qu’il présentait comme une fatalité quasi biologique.

Zut, me dis-je, raviver cette période ne va pas arranger les affaires de la gauche… Scrupule analogue à celui que veulent faire naître en toi les gens du PS lorsqu’ils t’enjoignent de « voter utile » et de ne pas disperser les voix sur les « petits candidats » (essentiellement Melenchon, Joly, Poutou côté gauche) pour contrer Marine le Pen.  

eva jolymelenchon-copie-1Tout d’abord, la notion de « petit candidat » me hérisse, elle est contraire au principe républicain d’égalité. De quel droit certains s’estiment-ils plus grands que d’autres ? Si on mesurait la grandeur d’un candidat à sa droiture et son courage, Eva Joly serait gagnante. Si on la mesurait à la proposition d’un vrai projet de société et au charisme qui donne envie de le réaliser, Jean-Luc Melenchon serait vainqueur.

Deuxio, le coup du « vote utile », on nous l’a fait en 2002 et on s’y est fait prendre, alors qu’a postériori, il était évident que Jean-Marie père de Marine n’aurait jamais obtenu plus de 40% des voix. Et même si… aurait-ce été la faute des électeurs, ou celle des « grands candidats », trop mauvais pour susciter l’envie de voter pour eux ? Il y a quelque chose d’indécent à faire peser le poids de l’échec sur les électeurs !!! Comme j’ai répondu à un ami proche du PS : « Si Jospin avait été bon, j’aurais voté sans hésiter pour lui dès le premier tour, si Hollande était bon, ce serait pareil : je ne vote pas pour ou contre un parti, mais pour ou contre des idées, une vision de la société et accessoirement un candidat. Ca commence à bien faire, ces caciques de la politique incapables de reconnaître leurs erreurs. »

Au lieu de diaboliser Marine le Pen, réaction idiote car elle se pose en martyre et ça lui rapporte des voix, pourquoi ne s’interrogent-ils pas sur le fait que beaucoup d’électeurs de Marine viennent des classes modestes, qui votaient autrefois PC, ont vu le parti communiste disparaître sous l’hégémonie du PS et ne se sont pas reconnus dans la gauche boboïsante que n’épargnaient ni les scandales, ni l’arrogance ? Comment voulez-vous que des gens qui triment et se font empapouter jusqu’à la moelle depuis quarante ans puissent se reconnaître dans le train de vie et les manières d’un DSK ou d’un Kouchner, pour ne citer que les plus symboliques ?

Un de mes amis bosse avec des ouvriers pour la plupart intérimaires et immigrés de seconde génération. Ces derniers sont abstentionnistes ou votent le Pen. Pas parce qu’ils y croient, juste parce que « tant qu’à voter, autant faire chier les autres en votant  Marine ».  A l’argument selon lequel leur championne risque de les faire chier en tant que noirs ou descendants d’immigrés même s’ils sont français, ils haussent les épaules : « De toutes façons, on est des loosers, y en a pas un qui s’est occupé de nous, alors tant qu’à être looser, autant se marrer en les faisant un peu chier. »  OK, ce n’est qu’un exemple et il existe heureusement des pauvres qui votent avec leur cerveau, mais il ne faut pas non plus, sous prétexte de « politiquement correct » omettre le fait que si l’opposition riches/pauvres et la lutte des classes sont bien réelles, les riches ne sont pas tous immondes, et les pauvres ne sont pas tous intelligents, le pourcentage de connerie existe dans toutes les couches de la société. Donc ne pas omettre que bien des gens qui ont en bavé sous Sarko voteront à nouveau Sarko parce qu’un mec marié à une Top model et qui roule les épaules, ça leur plaît, ça fait "zy-va" qu'a réussi.

affaires-gens-manger-argent-_-tjo0021.jpgSi seuls les riches votaient à droite, jamais celle-ci ne serait élue puisque les riches représentent moins de 20%des gens, dont 10% seulement de richissimes. (de plus il y a des riches qui votent à gauche, si, si !) Il faut donc admettre que dans les 51% d’un président de droite, plus de 30% viennent de gens qui, logiquement, n’auraient pas dû voter pour lui… et s’interroger sur ce qui fait l’échec renouvelé de la gauche. En effet, depuis 1958, avènement de la 5ème république, on a vécu 40 ans avec la droite et seulement 14 avec la gauche. Même pas 14 ans: 12, puisqu’il y a dans ces 14 ans deux ans de cohabitation  avec Jacques Chirac comme Premier Ministre de Mitterrand. Il y a évidemment une raison majeure: la domination par les medias et par les financiers des campagnes, qui sont les décideurs réels vu qu'ils tiennent les manettes internationales financières et boursières. Certes. Mais ça n'oblige pas non plus à se soumettre. 

 Par simple souci d’équité, il serait juste que la droite, élue par la moitié de la population +1, laisse la place à la gauche, qui en représente autant. Une vraie gauche, capable de lutter contre la financiarisation de l’économie dont même des économistes de droite disent aujourd’hui qu’elle est une catastrophe intégrale contre laquelle rien n’a été fait depuis 2008 malgré les promesses des uns et des autres. Pour choisir, voir quels candidats apportent de vrais engagements sur ce point. Mais quels que soient leurs engagements, se souvenir du passé et en aucun cas ne leur signer un chèque en blanc. 

Qui que tu sois, futur(e) Président(e) ce sont les citoyens qui joueront le 3ème tour et t’auront à l’œil.

chat-hypnotiseur.jpg

 


 

 

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 11:56

« Ca me troue le cul ? » Etait-ce « Zazie » (pas la chanteuse, celle de « Zazie dans le métro ») qui répétait cela chaque fois qu’elle était stupéfaite ? Non, à la réflexion, c’est trop trivial pour l’époque de Zazie, ça doit être plus récent. N’empêche que tant de choses me le trouent en ce moment qu’il pourrait faire office de salière.

Ca me le troue, donc de voir des peuples se débarrasser de dictateurs au prix de dizaines de vies perdues et se doter trois mois plus tard de dirigeants encore plus réactionnaires que les précédents.  Quoique il faille être lucide : 100 000 manifestants sur une place ça semble faramineux, mais si le pays compte 10 millions d’habitants, ça ne fait jamais qu’1%, les autres n’ont pas forcément la même veine libératrice.

D’entendre des journalistes sur France Info dire ce matin à propos du procès de Jacques Chirac : « Tout de même, si le président est condamné, n’est-ce pas un problème pour la démocratie, ça atteint la fonction présidentielle. » Heureusement, l’interlocuteur a répliqué : « Le vrai problème pour la démocratie, c’est la corruption des dirigeants. »

A propos de démocratie, ça me le troue très,  très grave, le coup d’état financier et silencieux qui consiste à NOMMER à la tête de deux pays (la Grèce et l’Italie) des dirigeants issus de la banque Goldman Sachs, celle là même qui a montré à la Grèce comment falsifier ses comptes et a ensuite spéculé sur la dette grecque. D’une part, cela consiste à demander à confier l’incendie aux incendiaires, d’autre part, c’est passer par-dessus la démocratie. Berlusconi et Papandréou, si contestables soient-ils, avaient été ELUS : dans une démocratie, ce n’est pas à des technocrates de nommer les dirigeants d’Etats souverains.

Et n’oublions pas le nouveau directeur de la Banque Européenne, Mario Draghi, lui aussi ancien dirigeant de Goldman Sachs, banque poursuivie aux Etats-Unis pour sa responsabilité dans la crise financière. Sur ce coup, les USA sont plus combatifs que l’Europe.

Ca me le troue toujours d’entendre Merkozy Sarkel ne parler que de surveillance des Etats, contrôles,  Sanctions… (‘Surveiller et punir », vous vous souvenez ?) sans dire et encore moins faire quoi que ce soit contre la pourriture du système financier : en 2007, les paradis fiscaux représentaient  11 000 milliards de dollars, je n’imagine même pas une telle somme. En 2011, après des rodomontades sur « la moralisation du système », ils représentent 20 000 milliards de dollars (enquête « Envoyé Spécial »)

Un trou de plus en entendant les medias affirmer que not’ président a acquis une stature présidentielle (il serait temps, après 4 ans !) en gérant la crise, alors que chaque plan annoncé est aussitôt suivi d’une baisse de la Bourse et d’une attaque des marchés financiers qui en veulent toujours plus pour eux, moins pour les populations.

Seuls les vieux qui n’ont plus rien à perdre osent enfin dire la vérité. Michel Pebereau, ex de BNP Paribas avoue enfin que « ce fût une grave erreur d’avoir mis toute sa foi dans la régulation par l’économie de marché » et VGE rappelle que l’euro reste une monnaie forte et que la crise actuelle est entretenue et manipulée par les medias, avec la bénédiction des Etats-Unis qui ne rêvent que du démantèlement de l’Europe.

Cela dit, ça me gonfle- ça change des trous- que l’argent soit devenu un objectif en soi, une idéologie et non un simple outil de gestion. Il y a infiniment plus de richesses créées dans le monde qu’il y a vingt ou trente ans, mais beaucoup plus d’inégalités et de misère, cherchez pourquoi…

Comme disait récemment Patrick Viveret, citant je ne sais plus qui : « l’homme s’obstine à créer l’enfer sur une planète paradisiaque ». Et pire, fait croire qu’il n’y a pas d’autre choix. Heureusement, de plus en plus de gens commencent à penser le contraire.

De tout cela et de bien d’autres choses nous parlerons samedi 17 décembre de 5 à 7h du matin (faut-il qu’on vous aime pour se lever aussi tôt avec le froid qui vient !) à l’émission  de Laurence Garcia, sur France Inter. 

coccinelle.jpg

 

 

 

 

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9 décembre 2011 5 09 /12 /décembre /2011 12:39

stress_boulot2.jpgL’anxiété provoquée par un flot continu d’informations négatives contre lesquelles on a le sentiment d’être impuissant constitue ce que le Pr Henri Laborit appelait « inhibition de l’action ». Elle est à l’origine de troubles mentaux, maladies cardiovasculaires et cancers. En effet, le stress qui en résulte perturbe l’équilibre psychique, augmente le taux de cortisol et d’adrénaline (hypertension, arythmie cardiaque) et altère les défenses immunitaires, rendant l’organisme incapable d’éliminer les cellules cancéreuses qu’il fabrique.

On me dira qu’il faut 15 ans pour développer un cancer et que leur augmentation n’a donc rien à voir avec la crise économique. Certes, on verra ces cancers d’ici 15 ans. Mais ils augmentent depuis plus de 20 ans, malgré les campagnes anti-tabac, anti-alcool, anti-tout… Dans le film « Mon oncle d’Amérique », Laborit montre qu’un rat soumis à un stress meurt rapidement s’il se sent impuissant, alors qu’il survit s’il a une possibilité de réagir. Retrouver la maîtrise de sa vie, c’est bon pour la santé.

Trois réactions sont possibles :

révolution lybieLutter de front : s’indigner, prendre la Bastille, casser la gueule à son patron, incendier des usines, manifester, faire la révolution, la guerre, couper la tête au roi. Efficace mais brutal et de portée limitée. Voir comme certains peuples éliminent un tyran pour se doter trois mois plus tard de dirigeants plus rétrogrades que le précédent.

Retourner l’agression contre soi : dépression, suicides, repli sur soi, drogue, alcoolisme, pétages de plomb. Fréquent- il suffit de lire les fait-divers- mais inefficace pour aller mieux, et décevant. Pourquoi se détruire par peur d’être détruit?

laborit1.jpgLa fuite, prônée par Henri Laborit dans son livre « Eloge de la fuite ». Fuir, ce n’est pas forcément partir à l’autre bout du monde. Ce peut être tout simplement faire un pas de côté par rapport à la société. Rejeter les conditionnements des medias et de la publicité, se libérer de la consommation/ consommation, s’exprimer dans l’art, la culture, les rapports humains, s’offrir des plaisirs gratuits, considérer l’argent comme un outil d’échange et non un objectif, cesser d’avoir peur de l’Autre, des autres… C’est jouissif, ça déstabilise un système fondé sur la frustration et la compétitivité et c’est bon pour la santé.

TRES FACILE ET GRATUIT:

Renvoyer les courriers publicitaires dans les enveloppes T histoire de faire payer le port aux harceleurs. Mettre un « Stop-Pub » sur sa boîte à lettres.

Enlever ses sous des banques douteuses et les déposer dans une banque plus éthique (Nef, Crédit coopératif). Participer à des monnaies solidaires.

Echanger ses compétences (une heure de cours de yoga contre une heure d'aide juridique) via les réseaux d’échanges genre SEL ou spontanément : on n’a pas forcément besoin d’une structure pour changer.

caresse3.jpgMasser ses ami(e)s et se faire masser par eux (elles).

Héberger et se faire héberger gratuitement (« couchsurfing », échange de logements)

Refuser les crédits à la consommation, qui emprisonnent et appauvrissent.

Garder son téléphone mobile, son ordinateur, sa machine à laver... tant qu'ils fonctionnent.

Faire du troc et des dons d’objets: il y a assez de biens dans ce pays pour équiper des millions de foyers sans bourse délier.

baisers2.jpgSe réserver des jours sans infos. Passer moins de temps sur les « réseaux sociaux », plus avec ses amis.

Parler à des inconnus sans crainte : la majorité des violences, viols et par définition incestes sont le fait de proches.

img_0057.jpgRefuser d'être joignable en permanence.

Comme au Québec, saluer le conducteur de bus et les passagers.

Sourire, chanter, respirer à fond, marcher aussi souvent que possible.

FACILE ET PEU COÛTEUX

Au lieu de passer au large ou de jeter une pièce sans rien dire, saluer le mendiant, parler un instant avec lui, lui offrir une boisson chaude en hiver.

chatlit.jpgLire des livres en papier, écouter de la musique en live, peindre ou colorier avec des pinceaux et des crayons, modeler avec de la terre, bref, oublier de temps en temps le « clic » souris au profit des cinq sens.

Répondre n’importe quoi aux instituts de sondage, pour rendre leurs études inexploitables.

 vin1.jpgInviter des copains chez soi au moins une fois par semaine, façon auberge espagnole où chacun participe.

Cultiver quelques légumes dans son jardin ou sur son balcon

Soutenir les artistes et associations qui s’autoproduisent, les petits labels, les éditions indépendantes, les vrais libraires, les AMAP, bref tout ce qui fait un pas de côté par rapport à l’économie dominante.

CHANGER LE TRAVAIL

t-shirt_2_petit.jpgInspecteur des impôts : vérifier en priorité les gros contribuables (hélas, pour les très gros, il faut l’autorisation de la hiérarchie)

Inspecteur du Trésor : accorder des délais de paiement en cas de rappel.

Agents de fournisseurs d’eau, électricité, gaz : éviter de couper les compteurs des familles en difficulté.

koala_dort.jpgTravailleurs sous pression : ralentir la cadence, refuser la gestion par le stress, ne pas répondre à un ordre aboyé, organiser une pause repos générale en cas de fatigue (on peut licencier un travailleur qui se couche par terre, mais pas les licencier tous !)

Pour tout le monde, et en particulier les policiers : refuser tout texte discriminatoire, raciste ou sexiste, ils sont illégaux.

Attaquer les entreprises qui arnaquent, refuser de travailler pour rien ou presque, saisir les Prud’hommes, devenir au besoin procédurier.

Ce ne sont que quelques pistes,  la liste ne demande qu’à être complétée.

 

canal.jpg

Quiétude en plein Paris...

 

Jouez avec Autres Mondes: jusqu'au 10 janvier, un quizz peut vous permettre de savoir ce que sont devenus Harro Baz et Marie Sirtaki,  de lire un conte inédit de Micheline Maurel et de gagner un exemplaire de "Autres désirs, autres hommes." (cf colonne de droite)

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 15:59

fleurs.jpgElle a 40 ans, ou un peu plus. Elle rêvait de vieillir dans une petite maison avec un jardin, où elle aurait planté des carottes. Après vingt ans de boulots même pas précaires mais mal payés, plus un divorce, son rêve sans prétention est devenu démesuré, au prix actuel du logement. Elle en est indignée. Indignée qu'il soit interdit de prétendre à un bonheur si simple, que ses parents avaient pu réaliser. Alors elle campe à la Défense, comme des dizaines d'autres. Ils en chient, entre le froid de la nuit, l'inconfort de la dalle en béton, la curiosité bovine ou agressive de certains passants et les charges de flics de plus en plus violentes alors que les indignés sont d'un pacifisme absolu, gentils. Trop gentils peut-être.

capitalisme-malade.jpgIls en chient, et pourtant ils continuent. Comme s'obstinent, avec infiniment plus de risques, les manifestants en Egypte, en Syrie, au Yemen, en Chine,  aux Etats-Unis, en Inde... Ils en chient, mais comme cette femme le dit avec des yeux brillants : « J'ai l'impression de revivre, enfin ! » Enfin reprendre la maîtrise de son existence. Elle qui a toujours été subalterne se révèle débrouillarde et organisatrice-née. Elle découvre la solidarité inattendue d'un cadre cravaté venu leur apporter des tapis de sol pour qu'ils aient moins froid, la gentillesse spontanée de commerçants de la Défense qui leur offrent du café chaud et des croissants. Le bonheur de s'organiser soi-même, avec des règles choisies. (par parenthèse, c’est la définition même de l'anarchie, à l'opposé du désordre organisé du capitalisme financier.)

vie_montreal_005.jpgCette sensation enivrante, exquise, de secouer enfin le joug renaît à chaque grand mouvement. Lors de la grève des transports de 1995, alors que les medias en faisaient des tonnes sur « la galère des usagers », je me déplaçais à vélo dans la neige, moi qui ai horreur de la neige et de la glisse. Aux feux, les cyclistes soufflaient dans leurs doigts pour se réchauffer en se faisant un signe de connivence. A pied, on se saluait, en stop, on trouvait toujours un automobiliste pour vous prendre en charge. Jamais je ne suis arrivée en retard au boulot, et j'ai rencontré plein de gens adorables qui ne rêvaient que d'un bonheur au final accessible, s'il n'était pas écrit dans la tête de certains : « Il ne suffit pas d'être heureux, encore faut-il que les autres soient malheureux ».  Si la nuit du 4 août a tant marqué l'histoire, c'est bien parce qu'au-delà de la richesse, l'important pour les gens de pouvoir, est de garder leurs privilèges.

Puis la grève s'est essoufflée. Les transports ont repris très progressivement. Un matin, voyant une foule à l'arrêt de bus, je m'arrêtai pour proposer trois places dans ma voiture. Avec effroi, chacun déclina: « Non, non, on attend le bus ! »  Exactement comme dès le 30 juin 1968 les gens avaient cessé de se parler dans la rue, fin 95 ils étaient rentrés dans leurs coquilles sitôt la grève terminée. En oubliant le bonheur qu'ils avaient ressenti à ne plus avoir peur les uns des autres.

mai68.jpgC'est sur cet essoufflement que comptent tous les pouvoirs. On ne peut pas faire indéfiniment la grève quand on a un travail et une famille... Margaret Thatcher, qui a laissé mourir Bobby Sands après 66 jours de grève de la faim, a profité des limites biologiques de ce genre d'action. Les « indignés » des pays tempérés ont un ennemi proche : l'hiver, plus efficace qu'une charge de CRS pour les déloger.

Heureusement, il existe d'autres moyens drôles et efficaces pour contourner et déstabiliser chaque jour un système qui ne tient que par l'assentiment de la majorité. Révolution permanente, à suivre dans un prochain billet. 


( Désolée, je n'ai aucune photo du campement de la Défese, celles qui m'ont été envoyées par téléphone ne sont jamais arrivées sur mon mail. Faiblesse de la technologie)

 

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