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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 20:20

adresse.jpg« Hypertension, réveils nocturnes, anxiété, difficultés à vous concentrer, prise de poids…  mes conclusions sont formelles : vous devez arrêter  Internet.

-Impossible, j’en ai besoin pour mon travail.

-Certes, et je ne veux pas vous mettre au chômage, alors je vous prescris de n’aller sur Internet que pour chercher une information précise, en évitant de cliquer sur un lien, puis un autre…  ce qui nuit à votre capacité de concentration et génère de l’anxiété. Pour le reste : plus de forums, de Facebook ou de sites de rencontres. Cela devrait réduire la fatigue et les effets liés à l’abus d’ondes électromagnétiques.  Et sur le temps ainsi gagné, vous irez vous aérer, marcher dans la nature ou même en ville. Ca vous fera perdre du poids sans régime. »

paris.jpgGuy Kaddict sortit du cabinet médical, pensif.  Il marcha un quart d’heure, puis s’assit sur un banc,  face à la cathédrale. Il y avait des lustres qu’il ne s’était pas assis ainsi, en pleine ville, pour admirer un monument. Les lumières d’automne rendaient la pierre dorée, le ciel étirait au loin quelques cirrus roses,  un parfum de tilleul flottait dans l’air, des feuilles mortes brunes et rouges faisaient la course sur la berge de la Seine.

Plus de Facebook, comment allait-il faire ? Il avait coutume de s’y précipiter chaque matin, et plusieurs fois dans la journée, pour lire son mur. Déjà qu’il avait une dizaine de vidéos en retard à regarder…  Facebook allait le rappeler à l’ordre : « Vous n’êtes pas venu depuis X jours, beaucoup de choses se sont passées durant votre absence ! » Il allait devoir quitter ses 1698 amis. 1698 ! Le chiffre le frappa soudain par son énormité. En fait, il n’en connaissait réellement qu’une quarantaine, avait accepté machinalement les autres et n’en avait rencontré qu’une trentaine en deux ans. Brèves rencontres, faute de P4.jpgtemps.  Il se souvint de Jacques Lantier, un scientifique érotomane à  qui il devait  quelques soirées sexuellement délirantes. Un jour, ils avaient organisé un « jeu de piste » sexuel à travers la capitale, ponctué d’épreuves que chacun avait concocté pour l’autre.  Jacques était devenu un intime, qu’il n’avait pourtant jamais rencontré, même au cours de leurs soirées. C’était la règle du jeu, qui devait se terminer, cependant par une rencontre « en vrai » autour d’un dîner gastronomique. Sauf que Jacques avait soudainement disparu. Mort ? Amoureux ? Lassé par ce jeu ? Guy Kaddict ne l’avait jamais su. Il avait cherché à le retrouver, mais bien évidemment Jacques Lantier était un pseudo, dont il existait dix-sept homonymes sur la Toile, mais pas son ami. Drôle d’ami, qui sait tout de vos fantasmes intimes et disparaît avec vos secrets…

kino.jpgIl se remémora Sonia, Bérénice,  Astrid, Christine… Les trois premières étaient restées virtuelles,  car  lorsqu’il avait insisté pour « se voir enfin », après des mois d’échanges par mur interposé, elles l’avaient rayé de leurs amis. Plus moyen de les joindre ! Avaient-elles simplement existé ? Christine,  oui. Mais pas la Christine qu’il avait fréquentée sur Facebook. Sans leur signe de reconnaissance- une rose rouge posée sur la table- il n’aurait jamais reconnu l’Amazone brillante avec qui il conversait des nuits entières dans cette fille terne qui tournait avec morosité sa cuillère dans un jus de tomate. Lâchement, il avait fui sans même la saluer. 

D’autres avaient accepté de poursuivre la discussion « dans la vraie vie ».  Il avait ainsi passé plusieurs soirées sympas dans des bistrots choisis par les demoiselles. Qui concluaient le dîner par un joyeux : « La prochaine fois je t’invite ! » tandis qu’il réglait la note.  Il n’y avait eu qu’une prochaine fois, devenue une amie réelle. Les autres avaient quitté Facebook pour Twitter où elle racontait leur vie minute après minute, rien de très excitant. Il avait coupé les ponts, disait-il, pour justifier qu’elles ne l’aient jamais rappelé. Néanmoins, il s’en voulait des confidences qu’il leur avait faites, de cette intimité avec des inconnues qu’il ne reverrait jamais, désormais indélébile sur la Toile.

bassin-arsenal.jpgDéconnecté, il se sentait déconnecté. Tant de contacts et tant de mots pour se retrouver comme un con seul sur un banc. Qu’allait-il faire de ses amis FB dans la vraie vie ? En deux ans, son carnet d’adresses email s’était considérablement étoffé, mais il lui arrivait, en le compilant, de se demander qui diable pouvaient être ce Thomas ou cette Stéphanie dont il avait toutes les coordonnées mais qu’il n’oserait jamais appeler tant il avait oublié de qui il s’agissait.

Calbum57524.jpg« Vous avez l’air tout triste » fit une jolie voix tout près de lui. Guy Kaddict sursauta. Une jeune fille venait de s’asseoir à côté de lui. Elle sortit de son sac un sandwich aux rillettes : « Ca vous dit qu’on le partage ? » Elle éclata de rire devant son air effaré : « Un peu rustique, mon goûter, mais je n’ai pas eu le temps de déjeuner à midi. » Guy Kaddict ne savait plus où se mettre. Il avait eu trop chaud au soleil, sentait ses cheveux collés sur ses tempes,  voyait la poussière sur ses chaussures. La jeune fille lui prit la main, la serra gentiment entre ses paumes fraîches : « Vous avez les mains moites, c’est signe de fatigue. Venez, je vous offre un remontant au bistrot d’à côté. Vous verrez, c’est très sympa. » Guy Kaddict balbutia : « Vous abordez souvent des inconnus ? » « Ben oui, fit-elle surprise. Comment voulez-vous faire connaissance autrement ? »


feux d'art1

 

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 19:00

indignés NY afp Le chaos actuel suscite des milliers de réflexions et d’idées, avec une soif de  démocratie réelle. Comme disait à peu près Nietzsche « Il faut le chaos pour accoucher des étoiles ». Mais contrairement aux austères Maos des années 70, la recherche d’Autres Mondes possibles se fait plutôt entre bons vivants, qui aiment manger et boire- bio et sain, mais bon et joyeux- refaire le monde autour d’une table, et agir. J’en  ai déjà parlé ici et là.   Tout fait feu pour opposer au There is no Alternative de Margaret Tatcher le There Is Others Alternatives .

Le Mouvement pour la Paix lance une pétition afin que les députés ne votent pas le budget de la Défense? Que peut donner une telle pétition avec un parlement majoritairement de droite (et à gauche aussi, y a plein de militaristes)… Or, il se trouve que depuis deux mois, je cogite sur une façon de favoriser à la fois la démocratie et le refus d'un budget militaire inutile. Rappelons que le Costa-Rica et l’Islande n’ont pas d’armée, s’en portent très bien et ne sont pas envahis pour autant.

cr4.jpgAutrefois, l’ antimilitariste pouvait être objecteur de conscience pour ne pas accomplir le service militaire. Parcours du combattant ( !) mais enfin, c’était possible. La suppression du service militaire ne permet plus d’exprimer son désir de paix et de dépenses plus utiles qu’un sous-marin nucléaire.  D’où mon idée de proposer une OBJECTION FISCALE hyper simple à mettre en œuvre. 1) Vous déclarez vos revenus. 2) Vous recevez l’avis avec la somme à payer. Jusqu’ici, rien de changé. 3) Vous payez et c’est là que tout change. L’objection fiscale permettrait à tout citoyen de répartir lui-même son impôt entre les postes qui lui semblent importants.  Il lui suffirait d’inscrire les sommes qu’il souhaite affecter à l’éducation, aux hôpitaux, à l’entretien des routes, au logement, etc…   On peut envisager une ventilation par grands postes : Santé, Education nationale, Logement… Ou affiner en distinguant dans Santé : recherche,  hôpitaux,  assurance-maladie. Enseignement : création de postes, construction de lycées, etc. Mieux vaudrait ne pas entrer trop dans le détail pour ne pas compliquer la déclaration, quoiqu’il semble indispensable, au secteur Industrie et énergie, de pouvoir affecter des sommes aux énergies nouvelles et pas au nucléaire (ou l’inverse si on préfère les centrales nucléaires). Avec le paiement par Internet, cette objection fiscale est est très facile à mettre en œuvre, et le calcul des sommes affectées serait automatique.

J’entends d’ici les objections: « Les gens ne donneront rien pour l'administration fiscale parce qu’ils n’aiment pas les percepteurs, alors qu’il faut des contrôleurs pour éviter la fraude." Possible, mais il y a aussi des gens intelligents- toi qui me fais cette remarque par exemple- pour le comprendre et affecter des sommes à ces postes. « On a des élus, ils sont là pour nous représenter ». Sauf que les députés, depuis des années ne représentent plus la population réelle (combien d’artisans, d’ouvriers ou de chômeurs députés ?) d’où le sentiment de n’être plus en démocratie mais en oligarchie de privilégiés.

En fait, c’est bien de Démocratie qu’il s’agit. L’objection fiscale aurait ’une influence modeste sur le budget de l’Etat car l’Impôt sur le revenu représente moins de 17% de ses ressources. En revanche, en choisissant où affecter leur impôt, les citoyens seraient plus enclins à les payer car ils en verraient l’utilité, et les décideurs disposeraient d’un reflet grandeur réelle (finis les échantillons bidon !) des vraies aspirations des français. Autant d’économisé sur les Instituts de sondage!

usine chinoiseOn en parle énormément ces jours-ci, car elle représente plus de 50% des ressources de l’Etat. La TVA. Faut-il l’augmenter, la supprimer pour les produits de première nécessité, moduler les taux ? Ca a l’air ennuyeux mais c’est passionnant, car la TVA touche chaque individu dès qu’il achète quelque chose. Et c’est vrai qu’il est agaçant de voir un ticheurte produit à 2 € en Chine supporter seulement 39 centimes de TVA (j’arrondis) alors que son prix de revient suppose des gens mal payés et aucune contrainte environnementale ni sociale malgré des transports polluants. Ca incite à la délocalisation. Le vice est payant, la vertu coûteuse.

album7-1498.jpgD’où l’idée développée par Reynald Masini, blogueur qui intervient souvent ici, d’une TVA à taux flottant. En deux mots : sur une base de TVA élevée,  on applique des réductions en fonction du respect par les entreprises de critères sociaux, environnementaux et non-spéculatifs. Les plus vertueux pourraient arriver à un taux proche de zéro, alors que le ticheurte chinois précité supporterait un taux de 80, voire 100% de TVA. Ce qui réduirait le différentiel entre son prix de vente et le prix de vente d’un ticheurte produit en France dans des conditions convenables. Et  pourrait donc inciter à relocaliser.

De cette idée on a discuté vigoureusement avec Reynald depuis six mois : faisabilité, risque d'inflation, contrôle sur les entreprises étrangères,  angélisme à propos de l’affirmation selon laquelle patrons et salariés sont sur le même bateau (yes, mais certains sont dans la cale…) comment éviter la corruption, paradoxe consistant à asseoir une réforme qui vise à plus de justice sur l'impôt le plus injuste, puisque la TVA frappe sans discernement les pauvres et les riches... A ces objections et à bien d'autres, Reynald Masini répond dans un "plaidoyer" développé sur près de 80 pages, à l'adresse des patrons comme des salariés, et bien évidemment ouvert à toute suggestion. Il s’agit de partager des idées et faire se frotter ensemble des cerveaux pour qu’en jaillisse des étincelles. Voilà pourquoi il devient partenaire d'Autres Mondes pour le faire connaître. 

Et comme la musique adoucit les mœurs et permet de finir une soirée en chantant, c’est un plaisir pour Autres Mondes d’accueillir Philippe de Preissac, ami de 30 ans, clarinettiste talentueux et homme capable de changer de vie pour réaliser ses rêves.

 

jazz-feeling-trio.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 15:39

 Ca usine dur, dans les différents partis, pour concocter des programmes  séduisants, soit en promettant « avec nous, vous serez plus heureux qu’aujourd’hui » (au minimum, sinon à quoi bon ?) ou « vous allez en chier, mais ça prouve qu’on est sérieux et crédibles ». Ca, chaos-plan-taire.jpgc’est l’argumentaire UMP : pour les UMPistes, être sérieux et crédible, c’est faire suer les peuples et leur faire payer les égarements (pour ne pas dire connivences) entre Phynance et Politique qui aboutissent au paradoxe que sur une planète qui déborde de richesses, pour certains indécentes, on ne propose aux générations futures que du sang, des larmes et de la pollution. Et on s’étonne que quelques-uns en deviennent violents !

martine_fuit_le_cap.jpgSeule façon de se faire une opinion précise : examiner dans le détail si ce que les candidats proposent permettrait de, réellement, sortir du bourbier dans lequel on se trouve et de la logique de croissance/accumulation/spéculation à l’origine de la crise. Pour l’instant, aucun des deux candidats présumés être au second tour ne propose sérieusement de sortir du système capitaliste, ni de mettre l’écologie au cœur de la vie publique. Pourquoi serait-on obligé de voter pour eux ? Qu'est-ce que c'est que le "vote utile" sinon un piège antidémocratique qui zappe le premier tour au profit du second. Pas envie de panser un monde pourri, plutôt de penser un monde nouveau. 

J’ai donc lu le programme du Front de Gauche publié chez Librio (2 €). Il y faut du courage, car le style, loin des envolées lyriques de Mélenchon, a le rythme lancinant d’un discours du parti communiste. Certes, les propositions sont séduisantes: qui refuserait d’augmenter les bas salaires, mettre la culture au cœur de la politique, ou donner la priorité à l’éducation, restaurer la démocratie ? Mais ce catalogue de résolutions vertueuses oublie de préciser, en face de chaque mesure, comment elle serait financée et quel type de société, de rapports humains, elle dessine. Ca en parle un peu en conclusion, mais de façon vague et pas enthousiasmante. Dommage… J’ai ensuite lu le discours d’Eva Joly  présentant son budget écologique 2012, puis le budget proprement dit. Je ne le détaillerai pas ici bien qu’il ne soit pas interminable et se lise facilement, mais vous le trouverez  sur son site :

Budget écoloDe toutes les déclarations d’intention lues ou entendues, ce document est le premier  vraiment sérieux et crédible, clair, lucide et capable d’ouvrir la voie à une société plus juste et équilibrée. Un seul exemple, pour le reste, vous lirez vous-mêmes. Alors que l’UMP table dans son projet de budget sur une croissance de 1,75% tout en avouant d’emblée que c’est sans doute optimiste, tandis que le projet socialiste se base sur 1,7 (2,5% dans sa première mouture), Eva Joly, rappelant que les prévisions les plus pessimistes annoncent 1% de croissance, a bâti son budget sur une croissance de 0,8%

de façon à avoir plutôt une marge de manœuvre qu’un déficit inattendu. 

eva jolyCertains la trouvent austère, pas drôle, pas glamour, pas charismatique.  C’est vrai qu’à force de dire que pour être Président(e) il faut y penser chaque jour depuis 25 ans et que seul(e)s ceux qui ont cette obsession réussissent, on en viendrait à élire les plus perturbés au lieu des plus compétents. En payant durant des années la psychothérapie que leur offre le pouvoir.

Mais il n’est pas trop tard pour changer…

 

 

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 17:06

Je suis bien contente pour vous, d'ailleurs, comme beaucoup de mes amis, j'ai voté pour vous dimanche. Mais pas pour le PS . Pour le candidat qui présentait des idées capables de réellement changer le système à bout de souffle qui nous épuise, et pour le candidat qui n'a pas (encore?) de casseroles et de scandales attachés à son nom. Je me demande même si j'aurai envie de retourner voter le 16 octobre... 

montebourgJ'ai lu votre interview dans Libération. Visiblement, vous êtes heureux d'être devenu le "faiseur de roi" courtisé par les deux "impétrants", comme vous dites. C'est normal,ça fait du bien à l'égo. En revanche, par deux fois vous évoquez "la condescendance et le mépris" dont auraient fait preuve à votre égard François Hollande et Martine Aubry. C'est possible, c'est même probable, le PS est un panier de crabes. La politique est un panier de crabes. Néanmoins, j'aimerais que votre succès actuel ne soit pas juste pour vous une revanche d'ego blessé. Servir de psychothérapie au narcissisme d'un homme politique , merci, ça fait 5 ans qu'on le paye cher!!!

A vrai dire, je ne comprends pas ce que vous faites au PS. A la Fête de l'Humanité, vous aviez visiblement plus d'affinités avec Jean-Luc Melenchon. Qui a quitté le PS parce qu'il ne s'y reconnaissait plus. Je doute que vous vous y reconnaissiez encore. Et si vous preniez la peine de la connaître, vous découvririez aussi que pour combattre la corruption, réguler la finance et imposer le respect de la loi à tous, aussi puissants soient-ils, la candidate la plus qualifiée n'est pas Martine Aubry, mais Eva Joly. Qui chaque jour m'épate un peu plus par son intelligence, sa force de travail et surtout son courage et son intégrité, qualités rarissimes en politique. 

eva jolymelenchonCe n'est qu'un rêve, mais je l'exprime ici, car "Jouer au Monde", cela signifie le rêver autrement, et de toutes ses forces essayer de faire coller la réalité à ses rêves. 

Je rêve, dès avant le 1er tour de la présidentielle, d'un rapprochement Joly/ Melenchon/Montebourg (ordre alphabétique) car à lire vos propositions, vous avez beaucoup de points communs dans les idées, et beaucoup de complémentarité dans le tempérament et la personnalité. C'est un rêve, car il faudrait ensuite choisir parmi vous trois le ou la candidate définitive, et là.... les ego reparleront. Il n'empêche: une telle force de proposition et de renouvellement, donc une telle possibilité de changement me fait rêver.

Que les internautes qui passent par là et font le même rêve n'hésitent pas à  "liker" et faire circuler ce billet, cela vous donnera au moins une indication. Vous en avez déjà une: à la surprise des sondagiers, des medias et des états-majors des partis, les écologistes ont préféré Eva Joly, plus engagée que Nicolas Hulot, et les votants à la primaire vous ont apporté moult suffrages inattendus, à cause et grâce à votre engagement.  Des millions de Français ont envie d'un vrai changement, il serait temps de les écouter. 

 

imagination-au-pouvoir.jpg 

 

 

 

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 11:50

 indignes-NY-afp.jpgOutre les « indignés » qui gagnent même les Etats-Unis-  10 000 américains défilant en disant « Non à Wall Street », ( photo AFP-E. Dunant) c’est nouveau- le score d’Arnaud Montebourg à la primaire socialiste montre que l’exaspération et le désir d’un changement qui ne soit pas qu’un ravalement montent. Ce à quoi les têtes d’œufs formatées par un seul modèle économique hurlent à l’archaïsme ou « l’abracadabrantesque » des solutions autres que leur éternels plans d’austérité qui partout où ils ont sévi  ont causé d’immenses dégâts.                                                       

troc venezuelaEt si on regardait ailleurs ? En Amérique Latine, par exemple, dont on se soucie peu en Occident, excepté pour en raconter les faits-divers tragiques et les règlements de comptes entre cartels de la drogue. Pourtant, il s’y passe plein de choses. La crise économique, ils l’ont eu dans les années 80, très dure. Evidemment Zorro/FMI est arrivé et leur a prescrit les mêmes plans d’austérité qu’à l’Europe aujourd’hui… avec les mêmes conséquences. Tout ceci est bien expliqué ICI  sivous avez un peu de temps pour lire.   Jusqu’au jour où l’Argentine, le Brésil et d’autres ont refusé la potion du Dr FMI et cherché d’autres solutions, racontées par TAOA,  blog et salvadorassociation fondés par trois jeunes français – à qui j’emprunte ces deux photos- qui ont quitté leur emploi pour parcourir l’Amérique Latine pendant 12 mois et y découvrir d’autres solutions que celles du FMI autour de l’échange et la monnaie. Coopératives financières en Equateur, monnaies solidaires non spéculatives au Brésil (monnaie garantie par l’Etat), au Salvador, au Honduras, clubs de troc au Venezuela… J’avais déjà raconté ICI comment le maire de Bogota, en Colombie, avait préféré la culture à la police pour lutter contre la délinquance… avec succès. Bref, ça bouge, ça fonctionne, ça améliore le niveau de vie des plus déshérités et surtout cela remet les populations au centre des initiatives, même s’il reste bien des problèmes à résoudre, évidemment. On ne crée pas un autre monde en six mois, mais toutes ces initiatives prouvent qu’on peut raisonner différemment et que ça marche. En Europe, d’ailleurs, diverses monnaies solidaires fonctionnent déjà.  

affiche-light-2-.pngTout à fait autre chose mais tout aussi innovant : en Australie, pays/continent dont on ne parle guère chez nous, il est possible depuis septembre dernier de se déclarer « de sexe indéterminé » sur son passeport en cochant une case X au lieu des M (male) ou F (female)

Mine de rien, cette case en plus a des retombées majeures. Plus de problèmes pour un transsexuel qui, se sentant homme dans sa tête malgré un corps de femme (ou l’inverse) ne souhaite cependant pas supporter les traitements et opérations destinés à uniformiser sexe physique et sexe mental : il se déclarera de sexe indéterminé. Plus de tracasseries pour retirer un courrier au nom de Monsieur lorsqu’on a une allure très féminine, on sera X sur sa pièce d’identité.

Au-delà des questions administratives et médicales, admettre que la séparation binaire de l’humanité en hommes/femmes ne rend compte que de l’aspect sexué biologique mais aucunement de la part de féminité que porte tout homme ni de la part de masculinité que porte toute femme à des degrés divers et variés, bref du genre psychologique et social, ce fait là, donc, remet en cause un fondement essentiel des guerres  et des religions : l’opposition hommes/femmes, avec la domination masculine d’ un côté, source d’abominations diverses, et de l’autre la femme soumise mais cependant présentée comme mère de tous les péchés et éternelle tentatrice. On sort du manichéisme pour entrer dans la nuance et la complexité, bases de la tolérance.

 

orni3 

 Pourquoi un ornithorynque ici? Parce qu'un mammifère qui pond des oeufs, a un bec de canard, des griffes à l'avant, des palmes à l'arrière, ça n'existe pas, ça n'existe pas... Ben si, ça existe! Alors, si l'ornithorynque existe, d'autres mondes sont évidemment possibles! 

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 15:19

chouchouChaque été, la TV diffuse des rétrospectives des années 60/70/80/90 (1990 déjà « historique » ! pour moi, c’est hier…) et chaque fois, ceux qui avaient 20 ans dans les années concernées essuient une larme furtive ou se déhanchent sur un rythme endiablé en déclarant « Qu’est-ce qu’on était heureux à cette époque ! Décidément, c’était mieux avant ! » Mais l’impression que « c’était mieux avant » est-elle réelle ou liée au fait que « avant », c’était il y a 10, 20, 30 ou 40 ans, bref à une époque où celui qui parle était jeune. ? Avec, par définition, plein d’enthousiasme et d’espérance. 

J’entends grogner un jeune cru 2011 : « Tu parles d’enthousiasme et d’espérance,  avec tous ces précaires, les dictateurs qui tirent dans la foule, la pauvreté, cette crise économique qui n’en finit pas… »  Yesss, guy, tout ceci n’est pas riant, mais tes grands-parents riaient-ils beaucoup en 1943, lorsqu’il y avait couvre-feu, savates de bois en plein hiver, café à la sciure et risque de prison s’ils étaient pris la main dans le sac où gigotait le poulet acheté au marché noir ? « OK,  mais c’était la guerre, va pas nous dire qu’il nous faudrait une bonne guerre, tout de même ! » Oh certes pas, jeune koala au regard tendre, la guerre est une connerie, le meurtre légalisé, un traumatisme absolu pour ceux qui en reviennent comme pour ceux qui y laissent la vie ou une jambe.  Alors pour qu’il n’y ait aucune ambigüité sur la discussion de « c’était mieux avant » prenons une de ces années 60 vouées au yé-yé et à la douceur de vivre. 1967, par exemple, qu’on ne m’accuse pas de faire de la nostalgie soixante-huitarde.

folegandros1967 ne fut pas spécialement une année érotique. Par contre, on y comptait deux dictatures en Europe : Franco en Espagne et Salazar au Portugal. Des dictatures pas pour rire, où on torturait, garrotait et emprisonnait dans le silence assourdissant des pays européens alentour… Deux dictatures, bientôt rejointe par une troisième : le 21 avril 1967, le coup d’Etat des colonels grecs installait pour 7 ans une dictature si violente que la magnifique et magique île de Folegandros, devenue un bagne, fut boudée par les grecs très longtemps après les colonels tant elle leur rappelait de mauvais souvenirs. A propos, certaines dates sont prédestinées : 21 avril 1967 et 21 avril 2002. 11 septembre 2001 (attentats terroristes aux Etats-Unis) 11 septembre 1973 : coup d’Etat fasciste de Pinochet au Chili, soutenu par la CIA. 10 mai 1958 : putsch des généraux en Algérie. 10 mai 1968 : manifestation et grève générale en France.

1967 voit aussi arriver deux dictateurs africains : Eyadema au Togo et Bongo au Gabon, qui rejoignent Mobutu installé depuis 1965. Côté guerres, on a le choix, entre la guerre des 6 jours, brève certes, mais qui inaugure 40 ans de castagne entre Israël, Palestine et autres pays limitrophes, castagne toujours pas réglée… Il y a aussi la guerre du Vietnam, longue et douloureuse, et la guerre du Biafra, qui cause des milliers de morts par armes mais surtout par famine du fait du blocus imposé à ce pays. En 1967, c’est aussi guevara.jpegl’exécution de Che Guevara ( photo René Burri) et la condamnation de son compagnon de route Régis Debray à 30 ans de prison (il en est sorti avant, heureusement). Enfin, côté environnement, le naufrage du Torrey Canyon : 30 000 tonnes de pétrole polluant 200km de côtes britanniques et autant côté français, tuant des milliers d’oiseaux et inaugurant la longue série des marées noires : presque chaque semaine, il y a des pollutions pétrolières qui ne font certes pas une des journaux mais salissent quand même. Enfin, en 1967, près de 10 000 personnes mouraient sur les routes, contre moins de 4000 aujourd’hui.   

Donc 1967 ne fût pas de tout repos, loin de là, et pourtant nous y avons survécu et même plus : quelques mois plus tard, on était en 68, début de la parenthèse magique qui ne le fût pas pour des raisons matérielles, mais parce qu’un souffle de liberté et de croyance en un monde meilleur se substituait à l’impression de blocage et d’impuissance précédente. Si 2011 semble à beaucoup si lourde, ce n’est pas tant à cause de la crise économique, des guerres, ou des pollutions, qu’ à cause du sentiment d’impuissance impulsé par la pensée dominante qu’il n’y a rien à y faire et que les remèdes appliqués- austérité, autorité, sécurité- sont les seuls possibles. A cause aussi des nostalgiques d’antan, persuadés que leur jeunesse était plus intelligente, cultivée et consciente que celle d’aujourd’hui.

indignés1Les bo-bos qui colportent l’idée que « le niveau baisse et les jeunes ne s’intéressent plus qu’au dernier modèle d’i-phone » ont une bien piètre opinion de leur réussite en tant que parents. Heureusement, il suffit de lire et écouter ce que les jeunes (pas tous, mais beaucoup) ont envie de vivre pour découvrir qu’ils pourraient bien, après la pesanteur de 2011 pas pire que celle de 1967, indignes-3.jpgconcocter un 2012 beaucoup, mais alors beaucoup plus vif et innovant que ne fût 1968. C’est toute la grâce que je leur souhaite. Si certains lisent ce blog, qu’ils n’hésitent pas à y mettre leur grain de sel. 

La 1ere marche européenne des indignés partie d’Espagne prévoit d’arriver à Bruxelles vers le 8 octobre 2011, après un passage à Paris, place de la Bastille le 17 septembre, et une semaine avant la grande journée internationale des indignés qui aura lieu le 15 octobre.

indignes-marche.jpg

 

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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 20:11

billets_de_banque.jpgC’est devenu un tic depuis la première guerre du Golfe, quand les journalistes devaient tenir deux heures d’antenne avec quelques images de bombardements ressemblant à un jeu vidéo. Ca s’est accentué avec le 11 septembre 2001- dix ans bientôt, je redoute l’avalanche de célébrations… - où après le même commentaire répété vingt fois sur les images en boucle du crash des avions sur les tours le journaliste concluait par cette phrase quasi culte : « Voilà ce qu’on pouvait dire… »

Il y a quelques jours, dans l’attente du krach boursier tant redouté, j’ai compté une dizaine de « voilà ce qu’on pouvait dire » qui signifiait en fait « on n’a pas grand-chose à dire, sauf que les investisseurs paniquent et que la Bourse se casse la figure ». Et ce jeudi, lors de la nouvelle chute amorcée par une rumeur non fondée, qui a aussitôt annulé l’embellie de la veille,  le commentaire en boucle fut « Les marchés sont irrationnels, il faut les rassurer avec des politiques de rigueur… »  Voilà ce qu’ils pouvaient dire, car ce qu’ils ne peuvent pas dire c’est que :

fou4.jpg-Il est insensé de laisser gouverner le monde par des marchés qui paniquent pour un rien, et criminel de se laisser imposer une politique économique par des agences de notation et des banques qui n’en ont rien à faire du bien public et encore moins du bien-être des peuples.

-Que l’économie, même en crise, continue à croître et les richesses produites à augmenter. Qu’il est donc faux de prétendre que « les caisses sont vides » quand on réussit à trouver des milliards pour renflouer les banques ou faire la guerre en Lybie ou en Afghanistan.

- Qu’en 1945, lorsque de Gaulle et le Conseil National de la Résistance ont créé la sécurité sociale, les retraites, les allocations familiales…. Bref le socle de ce qu’on appelle « le modèle social français », les caisses étaient vraiment vides et la France exsangue après des années d’occupation. Pendant la guerre, les français ont eu faim et froid, demandez à vos parents ou grands-parents qui l’ont connue. Et pourtant, le CNR a estimé que pour relancer le pays et que tous y mettent de l’énergie, du cœur, il fallait un projet de société qui profite à tous. Résultat : les 30 Glorieuses, 30 ans de croissance économique et de progrès social associés, comme quoi les deux ne sont pas incompatibles, au contraire.

clown-repub.jpg-Ce ne sont pas les politiques sociales qui ont creusé le déficit de la France (et sans doute des autres pays, mais je connais la France) mais la politique asociale qui consiste à réduire toujours davantage les sommes demandées à ceux qui ont de l’argent- l’oligarchie des grandes Sociétés et des grands investisseurs- tout en demandant à l’Etat de prendre en charge les dégâts causés par cette politique. Concrètement : exonérées de cotisations sociales (qui ne sont pas des « charges » mais un salaire différé, répétons-le), les grandes entreprises n’ont pas embauché pour autant, mais reconstitué leurs marges, et elles ont continué à supprimer des emplois, laissant à l’Etat le soin d’indemniser les chômeurs, mais faute de rentrées de cotisations suffisantes, celui-ci a dû emprunter pour cela, alors qu’une fiscalité plus saine suffirait à réduire les déficits en quelques années. Par ailleurs, une grande part de la dette actuelle des Etats vient des emprunts qu’ils ont faits en 2008 pour soutenir les banques... qui les pressurent aujourd’hui.

tax_collector.jpg- Une fiscalité élevée, loin d’écraser l’économie, est un signe de développement. Selon Eurostat (fin 2010) c’est au Danemark (48,2%), en Suède (47,1%) et en Belgique (44,3%) que la charge fiscale est la plus élevée. Elle est également au-dessus de la barre de 40% en Finlande (43,1%), pays réputé pour son excellence dans moult domaines, dont l’éducation et en France (42,1%) pays de la productivité (supérieure à celle de l’Allemagne) et du bien vivre.A l’inverse, c’est en Roumanie (28,0%), en Lettonie (28,9%), en Slovaquie (29,1%) et en Irlande (29,3%) , pas réputés pour leur bien vivre ni leur économie florissante que la charge fiscale est la plus basse. 

-Hormis la douceur de vivre et les beaux paysages, ce qui attire les investisseurs étrangers en France- je tiens l’info de ma sœur et de mon frère qui ont vécu et vivent l’une en Allemagne, l’autre aux USA- c’est la qualité des services publics : des routes entretenues,  une médecine performante, des trains qui arrivent à l’heure (hélas de moins en moins depuis qu’on veut « moderniser » la SNCF) et du courrier bien distribué (depuis que j’envoie mes livres, je constate un délai J +1 dans 90% des cas). Donc, il est ABSURDE que les marchés exigent que les Etats privatisent leurs services publics pour sortir de la crise, alors que l’expérience (trains en Grande-Bretagne, nucléaire au Japon) montre que la privatisation dégrade la qualité des services.

poissons.jpg- Les prestations sociales ne sont pas des primes aux paresseux mais le minimum requis pour ne pas sombrer dans la sauvagerie, ce qui se passe en Angleterre le prouve : les émeutiers sont sortis du bois par misère sociale… et intellectuelle, au prix des études dans ce beau pays. Résultat : non seulement ils cassent tout,  mais ils sont assez déneuronés pour faucher des gadgets inutiles, des écrans plasma… à l’image des caïds de certaines banlieues qui se la jouent rebelles mais reproduisent les schémas les plus conservateurs et consommateurs : machisme, violence, goût du bling-bling,  par mise en jachère depuis des années de leurs capacités intellectuelles.

- Hélas, le traité de Lisbonne, imposé de force aux peuples qui avaient voté « non » au référendum européen, donc totalement anti démocratique, est assez vicieux pour interdire toute réforme sociale et tout changement de système économique, téléchargez-en le texte, c’est édifiant !

lego_monstre2.jpgVoilà ce qu’on pourrait dire, et bien d’autres choses encore, sur « la crise », comme ils disent. Qui ne vient pas de nulle part mais d’une volonté coordonnée de détruire ce qui faisait le bien et le bonheur du plus grand nombre et de confisquer le pouvoir et l’argent aux mains d’une poignée de gens cupides… et irrationnels, car ce faisant ils provoquent les révoltes qui éclatent un peu partout et pourraient conduire à des guerres sanglantes. Il est vrai que la guerre est une activité économique que certains affectionnent…

Mais au lieu de dire cela, lorsqu’un internaute interroge (émission « C dans l’air » il y a quelques jours) : « Ce qui se passe n’est-il pas une crise du système capitaliste tout entier ? » la question pourtant importante est balayée en dix secondes : «  Depuis le temps qu’on annonce la mort du capitalisme, ce n’est pas demain la veille. « 

Chiche ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 août 2011 6 06 /08 /août /2011 13:29

 

Imaginons une voiture que l’on répare mille fois en y investissant beaucoup d’argent, que l’on essaie de conduire sans trop consommer, avec austérité dirais-je, et qui continue à tomber en panne malgré le recours aux meilleurs experts en mécanique et électronique automobile. Nul doute qu’on finirait par conclure que cette voiture est à mettre à la casse et qu’il faut d’urgence en inventer un modèle plus fiable. Imaginons un malade perfusé de toutes parts avec les médicaments les plus coûteux et un régime strict mais  dont l’état empirerait malgré tous les remèdes de cheval administrés : on dirait que ce malade est « en phase terminale » sans espoir de guérison.

capitalisme-malade.jpgLa dégradation de la note des Etats-Unis survenue cette nuit est l’ultime accès de fièvre, après la perte d’équilibre des budgets européens , la crise financière de 2008, la montée des inégalités et des souffrances sociales et la crise écologique : malgré des remèdes en milliards de dollars, malgré la sollicitude des experts économiques et financiers,  malgré des cures d’austérité drastiques et injustes car inégalitaires, le système capitaliste s’écroule et la croissance appelée à son secours ( croissance du reste pas forcément souhaitable dans un monde aux ressources limitées) n’est pas au rendez-vous.  Conclusion : puisqu’ il n’y a plus de remède possible, il faut changer de système,  changer de logique.

alternative« Comment ? diront certains, il n’y a pas d’autre alternative possible ! »  Ben  si, il y en a. Quantité d’économistes ont planché sur d’autres modèles et sur la sortie plus ou moins rapide d’un capitalisme à  bout de souffle au profit d’une société plus équilibrée et plus juste.  Mais depuis plus de 25 ans - ironiquement, cela a commencé quand la gauche était au pouvoir en France- on nous serine qu’il n’y a pas alternative3.jpgd’alternative au capitalisme.  Lisez « Il n’y a pas d’alternative possible : 30 ans de propagande économique » ou « La décennie : le cauchemar des années 80 » et vous saurez pourquoi je déteste ces années 80. Tout comme pendant des années il y avait des alternatives au pétrole, soigneusement occultées  par les pétroliers qui voulaient garder la haute main sur le marché de l’énergie, il y a des alternatives au capitalisme, des moyens de vivre et consommer autrement, des expériences ailleurs et qui marchent, mais que les medias dirigés par les financiers ont déconsidérées, traitées comme d’aimables marginalités pour encenser la pensée dominante d’une « droite décomplexée » comme disait l’autre.

En France, hélas- et dans quelques autres pays- on est plus enclin,  devant une proposition nouvelle, à chercher ce qui risque de la faire échouer que de chercher ce qui peut la faire réussir. Je l’ai expérimenté au sujet des « amours plurielles » : alors qu’en Belgique, en Suisse ou au Québec, on me disait : « C’est bien étrange ce que vous racontez, expliquez-nous comment vous faites pour que ça fonctionne », en France, on me disait : « Ce n’est pas possible !  (d’aimer plusieurs personnes, de ne pas être jaloux, de fonder une famille dans ces conditions, etc). Les années passant ont prouvé que non seulement c’est possible, mais que de plus en plus de personnes cherchent dans cette voie leur propre route amoureuse. 

imagination-au-pouvoir2.jpgMême constat il y a quelques jours alors que nous discutions avec un blogueur qui intervient souvent ici.  Chez lui, le confort moderne cohabite avec des toilettes peu consommatrices en eau et recyclant les matières solides, du chauffage solaire, de la colle naturelle sur les étiquettes des pots de confiture (du lait, tout simplement), un compost pour le potager, la récupération des eaux de pluie, et bien sûr une maison isolée et orientée pour consommer le moins d’énergie possible et se préserver des ondes électromagnétiques nuisibles tout en étant hyperconfortable, le monsieur est Suisse et ne lésine pas sur le bien-être comme nous l’ont prouvé sa fondue et le vin allant avec. Outre ce mode de vie sobre mais pas austère, il a concocté un projet de réforme fiscale qui, sans changer la face du monde, contribuerait néanmoins grandement à l’améliorer, nous en reparlerons bientôt ici et sur le site www.autresmondesdiffusion.fr .

jouer.jpgJe me suis amusée toute la soirée à écouter mon cher et tendre jouer les avocats du diable, c'est-à-dire énoncer les obstacles à la réussite de cette réforme plutôt que de chercher ce qui pourrait la faire réussir. Jusqu’à ce que notre ami lui réponde : « Bien sûr, il y a 50% de chances que ça ne marche pas, ou difficilement. Mais si on n’essaie pas, il y 100% de chances que ça échoue, et dans l’état actuel du monde, se donner un % de réussite pour améliorer les choses est quelque chose qu’il faut tenter. » Exactement ce que je disais à mes filles quand elles étaient petites et n’osaient pas se lancer : « Si tu essaies, tu peux échouer, mais si tu n’essaies pas, tu es sûre d’échouer. »  Oser et ne pas craindre l’échec, c'est-à-dire sortir de la propagande sécuritaire et du refus du moindre risque, c’est courir le risque de réussir à transformer ce monde dont tous les gens sensés s’accordent à reconnaître qu’il va mal.

revolution.jpg 

 

 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 15:33

 

bruxelles2.JPGCa Bruxellait tonique à Bruxelles le 6 juin dernier. Au programme : auberge espagnole riche des plats et desserts concoctés par les participants, présentation de mes livres et échange sur le thème : « Peut-on changer le monde si on ne change pas soi-même. » Avec Polyphil de Polyamour.be (tee-shirt rouge) Thomas ( en blanc) de l’association Bruxelles Laïque et une septantaine d’heureux pluriamoureux (terme que je préfère à polyamoureux) ce qui ne signifie pas béats, ni exempts de tout questionnement, au contraire. Ce n’est pas parce qu’ils s’aiment que tout est définitif. Les pluri s’intéressent aux variations naturelles du désir et des sentiments qui ne veulent pas dire qu’il n’y a plus désir ou sentiments mais que ceux-ci sont évolutifs, comme la vie. 

Mais pour ne pas figer l’Amour dans un écrin qui sent la poussière, ni s’accrocher à UN modèle qui devrait être comme ceci et pas comme cela, pour inventer en permanence les liens qui font que telle ET telle personne donnent envie de faire un bout de chemin avec elles, pour accepter sereinement que toutes les amours sont passionnantes mais pas forcément uniques ni éternelles, il faut forcément s’interroger sur ce qui fait croire le contraire à des milliers de personnes.

La soirée avait lieu à l’association Bruxelles Laïque. Ce n’est pas indifférent si l’on songe à l’influence des religions. La France longtemps, fut « fille aînée » de l’Eglise et ses lois s’en ressentent, tout comme le débat sur le voile islamique a amplement prouvé que même dans un Etat laïque la religion reste prégnante. Débattre dans un lieu voué à la défense de la laïcité, était donc l’occasion rêvée pour relier nos vies privées à la vie publique.

 bruxelles 1« Est-il possible de changer le monde sans changer soi-même ? », question choisie en référence à deux expériences passées : le couple « open » des seventies où la liberté sexuelle obligatoire par simple réaction à la  « morale bourgeoise » est vite devenue un diktat aussi pesant que ladite morale, avec de surcroît des sursauts de possessivité hystérique dont on se souvient encore dans le landernau des gentils communautaires, qui prouvaient qu’il est difficile de changer ses relations amoureuses si on n’a pas profondément changé sa logique de pensée. Autre expérience : la communauté, justement, quand on théorisait à donf sur la non-propriété et la gestion collective et qu’on se retrouvait à gueuler sur le mec qu’avait pas nettoyé la tondeuse communautaire. « Puisque c’est comme ça j’en achète une rien que pour moi et personne n’y touchera ! », réaction de propriétaire aisément transposable aux rapports de pouvoir qui unissent et défont les groupes et les couples : le goût de posséder, dominer, mépriser… C’est ce que font 20% des terriens qui s’approprient 80% des richesses de la planète au détriment des 80% d’humains laissés pour compte. C’est ce que font les machos désireux de s’approprier une femme en la dominant par la brutalité si besoin est, par le mépris ou l’argent dans les sociétés plus policées.  ( lire le texte de la causerie ici, c'est un cadeau à télécharger)

amoureux trio 

La brutalité, le mépris et l’obsession pour l’argent, voilà justement ce qu’on oublie pendant une elle soirée. J’aime, chez la majorité des pluriamoureux, leur façon d’être naturellement attentifs aux autres, leur tolérance, leur humour. Leur joie de vivre aussi : gourmandise pour la nourriture, appétit pour les discussions de toutes sortes. Pour la sensualité aussi. Ce sont des personnes tactiles sans être lourdes, et ça, c’est bigrement agréable. Pouvoir se toucher ou être touché- à tous les sens du terme- sans se demander avec anxiété jusqu’où il va « falloir » aller. On n’ira que là où on le souhaite, sans pression d’aucune sorte. Qu’il est reposant de pouvoir sauter au cou d’un homme sans crainte de se faire harponner par sa copine jalouse ! Qu’il est délicieux de parler de sexe et de plaisir avec sensualité et plaisir, sans grivoiserie. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup… 

amis.jpgQuand les pluriamoureux seront assez nombreux à vivre  ouvertement leur choix et que les autres verront qu’il leur apporte plus de bonheur et de sérénité, cela induira forcément une évolution de la société vers ces valeurs de l’Etre plus que de l’Avoir. Puis forcément vers des liens sociaux plus fraternels, faits de joie de vivre plus que de plaisir de consommer. Ce n'est pas du militantisme, c'est de l'imprégnation. Certes, il existe des pluriamoureux résolument carnivores, conducteurs de 4x4, consommateurs de gadgets et amateurs de jeux vidéo. Néanmoins, ce n’est pas un hasard si on rencontre chez les pluri autant de personnes adeptes d’une vie sobre et de relations humaines chaleureuses, hostiles à la compétition, curieuses de tout, en recherche de valeurs spirituelles et de relations égalitaires et démocratiques. Ce n’est pas un hasard si plusieurs d’entre nous se sont retrouvés en phase avec les « indignés »…

 

Mais ceci fera l’objet d’un prochain billet.

 

 

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 16:07

 eros.jpg                    

Par Héra ma douce épouse et toutes les déesses de l’Olympe, s’écria Zeus à Jésus, peux-tu m’expliquer ce qui se passe dans mon pays ? Ce peuple Grec, le seul à avoir inventé des Déesses et des Dieux heureux, amoureux et paillards- franchement on rigole plus dans l’Olympe que dans ton paradis asexué- ces navigateurs et commerçants hardis qui savaient jongler avec cent monnaies différentes du temps où chaque île avait la sienne, se trouveraient vaincus par l’Euro ? Que s’est-il passé ?

- Tout a commencé par un mensonge, et mentir, c’est mal, commença Jésus.serifos moulin

- Toujours moralisateur, toi, tu es vraiment Christounet. Oups ! Continue…

- En l’an 2000, donc, la Grèce a présenté des comptes falsifiés pour pouvoir entrer dans l’Europe malgré les critères de Maastricht. Les agences de notation…

-Késaco ?

affaires-gens-manger-argent-_-tjo0021.jpg-Des sociétés privées qui évaluent si un débiteur est solvable et si ses créanciers- qu’on appelle aussi investisseurs- courent un gros risque en le finançant. Il en existe plusieurs, mais les trois principales, Fitch, Moody’s et Standard and Poors, toutes américaines, trustent à elles seules 85% du marché de la notation.

- Quel rapport avec la Grèce ?

-Sur la foi des comptes présentés par la Grèce, elles lui ont toutes accordé la note AAA, excellente note.

-Ah ! ah ! ah !  Je veux bien que le gouvernement Grec ait menti, et que c’est mal. Mais est-ce bien que des agences grassement rémunérées pour noter le fassent « sur la foi de » sans rien vérifier ?

- Non, mais elles étaient payées pour ça : favoriser l’entrée de la Grèce dans l’UE et favoriser les investissements… Plus tard, lorsque la banque Goldman and Sachs a présenté un montage financier pourri pour un prêt à la Grèce, un truc dont il était évident qu’il allait provoquer un krach, les agences l’ont noté en chœur AAA.

-Ah ! ah ! ah ! encore. En voilà des agences à vision courte !

-Tu ne crois pas si bien dire, Zeus ! Figure-toi que Enron, énorme entreprise américaine, et les deux banques Goldman and Sachs et Lehman and Brothers ont, elles aussi, reçu la note maximale quelques mois à peine avant leurs faillites retentissantes, à l’origine de l’énorme crise financière de 2008.

-Du coup, j’imagine que ces agences de notation ont été virées et priées de se ne plus se mêler des affaires du monde …

-Pas du tout ! Le monde entier, ou plutôt les marchés…

-… les marchés ? Tu parles de ces institutions émotives comme des rosières face à un satyre en rut ?

dieux1.jpg- Euh, oui, quoique ta comparaison choque ma légendaire pudibonderie, sourit Jésus. D’ailleurs tu as raison : à la moindre rumeur financière, les marchés s’affolent, les marchés réagissent, les marchés plongent… alors même que la baisse du cours d’une action ne change rien à la réalité économique de l’entreprise, je veux dire à son activité réelle. Par contre, ces coups de fièvre des marchés déstabilisent l’économie mondiale en créant des réactions intempestives, des angoisses injustifiées…

-Je te suis parfaitement, confirma Zeus. Les Grecs travaillent dur et créent de la richesse… qu’ils oublient un peu de déclarer aux impôts, certes… Mais cette richesse existe, et n’autorise personne à déclarer le pays ruiné.

-Si : les agences de notation ! Car en déclarant un Etat en quasi faillite et en lui abaissant sa note, elles le conduisent droit à la ruine : aucun investisseur ne se risque plus à lui prêter, excepté à un taux quasi usuraire. Paradoxe total : on prête aux riches à bas taux, et aux pays en difficulté à taux majoré. Avec en prime consigne de serrer la ceinture au peuple. Paradoxe là encore : comment relancer une économie si on ne crée pas d’emplois et si les gens n’ont plus les moyens d’acheter ?

-Décidément, conclut Zeus, ces agences sont une invention de fous.

port klima intérieur-Non, dit Jésus, une invention machiavélique, qui permet à des entreprises privées américaines de dicter leur conduite à des Etats européens au mépris de leur souveraineté. A terme, elles sont capables de déstabiliser totalement cette Europe qui enquiquinerait bien les Etats-Unis si elle était un bloc uni et prospère. Il a fallu 50 ans d’anticommunisme viscéral pour détruire le bloc de l’Est, combien de temps faudra-t-il pour détruire le bloc européen ?

-C’est un sujet du bac que tu me poses là : « La liberté est-elle menacée par l’égalité ? » « La culture dénature-t-elle l’homme ? » Tu sais ce qui me ferait diablement (Oups !) plaisir, Jésus ? Que tu te décides enfin, avec vingt siècles de retard, à chasser les marchands hors du Temple ! »

 

plongee centre 

 

 

 

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