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13 février 2007 2 13 /02 /février /2007 23:29

Message reçu : « J'espère que tu vas nous écrire un beau billet sur la Saint Valentin, cette angoissante épreuve annuelle, que je n'ai jamais réussi à apprécier, que je sois célibataire (le diktat de devoir fêter l'amour, quelque chose qu'on n’a pas) ou en couple (le diktat de devoir fêter l'amour, quelque chose qu'on est censé avoir, mais que c'est beauf de se retrouver dans un resto en rangs d'oignon avec les autres "tables de deux" et de payer plus cher un menu St Valentin). » 

La St Valentin deviendrait-elle source d’angoisse pour les amoureux comme Noël l’est souvent pour les famille s ? Et quels amoureux ? Et quel amour ? 

Longtemps on m’a répété « ce n’est pas de l’amour » quand je parlais de sentiments qui ne s’inscrivaient pas dans la trilogie Passion, Possession, Pulsion. La rencontre entre deux épidermes qui se plaisent et deux névroses qui s’affrontent, le « trop-plein hormonal » du désir, qu’on fait rimer avec toujours mais qui s’estompe après trois ans, est-ce cela l’amour ? 

Et si l’amour signifiait tout simplement qu’on est heureux que l’autre existe, heureux qu’il ou elle soit heureux (se), sans qu’il soit besoin de l’appeler copain, ami, amour, amant… parce qu’au gré de la vie, le désir pourra être présent, s’évanouir, revenir, qu’il y aura des plages d’indifférence et d’autres d’intimité, des moments d’agressivité, puis de complicité, mais que toujours on jubilera d’avoir fait cette rencontre. 

« Je t’aime pour ce que je t’apporte, pour ce qui de toi m’enrichit. J’aime que tu me sois familier et que tu me surprennes. J’aime quand tu es là et quand tu es ailleurs. J’aime venir vers toi, puis m’éloigner. Et j’espère mourir avant toi pour ne jamais ressentir le vide de ton absence. » 

L’absence de cases dans la tête donne une infinie liberté en laissant la vie faire, en donnant du temps au temps. Ce que Henri Tachan a exprimé dans une très jolie chanson « Amour, amitié » dont voici deux couplets :  

 

Entre l’amour et l’amitié il n’y a qu’un lit de différence 

Un simple pageot, un pucier ou deux animaux se dépensent 

Mais quand s’installe la tendresse entre nos corps qui s’apprivoisent 

Que platoniquement je caresse de mes yeux ta bouche framboise 

Alors l’amour et l’amitié n’est-ce pas la même romance 

Entre l’amour et l’amitié dites-moi donc la différence.  

 

Je t’aime, mon amour, mon ami, 

Je t’aime, mon amour, mon petit…  

 

Entre l’amour et l’amitié ils ont élevé des barrières 

Nos sentiments étiquetés et si tu aimes trop ta mère, 

Ou bien ton pote ou bien ton chien il paraît qu’on est en eaux troubles 

Qu’on est cliniquement Freudien ou inverti ou agent double, 

Alors que l’amour et l’amitié ont la même gueule d’innocence 

Entre l’amour et l’amitié dites-moi donc la différence…

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 11:59

Je reçois de mon éditeur un manuscrit intitulé  « Aimer plusieurs femmes ou la passion jusqu'au bout. » L'auteur, un homme, a souhaité me le faire parvenir, car ses liaisons amicales/amoureuses, soigneusement dissimulées à son épouse, lui donnent un sentiment de culpabilité que mon livre « Aimer plusieurs hommes  », l'a aidé à mieux assumer. Cela étant, il continue à se sentir coupable, puisqu'il demande pardon à l'épouse dont il admire le mode de vie « exemplaire » (ce qui signifie en clair qu'elle n'a pas eu d'amants, ou qu'il ne l'a pas su.), et tient à préciser aux éventuels lecteurs que ses amies/amantes ne sont pas "totalement immorales," suggérant ainsi qu'elles le sont tout de même un peu ! ( J ). 

Pourtant, le rêve de cet homme est bien innocent : « Avec ces amies, nous avions juste besoin de passer un moment ensemble, d'un peu de tendresse le temps d'un court séjour sans rien attendre en retour qu'une complicité et une amitié qui peut durer ou pas toute la vie. Après quoi chacun reprend sa vie et ses souvenirs et la douce sensation qu'il y a toujours quelqu'un, à l'autre bout du monde, à qui on peut se confier sans préjugé et qui a de temps en temps une pensée pour l'autre. » 

Si je rencontrais cet homme- comme tant d'autres qui me confient leur amour pour leur épouse et leur attirance pour d'autres liens (pas seulement sexuels, les hommes ont besoin de liens intimes avec des femmes, parfois juste pour parler de ce qu'ils ne peuvent confier ni à leur compagne ni à leurs copains ), je lui dirais de cesser de se sentir coupable, mais d'être responsable. 

« Responsable mais pas coupable ». On s'est beaucoup gaussé de la formule de Georgina Dufoix, lors de l'affaire du sang contaminé. Pourtant, cette distinction est loin d'être stupide. La culpabilité a un relent judéo-chrétien, un goût de la flagellation qui n'implique d'ailleurs pas forcément la responsabilité. On peut se sentir coupable de frauder le fisc et n'assumer aucune responsabilité à cet égard. A l'inverse, un directeur de centre de vacances peut être jugé responsable d'un accident survenu à un enfant, même s'il n'a commis aucune faute et que l'enfant s'est blessé par imprudence.  

Dans un couple, quitter brutalement son partenaire parce qu'on a une liaison dont on se sent coupable montre bien la subtilité de la distinction. Il serait plus responsable d'assumer ce désir, peut-être éphémère, sans briser le foyer. De voir comme il évolue. De vérifier s'il révèle un conflit, comble un manque, ou s'il manifeste simplement une vitalité gourmande.

Mais pour ce faire, il faut assimiler l'idée que le désir n'est pas coupable, qu'il est le sel de la vie, un plus dans sa propre existence et non un moins dans celle de l'autre.  Ou alors, si on n'en est pas là, si on continue à penser que ce qu'on fait n'est pas très bien, assumer sa mauvaise conscience. Sans en faire porter le chapeau à l'autre en l'accusant de tous les maux, comme ces hommes qui assurent que leur femme est une mégère, pour absoudre des désirs dont ils se sentent coupables.

 

 

 

 

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25 janvier 2007 4 25 /01 /janvier /2007 14:16

Un jour une femme m'a écrit : « Grâce à vous, je n'ai plus peur des hommes  ».  Mon livre « Aimer plusieurs hommes  » l'avait déculpabilisée de ses désirs, pas exclusivement sexuels, mais curieux. Tout en aimant son mari, elle avait envie de rencontrer, comprendre et pourquoi pas aimer d'autres hommes sans entrer pour autant dans le schéma « liaison adultère » qui n'était pas sa tasse de thé.

Bien sûr, elle eut, elle a et elle aura, comme toute femme qui s'aventure hors des sentiers battus, des déceptions et des incompréhensions de la part d' hommes enfermés dans leurs schémas. Ils sont assez psychorigides, problème de corps calleux entre leurs hémisphères cérébraux...  Mais elle eut aussi de grandes joies, et notamment celle de prendre confiance en elle en se connaissant mieux. Toute expérience de vie aide à mieux se connaître. 

Cette lectrice devenue amie me raconte de temps à autre comment elle continue à cultiver avec passion son « jardin d' hommes  » ajoutant malicieusement : « Il me manque encore quelques espèces rares? » J'adore cette métaphore qui rend compte à la perfection de ce que nous recherchons : des relations différentes, des sentiments uniques avec chacun, une immense patience pour cultiver les liens, et comprendre que ceux-ci, comme les graines qui semblent enfouies et mortes dans le sol, peuvent germer à nouveau bien plus tard. Concevoir les relations amoureuses comme des cycles, des saisons, et non de façon linéaire change tout. On ne se brise plus dans le chagrin, on attend que passe l'hiver. La botanique trace aussi de merveilleux portrait d' hommes  : herbe folle, plante toxique, tronc solide, charme vénéneux, bambou subtil, fruits goûteux?  

 

La preuve : pour illustrer ce post, j'ai cherché des photos de beaux hommes sur Internet. Mais essayez un peu  de taper « beaux hommes  » sur Google : vous aurez une avalanche de sites gays- les hétéros se sentent-ils si moches ?- ou alors des mecs musculeux gonflés à la testostérone qui de toute façon ne montrent que leur bite, ce qui les réduit finalement à peu de chose ! 

J'ai donc illustré ce post avec des plantes, dont chacune m'a inspiré une pensée torride. A vous aussi j'espère.

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 novembre 2006 4 09 /11 /novembre /2006 17:51

Les textes érotiques qui pullulent sur le Net donnent une idée précise des fantasmes les plus répandus. Number one pour les hommes : la fille toujours prête, à qui on dit « Bonjour on baise ? » (et encore, dire bonjour dénote déjà un esprit de civilité pas toujours présent dans certains textes !) et qui aussitôt prend en bouche une, deux ou trois queues énormes et odorantes (l’insistance avec laquelle les apprentis écrivains parlent de leurs odeurs avec l’envie qu’elles excitent les filles me laisse des doutes sur leur hygiène…) puis se font prendre par tous les orifices et par tous les participants.

 

 

Fantasme numéro 2, exprimé dans presque toutes les émissions sexologiques : aller dans un club échangiste. C’est plus tendance, plus cher aussi, mais l’idée est la même : voir une femme qui aime le sexe avec plus que de la gourmandise, de la gloutonnerie, et ne se contente pas d’un seul homme pour calmer ses appétits.

 

 

Sauf que…  ces hommes qui rêvent d’opulentes et radieuses baiseuses, pipeuses et autres acrobates du sexe appellent ces femmes des salopes s’ils en croisent. Y compris s’ils ont eu le  plaisir de frayer avec elles.

 

 

Sauf que… ces hommes qui rêvent d’ébats collectifs avec leurs congénères mâles sont aussi de fieffés jaloux : une femme sur dix est victimes de violences conjugales en France, cent femmes en meurent chaque année, et dans 3 cas sur 4, cette violence est motivée par la jalousie.

Résultat : j’ai entendu à la radio une femme, française de souche convertie à l’Islam, dire qu’elle se voile parce qu’elle se sent ainsi plus libre face au regard « pervers » des hommes. Outre que les pervers reluquent plutôt les seins et les fesses plus que les cheveux et les yeux des femmes, je trouve navrant que le regard désirant des hommes soit forcément qualifié de pervers, et les femmes « grandes amoureuses » systématiquement traitées de salopes.

 

 

Un jour, dans un café, ayant entendu des hommes plaisanter grassement sur les putes et les salopes, je leur ai demandé ce que j’étais, moi, qui aime faire l’amour, mais pas avec tout le monde et pas avec n’importe qui. Gênés, les mecs, vous ne pouvez pas imaginer ! A l’heure creuse, j’ai fait parler le patron de ses fantasmes en le poussant le plus loin possible dans la confidence. Lorsque je me suis levée pour partir, il m’a dit : « Oh, vous alors, on peut dire que vous êtes une femme très libre ». J’ai souri : « Vous voyez bien qu’il y a une autre mot que salope… »

 

 

 

 

 

Cette histoire, et bien d’autres, je les ai racontées dans « Ce qui trouble Lola ».  Au-delà de l’histoire de l’héroïne- qui explore les hommes comme on explore une Terra Incognita, avec passion, surprise et humour-  ce livre essaie de comprendre ce que pourrait être le sexe pur, débarrassé des scories qui l’avilissent : la violence, l’argent, la peur et la honte. Un pur bonheur…

 

 

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4 novembre 2006 6 04 /11 /novembre /2006 18:01

Je reçois ce jour un commentaire chagriné  au post « le sexe normalisé » : « ce que vous dites de votre sexualité a ruiné ma vie »…  et par courrier ces mots :

 « Votre livre (« Aimer plusieurs hommes  ») est comme une colonne vertébrale à ma réflexion. Ouverture, désir, respect le traversent et le plaisir en découle. Le plaisir comme conséquence et non pas comme but. Votre livre est éminemment subversif, mais pour moi il est profondément humaniste et il a provoqué une résonance profonde. »

 Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà… A chacun sa vérité selon son histoire et ses références. Mon livre n’est pas un « permis de s’envoyer en l’air », ni un plaidoyer pour les amours plurielles. Il développe juste l’idée que lorsque la monogamie exclusive se termine une fois sur trois, voire plus, par un divorce, on est en droit d’imaginer d’autres façons d’aimer, celle qui nous correspond et non celle imposée par la norme sociale, la mode… ou le partenaire. Cela demande des années d’une réflexion qui évolue au fil du temps, et implique de  s’interroger sur soi-même sans rendre responsable l’autre ou les autres de ses échecs.

 « Aimer plusieurs hommes  » pose des questions qui, à en croire mon courrier, sont dans la tête de très nombreux hommes et femmes :

 En quoi serait-il mieux d’aimer une seule personne que plusieurs ? 

 

 

 

 

 Que recouvre l’exigence d’exclusivité sexuelle ?

 Comment concilier projet de vie durable et besoin de liberté ?

 Rien de sulfureux ni de débridé là-dedans, et pourtant cela semble effectivement subversif à beaucoup

 

 

On peut se demander pourquoi quand tant d'horreurs et de crimes mériteraient davantage d'indignation.

 

 

 

 

 

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28 octobre 2006 6 28 /10 /octobre /2006 14:37

Pas facile de se concentrer sur l'écriture érotique dans un contexte quotidien à 1000 lieues de ces délicieuses préoccupations; Si j'y arrive pour ce livre en gestation, si je fais de beaux textes, je pourrais me dire que "c'est un métier!"

Sur ce blog aussi, avec l'actualité immédiate, le sexe est moins présent que ce qu'en attendaient sans doute certains lecteurs et lectrices. Et pourtant, le sexe peut être éminemment politique. Démonstration à propos d'un débat radio sur le thème : « PARLE-T-ON TROP DE SEXE ?

 

 

Etrange comme on pose cette question uniquement pour le sexe, et éventuellement, mais beaucoup moins souvent, pour la violence. Bizarre d’ailleurs comme sexe et violence sont systématiquement associés, y compris sur les pictogrammes de classification des films.

 

 

Que signifie d’ailleurs TROP de sexe ? Trop grand ? Quel homme se plaindrait de l’avoir trop grand ? Quant aux femmes, la question ne se pose pas : elles ont un sexe qu’elles ne passent pas leur temps à mesurer. Trop souvent ? Pas davantage. La vie sexuelle n’occupe pas une place prépondérante dans les emplois du temps. Lors d’un sondage sur les 35h, à la question  « à quoi occupez-vous vos RTT ? » les sondés parlaient de jardinage, de bricolage, de soins aux enfants et surtout de repos, mais pas un n’a affirmé en profiter pour faire davantage l’amour ! 

 

 

Là où le sexe devient envahissant, en revanche, c’est dans son aspect marchand. Sites pornographiques payants, coûteux clubs échangistes, magazines spécialisés publicité porno-chic ou trash, boutiques de lingeries « hot » et de gadgets sexuels, réseaux de prostitution, tourisme sexuel… L’argent du sexe nous envahit. Or on parle d’invasion du sexe, et pas d’invasion d’argent.

 

 

Je n’ai personnellement jamais entendu un débat sur le thème « L’économie envahit tout, n’est-ce pas pervers, est-ce que ça ne risque pas d’occulter les autres dimensions importantes de la vie ? »

 

 

Pourtant, le débat sur la primauté de l’économie mériterait d’être posé[1], tant la pensée unique : être rentable ou disparaître, engendre misère et précarité au travail, risque de pénurie d’énergie, pollutions en tous genres, inégalités croissantes et leur corollaire : montée des frustrations qui engendrent la violence, l’intégrisme et au pire le terrorisme.

 

 

Face à tant de conséquences néfastes, la priorité serait de changer notre regard sur le monde et de promouvoir une économie moins destructrice. Peu de gens s’y risquent pourtant au-delà de quelques déclarations d’intentions : « Notre problème, s’agissant des catastrophes  est que nous savons qu’elles se produiront si nous poursuivons cette course productiviste insensée, mais que nous n’y croyons pas… nous continuons à gérer nos petites affaires, à défendre nos petits intérêts, à mijoter nos petites haines comme si nous avions l’éternité devant nous. »[2]

 

 

En revanche, le sexe fait l’objet de débats permanents sur ses méfaits et de propositions de lois pour endiguer la pornographie. Avec en filigrane la tentation de la censure.

 

 

« Vous êtes pire que les autres, vous parlez de sexe avec un naturel ! » Ce cri du cœur entendu lorsque j’ai participé à une émission TV est révélateur : considérer le sexe comme un mode de communication entre les êtres, un échange libre et gratuit entre partenaires consentant(e)s est subversif. Pas pour des raisons morales, puisque parallèlement il est fort bien vu de raconter ses ébats les plus extrêmes ou de gloser sur la sexualité débordante des hommes politiques, mais parce que la liberté et la gratuité sont subversifs.

 

 

La liberté sexuelle, qui n’a rien à voir avec le laxisme,  permet de se détacher de l’Avoir pour se recentrer sur l’Etre et sur les êtres. De s’affranchir des notions de possession et de pouvoir pour devenir ludique et joyeux. En cela elle est insupportable dans une société dont le moteur économique est le goût de la possession et du pouvoir, exacerbé par les frustrations.

 

 

 

 



[1] Il l’est heureusement dans des livres comme « La dictature du profit » de Viviane Forrester (Poche) ou « La société malade de la gestion » de Vincent de Gaulejac (Seuil)

[2]  In « Pourquoi ça ne va pas plus mal ? » par Patrick Viveret . (Fayard) Philosophe et conseiller à la Cour des comptes, il  considère que la frustration sexuelle est l’un des éléments qui  perpétue notre économie « guerrière et puritaine» fondée sur l’accumulation compulsive de biens matériels. 

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26 octobre 2006 4 26 /10 /octobre /2006 10:20

Trouvé le commentaire de Jean-Luc sur mon billet "mettre le feu". Merci, grand merci. Tellement peu de gens me disent qu'ils m'aiment. Peut-être que pour eux ça va sans dire, mais ça va tellement mieux en le disant!!!

J'ai plus envie qu'on me prenne dans les bras en me disant qu'on m'aime (ce qui ne signifie pas "je suis amoureux", ni "je veux t'épouser", note à l'intention de ceux et celles qui croient que "je t'aime" signe un plan d'épargne amour trop lourd pour eux...) plus envie donc de cela que de recevoir des fleurs après ma mort et des messages disant que j'étais une fille formidable. Rien de morbide là dedans, juste le regret que, comme disait Brassens "les morts sont tous de braves types", et que, stressé par le temps, on prenne si peu le temps de dire aux vivants qu'on les aime.

Aimer la sensualité, la sexualité, voire même les fantasmes les plus étranges n'exclue pas d'être accro à la tendresse. C'est même un cocktail assez savoureux.  Aller tout nus dans la cuisine se préparer ensemble un casse croute à trois heures du matin  après avoir fait des folies de son corps est à mon sens plus jouissif qu'un orgasme...

Donc un gros bisou Jean-Luc et un à ta copine qui est une femme formidable: on ira voir les poissons ensemble!

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16 octobre 2006 1 16 /10 /octobre /2006 19:49

Diner délicieux avec un lecteur qui a découvert "Le Jeune homme au téléphone", mon premier livre érotique, à l'âge de 20 ans, et a poursuivi son itinéraire sexuel avec les suivants.

Nous avons parlé toute la soirée de sexualité, non pas des gestes ni de ce qui est "bien" ou "mal", normal ou anormal. Non: de ce qu'engage la sexualité dans les corps et les esprits, de ce que trahissent nos réticences ou nos désirs, des envies vécues ou fantasmées. En fin de repas, il m'a remerciée de ce moment où il avait pu se confier librement, "sans doute pour la première fois". "Entre eux, les hommes ne parlent de sexe qu'en termes paillards ou en termes de conquête. Comment se fait-il qu'on ne discute jamais de sexualité et d'intimité entre amis alors que ce sujet nous concerne tous?" m'a demandé ce lecteur en me quittant.

Il m'est plusieurs fois arrivé que des hommes- quelques femmes aussi-veuillent me rencontrer uniquement pour cela: me parler de leur sexualité intime, sans quémander de recettes, juste pour que nous cherchions ensemble ce que signifiaient leurs ressentis et leurs désirs, en sachant qu'ils (elles) ne seraient pas jugés ni évalués au nom d'une quelconque normalité.  Etonnant, n'est-ce pas? A une époque où articles, livres et émissions sexologiques sont florissantes, ils et elles n'y trouvent apparemment pas leur compte.

Il est vrai que lorsqu'on voit le magazine ELLE traiter du sexe sur 38 pages dans un style faussement décontracté, avec la sodomie en vedette (très mode, la sodomie...) et expliquer que les sex-toys ou la masturbation sont "tendances", on hallucine; Le sexe comme phénomène de mode, avec ses tendances, ses positions in ou out, ses boutiques de gadgets.... Ne savent-elles pas, les journalistes de ELLE, que depuis plus de quinze ans, le catalogue la Redoute vend non pas des sex-toys mais de bons et braves vibromasseurs qui remportent un franc succès commercial, prouvant que ce plaisir là n'est pas tendance, mais éternel et connu depuis longtemps dans les régions de France, sans qu'il soit besoin de créer de show-rooms parisiens pour sex-toys de luxe?  Quant à la masturbation, elle commence dès le plus jeune âge, même si la petite fille qui caresse son sexe ne connaît pas le mot, et que le petit garçon dont on change la couche se touche le pénis sans avoir lu Freud ni ELLE.

Ces dossiers "sexe", et beaucoup de livres, en érigeant de nouvelles normes permissives et apparemment épanouies, mais contraignantes dès lors qu'elles deviennent des normes, ont créé bien des inquiétudes chez ceux que ces pratiques ne tentent pas. Une jeune fille de 19 ans m'a un jour écrit: "Mon copain veut me sodomiser, je n'ai pas envie, mais il me dit que tout le monde le fait." Ce fameux "tout le monde" cette fameuse normalisation est à l'opposé de la liberté qui voudrait qu'on ne fasse que ce dont on a envie, et tout ce dont on a envie avec les partenaires qui partagent les mêmes envies. Sans se demander si c'est in ou out.

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9 octobre 2006 1 09 /10 /octobre /2006 23:06

Selon les biologistes, le désir qui provoque une tempête hormonale quasi pathologique, en tout cas différente de l'équilibre habituel, dure en moyenne trois ans (d'où le titre du livre de Frédéric Beigbeder "l'amour dure trois ans", encore un qui confond le désir et l'amour, aimer et être amoureux!). C'est sans doute vrai pour le désir tourné vers une personne en particulier, d'où l'inévitable crainte de la "routine" et de l'usure du couple qui fait les beaux jours des émissions de sexologie.

En revanche, et c'est un émerveillement permanent pour moi, le désir intrinsèque, c'est à dire la capacité à désirer, à regarder les hommes (en ce qui me concerne) dans la rue en imaginant des choses inavouables à leur sujet, bref à avoir envie... cette capacité là est bien plus enfant de bohême que l'amour. Ca va, ça vient, ça repart de façon inattendue, ça disparaît parfois... Quand on l'a expérimentée plusieurs fois dans son existence, on gagne à cette connaissance de la versatilité du désir une sérénité totale. Peu m'importe désormais de vivre des période "sans", de rester de marbre face à des hommes superbes alors que dans d'autres circonstances je baiserais bien un réverbère pourvu qu'il m'allume comme il convient :), cela ne m'inquiète plus, ne me provoque aucune angoisse existentielle, aucune griffure d'ego. Je sais que mon désir se nourrit parfois d'autres univers- la libido n'est pas que sexuelle- ou qu'il a tout simplement envie d'une pause pour se régénérer.

Et puis, sans que je sache ni pourquoi ni comment, renaît un jour au creux du ventre un frémissement familier, comme un printemps de sensations. Comme la graine qu'on croit morte en hiver pointe une pousse hors de la terre dès les premières tiédeurs, cette libido en sommeil se révèle et se réveille plus vive que jamais, plus vive qu'avant, plus neuve aussi. Il suffit de peu de choses, d'un joli souvenir, d'un regard croisé sur un quai de gare, d'un parfum de tabac mêlé à l'odeur de la pluie un soir, une nuit... Il suffit d'un élan, cette envie de vivre encore et encore l'instant où rien ne semble plus important que ce que s'apprêtent à faire ensemble deux corps qui s'apprivoisent.

Mais peut-être que j'ai une bonne nature...

Illustration envoyée par un lecteur qu'avaient inspiré mes livres...

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