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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 15:11

 

 "On ressent quoi – même si c’est bien payé – quand on n’a (même) pas 20 ans et qu’on attend son tour pour aller se coucher sous un vieil équidé en sueur ? Qui veut voler votre jeunesse, votre avenir et votre beauté parce que lui n’en a plus?" interroge ce mois-ci le magazine Causette "plus musclé du cerveau que du capiton" à propos de Berlusconi. Ca change des féminins encensant "le courage d'Anne Sinclair"!

causette.jpgCausette a débuté tout petit à quelques milliers d'exemplaires, bimestriel, avec des articles énergiques et drôles à l'opposé de la gnangnantise ou de la branchitude modeuse de tant de féminins. Bref, ça avait tout pour échouer et d'ailleurs peu de monde y croyait. " Le féminisme, en 2010, c'est ringard, vous êtes plus que nos égales, c'est vous qui dirigez tout en sous-main, vous les femmes. Refrain masculin connu..." Personnellement, j’explore avec passion la planète des hommes parce que je trouve leur univers infiniment plus rigolo que celui dévolu traditionnellement aux femmes, et je rejoins Benoîte Groult lorsqu’elle dit qu’il ne faut rien s’interdire au motif qu’on est une femme. Reiser, le dessinateur, qui était féministe dans l’âme sinon dans tous ses dessins, considérait qu’une femme devait pouvoir roter et péter autant qu’un homme sans en être gênée. Je comprends l’intention, mais trouverais plus plaisant que les hommes se retiennent de roter et péter en public. ..

Pour revenir à CAUSETTE,  ce n’est pas le genre à écrire : "Si vous faites l'amour en étant sur Jules, pensez, dès 30 ans, à lui tourner le dos afin qu'il ne soit pas choqué par vos seins qui pendent". (Authentique!) Forcément, à 30 ans, on a le nichon flasque si on n'a pas utilisé telle ou telle crème miraculeuse, voire des injections de ci ou de ça ou de la chirurgie. Mais tout de même, quel remède au plaisir que de se dire en pleine action: deo.jpg"Faut que je me tourne, sinon mes seins vont balloter au nez de ce type fabuleux à qui je dois apparaître parfaite, épilée, peau de pêche..."  Les mecs n'y sont pour rien, la majorité des rédactrices sont des femmes.  Qui écrivent n'importe quoi- je me souviens d'une chef de rubrique "Beauté" ridée comme une reinette de fin de saison qui osait écrire "cette crème vous miracule littéralement la peau" - juste pour raisons publicitaires, faut bien faire rentrer l'argent! 

"Tout ce qu'on vend aux femmes exalte leurs défauts, des produits pour une ligne parfaite, une beauté sublimée, un corps de rêve, un bronzage impeccable, sous-entendu qu'est-ce que vous êtes moche au naturel, mais cette perfection à quel prix, mon Dieu, à quel prix! Si l'amour d'elles-mêmes est payant, comment pourraient-elles croire que l'amour des autres peut être gratuit?" (Ce qui trouble Lola, à la fois féministe et bissexuel, j’adore ce roman même s’il est de moi J )

COUV Franoise SimpreCausette parle autrement aux filles, et il faut croire que cela leur a parlé puisque le magazine a aujourd'hui une diffusion de plus de 90 000 ex, qui l'autorise à passer mensuel, yessss!!! Pour fêter ça, le magazine organise ce samedi 15 octobre une interminable Tea-Party (ça fait un peu vieille dame sentant la poudre de riz cet intitulé, mais bon...) où je serai, avec quelques autres, pour débattre du couple: "Couplables, forcément couplables?"  Pas pour sauverle couple ni pour en médire, pas pour en rêver, juste pour s'interroger sur cette prégnance de la notion de "couple" qui rend les humains si incapables d'inventer d'autres voies amoureuses. Et là, je passe encore la parole à Lola: " Le couple, c'est 50 millions d'enjeux trop forts, un projet de vie, de l'argent, des enfants du pouvoir... La grande escroquerie du couple c'est de ne pas révéler qu'en s'unissant, chacun s'est amputé d'une part de lui-même et n'aura de cesse de la retrouver au prix d'un affrontement quotidien avec l'autre, tout être humain n'a qu'une obsession, se sentir exister, l'ego est mille fois plus puissants que l'amour, ne s'en détachent vraiment que les saints ou Bouddha, mais pour y parvenir, la plupart ont vécu solitaires!"

groult.jpgPour couper l’herbe sous le pied à ceux et celles qui objecteront que je me suis mariée à 21 ans, je précise que la veille du mariage je voulais tout annuler, persuadée que ce n’est pas parce qu’on aime un homme qu’il faut l’épouser et que j’étais une erreur de casting évidente dans l’institution du mariage. Si nous sommes encore là aujourd’hui, c’est peut-être, justement, pour ne pas nous être définis comme « couple » mais comme individus, et je cède la conclusion à Benoîte Groult : « J’ai longtemps pensé dans ma jeunesse que s’aimer, c’était fusionner. Je ne le pense plus. Il me semble aujourd’hui qu’aimer c’est rester deux, jusqu’au déchirement. » (Les vaisseaux du cœur, roman que j’ai dû relire douze fois !)

mari_s2.jpg

 

 

 

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 18:25

caron-toutsoncorps.jpgIl y a quelques années, les magazines se penchaient avec sollicitude sur le drame des éjaculateurs précoces, aujourd’hui sur l’absence de désir masculin. Rarement en revanche on vous parle des mecs qui durent, durent, durs, durs… Je me rappelle un de ces coïts interminables, de ceux qui font penser « Tiens, faudrait repeindre le plafond », d’autant plus qu’il se déroula dans une chambre en travaux qui empestait la peinture et le white-spirit. C’était ça, ou l’arrière d’une camionnette bourrée de tracts gauchistes que j’aurais risqué de retrouver imprimés à l’envers sur mon postérieur, les feuillets ronéotés- je vous parle d’un temps et d’une technologie que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître- les feuillets ronéotés, donc, ayant une fâcheuse tendance à se dupliquer sur toute surface un tant soit peu humide. Il n’y eut pas d’orgasme ce soir là, mais un tel fou-rire que j’ai gardé en mémoire ce partenaire de militantisme et de coquineries d’un soir à l’endurance de bûcheron canadien, alors que certains Byzances du Dunlopillo s’estompent dans la brume des souvenirs, comme quoi…

elisabrune2.jpgLe hasard faisant bien les choses, voici qu’en faisant le vide dans ma bibliothèque  j’ai retrouvé le livre que m’avait offert Elisa Brune il y a deux ans. J’avais rencontré cette jolie Belge dans un Thalys et nous avions spontanément sympathisé, tant son parcours : journaliste scientifique, spécialiste de l’environnement, auteur de livres de sexologie, ressemblait au mien. Son livre, hélas indisponible actuellement, fallait l’acheter avant, raconte le sexe avec une verve délicieuse qui vous le rend immédiatement familier et sympathique, ce qui est bienheureux en ces temps où l’on ne vous en parle que sous l’angle risque (MST, viol, agression) ou consumériste (orgasme obligatoire, clubs libertins, sex-toys). Qu’y trouvé-je ? Un paragraphe sur les mecs qui durent : « Les pires, ah ! Les pires, ce sont ceux qui travaillent sans relâche et dont on ne parvient pas à savoir s'ils l'ont eu ou s'ils ne l'ont pas eu, s'ils l'ont jamais eu un jour, s'ils savent seulement ce que c'est. Il y en a ainsi qui s'échinent à répétition et sans point final, on ne sait pas où ils veulent en venir, ça va ça vient et jamais rien ne se passe, on en viendrait à souhaiter la crise cardiaque. De deux choses l’une : ou bien ils jouissent sans que ça se remarque (bizarre tout de même), ou bien ils n'y arrivent jamais et continuent à besogner en espérant un miracle. »

glatigny_-_sonnet.jpgHeureusement, il y a les autres, dont l’orgasme est une illustration saisissante de la biodiversité amoureuse : « On voit des hommes hurler à la mort là où d'autres pincent à peine les lèvres, et cela suffit à régler la question de l'égalité. Un homme qui jouit, ça peut vraiment ressembler à tout ce qu'on peut imaginer : Ariane qui vrombit, un train qui entre en gare, un chiot qui gémit, la bombe atomique, un cheval qui éternue, un gloussement de poule, une porte qui grince, un rire gras, un claquement de cigogne, un râle de malade, un hoquet de pape, un âne qui brait, un grondement de volcan, un spasme de souris, un cri de flamenco, un froncement de lapin, un délire de martyr, un vol de bourdon, un bruit de tonnerre... (Mesdames, classez vos hommes et faites-moi part des catégories manquantes.) Un infirmier me racontait que l'un de ses patients du service psychiatrique se retirait dans sa chambre une bonne vingtaine de fois par jour, emportant dignement quelques magazines sous son bras, pour y soulager ses gonades en feuilletant... des catalogues de bricolage. Imaginez la scène, le type qui éjacule quand il arrive à la scie à métaux. Faut-il parler ici d'un excès de bonne santé, devenu pathologique ?

auberginebio2.jpgMine de rien, rappeler que les hommes sont tous différents dans leur façon de faire l’amour et de jouir quand tant de femmes restent persuadées que chez le mâle l’éjaculation signe de façon identique et simple la fin de l’acte est une grande déclaration d’amour à nos partenaires de jeu : on vous observe, les garçons, et on aime vous voir dans le plaisir ( et y participer) au lieu d’attendre comme des bergères séduites par un Prince que vous fassiez tout et de le considérer comme un dû. Alors, quand on s’amuse avec votre trois-pièces avec poutre apparente, ne le prenez pas mal comme certains qui s’offusquent : « Ce n’est pas un jouet ! » Si on vous habille d’une coquette capote noire dont l’extrémité devient lumineuse dans l’obscurité comme une flamme de bougie : « Ouvre les yeux : bon anniversaire ! » ne laissez pas la bougie s’effondrer sous prétexte que « ce n’est pas un jouet ! » Mais si, c’en est un, le plus beau jouet du monde pour se faire du bien à deux ou plus. A le considérer comme cela au lieu d’en faire un objet de culte, de frayeur ou pire : une preuve d’amour (alors que de bons amants sont de piètres aimants et inversement), on réglerait bien des difficultés sexuelles sans médecin ni médicament.

(merci à F.B. pour ces dessins d'il y a longtemps que j'ai précieusement gardés.) 

 eros.jpg

 

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14 février 2011 1 14 /02 /février /2011 10:21

chcat1.gifLe 14 février a toujours été pour moi l’anniversaire de ma mère, qui aurait eu 84 ans aujourd’hui si elle n’avait pas eu la mauvaise idée de nous quitter en 2007.

fran_oise_22.jpgEn 2007 cependant, à la demande d’une lectrice, j’avais écrit un billet sur la St Valentin, et un autre en 2010 ce qui me dispense de recommencer cette année.

fran_oise_45.jpgCela ne m’empêche pas de penser, autant que les autres jours, à Bernard, Pierre, Didier, François et Bruno, qui depuis 40, 37, 32, 20 et 19 ans m’accompagnent sur le chemin de la vie et le rendent tendre et riant, quelles qu’aient pu être leurs itinéraires et le mien, les aléas et les basses eaux.

A quelques autres qui m’ont accompagnée plusieurs années et compteront toujours car je ne sais pas aimer autrement.

julien 94rognéA Julien, Pascal et Thierry, trop tôt disparus, dont l’empreinte est à la mesure du vide creusé par leur absence …

Au jeune homme au téléphone, qui me dira peut-être un jour quel genre d’homme il est devenu.

A ceux que je découvre depuis un ou deux ans, qui seront peut-être des amours dans un ou deux ans, car je suis longue à la détente.

A vos amours, hommes de ma vie, puisque Saint Valentin est la fête DES amoureux.  Au pluriel.

 

 

P1000856.jpg 

Et sur cet inépuisable sujet qui enflamme de plus en plus les medias, je causerai ce soir sur Radio France Internationale, de 19h10 à 19h30 (émission "le Débat du jour") face au psychiatre et psychanalyste Robert Neuburger. Vingt minutes, ça va faire court... 

 

(le tableau est de Julien Meunié, peintre d'immense talent, rencontré en classe de 1ère au lycée, dont je vous invite à visiter la galerie virtuelle  puisqu'hélas il n'est plus là pour vous recevoir dans son atelier.)

 

 

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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 18:38

 dsirs.jpg

plongeur.jpgVous me demanderiez ce qu’il reste des hommes lorsqu’ils s’éloignent, je vous parlerais d’images très précises : la lumière sur un corps à fleur de peau, rayon doré qui le transforme en statue de bronze, le mouvement de vos hanches expliquant comment marchent les Brésiliens dont chaque pas est une danse, un regard enfiévré, vos yeux comme cernés, les joues creusées par le désir, votre humour

 

décalé qui vous permet d’écrire à la plume d’hilarantes et délirantes missives, l’odeur de leur corps mêlée à celle de peinture ou de néoprène sentir.jpgselon leur métier et leurs passions, des lèvres à donner envie d’y passer des vacances, une voix aux intonations graves, un air rêveur et concentré, des boucles de pâtre grec où fourragent mes doigts, des hanches étroites, des lars1.jpgtraits fugitivement féminins puis à nouveau virils, beau brin de garçon/fille comme je les aime, mon trouble devant une intelligence hors-normes,   vos pieds enlisés dans la boue un jour d’orage, votre main sur la mienne qui enserre la barre franche d’un voilier, la cambrure de vos reins entraperçue dans la pénombre d’un cinéma tandis que vous enlevez votre pull, la confiance et l’intimité peu à peu naissantes, nos fou-rires en courant sous la pluie main dans la main, votre bienveillance paisible et vos gestes harmonieux, une façon cow-boy dejulien 94rogné déboucler sa ceinture, bien campé sur les deux jambes, des récits  d’horizons lointains, votre goût pour la musique, les mots, le beau… leurs voix de lendemain, qui homme4.jpgremercient de la veille…

Fragments de désir avant, d’intimité après, comme les mille pièces étincelantes d’un puzzle amoureux. Mais pas de souvenir d’orgasme, consumé sitôt que goûté, pas non plus d’images de sexes, que vous soyez TBM (très bien monté) TBA (très bon amant) ou TTS (très très sensuel) comme certains tiennent à le préciser en indiquant des mensurations aussi Roccosiffrédiennes que fantasmatiques.

Rassurez-vous, si elles participent évidemment au plaisir, ni la taille, ni la fermeté, ni la dextérité de votre engin ne font le désir, si essentiel au plaisir. Quoique à la réflexion, je me demande si vous voilà rassuré... ou déconfit. 

 img_0127.jpg

 

 (le nu sur le drap est une photo de lars stephan http://www.larsstephan.com/ )

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 12:28

Pour se mettre du rose aux joues et oublier le froid, cette jolie carte postale que m'a envoyé un lecteur.  Vive les architectes facétieux...

 

 

Architeture eros II

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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 19:16

 

mari_s4.jpgSi Michel Houellebecq ne m’avait pas inspiré ce jeu de mots, j’aurais titré « le secret des couples qui durent »… et attiré ainsi une foultitude de  personnes. De quoi s’agit-il ? D’une constatation faite à maintes reprises : des couples « Carpe » et « Lapin », qui ne se ressemblent en rien, n’ont quasiment pas d’intérêts communs et même de sérieuses oppositions, vivent ensemble  depuis  10,20, 30 ans ou plus. Je ne parle pas de ceux qui, amoureux dans leur jeunesse, se sont peu à peu installés dans une confortable et tendre routine, mais de couples dont on se demande ce qu'ils font ensemble, et qui avouent parfois d’emblée : «Avant même de l’épouser, je savais qu’elle n’était pas faite pour moi », un peu comme Proust concluant dans « A la recherche du temps perdu » que l’Odette qu’il a tant aimée pendant des années « n’était pas du tout son genre. » Je pense à une femme disant à son mari,  éloigné d’elle pendant des années pour raisons professionnelles « Qu’est-ce que j’étais heureuse quand tu partais ! » mais qui vit toujours avec lui aujourd’hui, et lui avec elle.

dos_a_dos.jpgPlus souvent, c’est vrai, l’aveu que cette Carpe et ce Lapin n’auraient jamais dû s’unir si on reste dans la logique des inclinations amoureuses émane de l’homme.  Serait-ce pour cela que les demandes de divorces viennent à 70% des femmes ? « Elles sont plus courageuses, affirme une copine. Quand un compagnon ne  leur correspond pas, elles préfèrent rompre alors que les hommes sont prêts à tous les compromis pour garder leur confort conjugal. » Mooui… sauf que les compagnes des hommes dont je parle, les Carpes de ces Lapins là, restent aussi. Sans y être forcée, sans être dépendantes financièrement, juste par choix. Et, disent certaines, parce qu’elles s’ennuieraient avec un homme qui leur ressemble trop. Les extrêmes s’attirent puis se complètent, et ce serait plus stimulant, plus enrichissant que de contempler chaque jour son semblable au féminin… 

lolaPour ma part, et ce n’est pas que pour justifier le titre, je me demande si la Carpe et le Lapin n'ont pas tout simplement résolu le problème du territoire dans le couple :

« C’est une vérité soigneusement cachée, on préfère parler d’amour et de partage,(mais) la grande escroquerie du couple c’est de ne pas révéler qu’en fusionnant, chacun s’est amputé d’une part de lui-même et n’aura de cesse de la retrouver  au prix d’un affrontement quotidien avec l’autre, tout être humain n’a qu’une obsession : se sentir exister, l’ego est mille fois plus puissant que l’amour,  ne s’en détachent vraiment que les saints ou Bouddha, mais pour y parvenir, la plupart ont vécu solitaires !  (« Ce qui trouble Lola », mon livre du Grand Tout bientôt introuvable, déjà épuisé en poche)

bato.jpgPar nature, la Carpe et le Lapin  convoitent des territoires différents puisqu’ils ont des goûts quasi opposés, ce qui les conduits à ne pas vivre leur union comme un combat pour trouver leur place et exister en tant qu’individu (combien de femmes, combien d’hommes divorcent avec juste pour argument « je n’existais plus, je faisais partie des meubles » ou « j’avais besoin d’espace, de respirer… »)  Carpe et Lapin ne sont pas « faits l’un pour l’autre », quel soulagement !  Cela leur laisse toute liberté d’aimer et de désirer l’autre et surtout de s’y intéresser, non par prédestination, mais par choix. Les voici libres d’exprimer leur ego sans réflexe de défense genre « arrête de t’enrouler dans la couette, j’ai froid », "raccroche, j'ai besoin caverne.jpgde téléphoner" (ils ont deux lignes) donc sans agressivité.  Finie la guerre territoriale,  chacun vaque dans son son domaine et retrouve l’autre sur le territoire commun, qui n’est plus alors l’objet de luttes de pouvoir mais un lieu de connivences à partager .  « Aimer c’est partager ce qu’on a envie de partager, et pour le reste, que chacun mène sa vie comme il l’entend. »  dit Benoite Groult Cette féministe rigoureusement indépendante a vécu plus de 40 ans avec Paul Guimard et m’avait dit « avec les années c’est de mieux en mieux. » Elle aimait la pêche, lui non. Il aimait les manoeuvres à la voile, elle pas du tout. Ils se retrouvaient sur leur bateau, chacun dans son domaine de prédilection.

 

P1000302.jpg 

 

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 14:54

poly2A l’occasion de la polypride à New-York qui a eu lieu du 8 au 10 octobre dernier, le magazine GRAZIA se penche sur les polyamoureux (pluri-amoureux, lutins, amoureux pluriels, etc) français. J’y ai été interviewée mais n’ai pas relu l’article. Ce sera une surprise pour vous comme pour moi en espérant qu’elle sera bonne.

poly1En fait, pour les américains, le polyamory désigne le fait d’avoir plusieurs relations amoureuses, mais aussi celui de conjuguer des attirances sexuelles multiples : hétéro, homo, bi et également une réflexion intéressante sur la notion de genre, différente de celle de sexe. Le sexe, c’est biologique, le genre  serait une construction psychique et culturelle. Ce qui n’exclut pas une part de biologique, car la frontière entre inné et acquis n’est pas étanche, nos gènes s’expriment différemment selon l’environnement qui leur est offert.

Le terme pluri, que je préfère à poly, inclut aussi, à mon sens, l’idée de biodiversité amoureuse :on n’aime pas tout le monde pour les mêmes raisons et de la même façon. Ce caractère unique de chaque relation devrait nous rendre à la fois humble : « non, je ne peux pas tout apporter à quelqu’un car je ne suis pas universel » et confiant « mais ce que je lui apporte est unique, l’alchimie particulière entre nos deux corps et nos deux cerveaux. » Sans la guérir à 100%, ça atténue fortement la jalousie…

poly3Cela étant, je reste perplexe devant cette polypride, tout comme devant les gaypride ou les « marches des fiertés lesbiennes, gays, trans… »  Fier de quoi, fier pourquoi ? Etre pluriamoureux tout comme être homosexuel(le) n’est pas un choix, c’est juste une composante de notre personnalité. Les homosexuels- j’en ai rencontré un bon nombre - disent que leur orientation sexuelle ne procède pas d’une décision, mais d’une constatation : ils sont comme cela, point.  De même, les pluriamoureux ne décident pas de l’être, ils découvrent qu’ils le sont en constatant que la robe ou le costume de marié monogame les serre aux entournures et que dans ce modèle, ils ont le sentiment de marcher à côtés de leurs pompes, l’étrange impression, que j’ai décrite dans « Aimer plusieurs hommes », d’être à côté de leur vraie nature et de mener une vie qui ne leur ressemble pas…  Pas de quoi être fier, ni honteux.

La seule fierté qu’on peut avoir, peut-être, c’est d’arriver un jour à se dire paisiblement: « je suis comme cela, et alors ? » et de s’aimer tel(le) qu’on est, en s’affranchissant à tout jamais du poids du regard des autres, pas seulement pour ses amours, mais pour tous ses choix de vie.  Fierté du même ordre que celle de l’enfant qui vainc un jour sa peur du noir ou des araignées.  Ce qui ne nécessite pas pour autant d’organiser une communauté des ex-arachnéophobes avec défilé annuel et embrassades obligatoires entre les membres…


  Toutes les photos viennent du site new-yorkais

 

 

 

 


 

 

 

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15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 10:44

happy few« Douches froides », de Antony Cordier, tout comme son dernier film « Happy few » parle des amours plurielles et de la difficulté à les vivre, de la culpabilité, du regard social, etc. Toutes choses abondamment débattues sur ce blog et sur les sites de pluriamoureux.

Dans le même temps, des artices enthousiastes célèbrent les familles recomposées et on cite comme une simple statistique le fait qu’un mariage sur 3 (un sur deux à Paris) s’achève par un divorce. Etre enfant de divorcés  devient plus courant qu’être enfant de parents qui s’aiment durablement, même s’ils connaissent par ailleurs d’autres désirs, d’autres amours…

happy few2Une femme découvre un jour que son mari la « trompe ». Terriblement banal, mais l'amour et le sexe restent très surestimés dans nos sociétés, alors qu'ils sont le résultat d'un compromis entre culture et nécessités économiques (lire à ce sujet "Amours" de Jacques Attali, c'est édifiant de voir combien ce qu'on croit sentiment viscéral est influencé par d'autres paramètres.) Désespérée, furieuse, notre dame flouée quitte son époux  du jour au lendemain, lui laissant les trois enfants.  Dont le père s’occupe bien, mais en refusant d’évoquer ce qui s’est passé avec sa femme. La fille aînée est persuadée qu’elle est coupable de cette séparation. Il paraît que c’est fréquent. Faute d’explication, le ou les enfants pensent que c’est à cause d’eux que papa et maman ne s’aiment plus. Autre histoire véridique:  un homme quitte sa compagne à l'aube parce qu’il a l’impression que « leur amour n'est  plus comme au premier jour », ce qui est exact, mais rigoureusement normal... Ils n’ont pas eu d’enfants ensemble, mais lui s’était beaucoup occupée de ceux qu’elle avait  d’un premier lit. Quinze ans après son départ, il reçoit un coup de fil de la petite fille qu’il avait pratiquement élevée, devenue adulte. Elle veut le revoir. Pour lui dire combien avait été grand le choc de ne pas le trouver au réveil. De ne pas comprendre pourquoi il l’avait abandonnée. Elle lui  dit : « Mon père est parti avec une autre femme, vous êtes parti juste pour vous. Ni l’un ni l’autre n’avez pensé à nous, les enfants. Et à cause de vous, je n’arrive à faire confiance à aucun homme. Je voulais vous le dire. » Elle a bien fait, car lui-même en était abasourdi. Il avait quitté une femme, il n’avait pas pensé qu’il quittait aussi les enfants.

  Accepter ses aléas sentimentaux comme le font les plutiamoureux, avec parfois des tiraillements et des remises en cause personnelles, mais sans en faire porter le poids à ses enfants , est infiniment plus mal vu que divorcer et devenir serial monogame, en imposant ses ruptures amoureuses aux enfants. Pourquoi ?  La réponse est peut-être dans la réflexion d’un anti- Lutin, déplorant que ces derniers veuillent avoir une famille, des amours extérieures, une vie heureuse et un métier épanouissant. Le beurre, l’argent du beurre et le cul de la crémière, en somme.   Assumer ses choix de vie en toute responsabilité mais sans culpabiliser, ça heurte. Au moins, les divorcés, ils en chient pendant la rupture qui se passe rarement dans la joie et la bonne humeur, ça leur coûte cher et les familles monoparentales ont souvent du mal à joindre les deux bouts! Donc la morale est sauve, peu importent les conséquences, ils ont payé!


P1010376.jpg

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 20:05

gays.jpgIl m’a demandé : « Qu’est-ce qui te fait désirer un homme ? » Rien. Un physique, certes, mais pas toujours. Je peux désirer un homme que d’autres trouveraient laid tandis qu’un superbe me laissera de glace.  

P4.jpgDes gestes anodins… Il avale de travers une gorgée de vin, il tousse, je lui tape dans le dos, mes doigts à travers le tissu de la chemise captent la tiédeur de sa peau. Pas n’importe quelle tiédeur, celle qui creuse le ventre et trouble les pensées … « Elle avait quoi cette tiédeur ? » Rien.  Juste une harmonie avec les mots intelligents qu’il venait de prononcer d’une voix de basse, de rocaille et de lave en fusion. La voix, les mots, ont touché mon cœur avant la tiédeur de sa peau et l’ont rendue désirable. Ou alors sa peau m’a semblé intelligente. Va savoir…

« Une autre fois au cinéma, (Adrien) a enlevé son pull d’un geste ample des deux bras, elle a suivi le mouvement dans la pénombre, son regard s’est fixé sur la seconde où elle a aperçu la cambrure de ses reins, le creux de sa peau à la ceinture, le désir comme une onde chaude (« Ce qui trouble Lola »). De petits gestes. Jolis. Insignifiants. Deviennent-ils beaux parce qu’elle le désire, ou le désire-t-elle parce qu’il a de jolis gestes ? Va savoir…                                                                        lars stephan, encore...

lars2.jpg« Tout à coup vous êtes sorti de la salle de bains dans une débauche de buée. Tu m’as semblé si beau que j’e suis restée muette tandis qu’un sourire vertical m’ouvrait le ventre »( Des désirs et des hommes, Traces de vous »)

sentir.jpgDésir irraisonné, irraisonnable… L’odeur d’un homme, un soir d’été, forte, incommodante. Il est beau mais sent fort. Rédhibitoire. Puis il ouvre sa porte, montre sur son ordinateur les images qu’il est en train de créer. J'entre dans sa tête, y découvre un artiste, et l’odeur forte se mue en phéromones troublantes. Envie animale… qui a disparu quelques mois plus tard quand des mots de lui m’ont déçue. La même odeur, tantôt repoussante, tantôt stimulante. Animalité, certes, mais cérébrale, ô combien. Va savoir ce qui prévaut, dans le désir.


autres_d_sirs.jpg

« Il la raccompagne jusqu’à son hôtel. Ils sont tout près l’un de l’autre, sans même la toucher Rudolf sent la chaleur qui irradie d’elle : « See you tomorrow ». Il la regarde s’éloigner, trouve délicieux d’entendre dire « see you tomorrow » par une femme rencontrée quelques heures plus tôt. (Autres désirs, autres hommes- la saveur de l’oursin)

P1000667.jpg« J’ai succombé à sa voix lorsqu’il lisait, un timbre grave qui résonnait en moi comme certaines basses près des enceintes lors d’un concert de rock, ça prend au ventre et donne envie. Je n’ai pas supporté l’injustice qui a mis cet homme au chômage et l’a privé de ses revenus, mais aussi de sa maison, de sa femme, et surtout de la liberté d’aimer et de désirer comme il en a envie, de sa dignité d’homme réduite à l’autorisation d’aller se vider les couilles moyennant finances….  Mon discours l’a amusé, il m’a dit « c’est la première fois qu’on me fait l’amour pour des raisons politiques », j’ai souri : « ce ne serait pas une mauvaise raison, mais elle n’aurait pas pesé bien lourd sans désir. » Un désir né bien avant qu’il me raconte son histoire, à cause de son air libre et serein, sa façon d’habiter son corps, les livres qui dépassaient de sa besace, sa réaction quand il a vu que je le regardais bander… Et puis non, ce n’est même pas cela. Mon désir est né de l’émotion irrationnelle qui m’a saisie à la seconde où il est entré dans le wagon. Ca ne s’explique pas. Le désir ne s’explique pas, c’est ce qui fait son charme et sa grande injustice.

(Ce qui trouble Lola)

Alors vraiment, tu ne peux pas me dire pourquoi tu désires ? Si. Parce que.

Et pourquoi tu ne désires pas ? Pour la même raison.

 

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21 mai 2010 5 21 /05 /mai /2010 18:24

Faut-il avoir peur de l’Islam ? Faut-il  supprimer la fessée des enfants ? Faut-il coucher les bébés sur le ventre ou le dos ? A longueur de pages de magazines et d’émissions, la vie se conjugue sur le « mode d’emploi ». Donnez-nous des recettes de vie! Or, les recettes de vie sont extrêmement sensibles  à l’air du temps, à la mode, contrairement aux recettes de cuisine qui traversent allègrement les décennies et font qu’un lapin à la moutarde sera toujours un lapin à la moutarde- encore que les intitulés culinaires modernes soient des chef-d’œuvre de Shadockeries,  rebaptisant un simple poulet/ Purée à l’huile d’olive en «  La- très important, l’article qui ennoblit le plat- la, donc, volaille fermière et son écrasée de pommes de terre à la Joël Robuchon ». Mais enfin, dans l’assiette, ça a le même goût et la même consistance.  

artTandis que « l’Art d’accommoder les bébés », ( titre d’un livre hélas épuisé) a donné lieu à des revirements vitaux. Dans les années 80, j’ai religieusement couché mes filles sur le ventre, position imposée par les médecins pour éviter les régurgitations qu’on soupçonnait à l’origine de la mort subite du nourrisson. Gasp ! Depuis l’an 2000, volte-face et retournement, il faut coucher les bébés sur le dos, exactement pour la même raison, le bébé sur le ventre risquant, paraît-il, la mort subite en s’étouffant, le nez contre le matelas.

mari_s2.jpgAujourd’hui, c’est l’art du couple. MON  COUPLE est devenu une entité en soi qu’il convient de protéger, cultiver, arroser avec juste ce qu’il faut d’engrais amoureux et de recettes assénées par des psys avec une assurance qui m’esbaudit. Comment donner la recette du couple amoureux, du couple qui dure, du couple fou de désir… comme d’une entité formatée alors que c’est une alchimie unique entre deux êtres de même sexe ou de sexe différents, donc forcément entité à repenser avec chaque partenaire. Mais non, faut des recettes, péremptoires. Faut-il avouer une infidélité ? Surtout pas ! répondent quasi unanimement les psys. Pourtant, ma collection de lettres reçues depuis dix ans, et mes vagabondages sur Internet me donnent à penser qu’aujourd’hui, le mensonge est plus mal vécu que l’acte sexuel extérieur. « Ce n‘est pas qu’elle ait fait l’amour avec un autre qui me gêne le plus, c’est qu’elle m’ait menti quand je lui ai demandé si elle avait quelqu’un d’autre ».  Le mensonge angoisse au moins autant de gens qu’il en rassure.

Faut-il rechercher son premier amour ? Non, c’est une preuve d’infantilisme et d’incapacité à accepter le temps qui passe, tranche le psy de service. Pourtant, le nombre de personnes sur Facebook, Copains d’avant ou autres sites nostalgiques qui racontent, émerveillées, qu’elles ont renoué avec leur premier amour, pas forcément de façon amoureuse d’ailleurs, tendrait à prouver qu’il n’y a pas que la vérité psy qui compte, et que dans un monde pas toujours très drôle, partager des bouts d’adolescence avec quelqu’un qui a vécu la même peut être bigrement réconfortant.

Longtemps, les divorcés ont été montrés du doigt et les homosexuels considérés comme des malades ou des pervers.  Aujourd’hui, ils font partie du paysage amoureux, avec encore des poches d’intolérance…  La recette d’aujourd’hui n’est plus « comment sauver son couple à tout prix ? » mais « comment sauver son couple et, à défaut, réussir son divorce. »

baisers2.jpg« Comment bien vivre les amours plurielles » ? Pas une semaine sans qu’on me pose la question. Mais comment donner une recette, alors que les amours plurielles créent une alchimie encore plus complexe qu’un couple, avec plus d’ingrédients ?  Comment modéliser une façon de vivre encore balbutiante et marginale, qui va sûrement évoluer au fur et à mesure qu’elle deviendra plus courante ? J'ai donc répondu :

« Impossible de donnr une recette, mais je crois que ce qu'il faut développer pour réussir le pluriamour- terme que je préfère définitivement à polyamour- à savoir écoute de l'autre et des autres, respect, sens des responsabilités, évaluation des conséquences de ses choix, humour,  curiosité intellectuelle, sensualité, autonomie... permettrait sûrement à bien des monogames de réussir leur monogamie :) » 

A la réflexion, ces principes pourraient s’appliquer à bien d’autres domaines. 


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