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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 13:48

En vrac, une foule d’infos glanées ici ou là  avec un point commun : leur féminitude !

Marie N’Diaye, d’abord, prix Goncourt que Eric Roult souhaite faire rappeler à l’ordre par Frédéric Mitterrand parce qu’elle aurait manqué au devoir de réserve » en disant qu’elle trouvait « monstrueuse la France de Sarkozy et monstrueux des gens comme Eric Besson et Brice Hortefeux ».  En voilà deux qui vont se dire que donner le prix Goncourt à une gonzesse, noire de surcroît, ça n’amène que des ennuis.  Première nouvelle que ce « devoir de réserve » normalement imposé aux fonctionnaires, qui par exemple n’ont pas le droit de dire « casse-toi pauv’con » dans l’exercice de leurs fonctions. Mais un prix Goncourt n’est pas fonctionnaire,  ou même quand il l’est- comme Erik Orsenna- il a deux casquettes bien distinctes.  Avait-on rappelé au devoir de réserve Yannick Noah qui avait dit, et a tenu parole : « Si Sarkozy passe, je me casse ».  Non. Et il reste une des personnalités préférées des français. Souhaitons un immense succès à « Trois femmes puissantes ».

Après la Goncourt, la Cougar ! Kézaco ? C’est ainsi que les américains appellent les femmes de plus en plus nombreuses qui  aiment des hommes  bien plus jeunes qu’elles.  La Cougar type a 40 ans, selon la jeune journaliste qui en causait sur Canal Plus  et sort avec un mec de 30 ans.  Ca engendre un marketing dingue : croisières de Cougars avec concours de miss Cougar et soirées chippendales,  bonnets tachetés comme des fourrures de Cougar, etc. Pourquoi Cougar ? Parce qu’une femme qui aime un homme plus jeune  est forcément un fauve prédateur et le malheureux amant une proie. Il me semble- on va encore me traiter de féministe- qu’on  n’a jamais  créé un phénomène de société  autour d’un Eddy Barclay entouré de jouvencelles quand il avait 80 ans, d’un Johnny marié à Laetitia qui a trente ans de moins que lui, ou des 26 ans qui séparent Céline Dion de son René chéri.


En Australie, la maîtresse depuis vingt ans d’un homme marié  a porté plainte contre lui lorsqu’il l’a largué brusquement avec un simple baiser d’adieu. Elle a plaidé qu’elle lui avait donné les vingt plus belles années de sa vie et souffrait de voir cet amour ainsi nié.  Les juges lui ont donné raison et ont condamné le mari à verser à  son ex-maîtresse 100 000  dollars australiens.  Le journaliste commente : «  cette sentence inspirée par la nouvelle loi sur la famille votée en Australie pourrait bien calmer les ardeurs des maris tentés par une aventure cachée ». A moins qu’elle ne soit un premier pas vers la reconnaissance au grand jour de la capacité de ces messieurs à aimer plusieurs femmes.  Vingt ans, c’est plus que beaucoup de mariages légaux !  Ce n’est pas « juste un coup d’un soir, chérie ! »

En Angleterre,  l’éducation sexuelle va être proposée dans les écoles- avec possibilité pour les parents de la refuser- dès l’âge de 5 ans. Elle parlera d’anatomie, de contraception et de MST mais aussi de lien, de relation, de rupture, de chagrin d’amour, d'homosexualité, etc.  Le but : enrayer la vague de grossesses prématurées chez les jeunes filles anglaises. (13%, 4è place des pays industrialisés, le leader étant les Etats-Unis avec 24% de grossesses précoces). Les anglais ont piqué l’idée aux Pays-Bas où  l’éducation sexuelle dès le plus jeune âge existe depuis plusieurs années,  et a fait de ce pays  l’un de ceux où le taux de MST, grossesses accidentelles et avortements est le plus bas. « On n’enseigne pas la sexualité, on en parle » est l’intéressante devise du ministère de la santé néerlandais.  Parler de sexualité sans tabous n’incite d’ailleurs pas à une consommation frénétique puisque les jeunes hollandais ont leur premier rapport à 17,7 ans, soit plus tard que la moyenne, qui se situe à 17 ans.  Une étude que j’avais lue il y a quelques années avait aussi montré que les  libertins  avaient moins de fantasmes sexuels violents  que la moyenne des citoyens.  Sans doute parce que la violence naît de la frustration. Cet adage se vérifie aussi en matière de délinquance, et on sait à l’inverse que les singes Bonobos, qui règlent leurs différends en faisant l’amour, ne se battent pas entre eux.

J’avais envie de parler d’autre chose, mais me voici encore immergée dans « les amours plurielles »  en composant le texte de la réédition de « Aimer plusieurs hommes » qui sera finalement très « revu et augmenté » car en 7 ans, il s’en passe des choses.  Je n’imaginais pas la somme de boulot que ça représentait, qui m’a laissé quand même le temps de répondre à une ITV à lire sur  http://www.quelsexe.com/article.php?ar=38  du site Quel sexe.com,  de bonne tenue dans le genre.

Concluons sur une info pleine de masculinitude : j’ai appris  que face au prix Fémina, décerné par des femmes- mais souvent à des hommes- un groupe d’ ami(e)s moustachu(e)s ont créé le Prix Virilo. Il a été attribué cette année au livre « Des hommes » de  Laurent Mauvignier (éd. De Minuit) et le prix super-Virilo, récompensant « la plus belle poussée de testostérone de l’année » a été attribuée à… Valéry Giscard d’Estaing pour « La princesse et le Président » (éd. De Fallois/XO)

Me voici toute détendue. C’est vrai que parler de sexitude  apaise la violence !

 

 

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 22:01


La réalité n'est que l'image que nous ous en faisons, ou, comme disent les bouddhistes, les choses sont plus difficiles par l'idée qu'on s'en fait que par ce qu'elles sont réellement. Voilà ce que je pensais en recevant ce message d'Andiamo à propos de mon billet sur la mort.

De : Andiamo
Envoyé : mardi 3 novembre 2009 10:50
À : Françoise
Objet : Envoi d'un message : la camarde bis-2


Bonjour Princesse.

Tiens regarde la gueule de la camarde... Ca donne envie non ?

Bises

 

 

Alors je lui ai répondu:  

 

De:                                   françoise

Envoyé:                           mardi 3 novembre 2009 12:03

À:                                    Andiamo

Objet:                              RE: Envoi d'un message : la camarde bis-2

 

Merci beau Prince pour ce beau crobard, mais la question demeure : pourquoi lui fait-on toujours une sale gueule, à la Camarde, alors qu’on pourrait l’imaginer en belle fille t’emmenant goûter des félicités éternelles et bien charnelles (pas la Vierge Marie, si tu vois ce que je veux dire :) )

Rôôbisous,

Françoise

JOUER AU MONDE http://fsimpere.over-blog.com
Alors il m'a envoyé ce dessin:

Je concluerai volontiers: "Elle est pas belle, la vie?"
Et pour d'autres crobards de l'Onc'Andiamo, une seule adresse "blogborygmes" (voir lien ci-contre), plus efficace que la vitamine C pour se réveiller le matin.
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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 16:57

Quelle foutaise que cette « affaire Mitterrand » qui prétend opposer les libertaires sexuels aux pudibonds du cul, la gauche à la droite ! Que n’a-t-on entendu : « on se croirait revenu à l’affaire Russier », « si on est de gauche, on doit défendre Frédéric Mitterrand contre Marine le Pen »... Or, rien à voir avec la gauche ou la droite, les politiciens des deux bords sont réputés pour leur appétit sexuel.  Rien à voir non plus avec l’affaire Russier : le jeune amant avait 18 ans (la majorité était alors à 21) et aimait sa professeure de français sans que Gabrielle Russier ait déboursé le moindre centime pour le séduire.

Peu importe l’âge des protagonistes, s’ils sont pubères et biologiquement aptes à faire l’amour. Tout adolescent ou adolescente sait que le désir existe dès que les hormones pulsent. Le hic, c’est que du côté Polanski ou Mitterrand, le désir de leurs juvéniles partenaires n’est absolument pas pris en compte. L’un fait avaler de l’alcool et des drogues à la jeune fille qu’il convoite pour qu’elle cède facilement, l’autre va à l’étranger dans des bars à prostitués et admet d’ailleurs que ce sordide marché du sexe participe aussi à son excitation : grâce à l’argent, il peut s’offrir ce qu’on ne lui donnerait pas spontanément.  Comme si on pouvait acheter le désir…

Ce qu’on occulte dans ces deux histoires, c’est que l’immoralité ne vient pas du sexe mais de l’argent et du pouvoir. De l’insupportable prétention qu’ont certains parvenus vieillissants, malgré leur bide flasque, leur haleine chargée, leur peau tavelée et  leurs fesses molles, de s’offrir de jeunes pousses, tandis qu’ils traitent une séduisante quinquagénaire de « vieille peau ».  De cette certitude que l’argent et/ou le pouvoir donne tous les droits sur l’autre, y compris celui de forcer son désir.  Tout homme, toute femme devraient se demander « cette fille, ce garçon… coucherait-il avec moi si j’étais pauvre et/ou sans pouvoir ? »

 « Les danseuses descendaient de scène après chaque numéro et évoluaient au milieu des spectateurs sirotant des alcools forts d’un air blasé. Les maquignons évaluaient la chair douce proposée à leur convoitise. Chair fraîche, ces filles ont toutes moins de vingt ans… De temps à autre, un convive occidental murmurait quelques mots à l’oreille d’un de ses homologues thaï, qui levait aussitôt la main en direction d’un serveur, en dressant un ou plusieurs doigts. « Le nombre de doigts désigne le numéro de la danseuse que désire le client, m’a expliqué Franz. Vous allez voir, cette fois-ci, c’est la quatrième à partir de la gauche, la toute jeune en tunique turquoise. » Effectivement, à la danse suivante, la petite avait disparu, tout comme le client de la table voisine. « Ils vont derrière les paravents et le client demande la gâterie de son choix : massage intime, fellation, coït avec ou sans éjaculation, sodomie… Il suffit d’y mettre le prix. En voyage d’affaires, les prestations maximales sont généralement prépayées par l’hôte thaï pour son invité occidental. Il ne reste qu’à  déguster le cadeau…. Dommage que la magie ne dure qu’un soir.

-Comment ça, un soir ? Je croyais que vous ne faisiez que cela depuis trois jours. --Oui, mais l’enchantement ne dure qu’un soir. Le lendemain,  j’ai demandé la même prestation,  j’ai eu une fille aussi belle que celle de la veille, la magie en moins. Quand elle m’a sucé, je n’ai plus senti sa bouche ni sa langue, j’ai aperçu son regard  vide, lointain, sansexpression. Je me suis dit que pour ne pas sentir mon goût et mon odeur, elle devait penser très fort à son village ou à un joli souvenir, bref, s’extraire du présent pour supporter de sucer chaque soir des bites qui la dégoûtent peut-être. Lorsqu’elle a murmuré qu’elle me désirait follement, ses mots étaient exactement les mêmes que ceux de sa collègue.  Impossible d’y croire, cette fois, même un tout petit peu. »

Ce n’est pas extrait de « la mauvaise vie », mais d’un chapitre de mon livre « Les latitudes amoureuses », inspiré par un voyage de presse en Thaïlande en 2003.

En 2005, j’ai lu « la mauvaise vie », livre bien écrit et parfois émouvant tant il décrit un profond mal-être que ne comblent pas les amours tarifées. Frédéric Mitterrand cherche-t-il aujourd’hui à combler ses frustrations existentielles avec le pouvoir ? Il ne serait pas le seul, j’en parlais ici en décembre 2006 http://fsimpere.over-blog.com/article-4767955.html . Ce ne serait pas grave si les citoyens ne payaient pas très cher ces thérapies de personnalités narcissiques centrées sur elles-mêmes et non sur l’intérêt général.

Tout ceci est bon pour le commerce : « La mauvaise vie » version poche est aujourd’hui n°1 des ventes sur Amazon.  « Parlez de moi, en bien ou en mal, mais parlez-en », l’adage des pubeux se confirme…

 

photos de nus Lars Stephan www.larsstephan.com

 

 

 

 

 

 

 

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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 09:19

Conscient que vouloir sauvegarder le secteur automobile quand le pétrole se raréfie est aussi vain que maintenir la fabrication des arbalètes au temps de la Guerre des Etoiles, un ingénieur automobile japonais a eu l’idée d’utiliser l’inventivité et la technicité de ses collègues ingénieurs pour imaginer des jouets sexuels qu’il commercialise dans le monde entier.

Parmi ces gadgets, un anneau de pénis, plus couramment appelé cockring, destiné à maintenir l’enthousiasme du monsieur  lorsque l’évocation inopportune de ses ennuis fiscaux ou  la  perspective de devoir regagner son foyer « après », alors que sa maîtresse boude à cette seule perspective et qu’il gèle dehors le perturbe. Jusque là, rien que de très classique, si ce n’est que l’anneau en question est muni d’un minuscule cadran avec un chiffre « 0 ».Je tourne l’engin entre mes mains, perplexe, y introduit un doigt, le ressort… et ai la surprise de voir apparaître un « 1 », puis un « 2 » quand je renouvelle l’opération !

Bon Dieu, mais c’est bien  sûr. L’anneau pénien est muni d’un compteur de coups permettant au vaillant coïteur de savoir s’il a suffisamment embouti sa partenaire, le suffisamment étant une notion très masculine du reste, car nombre de femmes confient à leurs copines que lorsque ça dure trop longtemps, elles s’ennuient au point de remarquer froidement « Tiens,  faudrait repeindre le plafond, j’appelle Fabrice dès demain » (Fabrice, c’est le peintre en bâtiment) tandis que leur Jules se demande si à ce rythme de Formule 1 il va résister à l’infarctus.

Il fallait être ingénieur automobile pour avoir une pareille idée : le compteur de coït !  La performance non dans la volupté et les explorations buissonnières mais dans la quantité de perforations intrin… sexes. J’imagine d’ici monsieur bougonnant : « bouge pas tant, je vais déraper et pas faire ma moyenne » triomphant : « encore six coups et je pulvérise mon record ! » ou blêmissant : « Ca sent le caoutchouc brûlé… » quand son accélération stimulée par le plaisir de voir s’affoler le compteur échauffe non pas les sens des amants mais le latex.

Je pensais, naïvement, qu’un ingénieur pouvait être ingénieux dans n’importe quel domaine et qu’il ne devrait pas être difficile de reconvertir ceux de l’automobile, des armes ou du nucléaire dans des industries meilleures pour l’humanité. C’était oublier que leur formation, tout comme celle des énarques et autres technocrates, souffre d’une rigidité… mentale qui les rend rétifs à tout autre modèle que celui de la compétition et de la consommation toujours croissante.

 

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 09:49
Pas le temps d'écrire un billet. Alors, petit cadeau de lecture pour le week-end, un extrait de "Autres désirs, autres hommes" que j'ai relu il y a quelques jours, et que je persiste à préférer à "Des désirs et des hommes". Moins directement érotique sans doute, mais tellement plus subtil dans la découverte de ce qui nous trouble chez vous, messieurs... ou plutôt de ce qui me trouble chez vous, messieurs.

 

LEURS SALLES DE BAINS

« Veux-tu prendre une douche ? »

Phrase la plus intime de l’amour…. Leurs salles de bains révèlent tant d’eux-mêmes…

Leurs négligences : « Attention, la douche fuit à l’entrée de la pomme ».  Leur féminité, dans la multitude des gels douches aux fragrances de vanille ou de miel, de fleurs d’hibiscus là où l’on s’attendait à des senteurs boisées. Leurs manies, à la façon dont ils rangent ou ne rangent pas cet antre.

Découvrir sur leurs étagères les shampoings pour cheveux très fins ou colorés, les traitements antirides et les gels autobronzants discrètement dissimulés derrière leurs médicaments de base, eux aussi ont leurs fragilités et leurs obsessions hypocondriaques.

Retrouver chez des hommes différents les mêmes produits de soins peu connus,  les mêmes flacons d’huiles essentielles rares, et comprendre que l’attirance pour l’un ou pour l’autre, pour l’un et pour l’autre, ne doit rien au hasard.

Remarquer trois brosses à dents dans un verre, des produits de maquillage récents ou périmés et en déduire d’autres vies, familiale, amoureuse, territoires d’autres femmes installées là comme à demeure. Le célibataire endurci ne l’est pas tant que ça… 

Certains transforment leur salle de bains en impeccable show-room où les piles de serviettes, comme l’harmonie des couleurs entre étagères, linge de toilette et ustensiles divers racontent l’importance qu’ils donnent à leur corps et une part de leur sensualité. Ceux là aiment qu’on les surprenne au bain, qu’on penche la tête sur leur corps alangui dans la mousse, que nos mains se perdent sous l’eau, saisissent leurs bites comme un narguilé érotique à savourer à l’exacte température du bain, 33°,  qu’on les savoure longuement tandis qu’ils ferment les yeux et écartent les cuisses pour nous laisser glisser un ou plusieurs doigts savonneux en eux, qu’on les apaise de caresses pendant qu’ils éjaculent dans l’eau et regardent les gouttes de leur plaisir se mêler à la mousse de surface qui peu à peu finit de se diluer. Car ces voluptueux là, bien sûr, s’attardent dans la baignoire jusqu’à ce que leur peau frise.

Il est des salles de bains austères, réduites au minimum : une savonnette, un shampoing. Souvent le flacon est presque vide, retourné sur son bouchon pour récupérer les ultimes gouttes. C’est une pièce à tout faire, sauf l’amour, un bazar incroyable : litière du chat, bâtons de ski, emballages d’ordinateurs, magazines périmés… où surnage parfois, insolite, la fragrance d’une eau de toilette de marque, seul luxe de cette virile frugalité. Ces hommes là ne vous tendent pas au sortir de la douche une serviette propre soigneusement sortie d’une pile impeccable. Depuis la cuisine, ils vous crient de prendre la leur, ou leur peignoir, « oui, le bleu, celui qui est suspendue à la porte… » Et de vous vautrer dans l’étoffe qui a touché leur dos, leur ventre, leur sexe et leurs fesses tandis que vous-même frottez votre dos, votre ventre, votre sexe et vos fesses, c’est comme si vous mêliez vos deux intimités, pénétriez un  fragment inconnu de leur vie, celle qu’ils mènent lorsque vous partez.


Et puis il y a parfois au–dessus de la baignoire un fil, sur lequel sèche une robe de fillette ou un tee-shirt taille 12 ans. Ces salles de bains là parlent de la solitude des pères divorcés qui d’un week-end à l’autre, d’une vacance à l’autre, s’essaient à être de bons pères, des pères- mères câlins, sévères, ils ne savent plus trop. Cette solitude que ne comble aucun plaisir de femme, aucun nouvel amour.

Depuis longtemps ils savent que ceux-ci peuvent exploser en vol comme une bulle de savon,  laissant le père esseulé collectionner le moindre dessin d’enfant et pleurer parfois en sortant de la machine à laver le tee-shirt taille 12 ans. Pleurer, seul, dans sa salle de bains.

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 14:18

L’artiste  m’avait invitée dans son atelier. J’appréciai ses œuvres baroques et joyeuses, le dîner qu’il avait pris la peine de cuisiner pour moi et sa conversation. Bref, tout semblait aller pour le mieux, quand il s’écria : « Je te trouve super ! J’espère qu’on va niquer  ensemble parce que tu es vraiment super. » Trois fois au moins il exprima cette envie de niquer. Palsambleu ! Je déteste les mots « forniquer » et « niquer » qui ont pour moi des relents de péché et d’urine, ne me demandez pas pourquoi, c’est comme ça, les méandres de ma libido me surprennent encore. Du coup, elle s’affaissa comme une meringue mal cuite dans un soupir: « Euh, il se fait tard, je vais rentrer chez moi. » L’artiste fût parfait, me raccompagnant jusqu’au RER et m’appelant une demi-heure plus tard pour s’assurer que j’étais bien arrivée Je me sentais confuse de lui expliquer le lendemain que son insistance à me parler de « niquer » m’avait refroidie.  Mais ne le fût plus du tout quand  ce coup de fil signa la fin de cette rencontre.  Pour l’artiste, c’était « niquer » ou « rien du tout ».

Tout récemment, parlant à un ami du site www.polyamour.info , je l’entendis s’exclamer : «C’est le genre Meetic, un bon site pour tirer ? ». Il me raconta que sa fréquentation de Meetic s’était soldée par un nombre appréciable de « coups » mais peu de vraies rencontres, et ne me crut pas quand je lui assurai que sur polyamour, c’était l’inverse. Pourtant, c’est la vérité.

Les Lutins et Lutines ne sont ni chastes ni prudes, au contraire, mais ils ont tellement apprivoisé le sexe que celui-ci cesse d’être « le » critère d’appréciation de la séduction. Conclure ou pas conclure n’est plus la question : ils savent qu’ils le feront s’ils en ont le désir réciproque, qu’ils ne seront pas obligés de réitérer à chaque rendez-vous, qu’ils pourront partager non seulement de beaux et francs coïts (coït vient du latin co-ire : aller avec, c’est charmant, non ?) mais aussi des sourires, des massages, des jeux érotiques ou non, des fantasmes, des plaisirs de bonne chère et de vins, des discussions sur la vie, la mort, les espoirs et les désillusions, sur l’amour aussi.

Une telle liberté relationnelle est  rare. Dans quels dîners d’amis se sent-on assez en confiance pour exposer sa vie intime ou proposer un massage à celui qui est fatigué? Les filles encore, c’est connu, se racontent leurs plaisirs et leurs chagrins d’amour. Les mecs entre eux, rarement… sauf entre lutins. Comme si le fait de ne plus chercher à être le seul, le vrai l’Unique d’une femme les délivrait de l’éternelle compétition des mâles et leur permettait de parler enfin de l’intime. Avec un plaisir évident, si j’en crois ce que je lis sur le site et les lettres que je reçois.

Les Lutins et Lutines se délivrent de l’angoisse : « niquer or not niquer » parce qu’ils savent que cela vient tout  seul quand la situation s’y prête et que si cela ne vient pas ou ne vient pas tout de suite ce n’est pas grave. Cette joyeuse confiance faite à la vie et à eux-mêmes, qui les rend joyeux, légers, attentionnés mais pas pots de colle (adjectifs déclinables au féminin pour les Lutines)  explique sans doute leur charme…

La chute de l’indice Niqué, paradoxalement, entraîne une hausse de la valeur des bourses.

 

 

 

Il y a pile un an, Lauranne et moi nous envolions vers l'Australie pour un long périple. Nostalgie, nostalgie... et une chanson pour vous la faire partager:

 YouTube - AUSTRALIA IS ANOTHER WORD FOR FREE


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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 16:39

Sur le site www.polyamour.info, un homme raconte la polyandrie de sa femme :

http://polyamour.info/discussion/-dB-/ET-lapolyandrie-et-aussi-la-polygamie/

Pour résumer : celle-ci a une forte libido, que son mari comblait au début de leur union, mais après onze ans de mariage, il ne se sent plus de faire l’amour avec elle plus de 3 fois par semaine (score clssique à cette étape de la vie conjugale).  La dame a donc eu un amant avec l’accord de son époux, puis un second, un troisième et un quatrième… au fur et à mesure que s’apaisait l’ardeur des nouveaux venus.  Aujourd’hui, le mari et les 4 amants vivent dans le même immeuble, le premier bénéficiant cependant de privilèges de Prince Consort. (cf son témoignage). L’époux est aux anges de voir sa femme heureuse. La dame comblée d’être la Reine de tant de courtisans, dixit l’époux,  est amoureuse de tous « ses » hommes qui eux-mêmes sont devenus amis. Comme le dit le mari : « Croyez le ou non, ces relations physiques sont devenues des relations sentimentales amoureuses. »

Témoignage intéressant, même si sa conception très organique de la sexualité- rapport complet avec pénétration, trois coups par semaine, dose de plaisir, etc- n'est pas franchement ma tasse de thé, j'ai peine à imaginer qu'on résume l'intimité sexuelle à un nombre d'orgasmes nécessaires, d'autant qu'ils ne sont jamais nécesaires. On peut mourir d'indigestion ou de faim, on ne meurt pas de faire trop l'amour ou de ne pas le faire. Le côté: "Très bien chère madame, vous désirez quinze orgasmes par semaine, on n'a pas l'étalon pour ça, mais on peut vous en fournir plusieurs pour assurer les prestations" a un aspect comptable et organisé quelque peu tue-désir, mais c'est un avis purement personnel et par ailleurs, je pense que cette description si matérielle ne reflète que très partiellement ce que vivent nos cinq protagonistes.

En revanche, combien révélatrices sont les réactions que cette histoire a suscitées quand j’en ai parlé à des hommes autour de moi.  Incrédulité parfois, réactions basiques souvent : « Putain, l’est chaude cette meuf ! » Désarroi de mâle : « C’est pas un homme, c’est une lavette pour accepter ça ». Généralisation : « Y a plus de mecs, c’est pour cela que les femmes ne sont pas satisfaites au lit » ou encore "mais où va la civilisation avec des gens pareils?"  Médical : «  Besoin de sexe 15 fois par semaine ? Elle n’aurait pas un problème hormonal ? »  Sans parler de la qualification de « nymphomane » donnée à ladite Dame  par des hommes affirmant avoir « eu » plusieurs centaines de femmes dans leur lit.

Finalement, l'intérêt réel de ce témoignage est qu'il va à l'encontre des idées reçues. Il parle d'une femme à la libido dévorante alors qu’il est convenu de dire, d’ordinaire, que les hommes ont plus de besoins sexuels que les femmes.  Il montre un homme absolument pas jaloux, et absolument pas obsédé par la performance : « Je n’arrive pas à assurer pour la satisfaire, alors je me fais seconder. » Spécimen rare, mais qui existe, et existera sans doute davantage quand beaucoup d’hommes cesseront de confondre virilité et performance, sexualité et possession. Enfin il met l’accent sur l’intimité sentimentale que crée immanquablement la relation sexuelle, même quand elle semble une simple pulsion biologique : « Croyez le ou non, ces relations physiques sont devenues des relations sentimentales amoureuses. » Ce témoignage met le sexe à sa juste place, comme un plaisir partagé qui peu à peu crée une intimité, ou, pour paraphraser Benoîte Groult : « Un plaisir commencé sur la peau, dont les racines plongent petit à petit jusqu’au cœur. »

Je ne sais pas comment va évoluer ce groupe d’amants, si la libido de la dame va perdurer, si les hommes se lasseront d’elles ou pas. Je ne sais pas comment elle réagira le jour où son mari ou ses amants lui demanderont de faire de la place dans le lit pour d’autres femmes, parce que eux aussi auront envie de variété. Je ne sais pas si la dame est dans une représentation narcissique : « Je suis la Reine que tous honorent » ou simplement gourmande. Je ne sais pas si leur vie professionnelle pâtit ou est stimulée par une telle activité sexuelle. Je ne sais pas s’il y a des enfants à élever dans l’affaire, et s’il n’y en a pas, comment cela se passera s’il y en a un jour.

Ce que je sais en revanche, c’est qu’il est intéressant que les schémas et les idées reçues sur le couple et la sexualité bougent pour que les possibles se multiplient dans une logique d’amour et non de possession ou de pouvoir. Un ami à qui j’expliquais mon point de vue- qui n’approuve pas forcément tout dans ce témoignage, je le répète- m’a regardée pensivement : « Toi, tu veux toujours voir le côté positif des choses. » Pas forcément positif, j'ai tant d'indignations par ailleurs... mais le côté vivant, stimulant, oui.

 



A propos d'hommes et de femmes l'émission "Un homme, une femme, un café, l'addition" que j'ai enregistrée avec Patric Jean est programmée ce dimanche 16 août de 10h à 11h du matin sur France Inter.  

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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 15:00

Lucy Vincent, biologiste de l’amour, dissèque nos sentiments à l’aune des hormones et des neurotransmetteurs. Cette britannique a de l’humour, c’est presque un pléonasme… ce qui ne l’empêche pas d’être une scientifique rigoureuse.  L’amusant est que par la voie de la neurobiologie, elle arrive au même constat que moi par l’empirisme et l’observation sociopolitique : « La passion amoureuse n’est pas l’amour ». C’est pourquoi Lucy Vincent déconseille la séparation aux couples qui se disent après en moyenne trois ans : « Bouh… c’est plus comme avant », car  ils répéteront inlassablement ce cycle s’ils n’admettent pas qu’ils sont biologiquement programmés pour que la passion s’éteigne après ce délai et évolue vers un projet de vie.

A l’époque préhistorique, explique la chercheuse, on s’occupait du petit d’homme pendant  quelques années, puis il se débrouillait seul s’il avait survécu. De ce fait, le couple n’était pas destiné à durer longtemps. Aujourd’hui où nous avons pour ambition de mener nos enfants jusqu’à l’âge adulte avec de belles études, c’est-à-dire au bas mot 25 ans, le couple doit durer longtemps pour assumer cette tâche… mais la passion hormonale a toujours une date de péremption d’environ trois ans.  Il faut donc faire avec ce décalage entre les hormones et la durée de l’éducation d’un enfant.

« Alors, interroge le journaliste déconfit, le couple, c’est la fin de la passion ? – Pas du tout, sourit Lucy Vincent, il y a moult occasions de vivre des passions amoureuses… à condition de les mettre à leur vraie place et de ne pas les confondre avec l’amour. »


Bingo !  Que voilà un prologue approprié pour annoncer la sortie de mon « Guide des amours plurielles pour une écologie amoureuse » chez POCKET.  Amours plurielles rebaptisées Lutinage, pour des raisons expliquées dans le livre.


Comme son nom l’indique, ce livre n’est pas un mode d’emploi, mais un guide, que chacun peut adapter à son propre vécu, avec :

De « Ailleurs » à « Sexe », un glossaire sur la théorie amoureuse du Lutinage, suivi, pour chaque entrée, des questions qui m’ont été posées ou que je me suis posées à une époque où nul ne pouvait me conseiller. 

Un « guide de savoir-vivre des Lutins », à partir de situations concrètes authentiques, pour mieux faire face aux événements inédits que traversent les Lutins dans un monde officiellement monogame.

Des témoignages de Lutins et Lutines illustrant la variété des vécus à partir d’un même principe, preuve manifeste d’une évolution en profondeur des comportements amoureux. Ces témoignages montrent aussi bien les difficultés de ce mode de vie que le bonheur qu’il apporte.

Et comme je suis maintenant dans des désirs d’écriture totalement différents,  c’est la dernière fois que j’écris sur les amours plurielles, alors profitez-en !

 

 

 

A CARLA SARKOZY-BRUNI : SVP, POURRIEZ-VOUS DEMANDER A VOTRE MARI LA LIBERATION DE JULIEN COUPAT, DETENU DEPUIS LE 15 NOVEMBRE 2008, SUR UNE ACCUSATION DE TERRORISME SANS AUCUNE PREUVE? IL PARAIT QU’IL VOUS ECOUTE…

 

Et pour la sociologie amoureuse,  « Autres désirs, autres hommes » mettait en scène une quincaillière, une chercheuse du CNRS, un bachelier homosexuel, une beurette des cités, un ouvrier, un aubergiste corse, une jeune Ivoirienne, un candidat à la présidentielle… au lieu des sempiternels cadres supérieurs à Rolex et belles voitures, de coutume dans les textes érotiques.

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9 mai 2009 6 09 /05 /mai /2009 17:16

 

Désir : Tendance consciente et suscitée par quelqu’un aux plaisirs sexuels.

Amour : inclination envers une personne, le plus souvent à caractère passionnel, fondée sur l’instinct sexuel mais entraînant des comportements variés.

Orgasme : anciennement "irritation, hystérie". Auj : point culminant du plaisir sexuel.

Intime : Qui lie étroitement, par ce qu’il y a de plus profond.

Bigre, ça a l’air bien l’intimité si on en croit le dictionnaire ! Comment se fait-il qu’on en parle dix fois moins que de l’orgasme, de l’amour ou du désir ? Parce que c’est intime, sans doute, et indicible…

« Je suis intime avec Matteo, c’est le terme le plus juste. Amie, bien sûr, amante parfois, amour toujours. Impossible d’étiqueter ce que nous sommes l’un pour l’autre, c’est un lien subtil et qui n’a pas cherché à l’être. L’intimité  est venue sans que nous ayons voulu tout savoir l’un de l’autre, au contraire,  il y a entre nous une discrétion rare,  peu de mots, les sentiments affleurent par accident,  comme une vague mourante, parfois, laisse apparaître un caillou que nul ne soupçonnait. Je le découvre, mais je me découvre aussi… Peu à peu se construit le paysage de nos affinités et il nous faudra sans doute longtemps pour que l’image apparaisse dans sa totalité, si elle apparaît un jour. J’aime cette incertitude, ce plaisir de laisser la vie construire sans lui imposer de plans. Sans fébrilité et sans angoisses. » (Ce qui trouble Lola)

Bonheur d'exprimer les choses comme on les ressent : chuchoter « j’ai envie de toi » sans se formaliser si ce désir n’est pas partagé. Pouvoir dire « je ne reste pas ce soir » sans que l'autre se sente rejeté ou mal aimé.  L’appeler,  ne pas l’appeler, l’enlacer, l’embrasser, le vanner, le complimenter, se confier ou se taire, bref pouvoir être ce qu’on est sans craindre les conséquences de sa spontanéité. L’intimité débarrasse l’amour et le sexe des enjeux qui les parasitent si souvent. Elle donne la certitude de n’être pas en danger, que la personne intime vous aime assez pour ne jamais vouloir vous faire du mal. C’est rare. Même des gens qui s’aiment se blessent sans le vouloir, en le voulant parfois. On peut surmonter les blessures mais souvent l’intimité n’y survit pas.

« J’ai curieusement une confiance absolue en Matteo, je dis curieusement car c’est rare chez moi. Depuis Guido et quelques autres, j’ai toujours l’œil vers la sortie et un doigt sur la gâchette. »  

L’intimité s'épanouit mieux dans la durée, mais son regard infrarouge se joue du temps. Elle débusque derrière les modifications du corps et les strates des années ce qui a charmé et pourquoi. Elle se souvient des petits déjeuners, des fous-rires et des discussions. Elle s’intéresse aux mille petits faits et gestes qui transforment un inconnu en intime. Un petit-déjeuner, un massage, une soirée passée à reconstruire le monde, une façon de remuer la salade ou de se savonner sous la douche comptent autant pour l’intimité qu’un orgasme partagé.


Sans oublier le jeu, indispensable. L’intimité cultive les rituels idiots et les « private jokes » que ne comprennent que les gens concernés.  Aussi insaisissable et indéfinissable que le désir, elle est un royaume de connivences qui n’ont pas besoin de se dire, d’acceptation des fragilités de l’autre, d’humour devant ce qui d’ordinaire agace, de jubilation d’être totalement en confiance. L’intimité permet de lâcher prise, sans rapports de force ni angoisses. Autant dire qu’elle vit mal avec la passion, capable d’exiger, de marchander, de tuer parfois.


 


 

 

 


JULIEN COUPAT, N°D’ECROU 290173 PRISON DE LA SANTE, 42 RUE DE LA SANTE, 75014 PARIS EST DETENU DEPUIS LE 15 NOVEMBRE 2008, SUR UNE ACCUSATION DE TERRORISME SANS AUCUNE PREUVE. LA SEMAINE PROCHAINE, IL EST IMPORTANT D’ETRE TRES NOMBREUX A ECRIRE POUR DEMANDER SA REMISE EN LIBERTE, TOUT A FAIT COMPATIBLE AVEC LA POURSUITE DE L’ENQUETE.

 

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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 21:29

« La monogamie et son inséparable compagne, la jalousie, engendrent des heurts, des dangers et des maux incompatibles avec le calme, l’harmonie et la confiance indispensables à l’amour et au bonheur. »

« Les hommes mariés sont loin d’être monogames. Qu’ils soient l’époux d’une seule femme, d’accord, mais qu’ils n’aient de rapprochements sexuels qu’avec celle-ci, qu’ils soient fidèles aux principes du mariage monogame, c’est ce qui ne saurait être soutenu par aucun esprit libre et sincère. »

« Toute la faute de l’adultère est dans la dissimulation et le mensonge ».

Ces phrases ne sont tirées ni d’un de mes livres, ni d’une des innombrables discussions qui se tiennent sur les sites polyamoureux, où  l’origine des amours plurielles est tantôt affirmée comme anglo-saxonne datant des années, cinquante, tantôt issu des mouvements libertaires de mai 68, tantôt comme un désir actuel des jeunes de vivre différemment leurs amours, après la vague de divorces qu’ont connu leurs parents.

Non. Ces phrases sont tirées d’un livre paru en … 1926 sous le titre « la Maîtresse légitime ».  Bourré de références historiques et littéraires de l’Antiquité jusqu’au XXè siècle, il montre que l’interrogation sur la possibilité d’aimer au pluriel est aussi vieille ou presque que l’humanité, et que l’humain a décidément du mal avec la monogamie !

Cet ouvrage prône donc la polygamie masculine pour pallier le penchant naturel des hommes à aimer ailleurs, les femmes étant présentées, machisme de l’époque oblige, comme plus naturellement monogames. Cependant, leur sort n’était pas oublié, puisque l’auteur, Georges-Anquetil, avocat, journaliste et éditeur, expliquait que par suite de la guerre de 14/18 et ses millions de tués, les femmes se trouvaient en surnombre.

Il avait d’ailleurs attiré l’attention des parlementaires sur « l’ampleur du problème sexuel de 18 millions d’européennes que le surnombre des femmes, le massacre des mâles et l’égoïsme de la monogamie condamnent aux misères physiologiques et morales du célibat. »

« La Maîtresse légitime » fût vendu à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires. Des députés, des gens de lettres hommes et femmes, des journalistes, des universitaires et des romanciers réagirent à ce livre, soit pour le fustiger comme immoral, soit pour conclure avec humour qu’autoriser plusieurs amours enlèverait bien du charme à l’adultère, trouver qu’une femme coûte déjà cher, alors plusieurs… ou pour convenir que cela ne ferait que légaliser un état de fait : l’homme est capable d’aimer plusieurs personnes en même temps, ce qui était affirmé dès le 17è siècle :

« L’amour divisé, discours académique où il est prouvé qu’on peut aimer plusieurs personnes en même temps » (poème de Vion d’Alibray, 1653)

Georges-Anquetil était imprégné de la misogynie de son époque et de la certitude que l’adultère féminin est plus grave que le masculin en raison de ses conséquences : déshonneur du mâle, risque d’enfants adultérins. Sur ce dernier point, il n’avait pas tort, à une époque où la contraception n’existait pas. Cependant, un homme lui écrivit :  « Féministe convaincu… je suis pour la polygamie réciproque, parce que je suis pour la disparition du mensonge, de l’hypocrisie, d’une fausse morale dont tout le monde fait l’étalage et que personne, ou presque, n’observe. (Alexandre Mercereau, penseur et poète). L’écrivain Victor Margueritte s’écria : « Au problème tel qu’il le pose, un corollaire s’impose : la polyandrie. Mêmes droits à la femme qu’à l’homme ! »

Enfin, une femme lui proposa de rédiger le symétrique du livre la Maîtresse légitime. Beau joueur, Georges-Anquetil accepta, et c’est ainsi que parut  « l’Amant légitime » sous la signature de Georges-Anquetil et Jane de Magny, livre abondamment argumenté et émaillé de références historiques, comme le précédent, qui se concluait par cette fière déclaration : « On ne fait pas deux fois sa vie : aucun homme, même notre mari, n’a le droit de gâcher la nôtre ! » et proposait une pétition au Parlement « en vue de la filiation maternelle (l’enfant porterait le nom de la mère) de l’abolition du délit d’adultère, de l’abolition de l’excuse légale du mari qui tue sa femme (quand elle l’a trompée, ndlr) de l’autorisation légale de la bigamie pour les deux sexes. »

J’ai découvert ce livre aussi abondamment annoté que ses manuels de droit et recueils de Jurisprudence, dans le bureau de mon père, à côté d’un ouvrage sur la liberté sexuelle en Suède, datant de 1965. Les chats ne font pas des chiens…

 


 

A propos des amours plurielles, polyamour ou Lutinage, deux photographes cherchent des personnes intéressées. Pour tous renseignements, voir le lien :

http://polyamour.info/discussion/-cb-/Appel-a-participation-pour-reportage-sur-le-Polyamour/

 

 



 

 


DEPUIS LE 15 NOVEMBRE 2008,  JULIEN COUPAT, N°D’ECROU 290173 A LA PRISON DE LA SANTE EST DETENU, SUR UNE ACCUSATION DE TERRORISME SANS AUCUNE PREUVE. CONTINUONS A LE SOUTENIR ET A RECLAMER SA REMISE EN LIBERTE ;

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