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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 10:46

Sur Internet, des passionnés de la faculté de Rouen et de l’institut Flaubert ont ouvert un site www.bovary.fr où ils ont numérisé les manuscrits de Flaubert, avec les pages raturées, les innombrables versions, jusqu’à la dernière qui devait satisfaire à l’épreuve du « gueuloir » pour être admise par l’écrivain.  Par parenthèse, ça doit stupéfier NS que des gens consacrent des années à un tel travail, lui qui a du mal à simplement lire « la Princesse de Clèves », mais lui a finalement fait une belle publicité puisque le livre est 695è dans les ventes Amazon, très loin devant la « biographie non autorisée » de son ami Jacques Seguela, classé 56 225è (ce jour à 10h30)


A Paris, une exposition célèbrera à partir du 26 mai à la maison des manuscrits les 50 ans de la mort de Boris Vian, avec des manuscrits à l’encre bleue ou verte, fort peu raturés car ce diable d’homme aux mille talents avait la plume aisée. 
http://www.borisvian.org/evenements.php

Comparer les écritures, les versions d’un roman, les mots essayés, rayés, repris, crée un contact sensuel avec  l’œuvre : on imagine l’auteur, ses stylos, plumes, encriers ou cartouches… On le voit volontiers écrire à la terrasse d’un café, sortir de sa poche un carnet et y griffonner fébrilement.  On suit le cheminement de l’histoire, la naissance des personnages qui finissent par échapper à leur créateur.

Comment les générations futures suivront-elles ce cheminement de la pensée ? Le traitement de texte n’en laisse rien voir, si ce n’est le fameux « affichage et suivi des modifications » sous forme de pavés de texte en lettres d’imprimerie rouge ou bleu. Même présentation pour tous, que l’auteur soit génial ou banal, angoissé ou sûr de lui, que le texte soit une fresque historique ou une notice d’appareil ménager.  Arasement des émotions, nivelage des différences…


Un de mes éditeurs, au tout début du traitement de texte électronique, se disait capable de différencier un texte écrit à la main puis saisi à l’ordinateur d’un  texte directement écrit sur ordinateur. Il affirmait que le premier révélait davantage de contact « charnel » de l’auteur avec son œuvre, alors que le second, parfois plus perfectionniste dans la forme- c’est tellement aisé de corriger avec les copier/collé, rechercher…- était plus distancié. Peut-être n’était-ce qu’une impression subjective, mais le rapport au livre n’est-il pas essentiellement subjectif ?
Ce dont je suis sûre, c’est que lorsque j’achève un texte à l’ordinateur et l’imprime après l’avoir corrigé 10, 15, 20 fois… je trouve toujours des choses à modifier à la lecture sur papier.  Tout comme je ne lis pas de la même façon un texte sur écran et un livre sur papier dont je tourne les pages. Tout comme une projection de photos numériques et un album de photos sur papier ne me procurent pas une émotion identique.


Il paraît que les derniers e-books reproduisent à s’y méprendre la page d’un « vrai » livre. Certes. Mais le contact tactile n’est toujours pas le même. Visualiser (un écran) ou toucher (le papier) ce n’est pas la même chose, tous ceux qui ont tenté l’amour virtuel sur Internet vous confirmeront que cela peut être plaisant mais a peu à voir avec une véritable étreinte.


Lo
la a besoin de toucher les hommes pour qu’ils la touchent. Ils n’y sont pas habitués, mais ils aiment. Ils aiment le langage de ses mains sur leur corps, s’émeuvent qu’elle prenne le temps d’explorer chaque centimètre carré de leur peau : « que tu es douce… » elle découvre leur besoin d’abandon et son plaisir personnel à les y amener, les rendre vulnérables. 

Ce billet classé dans la catégorie EROS porte le n° 69



SI VOUS AVEZ QUELQUES MINUTES, MERCI D’ECRIRE A NS (courrier non timbré) OU MAM POUR DEMANDER LA LIBERATION DE JULIEN COUPAT, N°D’ECROU 290173, DETENU DEPUIS 160 JOURS, TOUJOURS SANS AUCUN INDICE PROBANT DE CULPABILITE

 

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4 avril 2009 6 04 /04 /avril /2009 14:19

MONSIEUR LE PRESIDENT, VOUS AVEZ DIT DEVANT BARACK OBAMA QU’ON COMBAT LE TERRORISME AVEC LES ARMES DE LA DEMOCRATIE. L’UN DES PRINCIPES DE NOTRE DEMOCRATIE EST LA PRESOMPTION D’INNOCENCE. IL SERAIT BON QUE VOUS L’APPLIQUASSIEZ EN DEMANDANT AU PARQUET DE NE PLUS S’OPPOSER A LA LIBERATION DE JULIEN COUPAT, N°D’ECROU 290173, DETENU DEPUIS 141 JOURS, TOUJOURS SANS AUCUN INDICE PROBANT DE CULPABILITE














Laurence et Jean-Pierre (faux noms, évidemment) se sont mariés à vingt ans et ont eu deux enfants aujourd’hui grands.  Dans sa jeunesse, Jean-Pierre était sportif, militant syndical et beau garçon, roi du rock et du barbecue. Il s’est épaissi avec l’âge, devient plus sédentaire parce qu’il a mal au dos et lorgne moins les donzelles : comme on dit, avec les années leurs raideurs se déplacent et la vertu vient aux hommes… Laurence a passé des années à attendre son mec qui lui promettait « j’ai une réunion (ou un match, ou une répétition de théâtre) mais je ne rentre pas tard ». Il rentrait toujours plus tard que promis et la trouvait endormie. » Malgré tout, ils s’entendent bien et ont la complicité que forgent les années et les obstacles franchis ensemble.

Vers la cinquantaine, Laurence a traversé une période acariâtre où elle en voulait au monde entier d’avoir « gâché sa vie à faire la bonne pour toute la famille » et se disait tentée de tout plaquer. Son mec ne la touchait quasiment plus depuis cinq ans. « Ca te manque ? » -Penses-tu ! Après tout ce temps, je connais ses façons par cœur et je n’en ai pas plus envie que lui.  –Alors ne râle pas, puisque ça ne te manque pas, et cesse de ronchonner après lui. Il n’est pas parfait, toi non plus, mais il a plein de qualités : gentil, cultivé, accueillant... – Avec les autres, pas avec moi, maugréait-elle. »  Je priais pour qu’elle prît un amant, subodorant le bien que ça lui ferait.

Dieu est mon pote. Il mit Laurence sur la piste d’un forum Internet où elle conversa avec un gars sympa, qui, divine providence, habitait la même région qu’elle.  Ils devinrent copains, elle faisait de la gym et des randonnées avec lui, mincit, se muscla et devint lumineuse parce que cet homme la faisait rire et la trouvait belle. On est comme ça, les filles, ça va sans dire qu’on est belles et que vous nous aimez, mais faut nous le dire !!!

Les deux copains devinrent amants, et Laurence découvrit que son corps qu’elle croyait endormi n’avait rien oublié du plaisir. Cela la rendit aimable, joyeuse, tant et si bien qu’un jour où Jean-Pierre la traitait de « ma vieille » avec affection mais maladresse, elle rétorqua : « Pas si vieille, puisque j’ai un amant. » Envie de le dire, de partager sa joie, de ne pas mentir. Jean-Pierre fût effondré. « Tu me trompes ! Tu vas me quitter ! » Non, elle ne le trompait pas, disait-elle, puisqu’elle le lui disait, et elle ne voulait pas non plus le quitter parce qu’elle aimait vivre avec lui. « Ca fait tant de temps que tu ne me regardes plus, toute ma jeunesse je l’ai passé à t’attendre, j’ai juste envie d’exister un peu par moi-même ».

Tout de même, la pilule était rude à avaler, tant et si bien qu’au dîner dominical suivant, Jean-Pierre, bizarrement, ne put s’empêcher d’annoncer à ses enfants sur un ton dramatique : « Les enfants, figurez-vous que votre mère a un amant. » Il s’attendait à les consterner, à les mettre de son côté, mais la fille cadette applaudit : « C’est vrai ? Ce que je suis contente pour toi, maman ! D'ailleurs je te trouve très en forme ».  –Comment,  dit le père, tu trouves ça bien ? » Le fils sourit : « Papa, qu’est-ce que ça t’enlève que maman se fasse un peu plaisir ? Tu vas y gagner : au lieu de ronchonner, elle est toute gaie, toute jolie. P’têt même que tu vas retomber amoureux d’elle, avec ses yeux qui brillent. »

J’ai repensé à cette histoire- pour l’essentiel authentique même si, comme d’hab’ et par discrétion je l’ai réécrite à ma façon- en écoutant les résultats du G20. Quel rapport sexuel ou non entre les deux ? La capacité à changer de logiciel de pensée.  Dans le logiciel du père, la liaison de Laurence était forcément un drame, alors même que dans la réalité- que lui a montrée le fils- il n’y perdait rien et avait même à y gagner s’il consentait à sortir du schéma « cette femme est à moi, même si je ne m’en sers pas. » (C’est une expression, n’allez pas me traiter de macho J)

Eh bien, à ma grande déception, le G20 n’a pas d’un iota changé de logiciel de pensée. Que proposent-ils ? De donner des milliards aux banques et aux entreprises qui ont failli, de relancer la consommation qui devrait au contraire être réduite dans les pays riches pour que les autres puissent accéder au minimum décent, de soutenir  le secteur automobile dont il est pourtant évident qu’il est obsolète, comme en leur temps ont disparu les maréchaux-ferrants ou les allumeurs de réverbères, d’augmenter les dépenses militaires (ça, c’est au sommet de l’OTAN) pour lutter contre le terrorisme, alors que depuis dix ans qu’on dépense des milliards militaires à cette fin, le terrorisme ne cesse de progresser.  Vous aurez aussi remarqué que les problèmes écologiques,  cruciaux durant le Grenelle de l’Environnement, ont été totalement occultés pendant ce G20, alors que les questions de l’eau, de la démographie galopante et du dérèglement climatique nous tuerons plus sûrement qu’une baisse de la consommation et une réduction- limitée- du niveau de vie des plus aisés.

Bref, le G20 cherche à colmater les brèches d’un système en faillite mais familier, au lieu de changer son logiciel de pensée pour voir la réalité en face. Quel dommage, alors que tant de besoins élémentaires ne sont pas satisfaits et qu’il reste tant à inventer et à découvrir au niveau des énergies, de la médecine, de l’architecture, des moyens de transport… de ne même pas imaginer que des cerveaux d’ingénieur et d’ouvriers automobile peuvent se recycler en ingénieur et ouvriers de biens utiles et non destructeurs.

Troquer le sexe à piles contre un sexe à énergie solaire, par exemple.

 


Sont beaux, hein? Ce sont mes plus jeunes nièce et neveu... pour qui j'aimerais un monde plus doux.
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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 17:35

Ce jour là, le vieil homme s’endormit à grand peine.  Dans son sommeil troublé, il entendit une clameur. Sur l’air de la chanson « C’est Thérèse, qui rit quand on la baise » des milliers d’africains scandaient « Benoît Seize… » et, présupposant que le saint homme ne saurait s’esclaffer  dans une telle circonstance, remplaçaient le verbe rire par  le verbe prier…

Le saint Père se réveilla en sursaut de son cauchemar,  transpirant de honte et de führer.  Il ne pouvait s’empêcher de visualiser la scène chantée par la foule et en ressentait un émoi qui le promettait assurément aux flammes de l’enfer- Satan l’habite- car une simple pensée de luxure constitue un péché, selon les dogmes de l’Eglise. Mais au lieu du Diable, il aperçut au pied du lit un couple tout de blanc vêtu, le Christ et sainte Thérèse. La sainte riait à belles dents, ravie du détournement de la chanson, qui l’avait du reste toujours amusée, même en version originale. Le fils de Dieu s’adressa au vieil homme d’un ton sévère : « N’as-tu pas honte de toi ? De quel droit oses-tu condamner des milliers d’hommes et de femmes à la maladie et à la mort avec tes propos inconséquents ? Ne sais-tu pas que Dieu seul a pouvoir de décider de la destinée des êtres qu’il a créés ? »

-Mais Seigneur, je voulais les ramener à la morale chrétienne… »

-Nom de moi-même, s’écria le Christ, quand te décideras-tu à chasser les marchands hors du temple comme je l’ai fait, au lieu d’être un obsédé sexuel ? Sache que Dieu ne crée rien au hasard. Si mon Père- qu’il soit loué car il n’est pas à vendre- a créé l’homme et la femme sexués, c’est bien pour qu’ils se servent de ces organes.

-Pour procréer, Seigneur, pas pour le plaisir !

-Benoît, même si tu ne pratiques pas ce jeu dont tu entends paradoxalement fixer les règles, tu n’ignores pas que j’ai doté les femmes d’un clitoris ?

-Oui, Seigneur, je l’ai appris en classe scientifique au temps de mon adolescence.

-Ce clitoris, organe majeur du plaisir féminin, est inutile pour procréer. Si je l’ai créé, moi qui ne fais rien sans grand dessein, c’est bien parce que je voulais que les femmes aient du plaisir. Si l’acte sexuel ne donnait aucun plaisir, crois-tu qu’après avoir subi une fois les douleurs de l’enfantement, elles accepteraient d’enfanter à nouveau ?

Le vieil homme tenta une ultime estocade, ce qui à y réfléchir constituait un péché majeur : contredire la divine parole !

« Seigneur, même si le plaisir sexuel n’est pas un péché, il doit néanmoins se pratiquer exclusivement au sein du couple marié, et dans ce cas, il n’est nul besoin de préservatif. »

Jésus baissa la voix et chuchota à l’oreille du saint  Père : «  Je te rappelle que ma mère était mariée avec Joseph- un saint homme, ce Joseph- et que Joseph n’est pas mon Père, Dieu en est témoin. Alors, je t’en prie, pas d’allusion blessante de ce type. »

Au loin, les clameurs avaient changé. En lieu et place de la joyeuse chanson paillarde sur fond de tam-tam, on entendait des voix viriles et s’élever contre la fermeture prochaine de leur usine.

« Vois-tu Benoît, soupira le Christ, je comprends l’inquiétude de ces ouvriers du pneu, mais en même temps, l’économie ne doit pas occulter le problème écologique.  Avec leurs hydrocarbures, les humains ont bousillé l’atmosphère pure que j’avais créée.  La crise dans l’automobile n’est pas un mal en soi si cela peut réduire le nombre de voitures e la pollution. Le tout est de trouver comment faire travailler ces gens. Après tout,  nombre de métiers du passé ont disparu et de nouveaux sont apparus.  Il faut chercher ce qui sera utile à l’humain, sauver des vies plutôt que détruire ou tuer…

A cet instant, une colombe entra par la fenêtre entrouverte et se posa sur la tête du vieil homme qui s’illumina soudain d’une flamme ondulante. Jésus éclata de rire :

« Tu ne te renouvelles pas, Esprit-Saint ! Depuis la Pentecôte, tu nous fais le coup. Enfin, si ta flamme peut éclairer Benoît, je te et nous rendrai grâce, et à mon Père aussi. »

Les  JT du lendemain ouvrirent sur cette nouvelle :  cherchant des débouchés pour le latex servant à la fabrication des pneus, Continental, Goodyear et Pirelli s’associaient pour créer la plus gigantesque fabrique de préservatifs du monde, destinés aux pays les plus touchés par le SIDA. Le Vatican avait décidé d’investir massivement dans ce projet.

 

 

 

AUJOURD’HUI 22 MARS, JULIEN COUPAT, N°D’ECROU 290173, EST DETENU DEPUIS 128 JOURS. NE PAS L’OUBLIER, NE PAS S’HABITUER SURTOUT, S’HABITUER A L’INJUSTICE, C’EST LE DEBUT DE LA SOUMISSION…

 

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16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 16:13

Vous en rêviez depuis des mois. Ce jour là, le cœur battant, vous avez osé franchir la porte. L’hôtesse vous a remis une serviette et une clé de vestiaire, puis informé gentiment sur le caractère « coquin » du lieu avant de reprendre sa conversation téléphonique. C’est alors que vous avez remarqué qu’elle était enceinte jusqu’aux yeux. Paradoxalement, cela vous a apaisé- une future mère, c’est rassurant- et choqué, comme si le bébé pouvait voir ce qui se passait en ces lieux. Il ne s’y passait pas grand-chose d’ailleurs.  Vous avez entendu des gémissements de plaisir et vous êtes dirigé vers eux, pour découvrir qu’ils provenaient d’un film X devant lequel s’astiquaient silencieusement trois hommes mûrs.  Au sauna, un couple nu s’embrassait et se caressait. Vous vous êtes assis près d’eux, surpris qu’ils vous laissent les observer, un peu gêné de votre érection naissante sous la serviette. Mais la femme vous a souri, a posé une main sur votre cuisse et vous a caressé quelques instants, tout en suçant son compagnon.
Ils se sont vite levés pour sortir. La chaleur du sauna les incommodait. Quelques instants après, l’homme est revenu vous voir. Il vous a demandé si vous accepteriez de « baiser sa femme comme une chienne». Vous avez suivi, hésitant. Dans la cabine fermée à clé, vous n’osiez pas regarder la femme offerte. Les deux époux ont souri : « c’est un jeu, n’ayez pas peur, a dit l’homme. Allez-y à fond, elle adore ça. » 

Dans la brasserie voisine où je prenais un café au bar, j’ai remarqué votre air troublé. Il a suffi d’un échange de regards. Très vite vous m’avez raconté combien c’était bizarre, cette femme inconnue que jamais vous n’auriez osé aborder dans la rue, écartant ses jambes pour vous sous les yeux de son mari qui l’encourageait.  Vous étiez bien loin de vos fantasmes sulfureux, loin de votre quotidien amoureux où les filles refusent presque toujours. Le sexe était devenu si simple que vous n’en reveniez pas, mais vous vous demandiez si c’était bien ou mal. 

Ni bien, ni mal. Réel. Le sexe résumé aux gestes est extrêmement banal. Filmés en gros plans génitaux- c’est tout l’ennui des films porno- le président de la république, une actrice sublime, un écrivain, un ouvrier fraiseur ou une call-girl donneraient des images similaires.  Ce n’est pas mauvais de le savoir, si cela permet aux gens de se décomplexer sur les prétendues prouesses amoureuses nécessaires pour être « un bon coup », si cela conduit les filles trop romanesques à cesser de se pâmer « je l’aiiiiiime ! » dès qu’un homme les fait jouir, parce qu’elles auront découvert que ce plaisir peut s’obtenir avec bien du monde et même des inconnus. La banalisation du sexe a l’avantage de lui  ôter son côté interdit, sulfureux, et d’apprendre à ne plus confondre plaisir et amour.

Ensuite, tout dépendra de ce que vous ferez de cette réalité.

Vous pouvez ne plus avoir envie de faire l’amour, ce qui serait dommage…

Ou alors vous dire qu’il faut augmenter les doses pour retrouver des sensations fortes, essayer des techniques de plus en plus hard, des jeux sexuels de l’extrême, des stimulants chimiques…. C’est ce qu’essaient de vous faire croire les marchands de sexe tarifé qui commercialisent de l’excitation avec la même logique que les trafiquants de drogue et le même résultat addictif, où le plaisir cesse d’être épanouissant pour devenir destructeur.

Vous pouvez enfin, débarrassé des tabous qui parasitent la sexualité (c’est mal, c’est sale) débarrassé des confusions entre sexe et amour (chantage affectif, enjeu excessif) vous interroger enfin sur son mystère, si bien résumé par Benoîte Groult dans « Les vaisseaux du cœur », que je vous engage vivement à lire si vous voulez connaître mieux les femmes : « Comment capter cet espoir de ciel qui luit entre les jambes des hommes et des femmes ? »

Cet espoir de ciel qui fait courir l’humanité depuis qu’elle existe…  A présent que vous avez constaté la banalité des gestes, il vous reste à comprendre pourquoi ces gestes peuvent être juste excitants ou totalement bouleversants. Découvrir le désir qui vous fait trembler en regardant sourire telle fille qui vous plaît et pourquoi vous avez envie de goûter sa peau et pas une autre ?

« Un désir né… à cause de son air libre et serein, sa façon d’habiter son corps, les livres qui dépassaient de sa besace, sa réaction quand il a vu que je le regardais bander… Et puis non, ce n’est même pas cela. Mon désir est né de l’émotion irrationnelle qui m’a saisie à la seconde où il est entré dans le wagon… Le désir ne s’explique pas, c’est ce qui fait son charme et sa profonde injustice. » (Ce qui trouble Lola.)

Le désir ne vous ennuiera jamais car il n’est pas répétitif. Je vous souhaite de savoir le suivre et de refuser le reste. Et, comprenant qu’il est libérateur de parfois dire « non », de respecter les refus des filles qui ne vous jugent pas, ne vous en veulent de rien mais simplement ne vous désirent pas. Vous en rencontrerez forcément qui vous désireront et que vous désirerez, et là, vous aurez la réponse à votre question : « C’est dommage que le sexe soit si banal, non ? » Oui, ça l’est si vous vous en tenez au sexe. Non, ça ne l’est pas, si cette banalisation vous délivre de vos inhibitions et vous  permet d’explorer ensemble vos fantasmes, de découvrir ce trésor qu’on appelle intimité qui n’a pas de recette autre que le temps et l’attention, et de vous amuser en faisant l'amour, car c'est aussi un jeu délicieux. 
J’espère que vous lirez ce billet, car vous ne m’avez donné ni votre nom, ni votre adresse.

 

 

 

 

 

AUJOURD’HUI 16 MARS, JULIEN COUPAT, N°D’ECROU 290173, ENTAME SON 5è MOIS DE DETENTION A LA PRISON DE LA SANTE SANS AUCUNE PREUVE QU’IL AIT COMMIS LE MOINDRE DELIT. NICOLAS S. SI PROMPT A JOUER LES LIBERATEURS (INFIRMIERES BULGARES, MEMBRES DE L’ARCHE DE ZOE, INGRID BETANCOURT, FLORENCE CASSEZ) EST BIEN INEFFICACE SUR CE DOSSIER LA.

 

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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 10:38

Samedi dernier, 4è réunion de « Polyamour.info.  Une bande de joyeux fêtards quinquagénaires et multicolores entrent avec moi dans l’immeuble et grimpent au même étage : des amoureux pluriels rescapés de communautés américaines et australiennes où, prétendent-ils, « tout le monde aimait tout le monde, et ça ne posait aucun problème ».  (Cela étant, les amours plurielles n’obligent aucunement à aimer tout le monde (!!!), cette idée me rappelle certains dogmes des seventies « tu ne veux pas coucher ? Ben t’es pas libérée… ») On s’est donc retrouvé à plus de quarante,  Guilain va devoir déménager vite fait au Zénith devant un tel succès…  La moyenne d’âge habituellement trentenaire a été rehaussée par la présence des joyeux drilles déjà décrits, puis abaissée par l’arrivée d’un bébé de trois semaines qui a roupillé toute la soirée dans les bras de son père, bercé par l’ambiance chaleureuse. Plaisir de parler d’amour, d’échanger des mots gentils, de se faire masser les épaules par un dévoué garçon ou mettre la main au cul par une fille qui avait à l’évidence flashé sur le mien, tout en conversant des rapports entre politique et vie amoureuse- mon dada, vous le savez- et en dégustant les bonnes choses et boissons apportées par les uns et les autres.  Bref, les soirées de ceux qui pensent qu’aimer et être aimé au pluriel compense l’injustice de n’avoir qu’une vie J sont en passe de devenir les plus sympathiques de la capitale.  Sauf à un moment où  la discussion sur le thème « Qu’est-ce que le polyamour » s’est enlisée dans un laborieux effort de définition. Chacun avait la sienne, ce qui est normal, puisque ce choix infiniment personnel, basé sur l’expérimentation/ correction permanente, est difficilement réductible à une définition unique. Cependant, il y eut quelques ayatollahs prêts à excommunier du cercle vertueux des « bons » polyamoureux, celui ou celle qui ne correspondait pas à leur idée de la chose. Toujours ce besoin d’étiqueter,  de ranger les sentiments dans des petites cases, d’édicter une norme, alors que l’expérience que j’en ai depuis 35 ans me pousse à penser que les amours plurielles ne peuvent être enfermées dans des règles. Elles sont une ouverture des possibles, avec des sentiments évolutifs, cycliques et non linéaires, où chacun devrait inventer ses propres règles avec rigueur et liberté, sans laxisme ni dogmatisme.

Pour sortir de l’enlisement, j’ai demandé si enculer les coléoptères était vraiment nécessaire, précisant que cette discussion qui s’éternisait me faisait penser à un film porno. C’est excitant deux minutes puis rapidement ennuyeux… Du coup la joyeuse bande de lurons/luronnes a proposé un atelier « câlins » dans la chambre voisine. « Atelier » pour des câlins, ça me fait le même effet que « enseignement des techniques de la fellation » pour une turlute : en ce domaine, je suis plutôt autodidacte …  J’ai donc continué à papoter avec des habitués des réunions : on a joué sur les mots entre maths et amour : « Pour aimer au pluriel faut-il avoir une identité remarquable ? » « Les racines du polyamour sont-elles dans l’intersection ou dans la tangente ? » et autres variations sur la géométrie dans l’espace que nécessitent ces relations.  Plusieurs ont fait les  classes prépa, ceci explique cela.  Les câlineurs sont vite revenus, bavardage plus informel et de fait plus intéressant, puis ils nous ont quittés avec force embrassades.  Nous avons poursuivi jusqu’à plus de minuit. Davantage de filles que de mecs, mais la qualité de ces derniers et leur envie de se poser des questions sur leurs sentiments est un bonheur rare, les garçons sont si fermés d’ordinaire en ce domaine.

Cependant, en rentrant, j’avais un sentiment de déjà vécu. L’impression de remettre mes pas dans des empreintes très (trop) familières. Comme il se trouve que pour des raisons d’écriture je compulse en ce moment des écrits anciens, j’ai ressorti mon premier manuscrit, jamais publié.  L’héroïne y dit à son mari : « Tu ne me prives pas d’amour parce que tu aimes Claire. On n’a pas une dose d’amour déterminé à offrir dans une vie. Tu m’aimes, tu aimes Claire… -Pas autant !  -Mais si, autant. Cesse de mesurer, je t’en prie, c’est ridicule. Tu aimes autant que moi une foule de gens et c’est heureux. Ceux qui ont décrété l’amour exclusif, l’amour qu’on mesure, l’amour qui doit se prouver sont des criminels. Ce qui m’importe, ce n’est pas d’être la seule que tu aimes, c’est que tu m’aimes. Tout le reste n‘est qu’amour propre, égoïsme… » Et quelques pages plus loin : « Tu pourrais me quitter pour une autre vie, je ne t’en voudrais pas. D’ailleurs, tu ne serais jamais loin. Je te connais trop pour que tu puisses disparaître de ma vie. Où que tu sois, je saurais que tu t’endors sur le côté gauche, que tu tournes ton café dans le sens inverse des aiguilles d’une montre et que tu resales tout ce que tu manges. Quand on connaît ces détails d’un homme, on n‘est jamais loin de lui. Je ne me sentirais vraiment seul que si tu mourais, même fou d’amour pour moi. J’ai besoin de savoir que quelque part bat un cœur, frissonne une peau, vibre un corps. En somme, si partir c’est mourir un peu, mourir, c’est partir beaucoup. »

J’ai écrit cela à 22 ans,  je n’y changerais pas un mot.  Comme pour d’autres textes plus politiques et toujours d’actualité retrouvés ici ou là. Les jours de bon moral ils me donnent à penser que je suis fidèle à mes idéaux de jeunesse, les autres jours à réaliser mélancoliquement que ce monde me déplaît depuis près de trente ans ! De là sans doute ce désir de garer ma vie dans un univers parallèle et plus tendre pour Jouer au monde.  L’instinct de conservation…


 

 

AUJOURD’HUI 23 FEVRIER, JULIEN COUPAT, n° d’écrou 290173 EN EST A SON 101è JOUR DE DETENTION A LA PRISON DE LA SANTE TOUJOURS SANS AUCUNE PREUVE QU’IL AIT COMMIS LE MOINDRE FAIT DELICTUEUX. CA COMMENCE A TROP FAIRE, NON ?

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9 février 2009 1 09 /02 /février /2009 13:49

« Passée boire un verre chez Nicolas, avant même de m’embrasser il m’a demandé des nouvelles de Matteo, je suis sûre qu’il en a eu envie, moins sûre que ça aurait marché, encore que… Nicolas prétend que c’est une expérience indispensable pour enrichir notre sexualité limitée d’hétéros, il a des théories intéressantes sur les hétéros et les homos, qu’il appelle d’ailleurs systématiquement pédés en me priant de faire de même, il trouve qu’homo et surtout gay, c’est comme dire malvoyant pour aveugle ou senior pour vieux, un avatar du politiquement correct. Pour Nicolas, donc, le couple pédé est fondamentalement égalitaire alors que le couple hétéro repose sur l’inégalité : « Question de force physique. Même si l’homme civilisé viole moins, il continue à raisonner en termes de pouvoir, il conquiert les femmes, il ne les séduit pas.  Entre pédés, la force physique est équivalente, on fonctionne donc sur la séduction. Les femmes se plaignent que les plus beaux mecs sont pédés, c’est l’inverse, c’est parce qu’ils sont pédés et savent prendre soin d’eux qu’ils restent beaux. » ( Ce qui trouble Lola »)

Pour écrire ce livre, j’avais écumé les bars du Marais en compagnie d’un pote pd qui me servait, si j’ose dire, d’introduction. Très vite, je me suis sentie à l’aise même quand j’étais la seule fille. A l’aise et fascinée. Dans tous les bars du monde il peut y avoir des rencontres, mais ce n’est que dans les bars de garçons que j’ai senti à ce point circuler l’énergie du désir. Sans un geste obscène, sans un mot, rien que par des regards et des corps qui savent exprimer tout à la fois le désir et l’envie d’être désiré,  la soumission et la dominance, la force et la douceur.  Selon Aristophane (« le Banquet » de Platon) à l’origine, les humains étaient doubles - mâle/femelle ou mâle/mâle- puis Zeus les punit de leur orgueil en les coupant en deux. Depuis,  nous ne serions que la moitié d'un être humain, cherchant sans cesse notre complément, de l'autre sexe ou du même sexe que nous. De ce mythe est né celui de l’homme ou de la femme de notre vie, censés apporter la complétude, la plénitude. 

Et si  l’être parfait était celui qui arrivait à trouver cette moitié en lui, en sachant exprimer simultanément sa part masculine et sa part féminine ? Dans ce cas, je dirais que d’une certaine façon les pd ont vaincu la malédiction de Zeus et sont des êtres complets. (ça ne va pas plaire à tout le monde... J ) C’est peut-être pour cela qu’alors que les magazines féminins m’ennuient avec leurs éternels « conseils pratiques» et « 101 trucs malins pour être belle et sexy… » et que les magazines pour hommes me hérissent avec leur portfolio de nanas à quatre pattes, vulve rasée, et leurs pubs de montres faites pour attraper les femmes plus que pour donner l’heure, je lis périodiquement PREF dont j’ai déjà parlé ici http://fsimpere.over-blog.com/article-4073653.html

où on parle aussi bien de la réforme de l’
audiovisuel, de la sexualité des prêtres, de design, de cuisine, de la chanteuse Camille, d’un autodidacte des films porno, de la place des célibataires dans la société, de ce qui se passe dans les capitales européennes ou de la beauté des hommes avec des photos d'hommes entiers et non réduits à leur seule génitalité, comme celle du photographe Lars Stephan www.larsstephan.com dont les autoportraits qu’il m’a autorisée à publier ici illustrent parfaitement ce que j’appelle « le regard du pd », dualité masculine/féminine où les deux genres ne s’opposent ni ne se confondent, mais sont doublement et totalement présents. Dualité troublante… L'androgynie, chez les Grecs, était la perfection.

 

 

Photos Lars Stephan, avec son aimable autorisation: www.larsstephan.com 

 

AUJOURD’HUI 9 FEVRIER, JULIEN COUPAT EN EST A SON 87è JOUR DE DETENTION SANS PREUVE. ENVOYONS LUI DES CENTAINES DE CARTES POSTALES A LA PRISON DE LA SANTE.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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14 janvier 2009 3 14 /01 /janvier /2009 14:59

Elles sont devenues folles par amour… Elles ont connu un terrible traumatisme sexuel… Deux émissions sur l’amour fondées sur des histoires destructrices. Rien de nouveau sous le soleil : des copains de fac devenus juges m’avaient dit combien les histoires d’inceste et de viol faisaient leur quotidien déjà à la fin des années 70. Le viol, crime sexuel ? Beaucoup plus crime de violence, qui se repaît de la peur de la victime plus que de la jouissance sexuelle. Ce qui explique que les victimes sont plus souvent des filles timides, quasi effacées, que de provocantes séductrices. Celles-ci font peur au violeur, qui ne veut pas séduire, mais abîmer.

On me dira « oui, mais ce sont des violeurs, des malades ». Certes, quoique la majorité des hommes qui agressent les femmes- du harcèlement sexuel au viol réel- sont loin d’être des psychopathes, plutôt d’honnêtes pères de famille… Mais surtout, il semble que les hommes grandissent avec l’idée de dominer et faire peur, et que les femmes sont élevées dans l’idée qu’elles doivent avoir peur : d’aborder un inconnu dans la rue, de sortir la nuit, de mettre des jupes courtes, de voyager seule… Combien de fois ne m’a-t-on pas dit « Mais tu n’as pas peur ? » quand je racontais des voyages en solitaire !

« Il y a une juste façon de marcher pour une femme, tard le soir. Trop doucement, elle semble attendre, trop vite elle semble fuir. Prendre garde aussi au rythme de ses pas, au bruit des talons sur le macadam. Trop silencieux, il les fait sursauter, trop bruyant, il peut devenir une provocation, attirer la convoitise. A toutes les filles du monde, depuis la nuit des temps, on apprend à provoquer l’homme puis à s’en défier. A le mettre en érection permanente puis à le frustrer. A lui montrer partout du sexe jusqu’à l’obsession, puis à haïr son excitation. Guerre des sexes de tous les instants attisée par l’obsession de la sécurité et la peur du risque. Le désir est un risque. Lola décide de le prendre. » (Ce qui trouble Lola)

D’ailleurs les femmes qui n’ont pas peur des hommes font peur aux hommes. On s’imagine qu’une auteure de romans érotiques est sans cesse courtisée. Du tout ! Elle suscite la curiosité et l’intérêt ou incite à proposer des défis sexuels, mais elle rencontre fort peu d’hommes prêts à tomber amoureux d’elles. Franck Spengler, mon éditeur, me racontait que toutes ses auteures se trouvent confrontées au même problème : des hommes désemparés face à une femme ni dure, ni agressive, mais simplement dépourvue de peur face à lui. Un ami homme m’a dit un jour : « C’est normal, vous connaissez trop bien les hommes et ne tombez plus dans leurs pièges, alors ils perdent leur statut de chasseurs. » Je me souviens d’un autre me disant « Tu me fais peur. Tu sais ce que tu veux, et pourtant tu es douce, je n’ai jamais vu cela ».

Pour quelle raison cette « mâle peur », titre d’un beau livre du Dr Gérard Leleu, qui l’a très peu vendu, preuve qu’il abordait un sujet tabou ? Sa thèse : l’homme, dans tous les pays et à toutes les époques, est fasciné par le désir féminin, mais le redoute de crainte de n’être pas à la hauteur. Pour s’en garder, il a édicté des lois d’oppression contre les femmes : tchador, excision, lapidation, interdiction de la contraception, obligation de la pudeur « bien féminine » et haro sur les femmes sexuellement épanouies. Moyennant quoi, les femmes ont vu en l’homme un oppresseur et non pas un être complémentaire, et fait de l’amour une sujétion qui les entraîne dans des passions destructrices, ou alors une monnaie d’échange (l’amour contre la sécurité du foyer) au lieu d’un jeu amoureux en duo harmonieux. ( heureusement, il y a des exceptions.).

Bref, la peur ressentie par l’homme a engendré une peur ressentie par bien des femmes face aux hommes. Certaines n’osent pas s’affirmer de crainte de n’être plus aimées, d'autres revendiquent comme des guerrières face à l'ennemi vaincu. Et on s’étonne que les relations amoureuses soient difficiles… Qu’en pensez-vous, garçons et filles ?

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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 22:14

Over-blog et Deezer se sont associés pour nous permettre d’inclure directement des musiques dans nos billets. Voulant tester cette possibilité- je ne suis pas une « pro » du Net- j’ai fureté sur Deezer et retrouvé un slow d’enfer que tous ceux qui avaient 14/15 ans entre 1965 et 1970 ont dû pratiquer.  Alors je teste, pourvu que ça marche. Cliquez sur le lecteur si ce n’est déjà fait, ou sur ce lien:  
http://www.deezer.com/track/sag-warum-oh-why-T1247204   et souvenez-vous. ..
(Lisez lentement: chaque paragraphe correspond à un mouvement de la chanson: lent, lyrique, lent, avec du silence entrechacun, pour savourer le slow.

La voix grave de Camillo comme un chuchotement sensuel à l’oreille,  le rythme si lent qu’on peut pratiquement danser immobile. Les doigts du garçon frôlent avec précaution le dos de sa partenaire qui s’abandonne un peu, pas trop… Les cheveux de la fille caressent le cou du garçon, il ne sait pas si c’est juste bon ou si ça chatouille un peu. Ses mains à elle, posées sagement sur les épaules de son cavalier, remontent peu à peu et se nouent  derrière sa nuque, glissent sur quelques boucles, un fin duvet. Elle tourne la tête sur le côté, s’aperçoit que ses lèvres sont à un millimètre de l’échancrure de la chemisette masculine, à une seconde d’un baiser frôleur qu’elle ose poser sur la peau qui sent l’after-shave Aqua Velva

Envol lyrique du chanteur,  le garçon serre plus fort la fille contre lui. Il a les doigts moites, elle transpire dans la chaleur torride de la boîte. Elle est vêtue d’une mignonne robe courte en non tissé (un papier/tissu qui permettait de fabriquer des robes à trois sous mais avait l’inconvénient de craindre la pluie, sans doute pour cela que la mode n’a pas duré) elle se demande si le tissu va tenir ou se déchirer, la laissant nue au milieu du parquet. Excitation torride...

Oh ya… Seuls mots compréhensibles pour la majorité des danseurs. Oh ya ! Oh, oui, dis moi oui.  Les notes de basse vibrent là où il faut, la fille perçoit le désir du garçon, blotti contre le tissu si fragile de la robe, tout près, brûlant.  Il cogne contre son ventre, elle brûle d’envie de le toucher mais n’oserait jamais lui dire :

« Monsieur, laissez-moi vous toucher

Laissez-moi sentir votre peau

Sous mes doigts tièdes et légers

Je sais que votre corps est chaud

Warum, zag… Warum. Fin du morceau, lumière tamisée, patin final. Comme dirait Guy Bedos : « Et voilà le travail ».

Délicieuse initiation au désir que ces slows où l’on se lâchait la main sitôt la musique arrêtée, où les corps s’écartaient lentement l’un de l’autre. La lumière se rallumait, on clignait des yeux, un peu gênés. Le garçon disait : « T’as soif ? Tu veux un coca ? » Tous deux se dirigeaient vers le bar au fond de la salle, dans la lumière crue duquel elle découvrait qu’il avait beaucoup d’acné, quand même.

 

 

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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 11:30

Quelle est la différence entre un Homme désirable et un « Lourd » ? Aucune. Le premier nous regarde avec des yeux qui pétillent, on trouve comme par hasard ses doigts sur la salière qu’on s’apprête à saisir et la table du restaurant est si petite que ses genoux touchent les nôtres. Tout ceci fait battre le cœur et envisager comme une chose très plausible d’ouvrir le bouton de sa chemise pour vérifier la douceur de sa peau dans l’échancrure.

Le second nous regarde avec des yeux qui pétillent, on trouve comme par hasard ses doigts sur la salière qu’on s’apprête à saisir et la table du restaurant est si petite que ses genoux touchent les nôtres. Et ça énerve prodigieusement! « Putain, ce mec, qu’il est lourd, comment vais-je m’en dépêtrer à la fin du repas ? » Conclusion : il n’existe pas des êtres par essence désirables et d’autres qui ne le sont pas. Il n’y a aucune rationalité dans le désir.

Pas si facile de se dépêtrer d’un lourd pour certaines filles qui se sentent coupables de dire « non » à des hommes qui insistent, tant elles ont intégré le fait que dire « oui », c’est être gentille (« Si vous êtes gentille, mademoiselle, vous aurez vite de la promotion) et qu’un homme qui vous désire vous fait bien de l’honneur, tant elles se sentent moches, pas terribles, bref manquent de confiance en elles.… Mais quel désagrément de dire « oui » sans désir et de se demander le lendemain pourquoi on a fait ça, beurk. Voici donc quelques façons de couper court, au sens évidemment figuré :

Directe : « Merci pour le dîner, c’était délicieux, je rentre en taxi. » Simple, mais difficile hors des grandes villes, quand il passe moins d’un taxi en maraude par heure.

Si l’homme vous raccompagne et propose de monter prendre un dernier verre.

Juriste : « Il vaut mieux pas, vous avez déjà dépassé la dose légale »

Mystique: "Un café? Passé minuit, je ne bois que de la tisane d’encens du Népal »

Si, goujat, il marmonne qu’on ne se fait pas inviter à dîner si c’est pour rien et que ras-le-bol de banquer sans résultat :

Mondaine : « Un dîner ? Mais je vaux beaucoup plus cher, mon cher. A la rigueur, si vous aviez acheté le restaurant… »

Pratique, en lui jetant 20 euros sur les genoux : « Tenez, vous n’aurez pas tout perdu »

Taquine : « C’est comme au Loto, on mise mais on ne gagne pas à tous les coups. »

S’il demande: « Pourquoi tu ne veux pas? »

Sincère : « Parce que je n’ai pas envie »

Diplomate : « Mon absence de désir n’est pas un jugement de valeur : il m’est arrivé de désirer de parfaits crétins alors que je te trouve plutôt beau, intelligent et sympathique.».

S’il insiste : « essaie, au moins, avant de dire non » :

« Tu veux dire que l’appétit vient en mangeant ? Moi, plus je mange, moins j’ai d’appétit. »

S’il vous pose d'office la main sur le volume de son désir :

Naïve: "C'est quoi cette enflure, une allergie?"

Curieuse : « C’est l'originale ou tu t’es fait greffer ? »

Exclusive : « Trop envahissante, ça fait ménage à trois »

S’il gémit : « Tu ne peux pas me laisser comme ça ! »

Joueuse : « Chiche que je peux ? »

Scientifique : « Rassure-toi, on n'a jamais recensé de cas de décès par explosion de pénis ».

Poète : « Tu n’as qu’à te la rouler, tu la fumeras dans les bois en pensant à moi. »

 

Voilà, Christiane, de quoi répondre aux importuns. Avec une réplique de plus lorsqu’il dira « Qu’est-ce qui te fait rire, tu te fous de moi ? » « Non, je pense à une copine ». Ca lui laissera un doute affreux sur l’orthodoxie de tes mœurs, et assurera ta tranquillité... en attendant ton prochain vrai désir. 

 

 

 

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 21:06

Plusieurs billets sans que je parle d’amours plurielles ou de sexualité, j’en connais qui languissaient. Navrée, ce n’est pas que je pratique frénétiquement, c’est que j’écris six heures par jour sur ces sujets, et en fin de journée je sature un peu…

Mais voici que je découvre sur le Net un article expliquant que les courtiers en bourse (s) calment leur stress en baisant beaucoup. Selon le psychothérapeute Jonathan Adler « Les banquiers ont un penchant pour les méthodes malsaines pour oublier leur pression, et parmi ces méthodes, les drogues et le sexe."

Sursaut ! Quoi ? Un psy-cho-thé-ra-peute considère le sexe comme une méthode malsaine, au même titre qu’une drogue ? Pas étonnant que tant de gens souffrent de misère sexuelle si des professionnels censés les aider diffusent ce genre d’idées culpabilisantes.
J’en entends déjà bougonner qu’avec la crise, le pouvoir d’achat, le chômage… le sexe va passer au second, voire au dernier plan. Ce qui serait une erreur. Qu’arrive-t-il en effet quand l’activité économique baisse, avec deux s ? On a du temps, chômage technique ou total oblige- et moins d’argent. Or le sexe, ou plutôt les relations amoureuses (incluant rencontre, sourires, jeux, caresses, sexe et tendresse) demandent du temps mais pas ou peu d’argent. C’est donc le moment d’en profiter, sans stress, sans planning surchargé, d’autant plus que les relations amoureuses stimulent les endorphines, hormones du bien-être, boostent le système immunitaire (important à l’entrée de l’hiver) et ne font de mal à personne, je dirais même qu’elles font plutôt du bien.

Rien à redire à cela, et pourtant qui le fera ? Pas grand monde, ou plutôt toujours les mêmes. Crise ou pas crise, on remarquera que les directeurs de FMI et de banque Mondiale, maîtres du monde sur occupés, trouvent toujours une minute ou deux pour jouir, et c’est peut-être justement cela le problème : le plaisir sans entraves- comme le remarquait récemment un commentaire de Lung Ta- reste un privilège de nantis. La vie amoureuse pléthorique des hommes politiques, décideurs et autres « people » ne choque personne, au contraire : elle fait rêver. La vie amoureuse pléthorique de madame Michu ou monsieur Dubois leur vaut des noms d’oiseaux que je ne transcrirai pas ici. Pourtant Madame Michu et monsieur Dubois ont autant besoin de bonheur que les puissants suscités. Davantage même, car tous deux n’ont pas les compensations masturbatoires que sont le pouvoir, la célébrité et l’argent.




Prolétaires de tous les pays, caressez-vous, ça ne consomme pas d’énergie non renouvelable, c’est donc écologique en plus d’économique. Et ça insupportera les nantis de voir que vous faites la nique à la crise.

 

 

Soyez fous : osez offrir un livre érotique pour Noël


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