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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 19:45

Je reviens de quelques jours en Auvergne sans TV et sans journaux, non pas que cette belle région parsemée de volcans et doucement ombrée de courbes nonchalantes où le blé d’hiver dessine des mamelons émeraude ne possède aucune maison de la presse ou antenne cathodique, mais entre le Festival International du court-métrage de Clermont-Ferrand, une joute gargantuesque de poulet braisé, saucisses/lentilles, potée au choux, Fourme d’Ambert, St nectaire et crème renversée miraculeusement conservée dans son caramel après un transport épique sur un chemin pavé de bonnes intentions, plus d’intéressantes digressions sur les mérites comparés de vins divers et variés bus dans de confortables fauteuils ou en dansant d’un pied sur l’autre pour se réchauffer dans la froidure d’une cave dispensant un picrate sévère mais juste, râpeux comme la barbe d’un conseiller municipal se demandant comment trouver des candidats pour les prochaines élections car être maire rural comporte plus de sujétions que de compensations financières ou honorifiques, il ne reste plus une seconde pour penser au monde virtuel des banques en déroute et aux frasques amoureuses de Pimprenelle et Nicolas (j’allais écrire Nico-la-biroute juste pour la rime avec déroute, mais j’en connais qui iraient encore me reprocher mon absence de sens littéraire, mon Dieu comme Rabelais, Vian, Verlaine et Gainsbourg seraient malheureux dans ce monde peau-lissée !)  Et comme l’on se sent bien dans cette région où une prof avoue avoir giflé un jour un élève, s’être excusée le lendemain et avoir vécu en paix avec lui pendant tout le reste de l’année, il y a des raccourcis pédagogiques plus efficaces que de rameuter un flic en port illégal d’uniforme et un juge pour régler un différend scolaire.  

 

Quel rapport avec le titre de ce billet ? Aucun, si ce n’est que j’ai aussi lu « le sexe et l’effroi » de Pascal Quignard, qui explore comment le sexe, chez les Romains, a abandonné la légèreté qu’il avait dans la tradition grecque pour devenir quelque chose d’extrêmement codifié et compliqué où le phallus (phallos) des grecs devient chez les romains « fascinus », objet de fascination. La sexualité n’y est pas ludique ou procréatrice, ni hétéro ou homosexuelle (les deux mots sont apparus seulement au 19ème siècle, affirme Pascal Quignard, j’en ai été surprise) La grande distinction se fait entre l’actif, domaine réservé de l’homme libre, du patricien, et le passif, domaine de l’esclave. Quant à l’affranchi, il lui est recommandé par Sénèque d’accepter parfois d’être passif pour complaire au patricien. J  Il découle de cette organisation qu’un patricien ne pouvait être sexuellement soumis ni un esclave dominateur. A tel point qu’un patricien surpris en train de se laisser pénétrer ou un esclave pénétrant un patricien étaient tous deux punis de mort.  Chez les Romains, la fellation n’existait pas, car elle suppose un acte actif de la part de celui qui suce,  chose impensable puisque c’est aussi le pénétré. On parlait donc « d’irrumation », c’est-à-dire de coït buccal effectué par le patricien dans la bouche de l’esclave, supposée n’être qu’un réceptacle.

 

De même la femme n’était-elle que le réceptacle de la semence de l’homme.

 

Certes, tout cela a évolué en vingt siècles. Il n’en demeure pas moins que dans le parler populaire, l’injure n’est jamais « enculeur » mais « enculé » (excepté dans l’expression « enculeur de mouches »)  et que pour se vanter d’avoir eu le dessus dans un conflit, bien des hommes affirment « je l’ai bien baisé » ou encore « je l’ai eu bien profond ». Baiser et pénétrer restent associés au pouvoir que le riche patricien exerçait sur l’esclave. Argent, sexe et pouvoir sont intimement mêlés. Et c’est pourquoi les hommes font de la politique.

 

Finalement, ma nouvelle « Erection présidentielle » (dans « Autres désirs, autres hommes  ») était réaliste et prémonitoire… (il est toujours possible d’en télécharger une partie sur le site www.pocket.fr )

 

 

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25 janvier 2008 5 25 /01 /janvier /2008 13:26

Je cherchais une idée de cadeau pour mon neveu, un jeune vendeur m’a abordée : « Je peux vous aider ? ». Il a fait avec moi le tour de la boutique, cherchant visiblement à dénicher pour moi l’idée de génie que je n‘avais pas. Brusquement il s’est arrêté : « Votre nom d’écrivain, c’est quoi, déjà ? » Je le lui ai dit, puis me suis étonnée qu’il me connaisse. « Je vous ai vue à la TV ». J’oublie toujours ce détail, la TV. Le jeune homme a murmuré : « Je ne sais pas si ça se dit, mais je vous ai trouvé très… charmante, très… attirante ».

Je lui ai assuré que oui, ça se disait et que cela faisait forcément plaisir, lui demandant ensuite lequel de mes livres il avait lu. « Aucun, mais j’ai été tellement intéressé par ce que vous disiez sur les hommes, le couple… »  Denis Seignez a raison,  « Aimer plusieurs hommes »  provoque davantage que n’importe lequel de mes livres érotiques, ce qui prouve qu’un essai, lorsqu’il heurte les habitudes,  stimule les lecteurs (trices). Le jeune homme et moi avons donc bavardé un bon quart d’heure, il m’a demandé s’il pouvait offrir ce livre à son amie avec qui se pose la question du territoire personnel de chacun, comme dans tout couple finalement. Je l’ai rassuré : ce livre a suscité bien des discussions intimes et « sauvé » plus de couples qu’il n’en a séparé !

Ensuite, passage sur un salon professionnel où je croise une jeune femme perdue de vue depuis au moins quatre ans. Après les politesses d’usage (« tu n’as pas changé ! Que deviens-tu?) il ne s’est pas passé dix minutes avant qu’elle et les femmes présentes sur le stand ne m’assaillent de questions sur les amours plurielles dont elles rêvent sans oser franchir le pas, je ne me souviens même pas comment elles ont mis le sujet sur le tapis.

Et cela m’a fait comme pour la peur de l’eau dont j’ai souffert pendant 30 ans. Juste après l’avoir vaincue, j’adorais parler de cette expérience incroyable : avoir surmonté une peur que je croyais intrinsèque, inéluctable. Aujourd’hui, j’ai du mal à en parler tant l’eau fait partie de moi. Idem pour les amours plurielles : longtemps j’ai adoré raconter mon histoire, tant était grand le plaisir d’avoir surmonté une peur- la jalousie- considérée par tous comme intrinsèque et inéluctable. Aujourd’hui, je n’y vois guère d’intérêt, tant les amours plurielles, les miennes et celle des hommes que j’aime, font partie de ma vie. Mais apparemment, le sujet taraude encore beaucoup de monde…

D’ici quelques semaines, je retournerai quand même dans la boutique voir où en est ce charmant jeune homme à qui j’ai recommandé de lire « Les latitudes amoureuses » et « Ce qui trouble Lola » pour élargir son champ de conscience !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 19:11

« J’ai déjeuné avec un vieux pote, me raconte un ami. Il avait une mine resplendissante, je lui ai demandé s’il était amoureux. » « Pas du tout, au contraire, tu ne peux pas savoir comme je suis heureux, j’ai enfin la paix du pantalon. - La paix du pantalon ? Tu veux dire que… tu ne peux plus ? – Si, si , je peux toujours et ça me fait toujours autant plaisir, mais ce n’est plus une obsession ! » Et le pantalon pacifié d’expliquer : « Depuis trente ans, je suis comme tous les mecs, obsédé à l’idée de séduire, pas forcément consommer mais plaire, et bander parce que je plais. Croiser les yeux d’une fille et que ce regard me fasse bander, avoir envie d’en aborder une autre et que cette seule pensée me fasse bander, me réveiller le matin en me demandant si ma secrétaire aura mis sa jupe ras le bonbon qui me fait… - bander ?  –Tout juste. Et voilà qu’enfin je suis libéré de cette obsession et de toutes les questions qui vont avec : suis-je beau ? Est-ce que je vieillis ? Ce mec en a-t-il une plus grosse que la mienne ? Et tu sais quoi ? C’est fou le nombre de choses passionnantes que j’ai le temps de faire depuis que je ne pense pas qu’à mon sexe.  (il n’a pas dit sexe, il a dit autre chose mais on va encore me reprocher mon langage cru.) Qu’est-ce qu’on se gâche la vie avec cette obsession ! J’ai l’impression d’être un alcoolique enfin capable de boire sans être dépendant ! » 

Je vois très bien ce que veut dire cet homme. Au cours de mes pérégrinations, combien de fois ai-je été fascinée de voir des hommes apparemment intelligents perdre leurs moyens juste parce que je les excitais. J’en ai joué.  Pour pas un centime, ni pour une liaison, rien d’intéressé. Juste pour constater l’effet de ma main entre les jambes d’un homme. Lui raconter quelques anecdotes excitantes et d’un coup d’œil apprécier son deux-pièces avec poutre apparente.  En jouer parfois, comme avec cet universitaire un tantinet imbu de lui-même qui m’avait avertie avant une interview : « J’ai une demi-heure, après je donne un cours particulier. » Vingt deux minutes m’avaient suffi pour l’entretien, puis cinq minutes pour le mettre en érection, une minute pour délivrer sa bite de son habitacle trop étroit, puis je m’étais levée : « Merci infiniment, au revoir. » Il gémissait, me tutoyant soudain (incroyable ce que le fait de bander rend un homme familier) « Tu ne peux pas me laisser comme ça, tu ne peux pas. » « Mais si, je peux, vous savez bien que vous avez un cours, votre élève ne devrait pas tarder. »  Une autre fois, relisant au téléphone une ITV à un professeur- la libido du corps enseignant est assez vive, j’ai déjà dit dans ce blog tout le bien que je pense de la fonction publique en la matière - j’enchaînai après l’article ô combien sérieux avec quelques propos coquins qui ne tardèrent pas à faire soupirer, haleter, puis gémir et enfin jouir ce sympathique professeur que je félicitai pour sa vitalité. 

Mort de rire à ces récits, mon cher et tendre m’avoue qu’il est exactement pareil, totalement excité à l’idée de séduire et reconnaissant à toute femme qui le fait bander, qu’il concrétise ou non ensuite. « En somme,  votre bite compte, plus que la femme en face. » Il a ri : « Tout à fait, mais si tu écris ça dans ton blog, tous les mecs vont m’en vouloir d’avoir vendu la mèche. » « Pas sûr, le rassuré-je. C’est parce que je le savais que j’ai pu aimer les hommes pour ce qu’ils sont, sans me raconter d’histoires, et sans être obsédée par l’angoisse de leur plaire. Dois-je appeler cela la paix de la petite culotte ? »

dessin offert par l'Amante poivrée

 

 En sortant de l’immeuble, les yeux de Lola se posent sur le mur d’en face, un mur tout délabré qui masque un chantier de démolition. En lettres rouge sang, quelqu’un a écrit : « tout homme vient au monde une valise dans chaque main. Dans l’une il y a sa mère, dans l’autre il y a sa bite. » Elle a envie de comprendre comment ils font pour vivre avec cette verge indomptable qui bande sans prévenir et refuse de le faire lorsque l’homme, là-haut, niveau cerveau, aimerait tant assurer avec la fierté d’un infaillible étalon. Elle veut savoir pourquoi ils mettent tant de fierté dans ces quelques centimètres. Sexe et/ou sentiments, sexe et violence, sexe et pornographie, sexe et pouvoir. Que des faux débats, d’obsessionnels tabous qui masquent la crainte révérencielle de l’être humain devant le désir…(«  Ce qui trouble Lola »)

 

 

 

 

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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 16:37

En vitesse car je suis actuellement dans cette phase hyperconcentrée où je suis face à plein, plein de jolis mots assemblés en plein, plein de jolies phrases qu’il faut ordonner pour que tout ceci devienne un livre et que c’est le plus dur, et que ça me prend la tête avec des moments où je me dis «  waouh  ! super » et d’autres où j’ai envie de tout envoyer à la corbeille d’un clic rageur et de me fourrer sous la couette !

Sur ce s’est greffée une histoire pas possible- accident,hosto, police, ambassade, assignation à résidence- bref un incident touristique à l’étranger comme on dit- qui nous a pris un tantinet la tête, plusieurs tantinets de temps et pas mal tantinets d’argent..

Donc juste un petit mot pour une constatation réjouissante : 

D’ordinaire, un mot au masculin devient péjoratif au féminin. 

Un aventurier est un explorateur, une aventurière…. 

 

Un homme léger est spirituel une femme légère

 Un homme galant est bien élevé, une femme galante…..

Heureusement, j’ai trouvé l’exception : 

COQUIN : un coquin est un bandit, un brigand. « De fieffés coquins ». « Le coquin fût pendu haut et court » Une Coquine est une fille portée sur la bagatelle avec humour, légèreté et gourmandise. La coquine aime les hommes et ce qui ne gâte rien, les hommes le lui rendent bien : « Dis donc, t’es une sacrée coquine ! » est un compliment plein de tendresse et de lumière dans les yeux de l’homme qui n’en revient pas de sa chance. Je parle de l’homme non pas coquin… mais galopin. Coquine et galopin voilà un bon programme pour commencer l’année.  

 

 

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9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 12:46

Une fois n'est pas coutume, d'ordinaire nous restons discrètement tapis dans nos rochers, nos étagères en boîtes à café et notre joyeux désordre, mais aujourd'hui c'est son anniversaire et comme

"My thonnie is over the ocean

my thonnie is over the sea

My thonnie is over the ocean

Oh bring back my thonnie to me"

Le voici quand on s'est connus, puis presque vingt ans après, puis presque... 40 ans après.  BON ANNIVERSAIRE, beatnick!

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5 décembre 2007 3 05 /12 /décembre /2007 18:22

Manou, honorable mère de famille , me demande d’expliquer poétiquement aux ados les positions amoureuses. Faut-il leur expliquer ou leur laisser tout loisir de les découvrir eux-mêmes ? Je pose la question mais réponds cependant à la demande en commençant par  « les cuillères ». 

« C’est un petit matin paresseux, après une soirée délire.  Le drap a glissé du lit, un léger courant d’air te fait frissonner. Pour te réchauffer, tu te colles contre le dos de ta copine,  tout doux, tout chaud, un bonheur. Elle soupire, encore toute ensommeillée, et niche ses fesses contre ton ventre avec un irrésistible mouvement en 8 qui te met dans un état… proche de l’Ohio.  La coquine copine qui a senti frapper les trois coups dans son dos se saisit de l’objet frappeur et le met d’autorité là où il ne demandait qu’à  entrer. Vous entamez alors un mouvement de tangage/ roulis langoureux, tandis que ta main libre s’agrippe à son sein et tes lèvres à sa nuque. » 

Empruntons la conclusion à Anne Hooper, célèbre sexologue américaine : « Chez les primates, la région anale concentre les signaux sexuels et les humains vraisemblablement ne sont guères différents des singes. C’est sans doute ce qui explique que cette position dite « des cuillères » (qui met les fesses en contact direct avec le sexe mâle) entraîne généralement un état d’excitation. L’avantage de cette position est qu’elle économise l’énergie. » 

D’où son appellation d’amour « à la paresseuse ».  

 

Veux-tu que je te dise, Manou : autant c’est bon à faire, autant c’est chiant à expliquer, et pas érotique pour deux sous. Quand je pense que des livres entiers sont consacrés aux 436 positions!  Après une seule, je me sens déjà délibidinée.

 « Mais pourquoi t’appelle ça les cuillères ? glapit le jeune pubère. 

-Parce que, mon chéri, tu auras remarqué que les cuillères rangées dans un tiroir, s’emboîtent à peu près comme toi et ta copine dans la position susdécrite…. Je dis bien, à peu près. »

cuillère acrobatique

                                     échangisme, orgie

 

 

 

 

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29 novembre 2007 4 29 /11 /novembre /2007 00:55

J’ai reçu un jour une lettre virulente d’une femme persuadée que j’étais la maîtresse de son mari. Elle avait trouvé dans ses affaires un de mes livres, dédicacé. « Tu la connais ? » Oui,  on se voyait pour raisons professionnelles et, ayant acheté un de mes livres, il m’avait demandé de le lui dédicacer un jour que nous prenions un verre.  Dédicace en l’occurrence très neutre … Nous avions discuté d’érotisme, puis pris congé. Mais au lieu de raconter ces faits tout simples à sa femme, le mari honteux (de quoi) et confus (pourquoi ?) bredouilla, s’emmêla, bégaya et finit par lancer : « Ne te fais aucun souci, de toutes façons c’est un thon ».   

Le hasard voulut que cette jeune femme me vit lors d’une émission télévisée, et constata que  pour un thon j’avais encore de beaux filets. En conclut que si son mari lui avait menti, c’est qu’il y avait forcément anguille sous roche (cette histoire sent décidément le poisson)  et que moi, perverse diablesse, j’avais forcément capturé le malheureux dans mes griffes perverses. Je vous passe les mille et une malédictions que m’adressait cette dame. 

Eberluée, attristée aussi d’une telle diatribe, je lui répondis en lui expo sant l’exacte teneur de mes relations avec son légitime, précisant que vivant dans un foyer délicieux où je conjuguais rare tendresse et totale liberté, je ne convoitais aucunement celui des autres et n’avais par ailleurs aucune envie de relation amoureuse avec un homme-le sien- trop occupé pour s’offrir autre chose qu’une sauterie sans âme entre deux rendez-vous.  Je terminais en lui demandant si elle était plus affectée par l’idée que je pouvais être la maîtresse de son mari- en ce cas je pouvais la rassurer : il n’en était rien, ou affectée de découvrir que je n’étais pas un thon : en ce cas, elle devait s’interroger sur sa confiance en elle et sur les raisons qui avaient poussé son mari à lui asséner ce bobard. 

La dame me répondit fort gentiment, s’excusa de sa violence, fût rassurée et, j’imagine, en profita pour régler ce qu’il fallait avec son compagnon. (à qui, dans l’intervalle, j’avais vertement reproché sa goujaterie…) 

Les hommes sont bizarres… Aux dires de certains, un dîner avec moi, une carte postale « Bonjour de Grèce, la mer est bonne, l’ouzo aussi », voire un simple texto professionnel de ma part seraient de nature, si « elle » savait, à bouleverser leur compagne, briser leur couple, et attirer sur leurs têtes de mâles les pires ennuis : « Tu comprends, comme tu écris des livres érotiques, elle se méfie forcément!  »  « Bon Dieu, mais c’est bien sûr : une écrivaine érotique ne peut que sauter sur tout ce qui bouge !  Si j’écrivais des romans policiers, ta compagne penserait-elle que je passe mon temps à braquer des banques ? » 

Et surtout : est-ce que ça t’écorcherait la langue de dire que tu me connais, que nous sommes amis , que ça n’a rien de honteux et que je ne viole pas tous les hommes qui passent à ma portée ? 

Quant à ceux qui pratiquent l’adultère coupable- je veux dire qui lutinent mais tiennent au secret, ce qui est fréquent et concevable-  qu’ils assument leur double jeu avec élégance et gèrent eux-mêmes leurs relations conjugales sans en faire porter le poids à leur maîtresse.  Que leurs femmes sachent une bonne fois pour toutes que la majorité des maris adultères ne sont pas « tombés dans les rets » de créatures maléfiques… ils sont allés à la pêche sur Internet, dans la rue, ou dans des cafés, comme des grands.  En proposant l’œil allumé des jeux de grandes personnes à des femmes tout aussi adultes qu’eux.  Alors, qu’ils se conduisent ensuite comme des grands et non comme de petits garçons fautifs et assument leurs actes!  Quant aux épouses, qu’elles se rassurent : leurs maris ne sont pas si irrésistibles et les autres femmes ne rêvent pas toujours de leur voler.  

 

Même pour un simple emprunt, je reste très sélective J  

 

 

 

 

Thon de différentes années (1973/2007)

 

 

 

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24 novembre 2007 6 24 /11 /novembre /2007 23:17

photo Pierrick Bourgault

 

Ce moment où l'on se retrouve, longtemps après. On ne s'est pas quitté, il n'y a eu ni rupture, ni dispute, juste l'effilochage presque naturel d'une relation qui hésite entre routine et... rien. Tout, donc rien, plutôt que la routine, que l'habitude de se voir parce qu'il faut se voir. « Il faut que je l'appelle », phrase terrible. Donc, peu à peu on cesse d'appeler et on se perd de vue. On s'étonne de ne pas même en souffrir. 

Puis un jour on se croise par hasard. Coïncidence de calendrier, de lieu.  Ou vrai hasard. Mais est-ce le hasard qu'une foule anonyme un après-midi glacé d'hiver dans laquelle, tout à coup, se détache une silhouette?  Le coeur l'a vue avant les yeux, sinon comment expliquer son accélération soudaine? 

Deux sourires volent  au-dessus des arômes blonds d'un verre du soir,  goût fruité de raisin vert, excitant comme un baiser très longtemps désiré. Du bout de l'index, il dessine les contours de ses lèvres : « Je suis content de te voir ».  Elle lui caresse la joue.  Instant surprenant où se renouent des sensations familières après des semaines, des mois, des années. Il a changé, elle a changé. Premières strates. Au-dessous, un regard infrarouge infaillible détecte les strates d'avant, visage et voix, reconnaît la grâce d'un geste, le grain d'une peau. Déferlement d'images, que les plus intenses, comme des cartes postales amoureuses qu'on effeuillerait à toute vitesse pour revivre en trois minutes trois siècles de sensualité brûlante, joyeuse,  unique évidemment. Tous les amants ont vécu une aventure unique. 

Dans la chaleur de la chambre, bienvenue après le brouillard givrant du dehors, savourer du bout des doigts et à pleine bouche son désir, sans qu'il soit besoin d'en parler, sans qu'il soit besoin de le chercher : il est là,  tapi dans un coin de  mémoire, familier et nouveau à la fois.  S'enivrer d'odeurs, de goûts, de convoitise gourmande. Il a changé, elle aussi, mais leurs corps n'ont rien oublié.

 

 

 

 

 

 

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14 novembre 2007 3 14 /11 /novembre /2007 23:00

Le libertinage, art subtil du XVIIIème siècle ayant été confisqué par des clubs échangistes ripolinant sous ce joli mot une vocation strictement sexuelle et com merci ale, je propose le terme « lutiner ». En hommage à un homme qui me dit un jour « J’ai envie de te lutiner » et Aphrodite sait combien il est doué pour cela.  Aux libertins laborieux, comment ne pas préférer la légèreté des lutins ? 

Lutinage en liberté comme une valse à mille temps….

Au premier temps, lutinage, explorer de nouveaux désirs, se découvrir différent(e) entre d’autres mains, se découvrir multiple, s’émerveiller : « dire que j’aurais pu passer à côté de ça. »  

Au 2ème temps, liberté, oublier le mensonge et les remords. N’avoir plus besoin d’alibi, ni de mentir, ne pas se sentir coupable, ne pas craindre d’être démasqué. 

Au 3ème temps, s'amuser d’être un OVNI au pays de ceux qui ne comprennent pas, de ceux qui "voudraient bien" mais ne peuvent pas. Pas à cause d’eux, bien sûr, mais de leur compagne ou copine ou femme, laquelle, de son côté déplore que son compagnon, copain ou mari soit exclusif et jaloux alors qu’elle aimerait tant aérer sa vie amoureuse.  Etrange comme beaucoup d’ hommes et de femmes aiment se persuader que leur partenaire est jalou(x)se… 

Au 100ème temps, liberté, avoir tant apprivoisé le sexe qu’il n’a plus rien de redoutable et tout de voluptueux, sans les milliers de dents pointues du péché qui mène droit à la mort puis à l’enfer, sans le venin de l’addiction qui mène droit à l’enfer, puis à la mort, comme une drogue dure. 

Puis au millième temps de la valse, quand le lutinage va de soi avec la même évidence que va l’éternelle respiration des vagues, quand il n’est plus esclave de l’excitation permanente, la transgression, l’obsession, l’orgueil… bref quand il ne pose plus question, pouvoir s’ouvrir à mille autres centres d’intérêt, comme un plongeur chevronné est capable d’admirer un tombant de gorgones sans se pourrir la vie avec son détendeur qui fuse, son manomètre couvert de buée ou sa stab  trop gonflée.  (OK, la comparaison est un peu technique, mais je me comprends fort bien, mon apprentissage en autonomie des profondeurs amoureuses ayant été parallèle à celui de la plongée en scaphandre autonome. J )

 

 

 

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7 novembre 2007 3 07 /11 /novembre /2007 00:02

Fou- rire en entendant une journaliste radio raconter sa visite de l’ expo sition  « le Zizi sexuel » (Cité des sciences, Pte de la Villette à Paris, jusqu’à fin 2008) en compagnie d’enfants de 9 à 13 ans. On aurait cru un reportage dans une jungle hostile où l’explorateur tente d’exorciser ses peurs en riant bêtement au moindre frisson de feuilles d’arbres.

 

Contempler la feuille à l’envers, jolie expression pour « faire l’amour », plus guère usitée, dommage, elle ne fait d’ailleurs pas partie de l’ expo .  Le « Zizi sexuel » est une expo didactique, BDisante ( merci Titeuf !)  hygiénique et même psychologique puisqu’on y parle des émois du premier désir et de comment ça fait quand on tombe amoureux. Ca reste néanmoins très technique, résumant le coït à « le garçon met son zizi tout dur dans la fente mouillée de la fille » ce qui,  faute d’émotion et de trouble, amène les personnages de BD à demander: « et ça lui fait pas mal ? »

 

Ceci m’a rappelé une conversation avec un ami : « A 17/18  ans, me dit-il, je trouvais que faire l’amour était très agréable, et j’aurais bien aimé le proposer à mes copines comme un plaisir aussi naturel et sympa que « on se fait une toile » ? Elles se récriaient aussitôt, scandalisées : « Ca va pas, non ? On est copains  ! » Je leur proposais justement parce qu’on était copains , qu’on s’aimait bien, et je n’y voyais aucun mal, au contraire, mais elles ne l’entendaient pas de cette oreille. Celles qui me « cédaient », comme on disait à l’époque, me faisaient comprendre qu’elles acceptaient pour me faire plaisir, parce qu’elles étaient amoureuses et qu’elles savaient que les garçons ont besoin de « ça. » Le «ça » prononcé à mi-voix avec un air mi-dégoûté, mi-sulfureux. »  Cet ami en avait donc conclu que  pour les filles, faire l’amour était ennuyeux, voire pénible, d’où sans doute les soupirs et gémissements qu’elles laissaient échapper. Il a mis des mois à réaliser qu’il s’agissait de manifestations de plaisir!

 

Devenu adulte, comme bien d’autres d’ailleurs, il a un faible pour les « vieilles copines », des ex datant parfois de sa jeunesse avec qui il renoue épisodiquement depuis des années, des amies avec qui, de temps à autre, surgit le désir (mutuel) d’un câlin… L’amitié amoureuse, ce mélange d’amitié et de désir qui engendre des relations délicieuses, sans enjeux, sans rapports de force, est un sentiment précieux. Mais rare. Souvent du fait des filles. Dommage, car la confiance de l’amitié associée à l’altruisme du sentiment amical, permet ce lâcher prise dont on sait qu’il est indispensable au plaisir.

 

Pour en revenir à l’ expo le « Zizi sexuel », les réactions des jeunes visiteurs confirment ce que j’avais déjà constaté : ce qui est dit (ou fait) trop tôt heurte alors qu’il suffit d’attendre l’âge propice pour en apprécier les délices. Une gamine de 9 ans est choquée à l’idée d’un baiser « avec la langue » alors qu’elle y trouvera grand plaisir avec son premier petit copain quelques années plus tard. Même chose pour la fellation ou toute autre caresse, qui ne deviennent voluptueuses que lorsque le corps de l’autre inspire de la volupté, ce qui ne se fait pas en un jour. Prendre le temps du flirt est chose bien exquise. ( Tien s, un alexandrin !)

 

 

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et la non moins superbe vidéo sur "Aimer plusieurs hommes",  toutes deux réalisées par Douze Films Prod (www.douzefilms.fr) 

Pour être informé de la disponibilité de "Aimer plusieurs hommes"et de "Himlico et autres contes", contacter: simpere.autresmondes@gmail.com 

  "Autres désirs, autres hommes" étant épuisé en version papier, il a été réédité en ebooks regroupant les nouvelles par thèmes: Que vous aimiez le sexe entre amis (sex-potes), les aventures insolites (Belles rencontres) la transgression (Jeux et fantasmes) vous y trouverez votre compte.  En vente chez IS éditions   et sur la plupart des plate-formes de livres numériques, plus FNAC, Amazon, etc. Sexe-potes.jpg

 
 

 

 


 

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Le livre du grand Tout


Un livre indispensable
voyages torrides et beaux paysages
une belle histoire de peau et de coeur
documenté, ça énerve parfois, ça fait aussi du bien
à découvrir ou redécouvrir pour la finesse de l'analyse et de l'écriture