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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 18:59

2 novembre, Jour des morts, profitons en pour en parler, puisque ce sujet concerne tout le monde, riche ou pauvre, homme ou femme, beau ou laid. Sauf que la mort, Coco, on en parle peu. C’est sujet quasi secret défense. Dans nos civilisations occidentales s’entend, parce qu’en Afrique, au contraire, comme me disait mon frère après 4 ans de Bénin et de fréquentation de villages reculés « ils s’occupent davantage des morts que des vivants. » Quant au culte des ancêtres en Asie, je ne vous dis pas… Mais en Occident… Il y a quelques années, avec un ami, j’avais proposé à un groupe de presse un projet de trimestriel tournant autour de la mort. Il possédait déjà des magazines pour les bébés, les petits, les écoliers, les lycéens, les adultes, les jeunes retraités, les vieux et les impotents. Ca me semblait logique de compléter leur collection. L’idée m’était venue quand une amie m’avait dit « je dois aller à un enterrement juif, est-ce que tu sais si on y envoie des fleurs ? »  Je n’en savais fichtre rien, et je m’aperçus alors qu’on est hyper ignorant de ce qui concerne la mort, les rites, les cultures, la loi … jusqu’à y être soi-même confronté.

J’ai raconté dans « Aimer plusieurs hommes » comment un copain de 16 ans (j’en avais 14 et demi) s’était noyé. Deux heures plus tôt, je riais avec lui. Cette expérience selon laquelle on n’est jamais sûr qu’une personne qu’on aime sera là le lendemain a sûrement été primordiale, fondatrice, dans ma vision de la précarité des choses et des êtres, et, paradoxalement, de l’éternité des sentiments puisque je n’ai jamais oublié ce garçon qui n’était pourtant même pas un amoureux, mais juste un bon camarade: "jamais au grand jamais son trou dans l'eau ne se referma". Il m'avait très tôt confrontée à ce fait mystérieux de la disparition irrémédiable. Je me souviens m’être dit avec une sorte de curiosité: « lui sait ce qu’est la mort », et avoir aussitôt compris que cette expérience universelle puisqu’on y passe tous, est indicible. Entre la vie et la mort, il n’y a que l’arrêt d’un souffle et la phrase rituelle « c’est fini » que prononce le médecin, le pompier ou tout autre témoin présent, sauf les proches qui n’y veulent pas croire et murmurent si souvent « ce n’est pas possible ». Il suffit de mourir - c’est tout simple, même les imbéciles y arrivent - pour être à jamais incapable de communiquer cette expérience. A l’inverse, aucun vivant ne devrait s’autoriser à préjuger de ce qu’est la mort. Il n’en sait rien.  

Qu’il s’abstienne de dire « c’est une belle mort » (ça veut dire quoi ?), « il (elle) n’a pas souffert » (qu’est-ce qu’il en sait, le vivant de service ?) « les plus malheureux sont ceux qui restent » (est-ce bien sûr ? Ce sont pourtant ceux qui restent qui iront, après les obsèques,  déjeuner ensemble et goûter cette chaleur toute particulière des retrouvailles familiales d’enterrement. Ce sont les vivants qui, quelques mois après, feront des projets de vacances ou vivront de belles amours…) Bizarre aussi cette certitude assénée par les prêtres selon laquelle le défunt a rejoint Dieu et connaît le bonheur de la vie éternelle… sans supposer une seconde que ledit défunt a pu mériter l’enfer ou au moins le purgatoire dont on nous a bassiné toute l’enfance pour nous faire peur au moindre péché véniel. Les morts, disait Brassens, sont tous de braves types, mais cette unanimité est bien agaçante à l’enterrement de certains dictateurs et salauds intégraux qui ont du sang sur les mains, le malheur de milliers de gens sur la conscience et qu’on bénit d’un goupillon oublieux.

Et puis d’ailleurs, qui sait ici-bas ce qui se passe après la mort ?  Par mesure d’économie ménagère, je pencherais volontiers pour la réincarnation qui évite qu’une âme ne serve qu’une fois, mais j’avoue n’avoir aucune certitude… Alors quand je mourrai, j’aimerais qu’on évite les lieux communs et que tout simplement on se souvienne des jolis moments de vie partagés.



 

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30 octobre 2009 5 30 /10 /octobre /2009 20:34

Dans la série documentaire « Empreintes » (France 5)  Elisabeth Badinter racontait combien elle avait reçu de lettres de femmes la remerciant d’avoir écrit que l’instinct maternel ne va pas de soi, qu’il n’est pas inscrit dans les gènes des femmes : « Elles me disent : vous m’avez déculpabilisée ».  Depuis « Aimer plusieurs hommes » et « Le guide des amours plurielles », quantité de femmes m’écrivent : « Merci d’avoir osé dire ce que je ressens (ou vis) depuis longtemps, vous m’avez déculpabilisée. » Quelle est donc cette culpabilité des femmes, pour qu’elles considèrent comme un péché de ne pas se conformer au modèle « féminin » dominant ?  Pour qu’elles n’osent pas s’affirmer, non pas en tant que « femme »- j’ai horreur des généralités sur « les femmes » ou « les hommes », mais en tant que personne libre de ses choix,  sans se sentir coupable ?

En fait, rien d’étonnant.  Un Gabonais analyste financier et fils de diplomate m’a dit un jour : « Malgré une intégration réussie, je n’oublie pas que durant des siècles ma couleur de peau a été considérée comme un signe d’infériorité, et il m’est difficile de me libérer de ce complexe d’infériorité, même aujourd’hui. » Idem pour les femmes, jugées inférieures, maléfiques, stupides, dangereuses et pis encore par des gens aussi intelligents que les scientifiques Claude Bernard, Linné, Pasteur… les philosophes Platon, Alain, Sartre, Deleuze, des hommes politiques de toutes les époques,  des hommes d’église, des journalistes, des écrivains… Les 2000 citations recueillies par Benoîte Groult dans un livre déjà ancien (« Cette mâle assurance », 1993) sont à cet égard stupéfiantes. La quantité de blagues sexistes sur Internet montre d’ailleurs que le filon est loin d’être épuisé.  

Je ne m’en indigne pas, ne crie même pas haro sur « les hommes », car à la différence de Patric Jean, auteur du documentaire « La domination masculine » http://www.ladominationmasculine.net/ ,je pense que toute domination s’appuie sur une servitude consentie, et en ce domaine d’autant plus consentie qu’elle émane de l’être censé apporter amour, délices et orgues.  Je constate un fait, c’est tout, mais il suffit que j’évoque le sujet pour entendre des remarques acerbes : « Y en a marre de tes attaques contre les hommes » ou qu’on me dise avec un rien d’impatience : « C’est fini, tout ça. Aujourd’hui les femmes sont libérées, elles s’assument à l’égal des hommes. »  C’est d’ailleurs le leit-motiv marketing des romans de poche ciblés sur les femmes : « des héroïnes jeunes, urbaines bien dans leur peau, aisées, actives et décomplexées avec les hommes ». 

Quand on regarde de plus près cette chick litt (« littérature pour poulettes », déjà, rien que l’intitulé…) que découvre-t-on? Des héroïnes assez hystéro, obsédées par leur apparence, dépensières comme pas deux, croqueuses de sexes mais avides du Prince Charmant qu’elles ne trouvent pas, piapiatant avec des copines aussi hystéro qu’elles, excepté la meilleure copine niaise et naïve qui met en valeur la nymphomane dominatrice … bref des nanas pour le moins antipathiques malgré l’humour des textes, notamment anglosaxons.

Textes souvent écrits par des femmes, qui participent donc au stéréotype selon lequel une nana libérée est forcément hystérique, obsédée par l’argent et les fringues, et nymphomane malheureuse en amour.  Gaffe les filles ! Pourquoi quitter un modèle dominant oppressant pour s’affubler d’un autre modèle aussi caricatural ! Pourquoi ne pas refuser les modèles et assumer tout simplement ses désirs, ses besoins, son énergie et sa tendresse sans référence  à son sexe ni à celui des hommes,  sans être soumise ni hostile, juste comme une personne humaine ?

 

 

Remarquable collection de portraits de personnes dont on peut ne pas partager toutes les convictions mais qui ont en commun  une intelligence évidente et assez de recul pour faire la part des choses.

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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 10:19

Ce n’est pas l’argent, si « décomplexé », si envahissant, que la seule idée qui traverse l’esprit d’un Martin Hirsch pour inciter les ados à aller au collège est de leur octroyer des primes en euros.  Lauranne, pourtant pas fan des études, en a été outrée : « C’est immonde ! Quand tu penses qu’en Afrique, des gosses marchent des kilomètres à pied pour aller à l’école, tellement ils ont envie d’apprendre et de s’en sortir ! »

Le sexe reste tabou, mais tabou exhibé : on baise, on jouit, on échangiste, on s’excite en sex-and-city et sexy toys, on blague grasse, bref on en cause beaucoup pour oublier que le désir- le sien et celui de l’Autre- reste un mystère, aussi vif et fuyant qu’une boule de mercure échappée d’un thermomètre explosé, torride danger !  Le désir, impossible à acheter, à contrôler, à maîtriser, mais que fait la peau lisse ?

Mais le dernier vrai tabou, c’est l’âge.  Les comédiennes ne le disent pas, elles « l’avouent » écrivent les magazines, comme s’il s’agissait d’un secret honteux. La plupart n’en parlent pas ou mentent. Comme tout le monde.  Une copine met une fiche sur Meetic » en annonçant ses 60 ans.  Aucune réponse.  Les hommes demandent des femmes dix à quinze ans plus jeunes qu’eux.  Elle réitère en se donnant 50 ans, et ça marche. Certains lui disent même « vous ne les faites pas. »  Marrant d’ailleurs comme le compliment systématique à une femme est « vous ne faites pas votre âge »… phrase qui mériterait une fine enquête pour savoir à quoi ressemble, dans l’imaginaire des hommes, une femme qui fait son âge... J

Dans un précédent billet où je parlais de l’âge de certains politiciens usés par trop d’années près du pouvoir- je me suis faite incendier par des commentateurs persuadés que je sacrifiais au jeunisme, et supposant même- arghh !- que je préférerais un Jean Sarkozy à un mûr politicien, histoire de faire place aux jeunes.

Alors que ce soit clair : je pense que l’âge est une donnée importante à la fois négative et positive. A 20 ans, je tenais mieux les nuits blanches qu’aujourd’hui et j’avais plus d’insouciance, mais aussi plus de dogmatisme, de difficulté à assumer les échecs ou les erreurs. Aujourd’hui, j’ai gagné en lucidité parfois cruelle, mais aussi en confiance en moi, en sérénité et en empathie envers les autres. A 20 ans, on craint l’ennui et on cherche à tuer le temps. Plus tard, on sait qu’il nous tuera et on savoure chaque minute de vie. Vieillir présente des inconvénients physiques indéniables, mais un avantage évident : celui de ne pas être mort jeune. Ce qui me fait répondre à certains jeunes amis tentés de me taquiner: « J’ai eu l’âge que tu as, tu n’es pas certain d’avoir celui que j’ai ». Ca les amuse et moi aussi. Car j’ai gardé les mêmes enthousiasmes, les mêmes émerveillements, la même capacité à me révolter et à agir. Qu’ont perdu beaucoup de gens de mon âge, mais aussi de très jeunes.  Question de tempérament et non d’âge…

Bref, pour revenir au sujet,  les 23 ans du Prince Jean m’importent peu. Si je le réfute, c’est parce qu’il prétend à un poste clé avec un bac+1 alors qu’on demande un bac+2 au moindre gratte-papier. Parce qu’il est propulsé à ce poste sans aucun mérite, uniquement en raison de son nom et de son père. Et surtout parce qu’à ce poste stratégique se sont joués, se jouent et se joueront moult corruptions (le procès Pellerin, les abus de bien sociaux, les pots de vin, vous vous souvenez ?) comme chaque fois que des milliards sont en jeu, notamment dans le domaine immobilier. Or ces pots de vin et tractations font le lit du financement occulte des partis politiques, du soutien électoral et autres saloperies nuisibles à la démocratie. Peut-être, lorsque les scandales éclateront, excipera-t-on du jeune âge de JS pour excuser ses dérives….. Mais à  la vérité il n’en aura plus besoin. Avec la disparition du juge d’instruction, les poursuites devront être initiées par le Parquet, qui ne le fera pas puisque le Parquet est politiquement dépendant du pouvoir exécutif. La boucle est bouclée.

 

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22 septembre 2009 2 22 /09 /septembre /2009 14:36

Dans les salles d’attente, on trouve des magazines périmés. Rien de tel pour évaluer ce qui défraie aujourd’hui la chronique à l’aune de ce qui l’a défrayée hier.

Au final, la grippe aviaire  a frappé davantage les plumes de canards, alias les journalistes, que les volatiles palmipèdes qui devaient en mourir.  Gageons que le ramdam autour de la grippe H1N1 nous paraîtra avec le recul- et même dès à présent- un vacarme médiatique, qui aura malheureusement coûté quelques centaines de millions d’euros, entre les spots TV, les colloques et l’achat de 94 millions de doses de vaccins dont la plupart nous resteront sans doute sur les bras, tout comme le stock de brumisateurs stockés en prévision d’une canicule 2004… qui n‘a pas eu lieu. D’ailleurs, pourquoi de coûteux brumisateurs alors qu’un gant de toilette humide rafraîchit parfaitement ?

Que sont devenus les engagements du discours de Toulon de novembre 2008, où NS jugeait indispensable que l’Etat intervienne dans l’activité bancaire y compris en prenant des participations dans le capital des banques, et affirmait vouloir sanctionner les dirigeants bancaires qui avaient failli ?

Qu’est devenue la fusion  UNEDIC/ANPE  en Pôle Emploi unique, présentée comme la voie vers plus d’efficacité ? Une usine à gaz au bord de l’explosion.  

A quoi ont servi les dizaines de lois votées depuis fin 2006 ? Plus de la moitié, y compris celles votées en urgence, ne sont pas appliquées, faute de décrets d’application.  

Quid de l’affaire de l’Arche de Zoé sur laquelle toute la lumière devait être faite car elle comportait bien des zones d’ombre ? Tombée aux oubliettes,  tout comme les peines de prison et amendes prononcées contre les protagonistes dont on ne sait toujours pas s’il s’agissait d’humanitaires quelque peu allumés, d’escrocs à l’adoption ou d’intermédiaires manipulés.

Dérisoire, le slogan « travailler plus pour gagner plus »  quand au rythme des licenciements actuels on serait bien content de simplement travailler comme avant pour gagner autant qu’avant. Oublié le dispositif d’heures sup’ défiscalisées et exonérées de charges, qui n’a pas amélioré d’un iota le pouvoir d’achat des français mais a creusé le déficit du budget et des organismes sociaux.

Quel bilan de la lutte contre la délinquance, sinon que le karcher et la tolérance zéro prônés en haut lieu n’ont pas empêché la violence et les incivilités de progresser, malgré une présence policière aussi voyante que pesante ? 

Et la démocratie irréprochable prônée par le candidat à la présidentielle NS ? En contradiction absolue avec la réforme de la justice qui supprime le juge d’instruction, confiant l’initiative d’ouvrir une enquête au Parquet, qui dépend du Ministère de la Justice. Quel bel outil pour enterrer les affaires gênantes alors qu’il aurait été si simple, pour suppléer la réelle solitude du juge d’instruction, d’instituer une instruction collégiale de magistrats indépendants.  

Quid des libertés publiques enfin, quand le refus de se prêter à un prélèvement ADN est passible d'une amende de 15 000 euros, autant dire dissuasive? Les tests ADN pour le rapprochement des familles immigrées ne seront pas appliqués, et NS lui-même les a estimés stupides et inutiles, mais il n’étend pas cette clairvoyance à tous.  On prélève à tout va, plus seulement sur les criminels sexuels ou le grand banditisme, mais chez les manifestants, les syndicalistes,  les empêcheurs de se résigner en rond…  Ca coûte très cher, ça ne sert à rien, on fiche des gens qui ne sont pas délinquants (manifester est un droit dans notre pays) mais cela relève d’un désir de contrôle quelque peu maladif.




Heureusement, pour se remonter le moral, on déniche aussi sous la pile de vieux, très vieux magazines people, ceux du temps où les frasques de Stéphanie de Monaco et les amours de Charles et Camilla (http://fsimpere.over-blog.com/article-7079356.html ) mettait de la légèreté et de la passion dans le protocole pesant des monarchies royales ou républicaines, transformant une princesse en chanteuse d’un improbable « Ouragan ». Aujourd’hui, c’est la chanteuse qui se prend pour une princesse.

 

 


 

 

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1 septembre 2009 2 01 /09 /septembre /2009 00:09

Un gus ayant élevé seul ses enfants, demande à bénéficier de trimestres validés supplémentaires pour sa retraite, comme les mères. La cour européenne lui donne raison au nom de l’égalité homme/femme/ Du coup, voilà qu’il semble urgent à nos chers législateurs de pondre un texte sur la question. Sans s’aviser que l’homme dont on parle est une exception. Or, légiférer sur l’exception, cela équivaut à faire une loi à partir d’un fait-divers, sans tenir compte de la réalité des choses.  Et cela engendre des effets pervers, pépère !

Donner à tous les pères des trimestres supplémentaires pour leur retraite sous prétexte d’égalité hommes/femmes est absurde. Ces trimestres sont destinés à compenser le retard professionnel imposé aux femmes par les grossesses et par le fait que  la charge des enfants leur incombant majoritairement, leur carrière en pâtit tant au niveau de la promotion que des salaires. Or, jusqu’à preuve du contraire, les femmes subissent toujours les grossesses, les accouchements, le post-partum, et les remarques insidieuses des employeurs qui se méfient des salariées jeunes « parce qu’elles vont être tout le temps en congé de maternité ».  Tout le temps, ça veut dire en moyenne deux fois dans leur vie, mais le mythe demeure.

Question élevage, la dernière enquête officielle montrait que les femmes consacrent 2,4 fois plus de temps que les hommes aux taches ménagères, dont 3,3 fois plus de temps aux soins des enfants (ce chiffre va à l’encontre des idées reçues selon lesquelles les pères sont aujourd’hui aussi impliqués que les mères dans l’éducation de leurs rejetons). Comme me disait un cadre dynamique à une réunion de parents d’élèves quand je parlais de la nécessité de s’occuper des enfants pour leur donner des limites et du savoir-vivre : « Vous avez bien du temps à perdre, madame. Moi, quand je vais travailler, ils dorment encore, et quand je rentre, ils dorment déjà ! »

Encore, s’agit-il de couples. Mais quand ils se séparent, qui élève seul(e) les enfants ?  Les femmes, à une écrasante majorité. Prenez Nicolas Sarkozy : il divorce une première fois, ses fils sont élevés chez leur mère. Il divorce une seconde fois : Petit Louis – pauv’ gosse, jusqu’à ses 50 ans on l’appellera  petit Louis- est confié à Cécilia. Ce serait tout de même extraordinaire, comme il dirait, qu’on lui valide des trimestres supplémentaires pour ses trois enfants !  

En fait, la question n’est pas là. Cette histoire de trimestres est juste l’occasion de réduire le coût des retraites en supprimant ou limitant cet avantage pour les femmes. Et en le faisant au nom de l’égalité Homme/femme, principe que nul n’osera évidemment contredire !

Mais si l’inégalité homme/femme est vraiment la préoccupation d’un gouvernement par ailleurs majoritairement masculin, pourquoi ne s’attache-t-il pas d’abord à faire respecter les lois existantes ?  Entre autres, la loi sur l’égalité professionnelle qui interdit les discriminations salariales fondées sur le sexe. Loi inappliquée puisque l’écart des salaires entre hommes et femmes, atteint toujours 20 à 25% selon les secteurs.

Personnellement, je trouve que les lois sur l’égalité ou la parité font un peu « protection d’espèce en péril ». Je rêverais que les femmes aient naturellement les mêmes droits que les hommes sans qu’il soit besoin de lois pour l’imposer. Hélas, force est de constater que les lois qui cherchent à rétablir un semblant d’équilibre entre hommes et femmes ne sont même pas appliquées,alors que nos députés- majoritairement masculins- considèrent comme une urgence cette histoire de trimestres de retraite en plus pour les hommes, à partir d’un cas d’espèce rare !  

Alors les filles, faites gaffe ! Vous croyez que tout va bien dans le meilleur des mondes féministe  et que vous êtes libres et égales à vos compagnons ?  Que nenni : il suffit d’un rien de non-vigilance pour que vous perdiez ce que vos mères ont obtenu par des années de lutte.

Alors si vous  n’êtes pas friandes de manifestations ou de pétitions, FAITES LA GREVE DE LA PROCREATION puisque cette loi parle d’enfants : cela fera du bien à notre planète surpeuplée, et du mal à l’industrie de la couche-culotte, des petits pots, des landaus, des vêtements d’enfants, des céréales de petit-déjeuner, des jouets, des médicaments, des vaccins, des cahiers et des crayons, des cartables, des chaussures qu’il faut changer tous les six mois parce que leurs pieds grandissent, des bonbons, des dessins animés…. Putain, quel gouffre financier, les gosses !!! Une grève comme ça, c’est 2 points de croissance en moins, de quoi prouver qu’élever des enfants est une activité économique majeure et  faire capoter le plan de relance !  

Et même FAITES LA GREVE DU SEXE, ça mettra les hommes dans la rue pour réclamer qu’on ne touche pas à vos retraites et qu’on augmente vos salaires. En Grèce ancienne, Lysistrata, héroïne athénienne imaginée par Aristophane, lassée de la guerre entre Sparte et Athènes avait convaincu ses copines de se refuser aux hommes tant qu’ils feraient la guerre. En une semaine, le conflit était terminé.

Sur ce, je vais éternuer et me moucher dans mon bras, comme le recommandent les spots TV contre la grippe H1N1.  C’est un peu dégueu, non, surtout que si on vous recommande de jeter votre mouchoir en papier, on ne vous dit pas de jeter votre bras morveux. Ca va être gluantissime bientôt dans le métro…

 

                          Merci aux bébés de la famille pour leur aimable participation à ce billet

 

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9 août 2009 7 09 /08 /août /2009 11:26

Ce mouton me faisait penser à quelqu’un.  Bon sang mais c’est bien sûr, c'est le portrait craché d’un mouton du Génie des Alpages, bande dessinée de F’Murr qui fit nos délices des années de fac, ainsi qu’une pile de San Antonio découverte sous l’escalier de la mansarde que j’habitais à Clermont Ferrand. C’est un miracle avec de telles tentations à laquelle j’ai évidemment succombé d’avoir réussi les exams de fin d’année.

Pour m’en assurer, j’ai cherché un dessin de la BD sur Internet et suis tombée sur un blog entièrement consacré au Génie des Alpages depuis 2004.  http://bdm.typepad.com/legeniedesalpages 

Depuis cinq ans, donc, un fan collecte tout ce qui existe sur F’Murr et le Génie des Alpages et prend un temps infini pour  rédiger et publier des textes dans lesquels, si on n‘y prend garde, on plonge avec davantage de délices que dans une thèse intitulée « Les six opérations de Grothendieck et le formalisme des cycles évanescents dans le monde motivique ». Si, si, ça existe, j’en ai parlé dans une nouvelle intitulée « Solitude de la thésarde » que tout étudiant(e) s’apprêtant à faire de longues études devrait lire pour savoir dans quel sacerdoce onaniste il s’engage. :)


Quoique à y réfléchir lorsqu’on visite le Net- passe temps extrêmement chronophage à éviter le jour où l’on a décidé d’aller faire du vélo, voir des amis, aller au marché et se faire « des trucs de filles » (masque, épilation, etc),  la somme de temps que représente la rédaction des billets des milliers de blogs est sans doute plus importante que le nombre de jours passés à l’écriture d’une centaine de thèses. On comprend pourquoi tant de gens se plaignent de manquer de temps…

En fait, c’est aux vieillards invalides qu’on devrait offrir un ordinateur et une connexion Web. Cela leur permettrait de ne plus trouver les journées longues, de s’ouvrir au monde extérieur que leur mobilité ne leur permet plus de parcourir, et de découvrir la somme des choses qu’ils ont omis d’explorer dans leur existence : collectionner les taille crayons, par exemple, passion qui, avec 2900 taille-crayons au compteur et un nombre respectable de billets ne doit pas laisser beaucoup d’autres loisirs à l’ardent collectionneur.

 

http://fr.wrs.yahoo.com/_ylt=A03uv8ZLhH5KRVoAtndjAQx.;_ylu=X3oDMTByNGxmazk4BHNlYwNzcgRwb3MDMQRjb2xvA2lyZAR2dGlkAw--/SIG=11f5e52sh/EXP=1249891787/**http%3a//www.lolomolubdo.com/

 


Ou sculpter des bouses de vache, occupation apparemment partagée par plusieurs internautes, dont certains exposent leurs œuvres. http://www.carolosculpture.fr/presentation.html

Ou rédiger des billets extrêmement bien documentés sur des sujets aussi enivrants qu’inutiles pour la majorité des citoyens, c’est la définition même de la poésie, et un vigoureux pied de nez à la civilisation de l’immédiatement rentable et pragmatique. http://www.procrastin.fr/blog/

C’est du reste sur ces deux critères- et aucunement sur des considérations morales ou médicales - que je déconseillerai à nos centenaires d’aller sur des sites de sexe. L'activité la plus répandue et la plus mystérieuse du monde s'y trouve réduite à la description de pratiques des plus courantes aux plus marginales sans hiérarchisation entre elles, faisant croire qu’il est aussi anodin d’embrasser amoureusement une fille que de lui faire pipi dessus. De plus, la  majorité de ces sites visent la rentabilité immédiate : payer pour voir et jouir vite. Pragmatisme porté davantage sur la technique que sur le rêve.

Or, si à 100 ans on ne rêve plus de la douceur d’une peau, si à 100 ans on ne garde pas en mémoire l’odeur sucrée des champs de blé dans lesquels, adolescents, on allait se cacher pour s’embrasser, si à 100 ans on a oublié l’émotion d’un regard, d’un simple regard traversant la foule et vous embrasant le cœur, il y a de quoi trouver la fin du monde bien triste. 




MERCI AUX PIQUE-NIQUEURS DU 7 AOUT, CE FUT UNE BELLE SOIREE.

 

 

Ce mouton me faisait penser à quelqu’un.  Bon sang mais c’est bien sûr, il était le portrait craché d’un mouton du Génie des Alpages, bande dessinée de F’Murr qui fit nos délices des années de fac, ainsi qu’une pile de San Antonio découverte sous l’escalier de la mansarde que j’habitais à Clermont Ferrand. C’est un miracle avec de telles tentations à laquelle j’ai évidemment succombé d’avoir réussi les exams de fin d’année.

Pour m’en assurer, j’ai cherché un dessin de la BD sur Internet et suis tombée sur un blog entièrement consacré au Génie des Alpages depuis 2004.  http://bdm.typepad.com/legeniedesalpages 

Depuis cinq ans, donc, un fan collecte tout ce qui existe sur F’Murr et le Génie des Alpages et prend un temps infini pour  rédiger et publier des textes dans lesquels, si on n‘y prend garde, on plonge avec davantage de délices que dans une thèse intitulée « Les six opérations de Grothendieck et le formalisme des cycles évanescents dans le monde motivique ». Si, si, ça existe, j’en ai parlé dans une nouvelle intitulée « Solitude de la thésarde » que tout étudiant(e) s’apprêtant à faire de longues études devrait lire pour savoir dans quel sacerdoce il s’engage. Quoique à y réfléchir lorsqu’on visite le Net- passe temps extrêmement chronophage à éviter le jour où l’on a décidé d’aller faire du vélo, voir des amis, aller au marché et se faire « des trucs de filles » (masque, épilation, etc),  la somme de temps que représente la rédaction de billets des milliers de blogs est sans doute plus importante que le nombre de jours passés à l’écriture d’une centaine de thèses. On comprend pourquoi tant de gens se plaignent de manquer de temps…

En fait, c’est aux vieillards invalides qu’on devrait offrir un ordinateur et une connexion Web. Cela leur permettrait de ne plus trouver les journées longues, de s’ouvrir au monde extérieur que leur mobilité ne leur permet plus de parcourir, et de découvrir la somme des choses qu’ils ont omis d’explorer dans leur existence : comme collectionner les taille crayons, par exemple, occupation qui, avec 2900 taille-crayons au compteur et un nombre respectable de billets ne doit pas laisser beaucoup d’autres loisirs à l’ardent collectionneur. http://fr.wrs.yahoo.com/_ylt=A03uv8ZLhH5KRVoAtndjAQx.;_ylu=X3oDMTByNGxmazk4BHNlYwNzcgRwb3MDMQRjb2xvA2lyZAR2dGlkAw--/SIG=11f5e52sh/EXP=1249891787/**http%3a//www.lolomolubdo.com/

Ou sculpter des bouses de vache, occupation apparemment partagée par plusieurs internautes, dont certains exposent leurs œuvres. http://www.carolosculpture.fr/presentation.html

Ou rédiger des billets extrêmement bien documentés sur des sujets aussi enivrants qu’inutiles pour la majorité des citoyens, c’est la définition même de la poésie, et un vigoureux pied de nez à la civilisation de l’immédiatement rentable et pragmatique. http://www.procrastin.fr/blog/

C’est du reste sur ces deux critères- et aucunement sur des considérations morales ou médicales - que je déconseillerai à nos centenaires d’aller sur des sites de sexe, où l’activité la plus répandue et la plus mystérieuse du monde se trouve réduite à la description de pratiques des plus courantes aux plus marginales sans hiérarchisation entre elles, faisant croire qu’il est aussi anodin d’embrasser amoureusement une fille ou de lui faire pipi dessus,  et parce que la  majorité de ces sites visent la rentabilité immédiate : payer pour voir et jouir vite, et un pragmatisme plus porté sur la technique sexuelle que sur le rêve. Or, si à 100 ans on ne rêve pas de la douceur d’une peau, si à 100 ans on ne garde pas en mémoire l’odeur sucrée des champs de blé dans lesquels, adolescents, on allait se cacher pour s’embrasser, si à 100 ans on a oublié l’émotion d’un regard, d’un simple regard traversant la foule et vous embrasant le cœur, il y a de quoi trouver la fin du monde bien triste.  

MERCI AUX PIQUE-NIQUEURS DU 7 AOUT, CE FUT UNE BELLE SOIREE.

 

 

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5 août 2009 3 05 /08 /août /2009 16:33

COUP DE GUEULE : BNP- Paribas, oui une de ces banques aux abois il y a quelques mois pour qui l’Etat s’est empressé de débloquer des millions afin d’éviter leur faillite, tellement désastreuse, disait-on, pour les citoyens et la pérennité du système démentiel qui régit les économies modernes- BNP Paribas, donc, annonce un bénéfice record pour les six premiers mois de 2009, et a déjà mis de côté UN MILLIARD D’EUROS pour distribuer des primes de fin d’année à ses traders fous qui ont repris leurs activités nuisibles avec un enthousiasme frisant l’inconscience.



Bref, je suis en colère, et triste. J’avais espéré que la crise économique qui pourrit la vie de milliers de gens serait l’occasion de réfléchir à l’organisation même de la société, à ce qui est l’essentiel dans une vie, aux moyens de garder la Terre belle et sympathique,  aux rapports humains… Bref, j’imaginais une réflexion, disons-le, morale et philosophique pour changer de logique et ne plus refaire les mêmes erreurs.

Ben non, le seul souci des gens de pouvoir et d’argent et de surtout maintenir en l’état, avec quelques rustines au besoin, le système qui les enrichit au prix du malheur de millions d’autres.  Comme me disait mélancoliquement Daniel Jouvance, chef d’entreprise moral et néanmoins prospère (ce n’est pas incompatible) : « La crise économique et financière n’est pas si grave, ce qui est grave est la crise morale, le cynisme qui gagne partout. Du reste, sans ce cynisme et cette absence de morale il n’y aurait pas eu de crise économique et financière car les gens n’auraient jamais osé agir comme ils l’ont fait, sans aucun souci des conséquences. » 


Coup de cœur : l’idée de  rencontrer des lecteurs et lectrices de ce blog, et d’autres amis lors du pique-nique du 7 août à partir de 20h. Je vais  jeudi faire un repérage des lieux, mais une consultation sur Internet montre qu’il y a sur cette passerelle quelques bancs et candélabres. On se verra donc même une fois la nuit tombée, et les plus fatigués pourront s’asseoir sur les bancs. Pour les autres, prévoir un paréo ou un plaid, ne boudons pas le confort.


Chacun apporte son pique-nique et une petite laine au cas où... et s’occupe des enfants, chiens, chats, dinosaures et coccinelles qui l’accompagnent éventuellement. 


D'après la météo, il fera autour de 26°, avec 30% de risques d’orage isolé.  On devrait pouvoir s’abriter sous la passerelle en cas de pluie, si j’en crois la photo.  En cas de pluie drue et violente, on avisera, quoique une averse orageuse soit en général courte et donne bonne mine.  Et puis, restons optimistes: 30% de risques d’orages, ça laisse 70% de chances de beau temps !

Je n’aurais aucun signe distinctif, si ce n’est un sac à dos noir et un pantacourt blanc.

Ca va sans dire mais ça va mieux en le disant: nous aurons à cœur de laisser l’endroit aussi propre que nous l’aurons trouvé.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 13:47

Cet oncle cycliste a 86 ans et pédale toujours « tranquillement, précise-t-il, soit 60km trois fois par semaine,  à peu près 9000 km par an. » Autrefois il en faisait 14 000.  Il a grimpé seize fois le mont Ventoux, gravi cinq fois les cols des Alpes qui font suer les coureurs du tour de France. Tout ceci pour dire que ce n’est ni un débutant, ni un casse cou. En 75 ans de vélo, il a eu deux accidents.  « Qu’est-ce que tu penses du casque à vélo ? » Il hausse les épaules : « Ca ne sert à rien. A vélo,  on se blesse les paumes- réflexe de mettre les mains en avant en cas de chute -  les genoux et les épaules. Plus des contusions à la face si les mains n’ont pas amorti la chute. Ca peut arriver qu’on tombe sur la tête, mais exceptionnellement ! Pourquoi embêter tout le monde pour une chose qui n’arrive qu’exceptionnellement ? » 

100% d’accord avec lui, et 1000 pour cent énervée par cette propension à pourrir la vie d’une majorité de gens responsables pour une minorité qui ne se prend pas en charge. Comme dit mon cher et tendre dans un grand élan misanthrope « A force de protéger les cons, ils se multiplient, et on s’étonne que la société empire… » Marre de cette infantilisation de la population à qui on prescrit de « ne pas oublier de boire en cas de canicule », « de mettre un chapeau quand le cagnard cogne »,  «de  manger cinq fruits et légumes par jour », «de se laver les mains en cas de grippe A H1N1 » (et pour la grippe ordinaire, on se mouche dans ses doigts ?). Cette propension à mettre les gens sous cloche en les prenant pour des cloches ne date pas d’aujourd’hui. En 1976, l’architecte espagnol Ricardo Bofill me disait son étonnement de voir la France gouvernée comme une école maternelle, avec le président de la République en directeur : « Vous êtes un peuple étrange, capable de renverser des siècles de monarchie, puis d’accepter sans broncher qu’on vous dise « Bison Futé vous recommande de rouler à telle heure », « Bison Futé voit rouge pour les départs de samedi », etc. Des élèves, pas des adultes.»  On a du pot que le malaise à l'effort ait touché le président de la République. Avec un simple quidam, ledit jogger aurait proposé une loi interdisant le jogging aux plus de 50 ans!

Récemment, je me suis esbaudie en voyant à l’Ile de Ré des plages sauvages et superbes nanties d’un écriteau « baignade autorisée mais non surveillée ». Sur lesquelles les gens se baignaient sans qu’il y ait le moindre accident. Quand on sait qu’on doit se débrouiller seul, on fait généralement plus attention.  Mon cher et tendre m’a dit « C’est bien, mais te rends tu compte qu’aujourd’hui, il faut prévenir les gens quand on les laisse libres ? » Et de plus en plus, hélas, la baignade est interdite quand la municipalité ne dispose pas de budget pour financer la surveillance. A cause de la responsabilité des  maires, notion qui les conduit à ne prendre surtout aucun risque. Donc à assister au maximum leurs administrés.  A qui, ensuite, on reprochera d’être des assistés.

Dernière interdiction en date : celle de boire la moindre goutte d’alcool à partir de 16h sur le Pont des Arts.[1] Parce que quelques pique-niqueurs ivres morts sont tombés dans la Seine. Donc, pour quelques mecs bourrés, on considère que l’ensemble de la population n’est pas capable de trinquer raisonnablement. Comme d’hab’, on aligne la loi sur les plus crétins… et on crétinise l’ensemble des administrés !  A Nantes où des fêtards avinés sont tombés dans la Loire, la municipalité s’est contentée d’installer des filets protecteurs. Ce qui me conforte dans l’idée que Jean-Marc Ayrault est un socialiste de bon sens, autant dire une espèce en voie de disparition, à préserver sans la surprotéger J

 



[1] Du coup, je m’interroge sur le lieu du pique-nique du 7 août, je vous tiendrai au courant les  4 et 6 août.

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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 11:16

Entre ceux qui sont partis et ceux qui vont partir, l’été alanguit le monde du travail. Moment idéal pour trier les classeurs de courrier. Primo, mettre à part les correspondances psychopathes- deux lecteurs, quarante lettres !- dont j’ai gardé les missives au cas où (conseil d’un avocat) mais que je n’ai pas envie que d’autres lisent, leurs fantasmes étant perturbants… Plus agréable, relire les premières lettres d’hommes et de femmes dont certain(e)s sont devenus des amis, surprise de voir surgir sur quelques mots des souvenirs vivaces. Il suffit parfois d’une phrase pour retrouver les détails d’une histoire et l’émotion ressentie.

Et puis, saisies au vol, quelques phrases  familiales. L’humour de ma mère concluant une carte d’anniversaire par « je me félicite de t’avoir faite ! » et ajoutant « le chèque d’anniversaire a été spécialement édité à ton intention, c’est du moins ce que je veux croire. Il est bon de croire aux choses gentilles. »  Les conseils de mon père, inquiet et heureux de mes engagements politiques qui le ramenaient à sa jeunesse. Il me citait ses références : Che Guevara, Gandhi, Kennedy, Luther King, et, plus proches de nous Rocard, Krivine, Mitterrand, Marchais… Les chats ne font pas des chiens…  Sauf que mon père concluait : « à ton âge j’étais comme toi et cela a duré cinq ans, de 22 à 26 ans !  Puis tout passe, tout lasse… » Que dirait-il s’il savait que ça me dure depuis plus de 30 ans ? 

C’était le sujet d’un échange de mails hilarants avec mon jeune frère, il y a quelques années, au sujet de notre obstination commune à défendre une cause, qu’il s’agisse de préserver l’environnement ou obtenir un remboursement d’impôt !  Sa femme nous avait traités de « patelle », et j’avais répondu :

La patelle est un excellent coquillage, dit aussi « arapède », le bonheur des petits n’enfants qui arrivent à les décoller et à les manger sur la plage, le cul râpant la rugosité du granit, les épaules brûlées par le soleil qu’on ne sent pas quand on mange ladite patelle…C’est aussi un coquillage d’une rare résistance, capable de passer des heures sans eau et de ne pas  mourir, puis d’être submergé par une vague et de ne pas se noyer. Ton épouse, sous des dehors caustiques, nous fait donc un Hénaurme compliment, surtout en ces périodes de passivité, manque de rigueur et désengagement total de nos contemporains…  Ce talent : évaluer, se placer, épouser la vague et se laisser porter par elle juste à l’endroit où l’on souhaitait aller (s’cuse les métaphores marines abondantes, mais pour une ex-aquaphobe c’est  hyperimportant ) vient, pour ma part du moins- j’y réfléchissais à l’aube dans mon lit où le sommeil m’avait quittée - vient donc, disais-je, d’une certaine indifférence à ce qui peut m’arriver. Il y a dix ans, je me disais encore, pour évaluer un risque : est ce que je risque d’en mourir ou pas ? ce qui me laissait une large part de manœuvre pour bien des décisions. Aujourd’hui, je me dis carrément : « même si j’en meurs, m’en fous, j’ai eu une part de vie qui vaut largement la peine ». Moyennant quoi, faute d’enjeu majeur pour me faire renoncer, j’ose. C’est beau, hein ce que je te dis !!!  Un optimisme forcené et un désespoir total cohabitent en moi, j’ai toujours été un peu schizophrène- dixit mon psy- mais je ne me soigne pas. »

Pour finir je tombe sur un texte écrit à 16 ans, bien avant les amours plurielles, alors que j’étais une oie blanche plus vierge que Verseau : «Est-ce pureté d’être pudique ou pureté de satisfaire ses instincts comme à l’aube des temps ? Qu’est-ce que la perversité ? La pudibonderie aux rêves si souvent troubles, ou l’explosion de tous les désirs ? »

Conclusion de ce tri : on ne se refait pas, on se continue…

 


 

 

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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 10:55

...Pas celle que vous croyez.  Celle qui fait que l’économie repose davantage sur les emmerdements que sur le bonheur et la sérénité.  Ainsi, pendant mes vacances, je découvre que des photos que j’avais visualisées début juin dans mon bel appareil ont disparu : « erreur de lecture, vérifiez votre carte ». Il est plein  d’humour, mon Pana, qu’est-ce que je vais vérifier puisque je ne sais pas pourquoi ces photos se sont effacées ni à quoi ressemble une carte mémoire malade ? J’éteins l’appareil, le remets en marche et l’écran se rallume. Vieux réflexe pris avec l’ordinateur : 80% des pannes se résolvent en éteignant et rallumant tout. Je sais que mes propos vont faire frémir les grands manitous informaticiens (n’est-ce pas François Granger ?) mais le fait est là, je ne suis pas la seule à l’avoir constaté. Je peux à nouveau prendre des photos, mais au retour de vacances, une quinzaine d’entre elles, pourtant visualisées sur l’écran, ont à leur tour disparu. Disparu de chez disparu. Et pourquoi quinze et pas la totalité ? « Ca arrive, diagnostique un pote qui a l’air de s’y connaître. Y a un bug qui a corrompu certains fichiers. »

En fouinant sur des sites Internet, je découvre qu’il existe des logiciels pour récupérer les photos perdues.  J’en télécharge un, sans résultat. J’en essaie un autre : ô miracle, bonheur et volupté, le logiciel analyse l’ensemble de ma carte et récupère les photos (tandis que certaines, que j’avais heureusement déjà enregistrées, ont subi quelques dommages, genre coupées en deux par une barre grise).  Tout est bien qui finit bien, certes, mais j’interroge : s’il existe des logiciels qui récupèrent les photos perdues, pourquoi ne pas utiliser l’intelligence des ingénieurs qui les conçoivent pour fabriquer des cartes qui ne se corrompent pas pour un oui ou pour un non ou des appareils capables de fouiller tout seuls dans leurs mémoires?

C’est comme les virus informatiques. Tout le monde craint d’être infecté, d’où prolifération d’antivirus qui justement interpellent : si chaque fois qu’un virus apparaît, l’antivirus existe dès son apparition, que n’invente-t-on pas des ordinateurs insensibles à la contamination, ça ne doit pas être plus compliqué ?

Tout simplement parce qu'un appareil qui fonctionne parfaitement est moins rentable qu'un appareil qui a des pannes et suscite une activité de réparations, achat de gadgets protecteurs, remplacement de pièces, etc.  Sans oublier l’énervement causé par les pannes qui alimente la consommation d’antistress et achats compulsifs pour se calmer… Quand les bas nylon sont apparus, ils ne filaient quasiment pas, la fibre Du Pont de Nemours ayant une solidité fantastique… que les ingénieurs de la boîte ont été priés de modifier afin que les dames renouvellent leurs achats.  Jusqu’aux collants d’aujourd’hui si fragiles qu’on les file parfois au premier enfilage, ce qui favorise l’achat de vernis à ongles incolore pour stopper le désastre.

Le fin du fin : fonctionner en cercle fermé. Il y a quelques années, naufrage de l’Erika, plages noires et mouettes pétrolées. Pour débarrasser leurs plumes du toxique épais qui les étouffaient, on les a nettoyées avec un shampooing fabriqué par une firme réputée pour ses produits naturels, mais dont le capital, à l’époque (ça a changé depuis) appartenait pour une bonne part à … Elf Aquitaine/Total,  propriétaire de la cargaison de pétrole de l’Erika !

Ca me rappelle une chanson de Joël Favreau, musicien talentueux que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, guitariste de Brassens et Maxime le Forestier, qui écrivait déjà au début des années 80 :  

http://www.joelfavreau.com/

 

Ce sont les mêmes qui créent la solution et le problème, qui créent la maladie puis nous vendent les remèdes"...

A propos de remèdes, qu’est-ce qu’on va rigoler cet hiver quand la grippe saisonnière arrivera !  Surtout, à la moindre poussée de fièvre, mal de tête ou courbatures, appelez les medias, prévenez le centre de vigilance de la grippe H1N1, apprêtez vous à voir votre maison cernée de gendarmes comme celle d’un vulgaire anarcho gauchiste et mettez votre plus beau pyjama ou nuisette: la TV vous filmera, un envoyé spécial vous interrogera non sans avoir revêtu un masque et désinfecté son micro, avant de conclure que vous allez mieux, et même très bien, que vous allez d’ailleurs reprendre une activité normale, et qu’on n’a pas eu recours au Tamiflu pour vous soigner, juste à des médicaments comme pour un gros rhume. (dernier bulletin de santé des enfants grippés)

Pour avoir son quart d’heure de célébrité, en 2009, inutile d’être Andy Warhol, il suffit d’avoir la grippe. On vit une époque formidable !

 

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