Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
16 novembre 2006 4 16 /11 /novembre /2006 13:17

« Et pour le sexe, demande Lola, vous faites comment ? » Il ne fait rien, ou pas grand chose. L’hôtelier interdit qu’on amène une femme dans la chambre, trop peur de tomber pour proxénétisme. Aucune femme ne lui propose de l’emmener chez elle, trop peur de se faire violer ou dévaliser, d’ailleurs aucune femme ne l’aborde comme Lola l’a fait, les gens ont peur des pauvres, ils doivent croire que c’est contagieux, alors ils préfèrent les éviter, changer de trottoir, penser que ces gens là sont forcément dangereux ou violents, c’est pire que le manque d’argent, se dire qu’à présent on se méfie de vous… Alors quand le besoin se fait pressant, il va aux putes s’il lui reste de quoi payer… » 

(Lola n’a) pas supporté l’injustice qui a mis cet homme au chômage et l’a privé de ses revenus, mais aussi de sa maison, de sa femme et surtout de la liberté d’aimer et de désirer comme il en a envie, de sa dignité d’homme réduite à l’autorisation d’aller se vider les couilles moyennant finances. C’est une double, une triple, une quadruple peine, tandis que ceux qui la lui ont infligée rentrent paisiblement chez eux le soir et se payent une fille quand ils le souhaitent, parfois même en note de frais… »  (« Ce qui trouble Lola » éd. Blanche/ Pocket)

Une enquête ( Emmaüs/ BVA) sur les préoccupations des SDF cite dans l’ordre :

 1)      manger 2) trouver un lieu où dormir 3) rester propre 4) se soigner 5) avoir une vie affective et sexuelle.

 Enquête ainsi commentée par un journaliste dans un quotidien : « La vie affective et sexuelle n’est pas une préoccupation première des SDF ». N’est-ce pas plutôt que la nécessité de survie gomme toute autre préoccupation humaine ? Et que tolérer que des gens vivent dans de telles situations est tout simplement inhumain ?

 Un proverbe chinois dit: « Si tu veux oublier ton chagrin d’amour, mets des chaussures trop petites ». Je vous dis pas ce que ça doit être quand on n’a pas du tout de chaussures à se mettre et qu’on vit dehors en hiver !

 

 

 

 

 

 



 

 

Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans Humeur
commenter cet article
14 novembre 2006 2 14 /11 /novembre /2006 18:15

J’étais passée chez un ami avec la ferme intention de ne pas m’attarder. Après quelques mois, j’étais un peu lasse du scénario qui commençait toujours autour d’un verre et finissait immanquablement dans son lit. Plaisant d’ailleurs, le scénario, car le bougre a des arguments pour séduire mais bon… un peu brut de décoffrage. On s’enlace, puis on s’en lasse.

 Changeons ici quelques détails, vous ne saurez ni sa profession ni la décoration de son logement, ni la couleur de ses yeux… Je vais en faire un artiste, tiens ! De toute façons tous les hommes qui me plaisent sont des artistes, quel que soit leur métier par ailleurs. Ils ont une lumière dans le regard, une nonchalance étudiée, une désinvolture qui me trouble. Bref, l’homme était en train de bosser à mon arrivée.  Il m’a demandé d’attendre quelques minutes, le temps qu’il finisse. J’ai regardé son œuvre par-dessus son épaule : c’était vraiment bien. J’ai aimé ses gestes, la sûreté de son inspiration, j’ai eu le sentiment de « voir » son intelligence et il m’a semblé d’un seul coup beaucoup moins frustre que dans ses comportements amoureux habituels, ce qui a réveillé séance tenante ma libido et donné envie d'un petit zakouski, une gourmandise en quelque sorte.

J’avais apporté une mignonnette de vodka, et des glaçons (en réalité tout à fait autre chose mais ça n’a aucune importance, l’important est la suite). Quand il m’a serré dans ses bras après avoir fini son travail, j’ai pris dans ma bouche une gorgée de vodka, un glaçon, et son sexe que mes mains aventureuses avaient rapidement  mené à d’honorables dimensions. Le chaud et le froid, ma hâte à le prendre et ma lenteur à le déguster ont eu raison de lui. Toute réticence envolée, je me suis longuement attardée chez lui, mais pas sur le lit. L’occasion était trop belle de visiter sa cave et de vérifier si sa table de cuisine était aussi solide qu’elle semblait.

Pourquoi cette histoire aujourd’hui ? Parce qu’en écrivant les nouvelles que je suis en train d’imaginer, je me demandais pourquoi l’érotisme continuait à me passionner après tant d’années. A cause de cela, justement. Du fait qu’on ne peut rien dire de définitif à son sujet.

Les femmes aiment les préliminaires et ont besoin d’amour, mais toutes se souviennent d’une fois au moins où elles ont ressenti un désir brut et rapide pour un inconnu. Les hommes sont dans l’excitation plus que dans le désir, mais tous ont eu au moins une fois l’envie de dévorer la moquette sur laquelle avait marché la femme qu’ils aimaient (merci Michel pour cette belle image…). La routine menace les couples, mais tous ont le souvenir de périodes «  sans  »… suivies d’intenses périodes « avec », sans la programmation linéaire décrite par les magazines. L’important est la beauté « intérieure », affirment les vertueux… qui reluquent autant que les autres les seins et les fesses de bombes sexuelles, tandis que des femmes attachées à un type d’homme précis craquent soudain pour son opposé. On peut aimer se faire fouetter attaché(e) à un lampadaire et affectionner un bon vieux « missionnaire »…

Le désir, bien plus que l’amour, est enfant de bohême qui n’a jamais, jamais connu de loi. Aucun logiciel ne peut l’enfermer, aucune recette ne le provoque à coup sûr,  rien ne le tue pour toujours.  Il est la liberté incarnée, comme la prison la plus voluptueuse, quand on se prend, quand on se donne en repoussant les limites de ce qu’on croyait possible.

 

 

 

Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans Humeur
commenter cet article
13 novembre 2006 1 13 /11 /novembre /2006 16:39

Il paraît que les français se ré intéressent à la politique. Ils ont intérêt, avec la Présidentielle qui fait qu’on est en 2007 depuis à peu près juin 2006.

 Et bien puisque c’est un thème porteur, Coco,  si une chaîne nous organisait une « Politic-Academy ?

 Le principe est simple : enfermer les candidats dans un appartement, les faire cohabiter, leur faire résoudre des problèmes simples, ce qui est bien le moindre quand on prétend pouvoir résoudre les grands problèmes du pays, voir comment ils se comportent les uns avec les autres : machos avec les candidates, brutaux entre eux, ou au contraire constructifs et chaleureux ? Leur faire faire les courses (via Internet) avec l’équivalent d’un SMIC pour deux candidats, etc. Je compte sur les penseurs de la TV pour imaginer moult épreuves  à la fois révélatrices et réjouissantes.

 Pour les Prime, comme dans  la Star Ac, candidats et candidates devront faire leurs preuves sur des questions posées par des spécialistes (en environnement, santé, société, économie, éducation…) et par le public, du « zy-va » de banlieue à la dirigeante de société cotée au CAC 40, en passant par des artistes, des camionneurs, des homosexuels, des fumeurs de cannabis, des croyants en Dieu, Diable ou rien du tout…

 Et à la fin, si vous voulez éliminer Untel votez 1, si vous voulez éliminer Autretel, votez 2.

 Chaque semaine, deux candidats seraient éliminés, et en finale n’en resteraient que deux :

 Ce serait marrant que ce ne soit ni Ségo, ni Sarko.

 Bon, je transmets cette idée à France-Télévision (je suis pour le service public), mais que la plus prompte chaîne la prenne. En guise de royalties, j’irai volontiers faire part ie du jury de l’émission…

 PS. Si les candidats refusent cette émission, soyez aussi mauvais joueur qu’eux, ne votez pas dans l’urne !

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans Humeur
commenter cet article
6 novembre 2006 1 06 /11 /novembre /2006 17:33

Je viens d'interviewer Corinne Lepage pour le Nouveau Consommateur (interview à paraître début 2007, je vous préviendrai). La dame vient de droite (ex RPR), a priori pas ma tasse de thé. Toutefois, pour l'avoir côtoyée moult fois dans des colloques variés, j'avais déjà apprécié sa compétence, son franc parler pas du tout langue de bois et un côté chaleureux malgré une tendance à courir après les minutes.  

 

Donc, depuis 1975 qu'elle s'occupe de droit de l'environnement et se heurte aux mêmes immobilismes et aux mêmes hypocrisies, Corinne Lepage a réfléchi à ce qu'il faudrait changer . Réponse : tout, et c'est possible ! Du coup, puisque, dit-elle, les « décideurs de droite comme de gauche n'ont aucune envie de changer un système dont ils profitent », elle propose carrément un autre projet de société et la Constitution qui irait avec !

Depuis que j'écoute ce que disent les uns et les autres, c'est la première fois que je trouve cette vision systémique des choses, c'est-à-dire l'idée que les problèmes étant interdépendants, on ne peut pas les traiter séparément par des mesures isolées. Elle a donc imaginé de grands chantiers avec des mesures précises, financées et analysées dans leurs conséquences économiques, écologiques, sociales et culturelles. Chantiers qui aboutissent naturellement à un tout autre modèle de développement. Une révolution douce, en somme. 

 

Alors finalement, elle est de gauche ? Non, ni de droite. Ce qui ne veut pas dire qu'elle renvoie dos à dos la gauche et la droite. Elle affirme vouloir travailler avec des gens de tous bords mais avec une autre logique de pensée.

 Il reste à espérer que le pouvoir, si pouvoir elle a un jour, ne la corrompe pas comme il en a corrompu tant d'autres...

UN VRAI CHANGEMENT DE SOCIETE!!!

 

 

Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans Humeur
commenter cet article
3 novembre 2006 5 03 /11 /novembre /2006 12:01

Je suis baptisée et j’ai tout fait : communion privée, confirmation, communion solennelle, catéchisme et messe jusqu’à 16 ans.

 Aujourd’hui, je suis agnostique : je ne sais pas Dieu existe ou non. C’est d’ailleurs une question sans importance, car même s’il n’existe pas « en vrai », il semble indispensable à beaucoup d’humains pour juguler leurs angoisses . Libre à chacun de croire en ce qu’il veut.

 Mais où je trouve ça envahissant, c’est quand les religions deviennent omniprésentes et prétendent imposer à tous les principes qui ne devraient concerner que leurs fidèles. Comme disait, je crois, l’évêque d’Evreux à propos de l’opposition du pape au préservatif : « Je ne comprends pas qu’on fixe les règles d’un jeu qu’on ne pratique pas ».

Envahissantes aussi, les religions dans les medias, l'agonie puis l’enterrement du pape qui a squatté les écrans TV durant des jours (ni Yasser Arafat, ni Fidel Castro, ni même François Mitterrand n’ont eu un tel temps d’antenne sanitaire), les reportages sur port du voile ou les débats sur judaïté, sionisme et religion.

 Pourquoi n’y a-t-il aucune émission le dimanche pour ceux qui ne croient pas en Dieu et pourrait exprimer leur conception humaniste de la vie ?

 Pourquoi l’ information dans un pays laïque comme le nôtre est-elle à ce point religieuse qu’on nous informe régulièrement que tel ou tel homme politique est allé à la messe ?

Pourquoi les religions qui croient en plusieurs divinités (animisme africain, hindouisme, chamanisme) n’ont-elles aucun droit de cité sur nos antennes alors qu’elles concernent aussi des millions de gens ?

  

 

Est-il bien cohérent de prêcher l'humilité, "heureux les pauvres, les miséreux, les malades," etc (fascination étonnante pour le malheur sur terre) et de s'intituler Roi des rois?

Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans Humeur
commenter cet article
1 novembre 2006 3 01 /11 /novembre /2006 13:17

J’aime bricoler mes robinets (jouissance ineffable d’extraire du siphon avec une tige et une vieille brosse à dents un amas de cheveux glaireux et de voir à nouveau couler l’eau du lavabo !), Je suis la reine du monde quand j’arrive à juguler une fuite ou réparer ma chasse d’eau.

 

Mais parfois les tuyaux ont raison de moi et alors j’appelle MON plombier. MON, comme j’ai aussi MON peintre,  en raison de la fidélité que je voue à ces deux artistes, le mot est venu sous mes doigts plus naturellement qu’arti sans .

 

On   se connaît depuis plus de quinze ans. Je le répète, je suis tendance longue relations…

 

L’amitié a du bon. Alors que tant de gens attendent le plombier comme le Messie à la différence que le Messie, un jour, a fini par venir (merci maman pour ce mot d’esprit qui me fait toujours rire !)  le mien était chez moi dès le lendemain de mon appel. Et là, magie absolue : il ausculte, fait couler l’eau, inspecte les tuyaux, démonte la chaudière, réfléchit… et l’installation rebelle à mes tentatives de réparations comprend qu’elle a affaire à celui qui sait. En moins de deux heures, le chauffage ronronne, les tuyaux ne fuient plus, le robinet se ferme docilement.  Pour qui a connu une seule fois un dégât des eaux chez lui, le plombier est un magicien.

 

Le mien est aussi philosophe : Iranien ayant fui la guerre Iran/ Irak ce qui l’a vacciné de bien des déclarations d’ hommes politiques lorsqu’il a vu des armes vendues dans les deux camps par les mêmes marchands d’armes, il a appris la plomberie d’abord, le français ensuite, et le parle aujourd’hui non seulement fluently mais philosophiquement. Eh oui. Il lit Nietzsche,  Zarathoustra lui est plus intime qu’à bien des philosophes de chez nous, et il a sur la vie le regard tolérant et lucide qu’ont ceux qui ont beaucoup voyagé, beaucoup lutté, beaucoup écouté. Bref, j’adore mes problèmes de plomberie, car je sais que leur résolution ira de pair avec une belle leçon de vie.

 

Avec MON peintre, idem : on parle de la vie, du monde qui va de travers, des femmes et des hommes , de l’amour et de ses pièges. Il m’explique comment faire un bel enduit, je lui demande jusqu’à quand garder tel ou tel solvant, on se met d’accord sur les couleurs qui me plaisent, et quand il a fini les travaux, il m’offre un poster de Matisse, parce qu’il pense que ça ira bien chez moi. Effectivement.

 

La place manque, je ne vous parlerai pas du médecin qui nous soigne depuis 18 ans, ni de mes voisins pompiers qui à l’occasion donnent un coup de jet à ma voiture en même temps que sur leur camion, juste  parce qu’on se parle depuis 18 ans aussi… C’était juste histoire de dire qu’avec les gens, comme avec tout le reste, il faut donner du temps au temps. Et que même si SOS-plomberie, SOS médecins ou SOS-pizza ont du bon,  ce ne sont que des speed dating, pas des rencontres.

 

 

Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans Humeur
commenter cet article
22 octobre 2006 7 22 /10 /octobre /2006 14:31

Alors que nous bavardions, Ambre- l'une des joyeuses luronnes rencontrées dans le métro- m'a dit: "C'est cool de voir qu'une personne un peu plus... un peu plus..." Elle n'osait poursuivre, j'ai complété pour elle: "Tu veux dire plus âgée? Je suis beaucoup plus âgée que vous, j'ai une fille qui doit avoir votre âge" Elle a achevé: "Qu'une personne comme vous soit aussi ouverte, c'est rare."

Le mot m'a rappelé Erik, copain "pédé" comme il veut qu'on l'appelle, considérant que homo ou gay, c'est "politiquement correct", comme dire malvoyant pour un aveugle (ou, disait Coluche, mal comprenant pour un con), Erik, donc, m'amenant dans un bar du Marais et disant à tous ses potes (j'étais la seule femme présente): "C'est une fille, mais elle est très ouverte", "Je vous présente Françoise, elle est très ouverte", ça finissait par être ambigü!!

Au fait, c'est quoi, l'ouverture? Pour moi, c'est de la curiosité, un intérêt absolu pour tout ce que je ne connais pas, que ce soit livres, pays, idées, ou gens. Et l'envie de le partager. Du coup j'aborde facilement des inconnu(e)s, il m'est arrivé de proposer à un homme qui me regardait dans un bar de prendre un café avec moi et cette amitié a duré près de deux ans, à un autre de passer une semaine ensemble après avoir discuté deux fois avec lui. Sans enjeux, sans projets, juste pour le plaisir de les découvrir. Et aussi parce que je pense que ne pas se méfier a priori des inconnus, sourire plutôt que rabrouer est un bon antidote à la violence. La gentillesse est contagieuse...

Un jour, un ami m'a demandé ma motivation à connaître tant d'hommes ( on m'en prête d'ailleurs plus qu'il n'y en a véritablement...). Question piège quand on ne peut pas répondre l'Amour, construire un foyer, la sécurité, la tendresse, le sexe... Finalement, ce qui me motive, profondément, c'est de comprendre comment ces drôles de bipèdes forcément différents de moi par un chromosome entier (plus de différence génétique entre un homme et une femme qu'entre un singe et un homme ou une femme et une guenon!) comment ils font avec ce qu'ils ont, leurs forces, leurs fragilités... Et pour cela il faut des années, d'où mon aversion pour les aventures éphémères, et pour cela il faut de l'intime, d'où l'importance du désir entre nous s'il existe.

Une fille à qui je racontais quelques unes de mes rencontres s'était exclamé, horrifiée: "Comment tu peux faire ça? Parler à des inconnus, je n'oserais jamais!" Je lui ai fait remarquer que tous ses amis, tous ses amours étaient des inconnus la première fois qu'elle leur a adressé la parole.

Image qui n'a rien à voir, ou alors symbolique: ouverture, liberté sans pesanteur, waouh je m'éclate grave, là...

Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans Humeur
commenter cet article
4 octobre 2006 3 04 /10 /octobre /2006 11:37

Sur la petite île grecque où je vais depuis dix ans, je me baladais il y a juste un mois le long des crêtes que suivent les chèvres. Il y a dix ans, j'explorais le moindre recoin, jusqu'aux maisons à l'intérieur desquelles je jetais un coup d'oeil: l'art de vivre dans les Cyclades, c'est aussi ces maisons blanches et bleues épurées et confortables où l'on s'aperçoit que le bonheur et la santé, comme disait Hippocrate, c'est de "n'avoir que trois pas à faire pour apercevoir la mer". Un jour, je m'étais assise avec un ami à une terrasse. On nous avait apporté du vin, du pain et du fromage, mais lorsque nous avions voulu payer, notre hôte nous avait expliqué dans un anglais approximatif qu'il n'était pas aubergiste, et nous avait simplement offert l'hospitalité. En grec, cela se dit: "philoxénia", amour de l'étranger.

L'an dernier, j'ai pris un grand coup de colère en voyant mes itinéraires habituels barrés par des barrières rendant difficile l'approche des maisons nouvelles- plus cossues, plus chics, parfois pourvues de piscines à vingt mètres de la plage. Cette année, impossible de passer outre la barrière: dans plusieurs maisons, un chien montait la garde. Or le chien, à la différence du chat, est conditionné pour aboyer à la vue d'un inconnu, dressé pour considérer a priori comme suspect l'étranger, alors que le chat, royal, vient se frotter à ses jambes, s'en éloigne si l'odeur ne lui plait pas, ou lui fait du charme s'il estime que ledit étranger peut être un pourvoyeur de nourriture ou de câlins. Il n'y a pas de chats policiers, comme disait Siné, ce qui ne les empêche pas d'être les seuls animaux à avoir mis l'homme à leur service. Preuve que la force est dans la douceur et non pas dans la dureté.

Le soir, discutant avec un commerçant, je lui dis mon étonnement de ces chiens de garde: "C'est à cause des voleurs", dit-il, un peu embarrassé, ajoutant précipitamment: "Quoique des voleurs... il n'y en a pas ici. En fait, c'est à cause des Albanais. Les Albanais sont méchants.... Quoique il n'en vient pas ici, mais on en parle beaucoup." Ainsi donc, à cause de voleurs inexistants et d'Albanais absents mais supposés a priori dangereux, la philoxenia fait peu à peu place à la xénophobie!

Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans Humeur
commenter cet article
3 octobre 2006 2 03 /10 /octobre /2006 10:38

Bonjour,

Un blog de plus sur la toile, je dois dire que j'hésitais! Mais en même temps, depuis que je reçois des lettres ou des mails de lecteurs et lectrices- dont certain(e)s sont  devenus depuis plus de trois ans d'assidus correspondants-  je me dis qu'il est dommage que nos échanges  restent en tête-à- tête. Plusieurs fois, j'ai écrit à Eliane, François, Mélusine, Gabriel ou Patrick en ayant très envie de mettre en relation ces hommes et ces femmes qui réfléchissent et expérimentent dans leur vie des chemins "hors-normes", ce qui ne signifie pas qu'ils soient anormaux. Grand débat: c'est quoi, être normal?

Ce blog me permettra aussi de vous dire ce que je fais, sans encombrer votre messagerie. Au lieu d'écrire à chacun(e) "je passe à la TV" ou "je sors un livre",  c'est vous qui choisirez de le savoir en venant ici.

Enfin, 2007 étant une année particulière qui a commencé depuis plusieurs mois, il y aura sans doute beaucoup de sujets d'enthousiasmes ou d'indignations (n'est-ce pas Nathalie, cool, cool, le monde est méchant, mais fais gaffe à ton coeur!): j'ai constaté en effet avec grand plaisir que les lecteurs et lectrices interpellés par "Aimer plusieurs hommes" (le livre qui m'a valu le plus de courrier) sont généralement des personnes sensibles à l'écologie, la justice, l'arrogance des dominants, la tendresse... Ce n'est évidemment pas un hasard: s'interroger sur le couple, la possession amoureuse et ses signifiants sociaux et psychologiques, c'est évidemment s'interroger sur une société qui privilégie l'Avoir à l'Etre, le pouvoir à l'échange, la frustration à l'épanouissement. On est bien loin de la sempiternelle question: "Fidèle ou infidèle"? That is not the question, et je remercie sincèrement ceux qui le comprennent et défrichent avec moi ces chemins.

That is not the question et pourtant je suis sûre que c'est celle qu'on va me poser ce soir dans l'émission de MOF "T'empêche tout le monde de dormir" sur M6 (23h30, je ne vous en voudrai pas si vous préférez dormir!): 14 minutes de débat plateau avec six invités,  autant dire qu'on surfe sur la réflexion.

A l'opposé de cete démarche zapping, je viens de tourner avec une équipe Québécoise ( la bande d'allumés en photo en bas de ce texte) un documentaire sur ce même sujet, qui sera diffusé au Québec le 8 mars 2007, Journée Internationale des femmes. Martine a réfléchi 4 ans sur ce film, nous avons vécu des journées entières ensemble, chez elle ou chez moi, Olivier a fait des images de toute beauté, et Josué a saisi toutes les nuances du vent ou des silences. Merci à  tous trois, et merci aux amis qui ont spontanément participé à ce tournage, ça m'a fait chaud au coeur. Il ne reste plus qu'à espérer qu'une TV française soit assez audacieuse pour avoir envie de ce film bien joyeux et pas niaiseux, comme y disent chez les Caribous.

Voilà, c'était juste une mise en bouche, la prochaine fois on parlera de Bruno Van Peteghem, qui se démène pour sauver le corail néo calédonien des lobbies de l'industrie du nickel et de bien d'autres choses encore, n'hésitez pas à y mettre votre grain de sel ou de gingembre. Et un grand merci à Laurent sans qui ce blog n'existerait pas,  plusThomas et Bertrand pour l'image d'en haut. 

Martine, Olivier et Josué en pleine réflexion métaphysique.

Repost 0
Published by Françoise Simpère - dans Humeur
commenter cet article

Présentation

  • : JOUER AU MONDE
  • JOUER AU MONDE
  • : "Faire d'un rêve une réalité": Humeur, humour, coups de gueule et coups de soleil.
  • Contact

AUTRES MONDES

Depuis le 31/12/2013, le site Autres Mondes n'est plus actif, mais vous pouvez toujours aller y voir   la superbe vidéo d'Himlico

et la non moins superbe vidéo sur "Aimer plusieurs hommes",  toutes deux réalisées par Douze Films Prod (www.douzefilms.fr) 

Pour être informé de la disponibilité de "Aimer plusieurs hommes"et de "Himlico et autres contes", contacter: simpere.autresmondes@gmail.com 

  "Autres désirs, autres hommes" étant épuisé en version papier, il a été réédité en ebooks regroupant les nouvelles par thèmes: Que vous aimiez le sexe entre amis (sex-potes), les aventures insolites (Belles rencontres) la transgression (Jeux et fantasmes) vous y trouverez votre compte.  En vente chez IS éditions   et sur la plupart des plate-formes de livres numériques, plus FNAC, Amazon, etc. Sexe-potes.jpg

 
 

 

 


 

Recherche

FAN-CLUB

Françoise Simpère (nouvelles de)

ma vie, mon oeuvre, mais surtout mon oeuvre

LIVRES QUE J'AIME

                                                                                                 lien-guide.jpg  

                                          
                                                                    des questions, des réponses, l'ouverture des possibles

L’érotisme est au coin de la rue

Le livre du grand Tout


Un livre indispensable
voyages torrides et beaux paysages
une belle histoire de peau et de coeur
documenté, ça énerve parfois, ça fait aussi du bien
à découvrir ou redécouvrir pour la finesse de l'analyse et de l'écriture