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19 mars 2010 5 19 /03 /mars /2010 00:02

interdit2.jpgCa me laisse rêveuse qu’à peine un malheureux policier tué en service, le président décrète qu’il va demander des peines de 30 ans incompressibles pour les tueurs de policiers, parlant même d’assassinat. L’assassinat, en droit, suppose la préméditation. Qui ne semble pas établie en l’espèce. Faut pas tout mélanger. Un meurtre est un crime. Aggravé si la victime est un enfant ou une personne vulnérable, âgée ou infirme. Ce qui n’était pas le cas du policier, mort en service comme un soldat au champ de bataille. Ou comme 3 personnes meurent chaque jour d’accident du travail en France.  Décréter que parce qu’il est policier ses meurtriers seront punis plus que d’autres, c’est poser une absurde échelle de valeur de la vie humaine.

Tuer un policier serait donc le summum de la gravité méritant la même peine qu’un Guy Georges ayant violé et assassiné au moins 7 jeunes femmes ?

Quid de ceux qui tuent un supporter en le rouant de coups ? Qui poignardent à mort leur femme ? Qui tuent et congèlent leurs nouveaux-nés ?  Qui vitriolent et massacrent une jeune fille ? Quid des policiers qui tirent trop vite sur des loubards ? Des chauffards ivres qui écrasent des piétons? Des chefs d'Etat qui déclarent des guerres meurtrières?

On peut discuter des jours et des jours de la gravité de chaque crime. Mais à froid. Sans décision hâtive.

Je sais, ça n’a rien à voir avec les régionales, mais ça me laisse rêveuse qu’un homme gouverne ainsi à vue, en surfant sur l’émotion, et se gave d’annonces démagogiques. Lui faut urgemment un contre-pouvoir...

boss.jpg

 

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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 14:01

P1010023.jpgElle tape sur son clavier, maîtrise Internet, la novlangue politique et les « tendances » du moment. Mais elle est encore vivace, la gamine à qui sa grand-mère achetait le jeudi des Paille d'Or et le Journal de Mickey, pour qui le grand-père sortait solennellement de son gousset les "cent francs du dimanche", devenus un franc en 1959 ou 1960. Elle reste en elle, l’ado à qui les copains faisaient manger des confettis par centaines pendant le Carnaval,  garde dans ses narines l’odeur du gros savon en forme de citron suspendu à une tige métallique où elle se lavait les mains avant d’aller au réfectoire.  

jeu2.jpgElle se souvient des surboums, sur’pat’, puis Boums où elle dansait dans les bras de jeunes boutonneux et buvait du lait grenadine. Vie antérieure où chantent Brel, Nougaro, Brassens, Barbara, Bachelet, où jouent Romy, Ronet, Noiret… tous morts et si vivants pourtant, dans son cerveau qui pèse en moyenne 1k300. Si les souvenirs accumulés le faisaient grossir, combien ferait-il de tonnes ?  Calculer le poids des souvenirs : mariages, noëls en famille avec des cousins inconnus, repas de communion interminables où le saumon était un luxe inouï (mais savoureux…), pique-nique au bord de l’eau et friture de rivière en un temps où les poissons abondaient. Voyages en pays lointains, soleil tropical, marchés grouillants de couleurs et de parfums épicés, mer calme ou sauvage, empreintes sensuelles qui ne s’oublient jamais. Il suffit d’une odeur d’iode ou d’effluves de vanille pour rouvrir le sac à dos aventureux où s’émiettaient les petits-beurre au fil des randonnées sur des sentiers de contrebandiers.

Elle connaît le micro-ondes, les soupes en briques et la cuisine moléculaire mais aussi les porte-couteaux, les cuillères à pamplemousse, les saucières qui séparent le jus du gras, le presse-purée à manche,  les chinois de différentes tailles, les verres à porto …

Elle maîtrise Internet et les raccourcis clavier. Mais sait ce que sont le papier carbone, les épingles de bureau à tête triangulaire, la cire à cacheter, les coins à lettres en métal, le Corrector qui efface même le « crayon à bille », les rubans de machine à écrire en soie noire ou bicolore, et les touches de cette machine sur lesquelles il faut taper fort pour que les lettres soient nettes. La petite éponge pour humecter les enveloppes et les timbres qui n’étaient pas autocollants, le papier pelure pour les copies de documents, l’appareil à graver des étiquettes sur des rubans de plastique, les coupe-papier et les crayons-gomme avec à une extrémité un pinceau qui permet d’éliminer les miettes de caoutchouc, les albums de photos prises avec un Instamatic, un Agfa sensor, un Pentax… bref un argentique.

P1000096.jpg-Un argentique. Par opposition au numérique que tu as eu à Noël.

Alors tu sais quoi ? raconte-t-elle à une amie : « Quand je lui ai demandé s’il voulait l’argentique de son grand-père, il a haussé les épaules d’un air narquois.

-Nar… quoi ? interroge la fille de l’amie qui traverse justement la pièce.

-Ben, narquois. »

L’adolescente hausse les épaules, sans comprendre. Les deux amies continuent à bavarder. Elles connaissent « ça le fait pas », « je te ferais dire », « z’y va » « trop cool » « chelou »,  mais aussi « narquois », « plénitude », « transcendance », l’imparfait du subjonctif, « mais où est donc or ni car » ?  Sans parler des « bijoux, cailloux, choux, genoux,  hiboux, joujoux, poux »

matriochka3.jpg« Les enfants, malgré des fulgurances, ne sont que des enfants. Eux, les vieux, cumulent tous les âges de leur vie. Tous ceux qu’ils ont été cohabitent, sans compter ceux qu’ils auraient pu être et qui s’obstinent à venir empoisonner le présent avec leurs regrets ou leur amertume. Les vieux n’ont pas seulement 70 ans, ils ont encore leurs 10 ans et aussi leurs 20 ans, et puis 30, et puis 50 et en prime les 80 piges qu’ils voient déjà poindre… L’âge est un secret bien gardé. Dire ce qu’est la vieillesse, c’est chercher à décrire la neige à des gens qui vivent sous les Tropiques » (Benoîte Groult « la touche étoile »)

P1000257.jpg 

 

INFO LIVRE : Quelques mises au point avec Paypal s'avèrent nécessaires. Merci de différer de quelques jours vos commandes par ce mode de paiement. Le paiement par chèque reste évidemment possible. Que ceux et celles qui ont déjà commandé par Paypal ne s’inquiètent pas. La seule conséquence est un retard éventuel dans l’envoi des livres, le temps d’avoir vérifié les liaisons bancaires.

 

 

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3 mars 2010 3 03 /03 /mars /2010 10:49
stress_femme.jpg« Docteur, je viens vous voir parce que je suis fatiguée… Psychiquement fatiguée.

-Asseyez-vous… Vous avez fait des analyses, des bilans ?

-Bien sûr. Globalement, je vais bien. Tout est relatif, mais disons que je vis correctement,  ma vie personnelle et professionnelle sont plutôt satisfaisantes. Il y a plus à plaindre que moi, ici et dans le monde, mais c’est la fatigue, voyez…

-Depuis combien de temps ?

-Ca fera trois ans en mai prochain.

-Avez-vous une idée de ce qui vous fatigue ?

-L’agitation, docteur, l’agitation stérile. Au début, je trouvais cela sympathique, cette façon de vouloir agir, changer, bouger. Un peu speedée, certes, mais chaleureuse, cette compassion permanente avec mes malheurs, cette façon de parler comme moi : « je vous demande un peu madame Michu » « c’est tout de même incroyable… » « Je l’ai dit et je le ferai parce que je fais ce que je dis et je dis ce que je ferai ».

-Et alors, qu’est-ce qui a changé votre bonne opinion ?


sarko2.jpg-Docteur, quand l’agitation ne sert à rien, elle ne stimule plus, elle donne le vertige… Parfois je me demande si ce n’est pas cela qui va me tuer, ce vertige permanent, cette sensation que tout bouge sans améliorer quoi que ce soit, ce sentiment qu’il me fait tourner en bourrique pour cacher ses vraies intentions. Savez-vous que nous en sommes à la 17è loi sur la sécurité en cinq ans, preuve que les 16 précédentes n’ont rien changé ? En deux ans, il ne devait plus y avoir un seul SDF, et il y en a de plus en plus… Les entreprises, exonérées de cotisations sociales, devaient embaucher… et elles ne cessent de licencier.


monstre.jpgChaque fois qu’il se passe quelque chose, il fait une loi : loi sur les chiens qui mordent, sur les manèges qui tombent, sur les digues qui cèdent, sur les spéculateurs qui spéculent… Tout ça pour ça ! Je me demande pourquoi les lettres qui arrivaient autrefois à l’heure doivent aujourd’hui payer un supplément pour le même service, pourquoi avec les services publics « modernisés » il devient impossible de joindre un agent compétent, il n’y a que des stagiaires sur des plate-forme 36- quelque chose, qui ont pour consigne de ne donner aucun numéro de service, vu que les compétents, pas assez nombreux, se partagent entre plusieurs pôles et n’ont plus le temps de prendre le téléphone.  Il arrive sur une zone inondée et décrète : demain, l’électricité sera rétablie. Qu’est-ce qu’il en sait ? C’est lui qui grimpe sur les pylônes ? Ah, docteur, docteur,  je n’en peux plus, il me fatigue.

sarko_grimace.jpg-C’est tout à fait normal, madame. Tous les parents d’un enfant hyperactif sont dans le même état que vous. Au début, ils sourient devant la vitalité de leur rejeton. Après un an ou deux, ils sont à ramasser à la cuillère. Alors, vous, au bout de trois ans… Mais les élections arrivent, madame, il va vous donner un peu de tranquillisant, vous dire que tout ira bientôt mieux, madame ?

- France, docteur. France Danbas.

-Voulez-vous que je vous prescrive un anti-dépresseur ?

-Je n’y tiens pas. Mais dites-moi, docteur : vous ne pourriez pas lui prescrire quelque chose pour le calmer ? Un peu de Ritaline, comme on en donne aux enfants agités ?

-Ce n’est pas une solution, madame. Médicamenter un enfant insupportable, c’est avouer son impuissance à l’éduquer. Mais les régionales approchent, France. Vous permettez que je vous appelle France ? Une fessée électorale, une mise au coin, ça pourrait peut-être le calmer ? Essayez et revenez me voir dans un mois. »

 

(inspiré par le rapport officiel du médiateur de la République Jean-Paul Delevoye: Je suis inquiet car je perçois, à travers les dossiers qui me sont adressés, une société qui se fragmente, où le chacun pour soi remplace l'envie de vivre ensemble (...). Cette société est en outre en grande tension nerveuse, comme si elle était fatiguée psychiquement"

 

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Absolument véridique… et expérimenté.

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 16:33
C'est agaçant, vous ne trouvez pas, de savoir qu'on court à la cata sur la pente glissante de la spéculation, sans freins d'aucune sorte? Comme disait je ne sais plus quel chef d’Etat : « Nous sommes au bord du gouffre et nous allons faire un  grand pas en avant. »  Alors y a parfois révolte dans ma tête, envie de tout faire péter, ce qui ne signifie pas violence physique, mais refus, fuite, niet, nein et énervement quand je vois qu’on veut apprendre aux salariés à "mieux gérer leur stress" au lieu de chercher à réduire ce stress. Qu’on parle des cancers du fumeur, du buveur, du bronzeur au soleil, mais qu’un voile pudique est mis dans les rapports officiels sur tous les cancers et autres maladies graves liés à l’environnement et aux conditions de travail. Qu'on hurle au coût des charges sociales sans hurler au coût des vies brisées par l'inhumanité. Honte sur toi, citoyen lambda, tu es faible et incapable de t’adapter à la modernité triomphante !


gourou---guru.jpg


"Reste « zen », me répète-t-on, tu vas te faire du mal." Ce qui m’énerve un peu plus… « Zen », c’est le terme à la mode pour dire « reste calme ».  La vogue occidentale des philosophies asiatiques entraîne leur récupération par le marketing, qui  vend de la zénitude pour fourguer des voitures silencieuses et de la méditation pour vanter un fromage. Sans parler de la foultitude de  stages de zénitude qui font croire aux participants que leurs maux physiques et mentaux- et il y en a ! Ces stages attirent pléthore de fracassés de la vie- tous leurs maux, donc, s’envoleront en quelques séances de zen grassement payées à des formateurs gourous. L’énergie vitale qui est en vous- « vous la sentez, hein, vous la sentez » (on ne sent rien, mais on se persuade que la démangeaison qui gratte dans le dos est l’énergie qui frétille) va guérir votre obésité, votre dépression, votre cancer.

img_0057.jpgLes pratiquants zen et les vrais bouddhistes, qui  vivent leur démarche au sein d’une société pourtant guère adaptée à la sagesse le savent : c’est le chemin qui compte, ce n’est pas le bout du chemin. Le zen et la méditation  peuvent accompagner sur le chemin de la maladie ou des difficultés, mais ce ne sont pas des thérapies, et le maître zen n’est pas- ne devrait pas être -un « gourou » magique. C’est soi, et uniquement soi, qui peut progresser sans attendre de miracle,  au fur et à mesure de l’expérimentation quotidienne.  Rester Zen, ce n’est donc pas garder son calme, encore moins se résigner, mais plutôt reconnaître la réalité de la difficulté sans se heurter à elle et s’y briser, ne pas lui en vouloir…  mais essayer de la vivre autrement, de la contourner sans y consumer son énergie. Un art martial de l'esprit.

Depuis plusieurs années je vais sur le  blog de Lung Ta Zen qui, sans prosélytisme,  répond aux questions sur le zen que se posent bien des gens. Avec humour et humilité.  Il n’est pas pour autant résigné ni reclus dans un joli monde de bisounours aux yeux bridés, puisqu’il est un des discrets artisans du site Résistance Inventerre , une mine d’infos recensées pour garder les yeux ouverts et résister avec lucidité. Cet humour et cette humilité nécessaires à la lucidité se retrouvent dans les deux BD qu’il a éditées : « ZEM1 » et « ZEM2 » mettant en scène un moinillon qui titille son maître. Elles confirment l’adage  « pour comprendre, un dessin vaut mieux que 100 000 mots" .  (cliquez sur le lien pour savoir où les trouver)

                                                                                                    

 

 ZEM volume 1                                                                                      ZEM volume 2

zembdzenzen2Dernière minute: une faille du continuum spatio-temporel vient d’engloutir le site www.autresmondesdiffusion.fr au moment précis où nous le mettions en ligne.  Palsambleu, tabarnak et zut alors! Côté négatif : l’être webbique suprême, à savoir mon cher et tendre chargé de s’immerger dans un flot de CSShtmlfluxRSS… pour essayer de repêcher le site va-t-il  y perdre sa bonne humeur en cette Saint Valentin ???  Deuxio, la possibilité de commande et paiement en ligne est retardée. Mais côté positif : je vais continuer à recevoir vos bons de commande en direct et lire avec plaisir les mots  qui l’accompagnent.   (Françoise Simpère Autres mondes, 7 rue de la République, 92190 MEUDON. Chèque de 16,5 € (livre 14€ + participation aux frais d’envoi 2,5 €).  Et pour la peine, je dédicacerai les livres jusqu'à repêchage et ouverture du site.

première couv

Dernière seconde : A écouter sur RVVS 96,2 FM, radio locale existant depuis trente ans, l’émission « Route des hommes » consacrée aux amours plurielles, diffusée lundi 15 février de 11h à 12h. Disponible sur Internet toute la semaine du 15 au 21 février.

RVVS 96.2FM - Route des Hommes


coccinelle.jpg

 

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 13:26

manif-CPE-petit-mars-2006.jpgLongtemps je me souviendrai de cette conférence de presse, une conférence comme des dizaines d’autres auxquelles j’avais participé depuis des années. En bas de l’escalier, l’attachée de presse me sauta au cou, elle qui d’ordinaire me saluait à peine : « Françoise, merci d’être venue ». Trois mètres plus loin, deux journalistes qui me disaient d'habitude à peine bonjour me gratifièrent d’une paire de bises chaleureuses : « Quel plaisir de te voir ! ». Un peu ébahie, je poursuivis mon chemin et fût aussi merveilleusement saluée par deux ou trois autres, la dernière me donnant la clé de l’énigme : « On t’a vue à la télé ! »

serifos-1995-bis.jpgOn se voyait « en vrai » depuis plus de dix ans, on avait participé à des voyages de presse favorisant la découverte les unes des autres, elles connaissaient mes articles, elles savaient que je publiais des livres sans rapport avec la médecine, mais peu importe : j’existais à leurs yeux pour quelques minutes d’images (un passage sur « Vie privée, vie publique » si mes souvenirs sont bons).

album2_0117-copie-1.jpgUn autre jour, alors que je faisais du vélo avec des amies le long du canal du midi, j’entrai dans la maison d’hôtes où nous avions réservé pour prévenir de notre arrivée. Une femme attablée non loin de là me regarda fixement, puis hurla « je vous connais, je vous connais, vous êtes Belge! » -Euh, non… Pas du tout. En cherchant un peu, elle réalisa que je n’étais pas belge, mais qu’elle m’avait vue dans une émission de la RTBF… un an et demi auparavant, ce qui l’autorisa à crier en appelant son mari : « Denis ! Viens vite ! Y a là une dame qu’on a vue à la TV » ! L’aptitude physionomiste des téléspectateurs est stupéfiante, car en short, casquette et cheveux attachés, je ne ressemblais absolument pas à la femme « vue à la télé », ce qu’elle me confirma : « Je vous ai reconnue à votre voix. »

chmplain1.JPGDe ce que j’avais pu dire ce jour là, elle ne se souvenait pas vraiment, pas plus que les copines journalistes. Tout comme, depuis le JT de France 2, (30 secondes sur 20 minutes d’entretien, il ne reste pas grand-chose) on me parle essentiellement de mon chapeau ou de « je ne vous imaginais pas comme cela ». Ce qui me fait penser à une voisine qui s’exclama un jour : « Vous êtes journaliste ? Ca alors! Vous avez plutôt une tête de médecin et même… de gynécologue ! » Et comme les photos sur cette page, prises entre 2007 et 2009 le montrent, on change aussi suivant ses occupations...

Voilà pourquoi, la « gloire » de la TV, aussi illusoire que celle d’un article qui le lendemain de sa parution « emballera le poisson », comme dit l’adage journalistique destiné à remettre les choses à leur place, me touche peu. Ce n’est pas de la fausse modestie En revanche, le fait d’écrire des livres que des lecteurs et lectrices apprécient, et encore plus les relations que j’ai pu nouer avec certain(e)s  ici ou ailleurs comblent bien davantage ma fierté.

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 23:40

Comme tous les voyageurs du métro ou du RER j’ai vu les affiches 4mx3m vantant les mérites du navigateur Google Chrome pour améliorer notre vie quotidienne à nous, ces gens là sont pleins de sollicitude. Ca va de « partir en Thaïlande pour pas cher » à « trouver un cadeau pour ma copine ».

Ben en fait, la vie en Google Chrome semble très compliquée. Illustration par l’exemple :


« ENVIE D’UNE TARTE TATIN ».


vie_simple.jpg

DANS LA VRAIE VIE : j’ouvre mon livre de cuisine pour lire la recette, ou j’appelle une copine pour la lui demander. (5 minutes)

Je fais la tarte : 30’ de préparation, 35’ de cuisson four 6/7

On déguste tranquillou avec le vin qui va avec.

Il nous reste du temps pour sortir ou tout autre plaisir.



DANS LA VIE AVEC GOOGLE CHROME ( texte de l’affiche)

1 famille souhaitant manger une tarte tatin

5 membres qui n’y connaissent rien en pâtisserie

886000 résultats pour « recette tarte tatin »

41 minutes passées à comparer les recettes

7 e-mails pour débattre de la meilleure façon de la cuire

16 vidéos trouvées pour « recettes de la tarte tatin » sur You Tube

2 tentatives et demi

137 000 images trouvées pour « Tarte tatin »

0 image qui ressemble à la nôtre !

1 vidéo « tarte tatin brûlée » postée sur You Tube

2 litres de glace à la vanille e train de fondre sur le sol de la cuisine

5 personnes qui regardent 1 labrador en train de se régaler

13 onglets ouverts

0 bug

1 navigateur


fou4.jpgDANS LA VIE AVEC GOOGLE CHROME, donc, on a envie d’une tarte Tatin, on perd près d’une heure à chercher des recettes, on est si angoissé qu’on DOIT demander conseil à des gens eux aussi scotchés à leur ordi puisqu’ils répondent aussitôt aux mails, on passe une heure devant des vidéos, on essaie de faire la tarte,  pendant qu’elle cuit on retourne voir 137 000 images de Tarte Tatin (faut être un tantinet obsessionnel…), ce qui fait que la tarte, la vraie, brûle, ce qu’on s’empresse de faire savoir aux internautes en filmant et postant la cata cramée. Pendant que le Labrador bouffe la glace vanille qui fond par terre. (pourquoi sur le sol de la cuisine ? Mystère ! Par parenthèse, je rappelle que la glace à la vanille sur la Tarte Tatin est une hérésie, dans la vraie recette des sœurs Caroline et Stéphanie- pas celle du Rocher, celle de Lamotte Beuvron où fût inventée cette recette- y a pas de glace ! Pas plus que dans les profiteroles qui doivent se faire avec de la crème Bourdaloue, crème pâtissière montée avec des blancs en neige. La glace est une invention de cafetiers à la noix parce que c’est plus simple de mettre de la glace industrielle que de faire la crème Bourdaloue).


CONCLUSION


DANS LA VRAIE VIE , on a envie d’une tarte tatin, on la fait, on la mange, on est content.

Dans la vie avec Google Chrome, quand on a envie d’une tarte Tatin on y passe la journée, on n’en mange pas, on salope sa cuisine et on fait savoir au monde entier qu’on est un manche: vie de merde (http://www.viedemerde.fr/)


Décidément, je ne dois pas être une bonne geek… MAIS j'ai enfin mon Iphone !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

(merci à la copine qui me l’a envoyé)

 

ail.jpg

 

 

 

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 16:30

haiti4Mais c’est que ça ouvre l’esprit, une catastrophe naturelle ! Voilà qu’un tas de gens se passionnent pour  Haïti via le tremblement de terre.  Ils découvrent que cette île a été la première des Caraïbes à devenir indépendante et à obtenir l’abolition de l’esclavage, que le président de la FEMIS (la plus prestigieuse école de cinéma en France) est Haïtien et que ce peuple si miséreux regorge de poètes et d’écrivains. « Tu savais, Marcel, que Haïti, c’est sur la même île que  la République Dominicaine ? » s’exclament certains. Oui, là où ils passent leurs vacances dans un club sans rien soupçonner de la vraie vie des habitants vu qu’ils n’en voient aucun, sauf les domestiques des hôtels … 

haitiLes medias adorent les catastrophes, ça remplit un journal TV avec édition spéciale à la clé. Voir le Tsunami, l’ouragan Katrina,  ou les crues dans le sud de la France. Y a qu’en Chine que ça passionne moins, parce qu’ils sont tellement nombreux, les chinois, que le nombre des morts, par dizaines ou centaines de mille, perd de sa charge émotionnelle. Trop, c’est trop. Depuis cinq jours, les mêmes images : interviews de rescapés, description de scènes horribles, explications de sismologues, évaluation morbide du nombre de victimes et mobilisation : appels aux dons, et formidable élan de fraternité qui n’exclut pas une certaine rivalité. Ainsi, les Etats-Unis se posent en champions de l’action humanitaire en envoyant moult vions bourrés de matériels, suivis par le Canada ou la France avec leurs équipes entraînées aux interventions périlleuses. NS annonce solennellement qu’avec son ami Obama il va lancer une grande conférence internationale pour la reconstruction de l'île tandis qu’Eric Besson suspend les expulsions vers Haïti d’immigrés en situation irrégulière. Un tremblement de terre a plus de force qu’une guerre pour freiner ses ardeurs.

IMG_0027.jpgSur place, les ONG qui oeuvrent en tout temps à Haïti réclament qu’on coordonne un peu tout ça, vu que faire atterrir des avions sur un aéroport endommagé par le séisme n’est pas sans risques. Cinq jours plus tard, le bel élan montre ses limites : la population manque de tout et la colère gronde. Il faut dire que les Haïtiens savent ce qu’il en est de la solidarité mondiale, vu qu’ils se sont fadés deux ouragans et une tempête tropicale en 2005, quatre ouragans et une tempête tropicale en 2008, sans compter les pluies diluviennes et autres torrents de boue d’autres années. Ils savent qu’une fois l’émotion passée, on les oublie.

coucher_soleil.jpgTout le monde reconnaît- le sommet de Copenhague est récent - que les cyclones et les ouragans, tout comme les sècheresses et les canicules augmentent en gravité et en fréquence du fait du dérèglement climatique. Ce qui n’a pas empêché les pays riches de s’en laver les mains et de ne s’engager en rien pour freiner cette multiplication des extrêmes climatiques. Leurs pays, grâce à Dieu qui les a situés en zone tempérée, en subiront des conséquences moindres que les  zones tropicales qui sont, est-ce un hasard, les plus pauvres et les plus frappés par les catastrophes naturelles.

salsa.jpg« Eh, oh, Françoise, un tremblement de terre c’est une fatalité, ça n’a rien à voir avec l’activité humaine ou la  pauvreté ! »  Exact, ça peut toucher tout le monde, mais ça n’a pas les mêmes conséquences. Au Japon, depuis le terrible séisme de Kobé, les japonais ont multiplié les constructions capables de résister à des tremblements de terre de forte magnitude. Ils en ont connu quelques-uns, faisant des dégâts mais peu de victimes. A Haïti,  les maisons antisismiques doivent se compter sur les doigts d’une main.  L’habitant vit avec deux dollars par jour, comment financerait-il des logements solides ? Autrefois, le porc noir de Haïti,  costaud et peu exigeant, était la base de la nourriture locale, jusqu’à ce que les Etats-Unis ordonnent leur éradication par peur de la grippe porcine (et aussi pour imposer l’élevage de porcs américains bien gros et bien gras comme les aiment les américains, mais pas les Haïtiens). Ca n’a pas arrangé leur budget quotidien. Pendant des décennies, les dictateurs Duvallier père et fils, qui ont été pour beaucoup dans la décrépitude économique de Haïti, étaient discrètement soutenus par les USA, qui craignaient l’influence communiste de la voisine Cuba.

_tudiants.jpgHeureusement, les catastrophes naturelles réconcilient tout le monde : Cuba- qui envoie des médecins à Haiti même en dehors des séismes- a autorisé les avions américains transportant du matériel de secours, à atterrir à Guantanamo, pour réduire leur temps de transport.  Raul Castro a aussi envoyé du renfort médical à l’île sœur. Les Cubains ont d’excellents médecins, je l’ai déjà dit ici et vécu là-bas, et une grande expérience des catastrophes  climatiques: l’ouragan Gustav qui dévasta Cuba avec sa force 4 n’y fit pas une seule victime, alors que passé à force 2 sur Haïti il y fit 66 morts, et 26 aux Etats-Unis.  Le secret ? Pas une question d’argent, une question d’éducation : les Cubains sont entraînés à réagir en cas de catastrophes naturelle et ont assez de sens collectif pour s’organiser. Là-bas, la priorité est donnée à la préservation des personnes plutôt que des biens. A l’inverse de ce qui se passa en Louisiane, lors de l’ouragan Katrina.

haiti3Les dons qui affluent sont sans doute indispensable dans l’urgence, mais relèvent de la charité comtesse de Ségur qui avait « ses pauvres » mais ne les fréquentait pas. Opter pour des échanges équilibrés entre individus et nations sauverait infiniment plus de vies. Au sens physique et moral.

Laissons le mot de la fin à une amie Haïtienne à qui je demandais précautionneusement des nouvelles de sa famille. Elle a haussé les épaules : « J’ai plus personne là-bas, à part un vieux grand-père de 89 ans. Toute ma famille a fui la dictature il y a plus de trente ans » Je croyais que vous n’aviez qu’un fils ici. –Oui, ici. Le reste de la famille est dispersé entre les Etats-Unis et le Canada. On est allé là où on nous a donné des visas. »

J’avais prévu un billet amoureux et primesautier. Ce sera pour la prochaine fois.

 

cuba_006.jpgPhotos de Haïti et de Cuba, îles soeurs

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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 17:00
C'est pas la madeleine de mon enfance mais plutôt celle de l'enfance de mes filles. Max et les maximonstres montrait un petit garçon insupportable, puni par sa maman et qui décide de fuir. Dans l'imaginaire, c'est-à-dire sur un bateau qui l'emmène dans une île habitée par des Maximontres, tous plus hideux les uns que les autres. Max devient leur Roi, quel pied quand on a été traité comme un mini minus par sa maman, enfin c'est ce que ressent l'enfant, pas du tout effrayé par ces créatures velues, griffues et un tantinet stupides.
Françoise Dolto avait déconseillé ce livre au motif qu'il risquait d'effrayer les enfants, paraît-il.  Je ne m'en souviens pas, et cela m'étonne carrément que cette grande psychanalyste n'ait pas trouvé dans Max et les Maximonstres l'illustration Freudienne de la "perversité" de l'enfant, perversité au sens de refus des règles et de désir de toute-puissance. Ou alors elle l'a vu et ça l'a effrayée, mais là aussi je suis perplexe, car pourquoi s'effrayer du fait que les enfants sont loin d'être innocents?  Qui plus est, Max et ses monstres est infiniment moins effrayant que les histoires d'Ogre tuant ses propres filles ( dans le Petit Poucet) ou de Barbe-Bleue égorgeant ses femmes.
Interprétation politique: Max, donc, est d'abord ravi de son pouvoir de roi et heureux de l'exercer avec un autoritarisme d'enfant qui se venge de ses humiliations. Mais très vite- plus intelligent que bien des adultes- il se lasse de ce pouvoir dont il perçoit les limites, entre autres que le pouvoir éloigne de la vie et de l'amour. Alors il rentre chez lui, dans sa chambre, et trouve son repas bien chaud.
J'ai bien envie de profiter de ces jours d'hiver glacial pour aller voir le film tiré du livre, et d'y emmener plein de politiciens pas encore sortis de leurs désirs enfantins de toute-puissance. 

Max et les maximonstres

PS. Comment les enseignants vont-ils faire pour expliquer à leurs élèves que cela ne se fait pas de téléphoner sur son mobile pendant les cours? A coup sûr, ces derniers répondront que Rachida Dati, elle téléphone bien pendant les séances du Parlement Européen, boulot comme l'école ( et pas plus apprécié semble-t-il) mais en plus, bien rémunéré. D'autant que notre députée, pour sa défense, a bien précisé qu'il s'agissait d'un appel privé...
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16 décembre 2009 3 16 /12 /décembre /2009 15:37

Le 13 décembre 2009, Brice Hortefeux a été décoré du prix de la lutte contre le racisme et contre l’antisémitisme par l’Union des patrons et des professionnels juifs de France (UPJF).  Ce n’est pas une blague, il s’agit bien du Brice Hortefeux  qui déclarait en septembre dernier: "Quand il y en a un [Arabe] ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes" et qui a réexpédié trois Afghans dans leur pays en guerre, au mépris des dangers qu’ils y courent.

Qu’il existe une association des patrons et professionnels juifs de France,  ça me troue l’entendement, autant que lorsque MRAP signifiait « Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix ». L’antisémitisme, ça ne fait pas partie du racisme ? Pourquoi on le mettrait  à part ? Le MRAP s’en est d’ailleurs rendu compte, puisque son nom signifie désormais « Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples », ce qui est nettement plus universel comme idéal. Sartre écrivait (en substance) : « Quand on dit « un fourreur juif », les gens retiennent qu’il est juif et non qu’il est fourreur » et c’est pourquoi il dénonçait  avec raison les qualificatifs liés à l’origine, qui ne peuvent qu’entretenir le racisme et le communautarisme.

Bizarre comme certains juifs, qui ont eu tant à souffrir du racisme et de l’exclusion, ne ratent pas une occasion d’affirmer  leur spécificité au lieu de se vivre comme des humains  attachés à des traditions, certes, mais pas identifiés par ces traditions.

Et pendant ce temps, les gouvernants réunis à Copenhague, après avoir tous ces derniers mois trémolé sur l’urgence pour la planète, jouent à « commence d’abord » et « si t’y va pas, moi non plus. » Quand on était gosse, si on refusait de ranger sa chambre au motif que la grande sœur n’avait pas rangé la sienne, on se prenait une torgnole. Y a des torgnoles qui se perdent chez les adultes, et parfois je préfère les canards.

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 14:45

 

Comme il sent mauvais, ce débat sur l’identité nationale....  On sent tellement que l’objectif affiché « retrouver les valeurs communes des français » dissimule des pulsions moins avouables. Le terme « national », déjà, cher aux partis d’extrême droite comme le Front National  auquel l’UMP doit absolument « piquer des voix » selon Eric Besson, ou le National socialisme,  pas si lointain. Quand le petit moustachu brun aux yeux noirs épris de « nationalisme a défini comme grand blond aux yeux bleus le « bon Aryen » (jeu de mot qui me faisait déjà rire quand j’avais douze ans)  on a vu les conséquences… Tout ce qui étiquette est dangereux, parce que tout ce qui étiquette exclut de facto celui ou celle qui ne rentre pas dans la définition.

D’abord, que signifie identité dans un pays de 63 millions d’individus aux histoires toutes différentes ? C’est un peu comme chercher par un test ADN si on est le père : qu’est-ce qui fait un père ? Un génome, ou le fait d’aimer un enfant, de vivre avec lui et de lui transmettre des valeurs ? On aurait pu parler de valeurs communes : Liberté, Egalité, Fraternité,  plus la laïcité depuis la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Mais en quoi ces valeurs seraient-elles porteuses d’une identité nationale ? D’autres pays sont épris de liberté, d’autres pays prônent l’égalité, et la fraternité est une valeur morale universelle plus qu’un facteur d’identité nationale.  

Ce qui se cache derrière ce débat, on le sent bien, c’est évidemment la peur de l’Autre, de celui qui est différent. Crainte xénophobe ou raciste lorsqu’elle se fonde sur le pays d’origine ou la couleur de peau. Crainte « de classe » quand elle se fonde sur les inégalités. Avec en filigrane l’idée que « ces gens-là, monsieur, sont source d’insécurité. »  Les étrangers comme les pauvres. L’élu local qui a stigmatisé « les dix millions de gens payés à ne rien foutre », n’a du reste rien trouvé de mieux pour s’excuser que de dire qu’il n’avait pas voulu parler des immigrés, mais des pauvres !

Puis très vite, le débat sur l’identité dérape vers le débat sur l’Islam… Il n’est qu’à voir l’avalanche de commentaires sur l’interdiction des minarets en Suisse, bien plus forte que lorsqu’ils refusaient obstinément le droit de vote aux femmes. .. Minarets, burka, ramadan, l’Islam  devient une obsession  médiatique, un fait public.  On sert dans les cantines scolaires et les avions des menus sans porc pour les musulmans, mais pas de menus sans boeuf pour les hindouistes, ni de menus sans viande pour les Jaïns strictement végétariens, et il ne semble pas que le port de la kippa par les juifs ou d’une croix autour du cou par les catholiques suscite autant de débats que le port du foulard.  Si on s’en tenait au principe de laïcité : « crois et pratique la religion de ton choix, mais que cela reste une affaire privée", on pourrait s’attacher à la question en filigrane derrière tous les débats sur l’Islam : la peur du terrorisme et du fanatisme. Quand j’ai enquêté sur les sectes- les branches fanatiques des religions quelles qu’elles soient  fonctionnent avec les mêmes mécanismes que les sectes- j’ai vu que le recrutement des adeptes se fonde sur leur fragilité, et leur fragilité sur leur sentiment d’exclusion.  On leur dit « tu es malheureux, on ne reconnaît pas ta valeur, viens avec nous, tu trouveras des gens qui t’apprécient et tu deviendras quelqu’un ». Même exploser au milieu d’un marché avec une ceinture d’explosifs à la taille, c’est devenir quelqu’un, c’est avoir été investi d’une mission par des gens qui vous font confiance. La force des fanatiques, c’est leur sens psychologique. C’est sur ce terrain qu’il faudrait les combattre et non avec un concept d’identité nationale porteur d’exclusion ou une croisade militaire contre « les forces du mal ».                                     ma grand-mère paternelle

Décidément, ce débat me met mal à l’aise, peut-être pour des raisons personnelles. Le terme d’identité nationale ne me parle pas.  J’ai épousé un français né à Constantine, ai vécu douze ans en Afrique, suis née au Gabon, de père et mère français.  Mais mon père était né au Vietnam, d’un père français Pondichérien et d’une mère française d’Indochine. Ce qui m’a valu qu’un zélé flic du temps de Pasqua ministre de l’Intérieur, exige un certificat de nationalité française pour me renouveler ma carte d’identité.  J’ai refusé.  Je suis remontée jusqu’au Ministère de l’intérieur pour avoir gain de cause et j’ai obtenu ma carte, sans certificat de nationalité. C’était odieux, cette soudaine discrimination, cet arbitraire, et encore plus odieuses les excuses piteuses du zélé flic quand il a su que j’étais journaliste. J’ai fait remarquer à l’uniformisé que ma carte de presse ne m’enlevait pas ma gueule de niakoué ni mes gènes venus d’ailleurs. Il s’est empressé de m’expliquer que sa vigilance venait du fait que certains, les arabes notamment, ne méritaient pas la nationalité française.  Comme quoi, dès qu’on parle d’identité nationale on réveille les pulsions racistes…  Mériter la nationalité française, ça veut dire quoi ? On n’y a aucun mérite : « On choisit pas ses parents, on choisit pas son pays… être né quelque part, c’est toujours un hasard » belle chanson de Maxime le Forestier, écrite contre « les lois Pasqua » justement. 

 

mon père et ses parents


Quand j’étais étudiante, j’avais écrit à mon père pour lui demander de me raconter son enfance au Vietnam et son adolescence en Inde. Il m’a fait dire par ma mère qu’il ne souhaitait pas évoquer des souvenirs où il avait été exclu, au Vietnam comme métis indien, en Inde comme métis Viet, et que désormais, sa patrie était la France. Pourtant, sa couleur de peau lui a valu des remarques. Pourtant, en lui remettant son diplôme de magistrat, le président de jury avait grommelé « et on appelle ça un français!" Son pays,  c’était là où il vivait, travaillait et avait construit sa vie.  Ce qui ne l’empêchait pas d’avoir les larmes aux yeux quand il écoutait de la musique indienne, et d’accompagner de nuoc-mâm son steak-frites. 

 


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