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1 août 2007 3 01 /08 /août /2007 21:19

Au hasard, j'ai emprunté à la médiathèque "Dans la vraie vie", recueil de nouvelles dont les héros sont des trentenaires, fichue génération qui a l'air si toute tellement tristounette alors que les 20/25 redeviennent idéalistes et que les baby-boomers pètent la forme. Deux phrases expliquent leur blues:

"Je possède trois téléphones et je n'ai rien d'important à dire. Deux mille CD et pas le temps de les écouter. Un abonnement à un club de gym et la flemme d'y aller.... Alors voilà: heureux ou malheureux?"

"Il se produit un phénomène extrêmement grave dont personne ne semble avoir conscience: une génération est en passe de conquérir l'immortalité. Les progrès en matière de gérontologie sont si rapides qu'un processus de rajeunissement des personnes de plus de 60 ans est en train de se dérouler sous nos yeux. ... Alors que je n'ai même pas le temps de lire un livre, elles vont au théâtre, voient des spectacles de danse et se découvrent sans cesse de nouvelles zones érogènes. Ce sont les personnes les plus heureuses du monde."'

En deux phrases tout est dit: d'un côté l'abondance matérielle et la mélancolie des "enfants de la télé" , de l'autre la joie de vivre de ceux qui ont connu l'amour avec pilule et sans SIDA, le travail sans chômage, les fêtes sans couvre-feu ni alcootest à la sortie et l'ambition de faire un monde solidaire et généreux.  Mâme si certains ont mal vieilli, la majorité de ceux qui ont eu de 14 à 18 ans en 1968 gardent le souvenir d'une adolescence festive où on discutait passionnément de tout et de rien, avec suffisamment de mauvaise foi pour ne prendre au sérieux aucun discours, où on abordait la vie comme un jeu, un melting pot d'idées folles, de musique, de métissages culturels et d'amours ludiques. Ce qui est autrement plus stimulant que de discuter de paquet fiscal et de taux de TVA sociale.

Une adolescence festive... c'est ce qui a dû manquer aux trentenaires.

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29 juin 2007 5 29 /06 /juin /2007 10:20

Le Global Survey annuel de Durex donne toujours la palme aux français pour le nombre de rapports sexuels annuels (120, alors que la moyenne mondiale est à 106, je suis sidérée que les gens sachent aussi précisément combien de fois par an ils font l’amour !). Par contre, seulement 25% des français sont satisfaits de leur sexualité, et, je vous le donne en mille : ce n’est pas une question de manque d’orgasme ou d’érection prématurée. Pas du tout. Ils (car les hommes sont plus insatisfaits que les femmes !) voudraient plus d’attentions, de tendresse, et d’imprévu. Plus de jeux aussi. 

Waouh, c’est exactement ce que je prône depuis des années : de la sensualité joueuse, tendre, attentive à l’autre, et qui, de ce fait, mène au plaisir. Sans qu’on l’ait cherché comme une performance. 

Oui… sauf que… les réponses sont sans doute sincères, mais la réalité bien différente, un peu comme les gens qui disent « oui, ils faut réduire la pollution automobile », mais prennent leur voiture pour parcourir 1 km. 

En effet : les sites de sexe d’Internet, plutôt génitaux que tendres et érotiques remportent un formidable succès. Le sexe commercial axé sur la performance, le nombre de partenaires et le « satisfait ou remboursé » aussi. Tout récemment, un ami m’ a dit que mon dernier livre était « moins bon » que les précédents. En fait, il avait juste parcouru les textes- bien la peine que je me donne un mal fou pour ciseler chaque mot L, et il avait été moins excité que d’habitude. C'est vrai, j’avais eu envie pour ce livre d’histoires pas simplement masturbatoires,  d’histoires d’érotisme au quotidien, avec tout le contexte qui le rend soudainement heureux… ou qui peut tout gâcher. 

C’est la difficulté du genre : le fait de la classer « érotique » fait que nombre de lecteurs et lectrices attendent de cette littérature une excitation correspondant à leur propre libido. Or chacun sait qu’il y a autant de libidos que d’individus. Le best-seller « Des désirs et des hommes  » était paradoxalement le plus facile à écrire,  avec des ressorts psychologiques simples pouvant toucher à peu près tout le monde.  Le plus difficile a été « Ce qui trouble Lola », parce qu’il aborde les rivages troubles et troublants de l’inconscient, ce qu’on ose à peine s’avouer à soi-même. « Autres désirs, autres hommes  » est le résultat de ce que j’ai glané en écoutant les autres, en les regardant vivre aussi. Les latitudes amoureuses des souvenirs enjolivés de voyages… 

 

Mon tiercé personnel est, dans l’ordre : Ce qui trouble Lola, Les latitudes amoureuses, Autres désirs, autres hommes Et vous ? J’aimerais bien connaître votre ou vos préférés, et les raisons de votre choix…

 

 

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7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 14:56

Il y a du bon et du mauvais dans les mesures économiques proposées. A l’usage, on verra ce qu’elles donnent. Mais le plus mauvais, c’est qu’on n’entend parler que d’argent, de pouvoir d’achat, de croissance, de compétitivité, comme si cela seul donnait un sens à la vie. A l’origine, l’argent a été inventé pour faciliter les échanges entre humains. Aujourd’hui il circule de façon virtuelle à travers la planète, sans échanges et pratiquement sans humains. Or l’humain a aussi besoin de lien social, de culture, d’éducation et d’amour pour être heureux. Je ne dis pas que la politique actuelle est catastrophique, mais elle manque singulièrement de poésie. En voici donc, qui parle pourtant d’argent.   

"Trois et deux font cinq. Cinq et sept douze. Douze et trois quinze. Bonjour. Quinze et sept vingt-deux. Vingt-deux et six vingt-huit. Pas le temps de la rallumer. Ouf! Ça fait donc cinq cent un millions six cent vingt-deux mille sept cent trente et un.

Cinq cents millions de quoi?
- ... Cinq cent un millions de ... je ne sais plus... J'ai tellement de travail! Je suis sérieux moi je ne m'amuse pas à des balivernes! Deux et cinq sept... 

Cinq cent un millions de quoi, répéta le petit prince qui jamais de sa vie, n'avait renoncé à une question, une fois qu'il l'avait posée.

Le businessman leva la tête : Je n'ai pas le temps de flâner. Je suis sérieux, moi… Je disais donc cinq cent un millions...  

- Millions de quoi? 

- Millions de ces petites choses que l'on voit quelquefois dans le ciel. (...) Des petites choses dorées qui font rêvasser les fainéants. Mais je suis sérieux, moi! Je n'ai pas le temps de rêvasser. 

- Et que fais-tu de ces étoiles? - Rien. Je les possède. 

- Et à quoi cela te sert-il de posséder des étoiles? - Ça me sert à être riche. 

- Et à quoi te sert-il d'être riche? - A acheter d'autres étoiles. 

(extrait du Petit Prince, St Exupéry)

 

 

 

Et une petite chanson écrite par Antoine, du temps où il ne hurlait pas « Atol, les opticiens ». 

Pourquoi, pourquoi ces canons, au bruit étonnant, pourquoi, pourquoi ces canons ? Pour faire la guerre mon enfant.  

Pourquoi, pourquoi plus souvent qu’on ne l’imagine, faisons-nous la guerre aux gens. Ca fait marcher les usines.   

Pourquoi, pourquoi ces usines, qui n’ont rien qui vaille, pourquoi, pourquoi ces usines Ca donne aux gens du travail   

Pourquoi, pourquoi ce travail dur et fatigant, pourquoi pourquoi ce travail ? C’est pour gagner de l’argent   

Pourquoi, pourquoi cet argent, est-il donc si bon, pourquoi, pourquoi cet argent ? Pour acheter des canons. 

Pourquoi, pourquoi ces canons…..

Vous avez été nombreux à lire le post "érotisme autour d'un verre". Quelques-uns sont venus, merci. Les autres ont manqué: on n'a pas parlé une seule fois d'argent ni d'impôt, mais de trouble, de désir et d'autres choses trop brûlantes pour être couchées ici :) ce blog n'est pas assuré contre l'incendie!

 

 

 

 

 

 

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31 mai 2007 4 31 /05 /mai /2007 12:46

« Les riches vivent dans le luxe. Les pauvres vivent dans des banlieues tristes. Ils se fournissent dans des magasins pour pauvres où ils trouvent de la confiture Vitrac, de la viande sous cellophane… des pâtes, du riz, des patates, des souliers en carton et des pulls en synthétique. Il existe pour eux tout un système de distribution...  Bien sûr, leurs enfants ne connaîtront jamais le goût des confitures faites comme dans le bon vieux temps de chez Fauchon, du saumon de chez Petrossian, du chocolat fin… 

Les riches, eux, se divisent en deux catégories. Ceux qui sont vraiment riches. Il n’y en a pas beaucoup . Ceux qui font semblant d’être riches : il y en a pas mal. C’est ceux là qui dépensent le plus…  Ils sont médecins cadres, publicistes, commerçants, dentistes, avocats, négociants, scénaristes, hôteliers, ingénieurs, journalistes…. Ils ne travaillent que pour dépenser, à la différence des vrais riches qui ne travaillent que pour garder ce qu’ils ont. 

Comme pour les pauvres, un réseau de distribution s’est créé pour eux, scientifiquement étudié pour leur donner l’illusion qu’ils sont aussi riches que les riches. Pour cela, il suffit de posséder des objets bien reconnaissables… une montre de chez Cartier… un sac Hermès, des bagages Vuitton, une odeur de chez Guerlain… Toutes les grandes maisons ont leurs articles destinés à cette clientèle affamée de standing. Hermès vendra sans doute 1000 agendas et des milliers de foulards pour un nécessaire de voyage en cuir gros comme une caisse à outils, destiné à une richissime américaine du  Sud. Mais les milliers de propriétaires de l’agenda et des foulards se sentiront quelques chose en commun avec la vieille nabab.  

 

Le même mécanisme subtil a introduit le whisky dans les HLM. C’est le snobisme. 

Mais le snobisme froidement utilisé pour vendre en quantité industrielle ce qui était réservé à une élite. Les marques s’affichent sur les vêtements… mais il n’y a pas que les fringues ou les bijoux. Il y a le culturel, les voyages, les endroits à la mode, la bouffe, les spectacles qu’il faut avoir vus, les objets gags qu’il faut avoir chez soi pour prouver qu’on a de l’humour…

Bien sûr, quelques-uns s’échappent vers les bergeries, le filage de la laine ou la méditation. Mais le gros du troupeau est là, inquiet, touché par le chômage, se demandant de quoi demain sera fait car l’argent est de plus en plus rare, les objets de plus en plus chers, les riches de plus en plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres. »  

 

Ce texte a été écrit par Wolinski dans la Gueule Ouverte (hebdo écologique)… en 1977. Il pourrait quasiment être publié tel quel aujourd’hui. Les bobos de gauche et les snobs de droite ne sont guère différents. 

C’est pourquoi le « changement » dont on nous abreuve me laisse bien sceptique. Changer, c’est un travail de réflexion beaucoup plus long et difficile que voter.

  

 

 

 

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7 mai 2007 1 07 /05 /mai /2007 00:02

En 1968, il avait 12 ans et redoublait sa sixième selon ses biographes. Après 68, malgré la gabegie tant de fois dénoncée par la droite- profs incapables, pas de notes, pas de discipline, pas de cours- il a obtenu son bac, fait des études de droit, puis est devenu avocat, politicien et même, en 2007, Président de la République.

 

Alors, Nicolas Sarkozy, vous êtes bien un pur produit de mai 68, mouvement d’ouverture et de compréhension pour les élèves immigrés et en difficulté, et j’espère que vous manifesterez un peu plus de reconnaissance pour vos professeurs sûrement gauchistes (l’Education Nationale est infestée de gauchistes…) qui vous ont permis, à vous Cosette Hongroise du 16è arrondissement dont vous aimez raconter l’enfance difficile J de surmonter vos problèmes psychologiques et scolaires et d’arriver au sommet.

Une enfance malheureuse (photo tirée du livre "Un pouvoir nommé désir" (Grasset)

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23 avril 2007 1 23 /04 /avril /2007 21:18

Des poulets- je parle de gallinacés- stressés par une alternance brutale de lumière et d’obscurité se montrent moins performants que des poulets non stressés pour s’orienter dans un labyrinthe qui les conduit à leur nourriture. Leurs taux d’hormones de stress sont perturbés, avec plus de 30 gènes surexprimés ou sous exprimés. ( source : Le Monde, 14 avril 2007)   

Jusqu’ici, rien de très nouveau : on sait que les stress provoquent une cascade de réactions physiologiques pour permettre à l’organisme de s’adapter, et que ces réactions, si elles se répètent, finissent par provoquer des perturbations physiques ou mentales. 

Le surprenant est que la perturbation des gènes se retrouve chez les descendants des poules stressées, même si ces braves poussins n’ont aucun contact avec leur maman poule et sont élevés dans un environnement non stressant. Leurs gènes ne sont pas mutés, mais ils ne fonctionnent plus normalement. 

Dans le même ordre d’idées (étude américaine) des rats dont l’un des arrières grands-parents a été soumis à un fongicide chimique sont moins fertiles que des rats dont les ascendants n’ont subi aucune expo sition toxique. Ces rats qui naissent moins fertiles ont-ils un caractère inné ou acquis ? Certes, ils l’ont dès la naissance, mais cette perturbation physiologique est la conséquence de l’environnement auxquels a été soumis leur ancêtre.   

Ces études montrent qu’inné et acquis sont étroitement imbriqués et que l’organisme garde une empreinte des événements qu’il a subis, et la transmet. En 1978, un médecin de la Grande Borne, grand ensemble au sud de l’Ile-de France m’avait dit : « Je soigne des parents dépressifs, leurs enfants sont hyperactifs et ils deviendront violents. » Nous y sommes. 

Et si, au lieu d’offrir à cette génération un environnement qui les apaise nous leur infligeons encore plus de stress auquel répondra encore plus de violence, ce n’est pas seulement cette génération qui sera perdue, mais leurs enfants et peut-être leurs petits-enfants. De la même façon que les sols et l’eau que nous empoisonnons aujourd’hui font le lit, si j’ose dire, des stérilités et des cancers des générations futures.  

 

C’est pas gai, hein ? Surtout quand on voit que l’écologie, qui devait être au centre de la campagne électorale a disparu dès que Nicolas Hulot a tiré sa révérence, et que le seul horizon proposé- ne parlons pas de bonheur, ce serait une insulte à ce beau terme- est un taux de croissance et des heures supp’.

 Ces réflexions m'ayant quelque peu attristée, j'ai choisi des photos antistress pour que vous ayiez du plaisir à les regarder. Heureusement il y a la mer, l'amour, le silence et la merveilleuse capacité des chats et des koalas à refuser toute ingérence.

 

 

 

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28 mars 2007 3 28 /03 /mars /2007 10:31

Contrairement à ce qu'on dit, il n'y a jamais eu en France autant d'argent. Seriez-vous prêt à instaurer une mesure qui consisterait à instaurer un Revenu Maximum Acceptable, par exemple de 50 fois le SMIC? Le surplus des profits non distribués serait exonéré d'impôt s'il était investi dans la création d'emplois en France, la recherche ou des activités sociales, et subirait un IS de 50% (le taux en vigueur du temps de V. Giscard d'Estaing) s'il restait thésaurisé ou servait à la pure spéculation financière? Je vous ai déjà posé une question similaire, restée sans réponse. Les trois autres principaux candidats n'ont pas répondu non plus...

 

J'ai envoyé cette question aux quatre principaux candidats sur leur site, ou plutôt non: sur le site de François Bayrou, c'est simple, il y a une rubrique "écrivez à F. Bayrou" comme vous mettez des commentaires sur ce blog. Sur celui de N. Sarkozy, on peut déposer un message, qui ne sera publié que s'il est approuvé. Sur le site de Ségolène Royal,  je n'ai pas trouvé comment déposer un message, mais comme on peut donner un lien intéressant, je lui laisse l'adresse de ce blog, à charge pour elle et/ou ses sympathisants de le consulter puisqu'on ne peut pas les joindre en direct. Sur le site de JM Le Pen, pas de message publié, mais si on veut leur écrire, c'est directement sur le courriel du FN, ce que j'ai fait.

En attendant leurs réponses, je vous recommande vivement le dernier Marianne sur "le sujet tabou de la campagne", à savoir la mise en cause d'une économie financière qui déshumanise la société, considère l'humain comme une charge et met l'argent au centre de tout. Marianne n'est pas franchement de gauche, cela rend d'autant plus intéressante cette prise de position, qui ne refuse pas le capitalisme (même si on est contre, comment le supprimer?)  mais refuse qu'il soit aujourd'hui au service de quelques-uns et creuse le désespoir des autres.

 

En attendant, KOALA Attitude, que je couplerai volontiers avec la BONOBO attitude, les singes Bonobo réglant leurs conflits en faisant l'amour ou en se masturbant plutôt qu'en se battant.

 

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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 19:26

Henri Laborit était médecin et chercheur. Il a mis en évidence les racines biochimiques de nombre de nos comportements, ce qui permet de mieux les comprendre, les prévoir, et donc les apprivoiser.  Il a notamment travaillé sur la dominance, cet instinct qui pousse l’homme à taper sur la gueule de son voisin pour se sentir exister, ou à le rabaisser pour se sentir plus grand. Il a aussi bien étudié ce qu’il appelle l’inhibition de l’action : face à un stress, si l’homme (l’humain) peut agir, tout va bien. Il décharge son trop plein d’adrénaline et de cortisol puis retrouve son équilibre. Mais si les stress sont répétés ou s’il est impuissant devant eux- difficile de cogner son patron ou le flic qui aboie « tes papiers, les mains sur la tête » en vous fouillant au corps - l’homme va mal. 

Il peut compenser en tapant plus faible que lui : « L’homme qui ne peut pas battre son patron bat sa femme pour se soulager, la femme son enfant, l’enfant bat son chat, le chat la souris, la souris le fromage, le fromage est battu… (c’était une comptine de mon enfance, qui avait tout compris des rapports humains !)   S’il ne peut frapper personne, il se frappe lui-même : insomnies, dépression, infarctus, cancers… Ce qu’on appelle des « maladies de civilisation », drôle de civilisation… Ou autodestruction : alcool, drogues, suicide. 

Reste l’idéale solution : la fuite. Dans l’art, la création, la musique, le rêve l’humour ou la distance spirituelle, l’indifférence féconde au monde qui s’agite… Laborit aimait tellement cette solution qu’il a écrit un bouquin « Eloge de la fuite », qui fût mon livre de chevet durant des années et m'a sans doute appris à fuir les gens et les situations toxiques, et avoir une certaine lucidité. Ce décryptage de la vie peut sauver la vôtre, en vous donnant des clés pour ne plus être « inhibé. » Plus ludique : avec le cinéaste Alain Resnais, Laborit a conçu le film « Mon oncle d’Amérique » où les rats de laboratoire sur lequel il a fait ses expériences sont interprétés dans une formidable histoire par Gérard Depardieu, Nicole Garcia, Pierre Arditi, Roger Pierre…  

 

En 1992 ou 93, je suis allée interviewer Henri Laborit qui souffrait déjà de l’insuffisance respiratoire qui allait l’emporter en 95. Il m’a accueillie d’un agressif : « Vous avez la prétention de résumer 30 ans de travail en trois pages de magazine ? » Il venait de peiner vingt minutes pour monter deux étages et souffrait visiblement de ne pas être à son avantage devant une femme. Je lui ai souri : « Vous avez réussi à le faire dans un film de 90 minutes, alors je peux essayer… » Il m’a remis entre les mains de son jeune collaborateur qui m’a confié : « Henri expérimente sur lui ce qu’il a toute sa vie théorisé : il est inhibé dans son action par la maladie. Cette dégradation physique le rend agressif. Excusez le. » Au retour de la visite du labo, je suis retourné voir Laborit, qui avait eu le temps de souffler et de se remettre. Il fût absolument charmant, passionnant, de ce charme inné que donne l’intelligence. 

L’insuffisance respiratoire l’a emporté. C’est une vraie saloperie, sentir que ses neurones mal oxygénés vont se flétrir, avoir au sens propre le souffle coupé. Ce n’est pas pour rien que chez les asiatiques l’énergie vitale, le Chi (ou Qi) signifie aussi « souffle » et qu’en art martial comme en méditation on vous apprend à respirer, ce que, paraît-il, font très mal les occidentaux. Beaucoup de personnes âgées tassées par les années respirent mal, les gens humiliés par la vie « qui rentrent les épaules » aussi. Dans les deux cas, ça peut les rendre agressifs, inhibés qu’ils sont dans leur liberté d’être. 

Lisez Henri Laborit, il permet de comprendre plein de choses…

Le bonheur ou le malheur, à partir du moment où on possède de quoi se nourrir, se couvrir, se loger, on les porte en soi. (Laborit, "Copernic n'y a pas changé grand chose")

Il est bon de noter combien la charge affective des mots bien-être, joie, plaisir, est différente: le bien-être est acceptable, la joie est noble, le plaisir est suspect. (Eloge de la fuite)

Il y a eu plus de crimes perpétrés au nom de l'Amour qu'au nom de la haine" (Dieu ne joue pas aux dés)

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20 février 2007 2 20 /02 /février /2007 00:25

Entre les pesticides et les OGM , accrochons-nous, ça va être difficile de manger sain. Heureusement que j’ai des lectures et des écritures affriolantes pour compenser celles-ci, nettement moins réjouissantes ! 

"Pesticides, révélations sur un scandale français" par Fabrice Nicolino et François Veillerette. 

Ce livre révèle un système né après 1945, grâce auquel l’industrie des pesticides a pris le pouvoir, tous les pouvoirs. Il donne des noms, tous les noms. Il met en accusation l’Inra et le ministère de l’Agriculture.
Il explique, preuves à l’appui, que les pesticides sont partout, et que ces molécules s’attaquent directement à la vie des humains et de tous les êtres vivants.
Il explore les méthodes du lobby des pesticides, dénonce les congrès « scientifiques » truqués et le rôle direct dans la dés
information
de Marcel Valtat, l’homme de l’amiante.
Il raconte le sort fait aux Antilles, dont certaines zones sont polluées par des pesticides pour des centaines d’années, et la complicité de très hauts fonctionnaires avec l’industrie dans le terrible dossier du Gaucho.
  

 

Pour en savoir plus : 

http://www.pesticides-lelivre.com
http://www.pesticides-non-merci.com: le site qui vous dit tout sur la présence des pesticides dans votre alimentation 

http://www.stop-pesticides.fr  : le site grand public sur les pesticides
http://www.no-pesticide.com  : le site qui vous dit tout sur la stratégie de com du lobby des pesticides.
 

Autre sujet d’inquiétude, le projet de nouveau cahier des charges européen pour l'agriculture biologique approuvé par le Conseil des Ministres de l'Agriculture du 19 décembre 2006, qui représente une véritable régression par rapport au cahier des charges actuel:
• l'utilisation de substances chimiques de synthèse n'est plus clairement interdite;
• la pollution des produits bio par des
OGM
est tolérée jusqu’au seuil de 0,9% (soit 9 grammes par kilo !), comme pour les produits de l'agriculture conventionnelle;
• le développement de cahiers des charges bio, nationaux ou privés, plus stricts et plus adaptés aux régions que le nouveau cahier des charges européen 'laxiste', n' est plus autorisé.
Les deux premiers points constituent la négation même de la spécificité des produits de l’agriculture biologique ! En effet, quel sera encore l’intérêt d’un produit bio, pour le consommateur, s’il contient – comme tous les autres – des résidus de pesticides et/ou des OGM

Pour essayer d’empêcher ce texte d’être adopté vous pouvez
SIGNER LA PETITION : http://www.natpro.be/Petition/php/index.php

 

Bon appétit quand même. Demain, promis, on reparlera d’érotisme, mieux vaut profiter des bonnes choses qui restent ( J )

 

 

 

 

 

 

 

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15 février 2007 4 15 /02 /février /2007 00:10

Pierrick est un ami que je me réjouis vraiment d’avoir rencontré, et dont je me dis souvent qu’il est énervant à force d’avoir aussi peu de défauts ( J ). Mais ce n’est pas parce que c’est un ami que je vous parle de son livre : « D’amour et de vins nouveaux » (éd. De L’Iroli) idéal pour « lire au lit » !

 

J’ai suivi la gestation de ces textes dont il m’avait montré l’ébauche, mais n’en avais pas vu la version finale avant publication. Je les ai lus. Ils sont délicieux. Des histoires apparemment toutes simples, non pas érotiques mais sensuelles, qui décrivent ces petits moments de la vie où on se demande, entre deux êtres s’il va ou non se passer « quelque chose », ces instants où l’on sent des vibrations qui émeuvent, ces instants d’avant le désir, de la naissance du désir.

 

Pierrick est journaliste, organisateur de fêtes mémorables, expert dans l’art de faire se rencontrer des gens improbables qui sans lui ne se seraient jamais croisés, amateur de bons vins amoureusement concoctées par de jolies vigneronnes, et photographe. Sa plume reflète ce souci du détail, de l’image de vie prestement saisie à travers l’objectif, ce sens des couleurs et des formes. C’est une écriture qui dessine. Une écriture précise, surannée parfois, parcourue de fêlures et d’une certaine timidité dont on n’a plus l’habitude aujourd’hui.

 

Et c’est exquis, ces mots sensitifs qui ne sont pas là pour faire bander derechef le solide étalon, et n’ont prétention à aucun orgasme littéraire : juste des mots qui disent le trouble dans ce qu’il a de gourmand, gourmet, délicat.

 

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